[Fanfic] White Legacy - Crash : Génération Mutant sur JeuxVideo.com

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Sujet : « [Fanfic] White Legacy »

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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 11 août 2009 à 14:09:46 Avertir un administrateur
  • Héééé oui, encore une fic ! Je vous rassure, c'est la dernière... Bon, je mets déjà l'intro et le prologue, que vous voyiez de quoi ça parle.

    *************
    Introduction
    *************

    "White Legacy" (littéralement : "Héritage Blanc") est ma dernière fanfiction sur Crash. Mon but était de raconter une histoire à travers une saga, et j'avais pour idée d'aussi combler certains trous scénaristiques (comme le passé d'Aku Aku et d'Uka Uka). Mega-Rems m'a donné d'autres idées mais je me suis forcé à me dire "Assez". Ma saga se termine ici, et j'ai bien d'autres projets à mener, qui me demandent du temps. Les seules choses ur Crash qui viendront encore seront des réécritures. Je peux d'ore et déjà vous annoncer le retour fracassant d'Elemental Maelstrom, qui sera très différent de l'original...

    Cette histoire-ci va donc apporter toutes les réponses aux questions restées en suspens. Elemental Maelstrom, Omega Dawn, Insurrection, Globalisation, Hunter & Hunted et enfin White Legacy : voilà la saga. J'espère que vous prendrez autant de plaisir à lire cette fic que les autres... parce qu'il faut les avoir lues. C'est là mon gros défaut, je sais : je fais une grosse histoire, mais le lecteur est donc obligé de tout lire et d'avoir une bonne mémoire. Excusez-moi...

    Ah, une dernière chose... Cette fic sera triste et compliquée. Vous allez pleurer et avoir mal, le rire sera proscrit, et votre cerveau risque fort d'exploser avant la fin de l'histoire. A ne pas lire avant d'aller faire dodo, les enfants ! Vous voilà prévenus...

    "LET'S ROCK, BABY !" (Dante - Devil May Cry)


    ============
    Prologue
    ============


    Le monde souhaite oublier son douloureux passé. Le Magistère a été renversé, libérant la population terrienne de son emprise, et tout ce qui s'est passé dans l'archipel Wumpa a été à jamais oublié, les îles ayant été déplacées et ses habitants étant morts ou bien cachés. Une décennie s'est écoulée depuis l'Insurrection...

    Les expériences vécues par les Cortex les ont plus ou moins enrichis, les personnes rencontrées plus ou moins influencés, les nombreux décès qui ont jalonné leurs vies plus ou moins atteints. Au terme de ces longues années à se battre pour tour à tour la domination du monde, l'élimination d'une grande menace, la libération de toute la planète, et la simple survie, ils ont maintenant droit à une vie normale. Mais même en se confessant, en réfléchissant à ses erreurs, en effaçant les traces, quelque chose reste ancré dans l'esprit, et cette famille ne fait pas exception à la règle. Ces choses sont ancrées si profondément qu'elles se transmettent par les gènes et que les visages sont barbouillés des écrits de la vie : n'importe qui de compétent pourrait lire dessus.

    Les Cortex ont voulu épargner ça au jeune Near, le fils de Natasha, mais cette intention louable ne peut aboutir car son héritage, il devra le récupérer, tôt ou tard...
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  • Sanephar Voir le profil de Sanephar
  • Posté le 11 août 2009 à 15:04:43 Avertir un administrateur
  • J’ai bien fait de guetter ton retour pour voir si tu n’allez pas nous pondre une nouvelle œuvre qui, je n’ai aucun doute, sera toute aussi extraordinairement délicieuse comme les précédentes.

    Alors… je pense que la plupart de tes fanfics peuvent se lire seules. Notamment « Omega Dawn » (logique, c’est la première) mais également « Elemental Maelstrom » (que j’ai très hâte de retrouver) ainsi que « Globalisation » et « Hunter and Hunted ». Quant à « Insurrection » j’ai un petit doute. Faudrait que je la relise pour te donner une réponse correcte.

    Encore des larmes ! Mais tu m’en a déjà arraché pleins ! Monstre T_T Bon, je plaisante. C’est très maso et con à dire mais j’adore m’émouvoir pour des œuvres littéraires et cinématographiques. Aussi j’adore pleurer pour tes histoires ! D’ailleurs à chaque fois que je pense à Coco et Crunch, j’ai encore parfois de la mélancolique. C’est dingue comment certaines choses nous marquent !

    Alors il est parfois difficile de commenter un prologue. Je ne savais pas quoi dire après avoir lu celui-ci, si ce n’est qu’il nous intègre bien dans la prochaine histoire et son ambiance dramatique. Tu n’aurais pas dit qu’on allait pleurer, on l’aurait tout simplement sentit.
    Aussi on entraperçoit la signification du titre sans toute fois saisir la profondeur de son symbole. Ce qui n’est pas plus mal. Si on le savait déjà, ça serait moins drôle.
    Je terminerai par dire que je sens la nostalgie pointer. Qu’est-ce qu’on a vécut de cette aventure et savoir que c’est la dernière rend triste. Décidemment, cette fic représentera la tristesse XD

    J’ajouterai que cette fic ne fait pas exception à la règle et qu’elle promet d’être tout aussi prometteuse. J’ai en tout cas, hâte de voir ce qui va se passer.
    Je te souhaite une excellente continuation, cher confrère !!
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 11 août 2009 à 17:27:35 Avertir un administrateur
  • Peut-être peuvent-elles se lire séparément, mais le leteur manque beaucoup, dans ce cas. Pleins de subtilités, mais aussi des choses plus importantes : des pans entiers de scénarios doivent être incompréhensibles.

    La fin de Globalisation t'a marquée, hein ?

    Prologue... J'aurais plutôt dû parler de préface puisqu'il ne s'agit pas d'une section narrative à proprement parler. Tant pis.

    Bon ben... Chapitre 1, alors.


    ============================
    Chapitre 1 : Esprit troublé
    ============================


    (partie 1/2)

    Tous les vendredi soirs, c'était pareil : Neo Cortex s'enfermait dans son bureau sitôt le repas terminé. Natasha, sa soeur qui vivait sous le même toit et avec qui il élevait Nina et Near, savait pertinemment ce qu'il faisait. A chaque fin de semaine, dans l'espoir de se remonter le moral - même s'il faisait tout l'inverse - il « honorait la mémoire de son défunt fils ». Autrement dit, il passait la soirée à se lamenter sur des photos et des récits de leur fils Nathaniel, décédé neuf ans plus tôt.

    Mais ce vendredi-là fut le vendredi de trop. Nina mordit sur sa chique, se refusant d'aller déverser son venin directement sur son père - cela faisait neuf ans qu'elle avait mis cette méthode de côté. A la place, elle décida d'aller voir son grand-père adoptif. Ne le trouvant pas dans son fauteuil, elle investigua dans les autres pièces et quelle ne fut pas sa surprise de le trouver dans la cuisine à converser avec sa mère, Natasha. Ils s'écartèrent doucement à son approche, comme pour la faire entrer dans le cercle des conspirateurs.

    - Near est couché... dit Natasha. Et Neo est dans son bureau... Le moment est venu.
    - De quoi ?
    - Nina, tu vas bientôt avoir vingt-quatre ans, n'est-ce pas ? demanda Nefaxim.
    - Euh, oui...
    - Et cela fait presque neuf ans que nous vivons ici. Pendant tout ce temps, tu as été très courageuse, même si tu ne l'avoueras pas.
    - Nefaxim, c'est gênant de lui dire ça... intervint la mère de Nina.
    - Désolé. Ce que je veux dire, c'est qu'on a tous porté un masque devant Near, pour lui éviter la vérité. Mais je l'ai surpris cherchant à pénétrer dans le bureau de Neo, et je crois qu'il se doute de quelque chose...
    - Nina, tu es sur le point de nous quitter... Alo-
    - Comment ça, vous quitter ?! s'écria-t-elle. Je n'ai pas envie de partir et de vous laisser !

    « Et où irais-je ? Je ne suis pas fichue d'avoir des relations normales avec les gens. C'est mieux qu'il y a neuf ans, mais j'ai toujours trop de réticences. Si je suis du genre solitaire, ça ne veut pas dire que je veux me débrouiller toute seule, et sûrement pas si ça implique de laisser ma famille dans cet état ! »

    - Chut, pas si fort... Peut-être pas tout de suite mais bientôt... C'est normal de se détacher de ses parents.
    - La plupart des parents ne veulent pas que leurs enfants partent. Toi, tu fais le contraire pour te prouver quoi ?
    - S'il vous plaît, implora Nefaxim, ne démarrez pas ce genre de dispute maintenant ! Ce qui est important, c'est de savoir ce qu'on va faire à propos de notre... héritage, appelons-le comme ça.
    - Il faudra bien en parler à Near un jour, c'est clair.
    Mais il est encore si jeune... On ne va pas raconter ça à un bout de chou de neuf ans.
    - « Et demi ! », rajouterait-il s'il était là ! plaisanta le vieillard pour détendre l'atmosphère.

    Cela arracha un sourire à la mère mais pas à la soeur. Se croyant débarrassés de leurs problèmes, les Cortex avaient adopté une politique de mensonge envers eux-mêmes pour vivre dans l'illusion d'une vie normale. « Mais on sera jamais normaux ! Ils devraient bien s'en rendre compte et faire avec ! Avec Papa, c'est « Assume tes actes », mais seulement pendant un certain temps... S'il appliquait vraiment cette devise, il dirait la vérité. Je me suis vite rendue compte que même si on vivait une vie de famille normale, notre passé ne pourra pas être effacé. »

    - Nefaxim voudrait en parler à Neo avant toute chose. Mais Neo ne voudra pas, on le sait bien.
    - Ouais...

    Comment amener le sujet ? Comment convaincre un homme aussi rigide qu'il allait falloir éduquer Near comme un Cortex, et lui apprendre tout leur passé ? Et qui aurait le force de parler de tous les morts, de toutes les souffrances ? Car il n'était pas question de servir un récit édulcoré à Near !

    Natasha se décolla de l'évier et alla se chercher un tabouret, signe que la discussion risquait de se prolonger.

    - Allons plutôt au salon, proposa Nefaxim. Je n'aime pas ça mais... Si Neo descend, je sentirai sa présence et je vous avertirai.

    Le vieux Tropy rechignait à utiliser ses pouvoirs, si minimes soient-ils. Nina s'était autrefois imaginée le grand-père allumant le barbecue en claquant des doigts, ce genre de choses amusantes. Mais pour préserver le secret, Nefaxim avait cessé d'utiliser toutes ces capacités qu'il avait glanées à travers les mondes pendant la plus grande partie de sa vie. Cependant, Nina savait que le vieillard rencontrait régulièrement des gens à l'extérieur, et elle avait une fois aperçu une voiture dans laquelle se trouvait Snare, l'ex-membre du Syndicat, ce pseudo-Magistère recréé après l'Insurrection. Que faisaient-ils ensemble ? Nefaxim le lui dirait-il un jour ?

    Ils s'installèrent au salon, près de la cheminée où un feu crépitait - coutume familiale conservée pour le style plus que pour l'utilité puisqu'ils avaient le chauffage central. Bien calés dans leurs fauteuils, les trois adultes se mirent à discuter des conséquences qu'un tel récit pourrait avoir, bonnes comme mauvaises :

    - S'il découvre qu'il ne chérit pas ses parents biologiques... enfin, son père pour être précis, ce pourrait être destructeur, dit Nefaxim, en connaissance de cause puisque lui-même n'avait jamais connu ses vrais parents.
    - William n'a fait que lui donner des gènes... Pourquoi... Je l'aimais, bien sûr, mais pourquoi cet attachement plus douloureux qu'autre chose ? Il souffrira de l'absence de son père sans l'avoir jamais connu...
    - Désolée de le ramener sur le tapis mais... Nate...

    Rien que de dire son nom était douloureux pour la jeune femme aussi bien que pour les deux autres personnes en présence. Tous s'étaient attachés à Nathaniel. Même leurs ennemis avaient reconnu ses aptitudes, c'était dire. Ce n'était pas un humain comme un autre.

    - Nate n'en a pas souffert. Il a vécu sans famille pendant des années, en haïssant notre père qu'il croyait être son oncle... Mais il lui a finalement pardonné et il l'a considéré comme ce qu'il était vraiment, c'est à dire son père !
    - Il était fort... justifia Nefaxim. Tout le monde ne peut pas faire preuve d'une aussi grande force mentale.
    - Et puis il a vécu avec Neo, donc il était proche de son père sans le savoir. Il avait un lien filial malgré tout...
    - Sans qu'il y ait cette étiquette dessus, termina Nina. Je vois.

    « Pourquoi je compare toujours tout le monde à Nathaniel ? Ca m'emmerde plus qu'autre chose de toujours trouver tout le monde inférieur à lui ! »

    La discussion se poursuivit sans qu'aucune solution définitive ne puisse être trouvée. Natasha résuma le problème en une phrase : « Neo tranchera ». Qu'elle s'en remette complètement à son frère était-il une preuve de lâcheté ? De lui faire confiance n'était pas un problème, mais qu'elle délègue une si importante décision à son frère était assez surprenant venant d'elle. Nefaxim se leva en soupirant et annonça qu'il se sentait fatigué et qu'il allait donc aller se coucher.

    Depuis qu'ils avaient emménagé sur le continent, les Cortex vivaient ensemble, y compris Nefaxim, afin de former un groupe soudé. Il avait raconté à Nina qu'aux yeux des humains, il était mort. Donc, pour pouvoir vivre avec eux et être inscrit à l'état civil, il avait dû prendre une fausse identité. De faire un tel acte avait été une renaissance pour lui. Par cet acte symbolique de changer de nom, il se sentait un homme nouveau. Il avait même demandé que l'on oublie son ancien prénom - même si il avait vite changé d'avis.

    - Moi aussi, je vais me coucher. J'ai une longue journée qui m'attend, demain.
    - Dors bien, Nina, lui dit sa mère avec un sourire chaleureux.

    La jeune femme lui rendit son sourire puis alla se coucher, la tête pleine d'interrogations et de peurs.

    ***

    Les pages de l'album photo se refermèrent dans un doux crissement et la paume de Neo se posa dessus quelques instants avant qu'il ne le range dans un tiroir. Ce soir encore, il s'était lamenté sur son fils de longues heures avant d'enfin arriver à ce stade où sa vie devenait celle d'un autre et où il la considérait objectivement ; son fils décédé étant le moyen le plus rapide d'entrer dans cet état de conscience. Et chaque fois, il arrivait à comprendre quelque chose qui présentait un certain intérêt, et essayait toujours de mettre en pratique les leçons qu'il retirait de ces « expériences du vendredi soir ». Cette fois, il avait pensé à Nina.

    Sa fille, il le savait, avait établi un système de barrières mentales pour se protéger lorsqu'elle était à l'Académie Maléfique. Elle avait encaissé et adopté un comportement arrogant et froid pour se défendre. Une fois sortie de cet environnement, elle aurait pu se changer mais la voie de la facilité était comme toujours toute tracée : en restant ainsi, elle détruisait son entourage, se créant un espace vital suffisant. Une tactique à la fois très intelligente et très stupide. En revanche, il n'avait jamais compris comment Nathaniel avait pu réussir à la changer, ne fut-ce qu'un peu, et pourquoi elle n'avait jamais fait autant de progrès une fois son frère parti. C'est en se posant cette question que Neo s'était souvenu d'une série de moments... Toutes sortes d'instants où il s'était vu en Nathaniel, plus que d'habitude. Et Nina jouait le rôle de Natasha. Il le savait, Nina et Nate étaient des jumeaux, mais leur proximité était plus importante encore. Ils avaient refait l'erreur que Neo avait faite avec Natasha : l'inceste fraternel.

