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SyndroMantic
- Posté le
1er septembre 2008 à 11:31:00

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http://www.jeuxvideo.com/forums/1-10509-134428-1-0-1-0-0.htm
je tiens à préciser que l'auteur de ce topic m'a effectivement inspiré, mais que je ne ferais aucun plagia d'aucune sorte.
Le Maharadjah d’Inde et son Vizir firent un long voyage pour trouver une île de légende. Après avoir bravé de nombreuses épreuves, et terrassé des démons, ils trouvèrent dans un château abandonné de nombreux trésors, à l’exemple de certaines reliques mystiques telles que le Sablier, ou la Dague du Temps... Mais leur découverte ne se résuma pas à cela. Dans une bibliothèque partiellement conservée, ils trouvèrent une quantité de manuscrits, écrits par l’ancienne gouvernante de ces lieux, une certaine « Impératrice du Temps ». Des secrets de l’histoire y furent révélés. Des pans du passé furent dévoilés. Mais aussi... ils y apprirent le pouvoir des Sables. Un mode d’emploi expliquait comment, canalisé dans les deux artefacts cités plus tôt, il pouvait permettre de manipuler le cours du Temps. Cependant, pour que l’expérience soit complète, il fallait le sang de cette dernière. Et elle avait malheureusement disparue.
Ce fut dans un de ses livres, qui racontait son histoire, qu’ils apprirent de quelle manière...
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mary14
- Posté le
1er septembre 2008 à 14:03:34

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bonjour
je suis bloquer là
Tournez la torche et vous ferez monter le niveau de l’eau
je ne trouve pas de torche?? dans la piece
merci
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SyndroMantic
- Posté le
1er septembre 2008 à 14:26:34

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t'es comique. je te réponds et te pardonne ton HS si tu me postes un commentaire sur l'idée de ma fan fic.
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SyndroMantic
- Posté le
1er septembre 2008 à 19:36:44

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Préface :
Je m’appelle Kaileena. J’ai 2503 ans, et dans quelques années, je vais mourir. Ma dernière vision m’a montré qu’un Prince de Perse frappé d’une malédiction viendrait sur l’île et me tuerait. La ligne du temps ne dévie jamais. Cette tragédie est inévitable. Si je survis à cette mort, le Dahaka me poursuivra inlassablement à mon tour. Je n’ai pas le choix. Cependant, rien ne me retient d’écrire mes souvenirs, afin que ce que j’ai créé, ce que j’ai accompli, ce château, cette armée, ces travaux, ces expériences... afin que tout cela demeure, même dans ma mort. A jamais.
Je suis l’Impératrice du Temps, Fille de Zervan, Dieu de l’histoire et de la création. Quant à ma mère, je ne l’ai jamais connue, et ne sais rien d’elle. Ma naissance fut une erreur dans le cosmos. Jadis, le Dieu suprême voulut un héritier. Il féconda ainsi un millier de femmes de toute la Perse, durant plusieurs nuits, sous l’œil « bienveillant » de ses prêtres adorateurs, que l’on appelait à l’époque les zervanistes. Lorsqu’ils virent que parmi elles, figurait une dame tombée enceinte, ils la prirent immédiatement en charge, durant la totalité de la gestation. Après de longs mois, l’enfant naquit. Par chance, ils avaient encadré l’accouchement dans le plus grand secret, au cas où un imprévu survienne. Ce fut ce qu’il arriva : j’étais une petite fille.
Conscient que Zervan voulait un fils, ils dissimulèrent ma naissance, et assassinèrent ma génitrice avant qu’elle ne puisse protester ou témoigner. Le Dieu du Temps ne soupçonnait rien de tout cela. Mon père était pris de doutes, à cette période. C’était mieux, de toutes façons. S’il avait appris mon existence, sa colère aurait créé un désastre sur les zervanistes et sur l’humanité toute entière. Quant à moi, je n’aurais probablement pas survécu.
On me fit embarquer dans un navire, un soir nuageux, pendant que Zervan était occupé à sa descendance. Puis les zervanistes chargés de m’escorter fuirent vers l’horizon. La croisière dura longtemps. Les prêtres n’étaient pas très présent, pour la jeune fille que j’étais. Il m’en voulait, du mal que je leur donnais pour protéger leur caste. J’essayais de me rendre utile, sur le pont, mais ils refusaient mon aide sous toutes ses formes, considérant qu’elle portait malheur.
Je passai le temps en analysant les comportements humains. Ce sont là de bien curieuses créatures, avec leurs états d’âme, leur candeur, leurs pulsions de destruction, leurs soumissions, leur mépris,... J’étais une fille assez perspicace.
Puis un jour, dans la brume, est apparu une île...
qu'est-ce que vous en pensez ?
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Dracsoul
- Posté le
18 septembre 2008 à 01:27:54

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J'aime, j'ai hate de voir la suite
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gamer_10
- Posté le
18 septembre 2008 à 16:39:25

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amusante l'histoire et en plus une partie est vrai
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SyndroMantic
- Posté le
24 septembre 2008 à 14:09:17

