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Sujet : « Fic: Providence »

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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 16 juin 2004 à 21:25:20 Avertir un administrateur
  • Providence

    -1-

    La voiture la heurte au haut de la cuisse droite tout en faisant apparaître une trace de freinage d’un noir ébène sur le macadam. Au même moment, l’artère fémorale éclate sous le choc, provoquant une hémorragie interne dans sa cuisse. Le corps se retrouve éjecté hors de la route, et sa nuque heurte le pied d’un réverbère. J’entends les vertèbres cervicales craquées. Je l’observe. On dirait un pantin auquel on aurait subitement tranché les cordes qui le tenait. Son bras gauche est passé par dessus sa tête et son bras droit est tendu vers le trottoir d’en face, son index désignant un vieux drugstore avec des produits pharmaceutiques en vitrine. Sa jambe droite avait voulu faire un grand écart mais la gauche n’avait pas suivi. Je me marre. Je viens de la voir se faire shooter par une bagnole et je me marre. Je viens d’entendre sa dernière expiration et je me marre. Soudain je me pose une question: Pourquoi est-ce que je ris?

    Aucune réponse. C’est vrai que ce n’est pas drôle au fond. Même en hauteur se n’est pas drôle. Elle est morte et la dernière chose qu’elle a entendu c’est mon rire. Sardonique et acerbe. Pourquoi ai-je ris?

    La fatigue?

    Certes j’ai des insomnies depuis neuf jours, mais lorsque j’en avais eu pendant deux semaines je ne m’étais pas mis à me marrer devant chaque mort. Et j’en avais vu des cadavres durant ces deux semaines. J’en avais vu des morts quand je travaillai comme embaumeur. Grâce à ce métier j’avais vu plein de forme de mort. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Une balle de neuf millimètres logées dans l’hémisphère cérébral droit entraîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Se trancher les veines de l’avant bras entraîne la mort. Se faire renverser par une voiture peut aussi entraîner la mort. Ça n’avait rien de drôle. Ce n’était vraiment pas drôle. Pourtant j’avais ri. L’éternel question qui me hante: pourquoi?

    La nervosité?

    Je ne suis vraiment pas du genre nerveux. Je suis plutôt style Bouddha, vous comprenez? Je ne parle pas de la réincarnation. Je ne pense qu’après une vie pourrie on puisse avoir une seconde vie pourrie, se serait injuste. Moi, je parle du zen, de faire le vide dans sa tête. Être le vide, n’être même plus quelqu’un qui ne pense à rien, être rien. Être mort tout en pouvant redevenir vivant. Contrairement à elle qui est morte sans pouvoir redevenir vivante. Cela n’a rien de drôle. Pourtant j’ai ris. Pourquoi?

    Mon cerveau?

    C’est ça, c’est de la faute de mon cerveau. Il a ordonné à mon corps de rire et mon corps à obéit. Quant à savoir pourquoi, seul mon cerveau le sait. Mon gros chou-fleur rosâtre détient la réponse. Pourquoi ai-je ris? Seul lui le sait.

    J’ai ris, soit. Mais pendant ce temps, le chauffeur a accéléré, a grillé un feu rouge, a frôlé une vieille Admiral noire et s’est engagé dans la quarante-deuxième avenue. Il a disparu de mon champ de vision. Je n’ai même pas relever la plaque d’immatriculation. A quoi bon? Peut-être qu’une fois qu’il aura réparer l’avant de son pare-choc, ce chauffeur s’achètera un journal et lira le nom de sa victime dans la rubrique nécrologique. Au bout de quatre jours d’insomnies à se repasser l’accident dans sa tête, il sera prit de remords et ira se dénoncer aux autorités. Peut-être. Ou peut-être pas.

    Il a filé, soit. Mais pendant ce temps, un piéton a eu la bonne idée de courir vers la cabine téléphonique au bout de la rue et d’appeler la police, une ambulance, et sa femme. Au bout de cinq minutes la femme du piéton était là. Une minute après, ce fut la police. Et en retard de trois minutes, l’ambulance.

