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[Hic]
- Posté le
1er décembre 2010 à 14:34:47

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J'en avais déjà parlé sur le topic de pub il y a quelques temps, j'écris de la fanfiction Harry Potter.
Ma fic est déjà bien avancée sur Fanfiction.net, mais devant le manque cruel de réactions là-bas je poste ici, j'espère que ça suscitera plus de commentaires.
Attention, ceci est de la fanfic YAOÏ, synonyme de relations amoureuses entre HOMMES. Vous êtes prévenus.
Sans attendre, le début du premier chapitre.
Résumé de l'intrigue jusqu'au début du tome 6 :
Harry découvre à l'occasion de son onzième anniversaire qu'il est un sorcier, ainsi que ses défunts parents, tués par Voldemort, le plus grand mage noir que le monde magique ait connu. Lorsque celui-ci a tenté de le tuer, le sort s'est retourné contre lui, le forçant à errer, sans réelle incarnation physique.
Harry entre à Poudlard, l'école des sorciers, où il rencontre Ron et Hermione, qui deviendront vite ses meilleurs amis. Il voue également une haine féroce à Draco Malfoy, jeune héritier d'une lignée de "Sangs-Purs".
Au fil des années, Harry grandit, apprend à maîtriser ses (grandes) capacités magiques, et fait l'expérience de l'amitié, l'amour, la peur, la tristesse...
En effet, ayant rencontré son parrain, seul membre de sa famille toujours en vie, à la fin de sa troisième année, il le perd lors d'une tragique bataille au Ministère de la Magie, après le retour de Voldemort.
Cette sixième année à Poudlard s'annonce donc sous les plus mauvais auspices, après le déni du gouvernement au sujet du retour du Seigneur des Ténèbres et sa tentative d'infiltration de Poudlard, la mort de son parrain, et la découverte d'une organisation secrète, dirigée par Dumbledore, l'Ordre du Phénix, luttant désespérément contre Voldemort, sans grand succès.
RÉSISTANCES
Les flocons tombaient drus devant la fenêtre. Les cours n'avaient commencé que depuis un mois et demi, mais Poudlard avait déjà revêtu son manteau blanc. Les volutes de neige poussées par le vent glacial virevoltaient, teintées de jaune par la chaude lumière qui s'échappait de la salle commune des Gryffondors. De l'autre côté de la vitre épaisse, un jeune garçon regardait pensivement au dehors. Ses yeux verts semblaient perdus dans la contemplation du paysage enneigé qui s'offrait à lui, ses lunettes rondes légèrement tordues glissant sur le bout de son nez. Son visage était appuyé négligemment sur sa paume droite, tandis que la gauche frottait pensivement son menton, faisant crisser une barbe naissante.
Affichée sur son visage aussi clairement que les pustules qui parsemaient depuis quelques temps la face de Marietta Edgecombe, la mélancolie du jeune homme ne semblait pourtant pas interpeller ses amis, tous réunis dans la salle commune.
Hermione avait abandonné son livre, Créer son association chez les Sorciers, qui reposait maintenant sur une boîte de badges de la S.A.L.E., pour se lover dans les bras de Ron, dont les cheveux plus roux que jamais lui arrivaient désormais jusqu'aux épaules. Il chuchotait des mots doux à Hermione, qui laissait de temps en temps échapper un gloussement aigu très peu "hermionesque".
À côté du canapé où ils étaient allongés, Neville était assis dans un large fauteuil. Ginny, dont la taille et le tour de poitrine avaient considérablement augmentés pendant l'été - Mrs Weasley l'avait d'ailleurs longuement soupçonnée d'avoir utilisé un Charme d'Augmentation Mammaire - était assise à cheval sur ses genoux, tournée vers lui. Le couple s'embrassait bruyamment, s'attirant des regards courroucés - et jaloux ? - de Dean Thomas, occupé à démontrer à Seamus Finnigan que les Canons de Chudley plongeraient, cette saison encore, au plus profond des abysses du classement national.
Le regard de Harry se posa sur ceux qu'il avait toujours considéré comme une famille :
«Hermione, tu as ton devoir de Métamorphose à terminer ! Ah non, suis-je bête, tu es trop occupée à glousser comme une idiote avec cet imbécile dégingandé ! Et Ginny, pour l'amour de Merlin, arrêtes de te cambrer, Neville a presque déjà la tête dans ton décolleté ! D'ailleurs Neville, essaye de te retenir de trémousser ton gros derrière dans le fauteuil, j'entend d'ici les cris de souffrance des ressorts !»
Les mots résonnaient dans sa tête, et ses sourcils froncés trahissaient son exaspération. Mais Harry se sentait tiraillé par le remords : comment pouvait il se laisser aller à de telles pensées sur ceux qu'il avait de plus cher au monde ? N'aurait il pas dû se réjouir pour ses amis, qui semblaient tous avoir trouvé la paix ?
Mais il savait au fond de lui qu'il était incapable de se réjouir du couple que formaient Hermione et Ron. Leur dernière conversation sérieuse remontait à une éternité : le soir dans l'obscurité du dortoir, Ron n'avait de cesse de lui raconter à quel point il était heureux.
Harry aurait tellement voulu pouvoir se confier à son meilleur ami. Lui parler de cette mélancolie qui l'habitait en permanence, de Sirius qui hantait ses rêves, chaque nuit. Mais son mal-être n'intéressait pas le roux, trop heureux peut-être pour s'apercevoir que pour Harry, le quotidien était désormais alourdi par une nostalgie couleur d'orage.
Sortant de ses rêveries, le jeune garçon jeta un coup d'œil à sa montre. Son second rendez-vous avec Dumbledore était fixé au soir même.
Ravalant sa fierté, Harry prit une décision : puisque Ron ne l'écoutait pas, il allait se confier à celui qui l'avait toujours écouté et conseillé. Il se leva et, sans que personne ne le remarque, sortit par le trou du portrait de la grosse dame et se dirigea vers le couloir du deuxième étage, pourvu d'une familière gargouille en pierre.
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[Hic]
- Posté le
3 décembre 2010 à 16:38:47