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de vos commentaires, j'avais un peu désespéré.
voila donc le vrai début du récit. pardon pour le retard, mais j'avais un peu laissé le projet en réserve.
Chapitre Premier : SABLE ROUGE
Nous accostâmes sur l’une de ses plages. L’île était silencieuse. La mer léchait sans bruit les immenses pics rocheux. Ce jour-là, j’étais bien heureuse d’être entourée d’hommes adultes capables de me protéger de cet étrange jungle. Je n’aurais peut-être pas du... Quoi qu’il en soit, nous décidâmes d'explorer progressivement ses rivages. Les zervanistes avaient tenu à m’emmener avec eux. Les marins étaient resté sur le bateau, à l’abri, mais moi, il fallait que je sois là. Les barques dérapèrent sur la côte sablonneuse. Des hommes à la charpente massive tirèrent les deux embarcations hors de l'eau, allèrent les attacher à des cocotiers, afin d'éviter qu'une marée inattendu de les emmène avec elle. Pendant ce temps, Zohak me prit sous son grand bras. Sa longue manche pourpre m'enveloppait.
Zohak était un zervaniste avec qui je lia mes premiers contacts. Il était venu me voir, lors de notre croisière, alors que je rêvais au clair de lune, sur la proue. Nous avions parlé de tout et de rien, de nos goûts, de nos idées,... J'avais beau être une fille intelligente, je n'avais pas compris pourquoi il s'était comporté de cette manière, avec moi. Il était un zervaniste comme les autres, mais ceux-là ne s'étaient jamais approché de moi comme il le fit. Rapidement, un lien amical se tissa entre nous.
Lorsqu'il me garantit que je n'avais rien à craindre de cette fameuse île perdue dans la brume, j'acceptai sans réfléchir de participer à cette exploration. Je lui cédai toute ma confiance. Alors que les autres finalisaient les tâches du débarquement, il me vit tournée vers la sombre forêt.
« Désires-tu que l'on aille se promener ?
Je me tournai vers lui, les lèvres tremblantes.
- J'ai entendu des bruits...
Zohak suivit mon regard. Les buissons à l'orée du bois frémissèrent.
- Ce sont sûrement des félins, des panthères,... ou bien des oiseaux, des perruches,... Nous verrons cela bientôt.
- J'ai peur...
Le zervaniste se figea, l'air pensif. Je pus lire de la tristesse dans ses yeux. Il se mit à ma hauteur et me caressa la joue. Je sentis le malaise, dans sa voix.
- Tu n'as pas à avoir peur...
- Ces animaux,... ils sont dangereux ?
Le grand homme me considéra en souriant, faussement attendri.
- Non... Ce sont des êtres vivants, comme toi et moi... Tu verras, tu vas beaucoup les aimer... »
Zohak se leva et rejoignit ses frères, regroupés plus loin, me laissant seule, face à mes craintes. Du regard, je le suppliai de me ramener à bord, mais il ne me prêta aucune attention et me fit signe de rester où j'étais. Je vis les zervanistes parler entre eux, à voix basse. A l'époque, je n'avais aucune idée de ce qu'ils pouvaient se raconter. Ils regardaient tous dans la même direction, sur le sol, dans un dénivelé. De ma position, je ne pus voir ce qui suscitait tant d'intérêt. Je décidai de m'approcher. Je fis quelques pas vers le groupe d'adultes. Immédiatement, Zohak le remarqua.
« Kaileena ! Reste là-bas quelques secondes ! Nous devons parler de choses très importantes !
Des choses très importantes. Depuis que j'avais passé le jour de communiquer, je savais que les zervanistes nourrissaient un projet, en secret. Ils s'étaient souvent réunis, dans une cale, à débattre de je ne sais quoi. Chaque soir, ils m'imposaient un couvre feu, et m'enfermaient à clé dans ma cellule. J'avais beau avoir collé mon oreille contre les planches de bois, nulle son autre que celui de flots ne me parvint. Lorsque je demandai à Zohak ce qu'ils se racontaient, il me répondait que cela ne me regardait pas. Bien sûr, comme une naïve, je pris cela comme argent comptant...
Mais ce jour-là, il n'y avait plus de cellule, plus de porte fermée à clé, plus de cale, et surtout, plus de silence. Je savais que ces « choses très importantes » étaient sous nos pieds, bien visibles. Ma curiosité s'additionna à ma peur. Je continuai de marcher dans le sable, vers les zervanistes, sentant progressivement leur regard se crisper, anxieux à l'idée que je découvre leur secret. Jehak fut évidemment le premier à réagir. Son impressionnante silouhette s'avança précipitamment vers moi, m'empêchant la vue.
- Ça suffit, petite ! On t'a dit que ça ne te regardait pas !
Il me prit par le dos du col et me souleva presque, pour m'emmener à l'écart. Derrière, les zervanistes semblaient déconcertés. Jehak me tira vers une souche d'arbre effondrée. La peur, visée sur le terrifiant prêtre, se transforma en colère. Mon front rougit. Il me fit asseoir sur le bois séché et me regarda dans les yeux.
- Ecoute moi bien : Si tu lèves ne serait-ce qu'une seule fois ton derrière de cet arbre mort, je te jure que tu verras en « détails » ce qu'il y a sous le sable ! Est-ce que tu m'as compris ?!"
Je hochai de la tête, les larmes aux bord des yeux. Jehak me regarda lui aussi un moment. Son expression était comme toujours partagée entre la haine et la crainte. Alors qu'il se relevait lentement, il parut plongé dans ses réflexions. Comme s'il venait de réaliser ce qu'il venait de faire. Le pas hésitant, il se retourna et rejoignit ses camarades, au loin.
Jehak était, à l'échelle de mes relations, aux antipodes de Zohak. Je ne sus pour quelle raison, il ne m'avait jamais porté dans son cœur. Depuis que je le connaissais, il avait toujours été distant. Le souvenir est encore gravé dans ma mémoire, du jour où il avait tenté de me ligoter au mat du bateau, l'espace d'une nuit, parce que je m'étais malencontreusement trouvée dans son bureau. Il avait ensuite subi les foudres de ses collègues.
