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Jerry_Kissinger
- Posté le
4 février 2012 à 19:51:20

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Salut !
Je propose de mettre ici, une petite histoire du Vietnam, très simplifiée, du début de la colonisation à la fin de la guerre américaine !
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De la colonisation à l'émergence du sentiment national vietnamien !
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On parle souvent du Vietnam comme d’une guerre, mais c’est avant tout une nation avec son peuple, sa propre culture, ses propres coutumes et modes de vie. Longtemps le sentiment national vietnamien a pu être sous estimé voir ignoré pour ne prendre en considération que le caractère communisme de cette idéologie.
La France s’est installée progressivement au Vietnam comme dans toute l’Indochine. La colonisation s’est faite d’abord de guerres contre la Chine. Ce sont les relations commerciales avec l‘Empire du milieu qui intéressait d‘abord la France, ce que les concessions française en Chine confirment. L’Indochine parait être une péninsule appropriée pour se rapprocher de Pékin. La rencontre de l’Occident pour nouer des relations avec la Chine. Ironie de l’histoire ? La guerre du Vietnam américaine aura d’abord pour objectif de contenir la Chine…
Entre le milieu et la fin du XIXe siècle, la France s’impose progressivement tant bien que mal dans la Péninsule indochinoise : au Vietnam, au Cambodge et au Laos.
La métropole n’est pas, comme on pourrait le croire, unanime à entreprendre ces expansions. On veut d’abord une entreprise à moindre coût. Pourtant, des groupes de pressions existent pour les soutenir : missions catholiques, des entreprises, les partisans d’un Empire colonial pour le prestige de la France. L’expansion très progressive sur près de 50 ans en Indochine prouve notamment, les indécisions de la politique française.
L’Indochine n’est pas une colonie de peuplement, mais un protectorat, seule la Cochinchine à le statut de colonie, tête de pont de la présence française entre l’Asie et l’Europe, et le Pacifique, elle est aussi le grenier à riz du Vietnam grâce au delta du Mékong traverse cette région. Les colons s’établissent surtout au Sud donc, aussi au Nord, avec la ville la capitale Hanoï.
Les relations colonisés/colonisateurs sont des rapports de dominants/dominés. Les salaires, les fonctions, le statuts et milieux sociaux et hiérarchiques, marquent les différences entre Français et Indochinois. La plupart des travaux sont effectués pour les besoins de la colonisation : ponts, infrastructures routières, des quartiers français. La plupart des matières premières sont directement envoyées en France, rarement transformées sur place.
Cependant, la France entreprend des campagnes de vaccinations. Elle s’adonne à restaurer les vestiges des civilisations indochinoises comme à Angkor au Cambodge, où l’Ecole française d’Extrême-Orient (EFEO) a et réalise encore un travail remarquable pour l’archéologie-ethnologie indochinoise. Certains Français tombent littéralement amoureux de l’Indochine, d’où l’émergence de célèbres orientalistes français comme Paul Mus.
La politique française est bien sûre aussi culturelle. L’ajout des idéogrammes romains remplace les caractères vietnamiens. La langue française doit pouvoir rayonnée en Indochine. Seules les élites indochinoises y accèdent, ou du moins peu de gens de l’immense foule du peuple des rizières.
L’essor économique ne doit pas être surestimé. La colonisation indochinoise est d’abord culturelle voir même missionnaire avant d’être économique, même si de grandes entreprises comme Michelin, ont pu s’y développer notamment par le traitement du caoutchouc des hévéas.
Le nationalisme vietnamien n’est pas inexistant. Il s’est développé progressivement. Pierre Brocheux et Daniel Héméry ont parlé de « processus de maturation » des esprits tout au long de la colonisation.
L’arrivée progressive des français du milieu à la fin du XIXe siècle, a bouleversé la société vietnamienne au plus profond de ses habitudes, de ses valeurs, de ses coutumes.
La société vietnamienne peut se schématisée en un large tissu humain, liant l’empereur aux mandarins, aux élites de la société. L’empereur a une autorité morale, les mandarins également, une société éprise par le confucianisme. Les fondements de la société vietnamienne sont aussi étroitement liés avec ceux de la Chine. Cela n’a rien d’étonnant, lorsque l ‘on sait que le Vietnam a été sinisé pendant près de 1000 ans par la Chine. Cette dernière constitue paradoxalement, à la fois, son modèle et son rival.
Pour résumé, le pouvoir colonial a bouleversé ces liens moraux existant. De ce fait, certains intellectuels vietnamiens, au début du XXe siècle et particulièrement dans les années 1920 - 1930, ont condamné le confucianisme et l’ont rendu responsable de l’intrusion du colonisateur.
Certains courants d’idées nationalistes, prônaient d’utiliser les propres armes du colonisateur pour les retourner contre lui : les idées républicaines entre autres. Les élites vietnamiennes, formées à la française, parfois ayant étudiées en France, n’ont pu que constater la contradiction du message républicain de la France.
Contradiction républicaine, oui et non. Oui, parce que la France, à travers sa devise « Liberté, Egalité et Fraternité » ne peut qu’être incomprise par le colonisé. En effet, les grandes idées des Lumières, véhiculées depuis le XVIIIe siècle dans la culture française peuvent se révéler contradictoire avec une politique coloniale par nature impérialiste.
Non, parce que la France, dès l’époque de la Révolution, s’est montrée soucieuse, mot faible, impérialiste, mot peut-être plus exacte, d’imposer son jacobisme républicain aux autres nations. Lorsque Napoléon Ier apporte le code civil, les idées de la Révolution dans les pays qu’il conquit, les autochtones, déjà pouvaient se montrer dubitatif. A la fois, heureux des idéaux révolutionnaires français, et dressés contre l’occupation d’une puissance louant les valeurs souveraines des peuples….. L’historien Benjamin Stora pense encore aujourd’hui, que la France développe ce qu’il appelle une « culture d’Empire », du fait de son passé colonial…
Vers 1930, le Parti communiste indochinois voyait le jour. Parti communiste certes, parti nationaliste d’avantage. Le Vietminh, dont Hô Chi Minh en sera le leader le plus charismatique, en découle directement. Ce n’est pas le seul parti, mais il se montera, et de loin, le plus organisé et le plus influent.
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AusterlitzSquar
- Posté le
4 février 2012 à 21:46:13

