Les forums de JeuxVideo.com
-
Vinmole
- Posté le
11 février 2012 à 05:05:07

-
Hello,
en amateur de fantasy, je me suis lancée dans la rédaction de ma propre histoire. En voici la première partie (du premier du premier chapitre). J'espère que vous aimerez, j'ai mis du temps pour l'écrire.
Quoi qu'il en soit merci à ceux qui liront.
La jeune fille posa le pied sur les planches humides de la jetée avant de se retourner pour attraper le sac de toile verte qu’un marin lui tendait par-dessus le bastingage. Elle remercia le matelot d’un signe de tête avant de tourner le dos au petit navire pour prendre la direction du rivage. C’est sans regrets qu’elle quittait le pont de ce rafiot. Les trois semaines qu’avaient durée la traversée, elle les avait passé alitée, en proie à un violent mal de mer, l’esprit envahi de rêves enfiévrés où se mêlaient morts et ténèbres.
Mais à peine avait elle parcouru quelques pas que des vertiges l’assaillirent, sa vision s’obscurcit et des étoiles se mirent à danser devant ses yeux. Ses jambes tremblantes l’obligèrent à s’asseoir précipitamment sur le rebord de la jetée, au milieu des cordages et des tonneaux abandonnés là. Ce voyage l’avait affaiblie davantage qu’elle ne l’aurait cru, voilà près de quinze jours qu’elle n’avait rien ingurgité de solide qu’elle n’eut rendu quelques heures plus tard tant ses nausées étaient violentes ; aussi avait-elle dû se contenter d’un peu de bouillon, du moins à chaque fois que son état lui avait permis de se traîner hors de sa minuscule cabine pour en réclamer un autre bol. Ces semaines de privation la laissait avec un corps sans forces et maintenant qu’elle avait touché terre, ses hauts le cœur s’étaient apaisés pour laisser place à une faim tenaillante. Farfouillant dans son sac en quête de quelque chose à se mettre sous la dent, elle finit par dénicher une petite miche de pain soigneusement emballée dans un carré de tissu blanc. Le pain était rassis depuis longtemps mais sa faim était telle qu’elle n’y prêta guère attention lorsqu’elle mordit dedans à belles dents. Bientôt il ne resta de son frugal repas que des miettes dont elle se débarrassa d’un revers de main. Ce quignon de pain rance lui laissa un goût amer en bouche mais au moins ses vertiges s’en étaient allés et la faim, bien que toujours présente, se faisait sentir moins durement. Elle pencha la tête en arrière, libérant ses longs cheveux noirs et ferma les yeux. Le vent du large était frais et maintenant que le roulis du bateau ne la forçait plus à tenir le lit, elle en appréciait pleinement la caresse. Bientôt son visage rendu livide par la maladie retrouverait de ses couleurs. La jeune fille étira ses bras longs et minces dans son dos et déjà elle sentit ses forces lui revenir.
