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FFrules3
- Posté le
19 mai 2005 à 14:39:11

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Et voici ma nouvelle fic que je viens juste de commencer. Je reviens au policier et les lecteurs de SCOOP ne seront pas dépaysés puisque " Meridian" est une préquelle à SCOOP. Et oui, la faute à Star Wars surement.
Que ceux qui ne l´ont pas lu se rassurent, les allusions à SCOOP seront discretes.
Enjoy !
Samedi 25 Juin 1994
02 : 22
Quelque part dans New York City
Echos
Cynthia Jones avait besoin de dormir. Ses deux boulots de serveuse la laissaient sur les rotules à chaque fin de journée et son charmant marmot de quatre mois finissait de l’achever par ses crises de pleurs répétées en pleine nuit. La pluie tombait dru dehors, New York était encore la proie d’un violent orage. La lueur intense des éclairs illuminait son appartement de façon irréelle, dessinant des ombres menaçantes sur les murs délabrés.
Elle fixait le plafond de sa chambre priant pour que les mugissements puissants du tonnerre ne réveillent pas son petit homme qui dormait à quelques mètres d’elle. Un coup d’œil au réveil lui apprit que dans quatre heures, elle devrait se lever et reprendre sa vie pourrie.
Un éclair plus vif que les autres fit le jour dans son appartement et le téléphone se mit à sonner. Son fils bougea dans son berceau et se réveilla. Les premiers pleurs se firent entendre suivis d’un véritable torrent de cris. En un mouvement, Cynthia fut près de son fils, tentant de le calmer. Elle en venait à se demander comment une si petite chose pouvait faire autant de bruit.
- Fais taire ton chiar* ou je m’en occupe moi-même ! hurla son voisin en tambourinant sur le mur.
- Ta gueu** Harry ! Retourne te saouler et fous-moi la paix ! répondit Cynthia d’un ton égal.
Elle n’avait pas le temps d’argumenter, d’autant plus que le téléphone sonnait toujours de plus belle. C’était sûrement son taré de frère qui lui allait lui demander de l’argent pour acheter sa dose quotidienne de crac*. Ou Mr Kopelski qui lui rappelait qu’elle avait deux mois de retard pour le paiement du loyer de cet appartement miteux du Bronx.
Elle prit son bébé dans ses bras, tentant de le calmer.
- Chuuuut, bébé, calme-toi Marty. Maman doit prendre ce coup de fil, c’est peut-être important, dit-elle d’une voix douce.
De sa main libre, elle saisit le combiné et le porta à son oreille.
- Allô ? ! cria-t-elle, pour couvrir le bruit que faisait son fils.
Le son crachota quelques instants avant qu’une voix paniquée ne se fasse entendre.
- Au secours ! Au sécatre ! Aidez-moi ! Au . ..
La communication coupa, laissant la place à une tonalité froide. Cynthia resta immobile quelques instants, le combiné dans la main, son bébé criant à pleins poumons dans l’autre.
- Saleté de gamins, dit-elle en reposant le téléphone. Eux et leurs blagues stupides. J’espère que tu ne deviendras pas comme eux, mon petit amour.
Elle embrassa son fils qui se tut presque aussitôt. Avec un peu de chance, elle allait peut-être enfin pouvoir dormir.
La fenêtre ouverte de l’appartement de Christy Pleshett laissait entrer la pluie qui s’abattait sur le Greenwich Village situé en plein cœur de New York. L’eau ruisselait sur le parquet, slalomant entre les tapis bon marché et les pieds de tables et de chaises jusqu’au corps sans vie de la jeune femme. Les boîtes de médicaments éparpillées autour de Christy Pleshett étaient vides, mais quelques comprimés avaient été repoussés plus loin par la force de l’eau.
Ses yeux étaient ouverts et fixaient un point imaginaire sur le plafond. La dernière image d’une vie bien remplie mais encore trop courte. Jeune fille de bonne famille, Christy Pleshett était arrivée de son Alabama natale quelques années auparavant, délaissant le soleil du Sud pour la grisaille et la neige de New York. Après de brillantes études en décoration intérieure, elle avait trouvé un bon emploi au sein d’un prestigieux cabinet d’architectes.
La suite était beaucoup plus triste, faite d’aventures sans lendemain, d’un mariage raté, d’un divorce et dernièrement d’une fausse couche. Cela avait été l’épreuve de trop et ce soir, elle avait décidé d’en finir. Elle avait ouvert sa fenêtre pour sentir une dernière fois le contact de l’eau de pluie sur sa peau et avait ingéré une dose d’antidépresseurs suffisante pour l’envoyer tout droit au paradis. Elle avait laissé une note à l’attention de ses parents sur la table expliquant les raisons de son geste. Ils ne comprendraient pas mais elle s’en fichait. Cette nuit, elle tirait le rideau sur une vie gâchée. La suivante serait peut-être plus heureuse.
Un éclair plus puissant que les autres illumina la pièce et le corps de Christy Pleshett. Le téléphone se mit à sonner l’espace de quelques secondes avant que le répondeur, placé tout à côté, ne prenne le relais.
- Au secours ! Au sécatre ! Aidez-moi ! Au . .. dit une voix paniquée à l’autre bout du fil.
Le répondeur bipa une fois quand la transmission coupa. L’appartement retrouva alors une certaine quiétude que troublait seulement le tic tac de l’horloge qui indiquait 02:22.
Quel temps de chien ! , pensa Will Downson. Par sa fenêtre, il voyait les torrents de pluie qui se déversaient sur la Grosse Pomme. Son appartement était placé près de la mer, à une encablure de l’Hudson River. Il n’entendait plus le trafic des voitures, pourtant important, même à plus de deux heures du matin dans la ville qui ne dormait jamais.
Assis à son bureau, éclairé par la seule lumière d’une petite lampe quand les éclairs ne s’en mêlaient pas, il ne parvenait pas à dormir. L’insomnie, le plus grand mal de ce siècle, pensa-t-il en souriant. Il n’aimait pas dormir de toutes façons. C’était une énorme perte de temps. Chose dont il ne disposait pas en quantité. Depuis presque un an, il vivait au ralenti.
Un éclair l’éblouit quelques instants. Le temps de retrouver la vue, le téléphone se mit à sonner sur la table posée derrière lui. Qui pouvait l’appeler à cette heure ? Il n’avait presque plus d’amis et toute sa famille avait disparu. Il se leva avec hésitation et prit le combiné.
- Allô ? fit-il.
Une voix crachota à l’autre bout du fil.
- Au secours ! Au sécatre ! Aidez-moi ! Au . ..
Le cœur de Will Downson fit un bond dans sa poitrine. Il serra avec plus de force son combiné.
- Papa ?
Excusez les *, mais ct obligé
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redsissi
- Posté le
19 mai 2005 à 15:42:57