    Alors, si Nathaniel avait joué un si grand rôle dans la vie de Nina, cela pouvait expliquer qu'il ait réussi à faire tant de choses. Nina avait peut-être voulu changer pour faire plaisir à son frère. Une fois parti, il ne restait plus personne pour la motiver. Pourquoi avoir continué quand même un peu, alors ? Neo avait sa théorie : peut-être avait-elle voulu honorer la mémoire de son frère, ou le faire au cas où il la verrait. Après tout, Aloysius Tendergast, avec qui ils avaient noué des liens, leur avait raconté une légende sur la Rivière de Vie : toutes les formes de vie en seraient tirées, et elles y retourneraient ensuite. Le scientifique avait poursuivi en racontant que son ancien maître, l'Avatar, en avait été extirpé alors qu'il s'y enfonçait, puis leur avait certifié que son frère à lui, Diogène, avait réussi à se maintenir à la surface tant son esprit était fort, pour aider sa fratrie grâce à ses pouvoirs de contrôle de la nature. Nina avait prêté une telle attention au récit, et avait semblé si émerveillée, ses yeux avaient brillé d'une lueur inhabituelle... Elle y croyait dur comme fer, et pensait que Nate les observait depuis cette Rivière. Neo aurait bien voulu y croire aussi facilement, mais l'absence de preuves et la difficulté de démontrer l'existence de cette Rivière par la science l'avaient amené à mettre la légende de côté.

    Et s'il avait eu tort ? S'il en parlait à Nina, elle risquait de se rétracter, mais d'un autre côté, cela pourrait possiblement la faire changer en bien, la rassurer dans ses convictions, se sentir soutenue. Ce qui inquiétait vraiment le père de la jeune femme, c'était sa vie future. Il ne la pensait pas capable de vivre seule, sans sa famille, et encore moins en couple, avec un homme qui ne la comprendrait pas. Alors comment allait-elle faire ? Et au travail, quel patron voudrait bien accepter une employée aussi rebelle, incapable de toujours contrôler ses émotions, et refusant le travail en groupe ? Il avait peur pour sa fille, il craignait que ce nom de Cortex et tout ce qu'il impliquaient ne portent préjudice à Nina. Si seulement il pouvait la délester de ce fardeau... Il le porterait volontiers pour qu'elle puisse mener sa vie, s'il le pouvait.
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 11 août 2009 à 17:29:16 Avertir un administrateur
  • (partie 2/2)

    ***

    Nina fixait son plafond sans vraiment le voir. Incapable de penser convenablement, elle laissait ses sens s'exprimer et profitait du silence absolu qui régnait. Le silence ne l'avait jamais effrayée, elle y trouvait un endroit reposant où elle pouvait s'isoler. Ici, elle sentait le moindre courant d'air, et ses cheveux (qu'elle avait laissé pousser) s'étalaient actuellement sur son oreiller, lui créant come une couronne qu'elle sentait grâce aux infimes tiraillements que les cheveux subissaient. La lumière était elle allumée, car elle ne pouvait se résoudre à l'éteindre. Elle ne trouverait pas le sommeil ce soir, pas dans de telles conditions. Devant le flot d'informations et de pensées négatives, son esprit avait posé un barrage qui retenait tout pendant qu'elle s'échappait dans le néant. Qu'est-ce qui était préférable : de combiner négatif et positif ou de se perdre dans le néant pour être à l'abri du moindre problème ? Le néant constituait un refuge, mais contre tout, on ne ressentait plus rien, on n'existait même plus en tant qu'humain mais en tant que simple forme de vie, un légume. Les sentiments étaient bannis et on ne se sentait plus vivant... Etait-ce ce qu'elle voulait ? Elle n'en était pas sûre.

    Soudain, une brèche se forma dans le barrage et quelque chose fonça sur elle. Qu'est-ce que ça concernait ? Sa mère ? Son père ? Son avenir ? « Non... Pas ça ! NON ! PAS CA ! » implora-t-elle intérieurement. Elle savait qu'elle ne s'était pas évanouie mais c'était tout comme, son environnement était devenu étranger. Maintenant, elle était dans les montagnes de l'archipel, près de l'Ecole Privée que son père dirigeait. Les sapins laissaient tomber des paquets de neige de temps à autre, alors que celle sur le sol et les rochers fondait sous l'effet de la chaleur. Elle et son frère admirèrent le panorama puis poursuivirent leur promenade à travers la montagne, en amorçant tout doucement leur retour. Son frère bifurqua cependant plus tôt que prévu, revenant vers l'établissement scolaire.

    - Pourquoi tu fais ça ? On a encore le temps, tu sais ! dit Nina.
    - Je, euh... Je ne me sens pas d'attaque pour une promenade trop longue.
    - Comme tu veux... dit Nina en souriant.

    Elle trouva amusant que son frère se montre aussi mauvais menteur. Elle n'était pas stupide au point d'oublier le panorama plus haut où ils avaient pour la première fois fait l'amour ensemble. Depuis, son frère n'arrêtait pas de se prendre pour son chevalier servant, et se comportait en esclave car il se sentait visiblement coupable. « De quoi ? » lui avait-elle demandé. « De t'avoir infligé ça » avait-il répondu. A défaut de pouvoir le comprendre, elle l'avait rassuré en lui rappelant qu'elle avait été d'accord. Son frère avait affiché un faible sourire.

    Soudain, elle vit ce sourire se figer, tout se figer autour d'elle. Elle ne pouvait plus se sortir de l'esprit le visage de son frère, il l'envahissait entièrement. Les autres pensées retenues par la barrage n'étaient plus que des brindilles dans le raz-de-marée qu'était son frère. « Pourquoi maintenant ?! Pendant neuf ans, je l'ai mis de côté... Pourquoi revient-il ? Pourquoi reviens-tu, Nate ?!! Laisse-moi ! Tu me fais souffrir, tu comprends ?! Pars ! S'il te plaît... pars... ». Elle plongea alors dans un sommeil profond et sans rêves, pour se réveiller le lendemain apaisée.

    « J'ai accepté de voir la vérité et de souffrir... Et en échange, je vais un peu mieux maintenant. ». Elle n'en était pas sûre, mais elle avait l'impression d'avoir donné sa souffrance et qu'on l'ait transformée en apaisement avant de la lui rendre. Une sorte d'échange, mais avec qui ? Nefaxim avait autrefois fait la même chose avec Nathaniel, peut-être pourrait-il lui expliquer le principe ? Non, sans doute pas, il refusait de parler de tout ça depuis des années. Mais si elle lui montrait sa souffrance, peut-être qu'il aurait pitié d'elle ? « Pitié ? Non, je ne veux pas qu'on ait pitié de moi. Et je vais me débrouiller toute seule, comme je l'ai toujours fait. C'est mon histoire, mes problèmes, c'est à moi de les résoudre. »


    Notes de l'auteur :

    - Le dernier paragraphe aura sûrement rappelé de bons souvenirs aux connaisseurs de Fullmetal Alchemist... L'échange équivalent m'a marqué, je crois.
    - Après mûre réflexion, j'ai décidé de d'abord bien planter le décor (c'est ce à quoi sert ce chapitre), avant de vraiment lancer l'histoire, et cela se fera avec l'apparition du petit Near.
    - J'avais pensé à écrire à la première personne (avec Nina) mais je me suis dit que rien ne me pressait d'utiliser cette méthode. En plus, j'ai trouvé plus intéressant d'écrire avec d'autres personnages et faire plusieurs points de vue intérieurs me semblait laborieux (merci au cobaye Sanephar avec Beyond Good & Evil ^^).
    - N'étant plus un débutant, je demanderai de la part de tous les lecteurs une grande sincérité. Soyez très critiques sur le style, le scénario, la psychologie,...
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  • Sanephar Voir le profil de Sanephar
  • Posté le 11 août 2009 à 18:52:23 Avertir un administrateur
  • Ca commence doucement. On découvrir ce qui semble être comme une activité banale et qui se révèle plus profonde. On est aussi frappée par la tristesse de Neo, l’incompréhension de Natasha. Oh Nathaniel…

    J’aurais du tilté sur « neuf ans plus tôt » (d’ailleurs dans la préface tu parles de décennie. Très petite incohérence). Pourtant ça m’a fait une surprise de voir que Nina avait 24 ans. Ca fait si bizarre ! On se rend compte que la demoiselle a changé tout en restant elle-même. Plus humaine dans tous les sens. Elle garde son côté mordant avec des motivations différentes. Et je la trouve d’autant plus belle.

    Ensuite on goute à leur drame familial. Leur vie de mensonge. Leur semblant de vie normale que donne Near. Une illusion qui les aidait à tenir. Je partage le doute de dire ça un enfant de neuf ans (le demi étant super bien trouvé ^^) et lui dire la vérité sur ses origines.

    Tu nous demandé d’être sévère, alors je vais faire selon ta demande. Parfois, on a du mal à comprendre qui parle. On finit par le savoir mais c’est un poil agaçant. Notamment quand la conversation débute dans le salon. Ca devait être à la fin du dialogue que j’ai compris que c’est Nina qui avait commencé à parler de Nate. Au début, je pensais que c’était Nefaxim.

    J’ai aussi bien aimé les pensées de Nina. Ca agrémenté bien l’extrait. La scène étant principalement vue par elle.

    J’ai été impressionnée par la scène suivante. La philosophie de Neo sur Nina ainsi que sur sa relation avec Nathaniel était époustouflante ! La narration, la description de sentiments, de pensées était parfaite !! En tout cas, j’ai été bouleversée que Nina croit que son frère veille sur elle depuis la Rivière de la Vie (cette idée ne vient pas de FF VII ?). C’est vraiment trop beau.

    La scène qui suit est tout aussi émouvante. Avec les souvenirs de Nina et son chagrin trop longtemps occulté qui refait surface d’un coup. Avec un petit mystère : qui l’a apaisé ?

    Dans l’ensemble j’ai vraiment adoré ! Je regrette de ne pas avoir plus donné mon opinion sur les deux dernières scènes qui m’ont fait vibrer. Elles étaient incroyablement belles en tout cas et je te remercie pour le tourbillon d’émotions que tu m’as fait vivre.
    Sinon je remarque aussi que tu adhère à un nouvel essai. Il n’y avait jamais autant de sentiments et de sensualité dans un chapitre. C’en ait que plus agréable !

    J’ai hâte de voir la suite et je te souhaite une belle continuation !!
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 11 août 2009 à 21:22:48 Avertir un administrateur
  • Ben ça fait du bien de pouvoir compter sur une lectrice comme toi !

    "dans la préface tu parles de décennie. Très petite incohérence"
    > Bof, pas tellement. Quand on dit "une demi-douzaine d'années", ça peut être 6 ou 7, par exemple. Donc, "une décennie", ça peut être neuf ans. J'avoue que je l'ai surtout fait pour l'effet de style (le prologue a été écris après, je peux donc t'assurer que ce n'était pas une erreur de ma part).

    Pour Nina, ça me fait plaisir que tu dises ça parce que c'est ce que j'essaie de faire : les persos ne changent pas totalement, mais évoluent lentement à cause de ce qui leur arrive. Après, quand on revoit le Cortex de Crash 1 et qu'on regarde celui de maintenant, il y a un fossé, mais ça s'est fait tout en douceur. Et comme Nina est quelqu'un de rigide, elle n'a pas pu totalement changé en neuf ans (en tout cas, pas sans son précieux frère : cfr réflexions de Neo).

    Cette illusion familiale a marché un certain temps... mais ça se fait au détriment de Near. En fait, les Cortex sont très égoïstes, dans un sens.

    "Parfois, on a du mal à comprendre qui parle. On finit par le savoir mais c’est un poil agaçant. Notamment quand la conversation débute dans le salon. Ca devait être à la fin du dialogue que j'ai compris que c'est Nina qui avait commencé à parler de Nate."
    > Mea culpa. Je ferai plus attention les prochaines fois alors. Tu m'avais déjà signalé cette erreur mais j'ai parfois l'impression de surcharger les dialogues avec des indications.
    Ici, c'était clair dans ma tête à cause du "Rien que de dire son nom était douloureux pour la jeune femme" (i.e. : Nina). Mais tu as raison, parce que même cette indication n'est pas parfaitement claire.

    "j'ai été bouleversée que Nina croit que son frère veille sur elle depuis la Rivière de la Vie (cette idée ne vient pas de FF VII ?). C'est vraiment trop beau."
    > Si si, ça vient de FFVII (je crois que c'est dans une note d'Insurrection). Mais j'ai aussi pris des libertés par rapport à la légende de base. Déjà, personne n'est supposé subsister une fois dans la Rivière.
    Je ne sais pas si tu te rappelles qu'au début d'Insurrection, Nate s'inquiétait d'une éventuelle vie après la mort, et que Nina lui répliquait que c'était stupide, qu'il n'y avait ni Paradis ni Enfer, ou autre. Maintenant, elle n'en est plus si sûre...
    Mais bon, toi comme moi savons que Nate n'est pas "mort" physiquement. Son âme a perdu toute bonté, il s'est transformé en Gulf, mais en soi, il vit toujours. Enfin, sauf si on considère que l'âme originelle de Nate erre toujours quelque part, hors de Gulf.

    Content que ça t'ait plu, en tout cas ! Et, tu le sais, si tu as des réclamations ou questions, je suis ouvert 24h/4, 7j/7 ! (ouais bon, pas tout à fait, en fait).

    ***

    Je vais aussi donner un avant-goût avant chaque nouveau chapitre ave une ou deux phrases-choc.


    A suivre dans le chapitre 2 : Fraternité...
    "Ce n'est pas toi qui voulait la vérité, rien que la vérité ?! Ca nous concerne tous, pas seulement Near !" (Neo)
    "Moi et Nate, on était pas assez biens parce qu'on était bienveillants, maintenant, c'est le contraire !" (Nina)
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 15 août 2009 à 18:24:47 Avertir un administrateur
  • ========================
    Chapitre 2 : Fraternité
    ========================


    (partie 1/3)

    Ce fut le soleil qui réveilla Nina, le samedi matin. Sa lumière lui permit de se réveiller tout en douceur, et non avec la violence dont font preuve les réveils mécaniques et même les gens, bien que ce ne soit généralement pas leur intention. Elle s'apprêta et descendit pour trouver ses parents en train de discuter. Elle leur souhaita bonjour, mais reçut des salutations plutôt froides de la part de son père.

    - Quelque chose ne va pas ?
    - Ce n'est rien, la rassura sa mère.
    - Je suis plus une gamine, je vois bien qu'il y a un problème.
    - Mais nous allons nous en charger, tu n'as pas à t'inquiéter pour ça.
    - Hm... fit Nina, dubitative.

    Son père fuit son regard, laissant le sien admirer la table. Elle laissa ses géniteurs à leur discussion d'adulte dont elle était exclue malgré ses presque vingt-quatre ans, et alla retrouver Nefaxim, qui avait lui récemment soufflé ses septante-neuf bougies. Le petit Near, neuf ans et demi, se tenait à ses côtés. Ses cheveux noirs bien raides étaient estampillés Cortex, mais ses yeux plutôt ternes venaient de William. Quant au reste, il était encore trop tôt pour dire de qui il tenait quoi.

    Nefaxim leva les yeux vers Nina à l'approche de cette dernière et la gratifia d'un sourire léger. Near se retourna et comme d'habitude, la joie de voir sa soeur se peignit sur ses traits.

    - Nina ! s'exclama-t-il en se levant d'un bond.

    Tous les matins, c'était comme s'ils ne s'étaient plus vus depuis une éternité, mais Nina n'allait pas s'en plaindre. Avec son frère, elle se sentait à l'aise, peut-être parce que son innocence l'empêchait de voir trop loin en elle, innocence qui disparaitrait tôt ou tard. Le petit garçon l'obligea comme de coutume à le soulever de terre et à lui faire faire ses cinq tours aériens réglementaires, après quoi il daignait poser le pied au sol. Un caprice adorable.

    - Tu deviens un grand garçon, et t'es plus si léger... Ce sera bientôt fini.
    - Ouais, ouais, tu le dis à chaque fois... Grand-père me racontait une histoire, enchaîna-t-il immédiatement.
    - Ah oui... dit-elle en regardant le concerné avec un regard qui en disait long. Une histoire... sur quoi ?
    - Des sortes de chevaliers du Temps. Elle est vraiment géniale, son histoire, il y a beaucoup de rebondissements.
    - Des chevaliers du Temps... répéta Nina en jetant un regard noir à Nefaxim.

