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--snake
- Posté le
7 août 2009 à 17:06:04

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récit de fantasy, j'attends vos critiques avec impatience.
enjoy...
Des contrées ravagées, obscur être tiraillé
Rit vil valet sans vie ! L’âme variolée au cœur vitreux
Regard intense, hagard, sans sens d’un chartreux
Il attend! Dans un demi-sourire d’aliéné
1
COMMENCEMENT
Le messager galopait à toute vitesse.
La missive entre ses mains était de la plus haute importance. Au dixième jour de son périple, il n’en voyait plus le bout. Habitué aux courtes distances, dues à sa position chez les messagers, cette tâche n’en était que plus ardue. L'étonnement l’avait saisit quand il avait apprit que c’était lui qui devait porter ce message à l’Académie. Le Haut Seigneur l’avait choisi, alors qu’habituellement cette tache incombait aux maîtres messagers.
Alors qu’il dînait paisiblement au réfectoire avec d’autres compagnons, Hermès, son Maître instructeur, l‘avait demandé. Tous avaient été étonnés par le moment choisi ; le dîner était l’un des rares moments sacrés des messagers. Hermès l’attendait en compagnie de gardes Blancs, les soldats personnels du Haut Sei-gneur Carric. Il avait été assommé, ligoté et encagoulé.
Attaché à un cheval. Sur le ventre. Le vent caressait son échine.
Indistinctement, il percevait différents sons; le cliquetis des anneaux métalliques qui retenaient les rennes, les jambières ef-fleurant les flans des chevaux, et plus distinctement, les sabots frappant violemment le sentier. Bringuebalant sur le cheval, puis traîné dans un couloir humide, il n’avait eu pour seul repère que son odorat et son ouïe.
On ne cessa de le considérer comme captif qu’arrivé dans une petite pièce sans charme.
Dépourvue de fenêtre, les parois lisses et sombres, si ce n’est une lumière filtrant sous l’unique porte; on aurait dit une geôle. Le temps ne faisait pas son œuvre dans cette salle, il pouvait être tôt le matin comme tard le soir. En son centre, une grande table à l’image de ce lieu. D’ébène. En hémicycle, six gardes blancs scrutateurs. Entre eux, un homme, assis, d’une beauté confon-dante. Le messager n’avait encore jamais été attiré par un homme de la sorte. Il n’aurait pu imaginer ressentir cela. Ses cheveux jaune d’or effleuraient ses épaules. Le regard pénétrant d’un bleu azur, un charisme sans précédent jaillissait de cet homme. Même assis, sa forte musculature paraissait évidente.
Il rencontrait pour la première fois le Haut Seigneur.
Incapable d’émettre un son, il était resté coi.
— Que le salut soit sur vous humble messager. Avait-il dit d’une voix envoûtante. Les mots qui s’en suivirent charmaient tout autant.
Interdit, il écouta chaque phrase de son interlocuteur. Décom-posant chacune pour être sur de tout saisir.
Tout se bousculait dans sa tête; la mission, la promotion, le départ d’Arenar.
Cela n’augurait rien de bon. Simple fils de roturier, il accom-plissait aujourd'hui une mission primordiale pour la seigneurie.
Un autre doute l'accablait. La paix régnait dans l’Empire de-puis la guerre des Trois, et bien qu'il fût trop jeune pour s'en sou-venir, elle hantait encore les esprits. Quinze ans après l'armistice la douleur demeurait vive dans les cœurs.
Il aurait été étonnant que ce soit les Elfes qui les attaquent; bien qu'il n'en ait jamais rencontré, ils étaient considérés comme un peuple pacifiste. Les Wervires n'étaient pas assez puissants et les Unuk al Hay - aussi appelés peuple serpent, même s'ils s'étaient organisés en une nation indépendante, un affront à l'Empire leur serait fatal.
Un événement compromettait vraisemblablement cette paix.
