Fic : Protocole Delta (Thriller) - Ecriture - Page 6 sur JeuxVideo.com

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Sujet : « Fic : Protocole Delta (Thriller) »

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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 15 septembre 2006 à 12:06:58 Avertir un administrateur
  • Ah ah, Az´, je vois que tu es toujours aussi clarvoyant... La réponse à tes questions dans ce chapitre central.

    100ème post sur ce topic, wouhou !

    27ème chapitre...

    Enjoy ! :ok:

    Dimanche 26 Juin
    23h59
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri

    La vérité

    La petite salle de briefing de la NHS était remplie de personnel. Nick Dale se trouvait là, tout comme Amy Cornell qui semblait de plus en plus accuser le contrecoup de la mort de Matt, ainsi que la plupart des analystes travaillant sur la capture de Will Shane. John Zahn prit alors la parole.
    - Selon les premiers rapports, le cadavre trouvé au 3256, Sherman Pound Street n’est pas celui de Will Shane. La corpulence ne concorde pas.
    Certains soupirèrent, d’autres se lancèrent des regards lourds de sens. Cette affaire était loin d’être terminée.
    - Il semblerait que ce soit celui de Tom Raver, l’occupant de la maison et propriétaire d’un restaurant sur Madison Street. Aucun casier judiciaire. Ce qui m’amène à cette question : pourquoi Will Shane est-il allé lui rendre visite ? Je veux que vous compariez leurs histoires personnelles et professionnelles pour trouver d’éventuelles corrélations.
    - Est-ce que Shane est suspecté du meurtre de Tom Raver ? demanda Nick Dale.
    - C’est une hypothèse de travail, en effet. La police a trouvé des douilles de fusil sniper de l’autre côté de la rue. Le fait est que du temps où il était à la NHS, Shane était l’un de nos meilleurs tireurs d’élite.
    - Mais alors pourquoi aurait-il appelé la police si c’est lui qui a tué Raver ? Cela n’a pas de sens ! continua Dale.
    - Il nous nargue, trancha Zahn. Il veut nous montrer qu’il contrôle la situation, c’est pour cela qu’il nous laisse des pistes à suivre. Il sait qu’on ne le retrouvera jamais. Mais vous allez lui donner tort. Vous allez me le trouver et me l’amener ici.
    - N’est-il pas possible qu’on ait tenté de le piéger ? demanda alors Amy Cornell, à la grande surprise de tous. Je veux dire, aux dernières nouvelles, il ne possédait qu’un revolver et maintenant, il se baladerait avec un fusil sniper. On a connu plus discret pour quelqu’un en cavale. De plus, vous avez entendu les premiers témoignages des voyageurs du train. Certains parlent d’un homme dont le signalement correspond à celui de Will qui leur a crié de rejoindre l’arrière du train parce qu’il y avait une bombe. Cela ne ressemble pas au comportement d’un terroriste pour moi.

    John Zahn baissa les yeux puis les braqua à nouveau sur la jeune femme.
    - Ecoute Amy, je sais que tu étais amie avec les Shane et que cela te fait mal de le voir empêtré dans une telle affaire, répondit John Zahn. Je le sais parce que moi-même, je le suis. Mais si Will n’avait rien à se reprocher, il n’aurait pas pris la fuite. Il connaît trop bien cette Agence pour savoir que son témoignage peut nous aider. La seule explication est qu’il n’est pas innocent.

    Un bip discret retentit et John Zahn porta la main à son téléphone portable à l’intérieur de sa veste. Il jeta un coup d’œil dessus et le remit dans sa poche.
    - Bon, c’est tout pour l’instant. Retrouvez-moi Will Shane avant que d’autres personnes ne meurent. Au boulot.

    Tous sortirent de la salle, laissant John Zahn seul avec son téléphone portable qu’il avait repris dans sa main. Il appuya sur une touche et attendit.
    - Vous m’avez bipé, monsieur ? demanda-t-il.
    - Oui, John. J’ai appris pour Tom Raver. Je vois que ma proposition de mettre sa maison sous surveillance a porté ses fruits, malgré vos réticences.
    - Je ne sais pas comment Will Shane est remonté jusqu’à lui, monsieur. Personne au sein du SdP ne connaissait son identité...
    - Excepté Victor Carlton, coupa son interlocuteur.
    John Zahn prit le temps de réfléchir à cela.
    - C’est donc pour cela que les Shane sont montés à bord de ce train, finit-il par dire doucement. Ils n’essayaient pas de stopper la bombe...
    - Ils cherchaient Carlton, qui est fort heureusement au nombre des victimes, d’après la police.
    - Nous avons donc un problème, monsieur. Si Carlton a parlé, Raver peut très bien l’avoir fait également.
    - Raver ne savait que ce que nous voulions qu’il sache. Rien à craindre de ce côté-là.
    - Alors pourquoi m’appelez-vous, monsieur ?
    - Pour que vous fassiez ce que vous n’avez pas réussi à faire il y a dix-huit mois. Lucy Shane était et est toujours un sérieux danger pour toute l’opération.
    - Elle est toujours à la clinique, je ne vois pas très bien ce que je peux faire de plus, se justifia John Zahn.
    - Il faut l’empêcher de parler, à tous prix. Faites ce que vous voulez, mais réduisez-la au silence.
    Sa voix d’ordinaire si calme laissait apparaître des traces de panique.
    - C’est votre erreur, John, reprit-il. Alors rectifiez-la. Si le FBI ou la CIA mettent leur nez dedans, elle racontera tout ce qu’elle sait et quelqu’un trouvera bien une preuve de ce qu’elle avance. Si jamais cela se produit, les sacrifices faits aujourd’hui n’auront servi à rien et notre opération aura été préparée pendant si longtemps sans aucun résultat.
    - Ils ne trouveront rien, parce qu’il n’y a rien à trouver, monsieur. Je vous l’assure.
    - Ne m’assurez pas quelque chose que vous êtes incapable de vérifier, John. Mes hommes m’ont rapporté avoir vu Amy Cornell se rendre dans la soirée à l’appartement de Matt Hendricks. Ils l’ont suivie jusqu’à une consigne de gare. Qui sait ce qu’elle a trouvé dedans...
    John Zahn déglutit avec peine.
    - J’ai fait fouiller l’appartement d’Hendricks à plusieurs reprises, Monsieur. Et nous n’avons rien trouvé.
    - Cela ne peut être une coïncidence. Gardez un œil sur elle, John.
    - Et que dois-je faire pour Valley ? Il commence à poser problème. Il pressent que quelque chose n’est pas normal et il y a vingt minutes, il est revenu à la charge pour être là quand on interrogera Lucy.
    - Je ne peux pas lui ordonner de rester à l’écart d’elle et vous le savez, John. Continuez de le menacer de sanctions. Cela devrait vous laisser le temps de faire ce que je vous ai demandé. Dès que Lucy aura disparu, nos problèmes en feront de même. Je n’ai pas besoin de vous rappeler l’extrême importance de ce que nous accomplissons aujourd’hui.
    - Non, monsieur le Gouverneur. Je sais ce qui est en jeu.
    - Bien. Alors ne me décevez pas. Je ne veux plus de mauvaises surprises.

    John Zahn entendit alors le Gouverneur Holden raccrocher, sa voix remplacée par la tonalité qui semblait le sommer d’agir. Signer l’arrêt de mort de Matt Hendricks et de Lucy Shane avait été facile tant que cela se résumait à aider la préparation d’un attentat. Mais on lui demandait maintenant de presser lui-même la détente.
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  • Yohan-Kiefa Voir le profil de Yohan-Kiefa
  • Posté le 16 septembre 2006 à 00:15:08 Avertir un administrateur
  • Je tiens à dire que je suis toujours lecteur de cette fic, mais j´ai peu de temps pour lire. Donc, dès que j´ai un moment je rattrape mon retard.
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  • _Azerty777 Voir le profil de _Azerty777
  • Posté le 16 septembre 2006 à 19:53:09 Avertir un administrateur
  • Sacredieu, j´avais loupé c´te suite! Oui, donc j´avais raison sur un point : tu nous mènes en bateau depuis le début^^. Par contre, j´avais juste deviné que Valley n´était pas le bon méchant, j´aurais jamais soupçonné ce pourri de gouverneur^^. Bien joué donc, car ça montre bien que l´histoire est parfaitement menée de bout en bout. (quoiqu´à la réflexion, le gouverneur soit une explication au fait qu´un incapable comme Zahn ait été nommé...mais fallait y penser^^)


    Bref, du tout bon et j´attends évidemment la suite. :-)
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  • __tony__montana Voir le profil de __tony__montana
  • Posté le 17 septembre 2006 à 14:02:38 Avertir un administrateur
  • :fete: effectivement, nous sommes menés en bateau depuis longtemps ! :p)
    il aura l´air bien malin Will !