    « Bon sang, qu'est-ce qui te passe par la tête, de lui parler des Maîtres du Temps ? Tu veux faire comme ton frère avec toi ? Arrête de te projeter sur ce gamin, Nef'... »

    - Bon, tu continues ? demanda impatiemment Near.
    - Pas tout de suite. Je vais boire quelque chose, expliqua-t-il en partant à la suite de Nina.

    Il la retrouva dans la cuisine, adossée au frigo. Elle le fixait avec froideur et attendait qu'il s'explique.

    - Je sais que je n'aurais pas dû. Je sais que je fais comme Nefarious avait fait avec moi, et j'en suis désolé.
    - Near est intelligent, il risque de comprendre la vérité. Et je croyais qu'on devait en discuter avec mon père ! ajouta-t-elle, la colère pointant le bout de son nez.
    - Il est assez occupé...
    - A quoi ? Je l'ai vu dans un sale état, tout à l'heure.

    Nefaxim soupira.

    - Tu le sauras très vite, mais en gros, il a peur de te perdre.

    Si le temps et le lieu avaient été plus appropriés, la jeune femme lui aurait juste ri au nez, mais il ne le méritait pas.

    - Mais oui...
    - Si, il tient énormément à toi. Bon, je retourne voir Near.
    - Continuer ton histoire ?
    - Ne t'en fais pas, je ne fais que raconter des légendes ou histoires anciennes, rien qui nous concerne directement.

    Ne sachant que dire, Nina quitta la pièce la première et décida de remonter. Elle n'était pas d'humeur à discuter avec sa famille mais plutôt avec des amis, ou ce qui en faisait office. Elle ne pouvait pas leur parler de tout ça et ne voulais pas non plus le leur « infliger », alors elle restait toujours très vague sur sa vie personnelle. Elle n'était qu'une étudiante en physique, option cybernétique, qui ne savait pas où elle allait travailler l'année prochaine, une fois ses études terminées. Quelle ironie, elle, une ancienne cyborg allait bientôt bâtir des robots. Et elle qui abhorait autrefois la physique se forçait à ingurgiter de la théorie plutôt que de travailler directement sur le terrain.

    Elle s'installa devant son ordinateur et vérifia rapidement ses mails. Tout d'un coup, elle n'eut plus envie de voir ses amis. Elle ne voulait pas avoir à faire avec des humains comme eux, aujourd'hui... Car un mail avait attiré son attention. Le titre était plutôt aguicheur pour elle : « Conférence sur les moyens de transport du futur » mais ce qui était plus intéressant encore, c'était l'expéditeur...


    Sujet : Conférence sur les moyens de transport du futur
    Expéditeur : « Aloysius Tendergast » <Aloysius.Tendergast@FT.com>

    Ma chère Nina,

    Cela fait bien longtemps que nous ne nous sommes vus, n'est-ce pas ? Mais une occasion de reprendre contact s'offre à nous, si tu le désires. Comme tu le sais, j'ai fondé une nouvelle Confrérie Scientifique, que nous avons même renommée afin de couper les ponts avec le passé : il s'agit maintenant de la Fraternité Technocrate. Nous organisons des conférences un petit partout dans le monde pour promouvoir notre organisation et les sciences en général, et il se trouve que je présiderai moi-même une conférence à Adélaïde, ce dimanche. Ce n'était pas prévu au départ mais la personne qui en était chargée a eu un empêchement.

    Ce serait, je trouve, une bonne occasion de se voir. Si tu as envie de parler du bon vieux temps, je serai là, mais nous pouvons aussi regarder ensemble vers l'avenir. J'aimerais aussi te présenter quelqu'un, si tu es d'accord. C'est une personne qui a toute ma confiance et qui a très envie de te rencontrer, toi et ta famille. Toutefois, je ne souhaite en aucun cas te forcer.

    Si tu veux plus de détails sur la conférence, je t'invite à consulter cette adresse : http://www.fraternite-technocrate.com/conferences/2018/moyens-de-transport-du-futur

    Enfin, sache que j'en ai déjà parlé à ton père, puisque je serai très occupé jusque là et que je n'en aurai sans doute plus l'occasion. Je l'ai abordé en lui parlant de simplement nous voir tous ensemble et il l'a assez mal pris. Je suis sincèrement désolé si vous traversez actuellement une période difficile avec des choix cruciaux, mais sachez que je ne suis pas un ennemi ou un voyeur, mais un ami : je serai là si vous avez besoin de moi, et resterai à l'écart si vous me le demandez.

    Avec toute mon affection,

    Aloysius.


    Nina ne sut d'abord que penser de tout ça. Comment Aloysius pourrait-il être au courant de leurs récentes discussions ? Ou avait-il simplement le don de voir la vérité grâce à quelques indices ? Elle se dit qu'elle répondrait ce soir. Après tout, rien ne pressait.
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  • Posté le 15 août 2009 à 18:27:27 Avertir un administrateur
  • (partie 2/3)

    ***

    Near avait un petit sourire émerveillé devant l'histoire qui venait de lui être contée.

    - Allez, elle vient d'où, cette histoire ?
    - C'est moi qui l'ait inventée !
    - Elle est géniale ! Mais je ne comprends pas pourquoi le frère était jaloux... Il aurait dû être heureux que sa famille ait fait quelque chose de si bien.
    - Les humains sont comme ça, je ne te le cache pas. Tu découvriras qu'il n'y a pas que des gentils.
    - Et les méchants... Pourquoi ils sont comme ça ?
    - Ah, Near... C'est une vaste question que tu me poses, là !
    - Ca veut dire que tu ne vas pas répondre ? dit l'enfant avec moquerie.
    - Hé, je n'ai pas dit ça ! J'y répondrai... mais un autre jour.

    Cela avait été dit avec le sourire mais le jeune garçon semblait profondément déçu.

    - Pourquoi est-ce que tu tiens tant à le savoir ?

    Soudain, Near parut comme plus vieux. Son expression... Cela ne devrait pas se retrouver sur le visage d'un enfant de son âge. Une sorte de profonde mélancolie, de désespoir absurde.

    - La semaine passée... Mon ami Ryan est tombé dans les escaliers.
    - Il s'est blessé ?
    - Il a pleins de fractures et il va rester des mois à l'hôpital.
    - Oh... Vas-y, continue.
    - Je... Je n'ai rien ressenti, vraiment rien. Normalement, je devrais être triste, inquiet, mais là, je m'en fiche ! C'est pas normal !
    - Si, c'est sans doute ton esprit qui a cette réaction. Tu crois que tu t'en fiches mais c'est simplement pour ne pas te retrouver face à la réalité trop douloureuse pour toi.
    - Trop douloureuse...

    Near réfléchit encore un peu puis il leva de nouveau le visage vers son grand-père adoptif - bien qu'il croyait qu'ils avaient un lien sanguin - et dit d'un ton grave :

    - Ce n'est pas tout. Ca m'a même... amusé. Et ça me fait peur. J'ai l'impression d'être un méchant et... et je ne comprends pas pourquoi !

    Il se mit alors à pleurer à chaudes larmes et Nefaxim poussa un soupir de soulagement intérieur : il pouvait serrer cet enfant dans ses bras, mais pas lui dire pour son héritage.

    ***

    La père, la mère et la fille se tenaient ensemble avec Nefaxim. Le jeune Near était dans sa chambre, en train de jouer à un jeu vidéo.

    - Cette famille ne tient pas debout, soupira Neo.
    - Ne dis pas ça... supplia Natasha.
    - Mais c'est la stricte vérité ! Regarde-nous ! Tu es ma soeur ! Cet enfant, tu l'as eu avec un homme qui est mort ! Et lui, dit-il en désignant Nefaxim, il ne vient même pas de notre famille !
    - Neo... S'il te plaît...
    - Ce n'est pas toi qui voulait la vérité, rien que la vérité ?! Ca nous concerne tous, pas seulement Near !
    - Mais c'est quoi, ton problème ?! lui cria Nina. On le sait, tout ça, tu fais que remuer le couteau dans la plaie, là !
    - Elle a raison, intervint Nefaxil. Nous n'irons nulle part en... -
    - Mais vous avez déjà tous pris une décision, alors à quoi bon me consulter ? s'énerva le barbu.

    Il n'avait pas tout à fait tort... Qu'est-ce qui pourrait le faire changer d'avis ? Nefaxim avait la solution à portée de main mais il rechignait à l'utiliser...

    - Et ce matin, j'apprends qu'Aloysius veut reprendre contact avec nous !
    - Où est le problème ?
    - C'est vrai qu'Aloysius ne nous a plus beaucoup parlé ces derniers temps, admit Natasha. Mais il a été très occupé avec sa nouvelle organisation.
    - Les germes du nouveau Magistère ! cracha Neo. Ce sera reparti pour un tour s'il refait comme avant !
    - Ce n'est pas comme avant !
    - Pourquoi prends-tu sa défense, Nina ?
    - Et toi, depuis quand es-tu si pessimiste ?

    Neo baissa les yeux puis répondit doucement, son calme retrouvé :

    - Depuis que nous vivons normalement. J'ai mis toute mon énergie à bâtir cette famille, mais rien ne tient debout, et voilà qu'Aloysius se prend pour un assistant social... Peut-être qu'on devrait tout dire à Near. On n'est plus à un ou deux trucs branlants près, hein ?

    Un silence de mort plana sur la pièce, tout le monde fuyant le regard des autres.

    - Neo... Tout à l'heure, j'ai parlé avec Near. Je vais aller droit au but : il montre des signes de malveillance.

    Ce fut un choc pour tout le monde, d'entendre leurs craintes confirmées. Nina renifla bruyamment.

    - Vraiment très ironique... Moi et Nate, on était pas assez biens parce qu'on était bienveillants, maintenant, c'est le contraire !
    - Là, c'est toi qui remue le couteau dans la plaie ! dit son père d'un ton cinglant.

    Sur quoi il se leva et partit. Nina se demande pourquoi ils se disputaient tellement depuis ces neuf années. Que s'était-il passé, au juste ? Pourquoi une vie normale se révélait-elle plus pénible psychologiquement qu'une vie d'action et de danger ? Toutes ces années à l'Académie puis dans l'archipel, elles avaient été rythmées par des catastrophes, de grandes peines, de grandes joies, mais jamais la gravité de la situation ne s'était révélée à eux, jusqu'à l'Insurrection. Qu'est-ce qui avait changé ?

    « On n'a plus pu nous mentir à nous-mêmes... En voyant qu'on voulait sauver le monde, on s'est révélé à nous-mêmes, et ça nous a effrayés. On s'est mutilés pour pouvoir renverser le Magistère ensuite. On ne pouvait pas vaincre l'ombre par l'ombre, il fallait d'abord que nous devenions de la lumière... Et ça s'est fait dans la douleur. »

    Nina cessa de penser en remarquant que sa mère pleurait. D'abord doucement puis plus fort. Nina vint dans ses bras comme pour la rassurer de son amour, et cet élan d'affection était d'autant plus précieux que la jeune fille n'en avait pas souvent. Nefaxim posa simplement sa main sur l'épaule de Natasha, et dit qu'ils devraient en reparler plus tard mais que maintenant n'était pas le bon moment. Une petite main vint se glisser dans celle encore libre de Natasha.

    - Pourquoi tu pleures, Maman ? Vous vous êtes disputés avec Papa ?
    - Ce n'est rien, mon chéri...
    - Je ne suis plus un gamin, je sais qu'il y a un problème. Tu peux me le dire.

    Pouvait-on ? Pouvait-on aller contre la volonté de Neo ?
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 15 août 2009 à 18:29:24 Avertir un administrateur
  • (partie 3/3)

    ***

    Aloysius Tendergast se trouvait dans le train à destination d'Adélaïde, pour sa conférence du lendemain. Tout se faisait dans la précipitation et il devait laisser des instructions à ceux du Quartier Général de la Fraternité. Son portable était collé à son oreille, la voix d'un de ses subordonnés lui arrivant pour l'instant correctement - maudit soit le mauvais réseau téléphonique australien !

    - Ca me semble difficilement faisable... soupira-t-il devant une proposition de son interlocuteur. Le trajet depuis la laboratoire jusqu'à Adélaïde... Non, laissez tomber.
    - Vous êtes sûr, Docteur Tendergast ? Ce serait magnifique que le public puisse voir ça !
    - Mais ça coûterait beaucoup trop cher. Et puis, il n'y a qu'une personne qui méritera vraiment de voir nos projets, si elle vient, c'est Nina Cortex.
    - Elle a accepté de venir ?
    - Oui, elle m'a répondu ce soir-même. J'ai hâte de la retrouver, à défaut de revoir toute la famille.
    - Moi aussi, j'ai hâte de les retrouver... Ca fait neuf ans qu'on ne s'est plus vus.

    Aloysius sourit, bien que son interlocuteur ne pouvait le voir puisqu'ils étaient au téléphone, et passa une main dans sa barbe blanche naissante qu'il devrait songer à raser. Ce n'était d'ailleurs pas juste qu'il ait si vite eu des cheveux blancs, son frère n'en avait jamais eu, lui. Enfin, de toute façon...

    - Au fait, pourquoi faire venir Alucard ? demanda son interlocuteur.
    - Je compte le présenter à Nina.
    - Décidément, vous organisez tout...
    - Ha ha ha ! Vous parlez de ça comme d'un complot !
    - Ah oui ? Désolé... Les habitudes ont la peau dure, je suppose.
    - Ne vous excusez pas. Bon, veillez bien sur le laboratoire jusqu'à mon retour.
    - D'accord. Bon courage pour la conférence !
    - Merci et à lundi matin, alors !

    Il aurait pu envoyer n'importe qui présider cette conférence - ce n'était après tout que de la vulgarisation -, le fait qu'il vienne en remplacement n'était qu'un prétexte pour retrouver les Cortex, et plus particulièrement Nina. Comme elle devait avoir changé ! Après ce que cette famille avait fait pour lui pendant l'Insurrection, il se sentait redevable envers eux, mais ce n'était pas tout... Son défunt maître, l'Avatar, avait autrefois servi de balise à sa vie, c'était l'étoile qu'il suivait. Tout le monde le voyait comme le chef bien qu'il ne fasse que suivre les directives d'un autre. Il n'avait plus jamais retrouvé quelqu'un qui puisse ainsi le rassurer en lui disant quoi faire, mais avec les Cortex, il pourrait peut-être établir une relation d'égal à égal, ce qui serait mieux que rien. Personne n'était aussi brillant qu'eux, et il s'en voulait d'avoir renvoyé Neo il y a si longtemps. S'il ne l'avait pas fait, comment les choses se seraient-elles passées ? L'Avatar n'avait jamais ordonné de manipuler Neo Cortex... mais Aloysius avait suivi l'ordre car rien n'était plus important que l'autorité ; même s'il n'approuvait pas tout ce qu'on lui demandait, il le faisait, car telle était sa fonction.


    Notes d'auteur :

    - Je dois bien vous avouer que Near ne me satisfait pas. J'ai un frère un peu plus jeune que lui, mais je n'ai pas réussi à m'inspirer de lui pour évaluer la façon de se comporter d'un enfant de cet âge. Et puis, je voulais que Near soit intelligent mais ait une sorte d'innocence qui se dégrade progressivement. La tâche était donc plutôt compliquée... Si vous avez des idées pour le rendre plus crédible, je suis ouvert.

    - A propos de la Fraternité Technocrate : « Fraternité » remplace le terme de « Confrérie » et la technocratie est un régime politique où les techniciens (scientifiques, médecins, économistes, etc.) détiennent le pouvoir. C'est la Confrérie Scientifique puissance mille.
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  • Sanephar Voir le profil de Sanephar
  • Posté le 16 août 2009 à 18:08:30 Avertir un administrateur
  • Navrée pour le retard, mais voici ton commentaire tant mérité !