Soudain, une vague plus haute que les autres vint tremper le bas de ses chausses, la tirant brutalement de sa rêverie pour lui rappeler où elle se trouvait. Haudewen…une cité dont elle ne savait que le nom. Depuis le début de la traversée, l’angoisse la rongeait. Elle ne connaissait rien de cette terre, ni de ceux qui l’habitaient et encore moins de ce qui l’y attendait. Qu’allait-t-il advenir d’elle, ici, loin de tout ce qu’elle connaissait ? Oh bien sûr l’homme qui l’avait placé dans ce navire s’était voulu rassurant, il lui avait indiqué où se rendre une fois arrivé en lui garantissant qu’elle y trouverait quelqu’un pour la prendre en charge ; Haudewen, la place des Doctes, Revan Harsame. Ces maigres informations, loin de la rassurer, lui faisait sentir à quel point elle était démunie dans ce monde inconnu. Comment allait-elle trouver cette place ? Et ce Revan, comment le reconnaître ? Viendrait-il seulement à sa rencontre ? L’angoisse l’envahissait. Comme elle regrettait les jours passés au sanctuaire de la Brume où une discipline de fer régnait, empêchant toute forme de doute, de questionnement et d’angoisse de germer en elle ! Mais cette époque était révolue et maintenant elle était seule. Revan Harsame, la place des Doctes. Elle se raccrocha tant bien que mal à ces pauvres indications pour éviter de se laisser envahir par les larmes et la panique. Revan Harsame devait l’attendre à la place des Doctes. Elle devait se rendre en ville et trouver la place des Doctes, là on lui dirait que faire, où aller. Elle se le répéta plusieurs fois, comme pour mieux s'en convaincre elle même. Finalement son mantra fit effet. La peur reflua et son esprit s’éclaircit de nouveau. De gros nuages noirs défilaient dans le ciel, porteur de la promesse d’un orage qui éclaterait sans doute en début de soirée. Elle ne pouvait pas rester là. Mais où aller ? La jeune fille leva les yeux vers l’imposante forteresse bâtie sur une falaise de l’autre côté de la baie. Comme en témoignaient les jetées de bois vermoulu, couvertes d’algues séchées et de petits crustacés elle avait abordé dans la partie la plus ancienne du port. Pas de pierre ici, seulement du bois et une plage de sable et de galets. Il lui fallait se décider, dans quelques heures la nuit serait là et elle ne souhaitait pas être prise dans les ténèbres de cette ville inconnue. Elle se releva, s’étira rapidement avant de rajuster son sac sur ses épaules. Elle s’avança avec une certaine grâce sur les planches glissantes de la jetée et atteint rapidement la terre ferme. Le bois laissa place au sable. De nombreuses barques de pêcheurs étaient échouées sur la plage, d’autres avaient été traînées plus loin, auprès de cabanons vétustes qui abritaient certainement des outils de pêche. L’endroit était quasiment désert, la plupart des pêcheurs avaient fini leur journée et seule une vieille femme se tenait encore assise là, occupée à raccommoder un filet déchiré. La jeune fille s’approcha et attendit, indécise, que la vieille dame la remarque.
« Vous m’faites de l’ombre, finit elle par laisser échapper entre ses dents serrées sur un fil.
- Pardon…ma dame, répondit-elle, hésitante tout en faisant un pas de côté.
- Vous voulez quoi jeune fille ? Ca se voit bien que vous z’êtes pas d’ici…J’ai jamais trop aimé les étrangers, et encore moins ceux d’outre-mer…
- Je…je m’excuse, je ne vous importunerai pas longtemps, je cherche un endroit, une place en fait. La place des Doctes. Vous savez où… ?
- Peut-être, marmonna la vieille. »
La jeune femme resta sans bouger un court instant, sans savoir qu’elle attitude adopter puis, sous le coup d’une intuition, glissa sa main dans une des poches de sa tunique et en ressortie une pièce de cuivre. La vieille femme releva la tête avant de répondre finalement :
« Longez les quais et passez la porte des Quais, ensuite remontez la rue du Vieux Port. Tournez à gauche dans la petite rue, celle avec une enseigne de salamandre à son coin puis encore à gauche. Il y a des pavés et plusieurs boutiques de charlatans là bas.
- Merci beaucoup m’dame, lâcha la jeune fille en laissant échapper la piécette ».
Tournant les talons, elle prit la direction qui lui avait été indiquée.
Bientôt le sable et les galets firent place aux pierres taillées et les petites cabanes de pêcheurs aux grands entrepôts marchands. Ces derniers se tenaient adossées à un imposant mur d’enceinte qui séparait le port du reste de la ville. Un simple coup d’œil suffisait à se rendre compte que les installations portuaires et la muraille qui les longeaient étaient relativement récentes ; en effet, les pierres portaient encore distinctement la marque des tailleurs de pierre et les poutres étaient encore bien claires. Les gros navires ventrus amarrés là finissaient d’être déchargés tandis que les mouettes volaient dans les gréements. Au sol des marchands inspectaient une dernière fois les piles de caisses qui s’alignaient sur les pierres humides, attendant impatiemment de trouver un acquéreur où un charretier pour les déplacer dans les entrepôts. Entre ces derniers s’étaient construites, accolées les unes aux autres, de nombreuses échoppes qui tentaient de s’arracher clients et marchandises qui transitaient par ce port. Toutes sortes d’activités étaient présentes, de l’agent de change à la maison de passes, en passant par les nombreux débits de boisson ou les marchands de poissons. Deux temples se dressaient aussi là, avec leurs façades grossièrement sculptés, et leurs moines prêcheurs qui haranguaient les passants depuis leurs parvis ; mais la jeune fille n’aurait pas sut dire quelles divinités y étaient vénérées.