    La suite !! Vite ! :ok:
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 18 septembre 2006 à 23:31:20 Avertir un administrateur
  • Az -> Comme je le fais à chaque fois, cette histoire est balisée sur un cahier du début à la fin et découpée en chapitres, avec des notes de ce qui se passe d´important dans chaque (et même, comble du luxe, un dessin montrant les intéractions entre les personnages).
    Je sais donc ce qui va se passer, quand et avec qui, depuis le début. Cela m´évite de me disperser et d´avoir également moins d´incohérences. :ok:
    C´est une méthode de travail qui en vaut bien d´autre mais qui me donne satisfaction. Pour l´instant, je n´ai qu´un chapitre de plus de prévu que sur mon plan et on va friser les 200 pages type livre à la fin. Coooool.

    Merci encore à toi et Tony de continuer à lire ! Il reste environ 7, voire 8 chapitres avant la fin.

    28ème chapitre...

    Enjoy ! :ok:

    Lundi 27 Juin
    00h11
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri

    Aux arrêts

    Encore un fichier analysé sans traces de ce qu’elle cherchait. Amy Cornell se surprit à en vouloir à Matt de ne pas avoir su ordonner ce qu’il avait mis sur le disque. La preuve qu’il lui fallait était peut-être là, quelque part, et elle perdait un temps précieux. Zahn venait de donner le mot d’ordre : Will Shane devait être arrêté à tous prix.

    Ses yeux avaient du mal à suivre les manipulations qu’elle faisait sur ordinateur. Elle se frotta les tempes et regarda l’heure. Il était plus de minuit. Elle était ici depuis plus de vingt heures et n’avait pris aucune pause. Mais elle ne comptait pas en prendre. Pas tant que quelqu’un à l’intérieur de la NHS aurait sur ses mains le sang de Matt sans être jugé pour cela.

    Elle n’avait pas eu de nouvelles de Will, ni de Valley et cela l’angoissait. Pour l’instant, son rôle était resté secret, mais si Valley venait à apprendre qu’elle avait aidé Will, sa carrière - ou sa vie - allait prendre du plomb dans l’aile. Elle essaya de chasser ses mauvaises pensées pour se concentrer à nouveau sur le problème présent. Une chose à la fois. D’abord l’analyse des données et ensuite, on aviserait.

    Dale avait compris le message et ne venait plus la fliquer à tout bout de champ. Il restait relativement discret, sûrement blessé dans son orgueil par ses paroles. C’était un gentil gars, un peu trop collant vis-à-vis des procédures, mais il était jeune. Il apprendrait à s’assouplir pour mieux réagir face à l’urgence. C’était sa première situation de crise et il voulait faire bonne figure auprès d’elle et de Zahn.

    D’après ce qu’elle pouvait voir, elle avait épluché plus de la moitié des données du disque d’Hendricks. Elle pensa à nouveau à Lucy Shane, étendue dans un lit de la clinique de la NHS et qui serait certainement accusée des attentats de la journée si elle ne trouvait pas rapidement la clé de toute l’affaire. Elle réalisa soudain que l’issue de cette crise dépendrait de ce qu’elle trouverait. Si elle ne parvenait pas à obtenir une preuve de l’existence d’une taupe au sein de la NHS, Lucy Shane serait accusée et probablement exécutée. Will tuerait Valley et il passerait la fin de sa vie en cavale. Elle resterait en dehors de tout cela, comme Will l’avait prévu. Son rôle serait gardé secret.

    Mais si elle trouvait ce qu’elle cherchait si désespérément, les Shane seraient innocentés et la personne responsable de la mort de Matt serait retrouvée. L’équation ne pouvait guère être plus simple. Ses doigts volaient au-dessus des touches, jusqu’à ce qu’elle arrêta, le souffle court.

    Ce dossier était différent. Il ne contenait pas les sempiternelles simulations d’attentats, mais des journaux de ce qui semblait être des communications électroniques. Elle touchait au but, elle le sentait. Il était fait mention d’envois des dossiers présents sur le disque - les simulations d’attentats - et quelques messages écrits qu’elle ne pouvait lire.

    Hourrah, cria une petite voix dans sa tête. Avec chaque entrée du journal, une foule de détails était présente. Date et heure de l’envoi, adresse du destinataire et surtout adresse IP de l’envoyeur. 192.168.32.87. Ceci indiquait le numéro de l’ordinateur du réseau de la NHS qui avait envoyé les données au Sang des Patriotes. Ce n’était pas à proprement parler une preuve, mais plutôt une direction dans laquelle chercher.

    Il lui suffisait juste d’entre cette adresse dans le logiciel qui s’occupait de la maintenance du réseau informatique de l’Agence et elle trouverait sa taupe. Elle regarda autour d’elle, consciente que quelque chose ne tournait pas rond. Obnubilée par son écran, elle ne s’était pas rendue compte que les boxes alentours étaient vides. Cela ne voulait probablement rien dire, mais elle était de nature suspicieuse. Appelez cela une déformation professionnelle.

    Elle tenta d’entrer dans le logiciel de maintenance pour repérer l’ordinateur, mais une alerte clignota en rouge sur son écran. « Access Denied ». Accès refusé. Ce n’était pas possible. Elle avait une accréditation de niveau 5, elle pouvait en théorie accéder à ce logiciel. Le drôle de sentiment qui agitait son estomac depuis quelques minutes grogna de plus belle. Elle tenta d’autres applications qui nécessitaient une accréditation moindre, mais « Access Denied » clignotait toujours furieusement.

    Amy passa à nouveau la tête au-dessus de son box pour voir Nick Dale qui venait dans sa direction, accompagné de deux membres de la sécurité. Ils l’avaient découverte ! Merde ! Où avait-elle fait une erreur ? Dale n’était pas un génie, mais son escapade aux Archives avait dû lui mettre la puce à l’oreille. Et les coups de fil qu’elle avait reçu de Will n’étaient pas non plus très conformes au règlement.

    Elle réfléchit à toute vitesse en hésitant d’abord sur la marche à suivre. Elle ne savait pas qui était la taupe, ce pouvait très bien être Dale, ou Valley comme le croyaient les Shane, mais aussi n’importe quel analyste ou dirigeants de l’Agence. Qui croire ? A qui confier les preuves qu’elle venait de trouver sans prendre le risque de les voir disparaître, et son innocence avec ? D’ailleurs, on ne pouvait même pas appeler cela des preuves puisque techniquement, elle n’avait encore rien trouvé.

    Elle sortit le disque de son ordinateur et se hâta pour le cacher à l’intérieur d’un dossier qui dormait dans un de ses tiroirs. Elle reprit son travail et attendit que Nick Dale s’approche d’elle.
    - Nick, je n’ai plus accès aux dossiers de mon poste de travail, dit-elle en se levant.
    Les deux agents de sécurité se placèrent autour d’elle et l’attrapèrent chacun par un bras. Elle eut un rire nerveux.
    - Qu’est-ce qu’il se passe, Nick ? C’est une blague ?
    - Amy Cornell, vous êtes en état d’arrestation pour complicité d’actes terroristes.
    - Qu’est-ce que tu me racontes, Nick ?
    - Vos derniers relevés téléphoniques ont montré des conversations vers un téléphone portable sécurisé. Nous avons passés les quelques enregistrements disponibles à travers nos filtres et il s’avère que tu - euh vous - avez été en contact avec Will Shane au cours des dernières dix heures et que vous lui avez communiqué des informations, sans en prévenir la NHS.
    - Je veux un avocat, dit-elle crânement en sachant pertinemment que ce n’était pas possible dans les affaires de terrorisme.

    Nick Dale soupira et fit un geste aux deux agents de sécurité qui emmenèrent Amy devant le regard médusé des autres analystes.
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 21 septembre 2006 à 12:10:47 Avertir un administrateur
  • J´essaye de poster les derniers chapitres le plus rapidement possible puisqu´à la fin de la semaine, je pars pour l´Angleterre pour un nouveau job et que mon accès à Internet sera surement réduit. J´espère que je finirai à temps ! :)

    Enjoy ! :ok:

    29ème chapitre

    Lundi 27 Juin
    00h15
    St. Louis, Missouri

    Mise au point

    Will attacha solidement les mains de Terrence Valley à la chaise en métal, celle-là même où Lucy s’était assise quelques heures auparavant pour l’interroger. Pas une seule fois l’ancien directeur de la NHS ne tenta de s’enfuir ou de protester. Il gardait les yeux baissés, résigné quant à son sort.

    - Tu sais, Terry, je savais que tu ne me portais pas dans ton cœur, mais de là à mettre la vie de Lucy en danger, il y a une marge.
    - Combien de fois va-t-il falloir que je te répète que je ne suis pas celui que tu recherches. Essaye de penser avec ta tête, Will ! Pourquoi aurais-je monté un Protocole Delta basé sur l’infiltration de Lucy au sein du Sang des Patriotes si j’étais de mèche avec eux ? Si je suis bien l’homme que tu prétends que je suis, j’aurai dû savoir qu’elle trouverait des preuves de ma complicité avec le SdP. Et je ne suis pas stupide à ce point. Pense d’un point de vue logique quelques minutes, tu veux. Qu’est-ce qui fait le plus sens ? Que quelqu’un à la NHS fut en affaires avec le SdP et se soit aperçu que Lucy en faisait partie sous couverture ou que ce soit moi qui travaillait avec eux et que j’ai volontairement placé Lucy là pour je ne sais quelle raison puis pour la dénoncer six mois après ?