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superbe pavé,j'ai tout lu
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Cmt-Sheppard
- Posté le
4 février 2012 à 22:50:03

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Bien écrit !
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Luffychi
- Posté via mobile le
5 février 2012 à 01:34:00

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Intéressant et très bon texte
Il y aura-t-il une suite ?
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Jerry_Kissinger
- Posté le
5 février 2012 à 20:42:27

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De la défaite de juin 1940 au retour des Français en août/septembre 1945
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En juin 1940, la France est vaincue militairement par l’Allemagne nazie. La défaite résonne comme un choc dans les esprits dont le traumatisme se fera longtemps ressentir. La portée de cet échec est perçu aussi mondialement comme un bouleversement. La France, première puissance mondiale, sinon dans les faits, dans les esprits, est vaincue. L’échos de cette situation en Indochine est important. En effet, pour les colonisés, le colonisateur, potentiellement invincible, est déchu.
Dès lors, débute une situation quelque peu confuse pour les autorités française d’Indochine. Le gouverneur général Decoux se rallie aux vues pétainistes. Entre temps, les Japonais, déjà présents en Chine depuis 1937 avec l’occupation de la Mandchourie, profitent des faiblesses françaises pour imposer leur lois dans la région. L’Armée impériale contraint les autorités locales à les approvisionner en nourriture, notamment en riz, à réquisitionner les aéroports, les ports, et à pouvoir faire entrer des troupes en Indochine. De même, la France doit cesser toutes aides aux nationalistes chinois par le Yunnan (frontière vietnamo-chinoise). Elle doit céder une partie de l’Ouest du Laos au velléités thaïlandaises. Dans l’idée de l’amiral Decoux, la France doit collaborer pour préserver les restes de l’Empire français. En effet, si le Japon impose ses conditions, les autorités françaises administrent le territoire que ce soit civilement ou militairement. On peut noter quelques résistances à cette politique, mais globalement, comme en métropole, les maquisards seront moindres.
En mars 1945, devant l’avancée progressive et dangereuse des Anglo-américains dans le Pacifique et vers l’Indonésie, le Japon décide de lancer un ultimatum aux autorités françaises et d’occuper toute l’Indochine en prenant possessions des centres de commandements jusque là laissés aux Français. En quelques heures, les quelques 100 000 (environ) forces françaises dans toute l’ Indochine sont contraintes de céder après quelques 24h de combat. L’Indochine passe des mains françaises vers celles des japonais.
Point important de l’histoire du Vietnam, double choc dans l’esprit des colonisés, la France est vaincue une seconde fois ! Cette fois, c’est par une puissance asiatique, et il n’est pas sans rappeler que l’effet « de l’homme jaune vainqueur sur l’homme blanc » à pu jouer dans les mentalités locales. A noter que le Japon, menait une politique pan-asiatique, où le racisme était loin d’être absent. De ce fait, les troupes japonaises n’ont eu de cesse que d’encourager certains mouvements nationalistes vietnamiens à prendre le pouvoir devant ce vide politique en Indochine. Le Vietminh, créé en mai 1941 ensemble d’ idéologie nationaliste et communiste, déjà bien structuré à cette époque, s’empare des centres de commandements de Hanoï et ne tardera pas sous l’autorité d’Hô Chi Minh à déclarer l’indépendance du Vietnam, le 2 septembre 1945.
