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24bits
- Posté le
9 janvier 2011 à 05:06:40

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J'ai découvert ce forum hier soir. Je croyais que j'allais y trouver des horreurs, en fait ce fut l'inverse. Je fus agréablement surpris par la qualité de certains textes, et par la pertinence de certaines critiques. Alors ça m'a inspiré. J'ai ébauché une petite nouvelle dans la nuit, et en ai commencé le début.
En fait, cela fait vraiment pas très longtemps que je me suis mis à écrire des choses, et je n'ai jamais eu de retour très critiques sur ma façon d'écrire, alors je me demandais un peu ce que je vaut.
Je ne savais pas si j'aurais du finir avant de vous le soumettre, en même temps je ne sais pas si je finirais. Et puis, je me dis que c'est l'inspiration d'un soir, que m'a donné ce forum, alors autant lui refiler le fruit de cette inspiration, quand bien même elle est inachevée.
Voilà, je serais curieux d'avoir votre avis sur ma façon d'écrire.
Merci à vous.
Quand j'entrais dans la boutique, le vieux me regardait. Il me regardait fixement et oubliait tout. C'était plus fort que lui.
Je me souviens de ses yeux. Ils étaient fatigués et lourds. Ils écrasaient ses paupières et celles-ci venaient s'échouer mollement au creux de larges cernes. Je ne pouvais que les imaginer grands et vifs quand ils étaient plus jeunes. Et le bleu qui les animait, insipide, comme délavé, il y a longtemps, devait être un beau bleu. Un bleu du même bleu que la mer.
C'est ce dont je me souviens le mieux. Je crois qu'il avait une moustache. Ou non. Un bouc peut-être. Mais je me souviens de sa peau. Elle était sèche et épaisse, un peu comme celle des hommes noirs. Et puis, elle sentait mauvais. C'était surtout pour ça que je ne l'aimais pas. Il me faisait penser à un vieux marin grincheux. Il sentait la mer, du moins l'idée que je m'en faisais.
Ce jour là je parcourais un rayon rempli de conserves en tout genre. J'avais oublié ce pour quoi j'étais venu. Mais au moins le vieux ne pouvait pas me voir.
Je l'entendis échanger de formels au revoir avec une cliente. Il ferma le tiroir de sa caisse enregistreuse et la porte d'entrée se ferma derrière la cliente. Il n'y avait plus que nous deux. Je sentis son regard se poser sur moi, quand bien même j'étais hors de vue derrière un étalage. Il était pesant. Au moins aussi pesant que sur ses paupières écrasées. J'avançais doucement, sans savoir où j'allais. Je m'arrêtais pour regarder une conserve, sans savoir ce que je regardais. Je l'écoutais, lui, le vieux marin. Il avait quitté sa caisse enregistreuse et déambulait à travers les rayons. Je savais qu'il me cherchait.
Je restai immobile un temps. J'avais les yeux fixés sur une boîte de couscous, pendant que le marin marchait lentement quelque part dans la boutique. Je regardais l'emballage, je lisais la liste des ingrédients, les conseils de préparation. La boîte était en deux blocs. La semoule d'un côté, la sauce de l'autre. Entre les deux il y avait toujours un petit sachet d'épice. Du raz-el-hanout. Je ne me souvenais jamais du nom, pourtant j'aimais ça. Je jouais avec la conserve sans m'en rendre compte. Elle était déséquilibrée et je la faisais tanguer dans ma main.
Je me concentrai sur le moindre son, mais le vieux ne faisait aucun bruit. En tout cas pas de bruit assez fort pour couvrir celui des voitures dehors. Ce devait être pareil dans toutes les boutiques de la ville. Il était probable que, dans aucune d'entre elle, on ne puisse entendre un homme qui marche, ou qui respire. Ni de froissements de vêtements ni d'articulation qui craque. Ni encore de de déglutition ou de grattement. Je n'avais que son odeur moite et salée. Moi et l'épicerie entière qui en était imprégnée.
Je reposai le couscous, je me rappelai. Ma mère m'envoyait chercher du papier toilette. Elle attendait, et il valait mieux que je fasse vite. C'était souvent qu'elle me dépêchait faire une course à l'épicerie d'en bas, mais là c'était tout de même une première. Je l'imaginai poireauter sur son trône, le pantalon en bas des chevilles. Cela me fit rire. Je me disais que ça lui apprendrait. De quoi, je n'en savais rien, mais ça lui apprendrait. « Quel fils indigne !» me dis-je à moi-même, souriant, me complaisant dans ma dissidence. « L'autorité ne vaincra pas ! Chie toi dessus maraude !» m'écriai-je encore tout bas, mimant discrètement de grands airs théâtraux.
Je riais de mes propres blagues, comme un con. Le vieux marin s'était glissé derrière moi. Je sursautai. Ses grands yeux m'examinaient. Je reculai et butai contre les étagères.
L'homme était bien plus fort que je l'imaginais. Il était grand. Il avait de larges épaules et chacun de ses avant-bras nus étaient au moins aussi imposants que mes deux cuisses réunies. Ils me faisaient penser à ceux de Popeye. En temps normal, j'aurais ri de quelqu'un qui me faisait penser à Popeye, mais, là, je convins que c'eut été malvenu. Ses mains étaient larges comme mon visage. Elles s'accrochaient fermement au manche d'un balais contre lequel il appuyait le haut du corps. Il était recourbé tout entier sur moi.
Le marin ne bougeait plus, alors, instinctivement, moi non plus. J'appliquais en quelque sorte la technique du mort, en me demandant s'il fallait que j'arrête de cligner des yeux ou pas. Et je me concentrais pour me fondre parmi les piles de conserves, afin que le vieux ne me voit plus. Enfin je réalisai que je n'avais pas encore vraiment croisé son regard, et si, au début, je n'osai pas, cela me démangea très vite.
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-Say-
- Posté le
9 janvier 2011 à 10:18:18