    Même s’il ne voulait pas l’admettre, Will savait que Terry n’avait pas tort. Tactiquement, ce n’était pas la meilleure option. Mais Lucy était certaine que c’était lui et Tom Raver, même s’il ne l’avait pas nommé, connaissait son nom. Il s’assit sur le sol, essayant de remettre de l’ordre dans ses pensées.
    - Raconte-moi encore ta version de l’histoire, Terry.
    Terrence Valley soupira et prit une grande inspiration.
    - Il y a deux ans, j’ai eu une opportunité d’infiltration d’un agent au sein de l’organisation du Sang des Patriotes. Lucy s’est portée volontaire et nous avons donc décidé de mettre en scène sa mort, comme l’exige le Protocole Delta. Ce fut lors de la mission Rafferton. Tout s’est bien passé pendant dix-huit mois, jusqu’à ce que Lucy ne vienne plus aux briefings que nous lui fixions. Nous avons donc pensé que sa couverture avait sauté et qu’elle était morte. Ce n’est que ce midi que nous avons appris qu’elle était encore en vie, quand nous l’avons vu sur les enregistrements du Busch Stadium.
    - Et c’est tout ?
    - En ce qui me concerne, oui, c’est tout. Je n’étais que son contact et d’après ce que tu m’as dit, elle a pensé que j’avais renseigné le SdP sur sa véritable identité, ce qui est complètement faux. Tu te trompes de personne, Will.
    - Mais tu étais le seul à savoir qu’elle était infiltrée au sein du SdP ! Le seul ! s’emporta Will.
    - Au début oui. Mais je commence à penser que la taupe a dû s’en apercevoir et a prévenu Gavin Williamson.

    Will se releva et s’approcha de Terry qui ne détourna pas le regard avant de retourner près de la fenêtre qui donnait sur ce quartier mal famé de St Louis.
    - Et vous ? Qu’avez-vous trouvé aujourd’hui ? demanda Terrence Valley.
    Will hésita avant de répondre.
    - Avec Lucy, nous sommes allés rendre une petite visite à Gavin Williamson. Nous avons découvert que le SdP n’est pour rien dans l’attentat du Busch Stadium.
    - Mais le FBI a trouvé des documents sur leurs serveurs.
    - Des documents que quelqu’un - Tom Raver - chargeait depuis un poste distant. Tom Raver était le marchand d’armes privilégié du SdP depuis quelques temps et son intermédiaire auprès d’eux s’appelait Victor Carlton. Au moment où nous étions au QG du SdP, Carlton était en route pour faire sauter un train. C’est là que Williamson a compris que les deux avaient comploté pour faire porter le chapeau au SdP pour les deux attentats d’aujourd’hui. Ils ne sont pourtant responsables que d’un seul.
    - Et ensuite ?
    - Ensuite, nous avons trouvé le train qu’ils voulaient faire sauter et nous sommes montés à bord pour empêcher Carlton de le faire exploser. Nous l’avons trouvé mais il n’a pu stopper la bombe. Avant que tout n’explose, il nous a dit que Raver avait eu l’idée de ce second attentat et qu’il le soupçonnait d’être également à l’origine du premier. Lucy a été blessé et Carlton est mort dans l’attentat.
    - Que t’as dit Raver ?
    - Il a dit le blabla habituel sur le patriotisme, sur ce qu’il doit être fait pour protéger le peuple, etc.
    - Mais il ne m’a pas nommé expressément, exact ?
    - Non, dit Will d’un air contrarié, comme s’il venait de se rendre compte qu’il avait fait une erreur.
    - Je suis déçu, Will. Tu m’as habitué à mieux.
    - Tu es le coupable parfait !
    - Mais je suis innocent !
    - Alors qui est la taupe ? cria Will avec force.
    - Je ne sais pas, Will, je te jure, je ne sais pas.
    Shane frappa Valley pour la première fois. Il savait que c’était plus pour se punir lui-même.
    - Tu te sens mieux maintenant ? fit Valley en relevant la tête.
    Will ne répondit pas et retourna s’asseoir par terre, devant Valley, en ne cessant de tourner et retourner son arme entre ses mains. Il laissa ses yeux se perdre quelque part sur le plancher jusqu’à ce que quelque chose lui vienne à l’esprit.
    - La rencontre...
    - Quoi, la rencontre ?
    - Celle au Bush Stadium entre Lucy et Hendricks. Tu m’as dit cet après-midi que c’était une idée de la NHS.
    - Oui, bien sûr, la NHS a tout organisé.
    - Mais on sait maintenant que l’attentat du Busch Stadium n’a pas été perpétré par le SdP mais par Tom Raver, aux ordres de notre taupe. Ils devaient être certains que la bombe exploserait à l’heure exacte de la rencontre pour tuer Matt et Lucy. Qui a organisé cette rencontre à la NHS ?
    - J’ai donné mon accord de principe au projet que m’a soumis John Zahn, comme d’habitude.
    - Qui a travaillé dessus ?
    - Je l’ignore.
    - Alors, il faut qu’on le découvre.




    Je viens de me rendre compte que je me suis peut-être emmelé les pinceaux dans le fil temporel au sujet de Lucy et du SdP.
    Dans le chapitre "La vérité", il faut lire que John Zahn a échoué à tuer Lucy six mois plus tôt et non 18 mois plus tot.

  • Lien permanent
  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 22 septembre 2006 à 10:31:40 Avertir un administrateur
  • 30ème chapitre...


    Lundi 27 Juin
    00h19
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri


    Interrogations


    John Zahn courait presque entre les boxes de la salle de commandes. Amy Cornell avait été arrêtée et cela ne présageait rien de bon. Holden lui avait dit de la surveiller, mais elle avait eu un peu d’avance sur lui. Selon le premier rapport de Nick Dale, elle avait eu de nombreux échanges téléphoniques avec Will Shane au cours des dernières heures et Zahn n’aimait pas cela. L’équilibre de la réussite de la mission était précaire et ne devait souffrir d’aucun obstacle.

    Or depuis ce midi, il ne cessait d’en apparaître de nouveaux. D’abord Lucy, que Gavin lui avait assuré avoir tué six mois plus tôt et qu’il avait été surpris de voir vivante sur les vidéos de surveillance du Busch Stadium. Puis Will Shane qui avait vraisemblablement rallié sa cause et enfin Amy Cornell.

    Il s’était aperçu par hasard qu’un espion était infiltré au sein du Sang des Patriotes, quand des informations sur l’organisation parvenaient à Terrence Valley. Il avait prévenu les dirigeants en gardant le même rôle que depuis le début, celui de la source anonyme de la NHS. Une enquête avait été menée parmi les rangs du SdP et des hommes étaient morts sans que le flot d’informations ne stoppe pour autant. Alors il avait demandé à avoir accès au registre des membres et avait reconnu Lucy Shane, alias Jenny Howard. La première surprise passée, il avait aussitôt prévenu le SdP mais elle était parvenue à s’échapper avant d’être capturée.

    Gavin Williamson lui avait menti et maintenant, Zahn était en position difficile. Le plan pourtant parfait commençait à prendre l’eau mais il restait encore une possibilité de rétablir l’équilibre.

    Il poussa la porte d’une petite salle où se trouvaient un homme et des écrans qui enregistrait les moindres mouvements d’Amy derrière la glace sans teint. Il s’approcha et la regarda. Assise sur sa chaise, elle semblait toute petite entre les quatre murs gris et une lampe au plafond qui n’éclairait pas toute la pièce, juste la table en métal derrière laquelle elle était assise.
    - Coupez l’enregistrement Garber. Je veux m’entretenir en privé avec elle.

    L’agent obtempéra sans poser des questions et quitta la salle de surveillance. Zahn jeta un dernier coup d’œil à Amy et soupira. Si seulement elle savait ce qui était en jeu... Si seulement elle avait, comme lui, une vision d’ensemble des évènements de la journée, de la réaction en chaîne qui allait s’en suivre...

    Tout ceci avait été effectué pour de très bonnes raisons, des raisons qui nécessitaient des sacrifices. Le Gouverneur Holden était un homme sage, il avait gouverné cet Etat comme un vrai dirigeant et il continuait sur sa lancée, mais à plus grande échelle. Les moyens étaient certes discutables, mais de grandes catastrophes engendrent de profonds changements. Des changements qui devraient permettre de sécuriser les Américains de la façon la plus efficace possible.

    Mais il n’était plus question de convaincre Amy, pas après la mort - nécessaire encore une fois - de Matt Hendricks. Il les connaissait depuis longtemps et était au courant du lien unique qui les unissait. Jamais elle ne comprendrait. Il fallait donc employer une autre tactique. Il réfléchit quelques instants et entra dans la salle d’interrogatoire. Amy ne sembla pas surprise de le voir.
    - Dites-moi que tout ceci est une blague, Amy, dit-il d’une voix triste.
    Elle ne répondit pas, se contentant de rester prostrée sur sa chaise et de fixer un point imaginaire sur la table.
    - S’il s’avère que tu as aidé les Shane, tu vas être jugée pour complicité d’actes terroristes et tu sais aussi bien que moi que c’est la prison à perpétuité qui t’attend. Je sais que tu étais amie avec eux et que cela te semblait naturel de les aider, mais ils se sont servis de toi, Amy.