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Devant les réactions on ne peut plus abondantes de ce premier bout de texte (
) et pour upper discrètement, voici la suite du chapitre 1.
Dans les cachots de l'école de Sorcellerie, le froid se faisait cruellement sentir. Malgré le feu vigoureux qui illuminait la salle commune des Serpentards, Draco frissonnait.
Allongé sur un canapé devant l'âtre, l'héritier de la lignée des Malfoy avait piètre allure. Les traits tirés par la fatigue, des cernes sombres sous ses yeux d'un gris qui paraissait plus dur que jamais, Draco ruminait son échec. La morgue et la suffisance dont Harry avait été le témoin dans le Poudlard Express n'étaient plus que des lointains souvenirs.
L'Armoire à Disparaître restait impénétrable, stockée dans la Salle Sur Demande après avoir été cassée par Peeves. Il avait tout essayé, des sorts d'ouverture les plus classiques jusqu'aux plus avancés, des passes-partout enchantés au pied de biche moldu. Rien n'y faisait, l'Armoire gardait farouchement ses secrets.
Draco passait le plus clair de son temps dans la Salle Sur Demande ou à la bibliothèque, à essayer de trouver un moyen de percer les secrets du meuble récalcitrant. Il négligeait les cours, ses devoirs, les repas. Il en oubliait même de passer du temps auprès de sa cour personnelle.
«À l'heure qu'il est, ces deux gros lourdauds de Crabbe et Goyle doivent être aux cuisines, en train de quémander des restes... Non mais quels crétins, comment ai-je pu supporter une telle médiocrité pendant cinq ans ?»
Tandis que le jeune homme se plaisait à imaginer ses deux comparses la tête plongée dans une tarte à la crème, une voix déplaisante se fit entendre :
- Draco chéri, tu as une mine absolument ho-rrible ! Tu es sûr que tu ne veux vraiment pas que j'aille te cherche quelque chose à manger ? Je t'assure, je me fais vraiment du souci pour toi !
Les piaillements aigus de Pansy Parkinson tintaient douloureusement dans les oreilles de Draco. Agacé, il ferma les yeux et soupira ostensiblement. Pansy, paraissant ne s'apercevoir de rien, se plaça derrière lui et commença à lui masser les épaules de ses doigts pointus.
- Tu sais, j'ai bien remarqué que quelque chose n'allait pas ! Depuis la rentrée tu es bizarre, tu ne parles plus, tu ne manges plus, tu passes tout ton temps fourré à la bibliothèque, ou je ne sais où ! Tu sais bien que tu peux tout me dire, Draco...
«Ah bon, je peux tout te dire ? s'interrogea Draco mentalement. Je peux te décrire le Seigneur des Ténèbres en personne, l'aura qui se dégage de lui quand il ordonne ? Je peux te décrire la marque sur mon bras, qui me brûle et me rappelle à chaque seconde dans quoi je me suis engagé ? Je peux te décrire les yeux de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom quand il m'a dicté de tuer l'autre vieillard sénile ?»
- Non je ne peux pas, justement ! s'écria-t-il, à voix haute cette fois-ci, en se dégageant des mains de Pansy. Tu n'as aucune idée de ce que je vis, alors s'il te plaît, arrêtes toutes ces misérables attentions de... Oh, et ne te mets pas à pleurer, pour l'amour de Merlin ! s'exclama-t-il en voyant les larmes sur le visage osseux de la jeune fille.
Draco se leva brusquement, prit son manteau et se dirigea vers la porte, renversant au passage une chaise d'un coup de pied rageur. Le battant s'ouvrit avant qu'il ait pu l'atteindre, et un petit Serpentard de première année, poussant un petit gémissement en le découvrant devant lui, s'écarta promptement. Avant de quitter la pièce, il entendit ce dernier annoncer à Pansy que le directeur souhaitait la voir.
Ne prenant pas le temps de s'interroger sur les raisons qui poussaient le vieillard à convoquer la jeune fille, il se dirigea à grands pas vers les toilettes de filles du deuxième étage. Au milieu du couloir, peu après la gargouille du bureau de Dumbledore, il tomba nez à nez avec Harry. Instantanément, il composa un rictus sardonique et lança de sa voix traînante, rendue grinçante par la fatigue :
- Tiens, Potter ! Tu vas encore pleurnicher chez ton ami Dumble-naze ?
Harry haussa les sourcils d'un air dédaigneux mais ne répondit pas et se contenta de passer, gratifiant Draco d'un coup d'épaule au passage.
«Bizarre. Qu'est ce qui t'arrive, Potter ?» se demanda Draco avec une moue déçue en regardant son ennemi continuer son chemin vers la statue. Désappointé de ne pas avoir pu passer sa rage sur quelqu'un, il entra dans les toilettes des filles, où il pourrait se plaindre tout son soûl auprès de Mimi Geignarde qui elle, entre deux explosions de chasse d'eau, l'écouterait.
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-Say-
- Posté le
3 décembre 2010 à 17:41:31

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Désolé pour le peu de réactions, mec, mais quand on lit pas Harry Potter...on ne peut pas vraiment s'y lancer, même avec le résumé...
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[Hic]
- Posté le
29 décembre 2010 à 18:19:32

