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FFrules3
- Posté le
26 juillet 2005 à 18:15:09

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. .la suite et fin fin aout, début septembre. Voila.
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redsissi
- Posté le
30 juillet 2005 à 16:03:00

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ça ne fera qu´augmenter le plaisir FFrules!
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Pezzou
- Posté le
3 août 2005 à 20:40:23

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Merci.
Je ne cache pas que j´ai osé esperer que la suite était DEJA posté. ^^
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FFrules3
- Posté le
6 août 2005 à 18:27:30

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Bonjour, bonjour !
Hop, gros coup de chance, g quelques minutes pour vous poster les deux chapitres suivants de Meridian.
Alors...
Enjoy !
Mardi 28 Juin 1994
14 : 58
Hudson Street - Commissariat Central
Deux
Les experts de la police scientifique étaient formels. Certaines empreintes relevées sur le combiné de la cabine téléphonique appartenaient au professeur Downson. Elle avait marqué un point en les découvrant et le regard de ses collègues allait changer. Le respect, ici, s’obtenait en fournissant des résultats, ce qu’elle venait juste d’accomplir.
Maggie sourit en entrant dans le Commissariat. Des empreintes, elle en possédait plein, sans pouvoir encore mettre des noms dessus. Celle relevée sur la cassette à bijoux n’avait toujours pas parlé et on en avait trouvé de nouvelles sur le pendentif d’origine inconnue de la cabine téléphonique.
Elle le serrait dans sa main, heureuse d’avoir peut-être un élément susceptible de faire avancer l’enquête. Shaw l’avait convoquée pour justement faire le point. Si Devers s’en prenait à elle, elle pourrait toujours lui renvoyer les nouveaux indices à la figure.
Il faisait une chaleur insoutenable dans les bureaux où les ventilateurs tournaient à plein régime. Leur bourdonnement incessant énervait les policiers, qui auraient préféré pour une fois être sur le terrain, en extérieur, soulagés par l’air frais des sombres ruelles.
Le bureau de Shaw avait la chance d’être climatisé et il en serait de même pour le bâtiment tout entier, mais dans quelques mois seulement. En attendant, tout le monde crevait de chaud.
Maggie frappa puis entra en entendant un bougonnement sourd. Devers était déjà présent, assis en face du commissaire Shaw. Les deux ne semblaient pas particulièrement mécontents de la voir et c’est avec une certaine confiance qu’elle s’assit sur l’un des fauteuils libres.
- On nous a averti des progrès que vous avez accompli dans l’affaire Downson, inspectrice Walters, et je dois dire que je n’en attendais pas moins de vous, commença Shaw.
Devers fit une grimace fugace qui disparut aussi rapidement qu’elle avait apparu. Il savait que tous les indices qu’elle découvrait étaient autant de signes de ses propres erreurs.
- Merci Commissaire. Il est vrai que je progresse assez rapidement, même si quelques points sont encore obscurs. J’ai d’ailleurs besoin de vos lumières sur cet indice.
Avec un sentiment de triomphe à peine dissimulé, elle posa le sachet renfermant le pendentif sur le bureau de Shaw. Devers se releva rapidement et s’en empara.
- Où avez-vous trouvé cela ? demanda-t-il.
- Dans une cabine téléphonique à proximité du domicile du professeur Downson, répondit Maggie, qui jubilait intérieurement.
- Ceci appartient à l’ordre de la « Main de Dieu », Deo Manus en latin, D. M., expliqua Rick Devers. Chaque membre de l’organisation en possède un et un seul. Ce qui veut dire que...
- Si nous retrouvons son propriétaire, nous retrouvons un suspect, termina Maggie. Selon l’un des riverains, la cabine est scellée depuis l’an dernier, depuis le lendemain de la disparition du professeur Downson. Une chance pour nous que Network Phone ait mis autant de temps pour la faire réparer.
- Que comptez-vous faire, à présent, inspecteur Walters ? demanda Shaw.
- Je vais interroger le dirigeant de la Main de Dieu pour lui demander ce que faisait ce médaillon dans cette cabine téléphonique, dit Maggie après une pause. Nous en apprendrons peut-être plus.
- Je pense que l’inspecteur Devers devrait se charger de cet interrogatoire, dit Shaw brutalement, stoppant Maggie qui s’apprêtait à partir.
La phrase résonna dans la pièce soudain silencieuse. Les trois personnes ne bougèrent pas d’un pouce durant quelques minutes avant que Maggie ne parvienne à bredouiller un vague : « Pardon ? ».
- Ecoutez Maggie, l’inspecteur Devers s’occupait de cette affaire bien avant que vous nous rejoigniez, il connaît les protagonistes et...
- . ..et c’est moi qui ai trouvé les nouveaux indices. Sans moi, cette affaire serait encore au point mort, dit Maggie beaucoup plus fortement qu’elle ne l’avait souhaité. Sauf votre respect, je crois bien avoir mérité de poursuivre cette enquête.
- Je n’ai jamais dit que l’inspecteur Devers reprenait l’enquête à vos dépens. J’ai juste dit qu’il ferait cet interrogatoire en particulier, tandis que vous creuserez plus en profondeur sur les empreintes et le mystère de la cabine téléphonique. Vous êtes toujours en charge de l’enquête, mais vous allez recevoir de l’aide, c’est tout.
Devers en rajouta une couche.
- Ayez un peu l’esprit d’équipe, Walters. C’est aussi mon enquête et nous ferons un bien meilleur boulot à deux.
Aussi loin qu’elle se souvienne, Maggie avait toujours détesté l’idée de se voir adjoindre un partenaire. Outre les instincts de compétition qui pouvaient naître, elle n’aimait pas avoir à confier sa vie à un étranger. En tant que personne seule, elle pouvait connaître toute l’affaire, les lieux, les personnes. Une personne de plus dans l’équation entraînait invariablement de nouvelles inconnues qu’elle ne pouvait contrôler. Non, ce n’était vraiment pas une bonne idée. Elle pensait que Shaw avait bien vu cela en elle, mais apparemment, elle s’était trompée.
- Ce qui est certain, c’est que je ferais un bien meilleur boulot sans vous, inspecteur Devers.
- Doucement, Walters, intima Shaw. Vous n’êtes encore qu’une bleue ici. Ce n’est pas parce que vous avez remis cette enquête sur les rails que vous pouvez mépriser vos coéquipiers. Vous verrez avec le temps que la frontière entre bon et mauvais flic est souvent assez ténue. Vous avez bénéficié d’un concours de circonstances qui vous a permis de recueillir de nouvelles données, ce qui ne retire rien à vos compétences, bien au contraire. Je vous demande maintenant de jouer la partie à deux. Non, je ne le demande pas, je l’ordonne. Est-ce bien clair ?
Shaw étonnait Walters en de nombreux points. En ce moment, il était à des années-lumière de la personne bienveillante qu’elle avait rencontrée sous les arbres de l’Académie et qui lui avait offert un poste ici. Mais elle avait exagéré par son comportement et elle le reconnaissait sans mal.
- Limpide, commissaire. Je peux y aller ?
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FFrules3
- Posté le
6 août 2005 à 18:28:44

