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Forum : Ecriture

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Sujet : « Faille »

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  • -Say- Voir le profil de -Say-
  • Posté le 31 mai 2011 à 21:52:48 Avertir un administrateur
  • Bon alors, c'est parti ! Ici, je tente un tout nouveau truc, je sais pas tellement ce que ça va donner, j'aimerais juste voir ce que vous en pensez...car, oui, Say s'essaye au...Cyber-Punk apocalyptique ! La, vous vous dites, Oh Mon Dieu, mais c'est pas Say, ça :p ! Eh bien si ! Mais c'est du Cyber Punk Sayesque !

    A vrai dire, au départ, ça part juste d'une sorte de délire...Pour tout vous dire (ben ouais, autant raconter ma vie dans le premier post), tout a commencé en cours de physique, durant lequel mon voisin m'a lancé "On fait une BD ? Une case chacun :p) " Alors moi, toujours a l'affut d'un divertissement en physique, je saisi la proposition. Il dessine une Terre, et ensuite, on a fait une page, inventé un putain de scénario de porc, et arrivé chez moi, j'ai eu envie de voir ce que ça donnait à l'écrit.

    Objectivement, l'histoire est pas mal clichée, et présente peut être peu d'interet, mais comme tout les trucs qui sortent de ma tête (ou en partie, ici) je m'y suis attaché, et j'ai envie d'essayer, de voir jusqu'ou je peux aller.

    Donc, voila, j'ai écrit un petit truc sous l'impulsion du moment, je suis curieux de voir ce que ça peut donner objectivement. D'autant que c'est pas trop mon habitude de m'attaquer à ce genre de truc...Enfin bon, voila le texte.
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  • -Say- Voir le profil de -Say-
  • Posté le 31 mai 2011 à 21:54:18 Avertir un administrateur
  • Et merde. Il frappa violemment le sol de son pied, formant du même coup un large nuage de poussière. Plusieurs caillasses furent percutées, s'entrechoquèrent en un grelottement, divers insectes fuirent dans la fumée... Mare toussa. Il fallait vraiment qu'il arrête de faire ça. Ses chaussures viraient au blanc jaunâtre, se sentant obligées de lui rappeler sans cesse l'état de crasse dans lequel il se trouvait, et ses mains commençaient à avoir cette texture sèche et désagréable résultant d'un contact prolongé avec du sable. Il détestait ça. Il faudrait qu'il se les lave, si il trouvait un peu d'eau. Et qu'il boive aussi. Parce que, la vache, il avait soif. Et il préférait économiser l'eau de sa petite gourde. Qui, en plus, était chaude, à force. Ça lui donnait envie de la recracher, et, dans ce type de situation, ce n'était pas forcément le choix le plus pertinent.

    Mare s'assit sur un bout de tôle. Il se surprit à penser qu'un type qui ne supportait pas le contact du sable et était presque incapable de boire de l'eau chaude n'était sans doute pas le premier désigné pour être seul survivant sur une planète en ruine. Le regard toujours planté dans le sol, il sourit tristement. Il arrivait encore à avoir des pensées ironiques, c'est qu'il n'était pas tout à fait désespéré. C'était déjà ça de gagné. Il se releva. Ah ! Il avait faim.

    Il valait mieux essayer de l'oublier. Les sensations n'étaient qu'illusions. Les sensations n'étaient qu'illusions. Les sensations n'étaient quoi ? Qu'illusions. Bien. Il avait assimilé. Ce leitmotiv était la seule chose qu'il avait trouvé pour garder un mental serein devant sa situation désastreuse et sa claire incapacité à s'en sortir.
    Il leva les yeux. Il partait de rien. Il n'avait rien à perdre, au moins. Il repensa aux paroles de sa sœur. « Ce qui est bien quand t'es vraiment dans le plus pire, c'est que ça peut pas être encore pire, ça peut être que mieux ». Jetant un regard aux alentours, il se mit à la recherche d'une piste. Pour manger, pour boire ? Non. C'était plus simple que ça. Une piste, simplement. Quelque chose. Juste quelque chose à viser, un but à trouver, quelque part où aller pour avoir à faire autre chose que se contenter de se mettre en boule en attendant l'instant fatidique ou l'on pourrait fermer les yeux éternellement.

