Les fables de la Grande Platitude - Ecriture sur JeuxVideo.com

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Sujet : « Les fables de la Grande Platitude »

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  • Gouloudrioul Voir le profil de Gouloudrioul
  • Posté le 26 juin 2009 à 00:25:31 Avertir un administrateur
  • Bon, attention, je m'apprête à poster quelque chose d'incroyablement débile et décalé. C'est quelque chose que j'écris quand j'ai vraiment envie de me vider le crâne de toute les conneries de la journée. Ici, pas question d'envolées littéraires, de tournures qui tuent, de personnages profonds, non non. C'est juste un vaste délire, que j'ai envie de partager (allez savoir pourquoi). Juste un truc : soyez pas rebutés par les 50 premières lignes. Le début d'un tripe n'est jamais évocateur .

    Introduction

    _ Hey, mon gars ! Pousse-toi !
    Hubert regarda de ses grands yeux la personne qui venait de lui crier dessus. Hubert était mendiant dans les rues de la cité de Pouf-Sur-Mer. Et il n’avait pas pour habitude de lâcher ses proies :
    _ Monsieur, monsieur, un peu d’argent ? S’il vous plaît, pour nourrir un pauvre homme !
    Mais la pauvre personne harcelée de daigna pas lui jeter un regard et poursuivit son chemin. Et Hubert se rassit contre un des murs de la ville, et attendit qu’une autre victime arrive.

    Chapitre 1 : La tablette et la fraise

    Une fraise se définit de par sa flexibilité et son origine. Si l’origine de la fraise est moindre, sa flexibilité s’en trouvera donc réduite. J’en conclus qu’une fraise rigide n’a pas d’origine.
    P. Stafanoupouloskof, philosophe renommé de la Grande Platitude.