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Ey oh, 24 bits, c'est pas parce qu'on est sur jv.com que le forum Ecriture va être rempli de kevins tout fiers de leur fic Naruto ! Quand même^^!
A propos de ton texte. Franchement, j'aime bien. A vrai dire, je n'ai pas grand chose à y redire, même le fait qu'il soit inachevé ne me laisse pas ce gout amer qui reste quand on termine de lire un texte qui "manque de quelque chose".
Déja, le style. Le genre de style que j'apprécie, qui se lit facilement, sans prendre la tête, ça coule de source comme j'aime dire. Et à partir d'une scène "banale", ou presque (oui oui, j'ai déja eu cet espece de malaise dans un magasin, moi) tu arrive à tenir le lecteur en haleine. Et ça grace aux petites anectodes bien placé qui lui donnent une réalité, comme la description de la boite "double", ou de la pensée à la mère sur le "trone"...
J'aime bien le début aussi, la description du marin que je trouve très expressive. Bref, je trouve grand chose à corriger, ce qui fait que mon commentaire ne va forcément t'aider...m'enfin, je sais que ça fait toujours plaisir d'être lu et apprécié.
Et si tu fais une suite, je me ferais un plaisir de la lire^^.
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gogolaminche
- Posté le
9 janvier 2011 à 11:42:01

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Salut, un petit avis rapide.
Tu joues la carte de la vie quotidienne avec plutôt de réussite. Le « je » permet de glisser tous les petits détails aussi banals que véridiques et le rendu final de la scène a cette qualité qu'il est convaincant. Pour moi, le texte n'est qu'un moment simple et pourrait très bien s'achever comme ça comme il pourrait servir une narration au plus long cours.
Autre point positif : il y a identité dans ton texte. L'écriture est simple et expressive. Le lexique parfois cru ou familier colle bien.
Attention toutefois à quelques problèmes de temps et à la formulation de certaines phrases qui manquent de fluidité ou sonnent mal. Pour relever quelques exemples de lourdeurs :
« Et le bleu qui les animait, insipide, comme délavé, il y a longtemps, devait être un beau bleu. »
=> Tu gagnerais a supprimer le comme. « il y a longtemps » est mal placé. + Avait dû être.
« Le marin ne bougeait plus, alors, instinctivement, moi non plus. »
=> Exemple d'une maladresse toute simple qui entache le rythme. C'est embrouillé. Tu pourrais par exemple transformer en : « Il ne bougeait plus. Moi non plus. » ou autre chose.
« Enfin je réalisai que je n'avais pas encore vraiment croisé son regard, et si, au début, je n'osai pas, cela me démangea très vite. »
=>Phrase extrêmement bancale. Enfin ne convient pas. La deuxième partie de la phrase est essoufflée et mal dite, (temps, structure.) Mieux vaudrait marquer un point.
etc...
En résumé, ton texte se lit agréablement dans l'ensemble, mais certaines phrases chagrinent. Ce n'est cependant rien qui ne puisse être corrigé.
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24bits
- Posté le
9 janvier 2011 à 15:15:18