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Yesssssssssssss! première lectrice de ta préquelle!
C´est encore et toujours agréable à lire comme tout ce que tu fais.
Encore jeune pour faire des commentaires poussés donc je vais attendre la suite avec impatience.
Comme toujours un style fluide qui se laisse dévorer...
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FFrules3
- Posté le
19 mai 2005 à 20:30:38

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Le premier chapitre étant relativement court, je poste le suivant. Au programme, retrouvailles avec des persos bien connus des lecteurs de Scoop.
Enjoy.
Samedi 25 Juin 1994
14 : 53
Académie de Police du New Jersey
Nouvelle génération
Le soleil inondait la pelouse encore mouillée de la pluie de la nuit. Sur plusieurs rangs s’étalaient de jeunes policiers en uniforme, parfaitement alignés devant une centaine de proches et d’amis. Une voix forte retentissait dans le parc.
«... Faire partie de la police, c’est une vocation pour beaucoup, un choix délibéré pour d’autres. Mais c’est pourquoi vous êtes tous ici, une nouvelle élite pour une nouvelle génération d’enquêteurs. Je vous félicite pour l’obtention de votre diplôme et vous souhaite bonne chance dans vos nouvelles affectations. Bravo ! »
Le directeur de l’Académie de Police finit sur ces mots son discours de clôture. L’année arrivait à son terme. Des applaudissements retentirent, certains plus enthousiastes que d’autres. Maggie Walters soupira devant tant d’optimisme. Des cheveux bruns mi-longs, des yeux noisette, elle était jolie mais pas plus que cela. Jeune, elle l’était également mais elle savait que tout ce qui lui arriverait par la suite serait dur. Oui, elle avait reçu son affectation et elle n’était pas contente. Pour elle, les deux prochaines années se limiteraient à servir du café dans un petit commissariat de quartier du New Jersey.
Elle avait demandé New York pour son premier choix mais n’avait été retenue dans aucun commissariat de district. La faute à ses notes, trop basses. Pourtant, cela n’avait rien à voir avec ses aptitudes. Elle était la meilleure de sa promotion, elle le savait. Elle avait été « cassée » par ses supérieurs pour la simple raison d’être une femme. Une femme ne pouvait être la major de sa promotion. Impossible, inconcevable pour cette bande de machos prétentieux, fulmina Maggie Walters.
Tous les futurs inspecteurs rompirent les rangs pour retrouver leurs familles. Maggie eut un sourire triste. Personne n’était venu pour elle. Ses parents étaient morts depuis quelques années déjà et elle s’était consacrée entièrement à ses études dès lors. D’où l’intense sentiment de frustration ressenti en découvrant les appréciations de ses instructeurs.
- Tu n’as pas l’air contente, Walters, fit une voix derrière elle. Pourtant, tu as eu l’affectation que tu méritais au vu de tes notes, non ?
- La ferme, Jim. Je suis meilleure que toi et tu le sais. Sans moi, tu n’aurais jamais eu la moyenne en criminologie.
- Prouve-le si tu es si forte, ricana-t-il, ses courts cheveux roux luisant sous les rayons du soleil.
Maggie détourna la tête en poussant un soupir de dégoût et s’éloigna. Jim avait reçu son affectation, New York bien évidemment, le quartier branché de Soho pour être plus précis. L’une des meilleures affectations que l’on pouvait espérer avec Greenwich Village.
Elle fit quelques pas à l’écart des autres, savourant la chaleur du soleil sur son visage. Pour un mois de juin, il faisait plutôt beau. Ce serait parfait si le temps ne tournait pas aussi souvent à l’orage. Quelqu’un s’éclaircit la gorge derrière la jeune femme.
- Jim, dit-elle en se retournant à nouveau. Si tu viens encore me narguer avec ton affectation, je te préviens que...
Elle s’arrêta. Il ne s’agissait pas de Jim mais d’un autre homme, plus âgé. Le crâne luisant malgré des cheveux épars, le corps rond, des yeux vifs, il la regardait avec un petit sourire au coin des lèvres. Il était de la même taille qu’elle mais sa présence avait quelque chose d’intimidant.
- Excusez-moi, je vous avais pris pour quelqu’un d’autre, s’excusa-t-elle.
- Ce n’est rien, répondit l’homme. Vous paraissez soucieuse, miss Walters, ajouta-t-il après une pause.
Maggie Walters marqua un temps d’arrêt.
- Comment connaissez-vous mon nom ?
- Maggie Walters, née le 18 avril 1967 à Chicago, état du Michigan. Fille d’un instituteur et d’une bibliothécaire, tous deux décédés. Aucune famille connue. Entrée à l’Académie il y a quatre ans de cela, vous venez d’obtenir votre diplôme en dépit de notes plutôt médiocres...
Maggie serra les poings.
- . ..bien que complètement imméritées. Ne vous méprenez pas sur mon compte, miss Walters, je n’accorde aucune importance à ce qui est dit dans votre dossier. Je vous suis depuis votre entrée et je sais que vous valez bien mieux que ces notes ridicules ou encore que l’inspecteur Jim Reardon.
- C’est très gentil, monsieur . .. ?
- Oh bien sûr, excusez-moi. J’en oublie la plus élémentaire des politesses. Je m’appelle Shaw, Martin Shaw, ou commissaire Shaw si vous préférez.
Maggie avait déjà entendu ce nom-là quelque part. Elle fouilla dans sa mémoire quelques instants avant de le retrouver.
- Commissaire Shaw comme celui du commissariat de Greenwich Village ? Celui responsable de l’arrestation de Billy Bob Gross, le « boucher du Village » ?
- Celui-là même, répondit-il avec un sourire.
- Vous m’en voyez flattée, commissaire. Que puis-je faire pour vous ? demanda Maggie.
Le Commissaire Shaw s’approcha lentement d’elle, avec un air de conspirateur sur le point de révéler une donnée importante.
- J’ai appris avec tristesse le lieu de votre affectation et je trouve dommage que Manhattan se coupe d’un élément tel que vous.
- Où voulez-vous en venir ? continua Maggie, en plissant les yeux.
- Je pense que vous seriez plus utile dans le Village. Vos compétences seraient un atout précieux pour notre commissariat. Et je ne parle pas uniquement de vos compétences purement techniques. Vous me semblez être une personne très sympathique.
Maggie Walters eut bien du mal à y croire. Le commissaire Shaw, le légendaire commissaire Shaw, lui proposait une place dans son équipe.
- Le Village n’est pas à proprement parler un quartier difficile mais nous avons notre lot de psychopathes et déséquilibrés en tous genres, ajouta-t-il.
- Excusez-moi de m’encombrer de détails pratiques, mais cela ne va-t-il pas poser un problème ? Je veux dire, les affectations sont déjà officielles. Il me semble difficile de . ..
- Ne vous inquiétez pas, miss Walters, la coupa-t-il. Je me suis déjà arrangé avec le directeur Barkley.
- Je ne sais comment vous remercier, monsieur Shaw. Vous m’offrez une véritable chance et je saurais ne pas vous décevoir. Vous pouvez compter sur moi.
- Nous verrons, répondit Shaw d’un air sérieux. Je vous attends dès lundi matin. Félicitations, miss Walters.
Shaw tourna les talons et disparut dans la foule. Maggie resta seule, la tête dans les étoiles, les pieds dans l’herbe mouillée. L’instant d’après, elle était partie. Il lui fallait un appartement.
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SkySoft
- Posté le
19 mai 2005 à 20:37:08