    Conclusion: si un jour vous êtes piqué par une bestiole vous injectant un venin mortel qui agit au bout de cinq minutes, appelez votre femme, elle est la seule à pouvoir vous sauver ou au pire de vous voir mourir. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. Un venin mortel entraîne également la mort, sauf si votre femme vous sauve.

    Et moi, durant ce temps, je restai là. Sur le trottoir. A observer son corps se trouvant dans sa position morbide. Puis je décidai de rentrer chez moi. Indifférent. Elle était morte. Ça n’avait rien de drôle.

    Ma maison. Mon refuge. Une modeste maison aux tuiles vertes. Je n’avais jamais vu de tuiles vertes avant d’emménager ici. C’est joli. Un peu de couleur parmi tout les entrepôts qui entourent mon refuge. Je rentre dans celui-ci. Une voix s’élève dès que les lattes du plancher se mettent à craquer sous mon poids.
    _ tu l’as?
    Je glisse la main dans ma poche gauche et mes doigts rencontrent l’objet de la question.
    _ oui, je l’ai.
    _ très bien, sinon, tu vas bien?
    _ ça baigne
    Ce n’est pas tout à fait vrai, j’ai un peu mal au dos en fait.
    _ et elle?
    _ morte.
    Ton neutre. Direct. Je me surprends à parler comme ça. J’étais gentil avant.

    Avant quoi?

    Avant tout ça. Avant que je me péte le dos. J’entends des bruits à l’étage, puis la tête appartenant à la voix apparaît.
    _ sérieux?
    Je n’ai pas besoin de répondre. Il voit sur ma gueule d’insomniaque. Il lit dans mon regard cerclé de cernes. Oui, je suis sérieux.

    Nuria est morte. Nuria voulait mourir. Elle a fait six tentatives de suicide et aucune n’avait marché. Pas de chance. Et là, alors qu’elle avait trouvé un but en nous rejoignant, elle meurt. Vraiment pas de chance.

    Mourir faisait partie intégrante des risques que l’on pouvait encourir lorsque nous partions en mission. Deux d’entre nous était déjà tombé sous les balles des policiers. Nuria est la première à se faire renverser par une voiture. Il faut bien un début à tout. A quand la rupture d’un anévrisme de l’aorte qui entraîne la mort en plein mission?
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  • JiJi1987 Voir le profil de JiJi1987
  • Posté le 16 juin 2004 à 21:46:49 Avertir un administrateur
  • et ben, histoire vraiment bizarre.
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 16 juin 2004 à 21:50:44 Avertir un administrateur
  • elle devrait s´eclaircir dans les chapitres à venir, l´histoire est un peu bizarre car elle commence avant le commencement. Le chapitre 2 optera pour un retour en arriere de façon a placé les fondations de l´histoire.
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  • JiJi1987 Voir le profil de JiJi1987
  • Posté le 16 juin 2004 à 22:03:45 Avertir un administrateur
  • J´aime bien le style de l´histoire, bien que c´est bizarre, les tournures de phrases sont bien faite.
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  • Spacebar Voir le profil de Spacebar
  • Posté le 16 juin 2004 à 22:10:42 Avertir un administrateur
  • Le Fléau des Âmes.. j´aime ce nom!
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  • odin999 Voir le profil de odin999
  • Posté le 16 juin 2004 à 22:18:35 Avertir un administrateur
  • ton histoir est chelou mais c bien je trouve!on comprend peu de chose mais je pense que la suite nous revèlera des information interecentes! sinon c assez chelou car c gore et que le personnage se met a rire de la mort de quelqu´un,mais sinon j´aime bien ton stile d´ecriture!
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 17 juin 2004 à 15:06:42 Avertir un administrateur
  • mon style d´ecriture est surtout inspiré de Chuck Palahniuk (  Fight Club, Survivant, Monstres invisibles). D´ailleurs vous trouverez pas mal de reference à Fight Club. La suite devrait être pour Samedi ou Dimanche.
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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 17 juin 2004 à 18:15:41 Avertir un administrateur
  • J´ai bien aimé.