Lorsqu'il revint parmi eux, sur la plage, Zohak s'avança agressivement vers lui. De là où j'étais, je sus qu'il lui passait un savon, sûrement du au fait qu'il m'ait violemment attrapée. En tendant l'oreille, je pus discerner quelques bribes de leur dispute.
« Y en a assez de tes réactions de gamin ! C'est une petite fille ! Bon sang !
- Tais-toi, Zohak ! Tu n'es pas son père !
- Si je l'avais été, cela fera un moment que je t'aurais éjecté hors de ce monde !
- ÇA SUFFIT ! VOUS DEUX ! » s'exclama un autre zervaniste.
Le silence revint. L'atmosphère se calmait, bien que les deux rivaux se défiaient encore du regard. Les cachotteries redémarrèrent. Cependant, il était visible que, dans la conversation, Zohak était mis à part. Toutes les têtes étaient tournées vers lui, et il semblait avoir du mal à se justifier de leurs accusations. Jehak restait en retrait, de crainte d'avoir à trop s'énerver. Finalement, Zohak baissa les bras, et donna l'air de capituler.
Quant à moi, je n'en pouvais plus de rester immobile. Cela faisait trop longtemps que je me taisais, et supportait le comportement d'exclusion de ces maudits prêtres. Je n'en pouvais plus d'être rejetée. J'avais une soudaine envie de grandir. Grandir d'une vingtaine d'années, afin de pouvoir me mesurer à ces lâches adultes. Quelque chose en moi me persuadait que je pouvais leur être supérieur. Que j'avais un potentiel jusque là inexploré. Comme si je pouvais tout détruire d'un simple souffle. Les réduire à l'état de poussière. Malheureusement, je n'avais que 6 ans, à l'époque, et me sentait bien impuissante.
Les larmes continuaient de verser, sur mes paupières, pour s'égoutter sur ma robe rouge. Je n'aimais pas cette couleur. Elle donnait une impression de violence. D'agressivité. Comme la peau de Jehak lorsqu'il se mettait en colère. Comme la douleur que j'éprouvais en me scarifiant. Comme le sang qui coulait de mon cœur, lorsque je le transperçais de rage, avec ma plume. Tout cela me ramenait à une sensation de haine enfouie. Pourtant, selon Zohak, ces blessures, qui m'étaient seulement douloureuses lorsque je me les infligeais, pouvaient être mortelles chez la plupart des humains.
Peut-être aussi n'aimais-je pas cette couleur parce que c'était celle que m'avait imposée les zervanistes. Sur le bateau, n'ayant pas d'habit pour jeune fille, ils avaient découpé l'une de leur toge inutilisée pour la mettre à ma taille. Ce qu'ils appelaient un vêtement ne m'allait en vérité pas du tout.
Je sanglotais, abandonnée sur cette sinistre souche. J'en avais du mal à percevoir les silhouettes des prêtres. Un rideau liquide coulait sur mes yeux. Autour de moi, les formes se confondirent. Tout n'était que brume. C'est alors que je baissai les yeux. Je fus alors prise de véritables vertiges : j'avais comme l'impression que le sable de la plage se mouvait autour de mes pieds. Des reflets de lumière apparaissaient, à certains moments. C'était comme si des vagues s'échouaient vers l'extérieur. Le sable semblait influencé par ma présence. J'étais hallucinée.
Des formes se dessinèrent alors, devant moi. Sur la toile ocre, je vis le tableau d'un monstre poursuivant un homme. C'était une créature immonde. Noir. Hérissé de piques. Avec des cornes. Des tentacules palpitantes sortaient de son ventre. Ses yeux brillaient d'une lueur pale. Je me mis alors à entendre des voix. L'intonation était horrifiquement grave. Cette voix me parlait, mais dans un langage totalement incompréhensible. J'étais terrorisée.
Zohak revint vers moi. Je relevai la tête vers lui, sans m'apercevoir que je m'étais levée, prise de panique, devant cette vision. Le prêtre remarqua mon expression de terreur. Il tenta d'adapter la sienne et me prit par les mains. Les images, dans le sable, avaient disparues.
« Détends toi, ma chérie... Jehak ne voulait pas te faire du mal. Il est simplement un peu nerveux. Ne lui en veut pas... Maintenant viens avec moi. Il faut les laisser entre adultes...
- ZOHAK ! M'exclamai-je, des sanglots dans la voix. C'EST HANTE ! CETTE ÎLE EST HANTÉE !
- Quoi ?! Mais... Qu'est-ce que tu racontes !
- LAISSE MOI PARTIR !
- Non, tu restes ici ! Tu vas me dire ce qu'il t'arrive !
Je me débattit avec fureur. Zohak me prit par la taille, me prenant les bras. Je continuais de hurler.
- IL VEUT ME TUER !
- Qui ! Jehak ?
- LA BÊTE !!!
Tandis que je me débattais dans tous les sens, Zohak se figea. Ma peur semblait lui aussi le gagner. J'avais toujours eu ce pouvoir, sans savoir pourquoi, d'intimider les gens par mes paroles. Rien de ce que je pouvais dire n'était anodin. Pourtant, ce jour-là fut le premier où Zohak osa me contredire.
- IL N'Y A AUCUN DANGER A L'INTÉRIEUR DE CETTE ÎLE, TU M'ENTENDS ?!! ALORS TU TE TAIS, MAINTENANT !
Je me tus. Zohak semblait hors de lui. C'était la première fois, depuis l'accident de Jehak, sur le bateau. Ses tempes étaient rouges. Ses yeux étaient luisants, presque au bord des larmes. A cet instant, je compris que lui aussi était à bout de nerfs, depuis un certain temps. Je n'étais, finalement, peut-être pas seule, dans mon malheur. Cette constatation me réconforta. Je me calmai, dans ses bras puissants.
Après quelques secondes, Zohak me serra fortement dans ses bras. Au contact de sa poitrine, je sentais son cœur battre à tout rompre. Il ne m'avait jamais tenu avec autant d'affection. Son visage était grave. Lentement, il se tourna vers ses frères, alertés par mes précédents hurlements. Ils étaient tous immobiles, impassibles. Zohak les foudroya du regard. Je crois que Jehak souriait, à cet instant. Puis il me dit d'un air monocorde :
Viens... Nous allons nous promener dans les bois... Ça nous détendra... »
voila. j'attends vos coms avec impatience
étant donné que je suis déjà sur une autre fan fic, et afin de travailler par ordre d'importance, je me remettrai à écrire la suite dès que le premier d'entre vous postera.
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benji510
- Posté le
29 octobre 2008 à 18:03:51