    Elle secoua timidement la tête au début, puis avec plus de vigueur.
    - Je suis fière de ce que j’ai fait, John. Quelqu’un de la NHS est impliqué dans les attentats d’aujourd’hui. J’ai aidé les Shane pas parce qu’ils m’auraient embobinée, mais parce que je crois leur histoire. Et j’en ai la preuve.

    Le sang de Zahn se glaça. Des preuves. Justement ce qu’il ne fallait pas que le FBI trouve. Il réfléchit rapidement, repensé à ce qu’Holden lui avait dit sur Amy se rendant à l’appartement d’Hendricks puis à la gare. Il supposa que c’était la fameuse preuve dont elle parlait.
    - Tu veux parler de ce qu’Hendricks a trouvé, n’est-ce pas ?
    Il avait demandé d’un ton hésitant, mais en voyant l’air surpris d’Amy, il sut qu’il avait touché en pleine cible.
    - Oui, je suis au courant de cette preuve, Amy. Matt Hendricks m’en a parlé ce matin, avant de se rendre sur le lieu de l’échange au Busch Stadium. Il avait peur de s’être trompé, il pensait que cette preuve n’en était pas une. Il m’a demandé d’y jeter un coup d’œil et il se trouve qu’il avait raison.
    Il pouvait lire l’incompréhension totale dans les yeux de la jeune femme, comme si son monde venait de s’écrouler.
    - Il aurait pu sûrement t’en parler avant, mais malheureusement, la bombe du Sang des Patriotes, placée par Lucy Shane ne lui en a pas laissé le temps.
    - C’est impossible, sanglota Amy.
    - Et pourtant, c’est la vérité. Je peux comprendre que tu les ai aidés en mémoire de Matt, mais maintenant, je dois savoir. Où se trouve Will Shane ?
    - Je ne sais pas.
    - La dernière fois qu’il t’a appelé, que voulait-il ?
    Amy hésita à répondre. Malgré ce qu’il venait de lui dire, elle continuait à avoir des doutes.
    - Ecoute Amy, tu peux encore nous aider à le trouver, la pressa-t-il. Tu peux encore réparer ce que tu as fait en aidant à sa capture si tu ne veux pas finir ta vie derrière les barreaux. Tu crois que c’est ce que voudrais Matt ? Tu crois qu’il voudrait te voir moisir en prison parce qu’il t’a entraînée sur une mauvaise piste ? Fais cela pour toi, Amy. Raconte-moi ce qu’il voulait.
    - Il... Il voulait savoir où se trouvait Terrence Valley.
    John Zahn se releva, le cœur battant toujours aussi vite.
    - Il t’a dit pourquoi ?
    - Lui et Lucy pensent qu’il est une taupe de la NHS.

    Le Gouverneur Holden avait eu raison, comme d’habitude. En se faisant passer pour Terrence Valley auprès de Tom Raver, il avait contribué à brouiller les pistes pour quiconque tentant de remonter vers le donneur d’ordres. Mais cela n’avait été qu’une hypothèse car jamais l’éventualité d’une telle réaction n’avait été envisagée.
    - Ont-ils des preuves, autres que celles fournies par Matt pour accuser Terrence ?
    - Je ne sais pas... Je suis désolée, John. Je ne voulais rien de tout cela.
    - Tu aurais dû nous dire que tu étais en contact avec eux. Peut-être que nous aurions pu éviter l’attentat du train. De toutes façons, cela n’est plus de mon ressort. Tu vas être transférée dans une prison d’Etat en attendant ton procès.

    Quelqu’un frappa alors à la porte puis l’ouvrit.
    - J’avais demandé à ce que l’on ne me dérange pas, Casey, dit Valley à la jeune femme qui venait d’entrer.
    - Excusez-moi, monsieur Zahn, mais Lucy Shane vient de reprendre connaissance à la clinique. Vous avez demandé à être tenu au courant.
    - Merci bien Casey, j’arrive dans quelques instants.
    La jeune femme fit signe qu’elle avait compris et les laissa à nouveau seuls.
    - Je crois que nous n’avons plus rien à nous dire, Amy. Je vous souhaite bonne chance quand même. Vous en aurez besoin.

    Alors qu’il sortait de la salle d’interrogatoire, il l’entendit pleurer de plus en plus fort puis étouffer ses sanglots dans ses bras. Problème résolu. Au suivant.
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  • _Azerty777 Voir le profil de _Azerty777
  • Posté le 22 septembre 2006 à 18:56:07 Avertir un administrateur
  • Toujours aussi bien. Quel connard ce mec quand même. :)
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 22 septembre 2006 à 19:23:53 Avertir un administrateur
  • Allez, je me suis déchiré et j´ai écrit la fin en moins de temps qu´il n´en faut pour le dire. Il me reste l´épilogue cependant.
    Cela reste encore à améliorer ultérieurement mais bon, pour l´instant cela ira bien.

    Merci Az´, la suite et fin pour ce soir ou demain. :ok:

    Enjoy ! :ok:

    31ème chapitre...suivi du 32ème chapitre.

    Lundi 27 Juin
    00h32
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri

    Requiem

    Sa tête lui faisait un mal de chien, alors qu’elle savait que c’était sa jambe qui avait été touchée. Lucy Shane tenta de se relever mais cela s’avérait difficile avec les sangles à chaque bras qui la retenaient dans le lit. Le bip discret de l’appareil qui surveillait son rythme cardiaque commençait à lui taper sur les nerfs, mais tant qu’elle l’entendrait, cela signifierait qu’elle serait en vie.

    Et être en vie était suffisant. Si elle restait en vie, elle pourrait se défendre. Elle ignorait où se trouvait Will, mais il devait faire le maximum pour la sauver, comme toujours. Personne n’avait voulu lui dire ce qu’il se passait depuis qu’elle était réveillée, ni ce qu’il était devenu. Elle ne doutait pas qu’elle serait bientôt interrogée, sûrement par Zahn. Du moment que Valley se trouverait loin d’elle, elle ne craindrait rien.

    Une infirmière entra et subrepticement, Lucy entendit les échos d’une conversation qui se déroulait en dehors de sa chambre.
    - ...très fragile, ne restez pas longtemps.
    - Bien docteur.
    La porte se referma quelques secondes avant que John Zahn n’entre à son tour. Il eut un sourire triste en la voyant sanglée dans son lit puis s’assit près d’elle en rapprochant une chaise.
    - Salut Lucy.
    Sa voix était douce, posée, bien loin de ce qu’elle avait imaginé.
    - Cela me fait plaisir de te revoir. J’aurai préféré que ce soit en d’autres circonstances.
    - Oui, moi aussi, répondit-elle.
    - Amy m’a tout raconté, ajouta-t-il, comme s’il se sentait obligé de mentionner cela.
    Lucy ne répondit pas, se contentant de le fixer pour qu’il continue.
    - L’histoire de la taupe que vous pensez être Terrence, la course aux preuves, le train...
    - Et tu nous crois ? demanda-t-elle, le ton plein d’espoir.
    - Il me faut des preuves, j’en ai bien peur. En attendant, je n’ai pas d’autres choix que de t’inculper pour les deux attentats.
    - Je comprends, mais essaye de retarder la procédure. Will est sur le terrain en train de chercher les preuves contre Valley. Il faut lui laisser un peu de temps.
    - Je ne te promets rien. Tu sais où est Will ? glissa-t-il.
    - Il devait aller chez Tom Raver, un trafiquant d’armes qui ravitaillait le Sang des Patriotes. On le suspectait d’avoir exécuté l’attentat du Busch Stadium et d’être à l’origine de celui du train.
    - Mais vous n’avez pas de preuves de cela.
    - Pas encore, je te l’ai dit. Le plus important est que tu fasses tout ce que tu peux pour lui donner du temps. Et que tu nous croies aussi.
    - J’attends de voir les preuves, Lucy. Je... Je te fais confiance.

    Il les croyait ! Enfin un qui croyait à leur histoire. C’était un bon début. Dès qu’ils auraient les preuves contre Valley, tout rentrera dans l’ordre. C’est ce que Will lui avait dit. Et Will avait presque toujours raison. Il avait eu raison quand il lui avait dit peu de temps avant leur mariage que travailler ensemble serait une erreur. Il avait voulu démissionner pour lui laisser la possibilité de faire le métier qu’elle aime, mais elle avait répondu qu’elle n’avait confiance qu’en lui pour la couvrir sur le terrain.

    Et pourtant, elle avait choisi de s’éloigner de lui pour infiltrer le Sang des Patriotes. Sur le moment, cela lui avait semblé être le meilleur choix à faire, mais elle n’avait jamais cessé de le regretter. Quelle conne elle avait été pour foutre en l’air sa vie confortable pour mettre un peu de piment ! Au départ, la mission ne devait durer que quelques semaines mais devant l’ampleur de la tâche, elle avait été prolongée jusqu’au point de non-retour.

