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Presentation360
- Posté le
9 mai 2011 à 18:53:07

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87 Xenais - 1021 ( 21 Février 3229 ap JC. )
La vitesse est constante. La température est constante. L'humidité est constante.
Me voilà seul, et détenu de cette prison de perfection, véritable preuve du génie et du savoir-faire humain, depuis maintenant, soixante sept jours. Au début, c'était beau. " Vous êtes nous tous. Vous êtes L'Humanité. Votre mission est la plus importante de toute l'Histoire. Vous êtes des missionnaires. Des ambassadeurs de la race humaine. Vous devez nous représenter au sein des Autres." Voilà, leur dernier discours.
Quelle excitation. Des millénaires de croyances, d’espérances, et de craintes. Finalement, nous ne sommes pas seuls dans l'univers. Le Premier message de l'Immensité arriva. Ses expéditeurs l'avaient rédigé dans les cent quatre-vingt langues qui existaient alors sur Terre. D'une incroyable finesse poétique, d'un lyrisme sans précédent, le Message avertissait. Le Contact, le premier Contact serait proche. " Hommes, Femmes, esprits de Dieu et de Nature, fils de la Voie Lactée, composant de l'Immensité, il est temps de vous confronter, il est temps de savoir...". Voilà, les lignes du Premier Message.
Plusieurs messages de l'Immensité vinrent par la suite. Toujours plus précis, toujours plus dense, toujours plus beau. La Rencontre semblait se destiner au fil des courriers célestes. Alors, le Fameux, ainsi est-il qualifié, arriva. Les cordonnées, et la date étaient inscrites en lettre d'or sur un papier aussi vieux que l'univers lui-même. Le système choisit pour la rencontre se nommait Kaesma ( à une centaine d'années lumières de la Terre ). Pour le jour, c'était le 79 Faajh - 1021 ( Le calendrier céleste fut envoyé par les Expéditeurs lors de précédents messages ). Les théories étaient nombreuses. Les spéculations innombrables.
Les intellectuels de toutes les nations, fébriles et impatients, réfléchissaient sur les conséquences d’une pareille découverte. Les autorités religieuses, plongées dans de vastes polémiques, décrétèrent que cette Intervention extra-terrestre n’était autre qu’un canular visant à détruire le pouvoir et la crédibilité de ces derniers. Le monde s’arrêta. Nous ne parlions que de cela. Un courant créatif appelé l ‘Extraterrisme fit son apparition. Les arts, tous, représentaient à leur manière et à plusieurs niveaux, cette intervention. Le pacifisme des Autres rassurait. Voici quelques informations sélectionnées de manières exhaustive.
- Les Expéditeurs observent la Terre depuis -50'000 av JC.
- L'Univers comporte plus qu'un million de races différentes. - Les Expéditeurs, qui ont pour vrai nom " Saardam ", ont été désigné par le Congrès Universel comme " lieu commun " entre l'Immensité et la race humaine avec comme principale raison, la proximité physique, et culturelle.
- L'Humanité doit présenter cinq ambassadeurs. Trois hommes et deux femmes, tous de races différentes. Leur âge doit se situer vingt et quatre-vingt ans.
- Les Elus seront présentés au Congrès, et rapporteront, à leur retour, toutes les informations nécessaires à l'intégration de l'Humanité au sein de l'Immensité.
Une commission fut instaurée pour chaque race. Elle avait pour mission de sélectionner l’humain parfait sans sa catégorie. Les programmes de sélection commencèrent. Les critères n'étaient pas clairement établis par les Saardams. Ils avaient laissé pour seul indication cette phrase " Une chose est belle quand elle l'est pour tous ". Intelligence, beauté, santé, et patrimoine génétique furent les mots d’ordres.
