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Dame_Mistie
- Posté le
19 janvier 2006 à 10:31:49

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Oh le rêve était prévisible et pourtant je croyais qu´ils allaient se séparer à la fin du voyage pour ne plus se revoir...
T´es deg au réveil ^^
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SkySoft
- Posté le
19 janvier 2006 à 10:44:10

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Je commence avec ce qui "fâche"^^. J´ai trouvé ças ("Je deviens soudainement le souffle court") pas très français, plutôt "Mon souffle devient soudainement court" ou quelque chose dans le genre.^^
Tout va aussi un peu trop vite, notamment les sensations de la femme. A peine arrivé, le mec lui fait un effet assez incroyable! J´aimerais bien avoir autant d´effet que lui sur les femmes!
Mais par contre tu décris bien l´ambiance et les lieux, ça participe au fait que l´on apprécie.
Et on apprécie aussi (contradictoire donc) parce que tout va très vite. On prend la place de cette femme et on se laisse emporter par la fougue de ses sentiments et de ce qu´elle vit^^.
Agréable à lire donc Redinette! Des petites imperfections qui font ton style (comme des tournures trop directes^^) mais beaucoup de sensations en peu de lignes^^!
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FFrules3
- Posté le
19 janvier 2006 à 12:21:14

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Une exclusivité mondiale de Redsissi sur ce topic, en voilà une idée qu´elle est bonne !
Bon petit texte sur le désir et quelque part le manque de l´être aimé, un peu court peut-être mais très bien décrit, avec une sensibilité toute féminine.
A lire avec une musique douce dans les oreilles et un verre de vin à la main.
Encore !
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redsissi
- Posté le
19 janvier 2006 à 13:40:05

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Merci d´avoir lu et commenté j´apprécie!
FFrules t´en mets pas un peu là???
Softy > ouais c´est vrai que mes tournures de phrases sont parfois un peu particulières mais je suis comme ça en vrai aussi... je suis brouillonne... une Lagaffe en puissance!
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FFrules3
- Posté le
21 janvier 2006 à 00:18:42