Tandis que les derniers marchands achevaient leurs transactions, les marins désertaient les navires sur lesquels ils avaient été cantonnés trop longtemps. Tous partaient en quête d’un endroit où ils pourraient brûler leurs salaires en une nuit de débauche avant de reprendre la mer, parfois pour de longs mois. Certains cherchaient le plaisir sur les quais mais la plupart montaient dans la ville en passant la porte des Quais, formant un fleuve noir, grouillant et bruyant. Alors que le soleil touchait l’horizon et que ciel prenait une teinte rouge le jeune fille s’immergea dans la foule qui s’engouffrait sous la grande arche de pierre pour s’enfoncer dans la ville.
- Lien permanent
-
fabien_2009
- Posté le
12 février 2012 à 20:35:33

-
J'aime bien. C'est sympa à lire. C'est une bonne introduction.
J'ai envie de savoir la suite.
Bonne continuation.
- Lien permanent
-
Vinmole
- Posté le
19 février 2012 à 19:50:17

-
Merci pour ton commentaire !
Avant de continuer j'aurai aimé avoir un ou deux avis sur le point suivant : mon écriture n'est-elle pas trop impersonnelle ? J'ai parfois l'impression en me relisant que tout ça semble sans vie.
Quelles sont vos impressions ?
- Lien permanent
-
Vinmole
- Posté le
21 mai 2012 à 18:24:33

-
Je viens de retrouver la courte suite que j'avais écrite pour ce récit. Elle est sans doute moins travaillée que la première partie mais je poste tout de même.
Happée par la cohue, la jeune fille se retrouva à remonter la rue du Vieux Port bien plus vite qu’elle ne l’aurait voulu. Pressée de toutes parts, manquant de trébucher à chaque pas, elle agrippa se sac de toutes ses forces, de crainte qu’il ne lui soit arraché. Résistant tant qu’elle le pouvait contre ce courant, elle essayait de rejoindre le côté de la rue afin de sortir de cette masse qui l’emportait et menaçait de l’étouffer. Mais nombreux étaient ceux qui cherchaient à l’imiter. Tenir le haut du pavé était un véritable enjeu, car marcher au milieu de la chaussée signifiait avoir les pieds dans le caniveau central qui charriait vers la mer déchets et immondices en tout genre. Poussant, bousculant, usant des coudes, la jeune fille avançait pas à pas, récoltant cris et jurons de la part de ceux qu’elle malmenait. Soudain, elle déboucha hors de la foule, manquant de peu de s’écraser sur l’éventaire d’un poissonnier. Sous le regard mauvais du commerçant, la jeune fille se redressa en bredouillant de vagues excuses pour lesquels elle n’eut en retour qu’un grognement hargneux du gros homme qui l’a chassa d’un geste. Peu désireuse de rester face à cet individu qui recommençait déjà à vociférer afin d’attirer le client, elle s’éloigna de quelques pas, tout en prenant garde à ne pas se faire aspirer une nouvelle fois par la foule. Elle finit par s’adosser à une pile de caisses empilées contre un mur pour reprendre son souffle et observer ce qui l’entourait. Plutôt large, malgré les étals qui empiétaient largement sur le pavé, la rue étaient bordée de hautes maisons de pierre et de bois. Ici aussi les boutiques étaient nombreuses, et surtout celles de poissons. Les marchands criaient à tue-tête, tentant d’appâter les derniers chalands pour écouler les quelques poissons qui restaient sur leurs étals mais la nuit approchant, peu nombreux étaient ceux qui s’arrêtaient encore pour tâter la marchandise, si bien que les commerçants commençaient à remballer leurs marchandises, pressés eux aussi d’en finir avec cette journée de travail. La rue du Vieux Port, qui, pour le peu qu’elle en avait vu aurait aussi bien pu s’appeler la rue des poissonniers, semblait s’étendre sur encore une