    Le Grand Problème est que cette histoire de parle pas du tout d’Hubert. En fait cette histoire ne parle pas de grand chose en particulier. Tout commença le jour où, lors des fouilles archéologiques près de Paf-Sous-Val, on découvrit une étrange tablette. L’archéologue en charge alla alors directement prévenir son chef. Il entra dans la tente et hurla :
    _ J’ai découvert une étrange tablette lors des fouilles archéologiques près de Paf-Sous-Val !
    Le chef haussa les sourcils et fixa l’archéologue :
    _ Vraiment ? Et que dit cette tablette ?
    _ Rien, mon chef. Elle est totalement vierge.
    _ Qui ça ?
    _ La tablette, mon chef.
    Le chef fit signe qu’on lui donne cette fameuse tablette. Il l’observa, la tourna et la retourna dans ses mains, mais ne trouva aucune marque.
    _ Cette tablette est vierge, archéologue, déclara-t-il.
    _ C’est effectivement la conclusion à laquelle je suis parvenu, mon chef.
    _ Pouvez-vous me dire ce qu’une tablette vierge fait près de Paf-Sous-Val ?
    _ Non, mon chef.
    Le chef enfourna soudainement son pouce dans la bouche. Mimique distinctif, et différentes chez les chefs de toutes sortes. Je vais ici m’arrêter pour expliquer certaines choses. Le monde dans lequel vivent Hubert, l’archéologue et le chef se nomme Grande Platitude (car il est grand est plat). Vivent des humains qui naissent sous une classe particulière. Le chef, par exemple, est né sous la classe de chef. L’archéologue est né sous la classe de civil. Le fait est que chaque classe supérieur à une autre a le droit de la commander. Ainsi quelqu’un de classe extrabouseux n’aura vraiment pas de chance, car il sera obligé de répondre aux ordres de tout et n’importe qui. Il sera même inférieur aux objets, aux animaux et à toutes choses possibles et imaginables. Revenons à la classe des chefs. Comme toutes les hautes classes (chef, grandchef, extrachef et dieu), les chefs ont chacun des signes bien distinctifs. Ils ont tous des tiques, qu’ils sont obligés d’effectuer. L’un devra sautiller lorsque il parlera, l’autre devra siffler lorsque il se trouvera moche. Et le chef auquel nous sommes confronté doit sucer son pouce lorsqu’il réfléchit. Mimique en somme tout à fait acceptable, par rapport à d’autre. Le chef réfléchit donc et parvint à une conclusion :
    _ Si cette tablette est vierge, il faut découvrir pourquoi !
    Il fixa l’archéologue, le pouce suintant de bave.
    _ Non, vous ne pensez pas ?
    _ Si bien sûr, mon chef. C’est d’ailleurs tout à fait pertinent comme suggestion.
    _ N’est-ce pas ? Bon, et bien, vous allez vous mettre en route.
    _ Moi ? Mais... Je ne sais même pas par où commencer...
    _ Moi si, rétorqua le chef. Je connais un spécialiste des tablettes renommé dans le monde entier. Il habite à Craque-Sous-Billard.
    _ Craque-Sous-Billard ? Mais c’est... loin.
    _ Je vous félicite pour cette observation. Maintenant partez.
    Et l’archéologue partit. Il prit des vivres et de quoi dormir puis se mit en route, au petit matin. Il traversa les grands Vals qui cernaient Paf-Sous-Val, foulant l’herbe sauvage de ses petits pieds de civil. Le soleil levant était beau, Le-Mec-Qui-S’occupe-Du-Soleil avait fait du bon boulot aujourd’hui. Le-Mec-Qui-S’occupe-De-La-Lune allait se surpasser cette nuit pour dépasser sous rival de toujours. C’était bon signe. Les Mecs étaient de bonne humeur, l’archéologue pouvait voyager tranquillement. Il parvint à Paf-Sous-Val alors que la nuit tombait juste. Il trouva facilement une auberge pour se restaurer, histoire d’économiser ses vivres. Lorsqu’il y entra, les éclats de voix, la chaleur des corps et du feu, et le tintement des chopes parvinrent jusqu’à lui. Il se dirigea vers l’aubergiste.
    _ Aubergiste, une bière !
    _ Bien, mon bon monsieur.
    Et il lui servit une bière. L’archéologue demanda :
    _ Dites, vous ne sauriez pas où je pourrais trouver un guide ?
    _ Et où qu’il veut aller ?
    _ A Craque-Sous-Billard.
    _ Craque-Sous-Billard ? C’est loin...
    _ Je sais. Alors ?
    _ Ben écoutez, si vous voulez je vous fais une sélection... Attendez voir.
    Il siffla, et des personnes, jusqu’alors assises sur les tables, se levèrent et se précipitèrent vers l’aubergiste, tels des chiens dressés.
    _ Ce sont là tous mes guides. Je vous laisse vous entretenir avec chacun d’entre eux.
    L’archéologue acquiesça et prit un premier guide à l’écart. Il s’assirent à une table, face à face.
    _ Alors... commença l’archéologue. Faites-moi une brève présentation de vous, s’il vous plaît.
    Le guide se lécha les lèvres, se racla la gorge et dit :
    _ Je m’appelle Franck et j’aime la tarte au citron.
    L’archéologue l’encouragea d’un signe de tête à continuer.
    _ Je suis de classe civil, je mesure un mètre quatre-vingt, j’ai les cheveux châtains, j’ai les yeux noirs, et j’ai trente six ans.
    _ Oui, nan mais ça, merci, je le vois là, à quoi vous ressemblez.
    _ Nan mais c’est parce qu’on me voit pas.
    _ On... On vous voit pas ? Comment ça ?
    _ Ben j’suis un peu obligé de faire une description de moi, pour qu’on se fasse une idée de qui je suis.
    _ Mais... Mais puisque je vous dit que je vous vois. Je suis pas aveugle, hein.
    _ C’est pas pour vous.
    _ C’est pour qui alors ?
    _ Pour ceux qui me voient pas, j’vous l’ai dit.
    _ Mais là y’a que vous et moi, donc ça sert pas à grand chose de vous décrire physiquement.
    _ C’est parce que vous ne voyez pas au delà des choses. Vous ne cherchez jamais en profondeur. Nous sommes tous fictifs, mon ami.
    _ Euh... Barrez-vous. Barrez-vous, tout de suite, sinon j’vais m’énerver. Pas envie de me traîner des débiles, moi. Et amenez-moi le prochain guide aussi.
    Cinq minutes plus tard, le prochain guide s’assit à la table de l’archéologue.
    _ Bonjour. Une présentation, s’il vous plaît ?
    Le guide s’exécuta :
    _ Tout d’abord, je m’appelle Placard Lafraise.
    _ Lafraise ?
    _ Oui, Lafraise.
    _ Vous n’allez pas me dire que c’est votre nom ?
    _ Ah parce que c’est Lafraise qui vous fait tiquer, vous ?
    L’archéologue sourit.
    _ Mais c’est ridicule, voyons !
    _ Quoi, vous allez me virer pour mon nom ?
    _ Mais non, mais non, ce sont vos compétences qui comptent. Donc, que savez-vous faire ?
    _ Je sais guider.
    _ Oui bien sûr, mais encore ?
    _ C’est ce qui compte, non ?
    _ Oui, mais j’aimerai me faire une idée de votre personnalité, pour savoir à qui j’ai à faire.
    _ Je suis assez intelligent, enfin je crois.
    _ Oui, oui, poursuivez. Quel est votre classe ?
    _ Je suis un chef.
    _ Un chef ? Et vous vous laissez commander par moi depuis tout ce temps ?
    _ Nooon, mais je suis tolérant, moi.
    _ Si vous le dites... Et quelle est votre manie ?
    _ J’insulte les gens quand je suis heureux.
    _ Ah oui... Pas commode.
    _ Non non, moi c’est Placard.
    _ Ouais je sais, pas comme l’empereur.
    _ De quoi ?
    _ Hein ?
    _ Oulà, je sais plus moi...
    _ Alors, vous me prenez ?
    _ Allez, ça vaut le coup d’essayer. Au pire, je change de guide en route.
    Sur ce, l’archéologue tapa du poing sur la table.
    _ Allez, pour fêter ça je vous offre à manger ! Qu’est-ce que vous voulez ?
    _ Nan mais tu te prends pour qui, p’tit con ? Tu crois que je suis pauvre ? T’es trop demeuré pour comprendre que je suis supérieur à toi ? J’prendrai une tarte à la fraise, mais gaffe, mon gars, parce que sinon j’vais tellement t’enfoncer mon poing dans la gueule que ta face de chien va changer de sens.
    L’archéologue cligna des yeux plusieurs fois avant de lâcher :
    _ Euh... Vous m’expliquez ?
    Placard sembla soudain se rendre compte de ce qu’il venait de dire.
    _ Ah... désolé. Vous voyez, quand je suis content, j’insulte tout le monde. Excusez-moi, vraiment, je le referai plus.
    Puis il se mit à marmonner tout bas :
    _ Ton chien est mort quand tu avais trois ans, tuant de tristesse ton petit frère. Au cause de ça, ton père sombra dans l’alcool et ta mère ne tarda pas à se suicider.
    L’archéologue observa, perplexe, puis reprit ses esprits et cria :
    _ Hum... Aubergiste, une tarte à la fraise !
    L’aubergiste s’approcha et donna une formidable gifle à Placard, qui bascula sur sa chaise. Le tavernier adressa un sourire à l’archéologue.
    _ Et avec ça, vous prendrez ?

    Au petit matin, l’archéologue et Placard Lafraise se mirent en route. Il sortirent de Paf-Sous-Val et empruntèrent un petit chemin forestier, bordé d’arbres tortueux et sinueux. Cà et là des oisillons chantaient, un cours d’eau cascadait et des insectes crissaient. L’archéologue se sentait bien au milieu de cette nature. Il observa Placard qui marchait légèrement devant lui, et qui semblait triste comme la mort.
    _ Qu’est-ce qui vous arrive, vous êtes malheureux ?
    Placard leva lentement la tête et répondit :
    _ Comment ? Non, pas du tout. Mais vous voyez, je suis obligé de me maintenir dans un état constant de tristesse pour ne pas me mettre à vous insulter. Sinon, croyez-le, en cette belle journée ensoleillée, les vannes fuseraient.
    _ Allez-y, ne vous gênez pas pour moi, je saurai de toute façon que vos insultes ne sont pas sincères.
    _ Très bien, merci beaucoup !
    Et aussitôt, il poursuivit :
    _ Hey, je dois te rappeler que je suis chef, sac à merde ? Tu crois que tu peux me permettre ou ne pas me permettre des choses ? Ce qui sort de ta grande gueule vaut tellement rien que même une merde de pigeon y prêterait pas attention, et tu crois pouvoir me donner des ordres ?! Elle est bonne celle-là ! Ah ah ! J’ai presque jamais autant ri ! A part peut être la fois où j’ai vu ton visage de ver centenaire agonisant pour la première fois ! T’es tellement inutile que...
    Et il poursuivit ainsi, durant de longues heures. Au début, l’archéologue en rit, mais Placard en profitait pour attiser ses insultes, il choisit donc de se taire. Cela ne le gênait pas plus que ça. Ses vociférations devinrent un fond sonore, une sorte de vrombissement incessant qui se complaisait avec tous les autres bruits de la forêt. Ainsi, l’archéologue ne s’en trouva pas dérangé. Et, au bout d’un très long moment, alors que le crépuscule pointait à travers la cime, Placard se tut. L’archéologue se demanda pourquoi, mais Lafraise répondit avant que celui-ci ne pose la question :
    _ J’ai peur du noir... Il va bientôt faire nuit.
    L’archéologue sourit.
    _ Ah, on va pouvoir dormir en paix, c’est déjà ça.
    _ Vous oui, pas moi.
    _ Allons, allons, on sera tous les deux, il n’y a pas de raison d’avoir peur.
    _ Vous avez peut être raison...
    Mais apparemment, il ne cessa pas d’avoir peur, car les insultes ne reprirent pas.