    Gauche. Droite. Rien. Des détritus. Du métal, du verre, une tonne d'objets inutilisables. Des bâtiments en ruine. Des petits animaux. Parfois des plus gros, mais il préférait ne pas penser à ceux la. Au sol...de la poussière ? Du sable ? Un truc un peu entre les deux ? Mare s'était toujours demandé pourquoi dans les sociétés post apocalyptiques, le sol était toujours plein de cette étrange texture. Aujourd'hui, il n'en savait pas plus, mais au moins avait il la preuve que ça ne venait pas de nulle part, étant donné que ça arrivait dans la réalité.

    Il tenta de ne pas penser au présent intérêt de sa vie, afin de s'éviter une séquence déprime tout sauf agréable. Or, comme vous le savez tous, essayer de ne pas penser à quelque chose est la meilleure chose à faire pour que l'inverse ne se produise. Il se mit donc à réfléchir en cheminant vers nulle part. Est ce que survivre présentait réellement un intérêt, au fond ? Certains vivent, d'autres survivent. Il faisait maintenant parti de la deuxième catégorie. La mauvaise catégorie. Et il n'avait pas particulièrement envie de suer sang et eau à chaque minute tout en sachant qu'il n'avait aucune chance de retourner dans la première un jour.

    Prolonger son malheur sans aucun espoir...est ce que c'était vraiment utile ? C'était fini. Il n'apporterait plus rien au monde, et le monde ne lui apporterait plus rien. Peut être pourrait il récréer l’espèce. Peut être était il le seul espoir...Il s’arrêta et se mit à rire. Il n'y avait plus même une femme. Il n'y avait plus que lui. Et de toute façon, il était nul avec les filles. Se demandant si cette notion pouvait encore être revendiquée alors que le monde était détruit, il finit par conclure par la négative.

    La responsabilité du monde pesait sur ses épaules. Il avait une chance unique. Ce serait une honte de la laisser passer. Une honte ? Plus personne n'était la pour le juger. Et la race humaine n'allait sûrement pas s'éteindre. De l'autre côté, ils s'en sortaient sûrement mieux. Oui, sûrement. Il n'était pas fait pour ce genre de trucs, et personne ne pourrait le contredire. Il jeta un dernier coup d’œil au chaos autour de lui. Rien. Toujours rien. Il n'y aurait plus jamais rien. Il marcha lentement, le regard vide, perdu dans ses réflexions, vers les ruines d'une habitation, et s'assit, appuyé contre ce qu'il restait d'un mur, à l'abri du vent. Quitte à mourir, autant le faire confortablement, se dit-il. Il se recroquevilla. Le vent sifflait dans les conduits, mais peu importe. Cela le berçait.

    Mare grogna, et trouva enfin une position à peu près confortable. Il regarda une dernière fois cette parodie de monde qui s'ouvrait devant lui, puis ferma les yeux, et entreprit de penser à des choses agréables, comme de la limonade, ou quelque autre souvenir lointain du même acabit.

    Quelques heures passèrent. Mare se leva. C'était pas possible de mourir avec une faim pareille.
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  • CreamDream Voir le profil de CreamDream
  • Posté le 1er juin 2011 à 10:07:50 Avertir un administrateur
  • J'a bien accroché, on ressent ce que ressent le personnage. J'ai pas troué de fautes, peut-être suis-je bigleuse, mais bon, moi j'ai "kiffé" comme disent les jeunes :noel:
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  • FandeDQ3 Voir le profil de FandeDQ3
  • Posté le 1er juin 2011 à 10:46:41 Avertir un administrateur
  • Alors j'ai tout lu et globalement j'ai aimé.