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Je mets la suite au cas où ça intéresse quand même quelqu'un...
Harry s'arrêta devant la gargouille et, d'une voix claire, prononça un mot qui, partout ailleurs, aurait semblé totalement incongru :
- Fariboles !
La statue se mit en mouvement, et bientôt l'escalier en colimaçon désormais familier apparut. Harry monta la volée de marches, et s'approcha du lourd panneau de chêne qui gardait l'antre de Dumbledore. Alors qu'il levait la main pour frapper, la porte pivota d'elle-même avec un léger grincement.
Harry pénétra dans le bureau. La pièce, parfaitement ronde, était ornée des portraits de tous les anciens directeurs de l'école. Au sol, d'épais tapis persans, sur lesquels reposaient des guéridons en bois précieux, supportant de multiples instruments qui bouillonnaient, cliquetaient, tournaient sur eux-même avec un léger chuintement. De temps à autres, une des machines laissait échapper un filet de vapeur, qui brisait le silence de la pièce de son sifflement.
Les derniers rayons du soir venaient caresser le large bureau d'acajou du professeur, assis dans la lumière. Il tirait de longues bouffées d'une pipe exotique, plus longue que son avant-bras. Alors qu'un Moldu habile aurait fait des ronds de fumée, Dumbledore, lui, modela tour à tour dans la fumée bleue une caravelle, un cerf, une montgolfière, et, pour finir, un magnifique phénix à l'image de celui qui trônait sur son perchoir, non loin de là.
Se reconnaissant, Fumseck hulula doucement.
Le directeur paraissait totalement perdu dans ses pensées et ne semblait même pas avoir remarqué la présence de Harry.
Puis, laissant la pipe de côté, Dumbledore souleva ses lunettes en demi-lune pour se pincer l'arrête du nez avec un air fatigué. Toujours sans un regard vers Harry, il porta ensuite sa baguette à sa tempe et l'écarta lentement, entraînant avec elle un long filament argenté. D'un geste du poignet, il envoya celui-ci dans la bassine de pierre qui trônait dans une flaque de lumière devant lui. Lorsque le souvenir atteignit la Pensine, il se déploya tel un nuage de lait et, l'espace d'un instant, Harry put apercevoir une scène singulière.
Un grand homme aux longs cheveux auburn qu'il identifia immédiatement - il était assis en face de lui.
Une grande femme d'apparence austère qui lui sembla étrangement familière.
Vus du dessus, enlacés dans une étroite étreinte.
À côté d'eux, un petit canapé vert pomme.
Face au canapé, une grande baie vitrée, surplombant l'océan.
Mais, plus que ce couple surprenant, ce fut le chatoiement des couleurs fauves du crépuscule qui toucha Harry. Les lueurs sang et or venaient mourir sur les vagues, dans un spectacle éblouissant. Sans même savoir de quel endroit il s'agissait, il aurait voulu pouvoir immédiatement transplaner devant cette vitre, et simplement rester là à regarder le Soleil plonger dans les remous.
Lorsque le souvenir se résorba et qu'Harry leva les yeux à regret, il rencontra ceux de Dumbledore fixés sur lui. Une fois de plus, il eut l'impression que les pupilles d'un bleu électrique le voyaient nu comme au premier jour. Une fois de plus, il sut qu'il n'avait aucun secret pour cet homme. Et une fois de plus, il se dit que cela ne le dérangeait pas le moins du monde.
Quand Dumbledore prit la parole de sa voix tranquille, une éternité semblait déjà s'être écoulée :
- Tu ne t'assieds pas, Harry ?
Celui-ci, brisant le cours de ses pensées, prit une chaise face au vieil homme.
- La dernière fois, nous avons assisté à la visite de cet employé du Ministère aux Gaunt. Tu as pu voir à quoi ressemblaient le grand-père, l'oncle et la mère de Voldemort. Tu as vu l'état de délabrement de ce qui était pourtant une des plus vieilles familles de sorciers de notre temps. Je t'avais raconté que Merope, follement amoureuse de ce Moldu, l'avait séduit à l'aide d'un philtre magique, et que de cette union artificielle était né Voldemort.
Après ces quelques mots, Dumbledore marqua une longue pause, semblant réfléchir à la tournure qu'il allait donner à la conversation.
Lorsqu'il reprit, il fixait Harry droit dans les yeux :
- C'est de cela que je voudrais te parler avant que nous allions plus loin. Du caractère complètement artificiel de cette union. Tom Elvis Jedusort a été conçu sans une once d'amour. Je sais Harry, Merope était folle de Tom Senior, mais son amour était à sens unique, précisa-t-il en voyant Harry protester.
Voldemort n'a pas été voulu comme le prolongement naturel d'un amour partagé, mais comme un souvenir de son amour de toujours par Merope. Celui qui se fait maintenant appeler le Seigneur des Ténèbres n'a en fait jamais connu l'amour. Merope, désespérée après le départ de Tom, l'a peu à peu délaissé jusqu'à l'abandonner complètement. Tu le verras tout à l'heure, Voldemort a grandi dans un orphelinat. Jamais il n'a connu la complicité d'une mère ou l'étreinte d'un père. Jamais il n'a connu la confiance en un ami à qui l'on peut tout confier. Et jamais, au grand jamais, il n'a connu l'Amour, avec un grand A.
La majeure partie de toutes ces expériences, Harry, tu les as vécues. Et c'est ce qui est à la fois ta plus grande force et ta plus grande faiblesse face à Voldemort.
Comprends moi bien, mon garçon. La prophétie qui te lie à Tom Jedusort ne laissera qu'un seul de vous deux debout.
Dumbledore avait accentué chacun des mots de cette dernière phrase. Harry frissonna.
- Si parfois tu devras faire des choix douloureux pour protéger ceux qui te sont chers, c'est dans ces même personnes que tu trouveras la force de lutter : dans le souvenir de tes parents, dans la confiance de tes amis, et, pourquoi pas, dans l'Amour que te portera ta future moitié, conclut Dumbledore avec un sourire malicieux.
Durant toute sa tirade, il n'avait cessé de scruter Harry, guettant la moindre réaction de sa part.
Celui-ci avait du mal à cacher son agitation intérieure. Il avait déjà eu droit à de nombreuses reprises au discours bien rôdé du directeur sur l'Amour-qui-vaincrait-le-Mal, mais cette fois-ci, ce n'était plus de l'amusement devant la ferveur du vieil homme qu'il ressentait. Les mots trouvaient pour la première fois un nouvel écho en lui, et Harry se surpris en train de se demander ce qu'avait bien pu vivre Dumbledore pour acquérir une telle sérénité. Il lui avait répété son message encore et encore, sachant bien qu'il n'était qu'entendu, et non écouté, jusqu'à ce soir là, dans l'obscurité qui envahissait maintenant le bureau.
Dumbledore, mettant fin à la digression avec un petit sourire satisfait, tira un petit flacon à souvenirs de sa robe, sans lui laisser le temps de ressasser ce qu'il avait compris.
Une heure plus tard, alors que Harry se dirigeait vers la porte après avoir fait connaissance avec le Voldemort enfant, dans son orphelinat miteux et avec ses tendances kleptomanes, Dumbledore parut se souvenir d'un détail sans importance. Bien sûr, il en était tout autrement.
- Harry, j'allais oublier, le rappela-t-il. Tes amis et toi avez toujours ces Gallions messagers de l'Armée de Dumbledore ?
- Euh... oui, enfin je pense, répondit-il, se demandant où le directeur voulait en venir.
- Bien. Dis à Miss Granger de se tenir prêt à donner un nouveau rendez-vous à tous ceux qui le veulent. On dirait bien que mon armée personnelle va reprendre du service, termina-t-il à mi-voix, avec une moue amusée.
Harry dévala les escaliers, après avoir pris congé du vieil homme. Ses yeux étaient brillants d'excitation. L'AD reprenait du service ?
Un sourire gagna ses lèvres au souvenir des réunions secrètes dans la Salle Sur Demande. Il avait alors eu, plus que jamais, l'impression d'avoir trouvé une vraie famille à Poudlard.
Tout à ses pensées, il ne remarqua même pas Pansy Parkinson, qui attendait son tour devant la gargouille avec une moue exaspérée.
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Tritchou83
- Posté le
29 décembre 2010 à 20:37:47

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J'aime et en plus c'est bien aéré!
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[Hic]
- Posté le
29 décembre 2010 à 23:01:27

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Merci pour ton commentaire, véritable modèle de concision
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hugomdu14_2009
- Posté le
30 décembre 2010 à 08:55:00

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J'aime beaucoup, on y retrouve vraiment la magie de la saga. J'aodre, même !
Voila, j'attends la suite!
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Tritchou83
- Posté le
30 décembre 2010 à 11:48:27

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C'est vrai, j'aime aussi beaucoup la saga des Harry Potter!
Cela nous la fait totalement revivre!
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black_fox72
- Posté le
30 décembre 2010 à 21:21:38

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J.k. Rolling, serait fiere de toi si elle lisait ces lignes, continue!
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[Hic]
- Posté le
31 décembre 2010 à 09:53:03