    Ils firent un feu au milieu d’une clairière, et firent griller des tranches de viande que l’archéologue avait emporté avec lui. Alors que la délicieuse odeur de la nourriture grillée leur parvenait, Placard demanda soudain :
    _ Pourquoi est-ce que vous devez aller à Craque-Sous-Billard déjà ?
    _ Je ne le vous l’ai pas déjà dit.
    _ Ah oui, c’est ça. Vous pouvez me dire ou c’est top secret ?
    _ Non non, je peux vous dire. Je vais faire examiner une tablette par un spécialiste.
    _ Ah, très bien. Pourquoi, qu’est-ce qu’elle a de spécial ?
    _ Elle est vierge.
    _ Qui ça ?
    _ La tablette.
    _ Ah ? C’est vrai que c’est plutôt étrange.
    _ N’est-ce pas ?
    Il y eut un court silence, puis Placard reprit :
    _ Dites, vous ne m’avez jamais dit votre nom.
    _ Effectivement.
    _ Vous pourriez me le donner ?
    _ Pour quoi faire ?
    _ Euh, et bien, ça peut être pratique.
    _ Pratique ? Pour quoi ?
    _ Je ne sais pas... imaginez, par exemple, que j’aie besoin d’aide et qu’il n’y ait que vous. Pour vous appeler il me faut un nom.
    _ Pas forcément. Vous pouvez m’appeler «archéologue».
    _ Oui, mais dans ce cas là, si il y a plusieurs archéologue dans le coin, ça risque de porter à confusion.
    _ Et bien ce sera celui-là qui viendra vous sauver, je ne vois pas où est le problème.
    _ Pfff... eh bien... dites vous qu’il n’y a que vous qui puissiez me sauver, dans le genre un garde me retient et vous devez venir en personne, mais vous êtes trop loin pour voir que je suis captif et je dois vous appeler.
    _ Pourquoi est-ce que je devrais venir en personne ? C’est stupide. Pourquoi pas un autre ?
    _ Le garde ne veut que vous, parce qu’il préfère votre tête.
    _ Mais alors, je connais le garde ?
    _ Non... Enfin oui. Non. Si, si ! Il vous connaît, et je sais qu’il vous connaît, et c’est donc vous que j’appelle pour négocier avec cette personne que vous connaissez. Ce qui justifie le fait que c’est vous qui devez venir et personne d’autre.
    _ Admettons. Mais si par exemple, c’est quelqu’un que je connais, mais que nos rapports sont mauvais ? Dans ce cas là, en m’appelant vous mettez ma vie en danger. J’en conclus qu’il ne faut pas que je vous donne mon nom, car ça revient à une forme de suicide.
    _ Si vous me donnez votre nom, vous vous suicidez ?
    _ Voilà, c’est la conclusion à laquelle je suis arrivé.
    _ Ca se tient.
    _ N’est-il pas ? Ah, le repas est prêt. Mangeons.
    _ Bon appétit.

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  • impact_neuronal Voir le profil de impact_neuronal
  • Posté le 26 juin 2009 à 14:21:56 Avertir un administrateur
  • Bon gros pavé Goulou :ok:

    J'espère que quelqu'un le lira :ange:
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  • Gouloudrioul Voir le profil de Gouloudrioul
  • Posté le 26 juin 2009 à 15:11:27 Avertir un administrateur
  • J'espère pour toi que tu vas le lire :D .
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  • triplidio Voir le profil de triplidio
  • Posté le 26 juin 2009 à 15:48:25 Avertir un administrateur
  • C'est effectivement complètement barje ! :fou:

    Moi j'aime. Le coup des Mecs-Qui-S'occupent m'a particulièrement plu. C'est poilant.

    Suite ?
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  • iron66 Voir le profil de iron66
  • Posté le 26 juin 2009 à 16:19:04 Avertir un administrateur
  • Effectivement c'est barge mais c'est quand même bien drôle ^^
    Malgré le fait qu'il n'y ai pas d'envolées littéraires c'est pas trop mal écrit pour un délire.

    Sinon j'ai beaucoup aimé le dialogue final qui m'a un peu fait penser aux dialogues absurdes de kaamelott ^^

    La suite donc !
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  • Gouloudrioul Voir le profil de Gouloudrioul
  • Posté le 26 juin 2009 à 17:06:17 Avertir un administrateur
  • Merci pour vos commentaires ^^. Effectivement, maintenant que tu le dis, il y a un peu de kaamelott dans mes dialogues. Mais je m'en suis pas rendu compte en écrivant oO . En tout cas, content qu'il y ait des gens pour aimer mon humour simplement barré :o)) . Voilà la suite :) .
    _____

    Chapitre 2 : Le puits, le jambon et la biche pirate

    Un bon jambon est un jambon mort, disait OsQuiGratte, grand Roi des jambons abandonnés. Ce peuple avait en effet pour coutume de tuer sa viande avant de la manger. C’est ce qui fit la renommée de sa nourriture, car personne n’avait jamais pensé à telle pratique à l’époque. Tout le monde mangeait sa viande alors qu’elle criait encore. L’idée des jambons abandonnés fut donc une illumination pour le monde entier, et révolutionna la cuisine à l’échelle planétaire.
    Histoire de la cuisine, par G. Feim

    L’archéologue (qu’on connaît pas son nom) fut réveillé par les cris vociférants de Placard.
    _ Bouge ton cul petite merde amorphe ! T’es plus mou que ta propre bitte ! Tu vas arriver à tenir sur les brindilles qui te servent de jambes ou alors faut que j’aide ta carcasse puante à se relever ? Alors, tu te lèves vieille lèvre dégoulinante !?
    Il orchestrait le tout en donnant des petits coups de pied dans les côtes de l’archéologue. Celui-ci se leva tant bien que mal et fut aussitôt agressé par les rayons du soleil. Le-Mec-Qui-S'occupe-Du-Soleil devait être de mauvaise humeur. Nos deux compères préparèrent leur sac pour la longue route qui les attendait encore. Puis ils se mirent en... route.

