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Sujet : « Cycle : Courtes Histoires D'Amour »

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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 30 avril 2005 à 11:22:27 Avertir un administrateur
  • Tout est dans le titre. Sur ce topic seront réunies quelques courtes histoires d´amour de toutes formes. J´invite tout ceux qui le souhaitent à poster leurs compos (  et entre autres redsissi qui aime l´amour).
    Un seul impératif : que ces fics soient courtes et pourquoi pas optimistes.
    Permettez-moi d´ouvrir le bal...


    Si tel est notre destin.


    Croyez-vous en la chance ?   Aux coïncidences ?   A l’amour ?   Moi non plus, mais c’était avant que je la rencontre. Bien sûr, elle n’a pas changé ma vie. Pas encore du moins. L’histoire de notre rencontre serait banale et vouée à l’échec si le destin ne s’en était pas mêlé. Je me targue d’avoir beaucoup de chance, mais j’étais encore loin du compte.
    Qu’est-ce que la chance au fond ?   Un gros coup de pot une fois dans une vie ?   Non, enfin pas uniquement. Dans mon cas, ce sont plutôt des situations qui s’arrangent à mon avantage. Tout le temps. Sans arrêt. Devrais-je m’en réjouir ?   Sans aucun doute. Mais des questions refont surface à chacune de ces interventions divines. Ai-je le contrôle de ma vie ?   Ou bien suis-je le jouet de forces supérieures qui ont décidé de mon destin ?   Impossible de le déterminer. Mais laissez-moi d’abord vous raconter notre rencontre.

    Elle s’appelait Juliette, nom ô combien évocateur du romantisme et du drame. Le lieu de notre rencontre ?   Une station de sports d’hiver tout ce qu’il y a de plus commun. Un village à 1500 mètres d’altitude, trois massifs, une trentaine de pistes, des milliers de vacanciers et parmi eux, elle. Je n’étais qu’un skieur comme les autres, elle n’était qu’une snowboardeuse comme les autres. Je ne rentrerai pas dans les débats incessants entre snowboarders et skieurs et leurs conflits mais je tiens à les remercier pour tout ce qu’ils ont fait dans notre rencontre.
    Notre histoire commence sur un télésiège typique, deux places, tellement rapide qu’il pourrait te décaper la peau des fesses, le tout dans des paysages somptueux. Je m’assoies tranquille, pensant être seul alors que la fille derrière moi s’avance et prend la place à côté de moi. Pourquoi pas. Durant la montée, je jette de petits regards en coin à la mystérieuse demoiselle. Des cheveux roux, des lunettes de soleil jaunes, une combinaison claire. Plutôt chouette. Commence alors un silence pesant, seulement rompu par les cris des skieurs en contrebas avant que ne vienne la délivrance. Jeté à toute allure sur la piste, un snowboarder fonce sans se soucier du danger qui le guette. Un quart, deux quarts, tentative de freinage et il se plante lamentablement dans la neige. Plus de peur que de mal pour lui mais entre moi et elle, naissent éclats de rire, premier échange et enfin présentation.
    - Juliette, du Puy-de-Dôme, me dit-elle après que nous ayons plaisanté quelques minutes sur les pseudo-snowboarders.
    - Bonjour Juliette du Puy-De-Dôme, répondai-je.
    Elle rit, je suis soulagé. L’humour a beau être l’un de mes points forts, on n’est jamais à l’abri d’un plantage complet.
    S’en suivent alors quelques minutes de conversation classique, âge, goûts, plaisanteries et ripostes avant que ne vienne le temps de la séparation. Déjà le télésiège arrive en haut du sommet et déjà nous devons nous dire au revoir. Une dernière plaisanterie, un dernier échange et la voilà repartie sur les pistes en snowboardeuse fatale qu’elle est.

    C’est ici que l’histoire prend une tournure inattendue. Comme n’importe qui de sensé, je pense que quand nous nous séparons, c’est l’unique et dernière fois que je la voie. Mais c’était sans compter sur ma chance. Oui, je l’appelle « ma » chance. C’est devenue une personne qui m’accompagne, m’aide dans les moments difficiles, qui me met le pieds à l’étrier quand je n’en ai pas le courage et qui me guide. Comme dans ce qui se passe dans la suite de notre histoire.

    Les chances de se retrouver à nouveau ensemble sur une piste de ski à la même heure sont virtuellement nulles. Mais ce n’est apparemment pas assez difficile pour ma chance qui s’est arrangée pour nous faire retrouver à nouveau ensemble le jour d’après, sur le même télésiège. Je mentirais si je disais que je n’avais pas descendu cette piste dans le seul but de la revoir. Mais de là à se retrouver encore ensemble !  
    Notre conversation reprend là où elle s’était arrêtée et nous en apprenons un peu plus l’un sur l’autre. Je découvre une jeune femme passionnée et engagée, intelligente et belle à côté de laquelle je tente de me valoriser sans grand succès. Nous abordons même le sujet de nos chanceuses retrouvailles sur ce télésiège et décidons d’un commun accord de laisser la suite de notre relation entre les mains de la chance, ou du destin, peu importe.