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Allez, la suite !
Horace Slughorn avait connu, pendant sa longue carrière, des cohortes entières d'élèves tous aussi ignares et mal élevés les uns que les autres.
Il avait connu le pire, les tréfonds du crétinisme et les abysses de la balourdise. Mais, quand il pensait avoir expérimenté le plus affligeant de ce que la Providence avait à lui offrir, cette dernière semblait se souvenir de lui et mettait un point d'honneur à lui faire entendre raison : la bêtise humaine - et adolescente en particulier - n'avait pas de limite, les raisons du Destin étaient impénétrables, Amen.
Le vénérable professeur de potions de Poudlard était donc en train de ruminer la médiocrité des aspirants sorciers qui lui étaient proposés cette année, se demandant pourquoi diable il avait accepté de reprendre son poste.
Affalé dans toute sa massive splendeur dans un large, très large fauteuil, le petit homme affichait un crâne chauve et luisant et une moustache qui tenait plus du balai-brosse que de l'agrément esthétique. S'il avait été présent, l'oncle Vernon aurait sans aucun doute blêmit de jalousie à la vue de la pilosité broussailleuse du professeur, qui exhibait de surcroît un pantalon de velours mauve parfaitement assorti à une veste d'intérieur d'un vert vaseux parsemée de boutons d'étain. L'ensemble était d'un bon goût certain.
Oh, bien sûr, il avait connu des élèves plus intelligents, ou plutôt moins stupides que leurs congénères. Il avait même parfois côtoyé de véritables génies.
Slughorn se remémorait toujours avec nostalgie la première potion réalisée par Lily Evans.
Celle-ci avait préparé en quelques instants le Philtre d'Hilarité dont la recette était inscrite au tableau, puis, trouvant sans doute le défi trop peu corsé à son goût, avait improvisé avec les ingrédients dont elle disposait une Décantation de Volubilité, exercice osé s'il en est.
Slughorn avait essayé la potion sur Mc Gonagall, et l'on racontait encore dans l'école, même trente ans après, comment l'austère professeur de Métamorphose avait poursuivi Dumbledore tout la journée en lui infligeant un monologue ininterrompu sur la difficulté d'évaluer la marge d'erreur due au décalage sub-quantique lors du processus de cuisson des œufs.
Mais Slughorn n'avait plus eu l'occasion de côtoyer un esprit aussi brillant depuis bien longtemps. Pendant le cours précédent, un troisième année avait même réussi l'exploit d'envoyer dix-huit personnes à l'infirmerie en même temps. Record battu, la meilleure performance jusqu'alors étant de seulement douze élèves, et elle était détenue par un certain James Potter.
Se levant avec difficulté et force soupirs, le professeur se dirigea vers sa salle de classe, dans les cachots. Face à l'affligeant niveau de ses sixième années, à l'exception peut-être de Granger, il avait prévu une épreuve éliminatoire en binôme pour séparer les débiles finis des idiots récupérables. Tous ceux n'obtenant pas au moins la mention "Acceptable" seraient remerciés, et leurs parents gratifiés d'une lettre leur conseillant en termes polis de revoir les ambitions de leur rejeton à la baisse.
Lorsqu'il arriva dans le couloir suintant d'humidité en se dandinant, tous ses élèves étaient déjà présents. Conscients que leur avenir en potion allait se jouer dans les prochaines minutes, ils affichaient tous consciencieusement un sourire affable.
Draco Malfoy, qui avait quelque peu délaissé les potions pour se consacrer à son problème d'Armoire, essayait malgré tout de faire bonne figure. Il s'avança avec une petite boîte dans les mains et, tandis qu'il s'approchait du professeur, la pensée saugrenue d'une limace accueillie par une haie d'honneur lui traversa l'esprit. Il n'en sourit pas moins au massif gastéropode qui lui faisait face, tout en lui tendant la boîte.
- Oh, des ananas confits ! Mes préférés ! s'exclama le gros homme, dont les yeux globuleux fixaient néanmoins Draco, lui faisant clairement savoir qu'il n'était pas dupe. Merci pour cette attention, mon petit. Vous irez loin avec cet état d'esprit, flatter les bonnes personnes est un talent utile...
Draco crut déceler une pointe d'ironie dans la voix du professeur, mais n'eut pas le temps de réfléchir à la question, puisque les élèves s'engouffraient bruyamment dans la salle, tentant obstinément de passer la porte à quatre de front, sous le regard affligé d'Hermione et de Draco qui, pour une fois, étaient d'accord.
Slughorn attendit patiemment que tous les élèves soient installés, puis, avec un fin sourire, demanda :
- Pouvez-vous vous relever, je vais faire les binômes.
Ignorant les protestations étouffées, le professeur récita une liste savamment étudiée :
- Je m'en voudrais de briser des couples, déclara-t-il avec un sourire narquois, par conséquent Granger et Weasley seront ensemble, ainsi que Zabini et Parkinson.
Draco ne fut qu'à moitié surpris de constater que Pansy, lassée de son indifférence, avait trouvé un autre malheureux à harceler.
Suivit une liste de noms associés deux par deux. Le jeune homme attendit patiemment son tour, tandis que les élèves déjà appelés allaient s'asseoir et sortaient leur matériel.
- ... et il nous reste, pour finir... Potter et Malfoy.
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[Hic]
- Posté le
2 janvier 2011 à 11:34:05