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Alors vas-y ! Elle est super ta fic ! Qu'est-ce-que t'attends ? Vite !
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SyndroMantic
- Posté le
1er novembre 2008 à 15:42:04

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Chapitre second : L'INSTINCT ANIMAL
Nous marchâmes longtemps, sous les lianes et feuillages de la forêt. Il me fallut un certain temps pour me calmer de ma vision. Zohak marchait d’un pas précipité, me serrant la main à m’en rompre les doigts. Il ne cessait de tripoter sa dague, à son ceinturon, guettant la moindre hostilité dans cette jungle. Il semblait presque aussi paniqué que moi. Je ne savais où il voulait m’emmener, mais j’étais terrifiée par cette flore prête à nous avaler. Derrière moi, la plage s’éloignait irrémédiablement. J’avais beau avoir une peur bleue des zervanistes, je mourrais d’envie de savoir ce qu’ils tramaient, sur ses rivages. Mais je ne pouvais me soustraire à l’étreinte de mon ami.
« Zohak ! Où va-t-on ? Où m’emmènes-tu ? »
Il ne me répondit pas. Lui aussi avait peur. Nous étions tous les deux anxieux au plus haut point. Je crois que c’est pour cela que je lui faisais confiance. Il était mon ami...
Une heure et douze minutes plus tard, j’abandonnais. Je n’en pouvais plus de marcher ainsi. C’était au dessus de mes forces. Je ne sentais plus mes jambes. Mes mollets souffraient. Ne pouvant faire un pas de plus, je me laissai tomber, tandis que Zohak vint me soutenir, me tapant les joues pour me maintenir éveillée.
« Kaileena ! Kaileena, ça va ? Reprend toi ma petite... »
Les arbres tournèrent, autour de moi. La voix inquiète de Zohak se perdit dans le lointain. Puis je m’évanouis de fatigue.
Quelques heures plus tard, je me réveillai près d’une rivière au cours mélodieux. Des oiseaux exotiques chantaient. L’herbe me caressait les mains. J’avais fait une longue sieste, depuis mon évanouissement dans la jungle. Les idées embrouillées, je me relevai. Bien entendu, ma première intention fut d’appeler mon guide.
« Zohak ! Zohak, où es-tu !? »
Je n’eus aucune réponse. J’ai encore longuement appelé à l’aide, perdue dans cet univers végétal. Mais personne ne me répondit. Quittant les abords de la rivière, je me lançai courageusement dans l’exploration de cette zone inconnue, à la recherche de compagnie. J’étais très apeurée. C’était la première fois que j’étais ainsi sans défense en territoire sauvage. J’étais intimidée par les lointains bruits d’animaux. Le chant des oiseaux n’avait plus rien de rassurant. Plus tard, je sentis une présence dans mon dos. Alors que je me retournais, je fut pris d’un hoquet de terreur.
Face à moi patrouillait un terrible animal au pelage dorée. Le monstre m’observait de ses yeux jaunes. Ses oreilles étaient relevées, au dessus de sa tête. Son corps était rayé de traits noirs et agressifs. Ses puissantes pattes étaient pourvues de griffes acérées. Sa longue queue se balançait lentement, derrière lui. L’ensemble de son anatomie se mouvait avec une grande aisance entre les racines des arbres. Zohak m’avait parlé de ces créatures. On les rangeait dans la catégorie des félins. L’animal était très beau. Mais ses crocs ne me disaient rien qui vaille.
Le grand matou rôda à pattes de velours, autour de moi. Je me suis souvenu de ce qu’avait dit Zohak, à ce propos. Ils n’étaient pas dangereux. C’était de simples êtres vivants. Je finis par me détendre. J’étais hypnotisée par la prestance de l’animal. De tous temps, je n’avais vu que la virile brutalité des hommes. La couardise de leurs sentiments. La laideur de leur orgueil. Mais ce jour-là, j’avais en face de moi une créature réellement élégante. Je me mis soudain à projeter ma propre image sur cet animal. Je voulais lui ressembler. J’avais envie de le prendre pour modèle.
Après m’avoir longtemps estimée du regard, le fauve s’approcha de moi. Je fus un peu anxieuse en le voyant arriver, mais au fond, j’avais moi-même envie d’aller à sa rencontre. J’étais sûre que nous pourrions être de bons amis. Zohak m’avait dit que je les aimerais. Seuls quelques mètres nous séparaient. Le félin ronronna. Je tendis doucement ma main. Puis nous nous sommes rapprochés. J’ai caressé son pelage soyeux. Ses poils étaient si doux. J’aurais voulu me blottir auprès de lui. Mais le fauve finit par s’en aller. Il trotta entre les herbes envahissantes, et disparut au loin.
A cet instant, j’étais plutôt contente. Cette rencontre avait été magique. J’aurais tout donné, pour pouvoir « revenir en arrière », et la vivre « le temps qu’il m’aurait plu ». Je me promenais au hasard des buissons, émerveillée par ce spectacle. C’est alors que, marchant rêveusement entre les troncs épais, j’en vis un comportant une gravure. Sa réalisation était pressée et brouillon. Elle était signée du couteau de Zohak :
« Kaileena, sois forte, ma petite
Tu seras une grande fille
Je te fais confiance
Sois courageuse
Je t’accompagne, dans ton épreuve
Adieu »
Cette inscription me glaçait le sang. Que cela pouvait-il dire ? Où donc avait-il pu aller ? Je craignis qu’il n’ait fait une horrible erreur. Il comptait plus que tout pour moi. Nous avions partagé tellement de choses. J’avais toujours su que son esprit recelait des maux inavoués. Il était souvent torturé intérieurement. Je savais qu’il n’avait pas toujours été bien intégré, parmi les siens. Mais ces quelques mots qui m’apparaissaient alors me firent craindre le pire. Il m’avait dit que certaines douleurs auto infligées pouvaient aller jusqu'à la mort. Mais cette pratique n’était pas moins employée par certaines personnes lorsqu’elles n’avaient pas d’autres ressources. Prise d’angoisse, je m’élançai à travers les feuillages, l’appelant de plus belle.
« ZOHAAAAAK ! »
Je couru, à travers la jungle. C’était comme poursuivre ma propre vie. Si je pouvais empêcher qu’une telle catastrophe n’arrive, je n’aurais pas hésité ne serait-ce qu’une seconde. Les feuilles me fouettèrent les joues. Des insectes me rentrèrent dans les yeux. Je me pris la cheville dans une racine, m’étalant lourdement. Mais je me relevais aussitôt, pourchassant cet unique but : retrouver mon ami.
Treize minutes plus tard, je sortais enfin hors de la forêt obscure. J’étais de nouveau sur la plage, exténuée par ma course. Le soir commençait à tomber. Le soleil se cachait peu à peu, derrière les nuages. La mer était agitée. Le vent salé ébouriffait ma tignasse noire. J’avais un peu froid. La chute d’adrénaline fit baisser ma température corporelle. Je transpirais de partout. Boitant à cause de mon point de coté, je longeais la plage, le souffle haletant. Je croisai alors la souche sur laquelle Jehak m’avait faite asseoir, et au pied de laquelle j’avais eu cette étrange vision.