    Disons qu´il y a quelque chose qui accroche l´intérêt.

    Peut-être l´état psychologique assez travaillé...Et retranscrit grâce aux questions...

    Quelques images un peu fortes aussi.

    Je suis désolé, mais je n´ai pas le temps de faire une critique construite, sache juste que j´attend la suite^^
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 19 juin 2004 à 14:58:03 Avertir un administrateur
  • Et voilà la suite! (  les chapitres 2 et 3 sont inspirés librement d´une histoire vraie)

    -2-

    Georges était le patron de Margareth qui était ma patronne. C’était il y a quatre mois. Je n’étais pas encore embaumeur. Je travaillai dans les bureaux d’une entreprise. Margareth avait cinquante ans. Un jour, elle vient dans mon bureau, s’assit sur une chaise en face de moi et se met à me parler de sa fille. Carla.

    Pourquoi elle me parle d’elle? Je n’en sais guère.

    Elle me dit que sa fille à vingt-trois ans. Qu’elle a les cheveux bruns, les yeux marrons. Qu’elle fait un mètre soixante et onze et qu’elle pèse cinquante-six kilos.

    Je m’en contrefous. Voyant que je préfère regarder une fiche indiquant les pertes et les bénéfices de l’entreprise pour ce mois-ci, elle retourne à son poste. Je croyais ne plus l’entendre parler de sa fille. Je croyais que désormais elle allait m’adresser la parole juste pour m’ordonner de lui donner le dossier numéro machin ou la fiche de paye d’untel. D’aller lui chercher du café ou lui faire des photocopies. Les ordres ordinaires de patrons ordinaux. J’avais tort.

    Le lendemain, elle revient dans mon bureau. Je suis en train de lire un discours que je suis censé prononcer durant une conférence cet après-midi. Elle me colle une photo sous les yeux. Cheveux bruns, yeux marrons, environ un mètre soixante-dix, je suis prêt à parier que c’est sa fille.
    _ C’est Carla, dit elle.
    J’aurais dû parier.

    En fait, elle n’est pas si mal que ça. Elle est même plutôt mignonne en fait. Carla est en maillot de bain sur cette photo. Visage angélique, lèvre fine, petit nez fin également. Sa poitrine est le contraire de Pamela Anderson ,   mais je suis sur que ses seins sont biens fermes.
    _ Alors, comment la trouves- tu?
    Elle veut vraiment me caser avec sa fille. Je lui répond avec un brin d’hésitation. Je ne peux pas dire que je la trouve belle sinon ma patronne profitera de l’occasion pour organiser fiançailles, mariage, voyage de noces et toutes les autres choses qui suivent. Ma vie sera régie par ma patronne jusqu’à ma mort. A moins que ce soit elle qui meurt de vieillesse avant. Ce qui est fort probable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte entraîne la mort. La vieillesse entraîne également la mort. La vieillesse est l’ultime recours utilisé par la mort pour vous happer. Je ne veux pas fonder un couple. Le sexe en lui-même ne m’intéresse pas. Je préfère être seul. Rester seul. La solitude n’entraîne pas la mort il me semble. Alors que lui répondre? Je ne peux pas lui dire qu’elle est moche, ça ne se fait pas.
    _ Elle a du charme.
    J’ai finalement répondu. Peut être de travers vu l’éclat qui a brillé dans les yeux de Margareth pendant un bref instant.

    Elle part, me laissant seul. Pas exactement seul puisque j’ai mon discours et la photo en face de moi. La photo, le discours. Le discours, la photo. Il faut faire un choix. Facile. Je choisis le discours. La conférence est dans quarante minutes. J’ai déjà assez perdu de temps.