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Mardi 28 Juin 1994
16 : 09
Hudson Street - Commissariat Central
Deo Manus
Cette petite nouvelle avait du cran, mais c’était tout ce que Rick Devers lui accordait. Certes, elle avait trouvé de nouveaux éléments pour son enquête et fait progresser l’affaire de manière conséquente. Mais ce n’était quand même qu’une novice. Shaw semblait l’apprécier, ce qui était un bon point pour elle. Le commissaire avait le chic pour reconnaître les gens compétents. Ne l’avait-il d’ailleurs pas intégré à son équipe ?
Cela faisait maintenant presque cinq ans qu’il travaillait dans ce commissariat de Greenwich Village et il ne ressentait aucune lassitude ou envie d’aller voir ailleurs. Le coin lui plaisait, le boulot lui plaisait, les gens lui plaisaient, alors pourquoi bouger ?
Toujours était-il qu’il avait commis des erreurs dans cette affaire de disparition. Il avait oublié de vérifier certaines pistes et il s’était presque fait voler la vedette par cette Maggie Walters.
Maintenant, il avait de nouveau la main et ne laisserait pas passer d’autres occasions de se faire doubler. Curtis Godfrey, dirigeant de la Main de Dieu depuis sa création voilà une quinzaine d’années, n’allait pas tarder à arriver pour son interrogatoire. Au téléphone, il avait semblé vivement intéressé quand Devers lui avait dit pour le médaillon.
Son interphone de bureau sonna. D’une pression sur un bouton, il libéra la voix d’une standardiste lui annonçant l’arrivée de Godfrey. Devers lui ordonna de l’accompagner jusqu’à la salle d’interrogatoire n°3 où il irait le rejoindre dans quelques minutes.
A sa grande surprise, Godfrey n’était pas seul dans l’étroite salle d’interrogatoire faiblement éclairée. Une autre personne était présente, que Devers identifia comme l’un des membres de la Main de Dieu, à cause de son accoutrement.
Rouge avec des bandes jaunes autour des bras, le costume rituel de l’organisation Deo Manus détonnait dans la grisaille ambiante. Godfrey était lui en costume trois-pièces, ce qui intrigua Devers.
- Bonjour, monsieur Godfrey, dit-il en entrant. Puis-je connaître le nom de la personne qui vous accompagne ?
- Bien sûr, inspecteur Devers. Il s’agit de frère Greg, aussi appelé Greg Kidney selon les registres de l’état civil.
- Bonjour monsieur Kidney.
Greg ne répondit rien. Il fixait droit devant lui, attendant visiblement quelque chose. Devers s’assit en face des deux hommes.
- Monsieur Godfrey...
- Ce sera Maître Godfrey pour vous inspecteur, déclara rapidement Curtis Godfrey sans brutalité aucune.
- Excusez-moi ? En quel honneur devrais-je vous appeler maître ? reprit Devers.
- Selon les lois de ce pays, je suis légalement l’avocat de monsieur Greg Kidney ici présent. C’est en cet honneur que j’aimerai que vous vous référiez à moi en tant que « Maître Godfrey ».
- J’ignorais que vous aviez été admis au barreau, maitre Godfrey. Veuillez m’en excuser. Mais ceci n’explique toujours pas pourquoi monsieur Kidney est ici aujourd’hui.
- Mon client est ici en tant que propriétaire du médaillon retrouvé dans Greenwich Village. Il vous fera d’ailleurs le plaisir de répondre à vos questions.
Devers s’agita sur sa chaise. Tout cela ne lui disait rien de bon. La Main de Dieu était connue pour être une organisation religieuse très active et assez virulente, mais jamais encore, elle n’avait collaboré avec la police.
- Monsieur Kidney, vous reconnaissez être le propriétaire de ce médaillon ? demanda Devers en tendant le sachet plastique contenant la pièce à conviction vers lui.
Greg approuva d’un signe de tête.
- Savez-vous comment il s’est retrouvé dans cette cabine téléphonique ?
- Tout à fait, inspecteur Devers, continua l’homme. Je l’ai perdu il y a un an, lors du Grand Déluge qui emporta le Maudit.