    Sur le moment, cela semble une bonne idée, d’autant plus que je sais que ma chance viendra à mon secours. Je me dis qu’elle a mis Juliette sur mon chemin deux fois pour une raison bien spécifique même si je ne la connais toujours pas.

    Notre troisième et dernière rencontre aura lieu sur une piste de ski. Je dis «notre dernière rencontre » car il n’y en a pour l’instant eu aucune autre. Je pense d’ailleurs avoir poussé ma chance bien trop loin dans cette histoire. Nous ne nous sommes échangés ni numéro de téléphone, ni e-mail et je l’ai laissée repartir dans sa région à des centaines de kilomètres de la mienne.
    Mais je sais que nous nous retrouverons un jour ou l’autre. Comment l’expliquer ?   Je n’en sais rien. Si tel est notre destin, il en sera ainsi.
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  • Redsissi Voir le profil de Redsissi
  • Posté le 30 avril 2005 à 11:28:37 Avertir un administrateur
  • enfin tu t´es décidé!!!
    bon là je vais dormir (  je sais j´ai abusé mais bon...)
    mais je repasse pour lire...

    bonne journée FFrules! bisous!
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  • Vil-e-Coyote Voir le profil de Vil-e-Coyote
  • Posté le 30 avril 2005 à 12:21:40 Avertir un administrateur
  • Et pour ce qui est des histoires d´amour pas vraiment optimistes ?   (  Roméo et Juliette,...)

    On peut les poster ici ?  
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  • SkySoft Voir le profil de SkySoft
  • Posté le 30 avril 2005 à 12:24:32 Avertir un administrateur
  • Et pour les longues qui sont déjà postées sur ce forum...

    Ok, je sors--->[]
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  • Souvenir_perdu Voir le profil de Souvenir_perdu
  • Posté le 30 avril 2005 à 12:48:47 Avertir un administrateur
  • Histoire d’amour. Cette expression fait ressortir joie et bonne humeur dans le cœur des femmes comme des hommes (  les hommes le cachent plus cependant, il ne faudrait pas avoir l’air ridicule devant ses amis tout de même).

    On associe souvent cela aux histoires romantiques et mièvres à souhait à la Roméo et Juliette. Oh bien sûr vous pensez que c’est un frustré qui parle ainsi, comment peut-on dénigrer à ce point la plus belle chose au monde : l’amour, le vrai ?  

    Il suffit simplement de se mettre à la place des autres. L’amour est sûrement la chose la plus injuste au monde ;   certains y ont droit et d’autre non. Quand bien même on aime (  ouf), est-on sûr que ce sentiment est réciproque ?   On ne peut jamais l’être mais on peut cependant être sûr du contraire.

    Les histoires d’amour sont ainsi représentées de manière idyllique, mettant en scène deux personnes faites l’une pour l’autre et qui finissent par former un couple, comble du bonheur.
    Cependant doit-on oublier pour autant les histoires d’amour à sens unique ?  

    L’histoire suivante en fait partie.

    Il est assis dans un bus, regardant par la fenêtre, perdu dans ses pensées. Il se place toujours au centre du bus, ni trop devant, ni trop derrière. Il sait qu’il n’y aura ainsi personne autour de lui car les plus âgés vont devant alors que les plus jeunes se placent derrière. Il trouve cela stupide, comme beaucoup de choses en ce monde. Le paysage défile à vive allure devant son regard, cela fait déjà une heure et quart. Une heure et quinze minutes, cela peut paraître long pour un trajet de bus, surtout lorsque l’on sait que c’est pour se rendre au travail à 9hoo. Peu lui importe, ces moments privilégiés de réflexion lui conviennent. Cela lui permet de se martyriser davantage en pensant à celle qu’il aime.

    Il se remémore les derniers instants qu’il a passés avec ELLE. C’était le Week-End précédent, du Samedi midi au Dimanche midi plus exactement. Il l’avait rejoint très tôt, prétextant qu’il n’avait pas d’autre possibilité que de venir aussi tôt pour la soirée d’anniversaire qui allait se dérouler le soir même. Elle n’avait pas senti la fourberie, il faut dire qu’il cache mieux ce genre de choses que ses sentiments.

    Arrivé à son immeuble, il était déjà dans un autre monde, ses fantasmes l’emportant sur la réalité .   Les deux étages à monter avait sembler une éternité car il allait enfin retrouver celle qu’il aime. Arrivé à la porte, il sonne. Le son de la clé tournant dans la serrure de la porte fait s’accélérer son rythme cardiaque et puis l’illumination. L’entre jour apparaissant lorsqu’ELLE ouvre la porte a quelque chose de divin, la représentant comme un Etre de Lumière. Il faut dire qu’elle est belle. Ses cheveux relevés sont certainement ce qui le fait le plus craquer. Son visage n’est pas sans défaut mais le tout forme une combinaison parfaite.
    Elle l’accueille avec sa bonne humeur habituelle, ses éclats de voix et sa gestuelle démonstrative. Lui reste sobre, il réagit toujours ainsi car cela lui donne une image d’homme serein et intelligent, plus adulte. C’est comme cela qu’il est considéré par tout le monde, même si parfois cela l’agace.