    * Pourt commencer, voici quelques erreurs que j’ai relevé. Elle sont plus nombreuses que tes derniers chapitres mais ce ne sont que des erreurs d’inatention.
    - La père
    - intervint Nefaxil
    - Nina se demande

    * Au début je me suis dit que ça n’était pas logique que Neo soit froid et qu’il fuit le regard de Nina. Mais à la réflexion faite, ça parait logique. On n’a pas envie de regarder une personne qui nous met en colère ou nous donne un sentiment négatif, sous peine de l’accroitre.
    C’est à la fois très bizarre et en même temps naturel de passer de la complexité des adultes à l’innocence d’un enfant. Par ailleurs, j’adore le petit rappel de « neuf ans et demi ». Ca fait très esprit enfantin et c’est ce qu’il fallait avec l’apparition du petit Near. Donc je disais, on se heurte avec douceur à l’innocence du petit garçon très contagieuse à l’égard de Nina. Ces deux-là sont tellement adorables.

    Quant à Near… moi je trouve qu’il y a un parfait équilibre. Le petit garçon très innocent qui fait des petits caprices affectifs avec sa sœur, qui adore les histoires de son grand-père et qui d’un côté se questionne trop vite sur ses sentiments anormaux. Tu as réussis à le faire intelligent et à la fois innocent. C’est d’ailleurs cette dernière qui l’empêche de comprendre ce qui lui arrive. Mais un enfant (normal) ne devrait pas se poser ce genre de question. Autrement dit, pour moi, tu as parfaitement réussis ton coup ^^

    Ouh ! Jolie idée ! Nefaxim qui répète en partie l’erreur de son frère avec Near… Et Naturellement le reste de la famille ne va pas apprécier. On voit déjà Nina, et à mon avis Neo réagira pareillement. Je pense que Natasha se montrera plus indulgente. Elle semble l’être beaucoup plus devenue.

    Nina… c’est toujours un plaisir de voir la situation de son œil. Est-ce que ça sera toujours elle ?
    Ensuite, je trouve le choix de ses études cohérent avec ce qu’elle faisait avant (et aussi ironique comme elle le dit elle-même). Ensuite, avec la paragraphe suivant, on comprend mieux la mauvaise humeur de Neo Cortex.

    Aloysius ! Quel plaisir de retrouver ce personnage !! Il m’avait drôlement manqué ^^
    En plus, le coup de l’adresse mail qui s’affiche en bleu et le lien donne un merveilleux côté réaliste. Félicitations mon cher !

    * Si la scène était plus légère, la suivante l’est carrément moins. Comme je te l’ai déjà dit, Near est très bien fait. Le petit garçon incapable de cacher ses émotions. Aussi il fait le malin en se moquant pour avoir la réponse et n’a pas la fierté de cacher sa déception quand il ne l’a pas. Et après tout s’enchaine ! J’avoue que je ne m’attendais pas à ce que Near montre des signes ou se questionne. C’était agréablement génial de découvrir ça. Par contre, je n’ai pas compris la dernière phrase de Nefaxim…

    * Et je parle même pas de la scène suivante encore plus sombre ! C’est d’ailleurs assez inattendu que Neo pète soudain un câble bien que ça soit logique. Il contient cela sans doute depuis un moment et ça sort sans signe annonciateur.

    Sans connaitre le fond, ça semble être juste une dispute de routine pendant un repas familial et pourtant c’est tout autre. Le sujet est si… délicat. C’est vrai que la composition de la famille est complètement incongrue. Et c’est malheureux de voir qu’ils se mentent à eux-même pour préserver Near, sans savoir si c’est vraiment la bonne solution. Mais… se sentiraient-ils mieux s’ils n'avaient plus à se mentir ? Je me le demande.
    Par contre, on dirait que Neo n’a pas énormément de sentiments envers Near. Je reprocherai juste ça. On s’en doute mais en même temps il ne parle pas vraiment de préserver Near de la vérité mais de préserver la famille à travers Near. Enfin, c’est comme ça que je le sens.

    * J’étais contente de savoir qu’on allait revoir Aloysius, mais je ne m’attendais pas à le voir dès ce chapitre. Trop chouette !! J’étais toute contente. Est-ce que j’ai déjà dit que j’aimais bien ce personnage ? Ah, je me répète alors ^^’

    Bon, alors je suppose pleins de choses ! Mais j’attends de voir si ça va être vrai dans les chapitres suivants ^^’

    Bon, c’est bête, je ne sais pas quoi dire sur cette scène alors qu’elle m’évoque tant de choses ! Par ailleurs, je trouve Aloysius plus épanouit, plus en paix avec lui-même. Ca fait tellement plaisir à voir !

    « maudit soit le mauvais réseau téléphonique australien ! « Est-ce que ça te serait inspiré de « Belgacom » ?
    « Les habitudes ont la peau dure » est une citation de Cortex dans Crash Bandicoot : La vengeance de Cortex !

    Et bien, voilà voilà ! Je te remercie pour ce chapitre magnifique qui m’a encore une fois transportée d’émotions ! A chaque fois je dois subir l’impatience d’attendre le prochain chapitre et pourtant je ne regrette pas l’attente quand je peux le lire. Merci infiniment pour cette belle histoire !

    Naturellement, bonne continuation !!
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 16 août 2009 à 20:42:09 Avertir un administrateur
  • Et moi qui croyais m'être relu !! Honte à moi...

    J'espère que j'arriverai à garder ce réalisme chez Near, même si ça va devenir plus compliqué, avec ce qui va se passer. Raah, je m'inquiète déjà de ne pouvoir refaire aussi bien.
    Enfin, ça me rassure que tu me dises qu'il est crédible.
    "Mais un enfant (normal) ne devrait pas se poser ce genre de question."
    :d) Par "normal", tu entends, sans aucune malveillance ou pas aussi intelligent ?

    Effectivement, Nefaxim n'a pas appris de ses erreurs. C'est même pire puisque non seulement il risque de briser le secret de l'existence des Maîtres du Temps mais en plus, ça risque de dévoiler à Near le passé des Cortex.
    A propos de Natasha, pourquoi dis-tu qu'elle est devenue beaucoup plus indulgente ? Elle ne l'était pas avant ?

    "Nina... c'est toujours un plaisir de voir la situation de son oeil. Est-ce que ça sera toujours elle ?"
    :d) Excellente question. Non, pour l'instant, c'est une première personne déguisée, mais par la suite, d'autres persos vont donner leur point de vue.

    "En plus, le coup de l'adresse mail qui s'affiche en bleu et le lien donne un merveilleux côté réaliste."
    :d) lol, c'est automatique, tu sais.
    Au début, je voulais réserver l'adresse mais je n'ai pas réussi. Ca aurait été stylé de recevoir des mails à une adresse pareille ^^

    A propos de la dernière phrase de Nefaxim que tu n'as pas comprise, tu veux parler de celle-ci, je suppose : "Si, c'est sans doute ton esprit qui a cette réaction. Tu crois que tu t'en fiches mais c'est simplement pour ne pas te retrouver face à la réalité trop douloureuse pour toi."
    :d) Mécanisme de défense mentale : au lieu de plonger dans la dépression il est indifférent. En tout cas, c'est ce que Nefaxim raconte pour le rassurer.

    "Mais... se sentiraient-ils mieux s'ils n'avaient plus à se mentir ? Je me le demande."
    :d) Je pense, oui. Après, si l'enfant était perturbé, ils pourraient s'occuper d'un problème tangible. Alors que pour l'instant, ils ne peuvent rien faire sinon arrêter de mentir.

    "on dirait que Neo n'a pas énormément de sentiments envers Near"
    :d) Oui, c'est bien vrai. Remarque l'ironie : son "fils" est en fait son neveu, alors que Nina et Nate étaient ses vrais enfants mais officiellement il les présentait comme son neveu et sa nièce. Tout l'inverse.

    "il ne parle pas vraiment de préserver Near de la vérité mais de préserver la famille à travers Near"
    :d) Si tu regardes bien, tu vois qu'en fait, il ne sait pas quoi faire et qu'il s'en remet aux autres. C'et très lâche : "OK, faites ce que vous voulez, je m'en fous, et vous assumerez les conséquences".

    "Bon, alors je suppose pleins de choses !"
    :d) Dis ! Allez, dis-moi !

    Non, aucun rapport avec Belgacom ^^ Je ne sais pas si le réseau en Australie est très bon mais je suppose que non avec les énormes déserts qu'ils ont.

    Pour la "citation", ce n'était pas intentionnel !

    Encore une fois merci de me lire et à la prochaine dans ta réponse... J'attends tout particulièrement tes hypothèses !
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 17 septembre 2009 à 16:45:17 Avertir un administrateur
  • Désolé de cette looooongue absence, mais j'ai été parti. Je suis de retour et je vous offre donc la suite (qu'est-ce que je suis généreux, quand même !).


    ==========================
    Chapitre 3 : Page blanche
    ==========================


    (partie 1/3)

    Near ne trouvait pas le sommeil. D'habitude, après que sa mère l'ait embrassé et lui ait souhaité bonne nuit, il ne mettait que quelques minutes pour tomber dans les bras de Morphée. Mais ce soir-là, quelque chose l'en empêchait. Il repensa à ce qu'il avait vécu récemment, à la lâcheté de Nefaxim, qui ne lui avait pas répondu quand il avait demandé pourquoi les gens étaient méchants, pourquoi le Mal existait. Cette question d'adulte tourmentait l'enfant et ceux qui avaient la réponse la gardaient jalousement.

    Quand enfin Near s'endormit, il eut envie de se réveiller, car il sentait quelque chose prendre possession de lui. Des bras le saisirent et l'entrainèrent avec eux dans l'obscurité. Il voulut hurler, mais aucun son ne sortit de sa bouche, il était désespérément muet. Soudain, l'obscurité se volatilisa, et une lumière pulvérisa les bras.

    http://www.youtube.com/watch?v=9PrL4NPBxcE

    Une sorte d'ange se posa devant lui, mais pas un ange comme dans les histoires : il était vêtu de blanc et il avait des ailes mais il ne ressemblait pas à un humain. Sa peau était comme une cuirasse toute lisse, une peau de serpent froide mais pas si désagréable à toucher, sans doute. Ses mains étaient griffues, des griffes nettes et tranchantes, comme des lances. Le visage de l'ange était baigné de lumière, empêchant Near de savoir à qui il avait à faire. Quand son sauveur lui adressa la parole, ce fut d'une voix normale, sans écho, un peu distante peut-être, mais c'était tout.

    - Tu vas bien, Near ?
    - Oui... Merci de m'avoir sauvé.
    - De rien, Near. Je devais le faire.
    - Je peux savoir votre nom ?
    - Pas encore. Mon nom est sacré, tu ne pourrais même pas l'entendre si je te le disais. Dis-moi, je t'observe depuis quelques temps et je vois que tu rencontres beaucoup de problèmes. J'aimerais vraiment pouvoir t'aider.

    « Qui est-ce que c'est ? Et est-ce que je peux lui faire confiance ? »

    - Je ne vous fais pas confiance....
    - Pourquoi n'as-tu pas confiance en moi ?
    - D'abord parce que vous refusez de me dire votre nom. Et puis parce que vous êtes trop différent.

    L'ange replia ses ailes dans son dos.

    - Alors je vais te laisser le temps de réfléchir.

    « C'est stupide, je suis en train de rêver ! Je ferais mieux de partir d'ici. »

    - Si c'est un rêve, dit l'ange, alors je ne suis qu'un produit de ton esprit. Les rêves sont le reflet de tes pensées les plus profondes.
    - Et alors ? répliqua Near avec inquiétude, se rendant compte que la créature pouvait apparemment lire dans ses pensées.
    - Alors je peux savoir ce que tu penses.
    - Si vous êtes un « produit de mon esprit », c'est comme si vous étiez moi, donc ça n'a pas d'importance !
    - Tu es très intelligent, Near. Me permettras-tu au moins de te protéger ?
    - De quoi ? C'étaient quoi, ces bras ?
    - C'était le Mal. Le Mal qui cherche à te dévorer.
    - Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
    - Rien. C'est ton destin, voilà tout. Je peux t'aider à le changer, te faire repartir d'une page blanche, mais j'ai besoin de ta confiance pour ça. Me l'accorderas-tu ?

    « Que faire ? Il m'a sauvé, et même s'il me paraît bizarre, il a l'air d'en savoir beaucoup sur mes problèmes. En plus, s'il m'aide, je deviendrai plus fort... Avec cette force, je pourrai me protéger, et protéger les autres... plutôt que d'être un boulet. »

    - Qu'est-ce que vous voulez en échange ?
    - Rien, sinon ce Mal. Ce sera un combat : toi contre le Mal, et je t'aiderai à gagner. Puis je prendrai ce démon et je le transformerai, pour en faire quelque chose de bien. Chaque douleur peut devenir une force, chaque peine une source d'expérience, chaque pulsion destructrice peut devenir constructrice.
    - Je ne comprends pas...
    - Je vais prendre ton mal et en faire du bien, pour toi, parce que tu le mérites.
    - Vous ne voulez rien d'autre ?
    - Non, absolument rien. Ta seule joie suffira à me combler.

    « Il est vraiment bizarre... Bon, j'ai peut-être l'air débile, mais ça coûte rien. Je vais passer le marché. »

    - D'accord. Aidez-moi, s'il vous plaît... Et vous me direz votre nom après ?
    - Quand tu seras prêt, oui. Ce ne sera pas facile, tu vas devoir plonger en toi, et dans le passé de ta famille.
    - Alors j'avais raison : ils me cachent quelque chose...
    - Oui, ils te le cachent, mais ils croient bien faire. Ne leur en veux pas trop.

    ***

    Sur la pointe des pieds, Nina descendit les escaliers. Elle espérait pouvoir se rendre à la conférence sans éveiller l'attention de son père, qui allait inévitablement lui demander où elle allait s'ils se croisaient. Donc, elle ferait tout pour l'éviter.

    - Nina.
    - Oh, Papa... Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle innocemment en s'éloignant de l'entrée.
    - Quoi, où devrais-je être ? Nous roulons sur l'or, je n'ai donc pas besoin de travailler à longueur de temps. Officiellement, je travaille à domicile pour le labo quand je n'y suis pas.
    - J'ai parlé de travail ? Il y a des loisirs, aussi...
    - Mon seul loisir, c'était ma famille... Mais c'est devenu un supplice de voir cette mosaïque décrépie dev-

    La claque vint sans crier gare et le barbu en resta sonné un instant.

    - Essaie d'améliorer les choses au lieu de te laisser crever, imbécile !

    Sitôt sa réplique lancée, elle sortit en se dirigeant à pas vifs vers la gare, pour y prendre un train à destination d'Adélaïde.

    « J'aurais pas dû faire ça... C'est venu sans que je puisse l'arrêter, mais je sens que je vais le regretter. En tout cas, j'ai raté mon coup, pour partir discrètement... »

    Dans le train, Nina oublia vite son géniteur et songea à son frère. Elle l'avait entr'aperçu aujourd'hui, et il n'avait pas semblé dans son assiette. Exceptionnellement, il n'était pas fourré avec Nefaxim, Nina avait donc demandé à ce dernier s'il voulait bien parler du passé. Le vieillard avait accepté :

    - De quoi veux-tu me parler, Nina ?
    - Tu ne veux jamais parler de tes pouvoirs, mais j'en ai vraiment besoin, là.
    - Je vois mal lequel de mes pouvoirs pourrait t'être utile, ils ne servent qu'à détruire, à faire souffrir, et je ne veux plus de tout ça.
    - Pas seulement à ça ! Nathaniel... Tu l'avais soulagé, il avait oublié ses cauchemars après une simple poignée de main avec toi.
    - Ah oui, dans la Dixième Dimension... Tu fais des cauchemars, Nina ?
    - Ce seraient plus... des visions. Je revois le passé sans m'être endormie.