    Quarante minutes plus tard, je me retrouve donc dans la salle de conférence en train de lire mon discours à Georges et ses lieutenants. Quatre-vingt-dix minutes s’écoulent avant la fin de la conférence. Je sors de la salle avec une migraine épouvantable. La rupture d’un anévrisme de l’aorte en traîne la mort. Le syndrome malin secondaire de Marfan entraîne la mort. Une conférence d’une heure et demi n’entraîne pas la mort mais vous donne envie de la provoquer pour vous débarrasser des rangées de chiffres qui se sont placées dans votre cerveau. Le même cerveau qui m’a fait rire alors que ce n’était pas drôle. Je déteste les conférences.

    Heureusement, après celle-ci, j’ai l’autorisation de retourner chez moi malgré le fait qu’il me reste normalement plus d’une heure de travail. Je rejoins mes tuiles vertes. Le trajet est court. Premier quartier, deuxième quartier, chez moi. Je passe dans le premier quartier. Il y a une boîte de nuit, vide à l’heure qu’il est. Les boîtes de nuit sont des endroits où des personnes vont pour en rencontrer d’autre. La plupart pense y trouver leur âme sœur. Foutaise. Il y a déjà les agences patrimoniales pour ça. Je déteste les boîtes de nuit. Deuxième quartier, rien à signaler, la routine quotidienne c’est installée dans les rues de ce quartier.

    Puis mon refuge aux tuiles vertes et là, en face de moi. A l’époque j’étais encore seul chez moi. J’allume la télé. On ne me l’avait pas encore explosé contre le mur à l’époque. Je tombe sur des publicités du genre: comment pouvez-vous vivre alors que vous avez trois grammes de trop pour ressembler à notre mannequin à la poitrine siliconée, les fesses fermes et autre détails de sa physionomie tout aussi parfait. Bref, un corps de rêve. Mais heureusement la crème unetelle vous permettra de perdre vos trois grammes pour la modique somme de 50€. Autre pub. Machin, star ultra connue du football mange Danone. Unetelle, actrice ultra connue par le grand public mange Danone. Vous aussi devenez ultra connue en mangeant Danone. Les médias nourrissent leur moutons et proposent même du rab. Oh! Ma machine à laver est en panne! C’est normal, vous n’utilisez pas la lessive X. Grâce à la lessive X, votre machine ne tombera jamais en panne et votre lessive sera toujours propre. Le géant capitaliste a les médias pour fer de lance. Soudain, pub pour Interflora. Alors qu’il vient de se fâcher avec sa femme, il décide de lui envoyer un bouquet de fleurs de chez Interflora pour se réconcilier. Il téléphone et une seconde après, le bouquet arrive. Deux secondes après, le couple est réuni avec un sourire niais sur le visage.

    Et si je lui achetai des fleurs? Qu’est ce que je raconte. Achetez des fleurs à qui? A Carla tiens. Pourquoi? Comme ça ta patronne ne te fera plus chier. Bonne réponse. J’ai toujours les bonnes solutions.

    J’ai encore le numéro prononcé en chœur par le couple Interflora qui résonne dans ma tête. Je prends le téléphone et compose le numéro. A l’époque on avait pas encore tenté de m’étrangler avec le cordon de celui-ci. Une sonnerie. Musique d’attente. Six minutes après, j’ai enfin une standardiste.
    _ Interflora bonjour, vous désirez envoyer un bouquet à quelqu’un qui vous est cher?
    C’est le but de mon appel, sauf que je désire envoyer un bouquet de fleur à quelqu’un qui m’est inconnue.
    _ Oui.
    _ Quel type de fleurs?
    Être standardiste c’est un peu comme travailler à la chaîne. Toujours les mêmes paroles. Presque toujours les mêmes réponses. Quel type de fleurs? Des roses? Oui, des roses. Déjà parce que c’est la seule fleur que je connaisse et qu’en plus ça me fait penser à un terme médical. L’hydrophobique de Rose. Un tétanos provoqué par une plaie de la face et qui peut entraîner une paralysie faciale.
    _ Des roses.
    _ Très bien, puis-je avoir votre nom, prénom et numéro de carte bleue ainsi que l’adresse de la personne à qui vous désirez envoyer vos fleurs de chez Interflora?
    Je m’acquitte de ces formalités. Ne connaissant pas l’adresse de Carla, je décide d’envoyer le bouquet à ma patronne.
    _ Vous désirez ajouter un petit mot avec?
    Décidément elle ne sait parler qu’en question.
    _ Oui, si vous pouviez marquer: transmettez à votre fille.
    _ Très bien, votre commande a bien été effectué, nous vous remercions d’avoir appeler Interflora.
    Je raccroche avant qu’elle ne puisse prononcer au revoir. Elle n’a dit que trois fois Interflora dans la discussion. Peut beaucoup mieux faire.