    S’engagent alors les discussions habituelles, ils ne se sont pas vus depuis plus d’une semaine (  qui lui ont paru des années). Alors qu’avec les autres il n’est pas très bavard, les mots sortent naturellement en sa présence, ce qui renforce son sentiment. Malheureusement la discussion tourne inévitablement faire son petit ami. Qu’importe, il en a l’habitude. Il en profite pour ironiser à son sujet, ELLE acquiesçant. L’autre ne mérite pas cela et il le sait très bien mais il ne se retient pas, après tout lui aussi savait qu’il était amoureux d’ELLE.

    Après avoir discuté pendant une heure, il lui propose d’aller au cinéma, lieu romantique à souhait. La séance à laquelle il voulait l’amener n’étant pas en projection (  un film humoristique et romantique à la fois), ils se rabattent sur un film d’animation, tout aussi humoristique mais moins romantique. Le film est intéressant mais lui ne pense pas à ce qui se déroule à l’écran, trop occupé qu’il est à l’admirer.

    Après le film, ils vont faire quelques courses pour elle. En gentleman vieux jeu, il lui porte ses sacs, quitte à perdre deux doigts du fait de la non irrigation de ses extrémités. Puis l’après-midi se poursuit tranquillement, une amie arrivant pour les emmener à ladite soirée. Il faut préciser qu’elle s’est faite encore plus belle pour y aller. Il a envie de laisser libre court à sa passion dévorante mais se retient, comme d’habitude.

    La soirée à laquelle ils vont apportent son lot d’événements sans surprise, il est habitué au même schéma de soirée depuis deux ans déjà. D’abord il boit pour se donner du courage, peut-être osera-t-il aller lui parler et tout avouer publiquement. Ensuite l’alcool apporte la mélancolie. Ses autres amis savent très bien ce qu’il a, c’est toujours la même chose. Tous lui disent qu’il se trahit lui-même ses sentiments et il le sait bien. Il sait également qu’ELLE le voit très bien. Alors vient la colère, il la fustige de ne pas venir le voir, de jouer à l’indifférente. L’alcool intervient à nouveau, noyant ses sentiments et son envie de tout détruire. Le lendemain tout se repasse de la même manière.

    Le revoilà dans le bus, il arrive à destination. Ce trajet aura encore été l’occasion pour lui de se faire du mal. Le trajet de retour le sera également…
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  • redsissi Voir le profil de redsissi
  • Posté le 30 avril 2005 à 18:31:23 Avertir un administrateur
  • arf les histoires d´amour à sens unique... oui je connais bien aussi...
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  • redsissi Voir le profil de redsissi
  • Posté le 30 avril 2005 à 18:37:30 Avertir un administrateur
  • scénario anonyme mais oh combien de fois vécu... autre histoire mais même résultat... nan je ne suis pas défaitiste mais j´ai vécu aussi trop de fois ce genre de choses...
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 30 avril 2005 à 22:47:49 Avertir un administrateur
  • Les textes sont pas mal, pas trop à l´eau de rose comme je le craignais. Bref, félicitations aux deux auteurs. J´ai néanmoins préféré le texte de Souvenir_perdu. Certainement car il évoque en moi quelques souvenirs. Rhaa... nostalgie... vous allez réussir à me faire pleurer.
    Bon, c´est pas tout ça, mais ce topic m´a donné envie d´écrire un texte dans le même genre que je posterais ici évidemment (  si je parviens à l´écrire).
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  • Souvenir_perdu Voir le profil de Souvenir_perdu
  • Posté le 1er mai 2005 à 10:57:34 Avertir un administrateur
  • On va finir par penser que les histoires d´amour qui finissent bien n´arrivent jamais dans la réalité finalement si toutes sont aussi pessimistes (  ou réalistes, c´est au choix) ^^ !  

    Enfin bref merci pour ces compliments sur mon texte, même si je n´ai fait que raconter un fragment de ma réalité :/

    Je pourrai en faire une série tellement j´ai vécu ça.
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 1er mai 2005 à 14:27:29 Avertir un administrateur
  • A Littlething, pour le goût de ses larmes.
    A Masterbow, bêta-lecteur et ami.