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Nouveau petit texte d´amour sur les retrouvailles.
Enjoy !
5 ans plus tard
Mais que fait-elle ? Cela fait presque une heure que je l’attends. Je suis certain qu’elle en fait exprès. Ou alors, elle ne va pas venir. C’est le plus probable. C’est ce que je ferai aussi si je recevais une invitation d’un mec que j’ai plaqué cinq ans plus tôt.
Je fais les cent pas dans mon bureau qui est plongé dans l’obscurité seulement troublée par l’éclat bleuâtre de l’écran d’ordinateur que j’ai laissé allumé au cas où l’inspiration me viendrait sans prévenir. On pourrait croire que les écrivains préfèrent la sensation du stylo sur le papier quand ils composent de nouvelles histoires. C’est peut-être vrai pour les autres, mais pour moi, rien n’est meilleur que d’écrire sur mon vieil ordinateur, infatigable compagnon de route depuis bien des années, témoin des galères et des joies que j’ai traversés.
Elle ne va pas venir. Il est déjà plus de 21h en ce froid mois de janvier et elle n’est toujours pas là. Peut-être n’a-t-elle pas compris l’importance de cette invitation, peut-être a-t-elle cru à une plaisanterie de mauvais goût, peut-être ma carte a-t-elle finie dans une poubelle par l’action d’un mari trop possessif ? Ou alors, elle a décidé en son âme et conscience que je n’en valais pas la peine.
Ou peut-être pas. On vient de frapper. C’est elle qui se tient sur le pas de ma porte, un peu gênée, ne sachant que faire. Elle est habillée assez élégamment et son visage est le même que dans mes souvenirs. Les pattes d’oies naissantes au coin de ses yeux lui donnent un air plus mature, plus femme ce que j’apprécie.
- Salut, lancé-je d’une voix douce.
Elle ne répond pas et je sens derrière sa gêne une certaine froideur. Elle entre malgré tout et l’étonnement en découvrant mon appartement peut se lire sur son visage. Je jubile intérieurement.
- On va aller dans le bureau pour être plus tranquille, si tu veux bien, dis-je en lui montrant le chemin. Tu as trouvé facilement ?
Elle fait « oui » de la tête et me précède dans les couloirs.
- Tiens, assis-toi là fais-je en lui montrant une chaise placée devant mon bureau.
Je rallume une lampe qui confère à la pièce un éclairage digne d’un fumoir des années 20. Le lambris sur les murs adoucit les tons pourpres du mobilier et des fauteuils. C’est la pièce de mon appartement dans laquelle je suis le plus à l’aise, c’est ici que j’écris.
- Il ne fait pas chaud dehors, hein ? reprends-je d’une voix que je souhaite chaleureuse.
Elle hausse les épaules. Pendant quelques minutes, nous ne disons rien, moi absorbé par la neige qui tombe dehors et elle, jouant nerveusement avec les lanières de son sac. J’ai imaginé cette rencontre un bon millier de fois et maintenant que je suis face à elle, je ne sais plus quoi dire. Je me rends compte que je n’avais strictement aucune bonne raison de la faire venir si ce n’est celle de la revoir tout simplement. Seulement, je doute que cela lui fasse autant plaisir que moi.
- Pourquoi suis-je ici Will ?
Elle dit cela avec une voix exaspérée, comme si je lui tapais déjà sur les nerfs. Je ne connais que trop bien cette voix. Elle la prenait sans cesse quand nous étions ensemble, surtout vers la fin de notre relation.
- Je vais me marier, Ann et...et j’ignore pourquoi je t’ai fait venir ici pour te le dire.
Elle prend un air étonné, bien trop vite suivi par celui outré qu’elle affectionne tant.
- Que veux-tu que cela me fasse, Will ? Cela fait cinq ans que nous sommes séparés ! Cinq ans ! Tu n’as toujours pas compris ?
- Je...Cela me paraissait important que je te le dise en face.
- Je suis au courant de ton mariage !, éclate-t-elle. Tous les journaux en parlent ! « L’auteur du plus gros best-seller de la décennie se marie avec Elvira Reyes, la présentatrice vedette » et autres « Mariage de l’année » ! J’étais peut-être même au courant avant toi ! Mais je sais très bien ce que tu voulais, Will. Tu voulais m’impressionner dans ton bel appartement avec ta belle réussite.
Je retrouve bien là mon Ann, prête à exploser dans la seconde, passant du calme à la tempête avec une simplicité déconcertante. C’est bon de voir que dans ce monde en proie aux changements, certaines choses ne changeront jamais. Elle croise les bras avec force sur sa poitrine tandis que j’esquisse un petit sourire.
- Qu’est-ce qui te fait rire ? Tu trouves cela drôle de m’humilier en me balançant au visage toute l’étendue de ta richesse ? Richesse que, soit dit en passant, tu as obtenu en écrivant un livre sur notre relation et dans lequel je passe pour une sombre conne.
Aïe. Nous en arrivons au sujet qui fâche. Je le sentais arriver et je mentirais si je disais que je n’avais pas voulu provoquer ce choc entre nous deux. Il est temps de solder notre compte commun.
- Tu as lu mon livre ? demandé-je.
- Bien sûr. Comme 50 millions d’autres personnes dans notre pays et plus encore dans le monde entier. Pour ça, c’est sûr, c’est un best-seller. Pas de doute.
Il y a tant d’amertume dans sa voix que cela me gêne.
- Je ne vois pas pourquoi tu es en colère. C’est toi qui m’as quitté, je te rappelle. Je n’ai fait que romancer notre histoire pour pouvoir y mettre ce que je ressentais quand tu es partie. Ça a plu aux gens, je n’y suis pour rien.
Elle me jette un regard noir, celui qui veut dire « un-mot-de-plus-et-je-sors-en-trombe-de-la-pièce », très fréquemment utilisé dans la troisième année de notre couple.
- Page 49 de l’édition poche, « Elle me gonfle avec ses chaussures horribles. Si elle savait à quel point je les déteste ses chaussures. Elle m’emmène pendant des heures faire les magasins pour trouver les bottines qui iront avec sa nouvelle robe alors que moi, tout ce que je veux, c’est que l’on soit tous les deux, chez nous, entre amoureux.» Je passe pour une superficielle qui se préoccupe plus de ses chaussures que de son couple.
Je souris encore.
- Oui, j’ai forcé le trait mais ce n’est qu’un roman, Ann. Je ne prétends pas apporter la vérité vraie sur notre couple, j’extrapole, je m’interroge, je constate, je m’exprime. Ce que je ne pouvais pas faire quand nous étions ensemble.
- Quoi ? Tu te fous de moi, là, Will ? Quand t’ai-je empêché de faire ce que tu voulais ? Je n’attendais que cela, moi. Que tu me parles, et pas que tu bougonnes sans cesse.