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" Chicago, état du Michigan"
Chicago se situe dans l´Illinois.
Toujours du FFrules, c´est-à-dire du très très haut niveau. Style fluide, lecture jamais heurtée, ambiance présente dès les premiers mots,... Du tout bon.
Content de retrouver Maggie^^. On attend la suite.
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Ostramus
- Posté le
19 mai 2005 à 22:01:38

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Quelle joie de voir une autre fiction à toi émergé de ton imagination mon chèr Ffrules ! !!
Voila une fiction qui aura un succès aussi retentissant que SCOOP ou le Système.
Ton texte se dévore et se lis d´une traite. Je n´ai pas les mots pour décrire la simplicité de ton écriture ! !!
Encore bravo et vive Mickey et le commissaire Finot . .. oups,
j´en ai trop dit. Je tiendrai ma langue, pas d´inquiétude . ..
J´attends naturellement la suite et sache que je serais un fidèle lecteur jusqu’à la fin. Promis, même si j’en sais plus que les autres
Allé ! Bon courage ! !!!
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redsissi
- Posté le
20 mai 2005 à 02:30:27

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Comme toujours que du bon! ça se savoure et se déguste nature!!!
Les maîtres de l´écriture sont tous passés avant moi ( enfin il en manque encore au moins un ou deux mais bon) déjà tout a été dit!
Brillant comme d´habitude! comme les autres j´attends avec impatience la suite...
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FFrules3
- Posté le
20 mai 2005 à 22:41:42

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Voila une fic qui commence calmement côté comm´ mais nous sommes bien mieux en petit comité n´est-ce pas ?
Je précise, concernant la remarque d´Ostra sur Mickey, que ´Meridian´ est TRES librement inspiré d´une BD de Mickey que j´ai lue étant petit et dont je me souviens encore. C´est dire si cela m´a marqué.
Donc chapitre 3 déjà,
alors, Enjoy !
Lundi 27 Juin 1994
08 : 31
Hudson Street - Commissariat Central
Première affaire
Maggie était tellement excitée qu’elle ne tenait plus en place. Sur le chemin qui la conduisait au Commissariat, elle volait littéralement, ses pieds ne touchant terre que très rarement. Elle allait enfin goûter au quotidien d’un inspecteur de police et cette fois-ci, il n’était plus question de stages et autres missions d’observation. Maggie entrait dans la vie active, avec tout ce que cela comportait de risques et de plaisirs.
Elle avait trouvé un appartement assez rapidement et commencé à déménager les affaires de sa chambre à l’Académie. Il était situé à quelques blocs du Commissariat et correspondait parfaitement à ce qu’elle imaginait pour un premier logement. Cosy, fonctionnel mais assez spacieux. Elle n’avait pas encore eu le temps de tout décorer à son goût mais elle s’y attaquerait bientôt, si le temps ne venait pas à lui manquer. Qui savait sur quoi elle allait travailler pour sa première affaire ?
Elle entra en vitesse dans l’imposant bâtiment qui grouillait de vie. Prostitué(e)s, macs, voleurs à la tire, délinquants, dealers, tous se retrouvaient dans ses murs, témoins et victimes d’une société en perdition.
Elle regardait tout avec des yeux neufs, sachant pertinemment que cette phase exaltante ne durerait pas éternellement. Mais elle comptait bien en profiter un maximum. Elle se fit indiquer à l’accueil le bureau du commissaire Shaw qui l’attendait.
La pièce était tapissée de rouge avec du lambris un peu partout dans le plus pur style fumoir des années folles. On pouvait également distinguer un canapé en cuir dans un coin du bureau rendu plus sombre par une moquette noire de jais. Sur les murs et les étagères, Maggie ne comptait plus les décorations et citations qui s’étalaient.
Shaw était assis derrière son bureau, rédigeant quelques notes. Maggie entra et resta plantée derrière la porte, trop intimidée pour bouger. Il releva la tête et l’invita à s’asseoir en face de lui d’un geste de la main.
- Vous êtes en avance, inspectrice Walters, commença-t-il.
- Je n’aurais voulu manquer cela pour rien au monde. Pour la première fois de ma vie, j’ai l’impression de me trouver au bon endroit.
- C’est excellent comme état d’esprit. Puissiez-vous le garder aussi longtemps que possible, même si j’en doute fortement, précisa-t-il d’une voix éteinte.
Quelques minutes passèrent en silence avant que Shaw ne reprenne la parole.
- Voici votre première affaire. Je suis certain que vous vous en tirerez très bien, dit-il en lui tendant un dossier. Il s’agit du suicide d’une femme dans un appartement près d’ici. C’est la concierge qui a trouvé le corps tôt ce matin. Vous savez ce que vous avez à faire, n’est-ce pas ?
- Bien sûr. Vérifier qu’il s’agit bien d’un suicide en écartant toutes les autres hypothèses telles que le meurtre ou l’accident grâce à des preuves indiscutables, répondit Walters mécaniquement.
- Parfait, vous avez bien retenu vos cours à ce que je constate. Interrogez les voisins, la famille, recueillez tous les indices qui vous permettront de confirmer ou non l’hypothèse du suicide. C’est une bonne entrée en matière, vous serez à la hauteur.
- Je l’espère, fit la jeune femme.
Shaw appuya sur une petite console placée devant lui sur le bureau.
- Rick ? Pouvez-vous venir dans mon bureau, je vous prie ? dit-il.
Un homme d’une trentaine d’année entra, la carrure sportive et l’œil malin. Ses cheveux noirs étaient regroupés en une courte queue de cheval sur sa nuque.
- Maggie Walters, je vous présente Rick Devers, l’un de nos inspecteurs. Rick, voici Maggie, notre nouvelle recrue. Elle occupera le bureau situé en face du vôtre.
Maggie lui serra la main avec un sourire qu’il lui rendit avant de donner un dossier à Shaw.
- Voici mon rapport sur l’affaire Mackenzie, dit Rick Devers. Il s’agit bien d’un meurtre maquillé en suicide. On n’a retrouvé aucune trace de poudre sur les doigts de la victime. Ce n’est donc pas lui qui tenait l’arme qui l’a tué. De plus, le légiste a confirmé la distance du tireur à deux mètres selon la plaie d’entrée.
- Bien bien, parfait, inspecteur Devers. Inspectrice Walters, vous pouvez disposer. Tout ce dont vous avez besoin est dans le dossier que vous tenez. Ce sera tout, merci, la congédia-t-il. Qui avons-nous du côté des suspects ? continua-t-il avec Devers.
Maggie sortit du bureau, heureuse et excitée malgré le ton quelque peu brusque de Shaw. Elle tenait sa première affaire. Une nouvelle étape de sa vie commençait.
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Ostramus
- Posté le
20 mai 2005 à 22:47:17