    _ Je t’aime.
    Elle me dit cela, comme ça, dans le creux de l’oreille alors que mes lèvres lui caressaient la nuque. Je retire subitement ma tête, laissant les cheveux retomber sur son cou. Comme si elle avait dit quelque chose d’horrible qui m’avait effrayé. Était-ce le cas? Je ne pense pas, non, je ne suis pas paniqué, mon cœur reste normal et ne s’agite pas dans ma poitrine. Je regarde ses yeux marrons aussi réfléchissants que les verres de lunettes de soleil.
    _Je…
    Je bégaye, non pas par peur, ni par surprise, mais plutôt parce que je cherche mes mots. Des mots qui n’évoquent pas une passion amoureuse, surtout pas ce genre de mot, sinon ce texte va chavirer en roman à l’eau de rose.
    _ Je ne sais pas.
    J’ai vraiment rien trouvé de mieux. La première pensée qui m’est venu cependant est « Moi aussi je m’aime ». Je l’ai vite refoulé pour laisser passer cette phrase bidon. Je ne sais pas, c’est nul, vous ne trouvez pas? En y réfléchissant, j’aurais dû dire: « Voilà une phrase qui ne va pas plaire à mon ex ». C’est déjà plus hilarant, et j’aurais aimé voir la tronche qu’elle aurait tirée. Elle me regarde, et quelques millièmes de seconde plus tard elle se retrouve blotti contre mon épaule en train d’éclater quelques sanglots. Je l’enlace et j’attends que ça passe, regardant le trottoir voisin en quête de quelque chose d’intéressant. Malheureusement pour moi, il n’y a rien, rien hormis des petites vieilles baladant leurs chiens. Le film du dimanche soir devait être terminé au vu de tout les chiens qui sortaient leurs vieilles alors que la nuit froide avait déjà enveloppé les rues de la ville. Et l’autre qui chialait tout le temps… Mais putain arrête de pleurer, cesse tes conneries et sèche moi ces putains de larmes. Mais non, au lieu de lui faire violence je lui murmurai des trucs stupides du style « ça va passer » ou bien « tu vas voir, ça va aller mieux »… Lorsqu’elle relève sa tronche, deux torrents larmoyants s’incurvent dans le maquillage pour glisser sur les joues avant d’atteindre le bord de ses lèvres. C’est précisément celles-ci qui s’avancent pour rentrer en contact avec les miennes. Je ressens ce goût salé que j’aime assez il faut dire. Mais un truc que peu de personnes savent, l’hépatite B peut aussi se transmettre par ce liquide sortant de nos yeux, c’est con quand même de l’avoir ainsi, je préfère encore me piquer avec la seringue d’un autre… Bref, c’est pour cette raison et aussi parce que je n’en pouvais plus de supporter cet horrible contact que je me retire. J’aurais peut être pas du car ainsi elle peut de nouveau se remettre à parler. Et la question qui s’ensuit ne va certainement pas être suivi d’une bonne réponse.
    _Est-ce que tu tiens à moi?
    Le réponse est non évidemment. « Il faut s’interdire toute faiblesse sentimentale ». Ceci est ma devise, quitte à rester célibataire le restant de ma vie j’en ai rien à foutre. Mais même en étant insensible ou en croyant l’être je ne suis pas pour autant méchant. J’hésite, avant de répondre, c’est certainement ce temps d’hésitation qui la pousse à me foutre une baffe, à moins que ce ne soit la réponse.
    _Oui, enfin, sans plus.
    Et comme je l’ai dit, elle se retire de mon étreinte qui n’était pas très serré, il faut le dire aussi et tend une main droite qui finit sa course dans ma joue. Ma tête doit bien bouger de dix degrés, quelle force phénoménale… Je me dois de préciser qu’elle me traite de salaud avant de se casser en courant dans les ténèbres. Salaud, ouais, c’est tout moi, je suis Mister Salaud, en personne. Je me retrouve seul, même les vieilles n’étaient plus là. Inutile d’essayer de rattraper ma copine ou ce qui l’était, elle ne représente strictement rien pour moi. Ce fut une aventure d’une seule journée… Une seule journée et elle m’aime déjà, c’est vraiment du grand n’importe quoi, c’est impossible, du moins je le crois. Je retourne chez moi, arpentant les rues vide de monde. Quelle heure pouvait-il bien être? Cela faisait étrange, je me souviens plus avoir pu traverser la grande place de la ville sans avoir attendu dix minutes qu’une voiture daigne à me laisser passer. Et là, aucune circulation, je passe tranquillement, me permettant même de dévier du passage piéton. Les seuls bruits en plus de mes semelles raclant le sol sont les haute voix des mecs bourrés qui hantent un bar se trouvant déjà assez loin derrière moi. Je réfléchis. A quoi? Je ne sais même pas… à rien, à tout, c’est confus. Mes Vans bouffent le macadam, pourquoi j’habite si loin du centre. Question existentielle. Choc. Je relève les yeux qui étaient en train de repérer les éventuelles crottes que les chiens-chiens à leurs mémères auraient pu laisser en guise de souvenir. Second choc. Pas physique, mais comment dire…. Comme si l’on m’avait enfoncé un couteau dans cette pierre me servant à pomper le sang. J’ouvre la page de surprise, d’admiration, d’adoration, d’am… non pas ce mot…
    _Excuse moi.
    Et elle se remet à avancer. Je la suis du regard, sa queue de cheval regroupant une bonne partie de ses cheveux roux exécute un mouvement de balancier à chacun de ses pas. Son regard est fixé dans mon esprit, de grand et profond yeux verts dans lesquels brillait des éclats dorés. J’ai l’impression qu’elle occupe désormais une place importante dans mon pauvre petit cerveau. Je ne la vois déjà plus, ce n’est qu’une petite tâche blanche au loin, blanche, c’était la couleur de sa chemise, je m’en souviendrais toujours. Je tente de me relever, ne me souvenant même plus du moment où je m’étais assis mais j’en suis incapable. Je pousse un long soupir… « Il faut s’interdire toute faiblesse sentimentale » plus facile à dire qu’à faire…