- Et quand aurais-je pu le faire ? Tu jactais sans cesse pour nous deux, je ne pouvais qu’être d’accord ou la fermer. Parler tout le temps n’est pas forcément communiquer, Ann.
Nous nous taisons à nouveau. Je suis maintenant assis derrière mon bureau et elle me regarde intensément. Je savais lire dans ses yeux auparavant, mais je me rends compte que c’est impossible désormais. Elle avait peut-être raison tout à l’heure. J’avais sûrement envie de lui en mettre plein la vue, de lui montrer ce à côté de quoi elle était passée en me quittant.
- Pourquoi suis-je ici, Will ? répète-t-elle avec une voix plus douce.
Je ne réponds rien. Elle prend cela comme un encouragement pour continuer.
- C’est à cause du mariage n’est-ce pas ? Tu n’as jamais été emballé par cette idée quand nous étions ensemble. Cela m’a surpris de l’apprendre.
- C’est vrai qu’Elvira m’a un peu forcé la main. Mais je l’aime.
- Page 222. « Nell ne me connaît pas en fait. Nous sommes des amants qui ignorent tout de l’autre et c’est triste.» Je te connais, Will. Quoique tu en penses, je te connais, mieux que quiconque. Tu es terrifié par le mariage. C’est pour cela que je suis ici, n’est-ce pas ? Tu penses que je vais t’en dissuader par n’importe quel moyen. Mais je ne te servirai pas d’alibi, pas cette fois-là.
Touché. Elle me connaît bien en fait. Mais se pourrait-elle qu’elle ait raison ? L’idée de me marier m’effraie-t-elle tellement que je sois obligé de faire venir l’une de mes ex pour trouver un moyen de l’éviter ? Merde alors. Je ne l’avais pas vu venir celle-là. Et je fais quoi maintenant ?
- Tu prends tes responsabilités, dit subitement Ann comme si elle avait lu dans mes pensées. Soit tu l’épouses, soit tu la quittes, mais tu ne lui fais pas espérer quelque chose que tu es incapable de lui offrir.
- Pourquoi m’as-tu quitté Ann ?
Elle pousse un soupir et se renfonce dans son siège.
- C’est une question bien vaste, Will et tu ne vas pas apprécier ce que je vais te dire.
- Dis toujours. Cela fait cinq ans maintenant. Je pense être capable d’encaisser.
- D’accord. Je t’ai quitté parce que, malgré ce que tu as écrit dans ton bouquin, tu n’étais pas parfait...
- Je n’ai jamais écrit que j’étais parfait, la coupé-je.
- Tu veux bien me laisser continuer, oui ? Tu as des défauts comme tout le monde, mais je ne les connaissais pas au début. Et par la suite, j’ai appris à les ignorer. Mais je ne voyais pas où nous menait notre relation. Tu es du genre statu quo et j’aime bien évoluer, tu aimes pantoufler et j’aime bouger, tu es la nuit et je suis le jour. Ça ne collait pas, voilà tout. C’est aussi simple que cela.
- Tu aurais dû m’en parler au lieu de partir du jour au lendemain.
Ma voix s’est radoucie alors que l’horloge tictaque discrètement dans la pièce. Il est bientôt onze heures. Nos non-dits et nos silences monopolisent le temps et notre discussion.
- Je sais, Will. Je regrette la façon dont je t’ai quitté mais il me fallait une coupure nette sinon je ne serai jamais partie.
- Tu regrettes ?
Je tente quelque chose mais je ne sais pas quoi. Je ne sais pas pourquoi il me faut toujours avoir le sentiment d’être regretté ou apprécié. Peut-être une tare humaine.
- Parfois. Quand je m’endors ou quand je rêve. Mais jamais quand il fait jour. Je suis le jour et tu es la nuit, souviens-toi.
- La moitié de ta vie donc.
- Beaucoup moins que la moitié, ne va pas t’imaginer des choses.
C’est elle qui sourit maintenant.
- Je ne comprends toujours pas pourquoi tant de gens ont acheté ton livre. L’écriture n’est pas terrible, les personnages convenus et les situations déjà vues et revues.
- C’est justement ce qui a plu aux lecteurs selon mon éditeur. Le fait que les gens se retrouvent dans notre histoire. Et crois-le ou non, mais certains aiment ma façon d’écrire, dis-je en esquissant un faible sourire.
Nous sourions tous les deux à présent. Le froid entre nous fond plus vite que la neige qui tombe dehors.
- Tu es mieux avec ta barbe, me dit-elle.
- Merci, c’est une idée de mon attachée de presse. Il paraît que cela fait plus tourmenté.
- Cela fait surtout plus adulte. Tu es devenu un adulte, Will, et ça me fait bizarre.
Nous chuchotons presque, comme si nous ne voulions pas que les murs entendent notre conversation.
- Je n’aime pas ta fiancée, continue-t-elle. Elle semble froide, distante, tout ton contraire.
- Tu as perdu le droit de critiquer ma vie quand tu m’as quitté, Ann.
Ses lèvres forment un sourire sans joie.
- Exact. Je me rends compte que couper totalement les ponts avec toi n’était pas une bonne idée. Tu étais mon meilleur ami en plus d’être mon amant, quoiqu’en dise ton bouquin.
- Laisse mon livre où il est, tu veux. Il ne s’agit pas de lui, mais de nous. Et tu nous as tué.
Serait-ce une larme que j’entrevois au coin de ses yeux ? Bravo Will, tu as fait pleurer la femme qui comptait plus que tout pour toi il n’y a encore pas si longtemps. Devrais-je me sentir autant égoïstement fier qu’une femme pleure à cause des sentiments qu’elle éprouve encore pour moi ? Je me lève et la prend dans mes bras, elle qui pleure doucement dans mon fauteuil. Nous restons comme cela toute la nuit, l’un collé à l’autre dans l’obscurité diffuse de mon bureau.
Quand mes yeux s’ouvrent finalement sous l’action des timides rayons du soleil, elle n’est plus là. Quelques mots sont marqués sur une feuille de papier blanc posée sur la table basse devant le canapé où je me suis assoupi.
« Soleil apparu, ton souvenir disparu
Nuit revenue, mon cœur vaincu »
C’est ici que je préfère que se termine notre histoire : au petit matin, durant ce court moment entre le rêve et le réveil où l’on se souvient avoir rêvé. Je crois que c’est là que je l’aimerai toujours.
Quelqu’un frappe à la porte de mon bureau. Je dis « Entrez » d’une voix pâteuse mais je doute qu’elle ait compris ce que je disais. Elvira entre quand même et sourit en me voyant avachi dans le canapé.
- Tu as travaillé toute la nuit ? me lance-t-elle d’un air entendu.
Je fais non d’un signe de tête et elle vient m’embrasser.
- Je n’ai pas osé te déranger hier soir, tu semblais si concentré devant ton ordinateur.
Je suis parfaitement réveillé à présent et tout est clair dans mon esprit depuis bien longtemps.
- J’ai trouvé une bonne idée de suite pour mon bouquin.
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redsissi
- Posté le
21 janvier 2006 à 05:33:11