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Ok merci à vous deux, je vais voir ce que je peux faire pour certaines phrases que tu as cité gogolaminche. Comme ça tombe vers la fin du texte, je met volontiers la cause sur la fatigue
-Say- ben si je m'attendais à voir une bande de kéké, désolé !
Mais c'est le site qui veut ça !
Le "comme un con" ne vous embête pas ? Je ne sais pas trop moi j'ai un léger accroc quand je le lis.
Et aussi je me posais la question suivante, est-ce que l'utilisation de la première personne n'est pas plus simple ? J'écris pour ma part beaucoup moins bien quand il s'agit de mettre à la troisième personne. Je n'arrive pas trop à savoir si j'ai tout simplement une tendance à mieux écrire à la première personne, ou si c'est plus simple en général.
Egalement, est-ce que c'est drôle ? Enfin pas à s'en plier par terre je le conçois, mais en fait je voulais qu'on glisse doucement vers quelque chose de comique, puis plus tard qu'on abandonne ce côté comique pour le retrouver encore après, etc...Le passage ne choque pas ? Le reste du temps je voulais jouer avec quelque chose de nostalgique, mais je n'ai pas l'impression que ça se ressente vraiment ?
Merci à vous deux. ;)
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gogolaminche
- Posté le
9 janvier 2011 à 15:43:05

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24bits : petite parenthèse préliminaire pour dire que moi aussi, je m'attendais à des rangs serrés de kikoos. D'autant que l'âge moyen peut poser le doute.
Ensuite, « comme un con » tranche un peu avec le reste du texte, mais ça n'est pas extrêmement flagrant. Par souci d'ensemble, tu pourrais le remplacer par un synonyme un peu moins frappant.
Je tue il ? La première personne est plus portée sur le ressenti, et apparaît peut-être un peu plus clairement. L'immense avantage de la troisième personne est, dans une nouvelle ou un roman, de pouvoir alterner entre les personnages avec relativement de simplicité et de fluidité. Mais de toute façon, écris selon ton aisance ou tes envies, mais ne t'impose aucune convention de ce côté là.
Quant à savoir si c'est drôle, ça ne l'est en tout cas pas pour moi. C'est un souvenir. Pas vraiment de nostalgie à mes yeux non plus. Juste l'attention portée pour le marin.
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24bits
- Posté le
9 janvier 2011 à 15:47:13

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Ok donc voilà quelque chose à travailler. Merci pour ça.
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24bits
- Posté le
22 février 2011 à 15:08:32