trentaine de mètres avant de marquer un coude au-delà duquel la jeune fille ne pouvait voir. A mieux y regarder, ce coude ressemblait davantage à un carrefour. Peut être que l’embranchement la conduirait à la rue des Alchimistes que lui avait désignée la vieille du port. La jeune fille repris sa route, essayant tant bien que mal de serrer le côté gauche de la rue pour éviter de se faire bousculer. Brusquement une ruelle s’ouvrit sur sa gauche, sombre et déserte. Etait-ce la rue qui menait à la place des Doctes ? Sans réfléchir elle plongea dans le passage qui s'ouvrait à elle, surtout pour échapper à la foule. Les nuages masquaient maintenant les dernières lueurs du soleil couchant et les quelques rais de lumière qui s'échappaient des fenêtres suffisaient à peine à éclairer la venelle. Les hautes maisons qui la bordaient semblaient se refermer sur le passage déjà étroit. Hésitante, la jeune fille recula de quelques pas avant de se retourner. L’agitation régnait toujours dans la rue du Vieux Port, plus forte encore qu’auparavant, tous cherchant à gagner un abri avant que n’éclate l’orage qui s’annonçait. A contrecœur, elle se tourna de nouveau vers la ruelle. Plus de pavés ici, seulement de la terre battue, encore humide de la dernière averse, des ornières boueuses et des tas de déchets. La démarche mal assurée, elle s’engagea dans la venelle sans trop savoir où cela la mènerait.
Alors qu’elle s’angoissait, quelque chose, ou plutôt quelqu’un, heurta son dos si violemment qu’elle fut jetée à terre. Redressant le visage, elle aperçu une forme encapuchonnée qui se penchait pour ramasser son sac avant de s’enfuir vers le fond de la ruelle. Avant même d’avoir réalisé ce qui lui arrivait, elle s’était remise sur pieds pour se lancer à la poursuite de son agresseur. Ce sac, s’était tout ce qu’elle avait. Ses seules ressources, ses seuls habits et tous ses secrets. L’adrénaline qui courrait maintenant dans ses veines avait fait taire ses peurs et ses hésitations. Seule comptait maintenant la course, rattraper l’homme qui fuyait devant elle. S’il semblait bien connaître le dédale de ruelles, sa petite taille et le poids du sac qu’il emportait ralentissait sa fuite. Rapide et agile, elle ne se laissait pas distancer et la pénombre qui l’avait tant effrayée peu auparavant ne semblait plus la gêner alors qu’elle poursuivait le voleur. Il l’entraînait dans les ruelles obscures et désertes, changeant souvent brutalement de direction, sans logique apparente, dans l’espoir de semer sa poursuivante. En vain. Au fond d’une cour étroite et encombrée, le voleur, acculé, se retourna pour faire face.
- Lien permanent
-
fabien_2009
- Posté le
24 mai 2012 à 21:34:43

-
J'ai tout relu parce que cela faisait un moment.
D'abord, pour répondre à ta question je ne trouve pas ton style impersonnel. J'arrive facilement à rentrer dans le récit et à suivre les péripéties de la jeune fille. Mais pour une meilleure imprégnation, il faudrait connaitre son nom. Ou lui donner un surnom.
Le seul défaut que je mettrais est dans ton dialogue (le 1er post). La relation entre les deux est mal défini selon moi. La jeune fille est timide et ne veut pas déranger et la vieille femme n'aime pas les étrangers. J'aurais fait un dialogue plus cru. Quand l'héroïne allonge la monnaie, la vieille femme devient plus loquace (mais pas trop).
C'est vrai que le 2ème post est plus rapide, certaines transitions le sont trop d'ailleurs. Puis quelques répétitions entachent la lecture.
Enfin cela ne m'empêche pas d'apprécier ton texte et me donne envie de connaitre la suite.
- Lien permanent
Sujet : « Les deux maîtres »