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Aaaaahhhhh FFrules... encore une fois un texte d´une beauté attachante... savoureux, délicieux, que j´aime ta plume mon cher ami, je ne m´en lasse jamais... tes textes sont une nouvelle découverte chaque fois d´une sensibilité désarmante! J´adore vraiment!
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Dame_Mistie
- Posté le
22 janvier 2006 à 19:31:31

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Mouais...
Tu es toujours aussi bon dans ce style d´histoire, il n´y a pas de doute.
Ce qui est bizarre c´est quand tu emploies tes verbes comme ça :
"- Salut, lancé-je d’une voix douce."
ou bien
"- Tiens, assis-toi là fais-je en lui montrant une chaise placée devant mon bureau."
Le "fais-je est horrible dans ton texte.
Voilà pour les critiques.
L´histoire est très jolie, la fin très bien
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Carnavale
- Posté le
18 mars 2006 à 01:06:24

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On imagine, on conçoit avec facilité, les êtres que l´on juge aptes à satisfaire nos projets de plaisir, nos desseins de bonheur.
On se croit aisément amoureux sous l´emprise du désir. Quelques pulsions sanguines guident notre instinct et donnent l´illusion à notre raison d´une notion fort vague : l´amour, l´amour, mais pardi, c´est éclatant de vérité, je suis amoureux d´elle.
On définit peu le premier regard. Très souvent, c´est un regard vide, un regard qui ne dit rien. Les yeux ne font que parcourir le corps d´une entité pleine de chair, toute nouvelle à l´esprit, juste nouvelle, juste inconnue. Et là, c´est un tic physiologique, le coeur se soulève deux ou trois secondes, peut-être quatre - c´est énorme -. Alors, on s´étonne et on réfléchit : le regard vide soudain se remplit, l´oeil neutre prend très vite son parti, l´oeil juge, l´oeil choisit, l´amour est là dans la pupille, il cerne comme une cible implacable l´être nouveau, la sublime entité dont l´image inversée dans le crâne bouillonnant chavire et puis bouleverse toutes les images d´avant. Comme un virus bénéfique, elle contamine tout le passé, tout le futur et prend ainsi tout le présent.
Pure sensation qu´un oeil ouvert qui souhaite cligner le moins possible des paupières et s´étendre dans la jouissance secrète du regard qui fait du bien, du regard sur la personne qui soudainement par sa présence réchauffe et affole en nous la terreur d´un sentiment de confort, de plénitude, de bonheur peut-être.
Alors à l´impalpable on veut donner des mots. Et c´est ici que tout s´effondre. On cherche, on hésite, on exagère, on restitue mal, on n´est pas en phase avec soi, avec lui, lui, le corps, le corps qui décide sans penser, et qui juge sans comprendre pourquoi combien, combien cette personne, cette transcendance inavouée, compte, compte terriblement désormais pour la peau, pour les cils, pour le crâne.
J´aimais une fille aux yeux verts et d´un blond de méditerranée. Je l´aimais et il a fallu qu´elle soit odieuse, après trois ans à me cacher dans l´artifice de l´amitié, il a fallu qu´elle soit odieuse. Trahi horriblement dans ma perception inaudible, je lui ai dit avec les mots, les traîtres mots dont on sait qu´ils restituent mal, mal, mal le corps, je lui ai dit sans cohérence - pourquoi en chercher ? - sans attention à la fois toute ma haine et puis tout le reste, toute cette affection qui déborde de mes bras et des mes mains, formidable affection qui me pousse à te prendre en mes bras mais que la règle invisible détruit. Combien de fois osons-nous vouloir oser sans jamais faire ce qu´on aurait dû faire au bon moment ?
On médite, on médite, on s´en veut, on se traîne en justice soi-même, on se charge des pires maux, surtout de lâcheté, surtout de malheur - et on aime se déclarer malheureux même sans le dire -. Pourtant où est le mal de t´aimer malgré la bourbe de ton caractère ? Je ne sais pas ce qui me pousse malgré moi à trouver dans le feu des souvenirs, progressivement au loin, la silhouette inchangée d´un désir bien réel...
Je t´aime ou je te désire, je ne trancherai jamais, mais tu ne me parles plus, tu me refuses le regard, même vide, même neutre, et me voilà, me voilà, mon unique beauté, me voilà seul avec moi-même, des amis qui n´y comprendraient rien, et un étrange poids sourd dans la poitrine.
Toutes les secondes ça fait tac... ça fait tac... Je cligne un peu des yeux. Je force ma pensée. Tu es là, un instant, tu souris, j´aime à nouveau. Et puis... tu disparais, c´est étonnant, tu disparais comme dans un nuage...
FIN.
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Sky_Soft
- Posté le
18 mars 2006 à 12:06:53

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Le début est vraiment excellent. Le corps qui déni tout le reste et qui agit selon lui seul, c´est vraiment super bien mené.
Le reste est plus personnel, mais tout aussi bien écrit et rappelle forcément un peu de ce qu´on a pu vivre, avec la mélancolie, la déception qui fait mal...
Vraiment bien, ça ça mérite un bravo amigo^^.
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redsissi
- Posté le
18 mars 2006 à 12:27:36

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J´ai bien aimé, par contre je trouve qu´il y a trop de répétitions pour appuyer, et à la longue ça lasse un peu... mais je sais que c´est ton style passionné qui fait ça...
Très bon texte assez fluide et bien décrit.
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FFrules3
- Posté le
20 mars 2006 à 23:00:31

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Très bon texte, Carnavale.
Les sentiments que l´on éprouve en face d´une amie que l´on aimerait devenir plus sont super bien retranscrits, j´avais l´impression que tu m´avais épié durant certains moments de ma vie.
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Dame_Mistie
- Posté le
21 mars 2006 à 17:28:25

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Le FF qui devient parano
Carnavale, très bon texte, j´aime beaucoup ta manière d´aborder le comment de l´amour puis on en vient au pourquoi de ces pensées.
Bravo
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FFrules3
- Posté le
23 mars 2006 à 22:27:21

