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Sujet : « Achille et la Tortue »

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  • Goldfinger83 Voir le profil de Goldfinger83
  • Posté le 12 avril 2010 à 18:38:43 Avertir un administrateur
  • Un très bon film (encore une fois) pour Kitano :oui:

    La dérision est encore de mise et on ressent même l'éclat de ses débuts :hap:
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  • Desolation Voir le profil de Desolation
  • Posté le 13 avril 2010 à 00:48:56 Avertir un administrateur
  • Complètement d'accord, un film vraiment bon, et surtout encore une fois un délicat équilibre entre trivialité et hiératisme, mélange que l'on connaît depuis maintenant un petit moment dans les films de Kitano.

    Ce qui m'a intéressé dans ce film, en tant qu'étudiant en arts plastiques, c'est sa vision de l'art, alors qu'au même moment, à Paris, on inaugure une exposition aux peintures de Kitano intitulée "Gosse de peintre" (peut-être un petit clin d'oeil à un certain film d'Ozu dans la formulation).

    Est-ce une vision simpliste de l'art donc ? Lui qui déclare ne pas être un grand peintre ? La réponse est non, Kitano accumule énormément de clichés qui ajoutent sans cesse de la profondeur à son discours, de la nuance. Du marchand de nouilles qui affirme le fait que l'art n'est pas vital jusqu'au groupe d'étudiants qui postulent sur des théories, jusqu'à ce que la pratique les rattrape comme un couperet fatal. La conception de l'art est donc un angle de vue du film, mais aussi la conception de l'oeuvre d'art dans un terme plus pratique, la dernière partie est d'ailleurs géniale en ce sens où tous les grands artistes contemporains sont passés à la moulinette. Finalement, la question du commerce de l'art qui définit en définitive l'art plus encore que la qualité intrinsèque du morceau finit de donner une vision pessimiste de l'art.


    Les trois passages de la vie de Machisu sont donc l'enfance, l'âge adulte et le troisième âge. Chaque partie correspond finalement à une prise de conscience différente. Au départ, Machisu est le génie, celui qui voit les choses à travers les yeux d'un enfant, puisque c'est littéralement ce qu'il est (cf. Magritte ?). Ce qui lui manque c'est alors la technique, mais son audace, sa spontanéité, rend de suite ses oeuvres particulières : lorsqu'il regarde un de ses tableaux, le son s'éveille, il est dans un espace vivant, frôlant alors l'essence de la peinture.

    Plus tard, Machisu incarnera le travail autour du talent et de la réflexion, où, confronté aux exigences du marché, il devra comprendre et apprendre l'histoire de la peinture. L'ironie se trouve dans le fait que son correspondant de la galerie d'art refuse de le voir comme un génie, alors que nous le voyions nous même comme un génie dans la première partie, comme si Kitano pointait du doigt l'inexistence du génie dans l'art. Donc techniquement Machisu s'améliore, théoriquement aussi, mais paradoxalement, la pratique se retrouve vampirisée par des maîtres et confinée à de simples pastiches. Un tableau qui paraît un peu plus original sera hélas noyé dans une tentative de série, procédé déjà usé de l'art.

    Dans la troisième partie, Machisu a compris qu'il devait chercher de nouveaux procédés. Hasard, utilisation de la machine, expériences dangereuses... Tout fait référence à des artistes que l'on connaît déjà, Machisu n'a pas trouvé sa voie et s'enfonce inexorablement vers la fin, sa fin, celle d'un artiste raté.



    La fin n'est toutefois pas si déprimante que cela. Lorsque Machisu récupère cette canette rouillée qu'il vend à un prix énorme, il est de nouveau dans un processus artistique déjà employé (le ready-made, littéralement, objet "déjà fait" qu'il détourne et élève à un niveau supérieur). Il fait cela intuitivement, est-ce qu'il pense encore à faire de l'art ? La vie et l'art se mêlent à ce niveau, la vie et donc son instinct de vie, de survie, et l'art, qui le pousse à essayer des choses de manière audacieuse, provoquant la curiosité. Au final, sa femme vient le chercher et repousse la qualité artistique de l'objet, rendant alors la vie à Machisu.
    Sur la fin, je pense que je suis pas très clair, mais il y a un discours sur l'art et la vie qui est assez beau. Bref, un film qui donne matière à réflexion ! :oui: Je ne compte bien sûr pas évidemment les qualités techniques de la bête, qui est amplement bonne.
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  • DarkToonLink Voir le profil de DarkToonLink
  • Posté le 13 avril 2010 à 00:51:24 Avertir un administrateur
  • Il me tente bien, je voulais le voir. :o))
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  • Goldfinger83 Voir le profil de Goldfinger83
  • Posté le 13 avril 2010 à 10:27:11 Avertir un administrateur
  • Tu peux Dark, si tu apprécies Kitano tu ne seras pas déçu :ok:

    Chapeau pour la critique Desolation, je n'aurais pas fait mieux :gni:
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  • Desolation Voir le profil de Desolation
  • Posté le 13 avril 2010 à 10:53:21 Avertir un administrateur
  • Oui, essaye d'y aller, DTL :oui:

    Personnellement, quand j'ai vu Kitano en peintre, à la fin du film, j'étais aux anges :bave: Il crève l'écran, encore une fois :o))

    Merci Goldfinger :snif:
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