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Loveisgreat
- Posté le
1er juin 2005 à 21:01:14

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Je suis parti de ce forum, soit. Mais si il y a bien un petit forum ou tout le monde pourra savoir de quoi je parle, c´est bien celui ca.
Ceci est donc une nouvelle, basé sur une histoire vraie, précisément l´histoire vraie de la mort de mon meilleur ami. Dans ce récit, tout sera véridique, du moins je crois. C´est assez prétentieux, pour ne pas dire tres prétentieux de ma part d´écrire une nouvelle ou je me mets dans la peau de mon meilleur ami, mais, c´était nécéssaire pour moi. Une sorte de thérapie, si l´on peut dire.
Cette nouvelle devrait, logiquement, etre basé en 4 parties. Voici la premiere. Bonne lecture.
Ton corps, nue, a mes cotés. Je caresse délicatement ton dos, et je te regarde. Comment pourrais je vivre sans toi? Rien que me l’imaginer, c’est impossible. Je me leve, lentement. Tu pousses un petit soupire, et tu souris. Tu dois être en train de faire un bien beau reve. Je crois que moi, par contre, je reve éveillé depuis hier soir. Depuis que tes si belles mains ont toqué devant la porte de ma maison. Je ne sais même pas pourquoi tu es venu, chez moi. Je ne sais pas non plus pourquoi tu es rentré de Naples, hier. D’ailleurs, je m’en fous. Tant que ca t’amène ici, devant mes yeux, je m’en fous. Je t’aime, et c’est ce qui compte. J’ai essayé, longtemps, de t’oublier. Petite Charlotte… Je me rappelerais toujours du jour, ou tu m’as dit que tu allais faire des études de mannequinat, en Italie. Tu m’avais dit ca de facon tellement joyeuse, ca m’avait brisé le coeur. Nous étions un couple, normalement, a ce moment la. Du moins, je crois. Pour moi, nous en étions un, en tout cas. Ce que tu en pensais toi? J’en sais rien. J’aimerais pouvoir dire que tu pensais que nous étions aussi un couple, tous les deux. Mais tu ne m’aimais pas a ce moment. Maintenant, tu m’aimes. J’en suis sur.
Ca va faire combien de temps, qu’on se connait, tous les deux? Trois ans, peut etre. J’étais en 3eme, quand je t’ai rencontré. Je t’ai tout de suite trouvé belle. Mais d’un coté, tout le monde t’a toujours trouvé belle. Depuis que tu es une jeune fille, tu as toujours été magnifique. Et puis, tu n’es pas comme toutes ses stars que tout le monde trouve “bonne”. Non, toi, tu n’avais pas que le corps.Tu avais cette classe qu’on a toujours tant de mal a définir. On ne voit pas en quoi tu es différente, qu’est ce que tu as de si spécial, mais on sait qu’elle est la, cette classe, bel et bien présente. Oui, tu es différente, et tu es belle. La plus belle de toute, assurément.
Et oui, déja trois ans, au moins, qu’on se connait. Trois ans que je souffre, t’aimant, mais sans jamais pouvoir vraiment en profiter. Jusqu’a hier. Combien de fois sommes nous sortis ensemble? Cinq, six fois? Oui, six fois. Je ne t’ai jamais laissé tomber, j’en étais bien incapable. Je t’aimais trop pour ca. Je ne t’ai même pas largué, la fois ou je t’ai retrouvé chez moi, avec ces deux hommes, nue. C’est pour dire. Oui, six fois, tu m’as remis le coeur en place, et oui, six fois, tu l’as redécomposé. J’ai toujours dit a Tendai, que je pouvais vivre sans toi. C’est le seul mensonge que je ne lui ai jamais raconté. Il ne t’aime pas trop, je crois. Il a peur que tu me fasses du mal. Mais apres cette soirée, c’est impossible que tu ne m’en refasses jamais. Maintenant, tu m’aimes, j’en suis sur.
Tu bouges, un petit peu. Tes si beaux bras se mettent a frotter le matelas. Tu continues de sourir. Même sans maquillage, et avec les cheveux défaits, tu es sublime. Une vraie déesse. Espérons que dans le Paradis, les déesses soit aussi belle que toi. Sinon, ce ne sera pas le Paradis. Tes pieds dépassent lentement de la couverture. Tes yeux, s’ouvrent, un a un. Si il y a une partie de toi que je dois choisir, et aimer le plus, c’est bien tes yeux. Bleus et verts. Je ne me rappelle plus du nom qu’on donne aux yeux comme ceux la. Moi, j’appelle ca divin, tout simplement. Tu regardes le lit vide. Je vois une petite once dee panique quand tu ne vois personnes. Ca me fait sourire. Tu scrutes la pièce, puis tu me vois. Un petit sourire, et tu ouvres la bouche, prete a dire ton premier mot des dernieres heures.
“Hmmm… Quel nuit”
Je ne peux m’empecher de rire. Tu sembles vexé. J’approche de toi, et je t’embrasse sur le front calmement. Parfois, il vaut mieux ne rien dire pour faire passer ses sentiments. Je descends mes levres, pour trouver les tiennes. Ce baiser dure deux secondes, qui me paraissent si courte. Je n’arrive toujours pas a y croire. Nous nous embrassons comme un vrai couple. Maintenant, tu m’aimes, j’en suis sur.
“Un peu de café?”
- Je veux bien, merci.”
Je sors la cafetière, et je te sers une tasse. Tu l’avales d’un trait, puis tu souris. Mais celui ci, de sourire, est différent. Tu me caches quelque chose, quelque chose de triste.
“Il y a un problème?”
-…
- Fais moi confiance, tu peux tout me dire.”
Tu hésites, ca se voit. Tu prends une longue inspiration. Je n’arrive pas a y croire, tu vas me dire ce que tu penses vraiment. Tu vas me faire confiance.
“C’est que… J’ai envie de tout plaquer, Benj. Strictement tout. J’ai envie de partie avec toi, que l’on s’en aille. Un autre pays, faire le tour du monde, profiter de ce monde. Rien que nous deux, comme un vrai couple. Est ce que… tu partirais avec moi?”
Je n’y crois pas ! Charlotte me propose de faire un tour du monde avec elle, rien que nous deux. C’est inespéré ! J’ai envie de pleurer, comme un gamin. A la place, je l’embrasse. C’est plus distingué, plus mature.
“ Ca veut dire oui?”
-Oui, oui, oui, et encore oui. Je payerais tout, et je t’amenerais ca demain.. Je t’aime Charlotte, je t’aime tellement.
- Moi aussi.”
Et nous nous recouchons. Les bras l’un dans l’autre. Alors que j’ai 19 ans, le bonheur me sourirait t’il enfin? Ai je enfin le droit au bonheur? Me permettons de rever, de profiter, d’aimer, et avoir ce sentiment en retour? Je la serres si fort, je ne veux plus jamais la lacher. Maintenant, tu m’aimes, j’en suis sur.
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SkySoft
- Posté le
1er juin 2005 à 21:11:32