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La fin du chapitre 2 :
Les deux garçons se regardèrent, interloqués. Comment Slughorn avait-il pu consciemment envisager qu'ils travaillent ensemble ? Ni l'un ni l'autre n'obtiendraient jamais la note minimum s'ils étaient forcés de travailler de concert plutôt que l'un contre l'autre. Se fixant dans le blanc des yeux d'un air hostile, restés debout, ils étaient désormais la cible de tous les regards et le sujet de chuchotements frénétiques.
Leur face-à-face fut interrompu par un Slughorn désireux de commencer son examen.
- Jeunes gens, puis-je vous rappeler que vous aurez besoin de votre chaudron pour ce cours ? Et aux dernières nouvelles, je n'en suis pas encore un. Alors allez vous asseoir à vos places.
Les deux garçons allèrent s'asseoir à contrecœur au milieu des éclats de rire, tant il était vrai que Slughorn, avec son ventre proéminent, ressemblait fortement à un chaudron mauve et vert.
Ce dernier, mortifié, présenta rapidement la potion que les étudiants allaient devoir préparer : l'exercice était affreusement compliqué, chaque ingrédient devait être ajouté à un moment précis, broyé, moulu ou tranché en tétraèdres.
La température du feu variait tout au long de la préparation, et la mixture devait être remuée selon la technique ancestrale du Bouillon, qu'ils avaient étudiée la semaine précédente. Bien entendu, ni Harry ni Draco n'avait retenu quoi que ce soit de cette méthode.
Slughorn les autorisa à commencer, et Harry, amusé, regarda Hermione accabler Ron d'ordres péremptoires, avec un air plus stressé que jamais.
Il fut tiré de son observation par Draco, qui semblait s'être résolu à mettre son ressentiment de côté pour la bonne cause :
- Bon Potter, je n'ai pas l'intention de rater mon année à cause de toi, alors je te propose un marché. Faisons une trêve le temps du cours, et après tu pourras recommencer à jouer ton rôle de petit héros exaspérant. Qu'est ce que t'en dis ?
- Et pour ton rôle de petit fils à papa...
Harry s'interrompit en voyant Draco hausser un unique sourcil.
- Je suis d'accord. Mais pas de coups bas, ou tu le regretteras.
- Comme tu me connais mal, Potter ! ricana le blond.
- Au contraire, je ne te connais que trop bien. Marché conclu ? demanda-t-il en tendant la main à Draco.
Celui-ci, étonné, regarda la main d'Harry comme si c'était la chose la plus bizarre qu'il ait jamais vu, puis la serra avec une grimace de dégoût.
Ils allèrent chercher les ingrédients dans l'armoire, et se partagèrent le travail : Harry s'occupait de la préparation des ingrédients, Draco devait entretenir le feu et exécuter le mélange du Bouillon, en copiant au mieux les gestes d'Hermione.
Les deux garçons étaient concentrés, mais leurs mains tremblaient ; l'enjeu de l'épreuve était capital.
Harry, courbé sur le plan de travail, maniait son couteau d'argent maladroitement, mais parvenait tout de même à tailler les ingrédients à la forme souhaitée. De temps à autre, le bout de sa langue venait pointer entre ses lèvres, et il soufflait régulièrement sur les mèches qui lui retombaient devant les yeux.
Draco lui, s'activait sans relâche près du feu et mélangeait la mixture, copiant de son mieux les gestes d'Hermione. La chaleur de l'âtre lui rougissait les joues et ses cheveux clairs, ordinairement si bien coiffés, avaient quitté leur gangue de gel pour retomber de chaque côté de son visage.
Pansy, si elle n'avait pas été aussi occupée à rater sa potion, aurait sans aucun doute poussé un soupir de contentement à la vue d'un Draco certes amaigri, mais qui n'avait rien perdu de sa capacité à hanter ses nuits.
Slughorn, qui était jusque là resté à son bureau pour manger ses ananas, leur annonça qu'il ne leur restait plus qu'une demi-heure. Il se leva et commença à passer entre les rangs en laissant échapper des commentaires cassants. Arrivé à leur hauteur, il eut un coup d'œil dédaigneux pour leur potion qui était d'un marron sombre, alors qu'elle aurait dû étinceler d'un émeraude vif, comme celle d'Hermione et Ron - ce dernier avait d'ailleurs l'air plutôt surpris face à la tournure que prenaient les événements.
Harry se rejeta en arrière sur sa chaise, essuya son front luisant de sueur, et se lamenta à mi-voix :
- C'est foutu, on y arrivera jamais ! Laisse tomber Malfoy, la limace est coriace...
- Potter, ne me lâche pas maintenant ! gronda ce dernier sans même le regarder. Je te rappelle que tu as des racines de Polygonum à incorporer, essaye au moins de ne pas les renverser !
Harry remonta ses lunettes sur son nez et, avec un soupir sonore, prit les racines soigneusement coupées en petites pyramides pour les jeter dans le chaudron. Ce faisant, il heurta la main de Draco, qui remuait vigoureusement la mixture qui avait enfin viré au vert pâle.
Leurs doigts ne firent que se frôler, mais chacun d'entre eux ressentit une intense décharge électrique les parcourir. Retirant vivement leur main, ils se regardèrent d'un air surpris, les yeux pour une fois dénués de haine.
Ils se voyaient.
Draco dévora des yeux le visage de Harry, sans pouvoir ne serait-ce que détourner le regard. Ses yeux accrochèrent les mèches couleur d'ébène collées par la sueur au front de l'Élu, glissèrent sur le nez fin du garçon, les lunettes rafistolées légèrement tordues, caressèrent les lèvres charnues rougies par la chaleur.
Et lorsque le regard de Draco remonta et qu'il rencontra celui de Harry, il fut définitivement et irrémédiablement perdu. Ses yeux emprisonnés dans les iris verts qui le fixaient sans ciller, le temps s'était arrêté et plus rien d'autre ne comptait. Les élèves s'agitant autour de leur chaudron n'existaient plus, et seul comptait l'océan vert dans lequel il fallait se perdre, sombrer jusqu'à en mourir.
Draco ne pensait pas, ne pensait rien.
Ils se voyaient.
Les yeux de Harry, explorateurs insatiables, glissèrent le long des cheveux de Draco, qui tombaient de chaque côté de son visage. Ils passèrent sur les minces sourcils et le nez pointu, effleurèrent les lèvres fines. Les joues rosies par le feu et l'excitation.
Et lorsque son regard remonta et qu'il rencontra celui de Draco, les iris gris striés de bleu le cueillirent sur place pour l'emmener loin, très loin de tout. Plus rien n'existait, à part ces yeux qui semblaient vouloir le tirer hors de lui-même, le hisser si haut que plus rien n'existerait, à part leur face à face.
Harry ne pensait pas, ne pensait rien.
Slughorn, lui, pensait bien que les deux garçons allaient finir par définitivement rater leur potion, à force de se manger des yeux. Alors, puisqu'il n'était finalement pas si aigri que ça, il les ramena sur Terre avec sa délicatesse habituelle :
- Potter ! Malfoy ! Vous comptez vous remettre au travail ou vous attendez que je termine la potion à votre place ?
Brutalement interrompus, les deux garçons sursautèrent et retournèrent précipitamment au travail, en évitant toutefois soigneusement de se regarder.
Et c'est à ce moment que le miracle se produisit.
Leurs gestes saccadés se firent souples et précis. Leurs corps bougeaient de concert et chacun semblait avoir une conscience innée de l'autre. Ils virevoltaient autour du chaudron sans jamais se heurter, leurs robes tourbillonnant en un doux bruissement.
L'agitation se fit danse, la précipitation gracieuse chorégraphie.
Harry coupait, tranchait, broyait en un seul geste, fluide et efficace. Draco semblait se jouer du lourd liquide qui bouillonnait, et la longue spatule eût vite fait de faire prendre à la mixture un vert émeraude éclatant, surpassant même celui d'Hermione, éberluée.
Son étonnement rivalisait avec celui du professeur, qui observait le couple, bouche bée. Au moment où Slughorn se fit la remarque que jamais au cours de sa longue carrière il n'avait eu l'occasion de contempler un tel spectacle, une larme, une seule et unique larme coula le long de sa joue. Avant qu'il ait pu machinalement lever la main pour l'essuyer, Hermione était à ses côtés, et recueillit la gouttelette lacrymale dans un minuscule flacon.
Elle regarda son maître de potions et lui glissa avec un petit sourire :
- Une émotion authentique. Numéro deux de la Liste des Ingrédients Rarissimes et Indispensables selon Nicolas Flamel.
Et le vieux professeur, ému, lui sourit en retour.
Voilà ! Comme d'habitude, si vous avez des remarques, des commentaires (même négatifs), ils sont les bienvenus
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[Hic]
- Posté le
6 janvier 2011 à 18:23:50