    Cela faisait alors deux heures qu’ils marchaient lorsqu’ils tombèrent sur quelque chose de fort singulier. Un trou creusé et cerclé de pierre se tenait là, sur le côté de la route.
    _ C’est un puits, déclara Placard.
    _ Oui, c’est un puits.
    C’était un puits. L’archéologue, intrigué, pencha sa tête vers le trou.
    _ Je vois pas le fond.
    La guide n’y crut pas et dit :
    _ Vous suintez tellement la graisse que ça vous aveugle ? Laissez-moi voir !
    Il regarda à son tour.
    _ C’est vrai ce que vous dites là.
    _ Bien sûr.
    _ Pourquoi est-ce que vous croyez qu’on ne voit pas le fond ?
    Cette fois Placard s’adressait poliment. L’archéologue commençait à comprendre son fonctionnement. Lorsque tout autre sentiment que le bien être prenait le dessus, il était normal et n’insultait plus tout le monde. En l’occurrence, il était ici plus curieux qu’heureux. L’archéologue réfléchit donc à sa question (pertinente).
    _ Peut être que... Peut être que le fond est trop profond pour qu’on le voie ?
    _ Hmm, oui, c’est tout à fait possible maintenant que vous le dites.
    _ Jetons un caillou pour voir.
    _ Non, il vaut mieux pas.
    L’archéologue le regarda.
    _ Hmm ? Pourquoi pas ?
    _ Et bien c’est pas assez précis. Imaginez que le fond soit vraiment très éloigné de nous.
    _ Oui ?
    _ Et bien si le caillou fait plouf...
    Il laissa sa phrase en suspend, laissant l’archéologue deviner.
    _ Il risque de nous éclabousser ? Proposa celui-ci.
    _ Mais non ! Le son risque de mettre trop de temps à parvenir jusqu’à nous, et donc notre calcul pour calculer la profondeur sera faussé.
    _ Vous voulez dire qu’un caillou va plus vite que le son ?
    _ Hmm, on peut dire ça comme ça, effectivement.
    _ Mais un caillou, en soit, ça ne «bouge» pas. Comment pourrait-il aller plus vite que le son ?
    _ Mais quelle est pour vous la définition de vélocité ?
    _ Je ne sais pas. Quelque chose qui bouge par lui même. Comme le vent, la lumière, tout ça.
    _Et l’érosion qu’est ce que c’est ? Ca fait pas bouger un caillou peut-être ?
    _ Si, mais moins vite que le son.
    _ Qu’en savez vous, vous êtes expert ?!
    _ Et vous ?
    S’ensuivit un long silence que rien ne vint briser. Au bout d’un moment l’archéologue demanda :
    _ Et pour le puits, qu’est-ce qu’on fait ?
    _ J’ai réfléchi, et la seule solution serait de nous jeter nous-même dans le puits.
    _ Ainsi, nos calculs seraient exacts ?
    _ Oui. Mais il faudrait calculer pendant notre chute, ce qui est loin d’être évident.
    _ Ou alors il faudrait se couper une oreille et la jeter.
    _ C’est totalement débile.
    _ Je suis d’accord, mais je préfère sacrifier une oreille plutôt que moi.
    _ Ca se tient, c’est sûr.
    _ Bon, alors je me coupe une oreille ?
    _ Si tu y tiens...
    _ Tu as un couteau ? Demanda l’archéologue.
    _ Non mais tu pourrais prendre une pierre incisante.
    _ Incisive.
    _ Non non, incisante.
    _ Ah, autant pour moi.
    _ Non, au temps pour moi.
    _ Oui, c’est ce que j’ai dit.
    _ Non, tu as dit autant pour moi. Or, c’est au temps pour moi.
    _ Désolé de ne pas voir la différence, mais c’est la même chose.
    Le guide prit un air consterné.
    _ Tu n’as aucune culture.
    _ C’est pour ça que je suis archéologue ?
    _ Je veux dire culture de la langue.
    _ Parce qu’un guide a ce genre de culture ?
    _ Parfaitement. J’ai fait lecture de panneau avancée dans mes options.
    _ Et on vous y apprend toutes les règles françaises ?
    _ Ce qu’il y a à savoir. Et apparemment, vous ne savez même pas ce qu’il y a à savoir.
    _ Vous êtes tellement vulgaire, vous croyez pouvoir définir ce qui est normal ou pas ?
    _ En effet, car moi j’ai eu l’éducation nécessaire.
    _ Vous manquez de profondeur, mon cher ami.
    _ Vous n’allez pas me dire qu’un bête est égal à un intelligent au niveau de l’intelligence, en vous justifiant avec vos histoires de profondeur ?
    _ C’est stupide ce que vous dites là, car par définition un bête EST bête, il est donc inférieur à un intelligent.
    _ Vous dites que je fais des généralités mais vous ne faites pas mieux.
    _ Je n’ai fait que vous reprendre.
    _ Vous pensez vraiment que...