    Nefaxim s'était pris la tête dans les mains et Nina l'avait laissé réfléchir en silence. Finalement, il avait repris en disant :

    - Les graines du fléau qu'est Gulf se trouvaient en ton frère. Sa part de malveillance émanait de lui avec puissance, même s'il tentait de la contenir. Ce n'était pas difficile de le soulager, il fallait transformer son énergie négative en quelque chose de positif. Mais pour ton problème, il faudrait un oniropathe.
    - Un quoi ?
    - Un oniropathe, qui converse à travers les rêves, quelqu'un capable de voir en toi et de t'aider. J'en connais un...
    - Va te faire foutre ! s'exclama-t-elle non sans humour quand elle eut compris. Je ne laisserai pas ce malade de Trance rentrer dans mon esprit !
    - Je ne peux malheureusement rien faire d'autre, Nina. Sauf en parler avec toi.

    Ils avaient donc parlé. Avec Nefaxim, Nina ne ressentait pas la douleur habituelle qu'elle avait en parlant de son frère. Après tout, Nefaxim aussi avait perdu un frère, il savait ce que c'était et choisissait judicieusement ses mots. Mais il avait soigneusement repoussé toute tentative de parler de Nefarious. Qu'est-ce qui le gênait tant ? Il était vrai que lui et son frère n'avaient pas du tout entretenu la même relation que Nina et Nate...

    Mais comme d'habitude, Nina ne put comprendre ce qui se passait dans sa famille, là où son père voyait bien plus clair qu'elle... Lassée de ces réflexions stériles, elle écouta de la musique pour le reste du trajet et pendant ses déplacements dans cette ville qu'elle ne connaissait pas.

    L'auditoire où avait lieu la conférence était plein à craquer. Heureusement, il faisait frais à l'intérieur, ce qui était un soulagement pour tout le monde après la chaleur suffocante du dehors. Une large banderole accrochée de part et d'autre de l'estrade clamait le titre de la conférence, et un technicien s'affairait à régler quelques câblages. Quelques applaudissements timides retentirent à l'entrée du docteur Tendergast, murmure qui se transforma bientôt en tonnerre maîtrisé. Aloysius sourit doucement et fit mine de s'installer, cherchant en réalité à voir où était Nina. Il l'aperçut dans le fond et il élargit discrètement son sourire pour elle.

    Un assistant entra à sa suite, vêtu d'une blouse blanche, lui aussi. Il attira l'oeil de Nina sans qu'elle ne comprenne trop pourquoi. Il avait des cheveux bruns et un visage somme toute assez banal, mais c'est à peu près tout ce qu'elle pouvait dire avec la distance. S'approchant d'Aloysius, il lui passa un micro sans fil puis se retira près d'une caisse amenée plus tôt sur scène.

    - Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, je suis le Docteur Aloysius Tendergast et je souhaiterais vous remercier de votre présence ici. J'espère du fond du coeur que cette conférence saura susciter des vocations mais aussi satisfaire les scientifiques présents.

    Distillant son humour, expliquant les termes techniques pour les non-initiés et usant de prototypes et créations diverses apportées avec lui, le docteur se révéla être un excellent orateur qui passionna l'assistance pendant toute la durée de sa présentation, de deux heures et quarante minutes tout de même.

    Il réussit même à faire changer d'avis Nina : certains véhicules dont il expliquait le fonctionnement paraissaient complètement surréalistes, mais il démontra que cela était faisable une fois les recherches menées à terme. Impressionnée par tant de machines ingénieuses, la jeune femme se dit que c'était une filière très intéressante. La Fraternité Technocrate était très réputée et avait déjà déposé des brevets novateurs, faisant grandir son influence. Aurait-ce été le cas si le public avait su que Tendergast avait autrefois été un Magistrat haut-placé ?

    - Eh bien, je ne suis pas mécontent que cela soit fini : je suis exténué ! soupira-t-il à la fin de son exposé. Merci d'avoir écouté les délires du vieil homme que je suis jusqu'au bout...

    Une vague d'applaudissements submergea tout l'auditoire, après quoi des personnes vinrent remercier personnellement l'orateur. Une seule personne se mit à râler quand une autre lui dit que vu l'état du docteur Tendergast, mieux valait le laisser aller sans le retenir avec des questions. Nina en fut elle aussi déçue et elle décida de quitter l'auditoire. Aloysius ne pourrait pas l'écouter maintenant, et il avait son numéro et son adresse e-mail s'il souhaitait la contacter. Au moins, elle avait assisté à quelque chose d'intéressant qui lui avait fait oublier sa vie l'espace de quelques heures.

    - Nina Cortex ?

    C'était l'assistant qui venait de s'adresser à elle.

    - Oui, c'est moi.
    - Le Docteur Tendergast voudrait vous parler après. Voudriez-vous bien rester ?

    Elle se rendit compte que l'assistant était plus jeune qu'elle ne l'avait pensé : une petite vingtaine, seulement. Ses yeux étaient d'un brun très foncé, presque noir, et il portait une paire de lunettes rondes argentées. Il était plutôt petit, et avait un sourire qui lui rappelait quelqu'un, dans sa façon de le faire. Etrange...

    - Oui, c'est d'accord... dit Nina, un peu troublée.
    - Merci. En attendant, nous pouvons peut-être parler. Tu permets que je te tutoies ?
    - Bien sûr.

    Il sourit en faisant un petit hochement de tête en guise de remerciement, puis se présenta :

    - Je m'appelle Alucard Tendergast.
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  • Posté le 17 septembre 2009 à 16:46:16 Avertir un administrateur
  • (partie 2/3)

    ***

    Comme souvent, Near était avec sa mère et surtout, son grand-père. Ils s'entendaient très bien, tous les deux, et Nefaxim était le remplaçant d'un père souvent absent malgré ses employeurs assez coulants. Que faisait Neo pendant ce temps-là ? Mystère. Il fréquentait son laboratoire, installé dans les caves, sortait peu, et n'était pas souvent avec ses enfants ou sa soeur. Cette dernière passait donc son temps avec son enfant cadet et son « beau-père » Nefaxim.

    Le temps resplendissant illuminait le parc où la petite famille se promenait et la chaleur qui allait de pair avec un tel soleil faisait que les glaces achetées fondaient à vue d'oeil.

    - T'as pris quel goût ? demanda Near.
    - Framboise ! répondit sa mère avec entrain, retournant immédiatement à sa dégustation après.
    - Et toi, grand-père ?
    - Pistache.
    - Bêrk. On dirait du caca d'oiseau !

    Ils rirent tous les trois de bon coeur et continuèrent leur ballade. Bientôt, ils furent à proximité d'un lac sur lequel on pouvait naviguer à l'aide de barques. Malheureusement, il ne restait plus d'embarcations à quatre places, aussi durent-ils opter pour une équipée de deux places seulement.

    - Allez-y sans moi, proposa Natasha.

    Afin de ne pas vexer son grand-père, le jeune Near ne dit pas qu'il aurait préféré être avec sa mère. « Non, ce n'est pas ça... C'est juste que cet ange m'a aidé, pas comme Nef'. J'arrive plus à avoir confiance en lui... Bon, de toute façon, j'ai pas le choix, je dois y aller. »

    La barque avança doucement sur les flots, s'éloignant du rivage. Natasha les regarda partir avant d'elle-même prendre le sentier qui faisait le tour du lac. Sortant de derrière un arbre, une femme aux cheveux blancs l'aborda. Elle devait avoir une trentaine bien entamée, et ses longs cheveux blanc platine descendaient librement dans son dos. Elle avait de grands yeux clairs et lumineux mais aussi et surtout un sourire bienveillant qui établit directement le contact.

    - Natasha, je suis une amie de Nefaxim.
    - Oh, c'est dommage, il vient de partir sur le lac ! Vous l'avez manqué de peu.
    - Non, en fait, c'est à vous que je voulais parler.
    - Ah bon ?
    - Venez, nous allons nous trouver un coin tranquille.

    ***

    Sur la barque, Near avait un air mélancolique. Il se sentait trahi par une famille qui le prenait pour un gamin normal sans voir le mal qui le rongeait ; seul cet ange l'avait aidé. Mais existait-il vraiment ?

    - Near, pourquoi as-tu l'air triste ?
    - C'est pas grave. Je suis juste un peu fatigué.
    - Tu mens mal...

    « Grillé. Maintenant, je vais devoir lui dire. Bof, qu'est-ce que ça coûte d'essayer ? »

    - J'ai fais un rêve bizarre...

    « Mieux vaut ne pas lui dire pour l'ange. »

    - Des bras m'ont attrapé et m'ont emporté, mais quelqu'un m'a sauvé. Je n'ai pas vu qui c'était, mais il m'a dit que ces bras, c'était le Mal.
    - Les rêves nous montrent ce que nous pensons, parfois sans nous l'avouer. Ce sont nos peurs et nos désirs.
    - Je sais que je ne suis pas normal... Le Mal est en moi, et je voudrais l'enlever, mais je ne peux pas !
    - Cette personne... elle t'a aidé ?
    - Elle m'a dit... que j'étais mauvais parce qu'il le fallait.
    - Et c'est ce que tu penses ?
    - Mais pourquoi je le serais, sinon ?!

    Il renifla, se retenant de pleurer, parce que ça ne servirait à rien. Sa famille versait des larmes, à l'intérieur d'eux-mêmes, mais ils les versaient. Lui n'allait pas être aussi faible.

    Nefaxim décida de braver en partie l'interdit. La détresse du petit homme lui rappelait la sienne, et il ne pouvait tolérer ça. Oui, il se projetait sur cet enfant, comme Nina le lui avait reproché. Mais qu'importe. Ce qui le frappait surtout, c'était que Near avait l'air innocent, mais abritait une intelligence dépassant de loin celle de ses camarades. Il allait comprendre, Nefaxim en avait l'intime conviction.

    - Near, je vais te parler d'un groupe de personnes... Ils n'existent plus, maintenant, mais avant, ils étaient très puissants. On les appelait les Magistrats.

    ***

    Sous le couvert des arbres, Natasha et la mystérieuse femme se mirent à discuter.

    - Vous avez déjà dû entendre parler de moi. Je m'appelle N Snare, j'étais avec votre frère lors de l'incident du Syndicat.
    - Vous étiez leur espionne, qui est finalement passée de notre côté, c'est ça ?
    - Oui, c'est ça. Natasha, je vais être honnête avec vous : votre fils court un grand danger.
    - Comment ça ?

    Snare parut ennuyée de devoir le dire. Elle s'était présentée avec une volonté forte, mais il ne restait rien de celle-ci, à présent.

    - Votre frère, Neo, est dans un état mental précaire, Nefaxim ne veut pas s'impliquer dans l'éducation de cet enfant et, sans vous manquer de respect, vous n'avez pas l'air de l'avoir remarqué... Near est malveillant. Pas parce qu'il a subi un traumatisme, mais parce que cette voie est toute tracée pour lui.
    - Nous l'avons remarqué, répliqua la Cortex d'un ton acide. Contrairement à ce que vous croyez, nous sommes au courant, mais que pouvons-nous faire ?
    - Il faut lui montrer les conséquences de cette voie.
    - Lui parler de notre histoire ?
    - Oui, mais pas seulement. Il faudra le laisser expérimenter, qu'il voie qu'en faisant souffrir, il se fait lui-même souffrir à long terme. Il ne pourra jamais être guéri totalement, mais sa part de bienveillance peut prendre le dessus.
    - Mais qu'est-ce que vous venez faire là-dedans ?
    - Near est en danger, parce que des gens veulent profiter de lui. Alors, je suis là pour vous demander l'autorisation de le surveiller.

    « Il le faut... Il faut protéger Near Cortex, ou tout ce que nous avons fait n'aura servi à rien. »

    ***

    - Alors, les Magistrats pensaient qu'il fallait du Bien et du Mal pour atteindre un équilibre ?
    - Tu as bien compris. Mais leur raisonnement comprenait des failles : d'abord, les méthodes pour maintenir cet équilibre étaient inacceptables : ils tuaient, mentaient, manipulaient. Et ensuite... Near, les humains ne sont pas que des pions. On ne peut pas accepter que des gens deviennent mauvais, parce qu'ils vont souffrir.
    - Tu as l'air d'en savoir beaucoup...
    - J'avais un frère. Il avait pour tâche d'utiliser la malveillance pour maintenir l'équilibre, mais il projetait aussi de prendre le pouvoir et de refaire le monde à sa manière.
    - Il était Magistrat ?
    - Pas vraiment, mais il remplissait le même objectif. Quand je suis venu au monde, il était déjà âgé. Il a fait connaissance avec moi et sa part de bienveillance s'est réveillée. Il a alors vu que le Mal le faisait souffrir, et au lieu de changer, il a inhibé ses sentiments et m'a rejeté.

    Il soupira puis dit :

    - Mais j'ai l'impression de te noyer avec les informations. Tu es encore un peu jeune pour ces histoires.
    - Non, ça va, j'ai tout compris !
    - Tu es très intelligent, Near, vraiment... Ca risque de t'attirer des ennuis, d'ailleurs.
    - Pourquoi ?
    - L'intelligence te donne beaucoup de pouvoir, mais cela veut dire que tu auras de grandes responsabilités, et que tu courras de grands dangers. La sagesse peut devenir un fardeau, tu sais. Les imbéciles et les ignorants ont peut-être une plus belle vie que nous, après tout... Enfin, si tu me permets de me classer parmi les personnes intelligentes !
    - Bien sûr ! rigola Near.

    « J'espère que l'ange reviendra cette nuit, je veux lui montrer ce que j'ai appris et voir ce qu'il va me répondre. Finalement, Nef' m'aide beaucoup. Je n'aurais pas dû douter de lui »
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  • Posté le 17 septembre 2009 à 16:48:02 Avertir un administrateur
  • (partie 3/3)

    ***

    Nina avait fait connaissance avec Alucard. Il avait vingt-six ans, était le neveu d'Aloysius - le fils de Diogène*, dans ce cas ? - et travaillait à la Fraternité depuis l'année dernière, sur ces mêmes prototypes qu'on avait présentés. Il ne cachait pas que son oncle l'avait pas mal pistonné, mais tout le monde le savait sans que cela ne gêne. La Fraternité était un grand rassemblement, puissant à l'échelle mondiale, et dont tous les membres s'entraidaient. Il n'y avait pas de concurrence entre les départements ou de course au budget.

    Il lui parlait avec enthousiasme de la société, de la science, et bientôt ils se mirent à débattre sur toutes sortes de technologies. Alors qu'ils allaient aborder des sujets plus personnels, Aloysius vint, orné de son charmant sourire.

    - Je vois que vous avez fait connaissance, c'est bien ! Très heureux de te retrouver, Nina ! dit-il en lui tendant la main.

    Après une brève poignée de main, il les entraîna avec lui vers l'extérieur.

    Nina, quand dois-tu rentrer chez toi ?
    - Je n'ai rien prévu.
    - Alors que dirais-tu de dîner avec nous ?
    - Oui, c'est une excellente idée ! renchérit Alucard, comme pour empêcher la jeune femme de refuser après.
    - Ouais... d'accord.
    - Ne fais pas comme si ça t'ennuyait !

    Ils arpentèrent donc les rues de la ville jusqu'à ce que leurs estomacs crient famine, et allèrent alors dans un restaurant très chic et sûrement hors de prix. Le repas était délicieux, c'était un fait, mais la conversation éclipsa les succulents mets. Ils discutèrent de tout et de rien, Nina se détendant de plus en plus et se rendant compte que la vie sociale avait du bon.

    - Au fait, tonton, tu ne devrais pas...
    - Si. Nina ? Je sais que ta situation familiale n'est pas des plus réjouissants, avec l'état de ton père.
    - Je vous le fais pas dire. Il se cloître dans son bureau tous les vendredi soirs, ignore Near, et se lamente sur sa famille bancale, son passé douloureux, et cætera. Après tous ses beaux discours, j'attendais mieux de lui.
    - Je ne veux pas jouer les assistants sociaux, loin de moi cette idée... mais j'aimerais te faire une proposition.
    - Quel genre de proposition ?
    - Nina, que dirais-tu de travailler à la Fraternité Technocrate ?