    C’est pas tout ça, mais j’ai faim moi. Ouverture du frigo. D’un côté tout les aliments à réchauffer, de l’autre, toutes les bières mises au frais. Escalope de dinde et patates déjà cuites au menu. Il me suffit de mettre tout ça une minute au micro-onde et je pourrai me substanter avant d’aller me coucher. Belle invention le micro-onde.

    Marrant, ce soir j’ai rêvé que je retournais au collège et que tout mes anciens profs me gueulaient dessus. Pourquoi? Encore une réponse que détient mon cerveau.



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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 19 juin 2004 à 22:44:39 Avertir un administrateur
  • J´adore certaines scènes très...Particulières et vraiment plaisantes.

    La psychologie de ton personnage est très travaillée, et j´adore ça.

    J´attend la suite
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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 21 juin 2004 à 00:58:09 Avertir un administrateur
  • Je le uppe
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  • -[wario]- Voir le profil de -[wario]-
  • Posté le 21 juin 2004 à 01:23:08 Avertir un administrateur
  • Je suis devenu fan d´une fiction en 10 minutes... Nouveau record... C´est beau, construit, travaillé, complexe et captivant du premier au dernier mot .   Pas de lenteurs dans le récit mais paradoxalement, pas d´action pure et dure... Une véritable prouesse syntaxique et "  artistique" (  entre guillemets bien entendu, toutes proportions gardées) ,   peut être la nouvelle révélation de ce forum... J´attends également la suite avec une impatience non dissimulée
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 22 juin 2004 à 09:19:40 Avertir un administrateur
  • Merci à tous, déoslé de vous offrir une suite un peu plus courte que d´habitude mais le prochain chapitre sera plus long pour compenser!


    -3-

    Le lendemain je retourne au bureau. Tiens, ma patronne n’est pas à son poste. Par contre un collègue m’attend à mon bureau.
    _ Georges veut te voir immédiatement.
    Ah? J’ai été si nul que ça lors de la conférence?

    J’obéis et je vais donc dans le bureau du patron de ma patronne. Margareth et Georges m’y attendent. C’est Georges qui parle le premier.
    _ Mme Laurier ici présente à porter plainte à votre sujet concernant un harcèlement sexuel.
    Pourquoi Margareth a t-elle porter plainte contre moi?
    _ Je ne suis pas au courant, de quoi voulez-vous parler?
    Margareth me répond avec une voix d’hystérique que je ne lui connaissais pas.
    _ Ne faîte pas votre innocent, vous savez très bien de quoi je parle, espèce de… de… i… i…
    Elle bafouille et perd ses mots. Ça devait être une insulte. Commençant par i. Voyons, Ingrat? Idiot? Imbécile? Si elle s’y connaît en médecine elle pourrait m’insulter d’ichor. Dus pus de mauvaise nature, sanguinolent et fétide.
    _ … Ignoble personnage!
    Ah? J’y avais pas pensé à celui-là. Georges étant mon seul interlocuteur ayant un comportement normal, je préfère lui adresser la parole plutôt qu’à Margareth.
    _ De quoi voulez-vous parler au juste?
    _ Hier soir, Mme Laurier a reçu chez elle un bouquet de roses.
    Normal, c’est moi qui le lui ai envoyé.
    _ Celui-ci contenait un message à caractère sexuel, voir sado-masochiste.
    Transmettez à votre fille. Message sado-masochiste?
    _ Je ne comprends pas…
    _ C’est bien vous qui avez envoyé ces fleurs?
    _ Oui, mais…
    L’hystérique reprend du service.
    _ Vous voyez, il avoue!
    _ Mme Laurier souhait que vous démissionnez de cette entreprise, sous peine de poursuite judiciaire.
    _ Mais…
    Margareth ne me laisse vraiment pas le temps d’en placer une.
    _ Je vous conseille de quitter cette entreprise si vous ne voulez pas vous retrouver sur la paille.
    La discussion dure encore deux minutes avant que je cède et pose ma démission. Pas d’indemnité de licenciement en plus.