    Placard fut interrompu par un bruit provenant des profondeurs du puits. Ils s’arrêtèrent tous les deux de se disputer et tendirent l’oreille. Le son se fit soudain plus sourd, et leur parvint plus nettement. Quelque chose remontait à la surface. Et il n’allait pas tarder à surgir... L’archéologue poussa un cri lorsqu’un corps filandreux immergea du puits. Un corps incertain, brumeux. Il flotta un instant au dessus du puits puis se dirigea vers les deux voyageurs. Ils purent alors voir distinctement sa tête : un jambon. Un jambon, oui certes, mais pas n’importe quel jambon, car il était barré d’une bouche (fente ouverte dans la viande) et de trous en guise d’yeux qui se fermaient au rythme des paupières. Ce jambon était, comme le reste du corps, transparent et fantomatique. Il prit la parole, et la coupure qui faisait office de bouche s’anima :
    _ Avez-vous fini ?! Cela fait une heure que vous discutez comme des mégères à l’entrée de mon antre.
    L’archéologue bafouilla :
    _ Ah... C’est... c’est votre antre ?
    _ Oui, c’est mon antre. Et je peux vous dire que jamais je n’avais entendus conversations aussi stupides, et que jamais je n’avais vu deux voyageurs s’attarder aussi longtemps.
    Ce fut au tour de Placard de demander :
    _ Nous... vous avons dérangé ?
    _ Oui, fit le jambon-homme, de sa voix puissante. Vous avez perturbé mon sommeil ancestrale.
    L’archéologue hésita puis demanda :
    _ Mais... qui êtes vous ? Que faites vous ici ?
    _ Je vais tout vous raconter, car malgré tout je suis content d’avoir un peu de compagnie. Mais ne vous reposez pas sur vos lauriers, car après vous avoir dit qui je suis, je vous punirai de votre acte.
    Il reprit son souffle.
    _ Je suis le chef de tribu des jambons abandonnés.
    _ Les jambons abandonnés ?! S’étonna l’archéologue.

    Car en effet, il était archéologue ; et, peut être n’avait-il pas de culture linguistique, mais il avait une culture historique. Ainsi, il connaissait l’histoire de la Grande Platitude, et ses peuples, ainsi que leurs coutumes. Les jambons abandonnés formaient autrefois un royaume, qui maîtrisait le commerce du jambon dans le monde entier. Leur viande était si bonne que les gens venaient des quatre coins du monde pour y goûter. Ils prospérèrent durant 500 ans, jusqu’à l’ère de la conquête des Paf. Les Paf étaient de terribles guerriers, qui détruisaient tout sur leur passage. Ils envahirent le royaume des jambons abandonnés, réduisirent à néant les récoltes de jambon et rendirent les terres inutilisables. Le royaume, puissant autrefois, des jambons abandonnés, fut contraint de se démanteler. Les habitants, fidèles à leur coutumes, formèrent des tribus, et cultivèrent eux même leur propre jambon. On entend encore parler de nos jours de ces fameuses tribus, qui détroussent les pauvres voyageurs pour subvenir à leur besoin et pour faire le meilleur jambon possible. Certains vendent leur viande dans les grands marchés, à de riches acheteurs, amateurs de bon goût. Mais jamais l’archéologue n’avait vu un jambon abandonné avec une tête de jambon et une consistance de spectre. Les jambon abandonnés étaient d’ordinaire des humains purs et durs. Le fantôme-homme-jambon poursuivit, sans tenir compte de l’exclamation de l’archéologue.

    _ Je suis leur chef, et je dois recourir à un certain rite initiatique pour devenir un jambon saint, que tout le monde vénérera. Je me suis en effet fait connaître dans de nombreux faits d’armes - dont la fameuse bataille de la pluie de jambon, je ne sais pas si vous connaissez - et il ne me manque plus qu’une étape pour parvenir au rang divin et devenir un... Jambon Flétri Abandonné ! Je ne suis pour l’instant qu’au quart du processus, et comme vous pouvez le voir, seule ma tête s’est transformée en jambon pour le moment.
    _ Car le processus consiste à vous transformer en jambon ?
    _ Bien sûr ! En jambon vivant, cela va de soit. J’aurais ainsi atteint la forme divine, sacralisée par tous les jambons abandonnés !
    _ Et votre rituel consiste à dormir dans un puits ? Intervint Placard.
    _ C’est exact. Je dois me tenir endormi dans un trou profond durant trois siècles et j’aurais ainsi atteint le summum de la forme de vie sur terre !
    Placard et l’archéologue sourirent.
    _ Bon, et bien désolé de vous avoir dérangé alors ! Maintenant qu’on a éclairci le mystère de ce puits, plus rien ne nous retient ici. On va vous laisser tranquille.
    Il s'apprêtèrent à repartir et firent un signe de la main pour dire au revoir, mais le jambon abandonné les retint :
    _ Attendez ! Ne vous avais-je pas dit que je vous punirai ? Je vous somme de rester ici !
    Placard et l’archéologue s’immobilisèrent soudain et se retournèrent lentement.
    _ C... Comment ? Nous punir ? Mais voyons...
    _ Ne répondez pas ! Voici votre punition ! Ouvrez bien les oreilles, car elle peut très bien se retourner en récompense.
    _ En récompense ? Que voulez vous...
    _ Ne répondez pas, j’ai dit ! Voici ce que je vous propose : je vais vous lancer un défi. Vous devrez répondre à trois énigmes ! Si vous avez toutes les réponses de juste, je vous offre quelque chose. Mais si vous avez le malheur de vous tromper une seule fois, c’est la malédiction qui vous attend !
    _ Très... très bien.
    _ Ne répondez pas !! Taisez-vous, bon sang, laissez-moi parler. Je vais donc vous poser la première question... Qu’est ce qui a deux pattes le matin, trois pattes le midi, quatre pattes au crépuscule et re-trois pattes le soir ?
    L’archéologue et Placard restèrent béats devant cette première énigme. Ils ne savaient pas quoi répondre. Voyant leur mine consternée, l’humain-viande-spectre lâcha :
    _ Prenez tout votre temps !
    Sur ce il s’en alla à l’écart. L’archéologue se tourna vers Placard :
    _ Alors ? Tu as une idée ?
    Lafraise secoua la tête.
    _ Non, je ne sais pas. Il faudrait déjà faire une liste de tout ce qui a trois pattes, car ça court pas les rues.
    _ C’est pas faux... Il y aurait peut être un animal dont on a coupé une patte ?
    _ Oui, mais dans ce cas là, comment ferait-il pour avoir trois pattes à nouveau le soir ?
    _ Peut être un peu comme les pirates.
    _ Comme les pirates ?
    _ Oui, comme les pirates, tu sais, qui ont une jambe de bois.
    _ Ah ouiii. Ce serait donc un quadrupède pirate ?
    _ C’est une possibilité.
    _ On tient une piste là.
    _ Oui, mais ne nous relâchons pas.
    _ En effet, car comment ferait ce quadrupède pour avoir deux pattes au début ?
    _ Peut être était-ce un bipède mal formé ?
    _ Qui aurait évolué en quadrupède, tu veux dire ?
    _ Ca peut arriver.
    _ Récapitulons : un bipède sort du ventre d’une maman quadrupède.
    _ Reste à déterminer quel animal c’est, l’interrompit l’archéologue.
    _ Disons que c’est une biche.
    _ Va pour une biche.
    _ Je disais donc : une biche à deux pattes naît, le matin. Elle évolue, et une troisième jambe lui pousse, le midi. Au crépuscule, elle est enfin comme toute ses consoeurs et devient quadrupède. Et enfin, comme elle est devenue pirate, à cause de l’exclusion et du rejet qu’on lui porte dû à ses différences, elle perd une jambe dans un accident de navigation.
    _ Oui ! C’est ça !
    _ On n’a pas mis longtemps à trouver.
    _ N’est-ce pas ?
    Placard appela l’homme-jambon :
    _ On a trouvé !
    Le spectre se précipita sur eux.
    _ Déjà ? Vous êtes sûr de votre réponse ? Fit-il, surpris.
    _ Tout à fait certains. C’était vraiment simple.
    Un petit sourire moqueur apparut sur les lèvres viandeuse du jambon abandonné.
    _ Allez-y, je vous écoute.
    L’archéologue répondit, fier :
    _ La solution à l’énigme est : une biche malformée pirate !
    Le mi-jambon mi-homme perdit l’envie de sourire et fit, impressionné :
    _ Je ne peux que vous féliciter pour votre perspicacité. Vous avez répondu juste à cette première énigme.
    Il reprit, plus haut, plus fort, plus menaçant :
    _ Mais attendez vous à être surpris avec cette deuxième énigme !