Une centaine de tests plus tard, je suis sélectionné pour représenter la race blanche. Deux semaines après, je suis en mesure d'admirer le vaisseau ou plutôt la forteresse qui nous emmènera pour ce long voyage. Entouré d'un millier de journaliste venu de tous les pays, mes confrères et moi avançons en direction de notre bastion. A quelques mètres de l'entrée de la structure, je me retournai, et je regardais. Des journalistes qui criaient et scandaient nos noms, des encouragement nous parvenaient du tumulte. Le directeur de l'Institut Spatial des Etats fédérés vint en personne. Dans la force de l’âge, il était très estimé par la communauté scientifique, notamment grâce à ses théories, et ses idées toujours plus novatrices les unes que les autres. En croisant son regard, je compris qu’il aurait voulu faire parti de ce voyage. Qu’il aurait donné n’importe quoi. Il nous fixa chacun dans les yeux, et déclara d’un air solennel " Vous êtes nous tous. Vous êtes L'Humanité. Votre mission est la plus importante de toute l'Histoire. Vous êtes des missionnaires. Des ambassadeurs de la race humaine. Vous devez nous représenter au sein des Autres."
Nous nous retournâmes en direction du complexe. Avant de franchir le dernier pas qui me séparait du vaisseau, je respirai longuement pour profiter une dernière fois de ma terre bien-aimée. Dès lors, je m’embarquais pour la connaissance et la plus formidable odyssée de l’humanité. L’intérieure du complexe était d’une splendeur inouïe. Les ingénieurs et les hommes de sciences avaient sans doute voulu bâtir cet engin à l’image mystifiée de l’homme. Grand, harmonieux, puissant. Conquérant. Quatre heures plus tard, le voyage commença. Chaque élu avait son quartier composé d’une chambre, d’une cuisine, d’une salle de bains, d’une salle de sport, et d’un cinéma agrémenté d’une vaste bibliothèque. Afin de pouvoir se concentrer et réfléchir avec soi-même, chaque Elu bénéficiait d’une autonomie plus que satisfaisante. Le vaisseaux, nommé « Humanidade » était dirigé, à travers l’espace, par les équipes scientifiques restées sur Terre. Ainsi, les Choisis pouvaient se reposer, et se préparer à le rencontre en toute quiétude. Le voyage devait durer quarante cinq jours. Mes parois, toutes vitrées, me permettaient de contempler l’espace que l’on nommait désormais plus poétiquement l ‘Immensité. Je m’installai sur les sofas, disposés en face des murs, et je commençai à regarder, à admirer. Quelques secondes après, une réaction d’ordre psychologique se fit. Un immense choc me terrassa. J’étais assis, immobile. Une douleur aiguë, acérée, aiguisée me traversait le corps de long en large. Le mal était tel, que je ne pouvais me résoudre à perdre conscience. Mes yeux ne voulaient pas se fermer. Mais que voyais-je ? Rien d’extraordinaire. Des étoiles reluisantes tapies dans un ciel noir. Alors, d’où provenait cette souffrance ? Avant que la question ne put clairement apparaître au sein de mon esprit, la douleur s’estompa. J’émit de petit gémissements parsemés de cri strident. J’avais besoin d’entendre, d’écouter quelque chose pour me sentir vivre. Je compris que le silence pesant, du sans doute au formidable pouvoir isolateur des matériaux utilisés dans la construction de la citadelle, était malsain, nuisible, presque viscéral. Je me sentis seul. Etais-je devenu fou ? J’en doute. J’ai passé tous les tests possibles et imaginables avant d’embarquer. Etais-je faible ? Mon corps ne supportait-il pas ce voyage ? Impossible. J’avais déjà entrepris par le passé ce type de voyage dans des conditions moins confortables, moins optimales. Une force mystérieuse, terrée probablement dans les confins de l ‘Immensité, était rentrée en contact. C’était l’explication la plus rationnelle, et la plus sensée. Après tout, j'étais l’Elite. je faisais parti des cinq Elus. La torture que je venais de subir devait être l’œuvre d’une entité puissante, incommensurable, ou peut-être était-ce le fruit de l’Immensité elle-même. Je regardai à nouveau , non sans appréhension, l’espace. Quelle beauté. J’étais subjugué par ces paysages célestes qui dépassaient l’entendement. Quelle profondeur, quelle plénitude, et en même temps, quel vide. L’espace souverain, maître de lui-même, dans toute sa splendeur, représentait la nature dans son