- Pardon ? J’ai peur de ne pas comprendre.
- Ce que veut dire Frère Greg, c’est qu’il a perdu son médaillon lors de la grande pluie durant laquelle le professeur Downson a disparu, il y a un an de cela.
- Donc, vous étiez sur les lieux de la disparition ?
Greg et Curtis Godfrey échangèrent un regard. Godfrey hocha de la tête et Greg déballa tout.
- Je m’étais rendu à Greenwich cette nuit-là pour détruire les travaux du professeur Downson. Pour nous, Meridian était une insulte à l’œuvre de notre Seigneur. Il pleuvait à torrent cette nuit-là. Je suis arrivé devant chez lui et le plan était de m’infiltrer dans son laboratoire pour tout détruire.
- L’avez-vous tué ? demanda Devers d’un ton brusque.
Greg tourna la tête et le regarda dans les yeux.
- Vous n’êtes peut-être pas au fait de notre organisation, inspecteur Devers, mais le meurtre est contraire à nos lois. Il était seulement question de destruction de travaux impies. Rien de plus.
- L’avez-vous vu ce soir-là ? Je parle du professeur Downson.
- Non, quand je suis arrivé, la porte de son laboratoire était entrouverte. Je pensais que le Seigneur était favorable à notre cause pour me faciliter ainsi la tâche. Je me suis vite rendu compte que quelqu’un d’autre s’était déjà chargé de mettre un terme aux recherches du professeur Downson. La pièce était sans dessus dessous. Il n’y avait plus rien que je puisse faire. Je suis donc parti.
- Et votre médaillon ? Comment s’est-il retrouvé dans cette cabine téléphonique ?
- J’ai voulu avertir Maître Godfrey de ce qui s’était produit. Je me suis donc dirigé vers le téléphone le plus proche, une petite cabine cachée derrière un arbre. C’était aussi un moyen de me protéger de la pluie qui tombait à verse ce soir-là. Les éclairs illuminaient le ciel, on aurait dit un paysage d’apocalypse. Toujours est-il que le téléphone ne fonctionnait plus quand j’ai tenté de composer un numéro. J’ai attendu quelques instants et je suppose que c’est à ce moment que j’ai perdu mon médaillon.
Devers ne parla pas pendant plusieurs minutes. Le récit de Kidney semblait cohérent mais cela retirait une piste valable pour l’enlèvement du professeur.
- Comme vous pouvez le constater, inspecteur, mon client n’a rien fait de mal. Je propose donc que nous mettions un terme à cette entrevue, dit Godfrey d’un ton ferme.
- Attendez Maître, Kidney est coupable d’effraction ce qui est passible d’une peine de prison.
- Ceci est inexact, inspecteur. La porte du laboratoire était entrouverte, mon client n’a donc pas forcé pour entrer. La notion d’effraction est donc à écarter. De plus, aucune plainte n’a été déposée. Quant à la préméditation de destruction de travaux privés, vous pouvez l’oublier tout de suite. L’intention n’étant pas l’action, un jury populaire ne vous suivra jamais.
Devers devait au moins reconnaître à Godfrey qu’il avait bien travaillé son sujet. Les deux étaient inattaquables, du moins pour l’instant.
- Nous resterons à votre disposition pour tout entretien ultérieur. Frère Greg et moi-même n’avons aucune envie de nous soustraire aux lois de notre pays. Encore faudrait-il que vous ayez quelque chose contre nous. Sur ce, veuillez nous excuser, inspecteur, mais nous avons des choses à faire. Ah, encore une chose, dit Godfrey en se retournant. Pourrons-nous récupérer le médaillon quand l’enquête sera terminée ? Il n’en existe qu’un seul pour chaque membre et Frère Greg aimerait beaucoup récupérer son bien.
- Nous verrons si vous n’avez vraiment rien à vous reprocher, dit Devers. Pour l’instant, ce médaillon fait partie des pièces à conviction.
- Fort bien. Passez une bonne fin de journée, inspecteur.
Les deux hommes sortirent, laissant Devers seul et ses questions toujours sans réponses.
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Ostramus
- Posté le
6 août 2005 à 19:31:24