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Peu d´action, beaucoup de sentiments. Et ils sont bien retranscrits.
Au delà de la portée que cette " novelle" revêt pour toi, le style est simple et agréable, tout s´enchaine naturellement et on ressent presque la douceur et le calme émanant de la scène.
Apaisant comme texte, très joli.
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redsissi
- Posté le
1er juin 2005 à 21:36:19

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Ce texte m´a beaucoup touchée et émue... jusqu´aux larmes... c´est d´une beauté et d´un calme incommensurable...
quelques fautes de syntaxe toutefois vers la fin
Beaucoup aimé vraiment... on peut imaginer la scène et vivre les sentiments comme si on y était... sentiments magnifiquement bien exprimés aussi...
Bravo... chapeau! bel hommage...
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Loveisgreat
- Posté le
1er juin 2005 à 21:39:49

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Ce n´est que la première partie. Si tout avait pu s´arreter la…
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AtomiX-BreezeR
- Posté le
1er juin 2005 à 21:42:10

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J´ai lu ton texte car le sujet m´a interepellé et je ne le regrette pas, c´est un très bel hommage et c´est extrêment paisible et doux, comme la relation amoureuse que tu décris. Cependant quelques erreurs font un peu tâche sur la nape, j´ai corrigé ton texte et également remplacé deux trois choses ( comme la première phrase qui n´en est pas une, il n´y a pas de verbe). Si ma correction t´interesse, je peux toujours te la passer demain ( au plus tôt). Mais je peux comprendre que ce genre de texte se doit de rester original.
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Masterbow
- Posté le
1er juin 2005 à 21:45:48