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Le début du chapitre 3 :
Les cloches de Poudlard sonnaient minuit dans les couloirs vides. Leur écho se prolongeait longtemps dans l'obscurité des corridors qu'aucun bavardage ne venait troubler. Les élèves étaient couchés depuis longtemps et il régnait un profond silence dans les innombrables couloirs de l'école de Sorcellerie.
La lumière blafarde de la pleine lune venait éclairer un grand homme aux cheveux argentés, assis sur un banc de pierre, dans un couloir bordé par une rangée d'immenses fenêtres. Ses paupières fermées derrières ses lunettes en demi-lune empêchaient de voir la préoccupation qui habitait les iris bleu électrique du vieil homme, mais Dumbledore était réellement ennuyé.
Le soir même, en enlevant ses chaussures avec un soupir d'aise, il s'était aperçu avec horreur que ses chaussettes préférées, les rouges avec des étincelles vertes, étaient trouées. L'horrible trou le narguait, sans qu'il puisse rien faire. Ces chaussettes étaient enchantées pour tenir chaud à leur propriétaire : maintenant que le tissu était rompu, le charme s'était évanoui.
Et Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore, Ordre de Merlin première classe, président du Magenmagot, Manitou suprême de la Confédération internationale des sorciers, était désemparé face à une paire de chaussettes.
Le vieux professeur aurait pu surmonter la Fatalité qui s'acharnait sur ses sous-vêtements - déjà huit paires trouées depuis le début de l'année -, si son école n'était pas en plus agitée par les remous qu'engendre inévitablement toute conspiration maléfique.
Et même ses problèmes de chaussettes passaient en second après le cas Malfoy.
Poussant un soupir fatigué, il ferma les yeux et se plongea une fois de plus dans ses souvenirs, essayant un énième fois de démêler l'écheveau de ses pensées...
OoOoO
Pansy Parkinson était entrée dans son bureau avec un air renfrogné. Toutefois, ceux qui la connaissaient bien auraient pu dire qu'elle était secrètement ravie d'être là. On reconnaissait enfin qu'elle était une personnalité de premier plan dans cette école, et elle n'allait pas bouder son plaisir.
Néanmoins, étant une fière représentante de la grâce et de l'élégance "à la Serpentard", la jeune fille se devait d'afficher une moue dédaigneuse de circonstance, et le professeur Dumbledore put apprécier à sa juste valeur la force de l'entraînement : émerveillée par ce qu'elle voyait, la jeune fille n'en jetait pas moins sur tout ce qui l'entourait un regard hautain.
Y compris lui.
Mais la jeune fille déchanta bien vite quand le professeur lui expliqua pourquoi elle était là : Poudlard, en la personne de son directeur, s'inquiétait de l'état de santé de Draco Malfoy.
- Miss Parkinson, vous êtes relativement proche de Mr Malfoy, n'est ce pas ?
Dumbledore ne reçut pour toute réponse qu'un soupir exaspéré qui se fraya un chemin à travers les dents serrées de la jeune fille.
- Vous devez avoir remarqué, comme la majorité de l'école, que votre ami éprouve quelques difficultés ces temps-ci. D'après les rapports réguliers du professeur Rogue, il ne mange plus, ne dort presque pas, et passe son temps caché dans une salle du château. J'aurais voulu savoir, Miss Parkinson, si votre ami vous avait fait part de ses préoccupations...
L'interrogation laissée en suspens résonna longtemps dans le bureau silencieux avant que la jeune fille ne se décide à prendre la parole. Au prix d'un effort manifeste, elle desserra les mâchoires pour laisser s'échapper un unique mot :
- Non.
Pansy hésita longtemps encore avant de continuer. Le professeur Dumbledore attendait patiemment, un air attentif sur le visage.
- Vous savez, il ne dit plus rien, continua-t-elle enfin, la colère ayant cédé la place à la tristesse dans sa voix. Il ne parle pas. Il ne mange pas. Il ne dort pas. Je ne sais vraiment plus quoi faire, soupira-t-elle en secouant doucement la tête, ses yeux baissés embués de larmes. Parfois, la nuit, je l'entends crier dans son sommeil. En fait, presque chaque nuit. Il crie, il crie comme quelqu'un qui recevrait le Doloris... Et c'est vraiment atroce, Professeur, il va mal, je le sens, et je ne peux rien faire pour lui, acheva la jeune fille dans un sanglot, les larmes coulant à présent abondamment sur ses joues pâles.
Elle ne vit pas les yeux de Dumbledore posés sur elle, toute la pitié du monde contenue dans deux pupilles bleues. La jeune fille s'était confiée sincèrement pour la première fois, et derrière la peste on voyait poindre l'amie inquiète et dévouée que Draco, trop effrayé peut-être par sa tâche, n'avait pas su voir.
OoOoO
Quelques semaines plus tard, Harry était entré en coup de vent dans le bureau directorial, la porte claquant derrière lui et sa robe tourbillonnant dans son sillage. Le soir tombait et le professeur Dumbledore était assis à son bureau, ressassant une fois de plus ses pensées.
- Je les ai entendus ! s'exclama le jeune homme, les joues rosies par la colère. Je les ai entendus, Rogue et Malfoy, à la fête du professeur Slughorn !
- Le professeur Rogue, Harry, répondit Dumbledore, d'une placidité à toute épreuve.
- Cette fois, vous devrez m'écouter ! continua Harry, passablement énervé et ne semblant pas avoir entendu la remarque du directeur. J'avais des soupçons depuis le début mais vous n'avez rien fait d'autre que de faire confiance à Rogue pour qu'il s'occupe de Malfoy, maintenant vous ne pouvez plus refuser ce qui se passe ! Malfoy est devenu un Mangemort, Voldemort lui a confié une mission et Rogue veut l'aider. Je les ai entendus !
- Calme-toi, Harry, et raconte moi ce que tu sais. Tout ce que tu sais, ajouta le directeur avec un regard perçant par dessus ses lunettes en demi-lune.
Le jeune homme poussa un soupir et se laissa tomber dans un fauteuil, face au bureau.
- J'avais des soupçons depuis que Ron, Hermione et moi avions vu Malfoy chez Barjow & Beurk, expliqua le jeune homme. Il a demandé à Barjow de lui montrer comment réparer quelque chose qu'il ne pouvait pas déplacer, et cette chose est à Poudlard, c'est sûr ! s'emporta le jeune homme. Ensuite, pendant la soirée du professeur Slughorn, Malfoy s'est fait attraper par Rusard dans les couloirs. Il a dit qu'il voulait aller à la fête, mais c'était totalement faux ! Je les ai suivis, Rogue... le professeur Rogue et lui, et j'ai entendu toute leur conversation : il conseillait à Malfoy de s'entourer de complices plus compétents de Crabbe et Goyle, il lui a même proposé de l'aider ! Il a fait un Serment Inviolable à la mère de Malfoy, il lui a promis d'aider son rejeton à terminer sa mission ! finit Harry à bout de souffle, les yeux brillants de haine.
Après un long silence, il regarda Dumbledore droit dans les yeux et ajouta :
- Vous ne pouvez l'ignorer plus longtemps. Rogue est passé de son côté, il est avec Voldemort. Sauf votre respect, monsieur, vous avez maintenant deux Mangemorts accomplis dans votre école.
- Au risque de te décourager dans tes investigations, Harry, je te répète que ma confiance en Rogue est absolue : je lui confierais ma vie s'il le fallait, répondit simplement Dumbledore.
Harry, excédé, se leva bruyamment et se dirigea à grands pas vers la porte. Juste avant d'en franchir le seuil, il se retourna et ajouta sur un ton sardonique :
- En fait, je ne crois pas que Malfoy soit de taille : Mimi Geignarde m'a confié qu'un garçon venait régulièrement pleurer dans ses toilettes, je ne pensais vraiment pas qu'il tomberait aussi bas, dit-il avec un rictus.
Puis il tourna les talons et dévala les escaliers, se sentant plus incompris que jamais par celui qui était devenu son mentor au long de toutes ces années.
Le mentor en question, un air soucieux sur le visage, prit une plume et rédigea un court mot demandant au professeur Rogue de venir aussi tôt que possible.
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[Hic]
- Posté le
8 janvier 2011 à 15:54:42