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Je pleure de bonheur devant le retour de Ffrules . ..
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ladyinred
- Posté le
6 août 2005 à 21:33:00

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ahhhhhhhhhhh que du bon!!!
toujours aussi intriguant!
ce Greg cache sans doute des trucs... il ne dit pas tout et visiblement l´avocat ne semble pas disposé à aider la police dans cette enquête...
Allez Maggie! au boulot!
Ostra je crains qu´FFrules ne soit pas encore de retour, en fin de mois seulement... mais je suis heureuse qu´il ait pris quelques minutes pour nous poster ces deux épisodes succulents comme toujours!
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Ostramus
- Posté le
7 août 2005 à 00:34:43

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Mon cher FFrules3 . . .
Tu connais mon talent pour trouver les imperfections . . .
" La main de Dieu" se traduit en latin " Manus Dei" et non " Deo manus" sans quoi ça ne veut rien dire ou presque . . .
Content de t´avoir aidé. Bonne journée . . .
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ladyinred
- Posté le
7 août 2005 à 00:58:46

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il me semblait aussi...
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Pezzou
- Posté le
7 août 2005 à 12:32:04

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Mon dieu. C´est parfait. Comme si j´en avais perdu l´habitude avec toi. ^^
Je croyais avoir du mal à m´y remettre, mais pas du tout. Ma lecture avec du Massive Attack en fond, ça passe niquel. J´étais à fond dans une ambiance en te lisant. J´ai adoré.
Mais du coup, la situation se retrouve un peu bloqué là.
Je me demande comment tu vas inverser la tendance. Et je commence à m´interroger sur les capacités de Devers à resoudre cette enquête.
Chuis à fond dedans...
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ladyinred
- Posté le
7 août 2005 à 13:58:23

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Devers? bin là il vient de se faire fouetter le sang un peu par notre amie Maggie!
ça va pt lui coller l´adrénaline nécessaire pour s´y remettre...
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FFrules3
- Posté le
9 août 2005 à 20:14:59

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Petit mail du boulot pour vous remercier de vos comm´. ; -)
J´ai bientot fini Meridian et j´attaquerais ensuite directement avec Scoop 2.
Merci Ostra pour la traduction latine. Apparemment, mes 6 ans de latin n´ont servi à rien
Je tenterais de poster bientot la suite.
En attendant, bonnes vacances à tous !
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FFrules3
- Posté le
11 août 2005 à 20:26:11