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Perso´, je n´ai pas vraiment d´avis sur cette partie.
Ca se laisse lire, mais on y sent déjà un mélodrame, et je trouve ça dommage.
Enfin, je lirai la suite pour me faire une opinion plus correcte.
Je trouve que c´est une très bonne idée, un tel texte.
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Loveisgreat
- Posté le
1er juin 2005 à 21:59:50

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Ato, je suis bien conscient des nombreuses fautes qui sont dans ce texte. Néanmoins, comme tu l´as dit, c´est le genre de texte que j´ai beaucoup de mal a retoucher, car j´aurais l´impression d´enlever au texte toute la sincérité qui en émanait. Mais oui, ca ne me gènerait pas que tu me donnes le texte, corrigé a ta facon. On se verra sur Msn.
Masterbow, le drame n´est pas supposé etre caché dans ce texte. Ce n´est pas une nouvelle a chute. C´est juste une progression vers l´enfer, tout simplement.
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Masterbow
- Posté le
1er juin 2005 à 22:18:27

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J´ai bien compris ce qu´il en était.
Je veux juste dire que cette première partie sonne déjà d´un ton dramatique.
Cela symbolise certainement ton état d´esprit actuel, mais je trouve que ça ne colle pas au texte, voilà tout.
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Loveisgreat
- Posté le
2 juin 2005 à 00:24:28

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J´essayerais de donner une suite avant la fin de la semaine…
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Masterbow
- Posté le
2 juin 2005 à 00:24:51

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Tu peux compter sur ma lecture. ; )
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Chocobo3
- Posté le
2 juin 2005 à 00:49:22

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J´ai lu aussi^^
Je trouce ce texte assez bien écrit et fluide.
On se laisse assez facilement embraqué dans le lecture, bref je lirai la suite
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AtomIX-BreezeR
- Posté le
2 juin 2005 à 12:14:30

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Je crois connaître quelle sera la dernière phrase, ou la conclusion, car si c´est bien ça elle est déjà écrite
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Vil-e-Coyote
- Posté le
2 juin 2005 à 12:24:17

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Je ne vais pas répeté ce que les autres on déjà dit...
Je dirais juste qu´on ressent l´authenticité dans ton texte et pour ma part c´est un des points les plus importants pour un auteur et un des plus beau compliments ; -)
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ClarenceSeedorf
- Posté le
2 juin 2005 à 17:02:33

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Je ne suis pas un garçon très original et les autres ont retranscrit mes pensées à propos de ce texte.
Au -delà du style, qui est bon, on ressent une vive émotion, d´autant plus que eci est une histoire vraie et que la fin sera dramatique.
Chapeau pour écrire cela, surtout pour se mettre à la place de ton ami.
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Loveisgreat
- Posté le
2 juin 2005 à 17:32:23

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Merci a tous.
Et Ato, en effet, la derniere phrase semble assez évidente, mais elle peut avoir plusieurs débouchés… Futur, négation, ou insistance…
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Loveisgreat
- Posté le
2 juin 2005 à 20:27:53

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Ca sera peut etre pas en 4 parties, finalement. Je suis pas sur du tout, je verrais.
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xbq_
- Posté le
4 juin 2005 à 12:42:14

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J´ai aussi lu
Je pense qu´une relecture ne serait pas de refus, mais je comprends bien que ce ne soit pas facile pour toi, aussi j´approuve l´initiative d´Ato.
Pour le reste, comme les autres j´ai été touché par le calme et la beauté en elle-même de ce texte, et également parce que tu donnes le dénouement dès l´introduction, ce qui apporte un climat particulier..
Ce texte est évidemment écrit plus pour toi que pour nous, mais je serai là pour la suite.
Bon courage
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redsissi
- Posté le
4 juin 2005 à 13:22:09

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Je conçois très bien que ce texte ne doit pas être facile à écrire pour toi... je lirai aussi la suite... courage... tu as tout mon soutien...
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Loveisgreat
- Posté le
4 juin 2005 à 22:46:32

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Merci a xbq et tous les autres
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Loveisgreat
- Posté le
5 juin 2005 à 17:39:55