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Bon, malgré le manque de réactions, je poste la suite...
Severus Rogue avait toujours aimé l'atmosphère qui se dégageait du bureau de Dumbledore. Les lourdes tentures, les épais tapis persans et les fins instruments lui donnaient l'impression d'un foyer doux et chaleureux, qu'il n'avait de cesse de reproduire dans sa petite maison de l'Impasse du Tisseur. En vain. Le bureau gardait son aura mystérieuse, et le petit pavillon son ambiance pesante et sinistre.
C'est pourquoi l'austère professeur de Défense contre les Forces du Mal appréciait toujours de monter jusqu'à l'antre directoriale, même lorsqu'il s'agissait d'évoquer un sujet aussi déplaisant que l'affaire Malfoy.
En entrant dans la pièce ronde, il trouva le directeur debout devant la fenêtre, admirant le spectacle de la lune sur la Forêt Interdite. Sans aucun bruit, il se glissa jusqu'au bureau et s'assit dans un des fauteuils, le regard fixé sur la haute silhouette qui lui apparaissait à contre-jour.
Sans se retourner, Dumbledore prit la parole d'une voix plus grave que d'habitude.
- Severus, je crois que nous avons un problème. Potter sait, ajouta-t-il après un bref silence.
À ces mots, Rogue quitta immédiatement son masque de tranquillité inébranlable.
- Il sait ? s'écria-t-il violemment. Cet imbécile de Draco, je lui avais pourtant bien dit d'être plus prudent... grommela l'homme derrière ses cheveux gras qui lui retombaient devant le visage. Rendez-vous compte, Albus, il a demandé à Crabbe et Goyle de faire le guet devant la Salle sur Demande ! ajouta-t-il en secouant la tête, effaré par un tel manque de discernement.
- Le problème ne porte pas sur l'incompétence de ces deux garçons, bien qu'elle soit on ne peut plus flagrante, répondit calmement le directeur. Harry n'a pas encore tout découvert, mais cela ne tardera pas si nous ne faisons rien. Il a espionné Draco lors de sa visite chez Barjow & Beurk, et a surpris votre discussion à la fête du professeur Slughorn. Harry a bien compris que Malfoy était devenu... un Mangemort et que Voldemort lui avait confié une mission. Il a compris que Malfoy essaie depuis le début de l'année de réparer quelque chose. Lorsqu'il s'agit de Voldemort, ce garçon fait preuve d'une perspicacité étonnante, ajouta le vieil homme pour lui-même. Avez-vous découvert quels sont les plans de Draco ? demanda-t-il, en se retournant enfin vers le professeur Rogue.
- Non. Mais je sais qu'il perd peu à peu l'espoir de réussir sa mission. Il ne me confie rien, mais je sens qu'il est à bout. Albus, Draco échouera et sera tué par le Seigneur des Ténèbres si nous n'intervenons pas. Et si Potter découvre ce qu'il manigance, il essaiera à coup sûr de l'arrêter lui-même. Nous voulons tous les deux protéger Draco, Albus, mais ça ne peut plus durer. Il faut arrêter tout ça et mettre Draco en sécurité.
- En changeant nos plans, vous réalisez bien ce que Draco risque, Severus ? Le retirer du contrôle de Voldemort revient à condamner toute sa famille et à déclarer clairement à Voldemort notre intention de nous battre, et si vous-même retournez auprès de Lui en ayant échoué à me tuer, qui sait ce qui vous arrivera...
La voix de Dumbledore était devenue un murmure tandis qu'il évoquait les dangers qui pesaient sur les épaules du professeur Rogue. Les deux hommes se fixaient, dans la pénombre du bureau faiblement éclairé par la Lune, et aucun bruit ne venait briser le silence qui s'était installé.
Lorsque Rogue reprit la parole, une éternité semblait s'être écoulée. Sa voix, calme et résolue, résonna dans la pièce silencieuse :
- Je ne retournerai pas là-bas, Albus. L'époque où il fallait se cacher pour survivre est révolue. Le Seigneur... Voldemort, prononça-t-il avec une hésitation, est de plus en plus fort à chaque jour qui passe, et vous êtes le seul qu'il craigne encore. Il faut agir, maintenant, en profitant de... du temps qu'il vous reste, dit Rogue avec un coup d'œil vers la main mutilée de Dumbledore.
- C'est trop tôt, Severus. Je... nous ne sommes pas prêts. Harry n'a pas encore toutes les clefs en main pour pouvoir agir librement, nous ignorons encore certaines choses essentielles à propos de Voldemort. Harry n'est pas encore prêt pour ce qui l'attend et, Severus, je ne crois pas l'être non plus, acheva dans un murmure le vieil homme qui, à cet instant plus que jamais, paraissait avoir vécu plusieurs siècles.
- Vous ne voulez toujours pas me dire ce que vous mijotez, n'est ce pas ? questionna Rogue, ses yeux noirs fixés sur son interlocuteur.
- Je vous le répète, il est primordial que seuls Harry et moi soyons au courant, répondit Dumbledore. Voldemort découvrira bien assez tôt ce que nous préparons, je ne veux pas lui donner une chance de nous barrer la route avant même que nous ayons entamé la tâche qui nous attend. Harry devra accomplir sa quête seul, et je dois lui donner tout ce dont il aura besoin avant... avant ma mort, termina la vieil homme, avec une mine sinistre.
Un silence s'installa une nouvelle fois, tandis que le professeur Rogue regardait tristement le vieil homme qui lui faisait face.
- Albus, dit-t-il avec une voix douce, pensez à Potter. Il n'est encore qu'un enfant, quoi que vous en pensiez. Je n'ai aucune idée de ce qui l'attend et de ce à quoi vous le préparez, mais sa tâche serait sûrement insurmontable pour la plupart d'entre nous. Le moins que nous puissions faire, c'est de l'aider à surmonter les obstacles qui se dresseront inévitablement sur sa route. Nous pouvons affaiblir les rangs de Voldemort, termina-t-il, un air décidé et vindicatif sur le visage.
Après quelques minutes d'intenses réflexions, Dumbledore poussa un profond soupir et regarda Rogue, résigné.
- Je crois bien que le temps est venu pour moi de passer le relais, dit-il tristement. Je parlerai à Draco et le mettrai en sécurité. Avant que la nouvelle n'arrive aux oreilles de Voldemort, vous devrez rejoindre ses rangs une dernière fois pour préparer notre attaque. Severus, vous mènerez cet assaut, assena Dumbledore d'une voix forte et en fixant Rogue droit dans les yeux.
Ce dernier hocha lentement la tête et se leva, ses gestes le faisant plus que jamais ressembler à une grosse chauve-souris pataude. Sans un regard en arrière, il se dirigea vers la porte et sortit.
Le poids des responsabilités pesait sur ses épaules, mais une détermination farouche se lisait sur chacun de ses traits.
OoOoO
Dumbledore sortit des ses rêveries lorsque le bruit des pas parvint à ses oreilles. Il ne savait pas combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait fermé les yeux, mais le temps était venu de faire ce pour quoi il était assis dans ce couloir glacial éclairé par la lune.
Avec une facilité déconcertante, le vieux directeur remua les lèvres et disparut.
Lorsque Draco dépassa le banc, un air soucieux sur son visage fatigué, une présence invisible lui emboîta le pas.
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Tritchou83
- Posté le
8 janvier 2011 à 16:22:22

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Toujours aussi bien et avec peu de fautes d'orthographe en prime!
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[Hic]
- Posté le
12 mars 2011 à 14:41:11