    Will ne se remettait pas de sa disparition, il avait sombré dans l’alcoolisme et elle avait eu des échos de son licenciement avec pertes et fracas. Quand Terrence Valley lui avait parlé de cette mission, elle n’avait pas réfléchi aux conséquences de ses actes et de ce que cela impliquait pour ses proches. Elle croyait juste faire ce qui était de mieux pour son pays et l’ironie dans tout cela était que maintenant, elle allait être accusée des deux attentats.

    Elle se sentait fatiguée, tellement fatiguée. Peut-être même trop fatiguée, pensa-t-elle. Elle ouvrit les yeux à nouveau et vit John Zahn, toujours à côté d’elle, une petite seringue dans la main qu’il cacha vite dans sa manche.
    - Mais...Qu’est-ce que...
    Elle avait maintenant du mal à respirer, plus à cause de l’incompréhension qui la saisissait que du poison qui courait le long de ses veines.
    - Je suis désolé, Lucy. Vraiment.

    Elle suffoqua et des larmes coulèrent sur ses joues. Encore une fois, elle avait été trahie. Elle avait eu au moins raison sur une chose. Will ne l’avait jamais trahie, lui. Pardonne-moi, pensa-t-elle alors que sa vision devint trouble. Elle vit des silhouettes s’activer auprès d’elle, en vain. Puis ce fut le noir.


    32ème chapitre

    Lundi 27 Juin
    00h45
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri

    Le vent tourne

    Les pensées défilaient à cent à l’heure dans le cerveau d’Amy Cornell. Elle était complètement perdue, sonnée par les révélations de John qui lui semblaient plus probables que ce que les Shane lui avaient raconté. Et s’il n’y avait jamais eu de taupes à la NHS ? Et s’ils s’étaient servis d’elle pour faciliter leur projet ? Et Matt... Si seulement il lui avait parlé. Tout ceci aurait pu être évité, ou pas. Elle prit à nouveau sa tête entre ses mains. Où se trouvait la vérité ?

    C’était une histoire de fous et elle était coincée au milieu. Elle avait été stupide, elle avait laissé ses sentiments personnels inférer dans son jugement professionnel. Leçon numéro une de la NHS : Quand vous entrer à l’Agence, vos sentiments restent à la porte. Elle avait désobéi à cette règle et cela s’était retourné contre elle.

    Un bruit de porte qui s’ouvre la fit bondir et elle vit Nick Dale, le visage grave entrer avec un ordinateur portable sous le bras. Il allait probablement lui faire la liste de sa longue liste d’infractions au règlement. Ce connard arrogant l’avait surveillé pour le compte de Zahn. Sur le principe, elle n’avait rien contre, il faisait son boulot. Mais il aurait dû lui faire confiance. Et pour ce manque, elle n’allait pas lui faciliter la partie.
    - Tu en fais une tête, mon petit Nick, le railla-t-elle.
    - Arrête Amy. Ne me la joue pas comme ça. Pas à moi.
    - Eh bien si, justement ! Tu m’as espionnée, Nick. Tu disais être mon ami, mais en fait, tu n’attendais qu’une chose pour ensuite aller me dénoncer à John. Tu m’en aurais parlé avant, je t’aurai expliqué.
    - C’est maintenant que j’ai besoin que tu m’expliques.

    Amy s’étonna qu’il ne semble pas apprécier la situation plus que cela. Il aurait dû jubiler de la voir dans cette position. Il avait quand même réussi à attraper Mata Hari ! C’était bon pour sa promotion.
    - Que veux-tu savoir, mon bon Nick ?
    Il prit une grande inspiration en posant l’ordinateur sur la table devant elle.
    - Je veux savoir qui t’a donné ce disque de données, dit-il en ouvrant l’ordinateur.
    L’écran sortit de sa veille prolongée et afficha à l’écran les données sur lesquelles elle travaillait avant de se faire arrêter. Nick avait trouvé le disque de données que lui avait transmis Matt.
    - Je l’ai trouvé dans un dossier quand nous avons fouillé ton bureau. Je t’avais vu avec dans la soirée et j’ai voulu savoir ce qu’il y avait dessus. J’ai tout de suite compris que cela avait un lien avec les événements de la journée. Je voulais savoir ce qu’il y avait de si important pour mettre en péril ta carrière, parce que je te fais confiance.
    - Tu as fini d’analyser les données ? demanda-t-elle d’une voix tremblante, encore consciente de ce que lui avait dit John Zahn.
    Il hocha la tête.
    - Tu as découvert qui se cache derrière 192.168.32.87 ?
    - Oui, et c’est là que j’ai besoin de tes lumières. D’après le logiciel qui s’occupe du réseau informatique, il s’agit de l’adresse réseau du poste de John Zahn.

    La salle plongea dans le silence et tout devint clair dans l’esprit d’Amy.
    - Il m’a menti...
    Elle en riait presque tellement c’était énorme qu’elle n’est pas compris plus tôt.
    - Ce n’est pas Terrence Valley, la taupe, c’est John Zahn, dit-elle doucement.
    - Selon ces données, oui. Où les as-tu obtenues ?
    - C’est Matt Hendricks qui me l’a transmises. Il craignait pour sa vie et avait fait en sorte que ce disque me parvienne en cas de problèmes au Busch Stadium.
    - Tu dois m’expliquer toute l’histoire, Amy. Si Zahn est bien impliqué, on doit l’arrêter.

    Il semblait sincère.
    - Je ne connais pas toute l’histoire, mais Lucy Shane devrait pouvoir tout te raconter en détails.
    Il baissa les yeux, comme s’il fuyait un quelconque contact visuel. Amy sut que quelque chose de terrible s’était produit.
    - Ecoute, Amy. Lucy est décédée il y a dix minutes. Crise cardiaque. Les médecins de la clinique savaient qu’elle était fragile depuis son accident, mais Zahn a voulu l’interroger quand même.
    - Il l’a tuée. Ce salaud l’a tuée ! cria Amy en se levant avec rage.
    - Rien ne l’indique pour le moment, mais si les données du disque sont vraies alors on tient un mobile.
    - Elles sont fiables, je peux te le garantir.
    Amy faisait les cents pas à présent, comme une lionne en cage. Elle voulait sortir, trouver Zahn et le faire payer à sa manière.
    - C’est ce que m’ont dit les gars du Service Informatique.
    - Zahn a préparé les attentats d’aujourd’hui. Il a renseigné le Sang des Patriotes au cours des derniers mois et avec Tom Raver, son homme de main, il leur a fait porter le chapeau. Il n’avait pas compté sur le fait que Lucy Shane était infiltrée au sein du SdP. Mais depuis qu’il le savait, il avait tenté par tous les moyens de la faire disparaître. Il semble qu’il y soit parvenu en fin de compte.
    - Qu’est-ce que l’on fait maintenant ? demanda Nick Dale.
    - On doit mettre Zahn aux arrêts. Tout de suite.
    - Mais la procédure ? On ne peut pas mettre le dirigeant de la NHS aux arrêts comme cela ! Il nous faut l’autorisation d’un supérieur.
    - Eh bien appelle le Gouverneur Holden ! Fais-moi sortir d’ici, je sais où je peux joindre Terrence Valley. Il nous donnera l’autorisation. Mais on doit l’arrêter maintenant avant qu’il ne fasse d’autres victimes ou nous file entre les doigts.

    Nick Dale hésita à nouveau.
    - Allez Nick ! Bon sang, prends un risque dans ta vie !
    Il la regarda avec ce regard qu’elle commençait à connaître plutôt bien. Celui qui disait « Attention, ne franchis pas la limite, ma chère Amy.»
    Il sortit un téléphone portable de sa poche et le lança à Amy.
    - Appelle Valley. Je m’occupe d’Holden et de Zahn.
    Elle le regarda sortir puis pianota un numéro sur le portable. Au bout de quelques sonneries, la voix de Will répondit.
    - Allô ?
    - Will, c’est Amy. Ecoute, je ne sais pas ce que tu fais à Terrence, mais ce n’est pas la taupe. J’en ai la preuve.
    - Nous savons, c’est John. Nous avons déjà averti le Gouverneur Holden mais il demande à voir la preuve avant.
    - Elle est ici, avec moi. Je peux vous l’apporter.
    - Inutile, nous sommes en chemin avec Terrence. Nous devrions arriver dans un quart d’heure.
    - Parfait. Je vous attends. Nick est en chemin pour arrêter Zahn bientôt.
    - Dis-lui de ne faire rien d’imprudent et de le surveiller avec précautions. Nous ne savons pas de quoi il est capable.
    - Je lui dirai.
    - Amy, des nouvelles de Lucy ?

    Le cœur de la jeune femme se serra dans sa poitrine. Elle avait déjà été témoin de la souffrance de Will quand il avait cru à la mort de Lucy il y a deux ans. Elle ne voulait pas lui infliger cela maintenant. Très égoïstement, elle voulait surtout ne pas être celle qui lui annoncerait.
    - Non, répondit-elle tristement.
    - Nous serons bientôt là. Fais attention à toi.
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  • Posté le 23 septembre 2006 à 00:56:17 Avertir un administrateur
  • 33ème chapitre...