Loin des préoccupations indochinoises, la France libre, incarnée par le général de Gaulle, joua un rôle majeure dans la reconquête coloniale de l’après guerre.
Pour de Gaulle, qui se faisait « une certaine idée de la France », la défaite humiliante de 1940 doit être compensée par un élan actif que seule la France libre peut se permettre d’entreprendre. Un élan vers la reconnaissance de la France parmi les vainqueur.
Comment procéder ? Tout d’abord par le « sang versé », les Français doivent combattre aux côtés des alliés, doivent libérer les territoires, et plus tard participer aux condamnations d’après-guerre (procès en Allemagne fait par la France!) pour légitimer leur place au seins des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale et dans le futur contexte international d’après guerre.
Ensuite, c’est par la restauration de l’Empire colonial français, que Paris retrouvera sa grandeur. L’Indochine, « perle de l’Empire » ou encore « balcon du Pacifique » doit être reconquise. Ne s’est-il pas prononcé sur le sujet par ces mots ? : « Nous reviendrons en Indochine parce que nous sommes les plus forts . » Il fallait donc pallier ce syndrome de 1940, et ce que l’historien Robert Frank nomme la « hantise du déclin » de la France.
Conscient du manque de moyen dont la France dispose pour intervenir en Indochine, de Gaulle et le GPRF doivent faire face à plusieurs obstacles. Les Etats-Unis, dont Roosevelt est encore le président, se font les champions de l’anticolonialisme européen. Déjà en janvier 1945, la conférence Hot Springs donnait un aperçu des intentions américaines concernant le statut de l’Indochine. Ces derniers proposaient un système de « charter of trusteeship » où la péninsule serait administrée par une commission internationale avant une future indépendance. Solidarité coloniale ? Churchill se refusa a cette initiative. Autre difficulté, qu’est le manque de moyen de la France à pouvoir expédier des forces expéditionnaire française en Extrême-Orient et ce d’autant que la guerre est sur le point de se terminer lorsque le Japon entreprend son coup de force en mars 1945 !
Par diverses et difficiles tractations, en plaidant auprès des anglo-saxons, peu enclins à soutenir idéologiquement et matériellement la France vaincue, et soucieuse de reconquérir son territoire coloniale, le GPRF doit agir vite. La conférence de Potsdam, en juillet 1945, confirme la démobilisation des forces japonaises (environ 200 000 ? ) stationnées dans toute l’Indochine en deux zones : le Nord de l’Indochine par les Chinois nationalistes, le Sud de la péninsule par les Ango-américains.
De Gaulle s’empresse de dépêcher le général Leclerc en Cochinchine où les Anglais consentent à réarmer les prisonniers français libérés d’après la capitulation japonaise. La précipitation des Français à reprendre pied au Vietnam arrange les troupes anglaises du général Gracey qui doivent, elles-mêmes, s’occuper des territoires birman et indien.
Entre janvier et mars 19446, le CEFEO est globalement maître du Sud-Vietnam jusqu’au 16e Parallèle.
Reste encore à reconquérir au Nord-Vietnam, les régions de l’Annam et du Tonkin, sous influences des troupes chinoises de Tchang Kaï-chek.
Hors, les troupes chinoises constituent un obstacles tant pour la France que pour le Vietminh. Non seulement, la Chine a de par le passé, des prétentions à intervenir dans la politique vietnamienne, et la France est consciente que négocier son départ ne sera pas une mince affaire. Mais les troupes de Tchang Kaï-chek ne portent pas dans leur cœur les autorités vietminh de par leur obédience communiste. Les Chinois n’hésitent pas à jouer des autres factions nationalistes vietnamienne dîtes pro-chinoise pour faire défaut au Vietminh ...
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Sujet : « Petite Histoire du Vietnam »