Au loin, j’entendis alors les jurons d’un homme. Folle de joie, j’accourais vers mon compagnon.
« Zohak ! Oh, Zohak ! Tu es vivant !...
Alors que j’arrivais à proximité, Zohak se retourna vers moi.
– J’ai eu si peur que tu ne te sois...
Je fus stoppée dans mon élan. Quelque chose n’allait pas, dans le comportement du zervaniste. Son expression était hallucinée. Il était blanc. J’eus l’impression qu’il avait devant lui la Mort en personne. Lorsque je l’avais vu, il semblait révolté. Il injuriait le ciel de ses poings. Mais dès qu’il me surprit, il se tut, gagné par la panique. Après avoir balbutié quelques mots incompréhensibles, il m’annonça, dans un cri étouffé
– Ils sont partis... ! Ils m’ont laissé... ! Ils m’ont lâchement abandonné... ! Les ordures... !
– Quoi ?! Comment ça ! Pourquoi ils ne sont plus là !?! Où sont passés les zervanistes ?!! Où est le bateau !!!
– ILS SONT PARTIS !!!
Le silence suivit ses paroles. Sa toge de pourpre s’agitait dans le vent. Sur le moment, j’avais du mal à réaliser ce qu’il s’était vraiment passé. Nous étions abandonnés sur cette île. Lui et moi. Les maudits prêtres avaient fini par nous trahir. Je regardai l’océan, de mes yeux plaintifs. Il n’y avait plus l’ombre d’un vaisseau. Les vagues étaient de plus en plus violentes. Cette étendue liquide me faisait peur, à présent. Je n’avais aucune idée du moyen par lequel nous pourrions nous sortir de ce mauvais pas. Mais je faisais confiance à Zohak. Lui, saurait sûrement quoi faire.
Mais à ma grande surprise, il se contenta de pester, le regard énervé vers le sable. Il donna un grand coup de pied dans le sol. Un nuage ocre se souleva. L’espace d’un instant, j’eus l’impression d’y voir le reflet d’un monstre, devant mon ami. Puis l’image se dispersa dans le vent. De mon coté, j’essayai de comprendre comment les choses avaient pu se dérouler ainsi. Mon regard se hasarda vers les dénivelés sur lesquels les zervanistes s’étaient longtemps intéressés. Zohak remarqua mon intrigue pour cette zone. Lorsque je fis un premier pas dans cette direction, il me rattrapa hâtivement par le col.
– Où est-ce que tu vas ?!
– Je... je veux savoir ce qu’il y a là-bas !
Le souffle du grand homme s’accéléra.
– Je t’ai dit que ça ne te regardait pas !
– Mais...
– Viens là ! fit-il en me tirant en arrière.
– Ça n’a plus d’importance ! Les zervanistes ne sont plus là !
– Je t’interdis de prétendre de telles choses ! Qu’est-ce que tu en sais ?! ... Je... Nous allons les retrouver... ! »
Zohak se mit alors en marche, sur la plage, me maintenant à l’écart des mystérieux dénivelés. Il continuait d’espérer qu’il n’était pas perdu. Il voulait encore croire qu’une embarcation l’attendait, derrière la prochaine colline sablonneuse. Il ne pouvait admettre la gravité du moment. C’était la première fois que je constatais ce genre de faiblesses, chez lui.
Après avoir parcouru la plage de long en large, le prêtre fut obligé de se rendre à l’évidence : nous étions abandonnés. Le bruit du vent dans mes oreilles était assourdissant. J’avais les jambes engourdies d’avoir autant marché durant la journée. Les déplacements n’étaient pas ce qu’il y avait de plus exténuant, sur le bateau. Je n’avais pas l’habitude d’effectuer ce genre de randonnées. Malgré tout, Zohak, qui était sensé être bien plus fort que moi, fut le premier à s’écrouler sur le sable, tombant sur les genoux.
« C’est impossible... ! Comment ont-ils pu... Je suis un homme fichu... fichu... Pourquoi m’ont-ils puni de la sorte... ?
– Eh ! Tu n’es pas le seul, dans cette mésaventure ! Moi aussi je suis embêtée par leur lâche départ !
– Et alors !?
J’étais sidérée.
– Et alors ?!!... Et bien tu pourrais arrêter de faire comme s’il n’y avait que toi qui soit frappé par cette injustice ! Non mais !
Zohak ne répondit pas. Son regard était renfermé. Je soupirai d’exaspération.
– C’est tout ce que tu peux me dire ?!? Tu ne crois pas que moi aussi j’ai besoin de réconfort ? On est tous les deux dans la même galère ! Tu ne crois pas que l'on devrait se soutenir, au lieu de t'énerver pour rien !?
Zohak ferma les yeux, soufflant comme un taureau.
- Qu’est-ce qu’il y a, tu t’en moques ?
– MAIS VAS-TU TE TAIRE !!!
Zohak était au bord des larmes. Son visage était redevenu rouge. Ses veines sortaient de ses tempes. Il avait osé monté le ton sur moi. C’était la deuxième fois en une journée. D’ordinaire, il avait toujours été si réconfortant, si paternel, si cajoleur, si protecteur. Mais ce jour-là, c’était comme si les liens qui nous avaient uni durant si longtemps n’avaient jamais existé. J’étais profondément déçue.
– Quoi... ?! Qu’est-ce qu’il te prends de me parler de cette manière !? Comment oses-tu ! Dire que je me suis fait du souci pour toi... ! J’étais terrorisée à l’idée que tu ne te sois... suicidé.
Zohak fronça les sourcils. Visiblement, il ne comprenait pas du tout comment j’avais pu m’imaginer cela. C’est àce moment que j’ai réellement commencé à me poser des questions.
– Zohak... Ça voulait dire quoi, cette inscription, sur le tronc ?
Le regard qu’il me portait inspirait la tristesse d’un enfant appréhendant sa punition. J’attendais toujours sa réponse, mais comme auparavant, il ne me l’apporta pas. Il se contenta de s’asseoir sur son postérieur et se prit la tête dans les mains.
– Zohak... tu... tu es mon ami ? »
Il resta silencieux. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre qu’il était incapable de parler : il était envahi de sanglots furtifs. J’étais déconcertée. C’était également la première fois qu’un homme pleurait devant moi. Je les avais toujours cru dénués de la moindre sensibilité. Mais Zohak, lui, était en train de totalement se livrer, dans cet instant dramatique. Sa pudeur, que j’avais deviné chez de nombreuses personnes, avait disparu. C’en était presque désobligeant pour moi.
Mais en vérité, il me faisait surtout de la peine. J’avais pitié de lui et de son malheur. Le voir dans cette posture me dérangeait. Et il fallait y remédier. Il n’y avait pas âme qui vive, autour de nous. Je pris alors la responsabilité de me pencher vers lui, et de le prendre dans mes bras. Je n’avais même pas à m’accroupir pour cela. Je posai ma joue contre son crâne chauve. Je sentis sa peau trembler. Après quelques secondes, Zohak se tourna vers moi. Il esquissa un sourire, sur ses joues inondées.
Il s’est levé et m’a pris par la main.
voila. j'espère que ça vous a plu, j'attends vos commentaires avec intérêt !
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Benji510
- Posté le
1er novembre 2008 à 18:48:28