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Et sa continue encore et encore...mais c´est bientot la fin, d´accord d´accord. ; -)
Enjoy !
Mardi 28 Juin 1994
16 : 12
Manhattan - Locaux de la Police Scientifique
Trinitite
Maggie Walters était en colère. Certes, elle était une bleue, mais ce n’était pas une raison pour lui enlever l’enquête qu’elle avait contribuée à relancer. Et lui adjoindre un coéquipier était une erreur. Elle travaillait bien mieux seule, sans personne à qui rendre des comptes, sans personne à protéger même si dans le cas qui la concernait, la personne à protéger était bien plus expérimentée qu’elle.
La découverte des locaux de la police scientifique se fit en douceur. Cela ne changeait pas trop de la morgue. Murs gris, couloirs froids, l’empreinte des services de police transpirait partout où elle posait ses yeux. Un peu plus de fantaisie n’aurait pas fait de mal, mais ce n’était vraisemblablement pas la politique de la maison.
A l’accueil, on la dirigea vers un certain Manaway, qui aurait avancé dans l’identification de l’empreinte retrouvée sur la cassette à bijoux du professeur Downson.
Première surprise, quand elle entra dans le bureau de Manaway, elle se retrouva face à face avec une femme et non avec un homme.
- Bonjour inspecteur Walters, Anita Manaway. Je suis ravie de vous rencontrer enfin. Nous nous sommes parlées au téléphone hier, vous ne vous souvenez pas ?, ajouta la femme devant l’air abasourdi de Walters. A propos de l’affaire Pleshett.
- Ah oui, c’est vrai. Excusez-moi, mais j’ai fait la rencontre de bon nombre de gens en deux jours, si bien qu’il m’est difficile de mémoriser tous les noms.
- Ne vous excusez pas, c’est bien normal, mais sachez que nous allons sûrement beaucoup nous fréquenter au cours de vos enquêtes, donc autant que nous fassions connaissance maintenant.
Manaway devait avoir la quarantaine, ses longs cheveux blonds sagement noués en un chignon. C’était une belle femme dont la principale paticularité était ses yeux, d’un gris acier très pur.
- Je connais bien Shaw et je me doute que s’il vous a proposé une poste ici, à Greenwich, ce n’est pas pour servir des cafés. Martin a le nez pour flairer les bonnes recrues.
Maggie fut un peu gênée. Tant de gens semblait attendre d’elle qu’elle se montre aussi talentueuse que Shaw l’avait espéré que cela en devenait pesant.
- Ne baissez pas les yeux, Maggie, c’est un grand honneur d’avoir été choisie par lui. Ce n’est pas un fardeau, mais plutôt une formidable chance. Ici, vous êtes libre de vous exprimer à votre plein potentiel.
Le bureau de Manaway était dans un fouillis sans nom. Des dossiers ouverts, des feuilles par terre par dizaine ou accrochées aux murs, dont certains passages étaient soulignés.
- Ne faîtes pas attention à tout cela, dit Anita Manaway. Contrairement à ce que mes collègues disent, mon désordre est très organisé.
Maggie sourit faiblement. Elle en oubliait presque le motif de sa visite.
- On m’a dit que vous aviez avancée dans l’identification de l’empreinte.
- C’est exact, j’ai un nom à vous offrir, celui d’Hector Hernandez.
- Il est fiché ? demanda Maggie.
- Plutôt deux fois qu’une, en effet, répondit Manaway en se levant pour aller chercher un dossier. Vols avec effraction, escroqueries, chantages en tous genres. Ce type n’est pas un enfant de chœur.
- Vous avez sa dernière adresse connue ?
- Oui, tout est là-dedans, dit-elle en tendant le dossier à Maggie. Vous avez de la chance, il habite ici-même, à New York.
- Je vous remercie, Mrs Manaway de tous ces renseignements. Je vous tiendrais au courant des avancées de l’enquête.
- Vous pouvez m’appeler Anita, si vous préférez. Nous sommes de grandes filles toutes les deux. Et je dois avouer que cela me changera de travailler un peu avec une femme. Oh, mais regardez-moi ce temps de chien, fit-elle en montrant la pluie qui battait les carreaux. Cela ne s’arrêtera donc jamais ? Nous sommes en juin, il devrait faire près de trente degrés ! C’est à n’y plus rien comprendre.
Maggie allait partir quand elle se rappela d’une chose. Elle sortit une pochette plastique de sa poche qu’elle posa sur le bureau d’Anita Manaway.
- Qu’est-ce que c’est ? demanda-t-elle.
- C’est à vous de me le dire, Anita. C’est votre domaine, pas le mien.
Manaway ouvrit le sachet et examina le bout de verre blanc cassé retrouvé fondu dans le bitume devant chez Downson.
- Vous ramenez cela du Nevada ? C’est un très beau spécimen, je vous le confirme.
- De quoi parlez-vous ? J’ai trouvé ceci en pleine rue, ici dans le Village.
Les deux femmes se regardèrent, toutes deux intriguées par les révélations de l’autre.
- De quoi s’agit-il ? reprit Maggie.
- Ceci est de la Trinitite.
- De la quoi ? continua la jeune femme.
- Trinitite. Un matériau découvert lors des premiers essais de la bombe atomique. La chaleur dégagée lors des explosions dans le désert du Nevada dans les années 1950 était telle qu’elle avait fait fondre le sable qui s’était transformé en une nouvelle matière, appelée Trinitite. Vous dites avoir trouvé ceci à Manhattan ? C’est pourtant impossible.
Une explosion nucléaire en plein Greenwich Village sans que personne ne s’en rende compte et localisée sur une surface d’à peine dix centimètres de diamètre était effectivement impossible selon Maggie.
Une vive lumière filtra par la fenêtre du bureau de Manaway, suivie d’un grondement sourd. Les deux femmes se regardèrent à nouveau, toutes deux ayant suivi le même raisonnement.
- Et les éclairs ? Pourraient-ils produire cette Trinitite ? demanda Maggie.
- C’est possible, mais il faudrait un éclair d’une très grande ampleur, pas comme celui que l’on vient de voir. Cela ne pourrait se produire que durant un orage très violent comme...
- . .Celui de l’an dernier par exemple ? termina Maggie avec un sourire de satisfaction.
- Exact. Ou encore celui de samedi.
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Pezzou
- Posté le
11 août 2005 à 21:01:19

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Merci pour cette suite.
Niquel.
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Ostramus
- Posté le
12 août 2005 à 00:47:44

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Je parie que l´orage qui éclate à ce moment et encore un orage bizarre. Le professeur a du être foudroyé d´où sa disparition. Qui peut bien générer une telle puissance.
? ???????????
Que d´énogmes et de question . .. grrr à chaque fois ca résoud un mystèrte mais ça en découvre un plus grand . .. grrr . .. la suite et vite !
Ya bon !
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redsissi
- Posté le
14 août 2005 à 06:00:27

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d´ac avec Ostra!! que du bon! la suite!!!!
J´ai détecté une faute au passage...
C’était une belle femme dont la principale paticularité était ses yeux, d’un gris acier très pur. > > particularité > >> faute de frappe sans doute! ( 3e paragraphe du début...)
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FFrules3
- Posté le
23 août 2005 à 15:51:04