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  • taudiss Voir le profil de taudiss
  • Posté le 26 juin 2009 à 18:44:43 Avertir un administrateur
  • j'ai lu que le premier chapitre mais j'ai trouvé ça bien marrant je lirais le 2 plus tard...
    tu t'inspirerais pas aussi de pratchett ??
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  • Gouloudrioul Voir le profil de Gouloudrioul
  • Posté le 26 juin 2009 à 21:26:29 Avertir un administrateur
  • Pratchett ? L'auteur des disque-monde ? Nan, j'ai jamais lu un de ses bouquins, même si j'aimerais :-D .
    Merci en tout cas :p) .
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  • triplidio Voir le profil de triplidio
  • Posté le 26 juin 2009 à 22:39:58 Avertir un administrateur
  • Arf ! Toujours aussi marrant ! :ok:

    Certains passages me font penser à ma propre connerie, je ne peux donc qu'approuver un tel talent ! :-)
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  • Gouloudrioul Voir le profil de Gouloudrioul
  • Posté le 27 juin 2009 à 14:13:54 Avertir un administrateur
  • Merci à toi ^^ .

    La suite est... en cours :-D .
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  • iron66 Voir le profil de iron66
  • Posté le 3 juillet 2009 à 15:29:32 Avertir un administrateur
  • Toujours aussi bien.
    Par contre je ne vois pas trop où apparaitrait l'influence de Terry Pratchett taudiss...

    Par contre Gouloudrioul, je ne peut que te conseiller de lire les annales du disque-monde c'est tout simplement génial !
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  • taudiss Voir le profil de taudiss
  • Posté le 3 juillet 2009 à 21:43:43 Avertir un administrateur
  • oui influencer c'était peut être pas le mot ^^
    d'abord j'ai lu la grande platitude alors dans ma tête plat-->disque et humour + fantasy = terry pratchett

    et la façon délirante de raconter l'histoire ma fait penser a pratchett

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  • iron66 Voir le profil de iron66
  • Posté le 4 juillet 2009 à 10:43:34 Avertir un administrateur
  • Effectivement vu comme ça ^^
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  • Gouloudrouioul Voir le profil de Gouloudrouioul
  • Posté le 4 juillet 2009 à 19:06:39 Avertir un administrateur
  • Ouais, le disque-monde j'ai vraiment envie de le lire. Je pense que je vais le commander :p) .
    La suite est pour... bientôt :-D .
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  • Gouloudrouioul Voir le profil de Gouloudrouioul
  • Posté le 12 juillet 2009 à 22:40:07 Avertir un administrateur
  • Bon, j'ai un petit problème... Il y a marqué que le message comporte des mots interdits, et impossible de trouver lesquels. Du coup je n'arrive pas à poster :/
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  • triplidio Voir le profil de triplidio
  • Posté le 13 juillet 2009 à 12:56:33 Avertir un administrateur
  • Ah?

    Je ne savais pas qu'il y avait une sorte de modérateur d'orthographe sur ce site...

    Mais c'est dommage du coup si on ne peut plus te lire... :snif:
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  • Aristimbault Voir le profil de Aristimbault
  • Posté le 13 juillet 2009 à 12:58:28 Avertir un administrateur
  • Peut-être cra*ck ?
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  • Gouloudrouioul Voir le profil de Gouloudrouioul
  • Posté le 13 juillet 2009 à 13:07:29 Avertir un administrateur
  • Ah, oui, c'est ça Aristimbault ! Merci bien :ange: . Voilà, je poste :
    ____

    Chapitre 3 La malédiction et l’assassin de belettes

    Je me souviens le jour où, selon les grandes pratiques Platitienne, les prêtres débarquèrent dans l’immense prairie de la Platitude et se mirent à se reproduire chacun leur tour, mutuellement. J’étais alors un apprenti, et ne pouvais que regarder, mais je me rappelle avoir été ému par tant d’affection. Le grand Plat devait l’être aussi, avais-je pensé en levant mes yeux au ciel.
    Journal d’un Platitien, par M. Douieux