    Enjoy ! :ok:

    Lundi 27 Juin
    01h01
    Agence de la National Homeland Security
    St. Louis, Missouri

    Showtime

    Son téléphone portable sonnait depuis déjà quelques temps maintenant et John Zahn le regardait avec insistance. Il savait qui serait au bout du fil et ce qu’il devrait faire. Au bout de la vingtième sonnerie, il se résolut enfin à décrocher.
    - Allô ?
    - Vous en avez mis du temps, John. Encore une sonnerie et j’aurais abandonné, dit la voix forte du Gouverneur Holden.
    - Qu’est-ce que vous voulez, Gouverneur ?
    - J’ai reçu un appel très intéressant de Terrence Valley il y a quelques minutes.

    Il avait donc vu juste.
    - Que voulait-il ? demanda Zahn même s’il connaissait déjà la réponse.
    - Il m’a fait part de sa certitude quant à l’existence d’une taupe au sein de la NHS. Vous, en l’occurrence.
    - A-t-il au moins des preuves de ce qu’il avance ?
    - Il s’est engagé à me les fournir dans l’heure, en précisant qu’elles étaient accablantes. J’ai ensuite reçu un appel de Nick Dale, un de vos agents qui disait avoir les mêmes preuves de votre culpabilité. Il va sans dire que je n’avais pas d’autres choix que d’autoriser votre arrestation.
    - Vous avez bien fait, Gouverneur. Ce cas de figure avait été évoqué durant la phase de préparation de l’opération et je sais très bien ce qu’il me reste à faire. Notre cause passe avant tout.
    - Vous m’en voyez ravi et triste à la fois, John. Vous servez votre pays avec beaucoup de discernement.
    - Je vous remercie, Gouverneur. Ce fut un honneur de travailler à vos côtés.
    - L’honneur est réciproque, croyez-le bien. Je vais donc raccrocher maintenant. Au revoir et bonne chance John.

    John Zahn éteignit le téléphone portable et soupira. Il fouilla l’un de ses tiroirs à la recherche d’une arme qu’il finit par trouver. Il la prit en main et la regarda un instant avant de visser un silencieux. Il visa le portable posé sur le bureau et appuya sur la gâchette. L’appareil se transforma en un amas électronique de fils et de plastique.

    C’était une bonne chose de faite. Tout ce qui le reliait au Gouverneur Holden venait de disparaître et il ne lui restait plus qu’à faire une dernière chose. Devant sa porte, des ombres se déplacèrent et quelqu’un frappa à la porte, Dale, sans doute. Il aurait un public pour sa fin, ce qui n’était pas plus mal. Il mit sa main armée sous le bureau et dit à ses hommes d’entrer. Showtime, pensa-t-il.

    Nick avait effectivement la tête des mauvais jours mais John savait qu’une partie de lui devait aimer cela. Il allait coffrer un supérieur, un ennemi qui avait manipulé tout le monde depuis le début et qui avait sur les mains le sang de centaines de personnes, dont des collègues et amis.
    - Que voulez-vous, Nick ? Et que font ces hommes dans mon bureau ? dit-il en montrant du doigts les trois agents de sécurité que Nick avait amené avec lui.

    Quitte à partir en beauté, autant jouer la comédie jusqu’au bout.
    - Monsieur Zahn, vous êtes en état d’arrestation pour le meurtre de Lucy Shane et pour les attentats du Busch Stadium et du train 815.

    John prit un air étonné avant de se mettre à rire.
    - Il vous en aura fallu du temps pour me retrouver, je ne vous félicite pas, agent Dale. Peut-être que si vous aviez été plus efficace, Lucy Shane serait encore en vie.
    - Je pense pouvoir vivre avec cela, monsieur. Je suis plus inquiet pour vous.
    - Ne prenez pas ce ton condescendant avec moi, Nick. Vous n’avez aucune idée de ce que j’ai accompli. Absolument aucune idée. Mes actes auront un jour une signification.
    - Vous aurez tout le temps de faire passer votre message durant votre procès, j’en suis certain. Mettez vos mains bien en évidence, monsieur.
    - Hors de question. Vous me parlez de procès, je vous parle d’avenir. Encore une fois, Nick, vous ne comprenez absolument rien. Je n’en suis pas étonné.
    - Nous pouvons continuer ce petit jeu encore longtemps, monsieur, mais en fin de compte, le résultat sera le même. Alors ne rendez pas les choses plus compliquées.
    - Je ne veux rien compliquer. Au contraire, je vais vous simplifier la tâche.

    D’un geste vif, il porta l’arme à sa tempe et appuya sur la gâchette. Du sang jaillit de son crâne meurtri pour aller s’écraser sur les murs gris de l’autre côté de la pièce. Il s’affala sur le bureau, sous les yeux ébahis de Nick Dale et des trois agents de sécurité.
    - Appelez la clinique, dites-leur que l’on a une urgence ! Vite ! cria Nick en se précipitant vers le bureau.
    Il ne comptait pas le laisser s’échapper si facilement.
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  • Posté le 23 septembre 2006 à 00:58:54 Avertir un administrateur
  • Et les deux derniers chapitres pour finir.

    34ème chapitre

    Enjoy ! :ok:

    Lundi 27 Juin
    01h44
    Bureau du Gouverneur Holden
    St. Louis, Missouri

    Sauver la face

    Alors que Terrence Valley montait les marches qui le menaient au bureau du Gouverneur Georges Holden, il tentait de ne pas repenser à ce qu’il venait de voir durant la dernière heure. La douleur de Will Shane l’avait submergé alors qu’il se rendait au chevet de sa femme, tué vraisemblablement par John Zahn qui gisait toujours, le crâne en compote, dans le bureau qui avait autrefois été le sien.

    Tant de gens étaient morts aujourd’hui pour des raisons qui demeuraient obscures. Nick Dale lui avait rapporté le discours que leur avait débité Zahn et la logique aurait voulu que le nationalisme fut encore en cause. Mais, au-delà des preuves accumulées, Terrence ne voyait vraiment pas ce qui avait pu le pousser à de tels actes extrémistes.

    Une enquête complète serait menée pour faire la lumière sur toute l’affaire, notamment avec les témoignages de Will Shane et d’Amy Cornell. Alors qu’il était retenu prisonnier, Will lui avait expliqué tout ce qu’il avait vécu depuis ce midi et en recoupant avec les informations d’Amy et du disque trouvé chez Matt Hendricks, on devrait pouvoir trouver une explication satisfaisante à tout ceci.

    Dans sa poche intérieure de costume, Terrence Valley sentait le poids du disque de données qui accompagnait chacun de ses mouvements. Un objet si petit mais si important, renfermant les preuves que l’on avait besoin pour le procès. Un tel procès serait dommageable pour l’image de la NHS mais le peuple avait le droit de savoir ce qu’il s’était passé.