    Avec toutes mes affaires entassées dans un petit carton que je porte sous le bras, j’ai l’impression d’être Fox Mulder quittant son bureau au sous-sol du FBI. Il ne me manque que le poster « I want to believe » pour parachever ma ressemblance.

    Je pars, sans dire un mot. Je retourne chez moi. A pied. Avec mon carton sous le bras. Message sado-masochiste? Qu’est ce que c’est que ces conneries? En fait, Interflora avait inversé mon message avec un autre. Apparemment un pervers.

    Je passe devant la boîte de nuit. Je déteste les boîtes de nuit. Je déteste Interflora aussi. Je crois que c’est à partir de ce moment là que ma vie s’assombrit.

    Je sombre. Désespoir. Détresse. Douleur. Comment dire les sensations que j’éprouve sans utiliser ces trois D? Immersion. La suite de ma vie n’est que souffrances et ténèbres. Jusqu’au jour où je rencontre la lumière.





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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 23 juin 2004 à 02:09:40 Avertir un administrateur
  • Ca part en live^^

    Mais j´adore.

    La psychologie du perso´ vraiment bien fouillée.

    Génial. Une des meilleurs Fan-Fic que j´ai pu lire.
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 23 juin 2004 à 10:23:38 Avertir un administrateur
  • -4-

    Je suis assis devant un mahousse avachi sur son fauteuil en roulettes qui flanche sous son poids. Son métier c’est de trouver des métiers à des gens cherchant un métier. Je suis à l’agence nationale pour l’emploi. Je recherche n’importe quel métier. Tous, sauf chez Interflora.
    _ Désolé, nous n’avons rien pour vous.
    Même comme éboueur ils ne veulent pas de moi. Personne ne veut de moi. Je me contente donc d’être une ordure. Si vous me cherchez je suis tout en bas de l’échelle. La personne insignifiante à qui personne ne s’intéresse.

    Je ressors dépité. Une main se pose sur mon épaule. Je me retourne. Un mec. Un peu plus d’un mètre quatre-vingt, yeux gris, cheveux blonds coupés en brosse.
    _ Alors, tu cherches un emploi?
    Quelle déduction. Quelqu’un qui ressort de l’agence avec une tête marquée par le désespoir. Forcement que je recherches du boulot.
    _ En effet.
    _ Si tu veux je peux te mettre en contact avec le patron d’une chambre funéraire. Il recherche un embaumeur. En plus tu as la gueule de l’emploi.
    Il doit parler de mon visage effondré à cause de mes sept jours d’insomnie d’affilées sans doute.. Le comique de situation me dépasse.
    _ Alors, ça t’intéresse?
    Un peu que ça m’intéresse, ça faisait neuf jours que j’allais à l’agence nationale pour l’emploi sans rien trouver, et lui me propose un job alors que je ne le connais même pas. Il me dit de le suivre. Je suis docile et le suis. Il me dit de monter dans son Audi. J’obéis toujours.