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Je te le redit : c'est magnifique ! Vivement la suite !
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Crizalid07
- Posté le
1er novembre 2008 à 18:50:39

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C'est manifiquement a chier !
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SyndroMantic
- Posté le
1er novembre 2008 à 18:52:47

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inutile de faire semblant d'être assez intelligent pour lire tout ça, Crizalid07
personne ne te croit
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Crizalid07
- Posté le
1er novembre 2008 à 18:59:03

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Elle est Bonne ta fic
(tu me comprendra jamais toi :padg: )
Et puis appel moi Crizalid
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CPasBon
- Posté le
1er novembre 2008 à 19:01:41

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Tu es la Criz' !
SyndroMantic
C'est son expression pour dire Manifique lol
rega
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Crizalid07
- Posté le
1er novembre 2008 à 19:04:37

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Oui je suis la pas la peine de dire ca 2 fois
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SyndroMantic
- Posté le
25 novembre 2008 à 21:32:38

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Chapitre troisième : LE PRÉDATEUR
Les flots se fracassaient avec une extrême brutalité sur les collines de sables. Le niveau de la mer semblait monter. Le ciel était d'une insondable opacité. L'orage grondait. Des oiseaux s'envolèrent de la jungle. Des gouttes tombèrent sur mes cheveux. La main de Zohak se crispa à nouveau sur la mienne. Il rabattit de son autre main sa capuche, puis il se tourna vers la végétation, le souffle haletant.
« Mon Dieu... ! Pitié... !
Il m’entraîna avec lui.
- Viens. Il nous faut vite trouver un abri. Dépêchons-nous.
- Ah ? Mais ce n'est qu'un simple orage... ? Il y en avait des plus ennuyeux, sur le bateau...
Soudain une détonation claqua non loin. Un flash perfora l'air. Un palmier haut d'une quinzaine de mètres s'enflamma subitement. Son tronc émit des craquements.
- Ce n'est pas un simple orage !
Le palmier se plia lentement, et s'effondra sur le sol. D'autres éclairs résonnèrent plus loin. Mon cœur battait à toute allure.
– Viens !!! »
Des cordes tombèrent sur nos vêtements trempés. Mes mèches se collaient sur mes yeux, m'empêchant la vue. Derrière nous, les vagues gagnaient du terrain, sur la plage. Nous pénétrâmes dans la flore avec précipitation. Les épaisses gouttes d'eau martelaient les larges feuilles. De fins courants liquides dévalaient les petites pentes. Mes pieds glissaient sur le sol boueux. Des branches retinrent des pans de ma robe. Mais Zohak n'y prêtait garde, réservé à son objectif. Autour de nous, de petits rongeurs affolés cherchaient eux aussi un abri. Tous les volatiles s'envolaient vers les reliefs de l'Île. Les arbres tombaient comme des dominos. La Mer était déchaînée. Les cieux survoltés.
Au fur et à mesure de notre progression, les chemins étaient de plus en plus abruptes. Je dégageai ma main de l'emprise du prêtre et m'en servit pour m'appuyer sur des roches humides. Sous mes pieds, l'eau défilait avec rapidité. J'avais à peine le temps de voir les feuilles et les branchages qui y dérivaient. Le terrain semblait entièrement se disloquer. La pression de l'eau faisait s'écrouler des blocs de pierre. Le terrain était des plus meubles. Par je ne sais quel moyen, je sentais que c'était la première fois que cette terre était autant ravagée. Ce n'était pas un fait habituel, dans ce secteur de la terre. Je n'en toucha aucun mot à Zohak. C'était ridicule. Je ne voulais pas le retenir pour ce détail.
Le zervaniste se protégea les yeux, puis, la main collée au front, il repéra une profondeur dans une paroi rocheuse. Il s'agissait d'une grotte. Le sourire aux lèvres, le grand homme accéléra le pas.
« ZOHAAAK !
Le prêtre se retourna. En un instant, il surprit un bloc de pierre qui roulait du sommet. Il fonçait droit dans sa direction. Secoué de terreur, le grand homme sauta sur le coté, et s'effondra sur des gravats. La roche massive rebondit à un mètre de lui, pour se briser un peu plus bas.
– K... Ka... K... Kail... Me... Me... M... »
Un éclair tonna à nouveau. Un grondement résonna. J'aidai Zohak à se relever, puis nous reprîmes notre course jusqu'à la caverne.
Dès que nous y entrâmes, mon compagnon s'effondra en avant. Il roula sur le dos et regarda d'un air vide le plafond obscur de la pièce. Je fus apaisée de ne plus avoir à être arrosée par la pluie. La grotte était plutôt large. Lentement, ma respiration se calma.
« Je te l'avais dit, que cette île était maudite...
Zohak ne répondit pas. Je crois qu'il fermait les yeux, à ce moment. Son silence m'exaspérait.
– Pourquoi est-ce que tu es comme ça, Zohak ? Depuis que nous sommes arrivés sur l'île, tu n'arrête pas d'agir bizarrement... J'ai peur, tu sais...
Seul un souffle givré par le froid émana de sa bouche.
– Pourquoi sommes-nous venus ici...
J'entendis alors sa respiration se taire. Il y avait quelque chose, dans mes paroles, qui l'interpellait.