    Elle en resta baba : elle, travailler pour cet homme, dans sa société ? « Quel que soit le boulot que je prenne, ce sera un milieu nouveau et angoissant. Mais carrément rentrer dans la Fraternité ? Au milieu d'éminents hommes de science, et pour le compte d'Aloysius ? J'y crois pas... Je dois rêver. Mais un rêve magnifique ! »

    - Tu n'es pas obligée de répondre tout de suite. Je ne fais que te lancer la proposition, tu as tout ton temps d'y réfléchir. Je me doute bien que travailler avec d'anciens Magistrats doit être...
    - Non, ça ne me pose pas problème. Du moment que je ne croise pas Brio...
    - Oui, je comprends que tu ne veuilles plus le voir, ça ferait revenir de douloureux souvenirs.
    - C'est juste que je serai toute perdue, loin de ma famille, dans un tel milieu...
    - Si tu acceptes, je suppose que ce sera pour les départements mécaniques, physiques, ce genre de choses ?
    - Oui. Je déteste l'étude des vivants, surtout la génétique !
    - Hahaha ! Tout le contraire de ton père... Si je te posais la question, c'est parce que dans ce cas, Alucard sera là pour te guider.
    - Je suis sous-directeur du département, si tu veux tout savoir.
    - A vingt-six ans ?!
    - Alucard est très doué. Je n'ai même pas dû le pistonner, sur ce coup-là ! plaisanta Aloysius.
    - J'ai fait mes preuves, c'est vrai.
    - Mais en un an... Wow, c'est impressionnant.
    - Et puis le directeur m'aime bien, je crois.

    Aloysius eut un discret sourire amusé en entendant parler du directeur de département, qu'il fit disparaître avant qu'on ne puisse le voir.

    * Pour rappel, Diogène est le frère d'Aloysius, alias N. Tangle.

    ***

    http://www.youtube.com/watch?v=puRadJ96r_A

    Très loin de là, sous les plaines sibériennes, des machines s'activaient. Un large plateau de métal pivota sur lui-même puis plongea dans les profondeurs du sombre puit dont les murs étaient tapissés de capsules. Le plateau finit par s'arrêter et un bras mécanique se tendit vers une capsule. Dans l'ombre, un homme manoeuvrait l'engin avec précaution. Il entra une séquence de codes et trois capsules s'ouvrirent. Une voix électronique annonça fièrement que la cryogénisation des sujets cent-soixante-quatre, cent-soixante-cinq et cent-soixante-six avait été arrêtée.

    Des vapeurs bleuâtres s'échappèrent des capsules, puis ce fut au tour des occupants d'en sortir. Deux autres bras mécaniques surgirent de l'obscurité et saisirent les trois occupants avant de les déposer à même le sol. L'homme les regarda et fut surpris de les voir si peu changés. En fait, totalement inchangés. Lui avait pris dix ans depuis le moment où il les avait capturés. La cryogénisation faisait des merveilles.

    - Que doit-on faire maintenant, Ahriman ? demanda-t-il à l'ordinateur.

    Ahriman constituait le dernier haut-placé de l'ex-Magistère. Auparavant, c'était Dowed, mais il était mort. Il avait heureusement enregistré toutes les directives qu'il faudrait suivre, avant de trépasser. C'était maintenant cette intelligence artificielle qui dirigeait l'organisation, même si elle était restée en sommeil pendant ces dix années. Avant de le laisser profiter d'une jolie somme d'argent qui constituait sa paie pour la capture de ces trois-là, Ahriman lui avait dit deux choses : qu'un jour, l'organisation devrait se réveiller et qu'en attendant, il fallait faire comme s'il avait hérité d'un riche parent. Il ne devait dire à personne la réelle provenance de l'argent, ni essayer d'entrer en contact avec les autres membres. Aujourd'hui, la machine redémarrait.

    - Agent quatre-vingt-six, restez en stand-by. Le système de contrôle mental des sujets est en cours de test.

    L'un des mutants, une sorte de tigre ou de lion, se leva. Sa musculature était imposante, ses griffes semblaient tranchantes comme des lames de rasoirs et la visière de contrôle mental qu'il portait émettait une inquiétante lueur. Il s'avança d'un pas déterminé vers l'agent du Magistère, le faisant trembler de peur.

    - Ahriman ?! Qu'est-ce que vous faites ?
    - Le système de contrôle mental des sujets est en cours de test, répéta l'ordinateur d'une voix monocorde. Sujet cent-soixante-cinq, nouvel objectif : éliminez l'Agent quatre-vingt-six, Andrew Cordell.
    - Ahriman ! J'ai toujours été loyal ! gémit la cible. Pourquoi ?!
    - Toutes les menaces potentielles doivent être éliminées. Le facteur humain est la raison des échecs passés. Sujet cent-soixante-cinq, accomplissez l'objectif.

    La créature se jeta sur le pauvre homme, l'empalant, puis le jeta dans le vide.

    - Objectif rempli. Sujets cent-soixante-quatre, cent-soixante-cinq et cent-soixante-six, nouvel objectif commun : éliminer Aloysius Tendergast.
    - Objectif reçu, répondirent-ils d'une voix dépourvue d'émotion.

    Et tous trois quittèrent le lieu lugubre avec un unique but, celui pour lequel ils avaient été gardés en vie : l'élimination de toutes les menaces. Si Ahriman avait été humain, il aurait frémi de plaisir.


    Notes de l'auteur :

    - Mais qui est cet ange et que veut-il donc ? Remarquez le come-back fracassant du principe d'échange équivalent. Quant à son nom qui ne peut être entendu, l'idée m'est venue en regardant Code Geass (je n'en dis pas plus sinon ça va faire des spoilers).
    - Je ne sais pas si le terme « oniropathe » existe vraiment. Si ce n'est pas le cas, alors je viens de l'inventer !
    - Désolé pour ceux qui aiment la glace à la pistache mais vraiment... Ca donne pas envie, quand on la voit.
    - Alucard, comme... euh... Alucard. Je cherchais un nom et je mettais des syllabes agréables bout à bout. Puis tout d'un coup, je suis arrivé à un truc qui ressemblait à ça, et je me suis souvenu de ce nom (par contre, je ne sais plus où je l'ai entendu). Et juste après le choix du nom, j'ai découvert le manga Hellsing dont le héros porte le même nom. Aucun rapport avec ça, donc.
    - J'expliquerai en temps voulu pourquoi Ahriman est nommé comme ça (c'est un élément-clef de l'histoire que je dois garder secret pour l'instant).
    - Enfin, pour Cordell, c'est un nom qui me plaît, et encore plus depuis que j'ai vu le film Hannibal Lecter. C'est un peu devenu une private joke, en fait.
    - J'ai l'impression d'avoir beaucoup trop divisé mon chapitre... Dites-moi si ça vous gêne. Et deuxième problème : très mauvais équilibre dialogues/descriptions.
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  • Posté le 18 septembre 2009 à 11:28:23 Avertir un administrateur
  • Waouh ! Ca fait super longtemps que je n’ai pas commenté ! Va falloir reprendre les bonnes vieilles habitudes.
    Des commentaires super longs comme tu le mérites !!

    La première scène était belle. Digne d’un rêve. Quoique j’avais tout compris. Que les bras étaient ceux du Mal.
    Par contre pour l’ange, j’ai un doute. Je pense à trois personnages, mais je verrais bien qui sait par la suite après tout. En tout cas l’échange par rapport à l’ange ne m’a pas apporté d’information sur l’identité de ce « nouveau » personnage.
    Par contre, je n’ai pas trouvé Near très enfant. L’échange était un peu trop de haut niveau. Je n’ai pas vu son innocence ici. Mais bon, c’est subtil.

    La deuxième scène n’est pas plus joyeuse que la première. C’est même pire. Dès l’instant où Nina sortait en espérant être discrète, je savais qu’elle allait se faire repérer. Ca ne serait pas drôle sinon ^^ En tout cas, moi j’aurais eu la même réaction que Nina… ou aurait fini par l’avoir à un moment. A force d’entendre quelqu’un se plaindre en critiquant les autres, la patience même grande finit par attendre sa limite. Mais je ne suis pas d’accord pour « partir discrètement ». Certes, son père l’a vue sortir, mais ça lui faisait une raison : « je vais prendre l’air pour me calmer en gros ». Et après elle pourra sortir l’excuse de dormir chez un pote pour oublier un peu l’ambiance. Franchement, je comprendrais qu’elle regrette mais dans un autre sens, elle a bien géré son coup. Elle va pouvoir aller à la conférence tranquille !
    Et la pauvre jeune femme n’a pas le loisir de se changer les idées convenablement puisqu’elle pense à son jumeau, un poil de son passé tortueux et ses cauchemars qui la hantent. C’est dommage que Nefaxim n’est pas pu la réconforter. En revanche je comprends la réaction de Nina (une nouvelle fois) pour se faire ausculter par Trance. Par une autre personne, j’aurais été moins réticente (je pense que Nina ne serait pas tout à fait d’accord avec moi là ^^’).
    Ah ! Quel plaisir de revoir ce bon Aloysius ! Plus encore quand on sait que Nina et lui vont peut-être se retrouver ! En tout cas, la conférence est si bien décrite que je regrette qu’elle n’existe pas et que je ne puisse pas y participer XD
    Et la fin de la scène qui se solde par une révélation ! Je ne l’avais pas vu venir celle là ! Heureusement que j’étais déjà assise !!

    J’adore l’ironie : Neo Cortex dit que sa famille se détruit mais il ne fait rien pour, vu le temps qu’il passe dans son labo mystérieux…
    Et sinon, un petit classique : une ballade dans un parc. Ce qui ne fait pas de mal à un enfant comme Near (qui là fait bien son âge). D’ailleurs, moi je préfère la pistache XD

    Ah je savais qu’on allait revoir Snare ! Par contre, je ne pensais pas qu’elle voudrait voir Natasha mais plutôt Nefaxim est de façon moins découverte… Mais qu’est-ce qu’elle peut bien vouloir lui dire ?!
    Hum… je me disais aussi que cet échange ne serait pas anodin (et c’est tant mieux d’ailleurs ^^). On n’apprend rien vraiment de particulier. Near commence à être malveillant et il faut qu’il choisisse sa voie. On le savait/s’en doutait. Après, qui pourrait bien vouloir profiter de lui… ça c’est plus mystérieux !

    La scène qui suit est bien mais assez contradictoire. Near n’a plus confiance et moins d’estime envers Nefaxim. Pourtant il lui parle en partie de son rêve sans trop rechigner. Ca fait un peu bizarre. Oh ! Les Magistrats. Si Cortex l’apprend, Nefaxim va passer vraiment un sale quart d’heure !!! Combien même cette conversation aide Near à y voir plus clair.

    Je le savais !!! Je m’en doutais qu’Aloysius allait lui proposer de travailler avec lui ! Ah je suis contente pour une fois d’avoir deviner un truc ! C’est tellement opaque en général XD
    On dirait que le petit Alucard aime bien Nina… Je me demande d’ailleurs pourquoi Aloysius tenant tant à le présenter à la jeune fille. Parce qu'il est sous-directeur de la branche où elle était susceptible de travailler ?
    A ce propos, si elle accepte, ça ne va pas foirer ses études ?
    Par contre je n’ai pas trop compris cette phrase "Aloysius eut un discret sourire amusé en entendant parler du directeur de département, qu'il fit disparaître avant qu'on ne puisse le voir.". Cela veut dire que le directeur en question était là ?

    Je me doutais aussi qu’on allait revoir l’autre partie de l’organisation de Dowed qui avait capturé les trois mutants dans ton one-shot. En revanche je ne m’attendais pas à ce qu’ils soient contrôlés par une machine et encore moins qu’ils doivent tuer Aloysius. Je ne vois pas trop l’intérêt d’ailleurs. Est-ce parce qu’il a « trahi » le Magistrat ?
    Pauvre Cordell…

    Alors moi j’ai bien aimé ce nouveau chapitre ! On apprend pas mal de choses. Je ne trouve pas que le chapitre soit divisé. C’est vrai, il y a pas mal de personnages avec leur point de vu, mais dans l’ensemble pas mal se rejoignent ou on un trait qui les unient. Moi je trouve ça bien.
    Quant à la mauvaise répartition des dialogues/narration, rien de bien choquant ne m’a sauté aux yeux. Si tu n’avais rien dit, je n’aurais rien su. Et même en regardant de plus près, je ne trouve que ça n’a rien de chaotique. Non franchement, tu n’as pas de souci à te faire là-dessus. Je ne trouve pas ça gênant.
    Et bien je te remercie pour ce nouveau chapitre et j’attends la suite avec impatience !
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 19 septembre 2009 à 14:07:48 Avertir un administrateur
  • Ah, j'adore les longs commentaires !

    Ouais, pour la première scène, elle fait pâle figure à côté des rêves de Neo dans MG, mais c'était pas mon but. Je voulais faire quelque chose de cohérent.
    Arf, dommage pour Near. Ca te dérangerait de me donner les moments où il n'est pas assez innocent ? Je n'en vois qu'un ou deux.

    La petite escapade de Nina, maintenant. Ben en fait, elle voulait sortir sans se faire voir, or son père était là. Donc, dès ce moment-là, son plan avait foiré. En plus, après, leur dispute a encore plus fait foiré son truc. Mais je comprends ce que tu veux dire !
    "Par une autre personne, j'aurais été moins réticente (je pense que Nina ne serait pas tout à fait d'accord avec moi là" :d) Pourquoi donc ?
    Ah, tu aurais voulu assister à cette conférence ? Tu es sûre que tu aurais tout compris, même avec les explications ?
    Lol, j'adore terminer mes scènes de cette manière, en sonnant un peu le lecteur avec une révélation.

    "Neo Cortex dit que sa famille se détruit mais il ne fait rien pour, vu le temps qu'il passe dans son labo mystérieux..." :d) On verra ça...
    "D'ailleurs, moi je préfère la pistache" :d) Vade retro, Satanas !

    J'avoue que l'échange entre Snare et Natasha (à laquelle je vais essayer de donner un rôle convenable, pour une fois) ne révèle rien de fort intéressant. Le but est surtout de réintroduire le personnage de Snare et d'amorcer l'histoire du point de vue de Natasha.
    Qui veut profiter de Near ? Ca, tu le sauras en temps voulu... (j'adore manipuler les lecteurs comme ça !)

    Je vois en quoi tu trouves la scène entre Near et Nefaxim contradictoire. Mais de mon point de vue, le petit ne veut pas parler à son grand-père parce que "ça ne servirait à rien". Puis le vieillard le met au pied du mur en le faisant avouer. Near veut bien faire un mensonge par omission, mais pas mentir plus directement. Par ailleurs, comme tu le dis, il ne révèle pas tout de son rêve...

    "Ah je suis contente pour une fois d'avoir deviner un truc !" :d) Bravo ! On verra si tu seras aussi perspicace pour la suite...
    "A ce propos, si elle accepte, ça ne va pas foirer ses études ?" :d) Non, ses études sont déjà presque terminées. En gros, on lui assure déjà un poste avant même qu'elle ait fini.
    "Aloysius eut un discret sourire amusé en entendant parler du directeur de département, qu'il fit disparaître avant qu'on ne puisse le voir." :d) C'est le sourire qu'il fait disparaître, pas le directeur ^^ Tu comprendras pourquoi ce sourire plus tard.

    "En revanche je ne m'attendais pas à ce qu'ils soient contrôlés par une machine et encore moins qu'ils doivent tuer Aloysius. Je ne vois pas trop l'intérêt d'ailleurs." :d) Pour la machine, c'est parce que je n'avais pas envie d'un énième Magistrat. Et un ordinateur, c'est tellement neutre et performant à la fois...
    Aloysius, ben c'est parce qu'il est dangereux pour les plans du Magistère. Le fait qu'il ait trahi l'ancienne organisation, à la limite, n'est pas si important.
    Cordelle, NON !!! (laul)

    Tu me rassures pour la division. Elle me choque toujours, mais c'est vrai que tout se rejoint, donc c'est moins gênant.
    Par contre, pour l'équilibre narration/dialogue, ça dépend. Regarde ces deux scènes :
    - Near/Nefaxim
    - Natasha/Snare

    Une fois de plus, un grand merci de me suivre, c'est très motivant, et le temps et l'attention que tu consacres à rédiger de si beaux commentaires me fait très plaisir !
    A la prochaine fois...