    Même s’il recherche à me kidnapper ou à me tuer, je m’en fous. Je n’ai plus rien à perdre. Lénine s’est appuyé sur les prolétaires pour faire sa révolution. Les prolétaires n’avaient rien à perdre. On a vu le résultat. Lorsque je dis cela à mon sauveur, sa réponse avait quelque chose de mystérieuse. J’emplois le mot sauveur car soit il me trouve un boulot qui me permettrai de remonter l’échelle de la société. Soit il me tue et me libère des trois D. Le désespoir, la détresse, la douleur. Tout cela disparaît avec une balle dans la tête. La délivrance.
    _ Tu veux faire une révolution? Moi je suis partant.
    Je ne réponds pas. Mon sauveur doit certainement être un révolutionnaire idéaliste anarchiste.
    Le cœur expulse le sang à un kilomètre par heure dans l’aorte. Nous avancions soixante fois plus vite sur l’artère principale de la ville qui pour une fois n’était pas encombrée. Lorsque nous arrivons en zone de rurbanisation, mon interlocuteur prend la parole.
    _ Si tu veux obtenir du napalm, mélange de l’essence et du jus de fruit surgelé à parts égales. Tu peux aussi mélanger l’essence à du Coca light ou de la litière à chat réduite en poussière dans l’essence de façon à obtenir une bouillie épaisse.
    Je n’avais pas de chat, juste un chien, un chien du nom de Providence. Il pense m’impressionner en me disant comment faire du napalm, mais j’ai de quoi riposter.
    _ Le syndrome malin secondaire de Marfan est un syndrome de la plus haute gravité survenant au décours d’une angine diphtérique. Il est caractérisé par la pâleur, l’asthénie, une paralysie du voile du palais, un collapsus cardio-vasculaire avec dilatation du cœur et hypertrophie du foie, une albuminurie avec azotémie. Il évolue vers la mort en une dizaine de jours.
    Je connaissais le dictionnaire des termes médicaux par cœur, il ne pouvait pas me battre.
    _ Prends de l’acide nitrique fumant concentré à quatre-vingt-dix-huit pour cent et ajoute trois fois sa dose d’acide sulfurique. Faut opérer dans un bain de glace. Ensuite tu ajoutes la glycérine goutte à goutte et tu obtiens de la nitroglycérine. Mélange ça à de la sciure ou de la paraffine pour avoir un petit explosif bien sympa.
    Demandez lui n’importe quoi sur la fabrication d’explosifs artisanaux, il pourra vous répondre.
    _ L’hétéresthésie est un trouble de la sensibilité provoqué par la commotion de la moelle cervicale. Il consiste dans la modification de la qualité des sensations perçues dans les segments radiculaires qui composent le territoire cutané sous-lésionnel.
    Demandez moi n’importe quoi sur les maladies et les termes médicaux, je pourrais vous répondre.

    Je viens de me rendre compte de l’ampleur de notre conversation. Nous sommes tout les deux fous. L’un connaît les explosifs, l’autre les termes de médecine. C’est incorrect de parler de ça, ça ne se fait pas. C’est pourtant ce que j’ai apprécié le plus lors de notre dialogue. Avec lui je pourrai parler de lobotomie, de plasmocytaire, de divers symptômes et de diverses névralgies. Et lui pourra me parler de l’utilisation d’une bombe de réfrigérant pour faire exploser les serrures.

    La conversation est terminée. Nous sommes arrivés à la chambre funéraire. J’ai cependant une dernière question.
    _ Comment t’appelles-tu?
    J’ai l’impression qu’il ne va pas répondre, mais finalement il me dit:
    _ Whitness.
    Et il remonte l’allée pour rentrer dans le bâtiment. Il ne m’avait pas kidnapper. Il ne m’avait pas tuer. Il m’avait tiré des ténèbres.