    La deuxième énigme fut, effectivement, plus compliquée. En voici les termes exacts :
    « Que verra un caméléon daltonien et albinos, sale, lorsqu’il se regardera dans une glace ?» L’homme-jambon se retira, comme pour la première énigme, et laissa Placard et l’archéologue en proie au doute.
    _ Un caméléon albinos ? Ca existe déjà ? Lâcha Placard.
    _ Il faut croire.
    _ Mais alors, ce n’est plus un caméléon... Mais un simple animal blanc !
    _ Mais puisqu’il nous dit que c’est un caméléon !
    _ C’est très certainement un piège. Un caméléon qui ne change pas de couleur, ce n’est pas un caméléon !
    _ Il n’y a pas de pièges dans les énigmes.
    Placard rit.
    _ Pas de pièges dans les énigmes ? Ah ! On aura tout vu ! Votre intelligence n’a d’égal que votre culture ! C’est la base d’une énigme, les pièges et les coups fourrés !
    _ Je vais copieusement vous annoncer que je vous emmerde.
    _ Soit, mais ça ne nous avance en rien.
    _ Si, moi ça me fait du bien.
    Le guide réfléchit.
    _ Cette énigme est bien plus dure que la première.
    _ Personnellement, j’opterai pour le blanc, déclara l’archéologue.
    _ Comment ?
    _ Le caméléon voit du blanc.
    _ Et pourquoi ça ?
    _ C’est tellement simple ! Enfin, peut être que cela vous dépasse... Je vais vous expliquer : un caméléon albinos est...
    _ Les caméléons albinos n’existent pas !
    _ Laissez moi finir, nom de Plat. Admettons que ça existe...
    _ Mais ça n’existe pas !
    _ Moi je crois que si, et si vous vous calmez, on pourra peut être expliquer calmement à notre tour nos hypothèses. Je disais donc. Un caméléon albinos est blanc. Tout le monde le sait, un être vivant albinos est blanc, c’est tout, c’est comme ça. Si, en plus il est daltonien, il ne pourra pas voir les tâches qui lui parsèment les écailles, si il est sale. Il les verra blanche, qui se confondent avec sa peau. Donc, il se verra blanc, et entièrement blanc.
    Placard secoua la tête.
    _ Il y a des failles dans votre hypothèse.
    _ Comment ? Des failles ?
    L’archéologue fit un petit rire.
    _ Je ne pense pas non, tout est parfaitement calculé.
    _ Vous êtes tellement persuadé de votre supériorité que vous n’envisagez même pas le fait que vous n’êtes qu’une sous merde.
    _ Expliquez-moi alors !
    _ Il apparaît une très grosse erreur lorsque l’on prend le temps de réfléchir à votre réponse.
    _ Quoi donc ?
    _ Les caméléons albinos n’existent paaaaas !!
    _ Ah, c’était donc ça.
    _ Oui, voilà.
    _ Et bien faisons comme si il avait existé.
    Sur ce, il appela le 1/4 de jambon.
    _ On a trouvé !
    _ Pas du tout, protesta Placard.
    _ Permettez, fit l’archéologue en le bousculant et en se plaçant fièrement devant l’homme-jambon. La solution à votre énigme est : blanc.
    _ Hmm ? Excusez-moi, je me suis assoupi, et je ne me souviens plus du tout de l’énigme que j’ai posée. Vous pouvez me la répéter ?
    L’archéologue sourit naïvement :
    _ Bien sûr : «Que verra...»
    Ce fut au tour de Placard de bousculer l’archéologue et de prendre sa place, l’interrompant de justesse :
    _ De quelle couleur est la neige !! C’était la question !
    Le fantôme-jambon haussa les sourcils.
    _ Pas la peine de hurler, je ne suis pas sourd. Bon, et bien, si tels étaient les termes de mon énigme, j’ai l’honneur de vous annoncer que vous avez juste ! Félicitations, là aussi ce n’était pas facile. Par contre, préparez vous à la troisième énigme, la der des der, la finale, la dernière, la soluble !
    _ La soluble ? S’enquit l’archéologue.
    _ Oui la soluble ? Ca vous pose un problème ?
    _ Eh bien, ça dépend, qu’est ce que veut dire soluble pour vous ?
    L’homme jambon réfléchit, gêné, puis finit par dire d’une voix forte :
    _ Ce n’est pas à vous de poser les questions, jeune homme ! Vous vous prenez trop de haut !
    L’archéologue baissa la tête.
    _ Pardonnez-moi...
    _ Bon, voici l’énigme, la soluble, la vraie. Qu’est ce que le chiffre 4 ?
    Placard haussa les sourcils.
    _ C’est ça l’énigme ?
    _ Euh, oui ? Ca vous étonne ?
    _ Un peu, oui, il n’y a pas de réponses possibles à ça. Le chiffre 4 ne peut pas se définir.
    L’archéologue eut une sourire ironique.
    _ Tu es vraiment bête mon pauvre. La réponse est tellement évidente !
    L’homme-jambon se retourna vers lui :
    _ Ah oui ? Allez-y, je vous en prie.
    L’archéologue sourit et se racla la gorge. Tous les yeux étaient braqués sur lui (normal, puisque vous lisez).
    _ Le chiffre 4 est... un chiffre !
    Placard fut d’abord étonné, puis son étonnement se mua en colère. Il serra les dents pour se retenir de ne pas frapper son employeur.
    _ Mais ce que vous êtes con !
    L’homme-jambon hocha la tête.
    _ Effectivement, vous n’êtes pas très malin.
    _ Comment ça ? J’ai faux ? fit l’archéologue, interloqué.
    _ Vous avez faux, oui. Mais faut pas trop vous étonner, avec une réponse aussi pourrie.
    Placard se prit la tête entre les mains.
    _ Rââh, je vais être maudit à vie à cause de ce débile !
    _ Mais... mais pourtant j’étais certain que...
    _ Il ne faut être certain de rien, fit le jambon. Dommage. Vous repartirez avec une malédiction.
    Placard lâcha une longue plainte. La voix de l’archéologue se mit à trembler :
    _ Qu... qu’est ce que vous allez nous faire ?
    L’homme-jambon fit la moue puis dit :
    _ Premièrement...
    _ Parce qu’il y a un premièrement !? cria Placard, désespéré.
    _ Premièrement, vous allez être condamné à ne plus jamais pouvoir manger de bon jambon, et à ne plus jamais être capable d’en fabriquer.
    _ Jusque là, ça va, fit l’archéologue.
    _ Ne dites rien, ou bien il va surenchérir !
    _ J’allais de toute façon surenchérir. Deuxièmement, je vais vous envoyer un jambon parlant et sautillant qui vous suivra où que vous alliez. A chaque fois que l’un de vous éternuera, il vous cognera la tête. Voilà. Tremblez devant ma terrible puissance !
    Puis il poursuivit :
    _ Je sais, c’est dur, mais voilà qui vous apprendra à troubler mon sommeil ! Sur ce, je retourne me coucher dans mon puits ! Je vous laisse ma tête en guise de jambon qui vous suivra n’importe où. Ce sera un deuxième moi !
    Joignant le geste à la parole, il détacha promptement le jambon qui lui faisait office de tête et le déposa par terre. Son corps, quant à lui, retourna se loger dans le puits.