absolu. Indomptable, et infini. Impalpable et insoumis. J’étais perdu, j'étais seul. Ma tâche qui semblait si chère aux hommes, si remarquable à l’humanité, n’était qu’une poussière dans cette marée de vie et de néant. J'entrais alors dans la théorie pure, rien ne semblait exister sous divers aspects, c’était un tout, un entier, une bélandre naviguant sur ces mers sombres et éternelles, laissant derrière elle l’écume qui façonnait les formes, et les idées de manière unique et reliée. Je n’étais plus un homme. J’étais, tout simplement. Une âme perdue dans le cosmos, à la recherche du soi, de l’être, dans sa laideur ou son élégance, mais surtout, dans sa vérité. Désormais, j’entendais. Des symphonies, composées par les astres eux-mêmes, semblaient conter le périple de la création, là même où le temps commençait à s’écouler. Je pouvais tout voir. Les planètes, les étoiles, les astéroïdes, les soleils, les galaxies. De l’atome au superamas, rien ne m’échappait. Cette transe sidérale ne dura pas. Un nouveau choc se fit ressentir, s’ensuivit un panorama noir de quelques instants. J’ouvris les yeux. J’étais revenu sur l’Humanidade. Je ne pouvais me mouvoir, mais, j’avais l’esprit vif et clair. Je sentais en moi, une idée qui commençait à croître, à germer, elle était encore incertaine, floue, et je ne pouvais en comprendre la substance, mais elle abritait quelque chose de monstrueux, de cela, j’en étais sur. Combien de temps étais-je resté dans cet état d’exaltation ? Plus de quinze heures apparemment. Mon corps était semble-t-il éteint, inactif, mort. Mes yeux étaient ouvert, et contemplaient à nouveau, grâce à la paroi. Aucune sensation ne vint, mais je ne pouvais m’en désintéresser. J’étais hypnotisé. Alors, je regardais. Etrangement, cela m’ennuyait maintenant. Je voyais toujours la même chose. Les étoiles ne bougeaient plus, pourtant l’Humanidade accélérait toujours plus. Je n’entendais plus rien. Toujours ce même paysage. Mon corps était mort, seul mon esprit subsistait. Je m’ennuyais. Les étoiles, immobiles, me toisaient. Que pouvais-je faire ? Les minutes s’égrainaient, les secondes s’affilaient, les heures s’en allaient, et l’ennui, lui, ne disparaissait. Le silence assourdissant se faisait de plus en plus tranchant. Mes tympans saignaient. Je pleurais, non des larmes, mais du sang. La structure du vaisseau était d’un blanc immaculé, froid, morbide. Le rouge vif de mes veines, presque noir, insufflait la vie à mon environnement. Je saignais. L’Humanidade saignait. Alors, du néant, jaillit une voix. A la fois imposante et douce, elle me délivra un message. Je soupçonnais l’Immensité. Soudain, tout devint clair. J’étais le missionnaire du Destin. L’homme, prévoyant, avait dissimulé des armes dans un compartiment commun, situé à l’arrière du complexe. Mon corps se leva, presque sans ma volonté. Jamais, je n’avais ressenti une telle vigueur, une telle force. Je ne pensais plus. J’attendais. Je marchais, sorti de ma chambre, et me dirigea vers le fond de L’Humanidade. Une caisse en métal renfermait ce que l’homme savait faire de mieux. Je fis le code. 33456. Un soufflement se fit entendre, et le couvert se leva accompagné d’un faible grincement, doucement et calmement. Je choisi un Fusil à pompe. Une fois chargé, je me dirigeai vers la chambre de L’Elu des Afriques Unies. Une fois devant sa porte, je fis du bruit. Quelques secondes plus tard, un entrebâillement se fit remarquer. Je ne laissai pas plus de temps, ni de chances. La pression sur la gâchette se fit de manière naturelle. Le corps, criblé d’alliage, tomba sourdement sur le sol. Le bruit de coup de feu se fit entendre dans la station silencieuse. Je constatais le corps pendant quelques secondes encore. C’était beau. L’ennui est créatif en fin de compte, pensais-je en souriant. Les autres se précipitèrent sur les lieux. Ils comprirent ce qu’il s’était passé. J’eus un sourire faussement désolé, alors que je pointais déjà mon fusil dans leur direction. Un silence lourd, pesant. Ils ne bougèrent pas. L’Elite n’avait pas peur. L’Elite ne se ridiculiserait pas avec un concert de cri de désespoir. L’Elite attendait, ni plus ni moins. Il était temps. Un coup, deux coups, trois coups. Désormais, j’étais seul. J’examinais la scène. Que c’était beau. Des corps