    On rentre bien dans le personnage, l'écriture est correcte, le côté ironique passe bien...

    On pourra toutefois noter quelques maladresses (enfin je trouve) comme par exemple :

    "étant donné que ça arrivait dans la réalité". C'est la fin du 4ème paragraphe, tu pourrais même supprimer ce bout de phrase, je ne la trouve pas vraiment utile.


    Non sinon c'est pas mal on attend la suite.
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  • -Say- Voir le profil de -Say-
  • Posté le 1er juin 2011 à 12:36:51 Avertir un administrateur
  • Bon, eh ben merci merci pour ces petits commentaires :p) !

    FandeDQ, je suis assez d'accord avec toi sur le point que tu as relevé...ce passage est à bosser, ou, effectivement à supprimer.

    Avec l'objectivité que je n'avais pas hier (parce qu'hier c'était tout frais) je remarque quelques autres petits trucs bizarres, mais tant qu'ils sont pas relevés, on va fair comme si de rien était :hap: .
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  • 24bits Voir le profil de 24bits
  • Posté le 1er juin 2011 à 14:17:30 Avertir un administrateur
  • Oh une nouvelle oeuvre Sayesque !
    Bon tu vas pas être content, j'aime beaucoup moins que ce que j'avais pu lire avant.
    Mais pas pour des raisons insurmontables. Et puis sûrement pour des questions de goûts personnels aussi.

    Voilà ce qui me chiffonne : Ce n'est pas assez concret. Dans ce genre d'histoire post apocalyptique, que j'aime beaucoup d'ailleurs et pas toujours pour les mêmes raisons que tout le monde, j'aime qu'on me donne à voir ce monde. Qu'on me le décrive dans les moindres recoins (sans s'épancher ses heures dans la description, ça peut être de simples phrases très justes), plutôt qu'on crédibilise ce monde. "Comment ils vivent, concrètement ?"
    Ici je retrouve ce que je trouve dans beaucoup de choses, un manque de solidité. Un manque de crédibilité. On se sert de l'idée un peu post-apocalyptique pour créer une espèce d'intemporalité, une atmosphère de mollesse et de désespoir général.
    LE truc dans l'histoire post apocalyptique pour moi, c'est la chute des systèmes qu'on connaît, la disparition de nos sociétés. Et le retour à des choses plus vraies, plus authentiques. Aussi j'aime à voir cette trivialité dans ce genre précis. Comment ils se nourrissent, comment ils survivent, comment ils s’abritent, comment ils font de l'électricité, etc...Et c'est de cette trivialité que va naître toute tes idées les plus spirituelles.

    Pour un début, je trouve enfin que l'évocation de grandes idées est un mauvais choix, et j'accroche moyen. J'aurais rêvé que ça commence au coeur du sujet. Mare est en train de fouiller dans un cimetière de voiture à la recherche d'une batterie, ou dans un vieux supermarché un truc encore potable à manger.
    L'inactivité de ton héros et l'intervention de ton narrateur me déplaît vraiment. Mais bon ce sont des questions de goûts pures et dures j'imagine.
    Après tout, j'aime qu'on me raconte des histoires. Point.
    Une situation reste pour moi plus évocateur qu'une idée brute.

    Du coup, c'est très cliché. Pas tant l'histoire que ce que tu racontes (j'sais pas si tu vas trouver la nuance) et comment tu le racontes. Pour moi tout ça sonne bien creux.
    Soit tu trouves les mots justes pour coucher tes idées, soit tu trouves une situation narrative, qui pour moi reste la chose la plus évocatrice.