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Bonjour à tous !
Mon stage touche à sa fin, tout comme l´intrigue de Meridian. Je porte d´ailleurs la touche finale aux trois derniers chapitres.
Le nouvel épisode mettant en scène Maggie Walters s´appellera normalement "Soon" et sachez que j´ai d´ores et déjà mis sur papier toute l´intrigue du début à la fin. Il ne me reste plus qu´à la taper, mais j´aime bcp l´intrigue de Scoop 2. Elle se passera en 2010, soit 10 ans après l´intrigue de Scoop.
Des personnages bien connus seront de retour, d´autres partiront pour de bon.
Premier chapitre en théorie dans les prochaines semaines.
En ce qui concerne Scoop!, il est désormais en vente sur www.amazon.fr et sur www.chapitre.com.
Voilà, voilà, je vous laisse en compagnie avec Maggie Walters sur la trace d´Hector Hernandez.
Enjoy !
Mardi 28 Juin
17 : 44
Manhattan - Domicile de Hector Hernandez
Point chaud
Hector Hernandez n’habitait pas dans le quartier le mieux famé de Manhattan. Ce serait plutôt l’inverse, pensa Maggie en remontant la rue, croisant ici et là quelques sans-abri, enroulés dans des cartons.
La ville criait misère à chacun de ses pas, tout cela bien éloigné des buildings, des lofts et des riches qui vivaient entre eux à l’autre bout de Manhattan. Son revolver bien calé dans le creux de ses reins, elle pressait le pas, l’œil aux aguets. Elle était hors de sa juridiction mais rien ne l’empêchait d’aller voir Hernandez, en dehors de tout contexte policier. Juste une petite visite de courtoisie. Rien de plus.
Elle commençait à avoir quelques idées sur l’appel du professeur Downson et sur la manière dont il avait atterri chez près de mille personnes, mais elle devait encore avoir confirmation auprès des experts que ceci était possible. Elle laissait naviguer son esprit dans les méandres des indices, où elle était libre d’échafauder des théories toutes plus dingues les unes que les autres. Mais une seule était conforme aux indices, même s’il était encore trop tôt pour être catégorique.
Elle espérait qu’Hector Hernandez puisse apporter une pierre à son édifice. Il avait de toutes façons joué un rôle dans l’affaire Downson pour que ses empreintes se retrouvent sur la cassette à bijoux.
Un ancien hôtel transformé en immeuble d’appartements servait de domicile à Hernandez selon un rapport de police daté du mois dernier. Hector avait été appréhendé en possession de marijuana puis relâché à cause d’un vice de procédure. C’était le risque qu’elle courait en allant chez lui à l’improviste. Tous manquements aux protocoles étaient autant des brèches dans lesquelles les avocats se faisaient un plaisir de se frayer jusqu’à la libération de leurs clients.
Le ciel ne semblait plus vouloir s’arrêter de faire pleuvoir sur la ville. L’enseigne de l’hôtel Carrington ne s’éclairait plus depuis un certain temps déjà mais personne n’avait pris la peine de la retirer. Maggie entra dans le bâtiment, s’écartant au passage pour laisser quelques personnes sortir.
Le numéro 6 était devenu le numéro 9 à cause du délabrement avancé des portes si bien que Maggie dut s’y prendre à deux fois pour trouver le bon appartement. Elle frappa deux ou trois fois, l’oreille à l’écoute de tous signes de mouvements à l’intérieur.
N’entendant rien venir, elle frappa à nouveau. La porte s’ouvrit doucement en grinçant sous la force de ses coups.
- Hector Hernandez ? appela-t-elle en passant la tête.
L’appartement était dans un état lamentable. Des meubles défoncés, les coussins des canapés et des fauteuils éventrés, le papier peint arraché par endroit, on aurait dit que quelqu’un avait mis vraiment toute son énergie a retrouvé quelque chose de bien précis.
Slalomant entre les immondices et les pièces brisées d’une armoire, Maggie se crut de retour chez le professeur Downson, à la recherche d’un quelconque indice.
- Monsieur Hernandez, vous êtes là ? redit-elle d’une voix plus forte.
Aucune réponse ne vint. Seul un faible bruit répétitif tranchait le silence de l’appartement. On aurait dit un choc entre métaux, qui semblait provenir d’une pièce non loin. Maggie dégaina son arme et s’avança prudemment. Quoi qu’il se soit passé, cela ne lui disait rien qui vaille.
Elle fouilla les pièces une par une, jusque devant la salle de bains. La porte était fermée, mais Maggie entendait distinctement le tintement derrière le bois. Prudemment, elle pénétra dans la pièce.
Hector Hernandez, ou plutôt ce qu’il en restait était étendu dans la baignoire, les mains attachées par des menottes à la tuyauterie, frappant inlassablement. Il avait les yeux clos, la peau claire et décharnée. Depuis combien de temps était-il ici ? se demanda Maggie.
Elle se précipita sur Hernandez, cherchant par tous les moyens à le libérer. Le mieux à faire en ce moment aurait été de prévenir les renforts. Mais elle aurait à expliquer sa présence sur les lieux et le fait de ne pas avoir prévenu son coéquipier de l’existence d’Hector Hernandez.
Grinçant de plus en plus bruyamment, la porte commença à se refermer derrière elle. Hernandez ouvrit faiblement les yeux, avant de les ouvrir complètement, trop heureux de voir quelqu’un.
Maggie n’arrivait toujours pas à défaire les menottes tandis que devant elle, un petit cri plaintif s’échappa des lèvres sèches d’Hernandez.
- Derrière vous...la porte...
Maggie se retourna précipitamment avant de comprendre ce qu’il se passait. Un dispositif électronique encadrait la porte du côté salle de bains, le tout relié à une bouteille de gaz dont Maggie pouvait entendre le chuintement, malgré les petits cris d’Hernandez.
En entrant, la jeune femme avait déclenché un mécanisme qui ne pouvait mener qu’à une seule issue. Les menottes ne voulant toujours pas se défaire des poignets d’Hernandez, elle le regarda dans les yeux.
- Pardonnez-moi, Hector.
Avec une souplesse acquise au prix de nombreuses heures d’entraînement à l’Académie, Maggie sauta à travers la fenêtre de la salle de bains qui implosa, recouvrant le sol grillagé de l’issue de secours de bris de verre sur lesquels la jeune femme atterrit.
Le corps endolori, elle rampa pour s’éloigner de la fenêtre d’où s’échappait le grincement toujours plus puissant de la porte ainsi que les gémissements d’Hector Hernandez.
Puis un torrent de feu embrasa la pièce jusqu’en dehors où les flammes léchèrent les jambes de Maggie. Toutes les fenêtres de l’appartement volèrent à leur tour en éclat répandant du verre sur la jeune femme qui tenta de se protéger, les bras placés autour de sa tête.
Deux autres charges explosèrent dans le salon et la chambre selon Maggie. Des débris furent expulsés par les fenêtres éventrées. Le feu consuma l’appartement, détruisant tout ce qui avait été le monde d’Hector Hernandez.
Quand tout fut fini, Maggie Walters releva la tête prudemment, du sang coulant abondamment de ses multiples coupures aux bras et aux jambes. Elle pouvait voir des tâches de son sang tomber à travers le sol grillagé jusque sur le trottoir en contrebas. Ses oreilles bourdonnaient et la sueur sur sa peau s’évaporait sous l’action de la chaleur du brasier.
Elle continua de ramper sur quelques mètres pour s’éloigner et atteignit finalement l’étage inférieur de la sortie de secours.
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Ostramus
- Posté le
23 août 2005 à 17:05:25