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Salut à tous !
J'ai continué cette petite nouvelle que j'avais débuté.
Sur la longueur, j'ai l'impression que le niveau global devient moins bon.
Pouvez-vous m'aider et me balancer de petites critiques ?
Merci !
L'homme était bien plus fort que je l'imaginais. Il était grand. Il avait de larges épaules et chacun de ses avant-bras nus étaient au moins aussi imposants que mes deux cuisses réunies. Ils me faisaient penser à ceux de Popeye. En temps normal, j'aurais ri de quelqu'un qui me faisait penser à Popeye, mais, là, je convins que c'eut été malvenu. Ses mains étaient larges comme mon visage. Elles s'accrochaient fermement au manche d'un balais contre lequel il appuyait le haut du corps. Il était recourbé tout entier sur moi.
Nous ne bougions plus. Lui me regardait, moi j'appliquais en quelque sorte la technique du mort en me demandant s'il fallait que j'arrête de cligner des yeux, et je me concentrais pour me fondre parmi les piles de conserves. Je ne savais pas sur quoi poser mon regard, j'avais peur de croiser le sien.
En réalité, il ne me fixait pas vraiment. Ses yeux délavés se fondaient dans son esprit. A quoi il pensait, je ne sais pas, mais il arborait un sourire en coin que je ne lui avais jamais vu. Lui qui était toujours si impassible, ce timide sourire venait briser sa joue en mille morceaux dans les sillons de ses rides, et le bleu de ses yeux brillaient d'un nouvel éclat.
Il ne bougeait pas, et moi non plus. Mais plus le temps passait, moins je restais calme. La panique me gagnait, et se capitalisait de seconde en seconde. Je voulus m'extirper au plus vite de cette situation.
Je jetai un très vif regard sur un point au dessus de l'épaule du vieux, et je le fixai, avec une espèce de moue terrorisée que j'imagine aujourd'hui totalement sur-jouée. Mais le vieux se laissa berner, et lorgna derrière son épaule, curieux de ce qui pouvait bien attirer une attention si soudaine.
Dès que je fus hors de son champ de vision, je m'éclipsai et courus vers la sortie. Je crus entendre sa voix rauque m'appeler, me dire d'attendre, mais je n'y prêtai pas attention et m'enfonçai rapidement dans le vacarme de la rue. Son odeur, son regard, sa voix, la boutique toute entière sombra dans les vrombissements, les klaxons, et les cris des enfants d'une école à proximité, seuls à savoir pleinement profiter de cinq minutes de pause. Je n'étais pas en cours ce jour là, ma mère malade me voulait près d'elle.
Je rentrai avec le papier toilette, après un détour dans un supermarché. Elle trouva le temps long et avait glissé sous la douche. Je la trouvai son peignoir négligemment noué, et deux deux baffes.
Je retournai à l'épicerie quelques jours plus tard. Je n'avais rien de particulier à y faire, mais à la réflexion, je me convainquis que j'avais agis bêtement ; quand bien même le vieux marin ne m'inspirait guère de sympathie, c'était idiot d'en avoir peur. Et puis, son petit sourire m'avait intrigué, et je voulu savoir ce qu'il cachait.
L'odeur salée me vint directement aux narines. La boutique était vide. Le vieux marin avait délaissé son comptoir. J'entrepris de parcourir les rayons en attendant qu'il remarque l'arrivée d'un client. Mais personne ne vint. Je me dirigeai vers l'arrière du magasin sans un mot. Un rideau cachait le passage vers l'arrière boutique. Il était lourd et gras, et rugueux. Il me faisait penser aux rideaux qu'on avait alors au collège, vulgaire mélange de toutes sortes de textiles, et contre lesquels je m'appuyait régulièrement. Je l'écartai doucement d'une main et glissait un œil derrière. Il planquait une réserve dans le noir, légèrement jaunie par une lumière qui s'échappait d'une porte dans le fond. Je devinai des produits en tout genre, entassés là sans logique apparente. Je n'osai m'aventurer plus loin.
Il me vint à l'esprit de voler quelque chose. « Quelqu'un pourrait entrer ici, prendre ce qui lui chante et repartir sans ce soucier qu'on l'ait vu ». Après tout le vieux n'avait pas à laisser sa boutique sans surveillance. Et puis ça ne faisait pas d'ignorer ses clients.
En fin de compte, je crois que ça me frustrait de ne pas le voir derrière son comptoir, lui et ses larges cernes. Et lui voler quelque chose avait été une façon de le punir ; rien d'ailleurs ne me faisait spécialement envie. Mais, je retournai sur mes pas, et m'arrêtai devant un présentoir qui étalait des paquets de bonbons Haribo. J'hésitai un temps sur mon choix, puis j'attrapai des Fraises Tagada que je glissai dans ma ceinture ; je n'avais pas peur que le vieux épicier me voie, mais de ma mère oui, et il fallait que je me glisse dans ma chambre sans éveiller de soupçons. J'en attrapai un deuxième, puis des Schtroumpfs, des Crocos, des Dragibus. J'en tassai un maximum sous mon pull, exalté.
- Qu'est-ce que tu fais ?
Je sursautai. Le vieux était là. Il me regardait d'un œil étonné. Je m'immobilisai et balbutiai quelques mots.
- Je...J'essaye de voir combien de paquets je peux mettre dans mon pantalon...
- Tu essayes de me voler ?
Je ne sus pas quoi répondre. Il n'était pas en colère mais seulement surpris. Simplement et innocemment, comme s'il ne comprenait pas. Il me jugea un temps.
- Tu aimes tant les bonbons que ça ? reprit-il.
- Non...pas spécialement...
Puis il me demanda de remettre les paquets à leur place avant de s'évaporer derrière le gros rideau de la réserve. Sans vraiment y réfléchir, j'obéis.
Je traversai la réserve jusqu'à la pièce suivante. Le vieux était là, assis à un bureau. Il gribouillait quelque chose, tout recourbé sur un tas de feuilles en désordre, tantôt blanches, tantôt raturées. La lumière jaune si particulière provenait d'une vieille lampe de chevet qui servait à l'éclairer dans son effort. L'abat-jour roussi qui l'habillait avait perdu de son opacité, et posait son filtre souillé sur l'ensemble de la pièce.
Le bureau était un bureau industriel, simple, en métal décapé, typique des années soixante. Il était recouvert de moleskine noire usée, et abritait un caisson de trois tiroirs. La chaise sur laquelle le marin était assis était également moulée dans le métal. Il y avait encore une grande armoire, dans le même style. A côté, une porte de laquelle s'échappait un mince courant d'air devait donner sur une cour.
Le vieux marin m'ignorait. J'entendais le grattement de son stylo sur un papier granuleux, et sa respiration forte et lancinante.
Sur les murs, on avait fixé de grands cadres photo, de mers, de ports, de bateaux. Je m'approchai d'une photo, sur laquelle je pouvais voir un équipage entier. Je parcouru les différents visages en noir et blanc. Ils étaient nombreux. Il y avait des costauds, des maigres, des moches, des petits, des beaux, des grands. Ils étaient différents, mais tous avaient des yeux plissés, éblouis par un soleil éclatant. Ils étaient à quai, sur le pont supérieur de leur bateau.
Derrière on pouvait voir le port, et derrière le port, la ville. Je ne reconnu pas l'endroit. J'imaginai une grande ville portuaire africaine, à l'identité, aux élans et aux rêves interrompus à chaque nouveau nom qu'elle a porté. Puis, j'imaginai la vie sur le bateau, le poste de chacun, bien que je n'y connaissais rien. Qui était un matelot utile et qui ne l'était pas. Qui était un bon compagnon de voyage, qui était un bon nageur...
Et enfin je le vis, le vieux épicier assis à côté de moi. Il était sur la photo. Comme les autres, il arborait de petits yeux. Son menton était enfoncé dans son cou ; il se roulait une cigarette. Il riait franchement. Son sourire faisait l'écho d'une excellente blague. Il portait un pantalon sombre et un maillot de corps blanc. Il était bien plus fin. Les feux du soleil faisaient briller sa peau sèche.
On eut peine à le reconnaître, mais c'était bien lui. Il devait avoir quarante ou cinquante ans de moins. Le vieux marin grincheux était en fin de compte un vrai vieux marin grincheux.
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-Say-
- Posté le
22 février 2011 à 21:43:30