    Il frappa trois coups à la porte puis attendit que le Gouverneur Holden le fasse entrer. Il se trouvait à sa place favorite, devant la fenêtre à regarder St. Louis plongée dans la nuit et dans le silence, malgré la foule de gens réunis en divers lieux de la ville pour honorer la mémoire des disparus. C’est toujours dans les moments les plus tragiques que les êtres humains se rassemblent et partagent leur peine et quelque part c’était dommage. La crise était finie, mais le peuple ne le savait pas.
    - Regardez-les, Terrence, fit-il en montrant de la main les gens assis sur la pelouse sous ses fenêtres. Si paisibles, si recueillis.
    - J’ai vu, monsieur le Gouverneur. C’est très beau.
    - En effet. Vous avez raison, Terrence. C’est très beau. Il aura juste fallu que des centaines de personnes meurent pour ce résultat alors que demain, ils redeviendront ces concitoyens qui n’hésitent pas à s’insulter parce que la voiture de devant n’avance pas assez vite, qui battent leurs femmes et leurs enfants, ou vendent de la drogue.
    - Il y a aussi des citoyens honnêtes, monsieur le Gouverneur, nota Valley.
    - Certes, mais dans des moments comme celui-ci, on se rend compte que rien de tout ceci n’est vraiment important. Il y a et il y aura toujours pire. C’est la triste loi de la vie et des Hommes.
    - Monsieur, je vous ai apporté le disque contenant les preuves de l’implication de John Zahn dans les attentats d’aujourd’hui... d’hier, rectifia-t-il en regardant sa montre.
    - Ah oui, les fameuses preuves... dit distraitement le Gouverneur Holden. Ecoutez, Terrence, j’ai un terrible dilemme.
    - De quoi voulez-vous parler, monsieur ? demanda Valley, intrigué.
    - Vous connaissez la défiance du peuple pour les institutions fédérales. Il ne croit pas ce que le Président dit, il tente de chercher une vérité là où elle n’est peut-être pas. Alors que nous, nous profitons de la confiance du peuple du Missouri, parce que nous sommes ici. Nous nous occupons de nos affaires, sans demander de comptes à personne.
    - Où voulez-vous en venir, monsieur ?
    Terrence Valley ne voyait pas vraiment dans quelle direction allait la conversation.
    - Je dis que si le rôle de la NHS, à travers les actes de son dirigeant, est rendu publique, alors nous perdrons cette confiance et le peuple n’aura plus aucun respect pour les gouvernants ou tous ceux qui représentent l’autorité. Voyez-vous où cela peut nous entraîner ?
    - Je crois que vous sous-estimez la capacité du peuple à pardonner. Si nous jouons franc jeu avec lui, il pardonnera et continuera de croire en vous.
    - J’aimerai avoir votre confiance, Terrence, mais regardons les choses en face. Toutes les personnes impliquées, John Zahn, Tom Raver - oui, j’ai lu le premier briefing - Victor Carlton, toutes ces personnes qui reliaient le Sang des Patriotes à la NHS sont mortes. Il est inutile de leur intenter un procès posthume qui ne fera que déchirer le peuple et lui rappeler de mauvais souvenirs.
    - Alors que préconisez-vous, monsieur ?
    - Je pense qu’il serait de l’intérêt du Missouri que ces institutions ne soient pas souillées d’une tâche indélébile. Je pense que nous devrions garder ces preuves sous silence, asséna-t-il en faisant tourner le disque entre ses doigts.
    - Mais les gens voudront un coupable.
    - Ils en ont déjà un. Les membres du Sang des Patriotes vont être jugés pour l’attentat du train 815 et ils vont être condamnés pour cela parce que les preuves sont là. Les preuves qu’ils ont fomenté l’attentat du Busch Stadium sont là également, quoique fausses. Je préconise donc que l’on passe sous silence le fait qu’elles le sont. Laissons les juges livrer le SdP en pâture au peuple. Il veut des coupables, nous en avons, alors donnons-les lui.
    - Monsieur, vous nous demandez de mentir à une enquête fédérale, de détruire des preuves. C’est un délit très grave.
    - Je ne vous demande pas de les détruire, Terrence. Je vous demande de les passer sous silence, d’appliquer le Secret Défense pour des questions de Sécurité Nationale.
    - Je ne sais pas si nous pourrons contingenter l’information, monsieur. De nombreuses personnes sont au courant...
    - Et ces personnes ont eu ce qu’elles voulaient. Zahn et les autres sont morts. Ils connaissent la vérité et je pense qu’un procès public n’y changera rien. Ce n’est pas pour eux que vous ferez cela, mais pour le peuple, pour celui-là même qui s’est réuni sous mes fenêtres pour être ensemble et partager leur peine. Pouvez-vous faire cela, Terrence, ou dois-je vous l’ordonner ?
    - Je peux le faire, monsieur le Gouverneur, concéda-t-il. Vous avez raison. Le peuple doit être préservé. L’enquête restera interne à la NHS pour établir les responsabilités de chacun. Nous ne pouvons écarter le fait que John Zahn n’ait pas agi seul. J’aurai une requête, par ailleurs.
    L’éclat des yeux de Georges Holden devint plus intense.
    - Allez-y.
    - J’aimerai être nommé dirigeant de la NHS. Ne vous méprenez pas, monsieur, j’ai aimé mon travail auprès de vous, mais j’ai le sentiment que je serai plus utile à la tête de la NHS qu’ici, surtout avec l’enquête en cours.
    Holden réfléchit quelques instants puis hocha de la tête avec un sourire.
    - Accordé. J’attendrai vos recommandations pour la personne qui vous succèdera ici.
    - Bien monsieur. Et merci.
    - De rien, Terrence. Vous l’avez bien mérité. Allez retrouver votre Agence.

    Alors que Terrence Valley sortait de la pièce, il avait un sentiment étrange au creux de l’estomac, comme si quelque chose ne tournait pas rond. Tu te fais des idées, mec, pensa-t-il. Il avait besoin de repos après cette journée et il doutait de pouvoir trouver le sommeil après tant d’émotions. Il se rendit compte qu’il avait oublié le disque dans le bureau d’Holden. Il hésita à aller le rechercher, mais après tout, le Gouverneur savait comment utiliser au mieux cette preuve. Il saurait la mettre en lieu sûr.

    Toute cette histoire de Secret Défense le chiffonnait un peu, mais Holden avait raison. Si l’implication de la NHS, aussi minime soit-elle et seulement cloisonnée au rôle de John Zahn, venait à être découverte, les répercussions iraient au-delà des frontières de l’Etat. Non, c’était la meilleure solution, même s’il devrait faire face aux protestations d’Amy, de Nick ou pire encore, de Will, quand ils auraient fait leurs deuils respectifs de Matt Hendricks et de Lucy. Une autre période de leur vie commençait à présent.
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  • Posté le 23 septembre 2006 à 01:00:56 Avertir un administrateur
  • Et enfin l´épilogue... Le message précédent étant trop long.

    Enjoy ! :ok:

    Mercredi 21 Janvier
    15h32
    Capitole
    Washington D.C.

    Epilogue

    Les flashs des photographes crépitaient sous la pluie glaciale du mois de janvier mais qui n’avait pourtant pas effrayé les reporters et les curieux se pressant en masse sur les marches du Capitole pour ce qui était un jour historique à bien des égards. Une cohorte de députés et de sénateurs sortit au fur et à mesure, certains étant arrêtés par les journalistes pour des déclarations que l’on voulait symbolique.

    Mais le véritable héros du jour n’avait pas tardé et s’était offert un bain de foule au son de slogans aussi contradictoires que « Holden Président » ou « Holden au pouvoir ». Le pouvoir, il n’en avait plus besoin. Pas après son coup d’éclat du jour.

    Une tribune avait été aménagée sur les marches pour lui permettre de délivrer un discours qui allait s’inscrire dans l’histoire des Etats-Unis. Le Gouverneur Holden fit un grand sourire aux caméras réunies et les flashs crépitèrent de plus belle. Il s’éclaircit la voix et commença à parler.

    « Mesdames et messieurs, chers concitoyens américains, aujourd’hui est un jour qui fera date dans notre histoire. C’est le jour où les Etats d’Amérique ont dit « Non » à l’Etat fédéral en ce qui concerne la gestion de sa sécurité nationale et territoriale, grâce à la souveraineté du peuple, représenté par le Sénat et la Chambre des Représentants.

    Il y a un peu plus de six mois, St. Louis et l’Etat du Missouri ont été frappés durement. Lâchement. Mais ils ont survécu et les auteurs des attentats ont été arrêtés et seront jugés dans un futur proche. Ce que nous avons accompli aujourd’hui est le meilleur hommage que nous puissions faire à toutes ces victimes.

    Aujourd’hui, nous avons pris en main notre sécurité sans la mainmise de Washington et ses bureaucrates sur nos affaires de sûreté nationale. Le FBI, la CIA et toutes les organisations fédérales n’ont plus droit de cité dans le Missouri. C’est à nous, habitants du Missouri d’assurer notre défense et c’est pourquoi la National Homeland Security devient dès aujourd’hui notre première ligne de défense contre les ennemis qui voudraient nous anéantir. D’autres organismes d’Etat seront bientôt créés pour permettre aux habitants du Missouri de nous défendre nous-mêmes.

    Ce n’est pas un refus du Gouvernement fédéral dans son ensemble, mais la tragédie du Busch Stadium et du train 815 ont mis en lumière la nécessité pour nous, de nous occuper de la criminalité et du terrorisme sans les interférences d’organismes tels que le FBI ou la CIA. Nous ne sommes plus les faire-valoir de Washington, nous existons dorénavant en tant qu’entité nationale qui ne remet en rien notre engagement au sein des Etats-Unis d’Amérique.

    Nous avons conscience d’ouvrir la voie à une dévolution sécuritaire et nous ne pouvons qu’encourager les autres Etats à en faire de même, dans le respect des lois et des coutumes de chacun. L’avantage de cet Amendement est qu’il ne concerne que les Etats ayant à cœur la sécurité de leurs habitants. Ce n’est pas une obligation pour tous, mais une nécessité pour nous.

    Notre Etat est sorti traumatisé, en état de choc et se découvre petit à petit d’extraordinaires ressources. Mais le spectre mortel du terrorisme, qu’il soit international ou nationaliste, est toujours présent sur notre seuil. C’est pourquoi je m’engage avec fermeté et sur la durée dans la lutte contre l’insécurité en acceptant avec humilité le poste de dirigeant des différentes organisations nationales de sécurité et je profite également de la tribune d’aujourd’hui pour annoncer officiellement que je me représente pour un nouveau mandat au poste de Gouverneur. Je veux croire en un monde meilleur pour tous et je me donnerai les moyens de mes ambitions. Merci à tous. »


    Il quitta la scène avec rapidité et s’engouffra dans la limousine qui l’attendait au bas des marches. Une nuée de photographes se pressèrent contre les vitres du véhicule pour tenter d’obtenir la photographie parfaite. Confortablement assis dans les sièges en cuir, Holden eut un sourire satisfait en voyant les multiples panneaux proclamant de très gentilles choses sur lui. Sa réélection ne faisait aucun doute, les sondages le donnaient gagnant à plus de 75% en début de semaine alors que les sondés ignoraient s’ils allaient se représenter ou non.
    - A l’aéroport, James. J’ai un avion à prendre pour St. Louis.