    Note: Ceci n’a aucun rapport avec Littlething, n’allez pas vous imaginer je ne sais quel scénario, elle m’a juste aidé lors d’un passage de cette nouvelle et je lui ai promis de figurer en première place dans les remerciements.
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  • Force-impur Voir le profil de Force-impur
  • Posté le 1er mai 2005 à 16:21:34 Avertir un administrateur
  • Hmm... J´ai lu vos trois textes et j´avoue que je les ai tous appreciés avec une petite préférence pour celui de FFrules.
    Texte de FFrules : Très bien, pas de fautes visibles, l´histoire bien que banale, se lit très facilement grace a la fluiditée de ton style d´écriture. J´ai vraiment beaucoup aimé.
    Texte de souvenir_perdu : La aussi un beau texte en perspective avec un scénario moins basique que le premier, mais j´ai tout de meme moins appréciés pour des raisons personnelles qui me remémorent des souvenirs peu agréables... La encore pas de fautes relevées.
    Texte de Soul : Un troisième texte très bon, j´ai préféré ce style d´écriture aus deux autres bien qu´un peu longuet... J´ai beaucoup aimé mais il me semble un peu cours je sais pas j´ai l´impression qu´il manque un pti quelque chose... Mais j´ai tout de meme vrmt accroché !   La encore un très beau texte !  

    Voila je suis ravi d´avoir lu trois textes de trois personnes qui savent vraiment bien écrire : bravo !  
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  • Souvenir_perdu Voir le profil de Souvenir_perdu
  • Posté le 1er mai 2005 à 16:35:58 Avertir un administrateur
  • Merci et désolé de rappeler tant de mauvais souvenirs à tous.
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  • SkySoft Voir le profil de SkySoft
  • Posté le 2 mai 2005 à 14:06:11 Avertir un administrateur
  • Désolé, c´est très probablement long, voire trop long, mais je n´ai pas réussi à raccourcir...
    Probablement pas génial non plus, mais ça fait un peu de bien...


    Comment imaginer qu’une simple soirée puisse être à l’origine de telles sensations.
    Comment imaginer que quelques heures puissent suffir à nous transporter.
    Comment imaginer qu’une personne puisse si aisément nous bouleverser.

    Je me souviens que je n’étais pas au mieux à ce moment là. Non pas que j’avais des problèmes particuliers non. Rien que la routine d’un pessimiste de base, idéaliste et renfermé.
    Mais une amie m’avait invité à fêter son anniversaire, je me voyais mal refuser. D’autant plus que je pressentais que cette soirée allait pouvoir être riche en surprises. Mais je n’imaginais pas que la plus grande serait pour moi.

    Une fois arrivé, je salue les personnes que je connais, petit tour d’horizon du salon histoire de mieux appréhender les lieux et de ne pas trop se sentir mal à l’aise. Mais comme je ne l’imaginais pas, certains invités m’étaient inconnus. Enfin, certaines. Ou plutôt, une certaine invitée. Comme à mon habitude, et dans un grand élan de frousse, j’évite tout simplement son regard et fait comme si elle n’était pas là. Mais je suis rattrapé par mon amie qui, inévitablement, nous présente.
    « -Pierre-Antoine, voici Justine. Justine, Pierre-Antoine. »
    Je reste silencieux, ne sachant que dire, désarmé devant cette jeune fille qui connaît désormais mon prénom. Impossible d’y échapper.
    « -Et bien bonsoir Pierre-Antoine.
    -B… Bonsoir. »
    Ni plus, ni moins. Juste bonsoir. Je ne suis pas très loquace à l’accoutumée, pourquoi faire des efforts ce soir, surtout avec une inconnue.
    Après ces présentations, je retourne dans mon coin, me maudissant d’avoir accepté de venir et jetant des regards furieux à mon amie, visiblement amusée.

    Quelques heures passent, la soirée se déroule sans encombre et sans aucun coup d’œil de ma part vers cette Justine. Jusqu’à ce que ce soit elle qui m’agresse .  Le mot peut paraître un peu fort, mais je l’ai ressenti ainsi. Me sortant de mon mutisme, elle s’adresse à moi et engage la conversation. Elle a pourtant dû se rendre compte que je ne suis pas spécialement celui avec qui on vient discuter dans ce genre de soirée.
    Et pourtant, elle s’acharne. Elle a beau presque parler toute seule, elle continue à s’adresser à moi, plongeant ses yeux dans les miens. Je la regarde, l’écoute et suis presque hypnotisé par elle. Au bout de quelques minutes, je ne peux décrocher mon regard du sien. Et si je ne parle pas, ce n’est pas par mépris, c’est tout simplement que je ne peux pas.
    Intrigué, perturbé, fasciné que je suis par cette jeune fille qui parvient à me toucher au travers de ma carapace, je reste sans voix devant cette personne qui m’intrigue.
    Je finis par ouvrir la bouche et par sortir, comme à mon habitude, une espèce de phrase hors-contexte et sans réelle signification.
    « -Je… ne comprends pas… »
    Elle sourit, semble réjouie de ma tirade héroïque et me propose de nous asseoir.
    Comment refuser. Je n’en ai non seulement pas la capacité, mais surtout pas l’envie. Je suis désormais à elle, je suis en son pouvoir. Tel une machine, je ferai ce qu’elle me demanderait.
    S’asseoir est ce qu’elle a décidé, je m’exécute donc, à ses côtés.