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Je ne peux pas commenter ce soir, mais petit message pour dire que je passerais ;)
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24bits
- Posté le
22 février 2011 à 22:21:08

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Super merci ;)
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24bits
- Posté le
26 février 2011 à 00:57:50

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Désolé du double post.
"Je la trouvai son peignoir négligemment noué, et deux deux baffes. "
Il faut lire bien sûr :
Je la trouvai son peignoir négligemment noué, et deux baffes.
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Chocobo[3]
- Posté le
26 février 2011 à 02:22:49

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Yo!
J'ai vu que t'avais posté un texte, alors je te rend la pareil dans un petit commentaire^^ (C'est la moindre des choses
)
J'ai plusieurs chose à dire, tout d'abord le style est assez intéressant, mais ya plein de truc über foireux^^ Comme les temps employé, qui sont parfois très mal choisit.
J'ai pas d'exemple précis, mais on dirait que tu cherche toujours à terminer tes verbes en "ait" Par exemple, tu n'écrira jamais "remua" mais "remuait", pourquoi? Tu peux très bien mettre les deux dans une phrase^^ Genre: "Je me baissa pour ramasser le papier déchiré, qui puait l'urine et le renfermé." Par exemple
Quelques phrases plutôt mal tournée, aussi. J'ai du mal avec certain passage.
Après j'ai vraiment bien aimé la facon dont tu dépeint le vieux marin
La sentation de "fatigue" et de lassitude du personnage, ca ressort très bien, et c'est pas toujours le plus facile.
Pour le contenu, la je suis plus mitigé, mais si c'est une nouvelle c'est impossible de commenter ca sans la chute. Qu'est ce qui intrigue vraiment le gars chez le Marin? Pourquoi retourne t-il a l'épicerie? Quelles est sa psychologie, ou le regard qu'il porte sur le monde qui l'entoure? Ça, je trouve que ca manque.
Voila, à travailler, surtout pour l'emploi des temps (même si moi aussi je suis parfois limite avec ca) qui empêche de rentrer totalement dans le récit.
(Après dans l'ensemble j'ai plutôt apprécié, et je lirais la suite si suite il y a. Tu as eu le don, avec un texte plutôt neutre, d'éveiller ma curiosité, et ca c'est le principal
)
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24bits
- Posté le
26 février 2011 à 02:28:15