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Cette partie est sans aucun doute celle qui sera la moins bien de toute. J´ai eu énormément de mal a faire changer ses réactions, et je m´en excuse. J´espere faire mieux a la troisième partie.
Bonne lecture
Il est 14h32. On avait rendez vous a 14h30. J’essaye d’accélerer. Je ne peux pas aller trop vite, car je n’ai pas envie d’avoir des gouttes de transpiration quand j’arrive a ses cotés. Je porte une chemise noir. Dans la poche de devant, les deux billets d’avion qui nous feront partir, tous les deux, a travers ce monde. Sept mille cinq cent euros en tout. De toute facon, il fallait bien que j’utilise ce compte un jour ou l’autre. Et quand on aime, on compte pas. Bangkok, Bali, Hongkong, Sydney, Melbourne, Rome, Harare, New York, Rio, … Nous pourrons visiter ce que l’on veut, ensemble. Dans la poche intérieur, se situe un paquet de préservatif. Pour une fois, je suis optimiste. Tout va se passer comme sur des roulettes.
J’ai toujours autant de mal a croire qu’elle m’ait proposé de partir avec elle. Il y a une semaine, on me donnait une vie normal de “gosse” de 19 ans. Il y a six jours, vingt deux heures, et quarante quatre minute, on m’a donné le bonheur, le vrai. Celui qu’on lit dans les contes, dont on reve le soir, qu’on écrit dans des récits complètement irréaliste. Oui, le bonheur. Jesus, Allah, Bouddha, ou qui que ce soit, me l’a donné. Je ne sais pas si je le mérite, et honnetement, je m’en fous. Je veux juste profiter, pour une fois. Profiter de ma vie, a ses cotés.
J’arrive pres du bistro, ou l’on s’est donné rendez vous. Elle porte une longue robe, qui, chose presque impossible, la rend encore plus belle que d’habitude. Il suffit que je la voie pour que je souris. Pourtant, elle ne me rend pas du tout ce doux sourire. Ses levres restent figés, sans le moindre mouvement. Quelque chose a changé. Je ne sais pas encore quoi, mais cela se voit. Elle n’est pas énervé, ni triste. Elle est… indifférente. Exactement, elle est indifférente. Le mien de sourire, s’évanouit peu a peu. J’ai peur. Peur de ce qui va arriver, peur pour elle, et surtout, peur pour moi. Ludivine avait bien raison. L’indifférence est le pire sentiment au monde.
Lorsque j’arrive devant elle, elle ne se leve pas, et ne bouge pas. A peine un petit sourire. Je m’approche de son visage, et essaye de l’embrasser. Elle détourne la tête, et j’embrasse sa joue. Ma peur s’est dorénavant transformé en paralysie totale, et je suis dans l’incapacité totale de parler. Je ne sais pas quoi lui dire. Tout mon corps bouge, sauf mes lèvres, qui ont décide de faire une grève. Apres un silence qui semble durer des éternités, je décide de contourner mon incapacité de parler. Je sors de ma chemise les deux billets en donnant le sourire le plus commercial que j’ai. Rien ne bouge chez elle, sauf ces yeux, qui montrent un air interrogé.
Je lui donne les deux billets, et j’attends qu’elle sourisse, et que tout redevienne comme la semaine dernière. Mais elle ne sourit pas. Pire. Elle se met a rigoler, de la facon la plus sincère qu’il soit. Et pas un petit rire, non. Une sorte de fou rire qu’on n’arrive pas, et qu’on ne veut pas controler. Je me sens de plus en plus figé. Tous mes efforts se focalisent sur ma bouche, que j’ouvre lentement.
“Qu’est ce qui te fait rire?”
Elle ne répond pas tout de suite. Elle essuye d’abord les larmes de ses yeux, me regarde a nouveau, et recommence lentement a rigoler. Elle arrive enfin a se calmer, et me pose une question qui me glace le sang.
“Rassure moi, tu rigoles la? C’est pas des vrais billets si?
-Bah bien sur que si”, réponds je d’un air inquiet
Et c’est reparti pour un tour. Mais celui ci, de rire, dure plus longtemps. Elle n’arrive plus a s’arrêter. Ma paralysie se transforme en peur. Ma peur se transforme en incompréhension. Mon incompréhension se transforme en colere. Mais ma colère, bien que grande, est impuissante, face a un rire pareil. Je ne veux pas perdre la face. Je veux reprendre le contrôle, et comprendre ce qui se passe.