    Tu m'as habitué à mieux pour ma part. Et puis ce n'est pas très sayesque et tu te prêtes à un tout autre exercice de ce que j'ai pu lire. Là où avec l'humour tu pouvais faire de tes personnages ou de tes situations des bulles vides, ou des réceptacles à idées, ici tu ne peux plus. Crée nous quelque chose ! Un personnage, une vraie situation, ou une belle description, quelque chose de plus fort quoi !
    Mais attendons la suite.
    Sinon dans la forme je ne vois rien à dire. Des phrases parfois un poil maladroite dans leur longueur. Mais pas non plus énorme.

    En espérant que ça t'aide. Je t'aime toujours t'inquiète pas. :D
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  • -Say- Voir le profil de -Say-
  • Posté le 1er juin 2011 à 15:34:31 Avertir un administrateur
  • Hum...intéressant :p. Au fond, je crois que je l'attendais, ce commentaire. Enfin, quelque chose du genre, en tout cas.

    Bon, alors il faut que je réagisse, moi ! Enfin, je tiens à préciser que je ne me justiefierai pas. Tu as sûrement bien raison, et je tentais ici un exercice qui, je savais, risquait fort d'en arriver la. Bon...donc, c'était foireux...mais je ne lacherais pas prise pour autant.

    "LE truc dans l'histoire post apocalyptique pour moi, c'est la chute des systèmes qu'on connaît, la disparition de nos sociétés. Et le retour à des choses plus vraies, plus authentiques. Aussi j'aime à voir cette trivialité dans ce genre précis. Comment ils se nourrissent, comment ils survivent, comment ils s’abritent, comment ils font de l'électricité, etc..."

    Voila...C'est une partie du problème. Je crois que j'ai mal expliqué mes objectifs à vrai dire. Mon but n'est pas de faire du..."vrai" post-apocalyptique. Enfin, ce n'est pas ça qui m'a séduit dans l'idée, en tout cas. Ce qui m'a séduit dans l'idée d'un monde anéanti, avec uniquement quelques survivants, c'est le calme. Le vide. Cette atmosphère désespérée mais paisible. J'ai tendance à faire des histoires toutes colorées ou ça bouge de partout...je voulais tester le calme.

    Mais la encore, je ne sais pas si je fais bien. Je dois t'avouer que je suis loin d'être connaisseur de ce genre d'histoire. Et que je me lance un peu sans "bagage". Mais je ne cherche pas particulièrement à ce que ce soit crédible.

    "l'évocation de grandes idées est un mauvais choix"

    Hmm...hé bien justement, je ne considérais pas vraiment ça comme de "grandes idées". Plutot le raisonnement d'un type qui n'a plus de raison de vivre, et qui va devoir en retrouver une. Le début d'un raisonnement, quoi. Mais, encore une fois, je pense qu'on ne voit pas l'histoire de la même manière, si ce n'est de manière quasiment opposée :p.

    "L'inactivité de ton héros et l'intervention de ton narrateur me déplaît vraiment. Mais bon ce sont des questions de goûts pures et dures j'imagine."

    Hmm...pour l'inctivité de mon héros, je comprends que ça puisse être personnel et que ça ne puisse être changé, mais j'aimerais bien en savoir plus pour l'intervention du narrateur. En tout cas, on dirait que j'ai vraiment pas fait un truc pour toi :D

    "Du coup, c'est très cliché. Pas tant l'histoire que ce que tu racontes (j'sais pas si tu vas trouver la nuance) et comment tu le racontes. Pour moi tout ça sonne bien creux."

    Je crois que je comprends ce que t'as pu ressentir. Ouais, vraiment. Un texte vide. C'est vrai que pris seul, ce texte est vide. Dans ma tête, il prend un sens, mais, objectivement, c'est vrai que ça sonne creux. Peut être est ce du également au fait qu'on ne sache encore rien de l'histoire.

    "Et puis ce n'est pas très sayesque et tu te prêtes à un tout autre exercice de ce que j'ai pu lire."

    Hmm...pour l'instant, ce n'est pas Sayesque. Mais dans l'ensemble, si, ça l'est quand même. Même si ici, ça reste quelque chose qui n'est pas venu directement de moi, mais plutot un filon que j'ai essayé d'exploiter. Pas forcément bien, d'après toi.