Le cheval était éreinté.
La dernière halte remontait déjà à plusieurs heures. Pour ne pas tuer sa monture à la tâche, il s'arrêta près d'un lac. Malgré ses craintes, les délais seraient respectés.
Il n’était toujours pas rassuré.
Non, quelque chose ne collait pas. Si sa vie risquait d'être écourtée par un quelconque conflit, il valait mieux qu'il en soit au courant prestement. Le seul moyen de le savoir était d'ouvrir la missive. Cette pensée le conforta dans l'idée que l’homme censé être le plus puissant aurait du faire appel à l'un de ses messagers personnels. Pas à un simple sous-fifre.
Il ouvrit sa besace pour en sortir la lettre scellée du sceau sei-gneurial. Une tête de lion aveugle. Symboliquement, cela repré-sentait la toute-puissance du seigneur et son impartialité.
Le sceau ne semblait pas être ensorcelé. Le cachet pour seule protection; encore un procédé archaïque. Toute cette histoire le dépassait, il n'y avait rien de plus simple que desceller un cachet. Seigneurial ou pas. Si la confidentialité du contenu de cette lettre avait eu une quelconque importance pour l‘expéditeur, alors, les précautions utilisées n'en donnaient pas l'impression. Le Haut Sei-gneur n'était pas réputé pour être imprudent, bien au contraire.
Quand il n'était qu'apprenti, l'une des premières choses qu'il avait apprit était d'ouvrir les colis pour pouvoir subtiliser un petit peu d'argent. Maintenant qu’il était devenu compagnon, les vices du passé resurgissaient.
Il mit la main dans sa poche et en sortit un petit canif rouge avec une lame qui ne mesurait pas plus de deux millimètres de largeur. Elle passa proprement sous le sceau. Il le posa sur l'herbe et sortit de son sac à provisions la laitue qu'il avait achetée quelques heures auparavant, pour l'en recouvrir. C'était ce qu'il avait trouvé de mieux pour le protéger. Ensuite, il n'aurait plus qu'à recoller la cire avec une petite flamme.
La tension était à son paroxysme. Il se rendit compte que ce simple bout de papier pouvait à tout jamais changer sa vie. Que ferait-il si l’Empire était en péril ? Qu'adviendrait-il de ses rêves ? Il ne voulait pas s'enrôler dans l'armée, mais pourrait-il survivre s'il fuyait l‘Empire ? Si l'attaque était imminente allait-il prévenir ses proches, risquant de se faire tuer, ou allait-il s'échapper, s’offrant un destin de couard ? Autant d'interrogations en suspens qui n'auraient de réponse qu'après lecture. Il ne pourrait prendre une décision que devant le fait accompli. Il était maintenant trop tard pour faire machine arrière.
Il ouvrit délicatement la missive.
En vélin; bien que presque transparent et fin, le parchemin ré-sistait à ses doigts rendus malhabiles par l’anxiété. A plusieurs re-prises, il crut le déchirer. Cramoisies, les lettres défilaient sur le papier jauni, sans pour autant avoir un sens pour lui.
« Le Urten est fiable mais son pourvoi ..., tentation seuls. re-quis déconfite.»
Il avait beau avoir été bon élève, le message était loin d’être limpide. Après relecture, il comprit qu’Urten était fiable. Mais pourquoi son « pourvoi » n'était-il pas précisé ?
Si quelque chose était intéressant dans cette lettre, c'était bien la requête de cet homme. Quant à la seconde partie, ce devait être une sorte de seing. La lettre ne mentionnait en aucun cas une guerre probable - ce qui le rassura - et son rêve de devenir Maître apparaissait sous de meilleurs auspices, après cette mission dont il n’était plus digne.
La honte s'empara de lui.