“Putain Charlotte ! Arrete de rire un peu, merde, et explique moi ce qui se passe”.
Elle récupere tout son sérieux en moins de deux secondes. Je comprends qu’entre nous deux, tout est fini, mais je ne percois toujours pas pourquoi.
“Benjamin, Benjamin… De tous les mecs avec qui j’ai couché, tu es sincèrement le plus naif et le plus con.
- Ce qui veut dire?
- Ce qui veut dire que ce que je t’ai dit, il y a une semaine, je le pensais pas. Je n’ai aucune envie de partir avec toi pendant un mois autour du monde. Faut que je me concentre sur ma carrière, c’est tout. De toute facon, je repars en Italie dans deux, trois jours.
- Et nous deux, dans tout ca?
- Nous deux… Nous deux ! Parce que tu crois qu’il y a un nous deux? Je suis venu chez toi, il y a une semaine, je me sentais mal. On a passé la nuit ensemble, c’était bien, vraiment. J’ai passé une super soirée avec toi, mais c’est pas assez. On est incompatible. Je m’en fous de l’amour, et de toutes ces conneries. J’ai 18 ans, et je veux profiter, c’est tout. Je n’ai pas le temps de sortir avec toi, et tu le sais. Je ne t’aime pas, et je ne t’ai jamais vraiment aimé. Tu es sympa, comme mec, mais tu es pas le genre avec qui je sors.
- Je peux pas croire tout ca… Non, c’est pas possible. Dis moi sincèrement, ou prouve moi que tu ne m’aimes pas, et que tu t’en fous de ces billets.
Elle ne répond pas. Mais elle me le prouve bel et bien. Elle prend les deux billets, et les colle l’un a l’autre. Puis, elle les déchire, de la facon la plus calme et normal qui soit. Adieu massage thailandais, balade main dans la main dans les belles rue de Melbourne, voyage en avion collé l’un contre l’autre.
Elle se lève, lentement. Elle met son manteau, et s’apprete a partir. Avant de me laisser pour mort, elle pose la main sur mon épaule. Je sens qu’elle veut me dire quelque chose. Elle veut s’excuser, mais elle a trop de fierté pour ca. Elle finit par enlever ses cinq doigts, et s’en va. Au moins, elle se sent coupable.
Pendant cinq minutes, je reste la, sans bouger. Incapable de réagir, incapable de parler. Je suis un homme brisé, perdu. J’ai toujours été stoique, calme, et j’ai toujours caché mes sentiments. Sauf envers elle. Charlotte, pourquoi est ce que tu me fais ca?
Je prends mon téléphone portable, et j’appelle sur le sien. Il n’y a qu’une sonnerie, et ca raccroche. Elle a refusé mon appel. Je ne sais pas, je ne sais plus quoi faire. Je suis amoureux du démon, en personne. Ma vue se trouble, et cela ne peut signifier qu’une seule chose. Les larmes commencent a remplir mes deux yeux. Non, je ne pleurerais pas, pas ici, devant tous ces gens. Je me lève, vite, et je rentre chez moi le plus vite possible. Je ne m’en remettrais pas, cette fois, je le sais. C’est l’humiliation de trop. Cette femme m’a trompé, m’a fait rompre avec mes copines pour elle, et maintenant, a déchiré deux billets d’avion, devant mes yeux. Je ne vais meme pas essayer de me faire rembourser, car je ne compte pas continuer a vivre. Je ne suis plus rien, sans elle. Je vais mourir, pour deux billets d’avion. Ma vie vaut sept mille cinq cent euros, ni plus, ni moins.
Ma situation est dorénavant tres clair. Un frère que je déteste, et qui me rend ce sentiment a merveille. Un père qui était alcoolique, et qui a fini par payer tous ces abus il y a trois ans, a la suite d’une attaque cardiaque. Une mère qui débloque assez souvent, et qui semble oublier parfois que j’existe. Et enfin ma soeur, seule femme que j’aime dans ma famille, mais que je n’arrive pas a protéger.
Et dans tout ceci, Charlotte, la femme que j’aime, mais qui ne ressentira jamais ce sentiment en retour. Peut etre que si je meurs, elle comprendra. Peut être souffrira t’elle, et peut être comprendra t’elle ce que je ressentais. Peut être va t’elle pleurer, et enfin m’aimer. Oui, je vais mourir. Et la, tu m’aimeras, j’en suis sur.
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