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Nouveau texte, le 8ème de mon cycle "Courtes Histoires d´amour".
J´ai conscience que d´un texte sur l´autre, les mêmes mots reviennent, les mêmes histoire presque, mais hein, on n´y peut rien !
Enjoy !
Sur le divan
J’attends dans cette salle depuis bientôt trente minutes. Je ne sais pas ce que lui raconte son patient, mais ça lui en fait perdre la notion du temps. Les gens ne sont pas assez ponctuels. Quand un rendez-vous est donné à 15h30, il doit commencer à 15h30. Pas 16h. Et encore, 16h si j’ai de la chance.
Je suis assez stressé, peut-être parce que c’est ma dernière séance de psychanalyse et que je ne sais pas ce que je vais bien pouvoir lui raconter. Les deux premières séances étaient marrantes, je l’ai mené en bateau à propos de mon enfance, m’inventant des parents ambassadeurs dans un pays exotique, toujours entre deux réceptions mondaines. Et puis j’en ai eu assez et je lui ai dit la vérité banale sur moi. Enfance normale, scolarité normale, vie normale.
Je me suis accordé cinq séances avec ce psychologue parce que j’en ressentais le besoin, mais à vrai dire, les quatre premières n’ont pas changé ma vie. Je suis resté le même gamin immature qui, depuis quinze ans, est incapable de garder une relation plus de deux mois sans éprouver l’irrépressible envie de s’enfuir à toute vitesse. Il y a eu des exceptions, bien sûr, comme pour toute règle, mais dans l’ensemble, je me suis astreint méthodiquement et involontairement à cette période limite de deux mois, assez longue pour connaître les qualités d’une personne et assez courte pour ne pas en voir les défauts.
Puis j’ai eu trente ans et les gens autour de moi ont commencé à se mettre en couple pour de bon, à se marier, alors que je changeais de cavalière à chaque réunion familiale. D’où l’utilité, pensé-je, de ces séances de psychanalyse qui aurait dû modifier ma façon de penser. Mais pour l’instant, cela ne fonctionne pas. Peut-être la faute à ce docteur Bloom, trop vieux pour comprendre ce que je ressens vraiment. Ou peut-être ma faute, mais ne comptez pas sur moi pour le reconnaître devant lui. Il me fait l’effet d’un père auquel je raconterai tout, chose qui n’existe pas et qui est en fait assez déstabilisant.
La porte s’ouvre enfin, libérant un homme qui s’empresse de partir. 16h12 lis-je sur ma montre. 42 minutes de retard, 42 minutes à attendre dans une salle, 42 minutes à ne rien faire de constructif de ma vie. Le docteur Bloom sort à son tour. Il est grand, massif avec des cheveux blancs et je peux deviner qu’il a dû être un athlète dans sa jeunesse. Peut-être aime-t-il toujours courir sur les chemins de Central Park au petit matin, ou arpenter ceux de Battery Park au soleil couchant.
- Bonjour monsieur DeLaughter ! Je vous en prie, entrez. Excusez-moi pour le retard mais mon patient précédent en avait gros sur le cœur, dit-il en fermant la porte derrière moi. Comment allez-vous aujourd’hui ?
Il a une voix grave, un peu intimidante. Je me contente de répondre « Bien, merci ». En fait, je vais aussi bien qu’un homme à qui tu vas prendre du fric. Je souris d’un air aimable tandis qu’il se glisse derrière son bureau dont la simplicité colle tout à fait avec le reste de la pièce. Ici, il n’y a pas de bibliothèque remplie de livres prétentieux ou de squelettes sensés représenter la courte durée de la vie. A peine a-t-il succombé à l’effet attendu en plaçant un divan en cuir que les patients peuvent ne pas utiliser pour préférer un bon fauteuil, en cuir lui aussi.
La première séance, j’avais pris le divan, pour essayer, mais fixer le plafond m’endort. J’ai besoin d’un contact visuel avec mon interlocuteur, même s’il avait par la suite toujours la tête baissée vers son calepin en train de prendre des notes ou réaliser une bande dessinée à petit budget comme je me l’imaginais.
- Je constate que c’est notre dernière séance ensemble. Etes-vous satisfait de nos entretiens jusqu’à présent ? me demande-t-il.
- Oui, mens-je.
Il a un petit sourire énigmatique.
- Je vais faire comme si je vous croyais. Bien, allons nous installer si vous le voulez bien, me dit-il en me montrant le divan et les fauteuils. Autant ne pas gaspiller notre dernière heure.
Comme je l’ai déjà dit, j’ai raconté ma vie durant les premières séances en exposant les faits et rien que les faits, sans jamais m’aventurer à les commenter. C’est ma vie, point. Elle est ce que j’en ai fait et je ne vois pas l’utilité de revenir sur des événements dont je ne pourrais rien changer. Je prends place sur un fauteuil, celui qui est près de la fenêtre tandis qu’il s’assit non loin de là, sur le divan.
- Au diable les conventions ! plaisante-t-il.
Décidément, ce type a tout du charlatan. Si j’avais voulu quelqu’un pour m’écouter raconter ma vie, j’aurais pu trouver un ami qui lui ne m’aurait pas facturé la conversation 100$ de l’heure. Mais je peux me le permettre, je vis confortablement grâce à mon métier.
- Rappelez-moi ce que vous faites déjà dans la vie, monsieur DeLaughter.
- Will, appelez-moi Will, s’il vous plaît. Je travaille comme interprète aux Nations Unies, dis-je avec un soupir.
Il ne se souvient même pas de ce que je fais pour vivre. Pourtant, cela doit être marqué quelque part dans ses notes !
- Oh oui, je me souviens. Ce doit être excitant comme boulot. Cette sensation de toucher de près à l’actualité de notre monde.
- Pas vraiment. Je traduis, c’est tout.
Et c’est vrai. J’entends un discours, je le traduis et je le recrache. C’est simple, méthodique, monotone mais bien payé. Pour l’originalité et l’artistique, je repasserai.
- Bien, bien, parfait, s’enthousiasme-t-il. Nous y reviendrons, Will si vous le voulez bien. Maintenant, ce que j’aimerai savoir, c’est ce que vous, vous attendez de cette dernière séance.
- Ce que j’attends ? Vous vous moquez de moi ou quoi ? Je vous ai parlé de mon problème d’engagement, j’attends votre réponse.
Il tressaute sur le divan en prenant un rire sans joie.
- Mais je ne peux rien faire pour vous ! s’exclame-t-il. Si vous ne voyez pas l’utilité de vivre en couple, ce qui est votre problème si j’en crois mes notes, ce n’est pas un inconnu comme moi qui va vous faire changer d’avis. C’est à vous de le vouloir et pas à moi de vous forcer à le vouloir.
- Alors pourquoi continuons-nous de nous voir si vous êtes incapable de m’aider ?
- Je vais être franc, Will. Je ne pense pas qu’aller de psychologues en psychiatres vous soit d’une quelconque aide. Mais vous êtes un client, vous avez payé pour ces séances, donc je vous accorde mon temps.
Il m’avoue franco qu’il s’occupe de moi juste pour me tirer mon fric. C’est gonflé, ça ne manque pas de panache, mais c’est quand même de trop.
- Nous y voilà ! dis-je en me levant. Bon, je crois que nous n’avions plus rien à nous dire. Ne vous inquiétez pas, vous serez payé pour cette séance.
J’ai la main sur la poignée de la porte quand une voix forte, puissante prononce mon prénom.