    Une heure passe, puis deux, et je suis toujours comme dans un rêve, assis à côté d’elle. Les discussions vont bon train autour de moi mais je suis incapable de réagir à ce qui se passe. Elle est désormais la seule chose qui m’importe, la seule personne capable de me faire réagir à quelque chose. Une sensation encore jamais ressentie jusque là s’empare progressivement, sans que je puisse mettre un mot dessus. Elle m’enveloppe, me berce, me place dans un état second, hors de portée de tout ce qui pourrait m’importuner. Et surtout, elle la met devant moi, seule, comme si la Terre entière n’importait plus, comme si tous ce qui se passe n’avait qu’un seul but, nous faire nous rencontrer, servir mon « destin », m’amener face à elle.
    Mais le temps fait son œuvre et la soirée touche bientôt à sa fin. Sorti quelque peu de la torpeur qui m’habitait, j’ai réussi à m’immiscer dans les conversations et à prendre du plaisir, mais je sais très bien que tout cela n’est dû qu’à elle, à sa présence presque libératrice.
    Les invités commencent à quitter les lieux, un par un, désertant la soirée. Puis, inévitablement, son tour arrive. Elle est devant moi, toujours armée de son sourire et de sa bonne humeur qui me transcende ;   elle prend ma main et me dit :
    « -A une prochaine fois…
    -Je n’attends que ça Justine… »
    Et la voilà partie.
    Mon heure vient aussi, je salue mon amie qui ne me parle pas d’elle, et je n’ose pas aborder le sujet, trop bouleversé par ce qui vient de m’arriver. Je quitte alors ces lieux empreints pour moi d’une magie invraisemblable…

    Pendant de longues semaines, mon esprit est embrumé. Tout à la fois convaincu de ce que j’ai ressenti et persuadé que je n’étais pas dans mon état normal et que tout ceci ne peut avoir eut lieu, je me renferme une nouvelle fois sur moi et enfoui mes sentiments au plus profond de mon être. Jusqu’au jour où ils deviennent trop forts, où l’optimisme prend le dessus, où je dois me libérer.
    Je vais donc voir mon amie et lui fait part de mes sentiments. Elle est toute à la fois surprise et contente. Elle me confie en effet que Justine lui a également reparlé de cette soirée, en faisant allusion aux moments qu’elle a passé avec moi, et à ce qu’ils ont provoqué en elle.
    Je suis à ce moment le plus heureux des hommes. Même si mon visage ne l’exprime pas, l’absence de sourire sur celui-ci étant apparemment congénitale, mon esprit est apaisé par cette nouvelle, tout mon corps est en ébulition et je n’éspère qu’une chose, la revoir au plus vite.

    Malheureusement, la distance nous séparant ne satisfait pas mon désir. Plusieurs longues semaines passent sans pouvoir à nouveau plonger mon regard dans le sien. Seul un bref coup de fil nous relie pendant quelques minutes que je savoure comme un rêve trop beau pour être vrai, sa voix douce et chaleureuse m’enveloppant à chacune de ses intonations d’un manteau de coton.
    Pendant cette séparation, je rêve bien sûr d’elle, mon esprit n’est occupé que par sa vision, son visage, ses yeux, sa voix m’obsède et je ne peux me détacher de ces pensées oniriques.
    Jusqu’à notre nouvelle rencontre.

    Toujours chez mon amie, une nouvelle soirée est organisée. La revoir me remplit à la fois de joie et me glace d’effroi. Cette sensation est nouvelle pour moi. Je suis excité de pouvoir la partager, mais j’ai surtout peur de la façon dont je vais la gérer en la revoyant.
    Mes craintes étaient malheureusement fondées. Elle arrive, nous nous disons bonjour et je ne peux prononcer un seul mot, paralysé que je suis. Les heures qui suivent sont identiques à ce constat : je suis figé face à elle, incapable du moindre geste vers elle, ni même du moindre mot.
    L’ambiance devient au fur et à mesure plus intime et sombre. Les lumières se tamisent, les discussions se font plus faibles et de petits groupes se forment. C’est ce moment que je choisis pour tenter de me faire violence, pour essayer de briser ce carcan qui me fige, pour aller vers elle. Sans un mot, nos regards se croisent pour la première fois sans doute de la soirée, nos visages se rapprochent, nos lèvres s’effleurent puis se touche délicatement. L’élan passionnel qui nous unit alors nous emporte, nos bouches s’ouvrent, nos langues s’entremêlent pour ce qui sera mon premier baiser, et le dernier avec elle.
    Une fois l’ivresse retombée, nos visages s’écartent et je retombe dans ma démence, qui semble désormais communicative puisqu’elle ne daigne plus même me donner un semblant d’importance. Et je la comprends.