Maintenant que ses craintes s’étaient dissipées, il se dit que le Haut Seigneur ne l'aurait jamais envoyé, lui, si un risque avait pesé sur l’Empire. De plus, même s'il n'avait plus confiance en ses coursiers, il y en avait au village de bien plus capables que lui chez les Maîtres messagers. Mais ce qui le dérangeait le plus, c'étaient toutes ces interrogations qu'il avait eues avant de la lire. Pour la première fois de sa vie, il se rendait compte qu'il ne se connaissait pas.
Il lança la laitue au cheval qui n'en fit qu'une bouchée. Recolla le cachet. Habile. Personne ne remarquerait qu'elle avait été ou-verte. Prêt à repartir, il ne lui restait plus que quelques heures pour respecter les délais.
Le crépuscule pointait. L’Académie n'était plus qu'à quelques kilomètres. On pouvait apercevoir deux immenses tours derrière les arbres. Il n'avait jamais rien vu de semblable. C'était sûrement l'édifice le plus grand de l'île.
Peu de choses avaient circulé sur ce lieu. En dehors du person-nel et des Seigneurs, personne n’y était jamais entré.
En contemplant les tours, la nostalgie s'abattit sur lui.
La mélancolie et la peur se mêlaient.
Plus il se rapprochait plus cela s'accentuait.
Π
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Moicesmoi
- Posté le
12 août 2009 à 12:29:46

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Lu. Bon, c'est assez moyen, le style est correct, sans plus, et le fond est à peine intriguant. J'attends de lire une quelconque suite avant de voir ce que ça donne, mais, pour l'instant, c'est pas un texte qui me semble particulièrement intéressant.
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--snake
- Posté le
30 août 2009 à 13:37:51

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Merci pour ta critique.
2
Il se sentait minuscule sur le parvis de l’Académie.
Architecturalement cela ne ressemblait en rien à tout ce qu'il avait pu apercevoir dans l’Empire.
La cour qui précédait l'immense porte d'entrée était très dépouillée : c’était une vaste étendue de terre avec un peu d'herbe. On n’y voyait qu'une petite cabane à quelques mètres d'un puits. Ce ne pouvait être celle d'un jardinier vu le manque apparent d‘entretien dont elle semblait souffrir. La bâtisse était immense : au pied du mur, on avait l'impression que les tours caressaient le ciel. Le plus surprenant, c'était qu'aucun rempart ne la protégeait. Pas une tour de guet ne surplombait la cour. Ceci ne pouvait signifier que deux choses : soit ceux qui régissaient l'Académie étaient fous, soit ils étaient tellement puissants que rien dans l'île ne leur faisait peur.
Les immenses portes d’entrée s’ouvrirent.
Deux dames d'un âge avancé l'accueillirent.
Bien que la couleur de leur cheveux était différente; il n'était pas difficile de s'apercevoir qu'elles étaient jumelles. De taille moyenne, les cheveux tirés en chignon, des yeux en amandes cerclés de longs cils; malgré leur âge, peu de rides s’étaient dessinées sur leur visage. Mais ce qui les distinguait le plus n'était pas d'ordre physique. Cela avait beau être abscons, on sentait chez elles deux âmes littéralement différentes. Le charisme qui se dégageait de ces deux femmes était antagonique.
Quand le regard du messager se porta sur la dame aux cheveux blancs, il ressentit une certaine chaleur, un peu comme le réconfort maternel; quand il le détourna vers la dame aux cheveux couleur de jais, cette béatitude se dissipa pour laisser place à un froid terrible. Rien en elle n'exprimait la moindre sympathie, il était difficile de croire que cette dame travaillait dans un lieu comme celui-ci.
Pour rester fidèle à l'impression qu'elles projetaient, elles portaient la même robe. De la même taille, mais de couleurs différentes.
Une robe blanche pour celle qui exprimait la sérénité.
Une noire pour celle qui le troublait.
La dame en blanc s’avança vers lui et se présenta :
— Je suis Miss White, et voici ma sœur, Miss Black. Que nous vaut le plaisir ?