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Un chapitre ou il se passe pas grand chose mais qui fait avancer le scénar. Meme style, meme beauté d´écriture . ..
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redsissi
- Posté le
20 mai 2005 à 22:55:01

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le nom de l´inspecteur... tu as inversé les initiales du chanteur Dick Rivers pratiquement...
rhhhhhhhaaaaaaaaa jamais moyen de commenter en premier quand il s´agit de FFrules... toujours quelqu´un qui me dame le pion!!! Ostra tu fais suer...
toujours fluide et magique ton écriture... tou se met en place...
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Force-impur
- Posté le
21 mai 2005 à 11:20:37

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J´ai lu ces 3 chapitres, et vraiment, je regrette de ne pas avoir lu SCOOP, vraiment j´adore, on retrouve bien ton style du " Système" et dès les présentations des personnages on s´attache de suite à eux, vraiment c´est un très très bon début. Bravo
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FFrules3
- Posté le
21 mai 2005 à 22:52:53

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Hop, 4ème chapitre. Et oui, déjà.
Red -> Je n´avais même pas remarqué ! Dick Rivers, sors de mon corps, rhhaaaaa !
Force-impur -> Merci et bienvenue à bord !
Ostra -> Ah non, rien. Désolé.
Enjoy !
Lundi 27 Juin 1994
09 : 47
184 E. 10ème Rue – Greenwich Village
Un cri dans la nuit
Maggie feuilletait le dossier tout en marchant en direction de l’appartement de la victime. Elle s’appelait Christy Pleshett, 33 ans. C’est jeune, pensa Walters. Elle était arrivée à la hauteur de Tompkins Square dont les arbres verts lui cachaient la lumière du soleil. Quelques joggeurs étaient déjà à l’œuvre, tandis que d’autres flânaient, assis dans l’herbe. Sûrement des étudiants, se prit à penser Maggie avec un sourire. C’était une belle matinée d’été et la journée serait sûrement du même acabit. Elle regretta presque d’avoir enfilé un pull alors qu’une chemise aurait été plus confortable.
Elle arriva enfin devant l’immeuble qui abritait le corps de sa première affaire. Enfin. Maggie fut prise d’une valse hésitation avant de se reprendre et d’entrer. La victime habitait au premier étage. Quelques voisins attendaient devant la porte se demandant sans doute ce qu’il s’était passé.
Sans s’arrêter, Maggie pénétra dans l’appartement. Décoré dans les tons blancs, tout semblait avoir été placé, ordonné selon un schéma précis d’agencement. Rien ne jurait par rapport au reste, tout était d’un goût exquis. Elle rouvrit le dossier et comprit. La victime était décoratrice d’intérieur par formation et travaillait dans un cabinet d’architecture.
Quelques agents de police s’affairaient dans le salon qui donnait sur la cuisine où l’on pouvait voir un corps sans vie par terre, plusieurs comprimés à côté. Quelques empreintes avaient été relevées sur une table où une note était posée.
Maggie s’approcha d’un policier.
- Inspectrice Walters, fit-elle en montrant sa plaque. Je suis chargée de l’enquête.
- Faites attention, inspectrice, le tapis est trempé, l’avertit l’agent de police d’un ton aimable. La victime avait laissé la fenêtre ouverte et après la saucée que l’on s’est prise cette nuit, l’eau s’est infiltrée partout.
- Qu’avez-vous trouvé ? demanda Walters sans se départir de son air sévère.
- La victime s’appelait Christy Pleshett, 33 ans, décoratrice d’intérieur. Ses empreintes ont été relevées sur les tubes de médicaments ainsi qu’un peu partout dans l’appartement y compris sur la note qui figure sur la table là-bas. Aucun autre jeu d’empreintes relevé. Le légiste n’est pas encore arrivé mais cela m’a tout l’air d’être un suicide.
- C’est ce qu’il semble en effet. Vous permettez que je fouine un peu partout ? demanda-t-elle.
- C’est votre travail, non ? Vous êtes nouvelle n’est-ce pas ? ajouta-t-il après un instant.
- Cela se voit tant que ça ?
- Disons que vous n’avez pas encore l’assurance des enquêteurs...répondit-il avec un sourire.
Maggie ne lui rendit pas, mal à l’aise en pensant à tous ces agents n’attendant qu’une chose : qu’elle commette une erreur. Elle imaginait leurs regards braqués sur elle, guettant chacun de ses gestes. Elle respira à fond et procéda par ordre.
La victime d’abord. Elle avait la peau pâle, de longs cheveux auburn et ne portait qu’un simple jean assorti à un pull rouge. Elle était allongée sur le dos, les mains croisées sur son ventre. En paix. Comme le policier le lui avait dit, le tapis sur lequel elle était allongée était trempé par l’eau de pluie qui avait coulé jusqu’ici.
Maggie s’agenouilla et enfila des gants avant de saisir l’un des flacons posés par terre. Xanax, lut-elle sur l’étiquette à côté du nom de la victime. A fortes doses, ce médicament pouvait être mortel et d’après ce que voyait Maggie, Christy Pleshett avait de loin dépassé la dose mortelle. Elle se releva et s’approcha de la table où était posée la note.
- « Maman, Papa, c’en est trop, je n’en peux plus. Il faut que cette vie se termine. J’ai fait tellement d’erreurs que je n’arrive plus à me regarder dans un miroir. Je sais à quel point cette épreuve sera pénible pour vous mais ne vous en faîtes pas. Je suis bien mieux où je suis maintenant. Dîtes à Jim que je l’aime et que je suis désolé. Votre fille qui vous aime, Christy. »