    Whiteness avec un e entre le t et le n signifie blancheur. Ce nom ne lui convenait pas car le blanc symbolise la pureté. Or, un être pur ne parle pas d’explosifs fait maison. Cependant, sa peau est aussi blanche qu’un de ces cachets que je prenais pour calmer mes maux de tête après une conférence. Sa peau ressemble un peu à la mienne, sauf que la mienne a de grosses cernes autour des yeux. Deuxièmement, Whitness est la tache blanche qui a glissé dans mes ténèbres pour s’agrandir en absorbant toute l’obscurité. Petite tache blanche deviendra un grand espace de lumière. Whitness est ma lumière. Whitness m’a permis de grimper les échelons de l’échelle et de ne plus être un personnage insignifiant.
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  • Parkko Voir le profil de Parkko
  • Posté le 23 juin 2004 à 11:27:23 Avertir un administrateur
  • C´est bien sauf le nom de "  Whitness" c´est moche comme prénom
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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 23 juin 2004 à 13:26:37 Avertir un administrateur
  • Toujours aussi intéressant

    Tu as écrit d´autres textes comme ça?
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 23 juin 2004 à 13:41:55 Avertir un administrateur
  • non, avant j´étais plutôt dans le genre medieval et fantastique. Demande à DragonNoir, il pourra te demontrer la mediocrité de mes autres fics.
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  • Masterbow Voir le profil de Masterbow
  • Posté le 23 juin 2004 à 14:07:43 Avertir un administrateur
  • Ok ok, j´te fais confiance.

    En tout cas, j´apprécie vraiment le genre de celle-ci
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 24 juin 2004 à 14:00:59 Avertir un administrateur
  • 5-

    J’avance paisiblement dans les rues. La chambre funéraire pour laquelle je travaille désormais se trouve à quatorze minutes de marche de chez moi. N’ayant pas de voiture, j’y vais à pied. Grâce à Whitness j’ai eu un nouveau métier. Il a juste fallu dire à Bob, le patron de la chambre funéraire, mon curriculum vitae. Après mon bac, j’ai fait une année de médecine. J’étais un excellent élève, mais j’ai dû arrêter faute d’argent. Mes parents m’avaient coupé les vivres depuis longtemps. J’ai ensuite trouvé un job dans un restaurant miteux. Plongeur. J’ai fait quelques économies et j’ai pris des cours de compta via Internet. Ces cours m’ont permis de travailler dans une entreprise. Vous connaissez la suite ?   J’ai été viré à cause d’Interflora.

    Bon, j’avançais paisiblement dans la rue, lorsque quelqu’un heurte violemment mon épaule. Avant même que je comprenne ce qui se passe, je sens le métal froid d’un canon de flingue appuyé sur ma tempe. Mon cœur bat plus fort dans ma poitrine. C’est ça la panique ?   Voyons si je contrôle encore ma voix.
    _ Que voulez-vous ?  
    Le son de ma voix ne tremble pas d’un iota.
    _ J’veux ton fric connard.
    Lui a un timbre frisant l’hystérie. Évidemment, je ne possède rien sur moi. Pas d’argent, pas de cheques, pas de cartes bancaires. Je sais même pas si j’ai mes papiers. Pourquoi faut-il que ça tombe sur moi ?   Un malade agresse quelqu’un dans la rue, et ce quelqu’un c’est moi, évidemment.
    _ Aboule le fric.
    Je suis sur le point de lui dire que je n’ai rien lorsqu’un nouveau flingue apparaît. Celui d’un flic. Il se trouve en face de moi et profère des sommations.
    _ Arrêtez, j’ai l’autorisation d’ouvrir le feu.
    Il a plutôt pas intérêt de tirer, l’autre se servirait de moi comme bouclier humain.
    _ Merde, saloperie de keuf.
    Et l’autre enlève le canon de ma tempe et se met à courir. Tout en courant, il se retourne et tire au pif dans l’espoir de toucher le policier. Le seul hic c’est que je me trouve devant le flic.

    Je me retrouve à terre avec une auréole de sang sur ma chemise blanche fraîchement lavée.
    _ Aïe, j’ai mal…
    Ce fut la dernière chose que j’ai prononcée. C’est pas que je sois mort, mais là, je m’évanouis, sans doute à cause de la douleur.
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Sujet : « Fic: Providence »

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