silencieux, rougis, jonchant le sol avec nonchalance, et grandeur. « Oh oui, nous sommes vraiment l ‘Elite » pensai-je. Mais je n’étais pas encore libre. Pour ce faire, il fallait que je soit entièrement indépendant, et non sous l’emprise des hommes. L’Humanidade était toujours dirigé depuis la Terre. Je saisis mon arme des deux mains, et me dirigeai vers la salle des commandes. J’observais. Que c’était beau et propre. Les écrans indiquaient la vitesse, la température, et l’humidité. Les sons électroniques produits par les ordinateurs formaient une mélodie entraînante et passionnante. Cette harmonie sembla éveiller la bestialité qui avait si longtemps sommeiller dans mon être. Alors, je détruisis tout. Les coups de feu s’enchaînaient. Les vitres et les écrans volèrent en morceaux. Le système de transmission fut entièrement anéanti. L’alimentation de même. L’éclairage disparut. Il faisait froid. Le vaisseau n’accélérait pas. Il flottait. Je m’assit dans le couloir où les Elus avaient péri. Je les regardais. Je pensais.
Je constatais l’échec. L’Humanidade, telle une bouteille à la mer, voguant au gré des vents célestes, renfermait en son sein un terrible secret, l’Homme n’était pas prêt pour l’Immensité.
FIN
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Voilà, j'attends vos réactions, vos critiques, et vos conseils.
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SzapolyaiJanos
- Posté le
10 mai 2011 à 03:18:55

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Respect.
Bien écris, thème et thèse intéressants. Il faudrait juste que tu penses à aérer un peu ton texte, l'avant dernier paragraphe n'est pas simple. Sinon bien joué.
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Presentation360
- Posté le
10 mai 2011 à 12:24:51

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Merci.
Je penserais à aérer mon texte la prochaine.
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BorntoKillzone
- Posté le
17 mai 2011 à 16:45:54

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Ta manière de faire des phrases courtes pour exprimer les pensées succinctes et les gestes vifs du personnage est une très bonne idée à mon sens. On sent la vivacité de la scène décrite, et ça c'est une chose difficile, d'exprimer de la vitesse, de la précipitation dans un livre.
Tu as également un vocabulaire varié.
Au niveau des critiques, je trouve ton background trop classique, comme on en voit (trop) souvent dans de la SF depuis Frank Herbert et Asimov. Établir tout un univers de races, de galaxies, d'intrigues politiques, c'est déjà vu et revu et surtout c'est un peu la facilité tellement on voit trop de cela dans la SF.
Voilà, bonne continuation à toi, tu as une verve et une certaine intuition à exploiter, c'est certain !
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-Say-
- Posté le
17 mai 2011 à 17:21:57

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J'avoue, je n'ai pas encore lu le texte, mais par contre :
"Établir tout un univers de races, de galaxies, d'intrigues politiques, c'est déjà vu et revu et surtout c'est un peu la facilité tellement on voit trop de cela dans la SF. "
La facilité ? Tu te rends compte du boulot que ça représente de créer un univers cohérent, avec races, politiques, et tout. En faire un intéressant, cohérent et original, c'est carrément difficile.
Après, si tu disais ça dans le sens "ne rien inventer et reprendre les clichés du genre" alors la je te suis...
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Presentation360
- Posté le
17 mai 2011 à 17:27:26

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Au niveau des critiques, je trouve ton background trop classique, comme on en voit (trop) souvent dans de la SF depuis Frank Herbert et Asimov. Établir tout un univers de races, de galaxies, d'intrigues politiques, c'est déjà vu et revu et surtout c'est un peu la facilité tellement on voit trop de cela dans la SF.
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Oui, c'est clair.
Mais c'était surtout pour cette histoire de sélection, d'élite, etc...De faire (croire) que l'homme n'est pas prêt pour affronter extérieure.
C'est cliché, et je ne prétends rien inventer, je suis d'accord.
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Sujet : « Un vide contemplatif »