    Merci pour ton commentaire, 24bits. C'est du négatif, mais ça fait du bien. Ca faisait longtemps que j'en avais pas reçu des comme ça, ça va me booster un peu. Parce que j'ai pas tellement envie d'abandonner l'exercice. Et, au fond, je n'ai pas non plus envie de le changer en "ta vision" du post apocalyptique. Mais bon...

    "Crée nous quelque chose ! Un personnage, une vraie situation, ou une belle description, quelque chose de plus fort quoi ! "

    Voila une phrase que j'aime bien. Mais le personnage principal est la. Il te parait creux, tu l'aimes pas, mais il est tel qu'il est.

    Au fond, je sais pas comment réagir...j'ai envie de dire "Attends, tu vas voir, ça va devenir bien" mais d'une, je pense que malgré tout, il y a une bonne part de vérité dans ce que tu dit, et de deux, je doute que tu puisses vraiment aimer cette histoire, au fond...
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  • 24bits Voir le profil de 24bits
  • Posté le 1er juin 2011 à 16:38:29 Avertir un administrateur
  • Mais ne dis pas ça. La suite va m'en foutre plein les mirettes j'en suis sûr.
    Je comprends ce que t'as voulu faire.

    J'ai pas été très clair dans ce commentaire que j'ai écris un peu vite.
    Ce que je voulais dire par les grandes idées n'était pas tant la grandeur de tes idées, mais plus simplement les grandes idées de la scène.
    Je vois que c'est justement cette atmosphère de désespoir d'ennui et de désolation qui t'intéresse. En fait je l'avais vu dès le début, la trivialité que j'ai évoqué et que j'aime à voir n'était qu'un goût personnel (mais pas que tu vas voir par la suite), et n'avait pas tellement lieu à faire ici. En revanche, c'est super dur ce que tu tentes de faire. A la fois l'ennui a été expérimenté par tous, à la fois il a été traité des millions de fois et comme plein d'autre chose on a une telle gamme d'effets clichés sur la façon de le traiter qu'il devient très dur de s'en séparer et de ne pas sonner creux.
    Aussi, n'oublie pas que tout le monde sait ce qu'est l'ennui, il est universel, intemporel. Pourquoi donc le traiter dans ce contexte ? Je comprends bien évidemment, mais tu n'utilises pas assez ça. Qu'est-ce que ce contexte apporte de plus ou de différent à l'Ennui ?

    Encore une fois, j'en reviens à la trivialisation. La meilleure façon de mettre en exergue une idée des plus spirituelles (mes mots sont assez approximatifs mais espérons que t'auras l'idée) est pour moi à travers une mise en situation. Traiter l'ennui ou la désolation par la plus pure flagellation est une façon assez simpliste de le faire, et de surcroît assez peu porteuse.
    Vois plutôt l'ennui comme un champs de bataille, car c'est ça. C'est une guerre parmi nos pensées, un déchirement entre notre corps devenu un fardeau et notre esprit qui veut s'en détacher, ou entre les évènements extérieurs qui surviennent sur ce corps distant et qui nous le rappelle à chaque fois plus grandement.