- Will ! Je comprends tout à fait que vous ayez envie de partir maintenant mais je vous ai écouté attentivement durant ces quatre premières séances et j’aimerai vous donner mon opinion.
Je voulais ma sortie avoir autant de panache que ses révélations. Au lieu de cela, j’ai l’impression d’être de nouveau un garçonnet de cinq ans sermonné par son père. Et qui lui obéit. Servilement, je me rassoie, non sans lui jeter des coups d’œils furtifs.
- Il y a une chose que j’aimerai savoir Will, finit-il par reprendre. Est-ce que vous rêvez d’une famille, d’une maison en banlieue, d’enfants ?
- Parfois. Mais c’est assez bref comme envie.
- Avez-vous déjà été amoureux ?
Il embraye si rapidement sur cette question tellement intime que j’en suis un peu brusqué. Je balbutie quelques mots, tente d’expliquer mes relations précédentes, certaines meilleures que d’autres, mais au final, ce n’est qu’un vague borborygme qui sort de ma bouche.
- J’en déduis que non, fait-il avec un sourire.
Il n’a plus l’air fâché et je me sens mieux. Le soleil apparaît derrière les nuages dehors et je me considère comme chanceux. Dans quelques minutes, il aura disparu derrière les gratte-ciels de la ville, mais pour l’instant, il brille juste pour moi.
- Si, enfin, je crois. Peut-être une fois.
- Bien, parlez-moi d’elle. Que vous rappelez-vous de votre relation ?
- Elle s’appelait Claire, réponds-je mécaniquement. J’avais vingt-cinq ans, elle en avait vingt-quatre. Deux ans ensemble, presque mariés, mais finalement, j’ai annulé et je l’ai quittée. Je me sentais bien avec elle, c’est tout ce dont je me souviens.
- Deux ans ? C’est plus long que votre moyenne de deux mois. Pourquoi l’avez-vous quittée ?
- Aujourd’hui encore, je ne sais pas. Elle était parfaite. Une tête bien pleine sur un corps de rêve, drôle, tendre, gentille, la femme parfaite. Et je l’ai quittée.
- Vous ne m’avez pas répondu.
- Exact. Je pense que c’était peut-être trop parfait, j’avais du mal à y croire. Nous étions si complices qu’on disait de nous que nous n’étions qu’une seule personne, « un tout », le couple idéal. Mais je ne me sentais plus exister, vous comprenez ? Je n’existais plus en tant que moi-même.
Il ne prend plus de notes et se contente de me regarder.
- La revoyiez-vous encore ?
- Parfois, lors de soirées chez des amis communs. Elle est mariée maintenant avec un dentiste, je crois. Ou orthodontiste. Enfin bref, ce n’est pas important. Elle a une bonne vie et je suis content pour elle.
- Est-ce à partir de là que vous avez commencé à avoir ces peurs d’engagements ?
Je réfléchis, les dates et moi faisant deux.
- Oui, peut-être, ou bien un peu avant, je ne me souviens plus très bien.
Il prend une longue respiration comme si ce qu’il s’apprête à dire est tellement important qu’il doit s’y préparer à l’avance.
- Les souvenirs, Will. Ce sont eux qui font la différence entre toutes les relations que vous avez pu ou pourrez avoir. Je suis bien incapable de me rappeler les filles que j’ai fréquentées à la fac, mais je me souviens parfaitement du parfum que portait ma femme, sa façon de nouer ses cheveux en arrière, de chanter quand elle faisait la cuisine ou repassait son linge, de rire quand elle voyait une scène drôle durant nos promenades dominicales dans Central Park.
En disant cela, il ne me regarde plus. Ses yeux sont dirigés vers l’extérieur, comme s’il voyait des choses offertes qu’à son seul regard. Il semble heureux, mais avec une pointe de nostalgie. Je ne l’écoute plus tandis qu’il parle, je me demande ce qui peut bien faire cet effet. Est-ce donc cela l’amour ? Je n’ai jamais ressenti cela et soudainement, j’en ai très envie.
- Les petits détails, Will...Il n’y a rien de plus important.
Il reprend peu à peu conscience de ce qu’il se passe dans cette pièce et semble même gêné d’avoir partagé avec moi des choses aussi intimes.
- Votre problème n’en est pas un, vous savez. Au fond de vous, vous savez que toutes ces filles avec qui vous sortez ne sont pas celles qu’il vous faut. Mais vous verrez, quand vous la rencontrerez, vous comprendrez que s’engager n’est pas plus difficile qu’ouvrir cette porte. Ce sera aussi rapide qu’un battement de cil, presque instantané. Alors tout deviendra clair dans votre esprit.
Je suis un peu confus par ce qu’il me raconte.
- C’est tout ? Je veux dire, c’est cela votre conseil ? Attendre que je rencontre la femme parfaite pour moi ?
Il hoche la tête tranquillement en me regardant, d’un air satisfait, comme s’il venait de me livrer le Saint Graal de l’Amour.
Je me lève tandis qu’il rejoint son bureau. Sans un mot, nous avons décidé que c’était la fin de notre dernier entretien. Je pose la main sur la clenche de cette porte qu’il m’a montrée peu de temps avant. Il me regarde comme s’il attendait que je sorte.
- J’espère de tout cœur que vous trouverez ce que vous cherchez, Will. Vous n’êtes pas un mauvais homme, vous êtes juste un peu confus. Mais tout passera avec le temps. Il vous faut juste la trouver et tout deviendra limpide. Croyez-moi. En sortant, vous pouvez m’envoyer ma patiente suivante, s’il vous plaît ?
- Bien, docteur.
Je serre la clenche et la porte s’ouvre enfin. Je suis libre, ces séances sont finies et je ne pense pas que j’en reprendrai à l’avenir. Elles n’ont que peu d’influence sur moi. Je sais ce que je veux et malgré tout, ma vie n’est quand même pas si mal que cela. J’aurai pu tomber bien pire, donc de quoi je me plains ? Ooooh, le petit New-yorkais aisé que je suis n’arrive pas à trouver chaussure à son pied ? Et bien qu’il reste seul. Ne dit-on pas qu’il vaux mieux être seul que mal accompagné ? Tiens, cela sera ma nouvelle maxime. Je m’y engage ici et maintenant, alors que je cherche la prochaine patiente dans la salle d’attente.
- Mademoiselle, le docteur Bloom m’a demandé de vous faire entrer.
Elle se retourne, s’arrachant à la contemplation d’une reproduction d’une toile fameuse sur le mur et quelque chose change en moi. Un déclic, un frisson qui part du bas du dos et qui remonte. Le temps me paraît s’arrêter tandis que ses yeux verts clignent au ralenti. Le contour de sa bouche, le rosé de ses joues, ce nez si délicat, ces cheveux sombres qui lui tombent sur les épaules. Elle a l’air émue, je mets cela sur le compte de son amour pour l’art que je viens de lui inventer plutôt que sur ma présence dans cette salle d’attente.
Puis le temps reprend son cours, elle me sourit et me frôle en entrant dans la salle où le docteur Bloom l’attend, à côté de la porte.
- Merci d’être venue aujourd’hui, je sais que c’était un peu précipité mais il était important que nous nous voyions, lui dit-il en la faisant entrer.
Il me regarde maintenant avec ce petit sourire mystérieux qu’il a eu tout au long de l’heure et juste avant de disparaître derrière la porte, il me dit doucement :
- Vous voyez, Will. Aussi simple que d’ouvrir une porte...
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redsissi
- Posté le
24 mars 2006 à 02:02:55