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Je poste la suite, au cas où il y ait encore des gens que ça intéresse...
Chapitre 4
Une légère écharpe de brume flottait sur le lac de Poudlard. Tel un manteau de gaze, les volutes argentées ondoyaient paresseusement au-dessus de l'eau, vacillant parfois sous les rafales glaciales du vent d'octobre qui charriait une légère bruine.
Perchée sur un nénuphar, sa peau humide scintillant sous la lune, une petite grenouille contemplait le château qui surplombait l'étang et l'écrasait de toute son inquiétante et gigantesque masse.
Elle était née dans les eaux peu profondes qui bordaient les berges du lac et avait passé toute son enfance parmi les plantes aquatiques qui habillaient son rivage, profitant, en compagnie de ses dizaines de frères et sœurs, des hordes de moustiques qui se massaient au dessus du lac pendant les beaux jours, happés de concert par des langues plus habiles les unes que les autres.
La vie d'une grenouille est de manière générale assez simple et le petit batracien n'avait, en tout cas jusqu'à ce soir là, pas fait exception à la règle.
Mais, ce soir, la grenouille se sentait d'humeur aventureuse. Peut-être était-ce la douce bruine qui humectait sa peau, ou une odeur particulière qui flottait dans l'air, toujours est-il que la petite rainette sauta gracieusement de son nénuphar et gravit en sautillant le sentier qui menait au château.
Au même moment, dans un couloir obscur, Miss Teigne se léchait les pattes avec contentement. Elle avait débusqué quelques souris et chassé les couche-tard jusqu'à leur dortoir, sa journée d'assistante du concierge était donc terminée. La chatte se préparait à regagner les appartements de Rusard et sa litière familière lorsqu'un claquement presque imperceptible la fit sursauter. Le son aurait paru anodin aux oreilles de n'importe quelle autre personne ou animal, mais Miss Teigne avait depuis longtemps déjà appris à faire confiance à son instinct.
N'écoutant que son courage et sa méfiance maladive, la chatte se rua dans les escaliers à la poursuite des claquements qui semblaient se déplacer dans le hall d'entrée, deux étages plus bas.
Un Malfoy se devait d'être élégant en toutes circonstances. Qu'il s'agisse de se rendre à un dîner mondain ou de vagabonder dans les couloirs de Poudlard une fois la nuit tombée - et sans aucun égard pour le couvre-feu -, Draco suivait les préceptes qu'on lui avait inculqués tout au long de son enfance. C'était donc en toute logique que le jeune homme avait, avant de sortir de son dortoir, enfilé la paire de bottines en cuir de dragon confectionnées sur mesure chez un tailleur chic du Chemin de Traverse.
Néanmoins, Draco regretta sa coquetterie à peine arrivé dans le grand hall d'entrée. Si, dans les cachots, une fine couche de poussière amortissait ses pas, les larges dalles de granit de l'entrée faisaient claquer ses semelles dans un tapage que Peeves lui-même aurait jalousé.
Le jeune homme se jucha précipitamment sur la pointe de ses coûteuses chaussures, dans une attitude extravagante qui lui était, il faut le dire, passablement inhabituelle. C'est en levant les yeux pour vérifier qu'il n'avait pas ameuté la moitié de l'école qu'il aperçut la paire d'iris jaunes qui le fixaient dans l'obscurité. Miss Teigne était assise, silencieuse et parfaitement immobile, attendant les signes de frayeur qu'elle provoquait indubitablement chez ses victimes surprises hors de leur lit.
Le face à face de l'homme et du félin fut interrompu par le coassement sonore qui résonna dans le hall silencieux. Une petite rainette verte s'avança en sautillant à égale distance des deux adversaires, interrompant sans le savoir le duel entre la Résistance et l'Autorité. Les préoccupations du batracien étaient en effet toutes autres : la grenouille promenait avec curiosité ses yeux globuleux sur l'escalier monumental et les sabliers gigantesques, dont les pierres précieuses scintillaient sous les rayons de la lune.
Lorsque Draco aperçut le corps tout entier de la chatte se tendre vers la nouvelle proie qui venait de faire irruption dans le hall, il vit là une diversion parfaite qui lui était offerte par la Providence. Il tourna donc les talons et, aussi silencieusement que possible, retourna dans les cachots pour changer de chaussures.
Lorsque Miss Teigne releva les yeux après avoir terminé son repas, il n'y avait plus trace de l'élève en bottines. Repue, la chatte se dirigea d'une démarche souple vers sa litière, laissant derrière elle un petit tas sanguinolent qui avait autrefois été une rainette verte.
Comme l'avait appris ce soir là une innocente grenouille, la curiosité est un vilain défaut.
OoOoO
Loin de ces préoccupations animalo-philosophiques, Draco, cette fois-ci chaussé de baskets qui, à défaut d'être esthétiques, avaient au moins l'avantage d'être silencieuses, se hâtait le long d'un couloir bordé d'une rangée d'immenses fenêtres.
Après avoir dépassé un banc de pierre, le jeune homme s'engagea dans les escaliers et gravit une volée de marches, longea ensuite un autre couloir interminable et arriva finalement devant la tapisserie dépeignant Barnabas le Follet en train d'apprendre l'art de la danse à une bande de trolls. Sans s'arrêter devant la pièce de tissu qu'il connaissait maintenant par cœur, le jeune homme commença à aller et venir, un air pensif sur le visage.
À quelques pas de lui, invisible, se tenait Albus Dumbledore. Le vieil homme observait, amusé, la manœuvre du garçon.
En effet, en tant que directeur de Poudlard, ce dernier se devait de tout savoir sur son école. Absolument tout. Lorsqu'un chaudron explosait en Potions ou quand les cheveux d'un élève prenaient feu en cours de Sortilèges, le directeur en était averti sur le champ.
Pourtant, il avait dû convoquer quelques étudiants triés sur le volet pour en apprendre plus sur le mécanisme d'ouverture de la Salle sur Demande. Ces derniers, conscients de trahir un des secrets les mieux gardés de l'école, avaient toutefois cédé face à la montagne de confiseries venant tout droit de Honeydukes que leur avait proposée le directeur. Mrs Pomfresh s'était préparée en conséquence à une vague d'indigestions durant le week-end.
Albus avait donc éprouvé par lui-même le mécanisme et avait retrouvé avec ravissement la salle en forme de musée du pot de chambre dans laquelle il avait atterri par hasard, un jour de besoins pressants et en position d'éloignement critique des toilettes.
C'est donc en se remémorant avec nostalgie la salle cachée que le sérieux directeur observait son non moins sérieux élève faire les cent pas devant la tapisserie. Au bout de quelques passages, une modeste porte de bois apparut sur le mur opposé. Sans attendre, Draco s'y engouffra.
Passé le seuil, le jeune homme pénétra dans une salle dont les dimensions défiaient les lois de la physique. Un stade olympique se serait facilement tenu au sein de la pièce, remplie jusqu'au plafond d'objets divers et variés, de la brosse à cheveux en plastique rose émettant des couinements fatigués à l'immense bibliothèque rangée par thèmes et qui abritait une impressionnante collection de magazines cochons, qu'ils soient magiques ou Moldus.
Pourtant, Draco n'accorda absolument aucune attention aux merveilles entassées dans la salle. Parcourant avec assurance les allées, il déboucha sur un espace relativement vide et de forme circulaire, au centre duquel se tenait une grande armoire en bois sombre. Sur une table à proximité s'empilaient des livres traitant de magie noire et de sortilèges d'ouverture, tandis qu'une banquette défraîchie régurgitait son rembourrage non loin de là.
La salle étant plongée dans l'obscurité la plus totale, Draco avait pris soin de se munir d'une lanterne qu'il posa sur la table. Il dégagea ensuite le meuble des parchemins chiffonnés qui le parsemaient et se plongea dans un livre dont la reliure tombait en lambeaux.
OoOoO
Draco se réveilla en sursaut. Avant d'avoir pu réaliser ce qui se passait, il était debout, baguette sortie, prêt à défendre chèrement sa vie. Il perçut un juron et un bruit semblable à celui qui l'avait tiré du sommeil, le genre de vacarme que produirait une armure se fracassant contre le sol. La lanterne éclairait chichement l'espace autour de l'Armoire, et les ténèbres au delà du halo de lumière jaune semblaient vouloir se jeter sur le jeune homme.
Draco n'avait habituellement pas peur du noir, mais son estomac se serra lorsque le silence revint, lourd et oppressant.
Il commença ensuite à distinguer une faible lumière, blanche celle-ci, qui filtrait au dessus des piles d'objets abandonnés. La lumière se déplaçait, parcourant les allées, hésitant parfois, mais se rapprochant inexorablement du jeune homme dont les jointures blanchissaient, serrées sur sa baguette.
Sans se demander comment il était possible que quelqu'un ait pu le rejoindre pénétrer dans la Salle alors qu'il y était déjà, il se prépara à combattre.
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