    Concrètement ça donne quoi ? Tu peux évoquer un cheminement de pensées, dont les causes sont d'autres pensées. C'est, la plupart du temps, ce que tu fais. C'est pas le plus évocateur. Tu peux évoquer des pensées qu'ont causé le corps de ton héros à lui-même, ou que l'extérieur ont causé à son corps, puis à son esprit.
    Ce qui fait que ton personnage peut rester dans la plus pur immobilité, mais le monde qui l'entoure va être là pour lui rappeler sans cesse l'ennui dans lequel il est. La lourdeur et le poids qu'il représente. Le contexte devient un personnage à part entière dans ce genre de cas.
    Chaque intervention sur le corps de ton personnage vont lui paraître décuplées, et doivent nous être décuplées aussi.
    Essaye d'évoquer au maximum donc ce monde autour de lui qui l'assaille. La température par exemple, tu n'en parles pas. La lourdeur, la chaleur, la moiteur sont très propices à ce thème là. Les gouttes de sueurs qui coulent, qui tombent...etc...Cette espèce de poussière, à laquelle tu essayes de donner un peu de profondeur, qu'est-ce qu'elle fait à notre personnage si ce n'est lui faire se poser une question ? Elle devrait s'immiscer, dans ses poches, dans ses vêtements, dans les yeux, dans les chaussures, etc...Y a-t-il du vent ? Cela sèche-t-il la sueur de notre héros ? Cela lui ébouriffe-t-il les cheveux ? Ou le bombarde de particules de poussières ? Les notions de temps, même si cela peut-être vite cliché, n'apparaissent pas non plus dans ton texte.
    Toutes ces petites choses dans l'ennui paraissent décuplées, et encore une fois nous renvoient à la lourdeur de ce corps que la plupart du temps nous oublions (Bon je me répète pas mal je sais). Quoi d'autre ? La faim, c'est bien la faim. Mais qu'est-ce que ça fait sur lui ? Si peu. Parle-nous de son estomac qui se tord et se re-tord dans tous les sens. Et ce paysage ? Donne nous en plus ! Une simple cannette qui roule et qui roule, dans un bruit infernal, ou une bâche au grès du vent, un volet qui claque ? Pour la description c'est pas tant un long descriptif qu'il nous faut mais des petites touches bien placées. Donne vie à tout et dans tout. Sert-toi de tous les outils que tu peux et tu les serviras tous. C'est dans la cohésion qu'on va y croire. Ici ça reste un peu trop éthéré, si je puis dire, les connexions ne se font pas partout.

    Voilà bref tout ça est un peu brouillon mais voici quelques pistes sur comment traiter l'ennui, je ne sais pas si elles sont correctes où si elles vont te servir.

    Bonne chance ! J'ai l'impression que je t'ai découragé !
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  • -Say- Voir le profil de -Say-
  • Posté le 5 juin 2011 à 20:50:05 Avertir un administrateur
  • Halala, 24bits, toujours tes putains de bons conseils :p) ...

    Merci pour ce commentaire détaillé, qui m'a au final peut être donné envie de me mettre à un exercice que je ne visais pas, et qui est de donner une tournure plus "sérieuse" à cette histoire...changer completement de style, quoi. Pour voir. Pas évident, mais c'est bien à ça que servent les exercices de ce genre. Donc, je verrais si j'ai envie de retenter un coup...

    J'aimerais quand même réagir à certains points à propos de ton post. Les réactions/pensées/conclusions du personnage seront mieux évoqués grace à une situation. Et je suis entierement d'accord la dessus. C'est d'ailleurs ce que je privilégie. Le fait est qu'ici, justement, les pensées du personnage, ce genre de trucs n'était pas vraiment "l'essence" du récit, mais plus un petit détail. Enfin, je voulais simplement représenter de manière flegmatique les dernières pensées d'un adolescent normal qui se retrouve en situation de crise. Rien de "sérieux" la dedans. Et c'est pourquoi j'ai employé ces conclusions hatives, préconçues, presques "clichées", comme tu as dit...

    Enfin bon, n'empeche, tes conseils sont vraiment pas mal, et tu m'as donné envie de modifier les choses pour en arriver à un tout autre endroit que celui que j'imaginais au début.

    Enfin, je n'ai pas non plus envie de dénaturer l'idée...tenter de lier les deux pourrait être une éxperience...enfin bon, on verra bien :p)
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  • Haguar Voir le profil de Haguar
  • Posté le 6 juin 2011 à 17:40:50 Avertir un administrateur
  • J'ai pas le temps là, sur le moment. :non:
    Mais dés que je rentre, je m'y mets. :p)
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Sujet : « Faille »

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