— Ou le déplaisir ? renchérit sa sœur.
— Mortitia ! répondit Miss White sur un ton conciliant. Sa voix était enivrante, presque envoûtante.
— C'est le Haut Seigneur qui m'envoie. En personne, précisa-t-il pour se donner de l’importance. J'ai un courrier pour le directeur.
— Vous êtes donc messager ? lui dit Mortitia. Le petit rire qui s'ensuivit lui fit comprendre qu'elle le dédaignait.
Sans se démonter, il rétorqua :
— Et fier de l'être, j'espère devenir très vite maître messager.
Elle se mit à le dévisager.
— Ambitieux avec ça. L'ironie dans ce qu'elle venait de dire, trahissait volontairement son dégoût pour ce parfait inconnu.
— Veuillez excuser ma sœur, intervint Miss White, il semblerait qu'elle ait oublié les bonnes manières. Si vous voulez bien vous donnez la peine de nous suivre, nous allons vous emmener voir l'intendant car le directeur n'est pas encore là.
Après avoir franchi les portes, il dut traverser un étrange couloir. En largeur, le couloir ne pouvait accueillir que deux personnes, il suivit donc les sœurs en restant derrière elles.
Un papier, peint en rouge, était collé sur les murs. La décoration n'était pas son fort et même si cela était étrange, il trouva cela très beau. Le Haut Seigneur aurait du faire de même dans sa demeure. Contrairement au château, aucun tableau n’était accroché, juste quelques lustres disposés à intervalles réguliers pour les éclairer dans leur marche.
Une fresque ornait le haut du couloir. Egalement en papier, d'une couleur jaune foncé; des noms y étaient inscrits.
Après avoir lu quelques noms en marchant, il s'arrêta sur l'un d'entre eux : Minerve.
Sans qu'il puisse savoir pourquoi, une larme perlait sous son œil. Il n'avait jamais entendu ce nom, cependant, il lui était terriblement familier.
Cela faisait déjà cinq bonnes minutes qu'il les talonnait et il n'avait vu aucune porte sur les côtés.
L'Académie était un lieu très étrange.
Juste à quelques mètres devant lui se trouvait une petite porte; la dame en blanc dont il ne connaissait toujours pas le prénom prononça quelques mots dans une langue inconnue.
La porte, sans qu'elle ait eu à la toucher, s'ouvrit lentement.
Si de l'extérieur le bâtiment était exceptionnel, l'intérieur quant à lui était extraordinaire. On eut du mal à imaginer une pièce aussi grande. Il est vrai que de l'extérieur on se doutait de la grandeur des lieux mais quand on y était, on était forcément estomaqué. Même la salle principale du château où il avait du passer pour quitter le Haut Seigneur ne devait en faire que le quart.
Quelles autres merveilleuses surprises l'attendaient ?
Ce qui était sûr, c'est qu'il n'était pas venu pour rien. Malgré un voyage harassant, il se sentait revigoré par autant de beauté offerte à ses yeux.
Dans la grande salle, une trentaine de personnes couraient de toute part; quelque chose se préparait et à voir l'empressement de la foule ce devait être quelque chose de grandiose. Ils semblaient pressés par le temps. On pouvait voir sur leur visage qu'ils étaient ravis. Pas une once d'ennui ou d'agacement pour le travail qu'ils fournissaient. C'était une réelle motivation qui les poussait à la tâche.
Devant lui, au-dessus des marches un homme, à peine plus grand qu’un nain, organisait ce petit monde comme un chef d'orchestre. Il avait dans une main un livre relié marron et dans l'autre une longue canne dorée qu'il agitait avec grâce. Chaque personne visée par le bâton s'exécutait sans qu'il n'ait eu besoin de prononcer un mot, tels des pantins dirigés par des fils invisibles.
Le marionnettiste préparait un événement qui se voulait aussi grandiose que ce lieu.