    Le chauffeur fit un signe de tête qui montra qu’il avait compris et la limousine démarra doucement. L’Amendement avait donc été adopté par le Sénat et la Chambre des Représentants. Le plan avait donc fonctionné de bout en bout, malgré quelques sueurs froides certes, mais dans l’ensemble, cela avait été un succès. Il pensait à cet Amendement depuis de nombreuses années et il avait dû faire de bien vilaines choses pour qu’il soit voté. Maintenant, il tenait entre ses mains la destinée de son Etat, il contrôlerait tout, empêcherait d’autres attentats d’avoir lieu. Il ferait ce qu’il avait toujours su qu’il ferait mieux que tout le monde, c’est-à-dire protéger les gens dont il avait la responsabilité.

    D’après ce qu’il avait entendu dans les couloirs du Capitole, le New Jersey allait bientôt adopter l’Amendement à son tour. Le Missouri avait ouvert la voie, les Etats ayant souffert du terrorisme au cours des dernières années en ferait de même. L’effet boule de neige ne s’arrêterait pas de sitôt, pas avec la situation au Moyen-Orient toujours aussi précaire et le regain des nationalismes de tout poil.

    La limousine s’arrêta sur le bord de la route et les portes se verrouillèrent.
    - James ? Que se passe-t-il ?
    Le conducteur qu’il avait pris pour James se retourna et Holden eut un cri d’effroi. Will Shane se tenait à l’avant du véhicule, une arme entre les mains qui menaçait le Gouverneur.
    - Votre téléphone portable, dit-il d’une voix froide comme l’hiver.
    Ses yeux étaient vides et il semblait agir comme un robot.
    - Will, que faites-vous ?
    - J’ai dit, votre téléphone portable, monsieur, fit-il avec plus d’insistance.

    Holden se rendit compte que jouer les braves ne lui servirait à rien, surtout avec cet homme qui avait disparu de la circulation presque cinq mois plus tôt sans que personne ne puisse le localiser. Il lui donna donc son téléphone et attendit. Will ouvrit sa fenêtre et jeta l’appareil dehors, avant de refermer la vitre qui le séparait du Gouverneur.
    - Que voulez-vous de moi, Will ? Répondez-moi ! ajouta-t-il devant le silence persistant de l’homme au volant.

    Will Shane ne pipa mot et se contenta de conduire vers un endroit qui n’était pas l’aéroport, pour sûr. Georges Holden commença à paniquer. Pour des questions d’image, il n’avait pas voulu d’escorte mais aussi parce qu’il ne voyait personne qui pourrait lui en vouloir après sa gestion exemplaire de la crise des attentats. Il était allé à la rencontre des familles de victimes, les avait dédommagé, avait érigé des stèles commémoratives. Il avait été irréprochable, l’image que devait donner un bon Gouverneur.

    Il lui vint rapidement à l’esprit que si Will se trouvait dans cette voiture, c’était parce qu’il avait découvert son rôle dans les attentats et in extenso dans la mort de sa femme. Il décida donc de jouer cette carte.
    - Je n’ai jamais voulu que votre femme meure, vous devez me croire. Si seulement j’avais su qu’elle était infiltrée au sein du SdP, jamais je n’aurai pris contact avec eux. Valley était tenu à la confidentialité, jamais je n’aurai pu savoir qu’un Protocole Delta était en cours. Mais quand son témoignage est devenu trop gênant, elle a dû être sacrifiée. Nous n’avions pas d’autres choix avec John que de faire cela pour s’assurer que notre plan continuerait à suivre son déroulement comme prévu. Regardez la victoire que nous avons obtenue aujourd’hui ! Les sacrifices de votre femme et des autres serviront à protéger les générations futures et c’est ce qu’elle aurait voulu, vous ne croyez pas ?

    La limousine s’arrêta enfin et les portes se déverrouillèrent. Georges Holden fut saisi de l’envie de s’enfuir à toutes jambes, mais il se faisait vieux. Jamais il n’aurait pu distancer un homme tel que Will Shane.
    - Dehors, fit-il.

    Holden obtempéra et ils se retrouvèrent face à face au beau milieu de ce qui semblait être un complexe industriel désaffecté. Le Gouverneur pouvait lire dans les yeux de Will toute la douleur, mais aussi toute la rage qui l’habitait. Il ne s’en sortirait pas vivant à moins qu’il supplie pour sa survie.
    - Je peux vous donner ce que vous désirez. De l’argent, une nouvelle identité, une nouvelle vie. Vous n’avez qu’un seul mot à dire et je vous l’obtiendrai.
    - Pouvez-vous rendre la vie aux personnes mortes, monsieur Holden ?

    Il avait oublié avec à-propos de l’appeler par son titre, ce qui glaça le sang du Gouverneur Holden avec plus d’efficacité que tout ce qu’il avait connu.
    - Pouvez-vous faire revivre Lucy ou Matt ? Ou tous les autres ? C’est bien ce qu’il me semblait. Je ne souhaite qu’une chose et assez ironiquement, vous allez me la donner. Je veux la justice. A genoux, maintenant.

    Il chargea son arme et attendit qu’Holden obéisse. Il était désemparé, attendant un sauvetage qui ne viendrait sûrement pas. Finalement, il cessa la lutte des esprits et se laissa tomber à genoux, sous la pluie de ce froid mois de janvier.
    - Si vous me tuez, vous ferez de moi un martyr. Ce que j’ai aidé à mettre en place me survivra et deviendra incontournable. Rien n’empêchera plus mon œuvre d’être reprise dans un autre Etat.

    Will s’approcha de lui par l’arrière et pointa son arme sur l’arrière du crâne du Gouverneur Holden.
    - Je pensais que vous auriez au moins compris une chose, Holden. Je me fous pas mal de ce pays ou de ce qui pourrait m’arriver après. Ce que je fais n’est pas un acte institutionnel, c’est personnel. Pour Lucy.

    Un coup de feu retentit entre les murs des bâtiments délabrés, faisant décoller des corbeaux qui s’envolèrent dans le ciel gris en croassant. Will Shane regarda le corps étendu à ses pieds et baissa son arme. Il avait enfin eu sa vengeance. Il retira le lecteur-enregistreur de cassettes qui était placé dans sa poche intérieure et la déposa sur le cadavre encore chaud du Gouverneur Holden. En faisant cela, il signait son arrêt de mort, mais au moins, le monde saurait pourquoi et comment sa femme était morte. Et c’était tout ce qui lui importait maintenant.




    FIN
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 23 septembre 2006 à 01:09:54 Avertir un administrateur
  • Alors, ceci était donc mon cinquième roman après Scoop, Scoop 2 : Doppelganger, Scoop : Meridian et le Système.

    Il fait près de 200.000 caractères pour 160 pages, format livre normal. C´est ma plus longue fic à ce jour.

    J´espère que vous avez passé un agréable moment de lecture et j´en profite pour remercier les forumeurs qui ont eu l´aimabilité de laisser des commentaires tout au long de ses cinq mois.

    Avec, par ordre d´apparition :

    - Yohan-Kiefa
    - redsissi
    - ptit-hobbit
    - Ostramus
    - Seskoisa
    - KaiM
    - Dragthard
    - Squall46
    - ZLink
    - AtomiX-BreezeR
    - [Croustibat]
    - bababouboubaba
    - _Azerty777
    - Docteur_Chakall
    - __tony__montana

    Et un merci à tous ceux qui ont lu sans commenter et ceux qui liront par la suite. :ok:

    Je vais pouvoir en profiter pour me reposer de l´écriture quelques temps. :p)

    A bientôt pour de nouvelles aventures !
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  • _Azerty777 Voir le profil de _Azerty777
  • Posté le 23 septembre 2006 à 13:34:25 Avertir un administrateur
  • 200.000? Petit roman dis-moi^^ Néanmoins il est de très bonne qualité (quelques passages à revoir, comme la mort de Lucy ou autres qui est p´têt un peu trop rapide, mais ç´a l´air voulu), et à mon avis tu devrais le faire publier...chez une vraie maison d´édition. (pas le manuscrit, donc)



    Euh sinon pas grand-chose à dire, donc je me contenterai de dire que c´est très bien et que la fin est vraiment très bien menée. :-) Faudra j´aille terminer le Système un d´ces quatre^^
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  • Yohan-Kiefa Voir le profil de Yohan-Kiefa
  • Posté le 24 septembre 2006 à 04:21:03 Avertir un administrateur
  • Je rattrappe ma ledture plus tard, mais je uppe pour le moment car ce texte le mérite.
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  • Yohan-Kiefa Voir le profil de Yohan-Kiefa
  • Posté le 24 septembre 2006 à 05:00:13 Avertir un administrateur
  • lecture*

    Et l´art de faire un commentaire quand notre attention est détournée par autre chose. ^^
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 1er octobre 2006 à 21:12:03 Avertir un administrateur
  • :up: en attendant une nouvelle histoire...
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  • bababouboubaba Voir le profil de bababouboubaba
  • Posté le 1er octobre 2006 à 23:02:52 Avertir un administrateur
  • ohlala, j´ai carrément pris du retard...
    va falloir que je m´y remette sérieusement
    mais j´avoue que j´étais un peu perdue avec tous les persos et que j´avais un peu lâché prise sur la fic... mais en lisant les comms qui disent que tu nous mènes en bateau depuis le début, je pense que je vais m´y replonger vite fait...

    donc un prochain commentaire plus constructif plus tard !
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Sujet : « Fic : Protocole Delta (Thriller) »

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