    PS : Cordell !
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  • Sanephar Voir le profil de Sanephar
  • Posté le 21 septembre 2009 à 12:24:06 Avertir un administrateur
  • Réponse méritée à ta réponse toute aussi longue que mon commentaire (euh... elle n'est pas très française cte phrase !)

    Alors... oui, les rêves de Neo sont incroyables. Mais il y a une raison à ça. On sait que les rêves sont une évacuation du subconscient "trop chargé". Comment le subconscient pourrait-il donner une image claire du lien entre lui et le Portail, que l'Elu ne voit même pas consciencieusement ? Donc c'est un cafouillage qui d'apparence quand on ne sait rien, ne veut pas dire grande chose. Et pourtant...

    Mais là les rêves de Near sont tout aussi parlant. Son instinct maléfique s'exprime par des bras veulant l'importer. La signification est assez claire en apparence.
    Et non ça ne me dérange pas de te dire les moments où il n'est pas innocent. Je relirais si tu veux, mais c'est la première fois (dans mes souvenirs) que ça m'a un poil gêné.

    Pourquoi Nina ne serait toujours pas d'accord avec moi ? Ben, elle est assez orgueilleuse et solitaire. Du coup demandé de l'aide l'ennui pas mal. Mais en plus qu'on fouille au plus profond d'elle... Ouais, elle devrait faire un gros travail sur elle-même pour l'accepter je pense.

    Non, j'aurais rien capté de ce qui se dirait à la conférence XD Mais c'était tellement bien narré que ça donné envie ! Comme quoi que tu es un pro :oui:

    Après réflexion faite, la contradiction de Near est une preuve de son innocence. Les enfants sont assez impulsifs de nature. Ils aiment et détestent pour un rien. Near était déçu de son grand-père et le boudait jusqu'à ce que Nefaxim, comme tu le dis, le mette au pied du mur. Et ensuite il avoue partiellement et l'aime de nouveau. Ah les gosses...

    Ah d'accord ! Moi j'avais pensé qu'elle devait encore faire deux ou trois ans d'études. Mais si c'est sa dernière année, en effet, elle a un emploi juste derrière. Une aubaine ! Quoique, Neo Cortex ne le verra pas comme ça...

    Oui, j'avoue que pour les scènes que tu m'as demandé de regarder, on voit bien le déséquilibre. Mais il ne faut pas le regarder sur les scènes mais sur le chapitre global. Tu ne peux pas toujours faire une égalité parfaite sur toutes les scènes. Certaines demandent plus de dialogues ou de narration. Et avoir des scènes avec que de la narration ou du dialogues n'est pas une mauvaise chose. Ca serait vraiment horrible si c'était ça sur tout le chapitre (comme les fics théâtrales où il n'y a que du dialogue).

    De rien, tu es mon fanficteur préféré. Tu fais des scénarios géniaux et j'adore ton style d'écrire ! C'est à moi de te remercier pour me faire rêver :hap:

    Réponse au PS : Ou pas !
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 25 septembre 2009 à 14:22:34 Avertir un administrateur
  • Réponse en retard... j'espère que tu ne m'en voudras pas.
    Pour me faire pardonner, je peux dire que la suite arrivera en fin d'après-midi, en principe.

    Puisque tu parles de MG, ça me rappelle qu'on est vendredi... Il faudra poster la suite !
    Merci, ça serait gentil de relire pour Near (ouah, la rime !).

    Nina, Nina... Tu t'imagines le travail qu'elle a fourni depuis la dernière fois qu'on l'a vue ? Ouais, en fait, elle a vite arrêté, comme Neo l'explique au chapitre 1 ou 2 (je ne sais plus).
    Et Nina est bien à la fin de ses études, puisqu'elle a 24 ans. Enfin, ça, c'est si je me réfère au système européen où la plupart des formations scientifiques sont de 5 ans, je crois. Après, je ne sais pas comment ça se passe en Australie, mais ça ne doit pas être très différent.

    Ok, je suis rassuré par ce que tu me dis sur l'équilibre narratif.
    Merci pour ça, mais aussi pour tes commentaires détaillés et tous ces compliments mérités... ou pas.
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 25 septembre 2009 à 16:08:38 Avertir un administrateur
  • Et la suite, plus tôt que prévu. L'histoire commence vraiment maintenant, si je puis dire.


    ====================
    Chapitre 4 : Technocratie
    ====================


    (partie 1/2)

    « Qu'est-ce que je fais là ? se demanda Nina. J'aurais pas dû accepter d'aller visiter un de leurs labos... Enfin, c'est toujours mieux que d'être chez moi. Je vais leur envoyer un message pour les rassurer. » C'est donc ce qu'elle fit, indiquant simplement qu'elle ne reviendrait pas immédiatement, dans ce langage que seuls les jeunes peuvent comprendre. Elle le faisait plus pour sa mère que pour son père, d'ailleurs. Son père... ses pensées se tournèrent encore vers lui... Le centre du monde aux yeux de Neo, c'était lui. Qu'est-ce qui lui prenait ? « Pendant plus de dix ans, il s'est battu contre les Bandicoots, exerçant sa malveillance pour se venger des humiliations familiales et scolaires qu'il a subies. Après, il a changé en bien, en regagnant son humanité. Et aujourd'hui, il est entré dans une dépression qu'il s'est créé tout seul... Je comprends pas : tout allait pour le mieux, il y a pas de raison pour lui de s'infliger ça ! »

    Heureusement, les Tendergast la tirèrent de son douloureux questionnement en entamant une nouvelle conversation avec elle. Le train filait à toute allure à travers le continent australien en direction d'un laboratoire au milieu de nulle part, aussi Aloysius expliqua-t-il à quoi Nina devait s'attendre :

    - Le train roulera jusque demain matin et vers six heures, nous descendrons pour prendre une jeep en direction de notre laboratoire.
    - Il y a un truc que je comprends pas...
    - Quoi ça ?
    - Si tout le monde sait que vous existez, pourquoi vous vous planquez à ce point ?
    - Tu vois, les gens qui travaillent pour la Fraternité constituent la crème de la crème des scientifiques. Ils sont près à tout sacrifier pour mener leurs recherches et ils sont tous joyeux de passer leurs journées et leurs nuits sur leurs projets. - Ceux qui sont mariés ont soit divorcé avant de rentrer chez nous, soit leurs familles vivent auprès d'eux. Et finalement, ils ne regrettent rien.
    - Vous voulez dire...
    - Juste une chose, Nina, je t'en prie : tutoie-moi.
    - Tu veux dire que ces gens vivent au milieu de nulle part et ne voient plus leurs autres proches ?
    - Moi aussi j'ai été surpris quand je l'ai appris, répondit Alucard. Au début j'étais inquiet pour tous ces gens mais quand tu les verras, tu seras surprise : ils ont l'air si heureux ! Et comme mon oncle l'a dit, la majorité à sa famille proche avec eux.
    - Comment peut-on être heureux comme ça ?!
    - Que leur apporte de plus les villes ?
    - Ben, tout... L'école...
    - Il y a un institut spécial dans chacun de nos complexes principaux.
    - Les loisirs ?
    - Cinéma, sports, musées, restaurants ? Nous avons tout ça.

    Elle n'en croyait pas ses oreilles : chaque installation importante était une ville à elle seule ? Impossible !

    - Et chaque centre s'auto-gouverne, ajouta l'ex-Magistrat. Les gens votent toujours pour les élections nationales, mais aussi pour le centre de la Fraternité où ils vivent. Nous vivons en parfaite autarcie, bien que les centres communiquent entre eux.
    - Et la solitude ?
    - Tu n'aimes pas ça ? plaisanta Alucard.
    - Moi, je m'en fiche, mais ces gens...
    - Ils vivent entre eux, expliqua Aloysius. Ils sont avec d'autres humains, mais juste ce qu'il faut pour se sentir bien. Je me suis toujours senti oppressé dans les villes, c'est pour ça que nous n'agrandirons pas nos centres.

    « C'est complètement dingue ! Vivre avec ses proches au milieu du désert en ignorant le reste du monde... Et ce système marche vraiment ? »

    - Tu verras, ça fonctionne vraiment bien, la rassura Alucard.
    - Aloysius, désolée si je me montre pessimiste mais... vous... euh, tu n'as pas peur qu'il y ait des incidents ? Des gens trop extrêmes comme dans le Magistère ?

    Les deux Tendergast se jetèrent une oeillade complice et le plus jeune des deux se tourna vers Nina :

    - Dans ta bouche, ça sonne comme quelque chose de négatif, le Magistère.
    - Evidemment ! s'écria Nina, hors d'elle. Ils ont manipulé le monde, massacré des gens,...
    - C'étaient les dérives, ça, répliqua calmement Alucard.

    Elle se reprit, essayant de prendre exemple sur ses deux interlocuteurs. Ils n'étaient peut-être qu'oncle et neveu mais ils partageaient énormément : ce calme, cette bonté, cette excitation dans leurs projets, sans parler de leur physiques pas si éloignés. Alucard, c'était un peu Aloysius avec trente ans de moins. Elle les admirait, et elle voulait être comme eux, même si elle se doutait bien que ce ne serait pas facile.

    - Nous n'allons pas reproduire leurs erreurs. Dans toute grande entreprise, il y a des risques, mais nous avons appris des échecs passés. Je n'ai pas raison, Aloysius ?
    - Si. Nina, est-ce que tu me fais confiance ?

    « Evidemment, que je te fais confiance ! Mais ça... Ca m'effraie vraiment. »

    - Oui...
    - Alors ne change pas. Quand tu auras vu le centre, tu comprendras.

    Aloysius et Alucard avaient leurs regards bienveillants portés sur elle. « Allez, je vais leur faire confiance. Voyons ce que ça donne... ». Une autre pensée fusa et la fit sourire.

    - Vous êtes sûrs que vous n'êtes que oncle et neveu ?

    Ils rirent tous de bon coeur et Aloysius, à travers cette réflexion, revit la gentille petite fille de neuf ans, à l'Académie Maléfique. « Qu'est-ce que tu as changé, Nina... Tu n'es plus la même qu'à ta naissance, mais tu n'es pas non plus le produit de l'éducation de ton père : tu as choisi ta propre voie. Je suis fier de toi, et je veux que tu aies une vie décente. Je te promets que ce sera le cas à la Fraternité... Pourvu que tu nous rejoignes... »

    ***

    Alors que la nuit étendait sa sombre cape sur le monde, Near plongeait dans les abysses du sommeil pour y trouver de la lumière... l'ange. Cette fois, il put directement accéder à la zone éthérée, pure comme neige et sans frontière visible. L'ange descendit du ciel - bien qu'il n'y eut aucune limite spatiale - et atterrit juste devant lui.

    - Je suis content de vous revoir !
    - Moi aussi, Near.
    - J'ai appris pleins de choses aujourd'hui, grâce à mon grand-père.
    - Vas-y, raconte-moi.

    Et Near lui parla des leçons hautement intellectuelles que Nefaxim lui avait faites. L'ange écouta d'une oreille attentive puis dit :

    - C'est ce que ton grand-père t'a dit ou ce que tu crois ?
    - Euh... Il me l'a raconté et je le crois.
    - C'est bien ce que je pensais. Ton grand-père t'a-t-il dit comment s'appelait son frère ? demanda brusquement l'ange.
    - Non. Mais ça n'a pas l'air facile pour lui d'en parler. Je sais pas, peut-être qu'ils se sont disputés.
    - Ils se sont disputés, oui. Tu ne trouves pas qu'il te cache beaucoup de choses ? Comment peux-tu savoir si tout ce qu'il raconte est vrai ?
    - ...
    - Alors ?
    - Parce que je lui fais confiance. Et vous aussi, vous me cachez des choses !

    L'ange ne répondit d'abord pas, puis finalement il redéploya ses ailes et s'envola.

    - Eh, attendez !
    - Non, Near, tu n'es pas prêt à m'entendre.
    - Je suis désolé, je sais que vous me direz tout, un jour ! Revenez ! S'il vous plaît !

    Son interlocuteur obtempéra mais resta en suspension encore un moment pour dire :

    - Que sais-tu de la vérité ? Ne crois-tu pas qu'il aurait pu te mentir ?
    - Si mais...
    - Near, Nefaxim s'est battu contre son frère... et l'a tué.

    ***

    La jeep s'arrêta dans un crissement de pneus, soulevant un vaste nuage de sable. Devant Nina se dressait un rocher haut d'une bonne centaine de mètres. Il y en avait d'autres autour mais celui-là était sans conteste le plus imposant de tous. La fière tour de pierre accueillait l'un des centres de la Fraternité Technocrate, le centre Eden.

    - Voici mon jardin... dit Aloysius d'un ton rêveur.

    Si seulement Diogène n'avait pas quitté ce monde... Il aurait pu voir cette parfaite symbiose entre les humains et la nature, car celle-ci occupait une place importante dans le centre Eden - d'où son nom. Et cette symbiose, Aloysius voulait la pousser plus loin encore.

    Lorsque Nina s'avança enfin vers l'entrée, le pas lourd, elle s'arrêta à nouveau, car la porte était tout aussi stupéfiante, de par sa taille. Elle se composait de deux pans coulissants à moitié ouverts, faits d'une matière étrange. On eut dit du métal de par sa surface lisse et mat, ainsi que par sa froideur que Nina nota en l'effleurant, mais sa couleur rousse était inusuelle. Les Tendergast ne semblaient plus tellement affectés par cette grandiose vision et Alucard alla jusqu'à dire :

    - Ca, c'est du menu fretin. Attends de voir le reste...

    Ils pénétrèrent tous trois et allèrent jusqu'au fond du rocher, se retrouvant contre la paroi.

    - En haut ou en bas ? demanda Aloysius.
    - Montre-lui d'abord la vue ! répondit son neveu à la place de la Cortex.

    Alors, le sol sous leurs pieds gronda un instant avant qu'ils ne montent à une vitesse agréable, sans que l'ascenseur ne fasse de bruit, mis à part un léger bruit de raclement - une technologie prodigieuse qui fascina Nina. En haut, ils furent donc au sommet du rocher. La Cortex, n'ayant pas le vertige, s'approcha des barrières sur les bords. Pas un souffle de vent pour la rafraichir par cette chaleur torride, mais elle ne s'en rendit pas compte, toute absorbée dans sa contemplation qu'elle était. Aloysius resta un peu en retrait, n'aimant visiblement pas trop ça. Son neveu fut un peu plus téméraire et vint près du bord.

    - Magnifique, n'est-ce pas ?
    - Les gens viennent souvent ici ?
    - Non, ils préfèrent rester en-dessous ou aller dans la Cour.
    - La Cour ?
    - C'est une aire à ciel ouvert, entre des rochers. Il y fait bon et il y a des vergers. Je te la montrerai après qu'on ait été au département.

    Ils reprirent l'ascenseur et se rendirent dans les sous-sols. Dans un premier temps, Nina se crut devenue folle. « On a fait une telle descente... et pourtant... Non, c'est pas possible ! La lumière... »

    - La lumière est bien artificielle, dit Aloysius, remarquant son trouble. Elle est émise par de petits cristaux implantés dans les murs, un minerai très rare nommé Raritanium. Il a été récupéré du Magistère...
    - C'est une matière synthétique ?
    - Non, tout à fait naturelle, elle n'a pas été créée en laboratoire. Ou tout du moins, on a pas trouvé de rapports la concernant. Tout ce que nous savons, c'est qu'elle maintient une lumière constante, sauf si elle est exposée à des champs électromagnétiques. C'est comme ça que nous la faisons baisser pendant la nuit.