    Nos deux chers compères se remirent donc en route, épuisés par ces aventures, mais confrontés à la nécessité d’arriver au prochain village avant la nuit. La tête-jambon les suivait en sautillant, et parvenait par un subterfuge inconnu à suivre le rythme de Placard et de l’archéologue.
    _ Et il parle, ce jambon ? Fit ce dernier.
    _ Bien sûr que... (il sauta pour avancer) ... je... (il sauta à nouveau) ... parle ... (encore, il sauta) ... mais ... (il sauta toujours) ... c’est ... (je vous laisse deviner) ... pas ... (pouet) ... très ... (j’aime les nouilles) ... pratique ... (pour ceux qui l’auraient oublié : il sauta pour avancer) ... tout ... (crak le nain) ... en ... (repouet) ... avançant, fit le jambon.
    Pour plus de lisibilité, je conseillerai au lecteur de lire d’une traite ce qu’il n’y a pas entre parenthèses. Mais si le lecteur est assez intelligent, il l’aura compris tout seul.
    _ Ah, c’est bien, ça, fit Placard. On n’aura pas à faire la conversation avec toi. Comment doit-on t’appeler ?
    Entre deux sauts, le jambon put répondre :
    _ Jambon.
    L’archéologue leva les yeux au ciel.
    _ Jambon, Placard... C’est moi où vos noms sont pourris ?
    _ Commencez par dire le votre, de nom, et vous pourrez critiquer, rétorqua Placard.
    _ On en a déjà parlé... Je ne donnerai pas mon nom à quelqu’un comme vous.
    _ Dans ce cas là, ne critiquez pas.
    _ Je critique si je veux.
    _ Dois-je vous rappeler que je suis chef, et que par conséquent vous me devez soumission absolue ?
    _ J’emmerde les classes. A bat les différences sociales !
    _ Ah oui ? Vous vous rebellez, comme ça, alors que c’est censé être inscrit dans vos gênes ?
    _ Tout à fait.
    _ Vous ruinez la crédibilité de ce monde...
    _ Hein ?
    _ De quoi hein ?
    _ Je sais pas, vous dites des choses.
    _ Eh bien oui je dis des choses, puisque je parle.
    _ Ah... voilà. C’est ça. Arrêtez-vous.

    Et c’est sur cette note joyeuse qu’ils aperçurent le hameau de Poivrot-Sur-Gigot. Ils ne tardèrent pas à pénétrer dans ce charmant petit village, alors que la nuit pointait. Alors que l’archéologue était seul la nuit dernière à chercher une auberge, il furent cette fois trois à commander une chambre pour la nuit (car ni Placard, ni l’archéologue ne voulait dormir avec Jambon). Mais avant d’aller se coucher, ils se permirent une petite chope à la taverne du coin. Ils s’assirent autour d’une table (à part Jambon, qui se tint sur la table, comme tout jambon qui se respecte) et commandèrent de la bière et des ailes de grenouille. Mais, alors qu’ils dégustaient calmement leur nourriture, un étrange personnage vint s’asseoir à leur table. C’était un vieillard, avec des yeux pales et une longue barbe. Il se mit à parler d’une voix tremblotante :
    _ Jeunes hommes, avez-vous du temps à me consacrer ?
    L’archéologue le regarda.
    _ Hmm, oui, pourquoi pas. Que voulez-vous ?
    _ Je serai bref, car mon alzeimer peut me surprendre à tout moment, et je pourrai oublier le motif de ma visite.
    _ Je vous écoute, allez-y.
    _ Vous devez aider ce village. Des choses étranges se passent ici. Des choses qui font peur.
    _ Quels sont ces choses ?
    _ Je... je crois qu’il y a, ici même un...
    _ Un quoi ?
    _ Un terrifiant...
    _ un terrifiant quoi ?
    _ Un terrifiant assassin de belettes !
    L’archéologue écarquilla les yeux de terreur, et Placard lâcha sa chope qui alla se briser sur le sol. Tous deux déglutirent et se tendirent.
    _ Un... Un assassin de belettes ? Mais... mais c’est impossible. Cela ne se peut...
    _ Et pourtant j’ai bien l’effrayance de vous dire que ce n’est bien que vérité stricte et unique.
    _ Comment ?
    Le vieux se prit la tête entre les mains.
    _ Oh... non, c’est mon alzeimer qui me reprend... Je ne sais plus comment falsifier mes mots ! Je dois faire un expresso ! Vous devez arrêter cet assassin ! Il en va de la survie de l’humanité !
    Placard haussa les sourcils.
    _ Mais... mais pourquoi nous ?
    _ Car... car... rââh, il faut que je fasse vite, je vais bientôt oublier de respirer et agoniser sur place !
    _ Dites-nous, pourquoi nous ?
    _ Dites tout de suite que mon sort ne vous intéresse pas ? Arrh... Keuf, keuf !
    _ Mais vous avez dit vous même que vous deviez faire vite !
    _ C’est typique des jeunes ça !
    _ Pourquoi nous, nous devons savoir !
    _ Pourquoi vous ? Je vais vous le dire... Car vous êtes les seuls qui n’êtes pas bourrés ici ! Aghhh, je n’arrive plus à respirer.
    Il toussa une dernière fois puis il s’écroula sur sa chaise, bavant à pleine dents (euh ? ).

    Et près d’une maison, très loin d’ici, un corbeau volait et alla s’écraser contre une vitre. Car ce corbeau ne voyait plus très bien.

    Ce qui n’a strictement rien à voir avec l’histoire.

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  • Gouloudrouioul Voir le profil de Gouloudrouioul
  • Posté le 15 juillet 2009 à 13:54:34 Avertir un administrateur
  • Up :)
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  • [EagleDawn] Voir le profil de [EagleDawn]
  • Posté le 15 juillet 2009 à 15:34:54 Avertir un administrateur
  • Ce que j'ai pu rire du chapitre 1. :rire:

    Les deux autres, moins, mais c'est parce que j'ai lu d'une traite et l'effet de surprise a disparut, mais c'est aussi marrant.
    Et l'histoire interessante prend le relais! :oui:
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Sujet : « Les fables de la Grande Platitude »

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