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Flûte alors ! Une piste qui part en fumée et c´est le cas de le dire ...
Toujours bien écrit mais là l´intrigue n´avance pas de masses. Enfin bref c´est toujours aussi bien.
Concernant Scoop2 je suis aussi préssé qu´un citron de voir cette suite. Je pari que Shaw va prendre sa retraite ...
Alala, une vraie réussite !
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redsissi
- Posté le
24 août 2005 à 02:27:15

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Encore et toujours du bon!!!
toujours des rebondissements avec FFrules...
on peut jamais s´asseoir sur ses lauriers...
(mouais c mal dit mais vous avez compris hein?)
Scoop 2 en marche?? Cool!!!
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FFrules3
- Posté le
26 août 2005 à 19:22:28

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Et voilà la suite !
Merci de vos comm´
Enjoy !
Jeudi 30 Juin 1994
09 : 09
Hudson Street - Commissariat Central
Puzzle
Selon les médecins qu’elle avait vu durant une journée passée à l’hôpital, Maggie avait eu de la chance. Evidemment qu’elle avait eu de la chance ! Elle avait réchappé par miracle à une explosion qui avait totalement détruit un appartement et affaibli les fondations de l’immeuble avec pour seules blessures de multiples coupures sans gravité et des oreilles bourdonnantes.
Mais elle avait dans l’idée que cette chance n’allait pas durer. Elle était de retour au Commissariat après une journée de convalescence. Elle devrait s’expliquer sur ce qu’elle faisait chez Hector Hernandez et surtout sur ce qu’elle avait vu.
Ni Shaw ni Devers n’étaient venu la voir à l’hôpital, elle s’attendait donc à être confrontée à eux durant la journée. Sur le chemin de son bureau, elle croisa le regard de nombreux policiers, mi-outrés, mi-compatissants. Avec des coupures sur le visage et une démarche claudicante, elle ne passait pas inaperçue. Mais elle se doutait que le récit de sa quête solitaire s’était répandu comme une traînée de poudre parmi ses collègues.
Au mieux, on louerait son courage, au pire, elle se coltinerait une réputation de solitaire tout au long de sa carrière. Comme elle s’y attendait, une note sur son bureau l’informait de se rendre immédiatement chez Shaw pour un débriefing complet. Cela allait être désagréable.
A son grand étonnement, il y avait une autre personne en plus de Devers et de Shaw. Elle ne le reconnut pas sur l’instant, mais dès qu’il se présenta, une boule se forma dans son ventre.
- Asseyez-vous, miss Walters. Je me présente, Franck Moanan, Commissaire Principal des forces de police de New York.
Le Big Boss de la police de New York s’était déplacé en personne pour assister au débriefing. Maggie avait également noté l’emploi de « miss » au lieu de son titre d’ « inspecteur ».
- Nous sommes ici réunis pour statuer sur la sanction à prendre à votre encontre pour ce qui est devenu l’Affaire Hernandez, continua Franck Moanan. Mais avant, nous aimerions entendre votre version des faits.
Maggie s’exécuta, racontant tout ce qui s’était passé depuis que Manaway lui avait donné l’identité de la personne à qui appartenait l’empreinte retrouvée sur la cassette à bijoux du professeur Downson. Devers et Moanan écoutait avec attention, mais Maggie sentait que Shaw était ailleurs. Il semblait en pleine réflexion, sûrement à se demander comment il en était arrivé à la recruter.
Quand elle eut terminé son récit, Moanan reprit la parole.
- Je ne cache pas que je suis déçu par votre façon de procéder, miss Walters. Vous sortez tout juste de l’Académie mais cela n’excuse pas tout. Depuis que vous êtes ici, on m’a fait part de vos autres coups d’éclat et je commence à me demander si le Commissaire Shaw ici présent a bien fait de vous muter ici. Un ou deux ans de formation supplémentaire dans un commissariat moins exposé aurait été préférable.