Mortitia fit un signe de la main au petit homme et se retourna vers le messager.
— L'homme à qui j'ai fait un signe est l'intendant Jîro, nous l'avons prévenu de votre arrivée et en l'absence de Mr le directeur, il a la charge des lieux. Montez le voir, il vous dira quoi faire.
— Merci mesdames. Il se tourna vers Miss White et sans savoir pourquoi il lui demanda son prénom.
— Il n'est pas de nom utile mais j'accepte d'accéder à votre dernière requête.
Il fut surprit.
— Dernière requête ? Qu’entendez-vous par là ?
Mortitia coupa court à la conversation :
— Ne faites pas attendre l'intendant, il est comme qui dirait... mordant.
Ses lèvres s’étaient contractées dans un sourire pervers.
— Mon nom est Morgane, et maintenant allez ! Vous arrivez enfin au bout de votre périple.
Pendant qu’il gravissait les marches, les mots « dernière requête » résonnaient encore dans sa tête. Que voulait-elle lui dire ?
Grimpant les marches une à une, le commentaire de cette dame le renvoya à ce que le haut seigneur lui avait dit avant de partir.
Quand le Haut Seigneur lui eut expliqué ce qu’il attendait de lui, ils sortirent, accompagnés par la garde blanche; cette fois ci, en homme libre. Il retraversa ce qu’il pensait être des égouts - en réalité juste un passage non entretenu. Il passa une porte rongée par les mites et se retrouva dans une grande pièce au fond de laquelle un trône était placé. La porte rongée par les mites était de ce coté dissimulée. Peints en blanc, les murs s’harmonisaient parfaitement avec les nombreux tableaux qui y étaient accrochés. Éclairée de mille feux, par des chandelles judicieusement déposées, cette pièce était de toute beauté.
— Messager, si vous revenez en Arenar, vous passerez au rang de Maître. Outre la distinction, vous pourrez être fier du service rendu à l’Empire.
Avant la remarque de Miss White, il n’avait été motivé que par cette phrase. Elle avait désormais pris un tout nouveau sens.
Le « si » utilisé par le Haut Seigneur le terrorisa.
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where_is_joel
- Posté le
30 août 2009 à 15:33:14

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Avaal ?
y'a que moi que ça fait rire ?
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--snake
- Posté le
30 août 2009 à 16:42:56

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lol, j'y avais jamais pensé?
Alort (sic) AAval?
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--snake
- Posté le
4 novembre 2009 à 12:47:02

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3
Elle observait à travers la lucarne.
Aucun artifice. Une chambre. Blanche.
Dans un coin, un enfant recroquevillé sur lui-même. Se balançant d‘avant en arrière, il attend, dérouté.
Ni petite, ni grande. Svelte. Des yeux oblongs se dessinaient sur un visage dégagé par une chevelure cendrée, roulée et attachée sur la tête. Le visage marqué par les années, elle semblait tout de même avoir été fort jolie.
Elle prit l'amas de papiers verdâtres posé sur la table, le mit dans son sac et lança un dernier regard vers la lucarne. Abandonnant l’enfant pelotonné seul dans sa tourmente.
Elle passa la porte sans la refermer à clef.
Nocturne balade, elle longeait les masures en direction du sud. Certaines encore éclairées malgré l’heure tardive, d’autres, des mendiants à leurs pieds attendant l’obole qui les sustenterait.
Parcourant la promenade qui longeait le parc, ses yeux s’arrêtèrent sur un lopin de terre ou survivait un Chrysanthème jaune. Autrefois, lieux d’éclosions pour les fleurs qui habillaient le parc d’un voile jaune, on y voit flétrir aujourd’hui qu’ilotes et filles de joie.
Modestement vêtue, elles vendent leurs services dissimulées derrière un masque de maquillage. Aucune jolie, pas laide. Simplement sans vie. Les souteneurs, bien souvent mari ou père, guettent pendant qu’elles apostrophent les débauchés sortant des tavernes avoisinantes.