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Ahah la vengeance ! :D
Merci d'avoir pris le temps de lire et de me conseiller. Je vais y réfléchir. Je vais essayer de voir comment rendre le vieux bonhomme plus intriguant, ou mieux comprendre pourquoi le narrateur est intrigué.
Pour les temps je ne comprends pas.
Je ne peux pas écrire "Je remua" qui est tout à fait faux, mais seulement "Je remuai".
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24bits
- Posté le
26 février 2011 à 02:30:10

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Et encore un double post...-_-
"Je me baissa" est faux. Les verbes du premier groupe se conjuguent -ai à la première personne.
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Chocobo[3]
- Posté le
26 février 2011 à 02:33:57

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Ouais, c'est surtout de savoir pourquoi le narrateur est tant intrigué par ce personnage qui serait intéressant de développé. Le marin, en lui même, est assez mystérieux, ne szerais-ce que par l'aura qu'il semble dégagé. (ca c'est très bien rendu par exemple^^)
Pour les temps bah... Bien sur que si tu peux écrire "Je remua"
Pourquoi pas? "Je remua légèrement le corps du bout de ma botte" Pourquoi es-ce que tu ne pourrais pas écrire cette phrase par exemple? Après j'suis très mal placé, j'ai un niveau scolaire... Très bas
Et la conjugaison c'est comme le chinois pour moi^^ Donc tu en viens à me faire douter en fait...
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24bits
- Posté le
26 février 2011 à 02:45:08

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Ahah pas de soucis mais non, "je remua" ou "je me baissa" n'est pas correct.
Au passé simple les verbes du premier groupe (c'est-à-dire qui finissent par -er)se terminent par -ai (sans s, pour les distinguer de l'imparfait) à la première personne.
Je remuai
Tu remuas
Il remua
Voilà ;)
Il valait mieux que tu le saches avant de te lancer dans un roman à la première personne :p
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24bits
- Posté le
6 mars 2011 à 00:44:43

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Voilà un début de suite.
Je tente une nouvelle façon de procéder, car afficher petits bouts par petits bouts sur le topic, parmi les conseils, devient vite chaotique.
Voici un lien google document :
https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0B2jmqQN0Wl2TMzMwY2ViNjYtZTcyYS00NjIyLWFiOTUtZTg1YjA2YTRmOGZi&hl=en
Reste à savoir si je peux modifier directement le doc en gardant ce même lien, ce qui pourrait s'avérer très pratique.
J'ai vu que c'était possible si on convertissait en format google doc, mais je perds toute mise en page, et ça reste donc plus confortable à lire en pdf.
Bref je vous serez très reconnaissant de me conseiller.
Egalement, je n'arrive pas à savoir si cette phrase est correcte :
Je la trouvai son peignoir négligemment noué, et deux baffes. :/
Merci de m'éclairer ! ;)
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Vinmole
- Posté le
6 mars 2011 à 01:36:58

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Je n'ai pas encore pris le temps de tout lire mais la phrase que tu cites (Je la trouvai son peignoir négligemment noué, et deux baffes.).
Il aurait fallu mettre une virgule après "trouvai" et entièrement modifier la fin de la phrase qui n'a aucun sens.
Que doit-on comprendre par "et deux baffes" ?
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24bits
- Posté le
6 mars 2011 à 01:41:40

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En fait je cherchai quelque chose de très abrupte dans ma deuxième proposition. Qu'on ressente le choc des deux baffes si tu veux.
Et dans ma tête ça donnait : Je trouvais ma mère dans son peignoir, et deux baffes.
Ici ça passe. Mais comme j'ai parlé de la mère avant, j'ai passé le COD avant le verbe, et ça change tout...
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Vinmole
- Posté le
6 mars 2011 à 01:44:28

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En fait du veut dire que ton personnage se fait gifler par sa mère ?
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Sujet : « Le vieux marin »