- Non.
Ce n’était pas Maggie qui avait dit cela, bien que ce n’était pas l’envie qui lui manquait, mais Shaw qui était sorti de sa réserve.
- Excusez-moi, commissaire ? demanda Moanan d’une voix brusque.
- Malgré tout le respect que je vous dois, monsieur, je n’ai en ce qui me concerne aucun doute sur les capacités de l’inspectrice Walters. Je continue de croire que j’ai pris la bonne décision en la faisant affecter ici. Elle a, certes, outrepassé deux ou trois fois les règles et les protocoles de la maison, mais c’est ainsi qu’elle travaille et pour l’instant, je n’ai pas à me plaindre des résultats.
- Attendez Shaw, les règlements existent pour être respectés. Si nous laissons passer un écart, d’autres suivront l’exemple de miss Walters. Je n’ai pas envie d’être à la tête de dix mille éléments incontrôlables.
- Je suis bien d’accord avec vous, mais ce n’est pas une raison pour réaffecter l’inspectrice Walters autre part. Il lui faut juste le temps de trouver ses marques et de se plier aux règlements.
Shaw se tourna vers la jeune femme et eut un petit sourire. Mais Moanan n’avait pas l’air de vouloir lâcher prise aussi facilement.
- Commissaire Shaw, puis-je vous parler en privé ?
- Sans problème, répondit Shaw. Inspecteurs Devers et Walters, vous pouvez disposer.
Une fois dehors avec Devers, Maggie se mit au fait de l’interrogatoire des membres de la Main de Dieu. Rick n’étant pas vraiment partant pour partager avec elle le fruit de son enquête parallèle, Maggie dut se résoudre à lui promettre de vraiment se comporter en coéquipière et non plus en solitaire.
- C’est comme cela que l’on se fait descendre. Vous n’avez pas l’air de réaliser que vous avez failli y passer mardi, lui dit Devers.
Quelque part, elle savait très bien cela. Mais se reprocher toute la vie la mort de son coéquipier n’était pas une pensée très rassurante. Elle pensait qu’il valait mieux mourir en évitant de trop se lier, pour éviter à l’autre une trop grande peine. A deux, on était plus fort mais également plus faible. L’autre pouvait vous tirer vers le haut, mais aussi vous entraîner vers le fond et c’était ce cas de figure que voulait empêcher Maggie avec Devers.
De retour à son bureau, elle sortit les rapports sur Hector Hernandez, prête à trouver le fin mot de l’enquête. La réponse à tout se trouvait peut-être dans ce fatras de papier. Sa jambe lui fit mal, elle serra les dents mais continua à chercher. Cela avait été ses premières blessures sur le terrain. Un baptême de feu, aurait-elle pu penser si cela n’avait pas entraîné la mort d’un homme.
Elle pouvait entendre des éclats de voix dans le bureau de Shaw, sans pourtant parvenir à distinguer le sens des mots à cause du bourdonnement constant de ses oreilles. Les médecins lui avaient dit qu’elle en aurait encore pour un jour, peut-être deux à le supporter. Ce n’était pas cher payé pour être encore en vie.
Moanan sortit du bureau de Shaw quelques minutes plus tard, le visage rouge et les yeux nerveux. Shaw apparut quelques instants après dans l’encadrement de la porte et fit à nouveau son petit sourire de contentement à Maggie. Cela devait vouloir dire qu’elle resterait en poste à Greenwich. Elle se promit pourtant de suivre désormais les règlements à la lettre pour éviter à Shaw d’être placé dans une telle position. C’était le moins qu’elle puisse faire après tout ce qu’il avait fait pour elle.
En parcourant les dossiers sur Hector Hernandez, quelque chose attira son regard. La surprise laissa vite place à l’excitation tandis que toutes les pièces du puzzle s’imbriquaient dans son esprit. Elle se leva, calmement, à la recherche de la dernière pièce du puzzle qu’elle trouva finalement dans un annuaire, comme elle l’avait escompté.
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