A deux pas de là, deux hommes ivres se disputaient une flasque. Le plus petit asséna un coup dans l’un des tibias de l’autre, ce qui eu pour effet de renverser la flasque. Ahuri, le plus grand lui sauta dessus continuant leur con-flit au sol. Une enfant sortie d’on ne sait, où déroba la flasque sans trop de difficulté. Aussi rapidement qu’il était apparu, l’enfant laissa les deux hommes dans leurs affaires et se dissimula pour perpétrer d’autres rapines. Seul un regard exercé aurait pu voir ce qui venait de se passer, elle était assu-rément la seule à l’avoir vu dans cet attroupement d’âmes en perdition.
Devant un temple, dans l’indifférence générale, un souteneur battait l’une de ses filles. Elle ne se rappelait plus de l’époque ou le lieu grouillait de vie. De vraie vie.
Elle longea la dernière ruine, vestige d’un passé glorieux, et s’enfonça dans le bois.
Le teint pâle, un homme assis au pied d’un arbre la regarda disparaître dans la forêt. Une tige dans la bouche. Il sourit.
Aveugle. Les nuages dissimulaient les étoiles. Résolue, elle continua sa marche dans l’obscurité absolue, pas inquiétée par le bruit suspect des ani-maux.
Un craquement anormal attisa sa curiosité. Elle se senti soudain agrippée ; une main sur la taille, l’autre, moite, autour, du cou. Une haleine fétide la harcelait. L’avant de la main habillé de poils roux la contraignit à rester im-mobile.
Sortant de derrière un arbre, un homme imposant, le crâne rasé, arborait bon nombre de cicatrices. Une torche dans une main, une épée dans l’autre. Son corps saillant, ruisselait de sueur. Derrière lui, deux autres à l'apparence tout aussi impressionnante le suivaient.
Il devait être à la tête de ce petit groupe. Face à elle, il esquissa un sourire.
L'étreinte n’était plus.
N’ayant à aucun moment perdu contenance et dépourvue des mains du roux, elle entreprit de poursuivre sa marche en oubliant ses ravisseurs.
Abasourdi, le chef leva le pommeau de son épée et l'abattit sur la dame. Des rires gras résonnèrent dans le bois.
La tempe en sang, elle se releva chancelante. Etonné qu’elle puisse encore tenir debout après tel coup, le roux la saisit de nouveau, exagérant son em-prise sur elle.
Le chef s’approcha de nouveau, mais au lieu d’un sourire assuré, un rictus mal contrôlé se contracta sur son visage.
— Tu sembles pleine de ressources vielle femme. Sache que dans la forêt de l’Entre-Deux-Sna, je suis le maître. La présence de ceux de ta race n’est pas la bienvenue.
Il la gifla violemment. La haine qu’il éprouvait à son égard était palpable.
Inflexible, elle ne laissait transparaître aucune émotion, ce qui faisait en-rager son agresseur.
Levant de nouveau son pommeau. Prêt à la battre. Elle ouvrit la bouche pour parler. L‘arme s'arrêta net.
— Vous avez annexé une partie de nos terres. Corrompu certains fidèles. Vous avez tenté d'annihiler notre foi.
L’emprise du roux céda. Les cheveux de la femme quittèrent leur attache et se mirent à flotter, bien qu’il n’y ait pas un souffle de vent.
Le regard lointain. En transe. Elle ajouta :
— Son retour est proche. Les tiens paieront pour leurs exactions.
Tendant un doigt accusateur vers eux, les hurlements des hommes s’échappèrent de la forêt. Leur peau rongée par des flammes invisibles, se noircirent jusqu’à disparaître, laissant à l’air libre la chair écarlate.
Dépecés, ils tombèrent sur l’herbe fraiche du crépuscule.
Elle ramassa l’une des torches et poursuivit son ascension.
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