    La surprise originelle passée, elle avança donc dans les couloirs, toujours un peu troublée par cette lumière naturelle émise par les murs. Ils croisèrent plusieurs personnes qui les saluèrent avec respect et traversèrent un véritable quartier fait de bars, restaurants et autres établissements semblables. Les rues étaient comme à la surface, et le plafond semblait être une plaque translucide diffusant elle aussi de la lumière - que l'on faisait varier en fonction du moment de la journée. Des arbres étranges et exotiques bordaient les chemins piétonniers, et - oui, ce devaient être ça - des jardiniers étaient occupés à la cueillette des fruits sur certaines des plantes.

    - En hommage à mon frère, nous vivons au milieu de la végétation, parfois créée en laboratoire. La Fraternité a ainsi conçu une vingtaine de nouvelles variétés de plantes. Nous sommes même en train de concevoir une forêt au milieu du désert, à l'ouest d'ici. Si nous y arrivons, nous pourrons alors reboiser tous les déserts de la planète !

    Aloysius s'empara soudain d'un verre posé sur un comptoir et la tendit à Nina, puis il en prit un pour Alucard et enfin pour lui-même, après quoi ils avancèrent.

    - Vous... vous ne payez pas ? s'étonna Nina.
    - Oh... A force de vivre ici, je finis par trouver ça naturel. Tu vois, Nina, l'argent n'existe pas au sein de la Fraternité. Nous en faisons appel au bon sens des gens.
    - Et il n'y a jamais de débordements ?
    - Jamais. Les citoyens sont triés sur le volet, après tout.

    « Ouais, bien sûr... Les élites sont les seules à pouvoir venir ici. » Goûtant la boisson, elle oublia ses pensées négatives de l'instant précédent, profitant pleinement de ce plaisir simple.

    Ils aboutirent peu de temps après à l'endroit tant désiré : le complexe scientifique en lui-même. Rien de bien fascinant au premier abord : c'étaient des laboratoires et des salles comme dans n'importe quel complexe, mais Nina ne doutait pas que les projets élaborés ici étaient autrement plus intéressants.

    - Voilà, nous y sommes, annonça fièrement Alucard. Monsieur le Directeur, Nina est arrivée !
    - Ah, dit-il, apparaissant sur une passerelle au-dessus d'eux. Nina, ça fait un bail !

    Elle n'en croyait pas ses yeux. C'était la dernière personne qu'elle s'attendait à trouver ici.

    - Bienvenue au centre Eden, jeune Cortex !
    - Non...
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  • Neo_White Voir le profil de Neo_White
  • Posté le 25 septembre 2009 à 16:11:53 Avertir un administrateur
  • (partie 2/2)

    ***

    Les doigts de Neo dérapèrent alors qu'il essayait de fixer le dispositif. Il grogna et retenta, essayant de stabiliser ses mains. L'habitude était partie, c'était évident. De combien de temps aurait-il besoin pour retrouver ses aptitudes ? Il n'en savait rien.

    « Fais un effort... Tu vas y arriver, se rassura-t-il. Tu dois le faire, pour sauver Near et toute cette famille. Grâce à cette machine, je pourrai trouver et leur montrer la vérité. Trance a dit que l'esprit était une boîte de Pandore qu'il arrivait à peine à ouvrir, mais après tout, ils avaient besoin de moi pour leurs expériences. Je dois pouvoir faire une telle machine. Si seulement Brio était là... Non ! Je le ferai sans lui. Il ne se sentait "pas chez lui" auprès de nous, autant dire qu'il ne nous aimait pas. Alors je ne vais pas aller mendier chez lui. Je ferai ça par moi-même ! »

    ***

    Nina serra ses poings et regretta de ne pas avoir ses mains bioniques : elles lui auraient permis de monter et d'aller frapper ce type. « Putain, du calme... Aloysius et Alucard me regardent, il faut que je reste zen... Il est pas ici pour rien. »

    - Alors c'était vous, le directeur... Dogenous.
    - Oui, répondit-il simplement.

    Sous sa tenue de laborantin, il portait ses vêtements rétro, et avait toujours sa barbe brune-rousse impeccablement taillée. En revanche, il ne portait plus ses fameux gants qui avaient donné tant de fil à retordre à Nefaxim lors de leur affrontement.

    - Ca te choque ?
    - Vous étiez avec le Syndicat, vous avez essayé de tuer Nefaxim...
    - C'est lui qui m'a conseillé de venir ici.

    Devant le visage étonné de Nina, Dogenous dit :

    - Le vieux ne t'a donc pas mise au courant ? Oh, comme c'est vilain de sa part. Il m'a épargné et recommandé d'aller trouver le Docteur Tendergast.
    - Il ne nous a rien dit...
    - Oh, comme c'est étrange. Mais ça n'a pas beaucoup d'importance, après tout.

    Dogenous vint les rejoindre et entraîna Nina dans une visite de son laboratoire, comme si de rien n'était. Il fit tout pour la mettre à l'aise et les deux Tendergast étaient là aussi. « En fait, ce type est pas si mauvais... Mais je dois rester sur mes gardes. Je lui demanderai à l'occasion pourquoi il a intégré le Syndicat. »

    Il lui présenta moult inventions plus ou moins utiles, dont certains modèles qui avaient été présentés à la conférence. Ils finirent par rejoindre un laboratoire verrouillé que Dogenous ouvrit après avoir passé un scanner rétinien.

    - Et voici enfin mon laboratoire personnel.
    - C'est un honneur d'y pénétrer ! chuchota Alucard dans l'oreille de Nina.
    - C'est ici que je perfectionne ma meilleure invention : le spontano-générateur. Le nom est un peu tape-à-l'oeil, je suis bien d'accord... En fait, ils ne génèrent pas de la matière comme ça mais ils sont capables de transmuter les particules environnantes pour générer une autre matière. Il suffit de connaître la composition du matériau de base et de celui d'arrivée.
    - Alors c'est comme ça que vous créiez autant de mercure !
    - Exact ! Mais j'ai décidé d'en faire quelque chose de plus... humanitaire.
    - Imagine, Nina, poursuivit Alucard : on pourrait créer de l'eau et de l'oxygène à partir de poussière, changer des déchets en nourriture !

    « Au plus je reste ici, au plus on plonge dans la folie... Mais Dogenous arrivait bien à créer du mercure avec l'air avoisinant, alors ça doit être possible. »

    - Aloysius, pourquoi vous ne dites pas ça au monde ? Tout ce que vous faites, c'est... enfin...

    Le fondateur de la Fraternité poussa un petit soupir sans se départir de son sourire bienveillant et expliqua :

    - Nina, tu te souviens que des scientifiques avaient parlé de donner des organes à tous ceux qui en avaient besoin ? Pour avoir ces organes, on aurait dû créer des clones sur lesquels on les aurait prélevé, et ça, le public n'a pas apprécié. - Parce que c'eût été « inhumain », « contre-nature » ou une « offense à Dieu ». Les gens ne sont jamais prêts à faire des sacrifices pour avancer, alors que c'est nécessaire.
    - Donc vous dites que vous préférez inventer des trucs géniaux quitte à ne plus avoir de morale ? Et les gens ne seraient pas au courant... C'est pas lâche ?
    - Non, la reprit Alucard. On ne peut pas se permettre de faire capoter nos projets parce que des gens ne seraient pas d'accord. Et puis, la morale, tu ne trouves pas ça tellement... ridicule ? Elle est subjective, puisqu'elle dépend de la société où l'on se trouve.
    - Et alors, en quoi est-ce mal ?
    - Le Magistère ne trouvait pas ça moralement mauvais de tuer des gens, et pourtant ça te répugne, toi, fit Dogenous. Quoique... ajouta-t-il avec un rictus au coin des lèvres.
    - C'étaient des tordus. On fait des erreurs, non ? Il suffit de ne pas les commettre pour construire quelque chose de bien au final !
    - C'est ce que nous pensons ! dit joyeusement Aloysius. Tu ne penses pas différemment de nous, dans le fond !

    Le directeur de la Fraternité semblait au bord de la crise, mais une crise joyeuse. Comment un tel bonheur pouvait-il naître de ces quelques simples phrases que Nina avait prononcées ? Et comment pouvait-il croire qu'ils étaient d'accord ? Ils méprisaient les règles morales, semblaient ne pas voir le Mal qui les attendait à chaque coin de rue. Ils étaient insouciants comme des enfants, mais plus intelligents que tous les autres adultes : un dangereux mélange.

    - Nina, tenta à nouveau Alucard. A trop faire de règles, on n'avance plus. Il faut trouver, et désolé d'utiliser ce terme, il faut trouver l'équilibre.
    - Vous allez devenir comme eux ! Comme Eugène, comme tous les autres ! Comme ceux qui ont tué mon frère !

    Elle haleta bruyamment, tentant de reprendre son souffle. Aloysius posa une main réconfortante sur son épaule mais elle se dégagea avec violence. Se rendant compte qu'elle devenait assez agressive, elle s'excusa.

    - Non, je te comprends, Nina. Je comprends ta peur mais crois-moi, nous n'en commettrons pas. Ces gens qui constituent la fraternité sont raisonnables, ils sauront s'arrêter à temps.
    - Nous ne les contrôlons pas, compléta son oncle, mais ils le font eux-mêmes. Ils sont suffisamment intelligents que pour savoir ce qu'il faut et ce qu'il ne faut pas faire.
    - Rejoins-nous et tu pourras en juger par toi-même. Je ne veux rien t'imposer, ce n'est qu'une proposition.

    Effectivement, c'était seulement en expérimentant qu'elle pourrait juger...

    - Aloysius, je...

    http://www.youtube.com/watch?v=YW51czvhA0k

    Une alarme la coupa en plein milieu de sa phrase. Aloysius sortit immédiatement son téléphone et composa un court numéro. Après quoi, sa voix résonna partout dans le complexe.

    - Ici le directeur suprême Tendergast. Ne paniquez pas. Ceci n'est pas un exercice, mais nous mettons en place les mesures nécessaires.

    Pendant ce temps, Alucard se renseignait sur la situation. Quand son oncle eut terminé son message, il informa tout le monde de ce qui se passait :

    - Un intrus est entré dans le centre via la Cour. Il se dirige vers ce laboratoire, peut-être pour y voler quelque chose.
    - Je ferme immédiatement la zone, annonça Dogenous en s'emparant de ses gants. Et je m'occupe de lui.
    - Viens avec moi, Nina, dit Alucard. Aloysius...
    - Je vais me mettre en sécurité dans le coeur de l'installation.

    Aloysius s'éloigna dans l'autre direction tandis que les deux jeunes gens ressortaient et empruntaient un petit ascenseur dont Alucard déverrouilla au préalable l'entrée. Ils furent alors dans une salle éclairée par la seule lumière des écrans plats qui tapissaient littéralement les murs. Deux personnes s'y trouvaient déjà et tapotaient frénétiquement sur leurs claviers.

    - Vous les avez ?
    - Oui, sous-directeur Tendergast, répondit l'un d'eux.

    Sur l'un des écrans s'affichèrent les images retransmises par une caméra. Elles montraient un long corridor de végétation avec des gens qui s'enfuyaient en sens inverse. Soudain, une chose passa à toute allure en fauchant plusieurs malheureux. Elle se releva en déployant son unique aile blanche et en faisant face à la caméra.

    - Nom de Dieu ! s'exclama Alucard.
    - Je connais cette chose ! Elle s'appelle Sauropside.
    - Un mutant créé par ton père ?
    - Non, par Brio.
    - Alors je le contacte immédiatement. Il faut connaître un maximum de choses dessus pour aider Dogenous.

    Après un rapide pianotage sur son clavier, il fit apparaître un point vert sur la carte et la voix de Brio se fit entendre :

    - Sous-directeur, qu'est-ce qui se passe ? demanda-t-il d'une voix affolée.
    - Docteur Brio, l'une de vos anciennes créations nous attaque. Elle se nomme... Sauropside, c'est bien ça ? s'assura-t-il auprès de Nina.
    - Sauropside... Ca ne m'étonne pas de lui, grogna l'ex-bras droit de Cortex.
    - Il est actuellement dans le quartier résidentiel et Dogenous est parti l'arrêter.
    - Je vais le rejoindre immédiatement.

    L'un des hommes présents dans la pièce poussa un petit cri puis pivota sur sa chaise :

    - Sous-directeur Tendergast, deux nouveaux intrus devant l'entrée du centre ! Ils sont en train de percer un trou dans la roche !

    Les caméras relayèrent les images de l'entrée : la roche était percée d'un trou par lequel une créature venait de pénétrer, suivie d'une autre. Les gardes présents reculèrent en visant la chose qui entrait. C'était un tigre ou un lion équipé de longues griffes auxquelles il valait mieux ne pas se frotter. Les balles fusèrent vers elle mais n'eurent aucun effet, se contentant de ricocher sur la cuirasse du monstre et de tomber à terre en émettant de petits bruits pathétiques. Le mutant bondit et se mit à massacrer tous les hommes présents là.

    Nina avait immédiatement reconnu les deux nouveaux arrivants :

    - Tiny et Dingodile ?! Je n'y comprends plus rien !
    - Ceux-là aussi sont de Brio ?
    - Non, de mon père... Qu'est-ce qu'ils foutent ?

    Quelques secondes s'écoulèrent, après quoi l'élévateur emprunté plus tôt par Nina et les Tendergast s'activa et entraîna les deux nouveaux intrus dans les profondeurs du désert.

    - C'est incroyable... Comment ont-ils fait pour activer l'ascenseur ?
    - Ce ne sont sûrement pas ces deux-là qui l'ont fait ! Ce sont de parfaits crétins, expliqua-t-elle à Alucard.
    - Dogenous ! appela le jeune homme dans son micro en pressant une touche.
    - Quoi ?
    - Brio va se charger seul de la créature blanche. Vous, rendez-vous au plus vite dans la rue principale, deux nouveaux intrus viennent d'emprunter l'ascenseur !
    - Merde ! jura le directeur de département tout en courant vers son nouvel objectif.

    Dans le couloir menant au complexe, une rangée de gardes barrait le passage aux deux mutants. La seconde créature s'avança et fit feu avec son arme, envoyant un éclair mortel qui grilla sur place tous ceux qui se tenaient entre lui et sa cible. Il ne lui avait fallu que quelques secondes pour faire le ménage.

    Alucard afficha une carte du complexe où apparurent quantité de points lumineux. Tiny, Dingodile et Sauropside apparaissaient en rouge, Dogenous en jaune et Brio en vert.

    - On est moins qu'eux... Comment on va faire ? s'interrogea Alucard à voix haute sans se départir de son calme coutumier.
    - Est-ce que tu me fais confiance ?
    - Oui, Nina, je te fais confiance, plus qu'à n'importe qui d'autre.

    Faisant de son mieux pour contrôler les émotions qui la submergeaient, elle dit :

    - Bien, alors j'ai une idée à te proposer.


    Notes de l'auteur :

    - Pour ceux d'entre vous qui se demanderaient pourquoi Aloysius se rappelle de Nina étant à l'Académie, je rappelle que l'établissement faisait partie du Magistère, donc Aloysius le connaissait bien. On en reparlera d'ailleurs...
    - La Fraternité est plus ou moins une application extrême de la technocratie. Elle n'est en effet composée que de scientifiques et de leurs proches. Je serais curieux d'avoir vos avis à ce sujet.
    - Vous ne trouvez pas que Near ressemble pas mal à son « faux » père (Neo) ? Ils sont tourmentés dans leur enfance, orgueilleux, déterminés à vaincre leurs démons respectifs, mis en face du Mal dès leur plus jeune âge,...
    - Dogenous fait son grand come-back ! Rappelez-vous : dans Globalisation, Nefaxim le bat puis lui propose d'intégrer la Confrérie Scientifique. Voilà pourquoi il est à présent à la Fraternité. J'aime beaucoup ce perso, classe et qui donne énormément d'opportunités pour les combats. Dans un autre registre, vous avez maintenant l'explication de ses étranges capacités : ses gants magnétiques lui permettent de manipuler le mercure, et les spontano-générateurs transforment l'air en « munitions ». Oui, ça fait très science-fiction, mais j'adore.
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Sujet : « [Fanfic] White Legacy »

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