C’était une lettre de suicide typique, comme Maggie en avait étudié des dizaines en cours. L’écriture était calme et ne semblait pas avoir été brusquée. La calligraphie n’était pas son fort, mais elle pouvait en déduire que la victime n’avait pas été forcée à écrire cette note.
Maggie effectua un tour sur elle-même, scrutant chaque recoin de l’appartement. Son regard fut attiré par un clignotement discret provenant d’un répondeur placé près d’un téléphone. Elle s’approcha et appuya sur le bouton de lecture des messages.
- Nouveau message : aujourd’hui à 2h22 : « Au secours ! Au sécatre ! Aidez-moi ! Au . .. » crachota la machine dont le bruit trancha avec le silence qui régnait dans la pièce.
Maggie se retourna vers les policiers qui avaient stoppé leurs activités et la regardaient à présent.
- Quelqu’un avait-il noté cela ? demanda-t-elle sans se démonter.
Personne ne répondit mais elle sut qu’elle avait marqué des points. Elle nota l’heure de l’appel sur son calepin et la souligna. Elle aurait sans doute à trouver d’où il venait.
- Non, ne rentrez pas, monsieur, c’est la scène d’un crime, vous ne pouvez pas entrer, entendit Maggie crier près de la porte d’entrée. D’où elle se trouvait, elle ne pouvait voir la scène.
- Je suis policier comme vous. Laissez-moi passer, fit une voix.
- Que se passe-t-il ici ? demanda Maggie qui s’arrêta tout net.
Devant elle, bloqué par deux policiers se trouvait Jim Reardon, son ancien collègue d’Académie, le visage sombre.
- Walters ? dit-il, véritablement surpris. Que fais-tu ici ?
- Je suis en charge de l’enquête. Et toi ? fit-elle en faisant signe aux deux policiers de le lâcher. Jim Reardon se débattit et s’effondra en pleurs à côté de Christy Pleshett.
Maggie analysa rapidement les informations qu’elle avait sur la victime avant de repenser à la note d’adieu.
- C’était ta sœur, n’est-ce pas, Jim ? Je suis sincèrement désolée, ajouta-t-elle d’une petite voix.
Elle ne savait pas vraiment quoi faire devant cet homme qui l’avait rabaissée chaque jour à l’Académie et qui pleurait maintenant à genoux devant le corps sans vie de sa sœur.
- Elle a laissé une note sur la table, si tu veux la lire, tenta-t-elle.
Il ne disait toujours rien, ses larmes coulant le long de ses joues jusque sur le tapis.
- Promets-moi que tu vas retrouver celui qui a tué ma sœur, finit-il par dire.
- D’après les premiers éléments, ta sœur s’est . ..
- Non, ce n’est pas possible, cria-t-il en se relevant. C’est impossible, tu ne sais rien d’elle. Jamais elle n’aurait fait cela. Promets-moi, Walters ! Promets-moi que tu retrouveras l’assassin de ma sœur !
Maggie ne savait que répondre. Tous les éléments lui indiquaient clairement un suicide mais la détresse de Jim était trop forte.
- Je te le promets, dit-elle d’une voix douce. J’attendrais les résultats du médecin légiste. Si tu veux bien m’excuser, j’ai du travail maintenant. Toutes mes condoléances.
Elle lui toucha le bras et le confia à l’un des psychologues qui avait le voyage pour prendre en charge les voisins.
Il était temps de justement les interroger. Peut-être quelqu’un avait-il entendu quelque chose d’étrange. Elle s’approcha du groupe de personnes qui s’était rassemblé dans le couloir.
- Bonjour, je m’appelle Maggie Walters et je suis en charge de l’enquête. Quelqu’un a-t-il entendu quelque chose hier soir qui pourrait nous être utile ? Qui sont ses voisins les plus proches ? demanda-t-elle.
Deux personnes levèrent timidement la main. D’un geste du menton, Maggie encouragea l’une des deux, un jeune homme, à parler.
- Comment vous appelez-vous, monsieur ?
- Thomas Nyse, madame. Mais j’ai bien peur de ne pouvoir vous aider. Je viens tout juste d’emménager dans cet immeuble et je ne connaissais pas du tout miss Pleshett. Je n’étais même pas ici cette nuit.
- Vous n’avez jamais rien entendu d’inhabituel ?
Le jeune homme secoua la tête. La deuxième voisine, une gentille vieille dame un peu sourde n’apporta rien de nouveau. Ceux de l’immeuble qui connaissais la victime décrivaient une personne pleine de vie, bien que déprimée ces derniers temps. La piste du suicide semblait être la seule probable.
La porte n’avait pas été fracturée, aucune trace de vol ou d’effraction n’avait été relevée et l’état dépressif de la victime ainsi que sa note laissait penser qu’elle allait mal. Elle retourna à l’intérieur de l’appartement.
Le seul point qui ne collait pas était le message sur le répondeur. Sans doute des petits plaisantins qui s’amusaient à réveiller les gens en pleine nuit avec de faux appels de détresse. La qualité relativement mauvaise de la transmission accréditait cette thèse. Mais par esprit professionnel, Maggie fit écouter le message à Jim Reardon qui ne reconnut pas la voix.
Le légiste arriva peu de temps après et emporta le corps sous les cris de désespoir de Reardon. Maggie l’encouragea à attendre ses parents dans l’appartement avant de le quitter à son tour. Dans l’escalier qui la ramenait vers l’extérieur, elle souffla longuement. Comme première affaire, elle n’aurait pas pu tomber plus mal.
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Ostramus
- Posté le
22 mai 2005 à 09:55:45