    La soirée se poursuit sur le même tempo, et se termine comme elle avait débuté, par ma paralysie totale. Un simple « Au revoir » conclut ce qui aura été ma première « histoire d’amour », écourtée sans doute par ma peur, ma maladresse et sans doute un plus grand problème psychologique qu’il n’y parait.
    Mes histoires suivantes confirmeront ce manque total de capacité à aimer normalement.
    J’ignore si mon cœur est fait pour cela. J’ignore si je suis fait pour cela. Mais jusqu’ici, ce douloureux souvenir me poursuit et me hante.
    Ne ratez pas votre première histoire. Et faites-vous violence. Je n’ai pas su, je suis aujourd’hui perdu…



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  • redsissi Voir le profil de redsissi
  • Posté le 2 mai 2005 à 16:06:54 Avertir un administrateur
  • Trop touchant Sky... ça m´émeut terriblement... ce texte trouve des échos en moi mais à l´inverse... moi je suis d´un type qui parle trop et qui peut faire peur à force... ça me déchire de lire cela... ressentir autant de choses pour quelqu´un sans pouvoir l´exprimer doit être horrible... et après on s´en veut à mort, mais il est trop tard... ça aussi du vécu...

    Bien aimé toutes les histoires ici... chacune a son charme et ses arrache-coeurs...

    Assez d´accord avec Force-impur dans l´ensemble
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  • redsissi Voir le profil de redsissi
  • Posté le 2 mai 2005 à 16:09:32 Avertir un administrateur
  • Sky... faut pas rester sur un échec... faut essayer encore... la vie se chargera de te remettre devant cette situation jusqu´à ce que tu arrives à la maîtriser... tu finiras bien par y arriver... tu trouveras la force j´en suis convaincue...
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  • Soulblighter Voir le profil de Soulblighter
  • Posté le 2 mai 2005 à 17:05:08 Avertir un administrateur
  • Rhaa. Sky, ce que tu viens d´écrire peut tout aussi bien être mon autobiographie ça m´a vraiment touché, je commence à prendre goût au histoire d´amour moi, j´en connais qui seront effrayé
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  • SkySoft Voir le profil de SkySoft
  • Posté le 2 mai 2005 à 17:22:49 Avertir un administrateur
  • Merci à vous deux d´avoir lu... Je voulais pas faire autobio mais ça a été trop dur... lol
    Merci redsissi mais bon, on verra, je suis peut-être pas perdu^^...

    Et Soul´, moi ça me fait peur que tu dises ça...loool^____________^
    Merci encore d´avoir lu...
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  • FFrules3 Voir le profil de FFrules3
  • Posté le 2 mai 2005 à 18:47:32 Avertir un administrateur
  • Ravi de voir que ce topic prend de l´importance. Finalement, si même Soul´ se met à l´histoire d´amour, je pense que le but est atteint. ;  -)))
    Je n´ai pas encore lu tous les textes mais ils sont apparemment de très bonne qualité.
    Quand je pense que j´ai fait ce topic pour Redsissi et qu´elle n´a encore rien posté !  
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  • Souvenir_perdu Voir le profil de Souvenir_perdu
  • Posté le 2 mai 2005 à 20:05:40 Avertir un administrateur
  • Ma vie multiplie également ce genre d´expériences entraînant frustation et colère vis-à-vis de soi.
    En même temps cela transparaît assez clairement au travers de mon texte.

    Sinon FFrules3, ce topic prend de l´importance car le sujet est intéressant, peut-être vais-je écrire d´autres "  histoires d´amour".
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  • finalclad Voir le profil de finalclad
  • Posté le 2 mai 2005 à 21:28:10 Avertir un administrateur
  • Tiens je sens que je rentre dans une série alors je vais donner un nom à cette historie courte d’amour, enfin amour ne renvoie pas toujours à une notion de bonheur…

    Mille et une raisons.


    Comme tous les Samedis soir, il pénétrait dans le même bar, accompagné de ses amis.
    Il faut dire qu’il présentait un avantage de taille. En effet il n’était situé qu’à quelques centaines de mètres de sa maison et il n’avait pas le permis. Ce bar portait un nom bien singulier : le « Mille et une raisons ». Il se rappelle la première fois où il avait vu cette enseigne écrite en jaune sur fond bleu, il avait rit.

    « Mille et une raisons de boire sûrement », s’était-il dit en ironisant.

    Puis une fois rentré à l’intérieur, il avait été saisi par l’ambiance qui en ressortait, mais surtout par le patron du bar qui l’avait enlacé. Tout d’abord surpris, il s’était retenu de réagir avec violence car il n’avait pas l’habitude de ce genre d’étreinte. Voyant son étonnement profond, le gérant du bar l’avait ensuite rassuré sur un ton humoristique :

    « Rassures-toi je vais pas te violer mais j’accueille tous les clients comme ça ».

    Malgré ces paroles qui l’avait fait sourire, il ne pensait pas qu’il remettrait un jour les pieds dans ce bar de fous. Pourtant, la semaine suivante, sous la pression de ses amis, ils y étaient retournés. Le patron du bar avait été alors plus courtois, leur serrant la main de manière informelle en guise de bienvenue. Peu importait car le souvenir de cet attouchement ignoble était loin, l’appel de la Vodka se faisant de plus en plus pressant.