– Qu'est-ce qu'il y avait, dans le sable...
- Il est trop tard, à présent, pour aller le vérifier. »
Il y avait quelque chose de réprobateur dans sa voix. Mon esprit était meurtri de ne pas savoir pourquoi il ne voulait pas que je le sache. Puisse-t-il un jour me le révéler. Car, comme il l'avait souligné, la pluie et la marée avaient sans doute balayé tout ce qu'il avait à découvrir, sur cette plage. Cet orage était vraiment inopportun. Cela s'ajouta encore à mon indignation de ne pas pouvoir assouvir ma curiosité, sur l'étrange entreprise des zervanistes. Dans ma peur et mon mal-être, j'avais la conviction que Zohak en savait au moins autant qu'eux, même s'il refusait de m'en parler. S'il était mon ami, il ne faisait aucun doute qu'il m'en parlerait un jour ou l'autre. Ce n'était qu'une question de temps.
Je ne tardai pas à m'habituer à la luminosité. Quelques fois, des éclairs illuminaient brièvement la totalité des lieux. Je pus ainsi remarquer d'étranges sculptures pas plus grandes que la tête d'un homme. Des trous avaient même été disposé aux mêmes endroits que nos orbites. Je n'avais aucune idée de la signification de ces étranges objets. Leur couleur pâle se démarquait facilement de la pénombre. Derrière moi, Zohak était à peine conscient.
J'entendis alors de petits gémissements. Un écho résonnait faiblement sur les parois de la roche. On aurait dit des cris d'animaux. La grotte se prolongeait vers le fond, dans l'obscurité la plus totale. A tâtons, j'avançai prudemment, intriguée par cet étrange bruit. La main longeant les murs, je sentis les gémissements se rapprocher. Quelques pas plus tard, je me rendis compte qu'ils étaient à mes pieds. Je vis alors plusieurs paires d'yeux se refléter dans la lumière furtive de l'extérieur. Il s'agissait d'autres félins, beaucoup plus petits, et semblables en de nombreux points à celui que j'avais rencontré dans la forêt. Ils étaient à peine plus hauts que mes mollets, et leurs miaulements étaient beaucoup plus doux. Je me mis à sourire, attendrie par ces mignons bébés. Ils semblaient si fragiles, si fébriles,... leurs gémissements me témoignaient leur angoisse, vis-à-vis du mauvais temps. Je passais ma main doucereusement sur leur tête, afin de les réconforter. Ils étaient tous terrorisés, mais ils ne tardèrent pas à s'habituer à mon odeur, et l'un d'eux s'approcha de mes genoux pour se blottir contre moi. Décidément, Zohak avait raison : j'adorai les animaux.
Il me fallut quelques secondes, avant de me rendre compte d'une présence dans mon dos. Une créature avait pénétré la caverne. Son ombre se rapportait sur le fond de la roche. Au bruit de son grognements, je me souvins de l'animal que j'avais rencontré près de la rivière. Le fauve était là, derrière moi. J'étais heureuse de le retrouver. Le sourire aux lèvres, je me retournai pour le saluer. Cependant, je remarquai que le son de sa gorge semblait un peu plus agressif qu'il ne l'était plus tôt. Son pelage mouillé rebiquait, lui donnant une allure un semblant intimidante. Son grognement n'avait rien à voir avec le ronronnement que j'avais entendu la fois d'avant. A ce moment, je me demandai s'il se souvenait vraiment de moi.
A cet instant, Zohak se réveilla. Étalé sur un coin de la paroi, le félin ne l'avait pas remarqué. Il releva lentement la tête, avant de s'apercevoir que quelque chose d'inhabituel survenait. Alors qu'il levait lentement le regard vers la créature, je lui envoyai un sourire, pour le réconforter. Je me mis à penser qu'il se pouvait qu'il ne soit pas autant rassuré qu'il ait pu le prétendre sur la plage, quant à la faune de cette Île.
« Tu as vu, Zohak ? Il est magnifique...
Son visage se tétanisa. Il me fit promptement signe de ne rien dire, et par conséquent de ne pas bouger. Le félin semblait songer à autre chose. Son regard jaune était tourné vers les bébés. Une supposition incongrue dévala dans mon esprit. Dans le silence serein de la grotte, je me demandai s'il put être possible que ces petits animaux soient ses progénitures. Je peine à correctement retranscrire le sentiment qui a pu me gagner à cet instant, mais il me semble parfois qu'il s'agissait de jalousie. La fascination de la créature à mon égare s'était détournée dans l'instinct protecteur d'un père. Car, inconsciemment, c'est bien ce sexe mâle que j'ai attribué à cet animal, avant même de savoir comment les différencier. Malheureusement, Zohak ne me laissa pas longtemps m'égarer à des émotions symboliques. Je fus tiré de mes pensées par un reflet qui échappait à la responsabilité de la nature. Dans la pénombre soporifique de l'antre du félin, je vis soudain une lame luire à la ceinture du prêtre.
L'animal remarqua sa présence. Il se retourna, et Zohak dégaina brutalement sa dague. Le fauve rugit. Ses pattes bondirent.
– NOOOOOOOOOOON ! Hurlai-je
Zohak se précipita à son cou. La bête le plaqua sur la roche. Littéralement affolée, j’intervins pour empêcher cette atrocité. Les larmes aux bords des yeux, je sautai sur le dos de l'animal. Ce dernier rugit encore.
– Kaileena ! Va-t-en !!!
Zohak était en bien mauvaise posture. Il essayait tant bien que mal de repousser la gueule carnassière de la créature. Sa salive filamenteuse lui aspergea les yeux.