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" Elle lui toucha le bras et le confia à l’un des psychologues qui avait le voyage pour prendre en charge les voisins. "
Cette phrase est un peu tordu, sinon à part ça tout reste comme à ton habitude : magnifique de simplicité.
ET bien la suite, et que ça saute !
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SkySoft
- Posté le
22 mai 2005 à 11:27:03

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" Ses empreintes ont été relevées sur les tubes de médicaments "
Comment peuvent-ils déjà savoir que ce sont les empreintes de la " victime"?
" La calligraphie n’était pas son fort, mais elle pouvait en déduire que la victime n’avait pas été forcée à écrire cette note. "
Et comment peut-elle savoir, surtout que la calligraphie n´est pas son fort, que c´est bien la " victime" qui l´a écrite? Ce serait plutôt " La personne qui l´avait écrite n´avait pas été forcé à le faire."
Sinon, toujours aussi bien, stylé, bien décrit fluide et prenant.
Suite demandée!
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FFrules3
- Posté le
22 mai 2005 à 11:41:56

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Skysoft et Ostramus -> Ah oui, zut. Je vais modifier tout cela. J´ai écrit ce chapitre un peu rapidement hier soir.
Moralité : la rapidité n´est pas l´ami de l´auteur.
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FFrules3
- Posté le
22 mai 2005 à 12:08:02