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Ah je t´ai vu venir de loin avec ta prochaine patiente toi! Je me doutais que le docteur avait fait exprès de la convoquer pour qu´ils se rencontrent... connaissant la personnalité des deux personnes, il était facile de voir les affinités entre les deux...
Magnifique ce texte! j´adore comme toujours
ton style fluide et détaillé est toujours aussi agréable à lire...
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FFrules3
- Posté le
25 mars 2006 à 20:40:29

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Merci RedSissi ! Ma lectrice attitrée d´histoires d´amour.
Celle-ci est un remix d´une toute petite fic d´amour que j´avais postée aux alentours de la page 3 ou 4 de ce topic, je crois. Elle ne m´avait jamais vraiment plu telle qu´elle donc j´ai pris la liberté de revoir ma copie.
Enjoy !
Pensées d’un amoureux terrifié par l’amour (Reloaded).
Elle est en face de moi, belle et intelligente, sans se douter une seule seconde que je suis tendu comme une corde de violon en face d’elle. Mes doigts remuent nerveusement, mon visage s’empourpre, ma respiration se fait plus haletante. Ce serait un miracle qu’elle ne remarque rien de ce qui est en train de se passer. Je devrais lui parler, dire quelque chose. Elle me regarde avec de grands yeux dans lesquels je ne lis rien d’encourageant.
C’est étrange comme il est difficile de dire ne serait-ce que deux mots quand il s’agit d’exprimer ses sentiments. D’une façon générale, toutes les marques d’affection comme l’amitié ou l’amour sont difficiles à montrer dans notre société. Mais cela ne devrait pas l’être. Le paradoxe veut que l’amour et l’amitié soient plus difficiles à exprimer que la haine et la colère. Tiens, tiens, serait-ce une explication à toute la violence de notre monde ? Imaginons deux secondes que les rôles soient inversés, je suis prêt à parier que le monde serait un chouia plus « peace and love ».
Je pense que tout le monde a déjà vécu un jour ou l’autre ce genre de situation, avec des parents, grands-parents ou autres membres de notre entourage tentant de vous faire cracher le nom de votre « amoureuse » et ce, dès notre plus jeune âge. Alors, ne venons pas nous étonner qu’à un moment ça bloque. Ça résiste. La peur de l’échec se mêle au manque et à la pression sociale. Toute une génération d’handicapés de l’amour qui viennent grossir les rangs des célibattant(e)s. Pourtant, tout le monde sait qu’ « à deux, c’est mieux ». Encore faut-il former un « deux ». Et c’est là tout le problème.
Elle s’apprête à partir. Elle range ses affaires dans son sac à dos noir qu’elle a personnalisé avec des citations célèbres. « How happy is the blameless vestal’s lot ? Forgetting the world, by the world forgot. Eternal sunshine of the spotless mind. Each prayer accepted, each wish resigned » est écrit en orange sur la poche de devant. J’ignore de qui est cette citation et j’en comprends encore moins le sens mais j’aime assez les mots qui la composent.
Si je savais qui a prononcé cette phrase, nous pourrions en parler et je pourrai lui montrer que j’ai moi aussi quelque chose d’intéressant à dire. En fait, je crois qu’elles servent à cela toutes les citations écrites sur son sac. Elle teste ses prétendants. Si tu es capable de dire de qui elles sont, tu peux la fréquenter, sinon, tu passes ton chemin.
Mais qu’est-ce que je vais inventer comme conneries ! Mon esprit divague alors qu’il ne devrait être concentré que sur une seule chose : moi + elle = amour pour toujours si et seulement si elle = oui. Mon côté mathématicien trop longtemps oublié revient au triple galop.
Vite, il faut que je trouve un sujet de discussion, n’importe lequel... tiens ! Pourquoi pas mes sentiments pour elle ? Ou alors, je l’embrasse sans aucune autre forme d’explication. Tactique risquée du « Tout ou Rien ». Tactique trop risquée. Il me suffirait pourtant de la retenir pour changer le cours des choses. Je sais que si je parviens à la retenir tout de suite, maintenant, je saurai quoi dire. Il me suffirait de lui dire un seul mot et tout serait réglé. Mais je me tais et la regarde s’en aller.
Parfois, je me déteste pour tout ce que je ne fais pas. Mais comment pourrais-je supporter un échec ? Mon raisonnement est le suivant : Imaginons deux secondes que je la rattrape, lui dise ce que je pense d’elle et que nous formions un « deux ». C’est bien. Parfait, même. Mais imaginons toujours que dans deux ans, nous nous séparions. Pourquoi perdre deux ans de ma vie avec quelqu’un si c’est pour me retrouver à la case départ au final ? J’ai l’impression de ne pas avoir de temps à perdre, de ne pas avoir le droit à l’erreur. Je n’ai qu’une seule chance de bonheur, qu’une seule fenêtre d’opportunité.
Je ne comprends pas les gens qui pensent que toute expérience amoureuse est bonne à prendre parce que cela nous construit ou fait de nous des adultes. Je pense au contraire que cela nous déconstruit, que chaque déception nous rend moins naïf et plus réaliste sur la vie. S’il faut endurer mille et une souffrances affectives pour être un adulte, alors je passe mon tour. Vieillissez et mûrissez sans moi, c’est trop douloureux, je garde mon âme d’adolescent fleur bleue. Pourquoi papillonner de partenaires en partenaires, en tombant à chaque fois pour se relever toujours un peu plus endurci alors qu’il serait tellement plus simple de trouver le bon du premier coup.
D’un autre côté, qui a dit que la vie était simple ? Allez, je tente ma chance.
Je la rattrape, lui dit ce que je pense d’elle et nous devenons un « deux ». C’est bien, parfait même. Et cela le restera. Je ferai tout ce qu’il faut pour cela.
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Dame_Mistie
- Posté le
25 mars 2006 à 22:37:37