– Jamais je ne t’abandonnerai !!!
J’étais une enfant. J’ai toujours pensé que Zohak comptait pour moi, au point que je veuille lui porter secours. Mais je m’aperçois aujourd’hui que je n’y voyais là en fait que le profit personnel de savoir ce qu’il m’avait caché. Quoi qu’il en soit, lui aussi a du se leurrer, car, voyant mon engagement, il sollicita ma coopération face à ce prédateur.
– Kaileena ! Appuie sur son bassin !
Je n’avais aucune idée de ce à quoi il songeait. Mais il était plus vieux que moi, et il avait sûrement une raison. Ainsi me suis-je reculer sur le dos de l’animal, jusqu'à lui faire fléchir les pattes arrières. Ma petite taille m’empêcha de voir plus loin que ses hautes épaules. Je ne pus donc voir de quelle manière Zohak en vint à bout. Il fit un violent mouvement. Le fauve gémit. Son soubresaut me fit perdre l’équilibre. Alors que je roulais sur la roche, je vis au dessus de moi le prêtre se jeter à nouveau vers l’animal plaintif. Pourtant, je ne voyais aucune blessure ayant put justifier cette douleur. A vrai dire, je n’eus pas bien le temps de me poser la question, car je fus horrifiée de voir avec quelle brutalité Zohak l’attaqua. Il poussa un cri plus bestial encore que celui du félin. Ce son avait quelque chose de furieux, de démentiel et de cruel. Dès cet instant, je savais que je ne pourrais plus jamais voir Zohak de la même manière. En réalité, j’avais encore tant de choses à découvrir.
La dague de fer se planta dans un bruit sourd. Une bulle de sang dégoulina dans la gorge du fauve. L’animal ne put même pas réagir. Ses yeux se plissèrent dans un figement maladif. Ses dents se serrèrent. Sa posture était tragiquement statique. Toute la grotte était plongée dans l’immobilité. Même Zohak avait encore du mal à réaliser ce qu’il avait commis. Son visage était blanc, dans la pénombre. Seul le lointain souffle de la pluie venait perturber le silence de l’instant. Après un temps, le félin laissa échapper un dernier grognement. Malgré la détente de ses muscles, le prêtre jugea plus prudent de l’achever définitivement, creusant la plaie avec son lame. Mais cela était inutile. La vie avait déjà quitté le corps du félin depuis un certain temps.
Tout comme mon compagnon, j’avais encore du mal à le réaliser, même si je ne pense pas que nous en ayons eu les mêmes préoccupations. La brutalité de la Mort est vraiment quelque chose de déconcertant, pour une jeune fille telle que j’étais. Sa stupidité. Son inutilité. Son éternité... Cela était trop dure à envisager, pour des esprits étroits. Néanmoins, il ne me semble pas une fois avoir rapporté ce phénomène sur ma propre entité. Longtemps plus tard (23 ans), je compris le concept de « l’Instinct ». Et il semblait que le mien me protège de ce genre de phobie. Pour autant, cela n’en supprimait pas moins son importance.
Mais le plus dure à admettre était encore le fait que ce n’était pas là une fatalité. Le responsable n’était pas le temps qui s’écoule ni un affaiblissement de l’organisme... mais bien un Meurtre. Cela, je ne pouvais absolument pas le concevoir. Dans mon esprit, rien ne pouvait justifier que l’on puisse personnellement porter atteinte à l’existence d’un autre. Une vague de questions déferla dans ma tête. J’en perdais mes repères je ne savais plus quoi penser, où aller, qui aimer, quand me relever... La grotte tournait autour de moi.
Je fus sur le point de m’effondrer, lorsque l’image de Zohak s’approcha vers moi.
– Kaileena... Qu... Qu’est-ce qui ne va pas... ? Tu ne te sens pas bien... ?
Sa lame était encore ensanglantée, comme une tache, dans son regard paternel. Une hypocrisie enveloppait la scène. Mon cœur ne fit qu’un bond.
– LAISSE MOI ! NE M’APPROCHE PAS !
– Mais enfin... !
Il tendit sa main vers moi pour me caresser.
– VA-T-EN !!! »
C’est alors que le sol crissa sous mes doigt. Des fissures se creusèrent. Un craquement brisa la roche, qui explosa en poussière. Zohak tituba. Des vapeurs opaques tourbillonnèrent. J’étais hystérique. Un vent souffla avec puissance dans l’ouverture de la caverne. Le grand homme fut projeté en arrière. Tremblante de tout mon corps, je me relevai, et m’enfuis vers l’extérieur...
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Crizalid07
- Posté le
2 décembre 2008 à 21:40:20

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Bien :D
Syndro je peux avoir ton MSN stp ?
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SyndroMantic
- Posté le
3 décembre 2008 à 16:11:51

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rem-du-83@hotmail.fr pourquoi ?
mais bon, j'y vais jamais, alors je vois pas à quoi ça va te servir. je suis assez rarement sur l'ordi, ces temps ci.
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sonofsahdow
- Posté le
4 décembre 2008 à 00:20:05

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Syndromantic s'est très bon se que tu écrie mais j'te suppli vite écrie la suite parce que sé tellement bon a lire^^
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Sujet : « L'Autobiographie de Kaileena (fan fic) »
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