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Chapitre 4 Reloaded...
Lundi 27 Juin 1994
09 : 47
184 E. 10ème Rue – Greenwich Village
Un cri dans la nuit
Maggie feuilletait le dossier tout en marchant en direction de l’appartement de la victime. Elle s’appelait Christy Pleshett, 33 ans. C’est jeune, pensa Walters. Elle était arrivée à la hauteur de Tompkins Square dont les arbres verts lui cachaient la lumière du soleil. Quelques joggeurs étaient déjà à l’œuvre, tandis que d’autres flânaient, assis dans l’herbe. Sûrement des étudiants, se prit à penser Maggie avec un sourire. C’était une belle matinée d’été et la journée serait sûrement du même acabit. Elle regretta presque d’avoir enfilé un pull alors qu’une chemise aurait été plus confortable.
Elle arriva enfin devant l’immeuble qui abritait le corps de sa première affaire. Enfin. Maggie fut prise d’une valse hésitation avant de se reprendre et d’entrer. La victime habitait au premier étage. Quelques voisins attendaient devant la porte se demandant sans doute ce qu’il s’était passé.
Sans s’arrêter, Maggie pénétra dans l’appartement. Décoré dans les tons blancs, tout semblait avoir été placé, ordonné selon un schéma précis d’agencement. Rien ne jurait par rapport au reste, tout était d’un goût exquis. Elle rouvrit le dossier et comprit. La victime était décoratrice d’intérieur par formation et travaillait dans un cabinet d’architecture.
Quelques agents de police s’affairaient dans le salon qui donnait sur la cuisine où l’on pouvait voir un corps sans vie par terre, plusieurs comprimés à côté. Quelques empreintes avaient été relevées sur une table où une note était posée.
Maggie s’approcha d’un policier.
- Inspectrice Walters, fit-elle en montrant sa plaque. Je suis chargée de l’enquête.
- Faites attention, inspectrice, le tapis est trempé, l’avertit l’agent de police d’un ton aimable. La victime avait laissé la fenêtre ouverte et après la saucée que l’on s’est prise cette nuit, l’eau s’est infiltrée partout.
- Qu’avez-vous trouvé ? demanda Walters sans se départir de son air sévère.
- La victime s’appelait Christy Pleshett, 33 ans, décoratrice d’intérieur. On a relevé tout un tas d’empreintes sur les tubes de médicaments ainsi qu’un peu partout dans l’appartement y compris sur la note qui figure sur la table là-bas. Nous devrons attendre les conclusions de la police scientifiques pour déterminer à qui elles appartiennent. Le légiste n’est pas encore arrivé mais cela m’a tout l’air d’être un suicide.
- C’est ce qu’il semble en effet. Vous permettez que je fouine un peu partout ? demanda-t-elle.
- C’est votre travail, non ? Vous êtes nouvelle n’est-ce pas ? ajouta-t-il après un instant.
- Cela se voit tant que ça ?
- Disons que vous n’avez pas encore l’assurance des enquêteurs...répondit-il avec un sourire.
Maggie ne lui rendit pas, mal à l’aise en pensant à tous ces agents n’attendant qu’une chose : qu’elle commette une erreur. Elle imaginait leurs regards braqués sur elle, guettant chacun de ses gestes. Elle respira à fond et procéda par ordre.
La victime d’abord. Elle avait la peau pâle, de longs cheveux auburn et ne portait qu’un simple jean assorti à un pull rouge. Elle était allongée sur le dos, les mains croisées sur son ventre. En paix. Comme le policier le lui avait dit, le tapis sur lequel elle était allongée était trempé par l’eau de pluie qui avait coulé jusqu’ici.
Maggie s’agenouilla et enfila des gants avant de saisir l’un des flacons posés par terre. Xanax, lut-elle sur l’étiquette à côté du nom de la victime. A fortes doses, ce médicament pouvait être mortel et d’après ce que voyait Maggie, Christy Pleshett avait de loin dépassé la dose mortelle. Elle se releva et s’approcha de la table où était posée la note.
- « Maman, Papa, c’en est trop, je n’en peux plus. Il faut que cette vie se termine. J’ai fait tellement d’erreurs que je n’arrive plus à me regarder dans un miroir. Je sais à quel point cette épreuve sera pénible pour vous mais ne vous en faîtes pas. Je suis bien mieux où je suis maintenant. Dîtes à Jim que je l’aime et que je suis désolé. Votre fille qui vous aime, Christy. »
C’était une lettre de suicide typique, comme Maggie en avait étudié des dizaines en cours. L’écriture était calme et ne semblait pas avoir été brusquée. La calligraphie n’était pas son fort, mais Maggie pouvait en déduire que la personne à l’origine de la note n’avait pas été forcée à l’écrire.
Maggie effectua un tour sur elle-même, scrutant chaque recoin de l’appartement. Son regard fut attiré par un clignotement discret provenant d’un répondeur placé près d’un téléphone. Elle s’approcha et appuya sur le bouton de lecture des messages.
- Nouveau message : aujourd’hui à 2h22 : « Au secours ! Au sécatre ! Aidez-moi ! Au . .. » crachota la machine dont le bruit trancha avec le silence qui régnait dans la pièce.
Maggie se retourna vers les policiers qui avaient stoppé leurs activités et la regardaient à présent.
- Quelqu’un avait-il noté cela ? demanda-t-elle sans se démonter.
Personne ne répondit mais elle sut qu’elle avait marqué des points. Elle nota l’heure de l’appel sur son calepin et la souligna. Elle aurait sans doute à trouver d’où il venait.
- Non, ne rentrez pas, monsieur, c’est la scène d’un crime, vous ne pouvez pas entrer, entendit Maggie crier près de la porte d’entrée. D’où elle se trouvait, elle ne pouvait voir la scène.
- Je suis policier comme vous. Laissez-moi passer, fit une voix.
- Que se passe-t-il ici ? demanda Maggie qui s’arrêta tout net.
Devant elle, bloqué par deux policiers se trouvait Jim Reardon, son ancien collègue d’Académie, le visage sombre.
- Walters ? dit-il, véritablement surpris. Que fais-tu ici ?
- Je suis en charge de l’enquête. Et toi ? fit-elle en faisant signe aux deux policiers de le lâcher. Jim Reardon se débattit et s’effondra en pleurs à côté de Christy Pleshett.
Maggie analysa rapidement les informations qu’elle avait sur la victime avant de repenser à la note d’adieu.
- C’était ta sœur, n’est-ce pas, Jim ? Christy Pleshett, née Reardon lut-elle. Je suis sincèrement désolée, ajouta-t-elle d’une petite voix.
Elle ne savait pas vraiment quoi faire devant cet homme qui l’avait rabaissée chaque jour à l’Académie et qui pleurait maintenant à genoux devant le corps sans vie de sa sœur.
- Il y a une note sur la table et j’aimerais que tu me dises si tu reconnais l’écriture de ta sœur, tenta-t-elle.
Il ne disait toujours rien, ses larmes coulant le long de ses joues jusque sur le tapis. Maggie prit délicatement la note et lui montra. Jim y jeta un coup d’œil et acquiesça d’un faible signe de tête.
- Promets-moi que tu vas retrouver celui qui a tué ma sœur, ajouta-t-il.
- Ecoute Jim, d’après les premiers éléments, ta sœur s’est . ..
- Non, ce n’est pas possible, cria-t-il en se relevant. C’est impossible, tu ne sais rien d’elle. Jamais elle n’aurait fait cela. Promets-moi, Walters ! Promets-moi que tu retrouveras l’assassin de ma sœur !
Maggie ne savait que répondre. Les premiers éléments lui indiquaient clairement un suicide mais la détresse de Jim était trop forte.
- Je te le promets, dit-elle d’une voix douce. J’attendrais les résultats du médecin légiste et de la police scientifique. Si tu veux bien m’excuser, j’ai du travail maintenant. Toutes mes condoléances.
Elle lui toucha le bras et le confia à l’un des psychologues qui étaient présents pour prendre en charge les voisins.
Il était justement temps de les interroger. Peut-être quelqu’un avait-il entendu quelque chose d’étrange. Elle s’approcha du groupe de personnes qui s’était rassemblé dans le couloir.
- Bonjour, je m’appelle Maggie Walters et je suis en charge de l’enquête. Quelqu’un a-t-il entendu quelque chose hier soir qui pourrait nous être utile ? Qui sont ses voisins les plus proches ? demanda-t-elle.
Deux personnes levèrent timidement la main. D’un geste du menton, Maggie encouragea l’une des deux, un jeune homme, à parler.
- Comment vous appelez-vous, monsieur ?
- Thomas Nyse, madame. Mais j’ai bien peur de ne pouvoir vous aider. Je viens tout juste d’emménager dans cet immeuble et je ne connaissais pas du tout miss Pleshett. Je n’étais même pas ici cette nuit.
- Vous n’avez jamais rien entendu d’inhabituel ?
Le jeune homme secoua la tête. La deuxième voisine, une gentille vieille dame un peu sourde n’apporta rien de nouveau. Ceux de l’immeuble qui connaissais la victime décrivaient une personne pleine de vie, bien que déprimée ces derniers temps. La piste du suicide semblait être la seule probable.
La porte n’avait pas été fracturée, aucune trace de vol ou d’effraction n’avait été relevée et l’état dépressif de la victime ainsi que sa note laissait penser qu’elle allait mal. Elle retourna à l’intérieur de l’appartement.
Le seul point qui ne collait pas était le message sur le répondeur. Sans doute des petits plaisantins qui s’amusaient à réveiller les gens en pleine nuit avec de faux appels de détresse. La qualité de la transmission relativement mauvaise accréditait cette thèse. Mais par esprit professionnel, Maggie fit écouter le message à Jim Reardon qui ne reconnut pas la voix.
Le légiste arriva peu de temps après et emporta le corps sous les cris de désespoir de Reardon. Maggie l’encouragea à attendre ses parents dans l’appartement avant de le quitter à son tour. Dans l’escalier qui la ramenait vers l’extérieur, elle souffla longuement. Comme première affaire, elle n’aurait pas pu tomber plus mal.
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SkySoft
- Posté le
22 mai 2005 à 12:13:02

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Perfectionniste...^^!
C´était pas bien grave mais ça rend le tout plus cohérent. Les erreurs sont très habilement corrigées, bien joué.
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redsissi
- Posté le
22 mai 2005 à 13:05:30

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Ceux de l’immeuble qui connaissais la victime > connaissaient ( enfin je crois...)
Magnifique! toujours aussi haletant et passionnant! La suite mon cher FFrules est attendue avec impatience!
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ClarenceSeedorf
- Posté le
22 mai 2005 à 14:01:03