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FF > je viens de lire "sur le divan". L´idée est bien, la fin est excellente, ça m´a fait rigoler tellement c´était gros. Le problème était une déception dont il n´avait pas conscience, le genre de chose qui arrive.
J´ai bien aimé mais fait attention au temps des verbes. Tu rajoutes de i après les y quand il n´en faut pas comme dans "voyions".
Je m´attaque au deuxième texte !
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Dame_Mistie
- Posté le
25 mars 2006 à 22:46:19

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C´était page 6 et effectivement, ça avait besoin d´être remanié ^^
La fin est trop brève, trop rapide. Ou alors il faut supprimer la dernière phrase. je ne sais pas, il y a un truc qui me gêne.
Sinon c´est bien écrit et c´est le genre de question que beaucoup de monde se pose "j´y vais j´y vais pas" ^^
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FFrules3
- Posté le
26 mars 2006 à 10:22:39

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Dame_Mistie ->
"Il était important que nous nous voyions."
Il n´y a pas de fautes dans cette phrase. Tout est au passé, à l´imparfait, donc "voyions", non ?
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redsissi
- Posté le
26 mars 2006 à 18:51:16

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ouais il donne encore mieux comme ça ton texte FFrules
Je vois pas de faute non plus dans "voyions"
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Will
- Posté le
26 mars 2006 à 22:57:11

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Chapeau FFRules, j´aime beaucoup le nom de ton personnage principal, ^^, et les histoires qui lui sont associés, très bien écrit, petit bémol, je trouve les textes un peu trop rose, certes déceptions amoureuses, léger grain de folie, mais je ne trouve pas qu´il lui soit arrivés de vrais évènements violent. Enfin ce n´est pas vraiment une critique, plutôt une constatation, et encore une belle idée que la création de ce topic.
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Sujet : « Cycle : Courtes Histoires D'Amour »