    Ils devinrent rapidement, lui et ses amis, des habitués du bar car ils trouvaient en ce lieu un espace de détente loin de toute l’agitation habituelle des bars tenus par quelques « piliers ». Ils devinrent même amis avec le patron, unis par cette ridicule cérémonie de la Vodka Caramel en « Shooter » qu’ils buvaient accoudés au comptoir avant de se rendre en boîte sous un état alcoolisé à l’extrême. Ce furent ainsi les mêmes Samedis soir qui se déroulèrent pendant une période assez longue, six mois pour être précis. Je dirais même cette époque car un jour quelque chose changea. Ce soir-là, il arriva comme d’habitude vers 22hoo au bar et se présenta directement au comptoir pour serrer la main de son fournisseur de Vodka Orange favori. En lieu et place de ce qui se trouvait généralement à cet endroit, à savoir un gaillard baraqué mesurant pas loin d’un mètre quatre-vingt dix, se présentait une jeune demoiselle assez jeune. Elle était âgée de 21 ans mais il ne le savait pas encore.

    Tout d’abord surpris par sa beauté, il ne se laissa pas impressionné pour autant, enfin ne le montra pas. Il lança un « bonsoir » avec une voix grave à la Barry White auquel elle répondit par un « Salut » avec une voix fluette. Une tape dans le dos le sortit de ses pensées, il était en effet temps de boire. Pour toute discussion il passa alors sa commande habituelle et fit de même tout le reste de la soirée. Puis il la recala au contexte du bar, n’y pensant plus au fur et à mesure que les verres de Vodka Orange s’enchaînaient. Probablement fit-elle de même car il n’a rien d’extraordinaire, au niveau du physique tout d’abord.

    Le même schéma de soirée se déroula alors pendant quelques mois alors qu’il la voyait de plus en souvent en tant que serveuse. Puis une douce sensation commença à faire surface, un sentiment proche de la nostalgie et qui met dans un état d’euphorie. Chaque semaine, il était désormais pressé d’arriver au Week-End et surtout au Samedi soir pour ne serait-ce que la voir. Tout d’abord inconsciente, cette envie devint irrésistible et envahit son esprit jusqu’à ce qu’il n’est plus que cette idée en tête. Il ne pensait plus qu’à elle, Mélanie…
    Ce qu’il ignorait, c’est qu’elle aussi pensait à lui.

    Il fallut cependant du temps avant qu’il ne s’en rende compte, n’étant vraiment pas habitué à attirer le regard d’une fille. A vrai dire, il ne l’avait même pas remarqué (  ou ne voulait pas le remarquer) car cette jeune Mélanie était également timide. Aucun des deux n’osant aller vers l’autre, cette relation naissante était ainsi vouée à l’échec, mort prématurée d’une relation avant terme…si ce n’était sans compter sur l’entourage de l’un comme de l’autre. Tels des enfants entrant en primaire, leurs discussions se faisaient par l’intermédiaire de leurs amis. Il trouvait cela ridicule et pathétique mais au fond de lui cela lui convenait.

    Et puis un soir, le déclic.

    Peu importe lequel alla vers l’autre mais le rapprochement physique eut lieu, une discussion s’engagea même. Il ne pourrait se rappeler des mots qu’il a prononcés à cet instant tellement il était ému. Ils finirent par se donner rendez-vous en boîte, endroit singulier pour se parler ou faire connaissance. La relation eut alors un semblant de début, se concrétisant par un slow des plus langoureux gâché par le regard des leurs amis respectifs. Ils se sentaient ridicules mais ils étaient bien ensemble, enfin lui était bien en sa compagnie, son corps se frottant au sien, son parfum enivrant son esprit déjà bien entamé par l’absorption d’alcool. Il était ivre d’elle. Leur relation en resta là, sans même un baiser mais ils entamèrent une deuxième phase de leur relation : la correspondance par SMS. Autant dire que la maturité des deux protagonistes laissait à désirer mais ils pouvaient par cet intermédiaire tout se dire sans gêne. Le téléphone a cet avantage d’ôter la peur de la personne et c’est ce qu’il lui fallait, tout du moins au début avant de se sentir à l’aise avec elle. Elle pouvait lui dire à quel point elle était belle. Mais l’envie de la revoir plus longuement se fit la plus forte, entraînant un rendez-vous. Ce fût une autre histoire car la peur de l’autre était toujours présente. Le rendez-vous se déroula tout de même bien. L’intimité se liant, il commença à aller la voir joueur au football, sport qu’il déteste mais qui devenait intéressant lorsqu’elle jouait. L’amour naissait.

    Un Samedi soir comme les autres, il ne dérogea pas à la règle et alla au bar pour sortir avec ses amis mais surtout pour la retrouver, elle. Il poussa alors la porte de la manière, l’aperçut, avança vers elle, la vit embrasser un autre, continua tout droit pour se retrouver au fond du bar. L’amour mourrait.



    Il existe « mille et une façons » de faire souffrir, mais celle-là est sans aucun doute la pire.
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Sujet : « Cycle : Courtes Histoires D'Amour »

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