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J´ai lu les 3 premiers et tes facilités d´écriture m´éblouissent une nouvelle fois. La première partie est mystérieuse avec le sécatre ( put-être une histoire avec un appartement C4 ^^
) Après on revoir notre chère Maggie, qui nous rend nostalgique, elle reprend du service. C´est tout bon for the moment
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Spartiate6
- Posté le
22 mai 2005 à 18:12:42

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Excellent,tu as un vrai talent et je te sohaite bonne chance pour tes livres
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FFrules3
- Posté le
23 mai 2005 à 01:28:59

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Et hop, un chapitre par jour.
Bienvenue aux nouveaux lecteurs : Clar´, un habitué de mes productions
et Spartiate6, un ami dudullien.
Red -> Faute corrigée. J´ignore comment elle est arrivée ici, sûrement un coup de folie passagère.
Skysoft -> Cohesion is everything.
Un petit truc m´étonne, personne n´a remarqué l´allusion à Scoop avec la présence ds le précédent chapitre de Thomas Nyse, première victime du serial-killer de Scoop. Cela fera comme pour les Star Wars, il faudra lire les deux à la suite pour tout comprendre.
Mettre des passerelles entre les deux histoires est vraiment très excitant. Enfin, façon de parler
Chapitre classique, court mais qui met en place les chapitres suivants.
Enjoy !
Lundi 27 Juin 1994
11 :11
Hudson Street - Commissariat Central
Nouvelle Piste
Quand Maggie revint au Commissariat, l’effervescence régnait toujours. C’était une journée normale, mais elle était déjà épuisée. Elle s’assit à son bureau et constata que Devers était parti. Sûrement sur une enquête palpitante, pensa-t-elle. Elle enviait déjà ce qu’il faisait.
Délicatement, elle se massa les tempes pour soulager un mal de tête qui commençait à la faire souffrir. Puis elle se remit au travail. Les agents de la Police Scientifique avaient emporté les empreintes qu’ils mettraient peu de temps à analyser, et le corps devait être en ce moment même à la morgue. Elle n’avait plus qu’à attendre les résultats pour établir des conclusions définitives.
Elle avait la conviction que Christy Reardon Pleshett s’était suicidée mais elle avait promis à son frère de tout vérifier. Et elle le ferait. Elle ne bâclerait pas sa première affaire.
- Excusez-moi, est-ce que l’inspecteur Devers est là ? lui demanda une voix d’homme.
Elle releva la tête et vit un jeune homme d’une forte carrure, brun, les yeux bleus, une vraie gravure de mode. Ses yeux pétillaient d’intelligence et une petite cicatrice sur le menton lui donnait un air charmeur.
- Non, je ne crois pas, monsieur...laissa-t-elle traîner.
- Downson, Will Downson. Dès qu’il reviendra, pourrez-vous lui dire que je suis passé ? C’est d’une extrême importance.
- Bien sûr. C’est à quel sujet, monsieur Downson ? demanda-t-elle en prenant un stylo et une feuille de papier.
- C’est à propos de la disparition de mon père. Je pense qu’il a tenté de me contacter cette nuit.
- Comment cela ? J’ai bien peur de ne pas vous suivre, dit-elle d’une voix professionnelle.
- Mon père a disparu l’an dernier sans laisser de traces et j’ai reçu un coup de fil de sa part cette nuit. Il était un peu plus de deux heures et il semblait effrayé. Mais je préférais autant en parler avec l’inspecteur Devers. C’est lui qui est en charge de l’enquête.
- Je suis sa nouvelle coéquipière mentit Maggie sans trop savoir pourquoi. Que disait-il ?
- Je n’ai pas très bien compris, la transmission était mauvaise. Il a dit « Au secours » une ou deux fois ainsi qu’une phrase bizarre. Je crois que c’était « Au sécatre » mais j’ignore ce que cela veut dire.
- A quelle heure dîtes-vous avoir reçu l’appel ? demanda Maggie en feuilletant la première page de son calepin. Ce coup de fil semblait étrangement familier.
- Il devait être dans les deux heures vingt. C’était pendant l’orage, je m’en souviens très bien, il y avait des éclairs partout et la pluie tombait à seaux.
Maggie sortit de sa poche la cassette du répondeur de Christy Pleshett et l’introduisit dans un petit lecteur qu’elle venait de prendre dans l’un de ses tiroirs. Le son crachota tandis que le mystérieux appel de détresse résonna dans la pièce sans que personne n’y fasse attention, trop occupé à faire son travail dans son coin.
- Comment avez-vous obtenu cela ? demanda Will Downson d’un air interloqué quand l’enregistrement se termina.
- Monsieur Downson, connaissez-vous une certaine Christy Pleshett ? s’enquit Maggie Walters.
Le jeune homme sembla réfléchir quelques instants avant de secouer la tête.
- Non, ce nom ne me dit rien. Pourquoi ?
- Ce message provient du répondeur de miss Pleshett qui s’est probablement suicidée cette nuit. Votre père la connaissait elle ?
- Je suis bien incapable de vous répondre. Mon père et moi ne nous parlions pas beaucoup. Quand a-t-elle reçu le coup de fil ?
- C’est là que cela devient intéressant. Selon le répondeur, elle a reçu le coup de fil à 2h22 précises.
- Ce qui tombe quasiment en même temps que moi. Comment cela est-il possible ? Pourquoi mon père nous aurait-il appelé à la suite en disant le même message. Cela n’a pas de sens.
- Je suis aussi surprise que vous. J’interrogerai l’entreprise du téléphone pour déterminer l’origine des deux coups de fil. Nous en saurons peut-être plus sur la disparition de votre père. Ecoutez monsieur Downson, il n’y a rien que vous puissiez faire pour l’instant. J’informerais mon collègue des avancées de l’enquête et nous vous recontacterons si nous trouvons quelque chose.
- Bien, dit-il en se levant et en lui tendant une main qu’elle saisit. Je sais que vous ferez de votre mieux. Au revoir.
Maggie le regarda s’éloigner. Son pouls s’emballa au fur et à mesure qu’elle réalisait ce qu’elle venait de faire. Mais qu’est-ce qu’il t’a pris Maggie de mentir à ce point-là ! pensa-t-elle. Décidément, elle n’arrangeait pas son cas. Et il n’était même pas onze heure et demie.
Sur ce, je vais me coucher, car il est vraiment tard et j´ai le Da Vinci Code à lire, histoire de voir ce qui se fait parmi la concurrence.
Bonne lecture !
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