~ The Tomb of Forumers ~ - Tomb Raider Underworld - Page 3 sur JeuxVideo.com

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Sujet : « ~ The Tomb of Forumers ~ »

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  • gag_jak Voir le profil de gag_jak
  • Posté le 16 août 2008 à 15:07:10 Avertir un administrateur
  • VGM vient de m'informer que son chap est fini, relu, est prêt à poster.
    Il sera sur ce topic mardi matin, à 11h, s'il n'y a aucun problème.
    Vous voilà prévenus :o))
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  • Cyrielle06 Voir le profil de Cyrielle06
  • Posté le 16 août 2008 à 15:25:48 Avertir un administrateur
  • Ah enfin !!! :)
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  • Flo9449 Voir le profil de Flo9449
  • Posté le 17 août 2008 à 20:41:39 Avertir un administrateur
  • Info de dernière minute, VGM ne sait pas si il pourra vraiment mardi, à cause d'un problème de clé et de médiathèque :o))

    Enfin bon, sûrement pour mardi, mais si il n'y est pas, ne soyez pas trop déçu... :-)))
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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 19 août 2008 à 11:08:58 Avertir un administrateur
  • Chap ?
    Pas chap ?
    C'est ce qu'on appelle un suspens en carton, puisque vous avez sûrement déjà vu la longueur de la page.
    Bon et bah je vous le promets depuis un bout de temps déjà, voici venir le chap 10.
    Presque 80 000 caractères, sombre et violent, je m'adresse à vous en public averti ( :dehors: )
    Bonne lecture :-D
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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 19 août 2008 à 11:10:05 Avertir un administrateur
  • Chapitre X : Aide inespérée pour fin inéluctable :

    Lorsque tout est fini, lorsqu’il ne vous reste plus aucun espoir, lorsque vous sentez que votre mort est inéluctable… Lorsque cette sensation vous envahit, que faites-vous ? Comment l’interprétez-vous ? Vous battez-vous jusqu’au bout ou vous laissez-vous disparaître ? Suis-je bête… Vous ne l’avez bien évidemment jamais connue puisque vous êtes en vie. Mais peu importe. Moi, j’étais dans cette situation. Perdu, harassé, desséché, poursuivi, ma fin était imminente.

    La forêt semblait interminable. D’ailleurs, depuis combien de temps courais-je ainsi en son sein, pourchassé par une bête dont le cri m’avait littéralement glacé le sang dans les veines ? Mon souffle s’épuisait et mon cœur allait crever ma poitrine tant il battait fort. Mais je ne pouvais pas m’arrêter. Car si je me permettais une pause, je savais que je ne repartirais jamais. Les autres devaient penser la même chose, et ils fonçaient à mes côtés, Elli derrière, VGM et Fear devant. Darklife et Jojo avaient tous deux disparu. Ils étaient peut-être morts à l’heure qu’il était. Mais honnêtement, je n’en avais rien à foutre. Je les connaissais à peine et, au bord de ma propre destruction, j’avais autre chose à faire que de m’apitoyer sur leur sort.

    La créature poussa un rugissement derrière moi. Il était terrifiant, et surtout horriblement près. Je ne pus m’empêcher de regarder derrière moi. Et je le vis. Je faillis étouffer un rire aigu, mais il resta coincé dans ma gorge et ne produisit rien d’autre qu’un bruit étranglé. Alors comme ça, les développeurs de TR1 nous effrayaient avec leur T-Rex de trois pixels de haut ? La blague… Certes, il n’y avait pas la terrifiante musique accompagnant l’entrée de la bête, mais je peux vous assurer que la sueur vous collant les vêtements à la peau, la végétation s’étendant à perte de vue et les branches vous barrant le passage donnaient un cachet autrement plus saisissant à la scène. Le monstre était titanesque. Sa gueule, surplombée par une excavation osseuse, était garnie de dents qui auraient facilement embroché notre cher Rexou. Ses yeux reptiliens, jaunes fendus d’un trait noir, me fixaient avidement. Je ne pus l’observer plus attentivement. Mon pied s’empêtra dans une racine et je m’affalai de tout mon long, signant mon arrêt de mort.

    Je n’avais plus la force de me relever. J’étais cuit, fini. Mon corps avait atteint ses limites physiques, et mon cerveau était saturé moralement. J’en avais marre. Si je devais inévitablement mourir, alors pourquoi retarder le moment fatidique ? « Parce que l’homme est prêt à tout pour vivre, ne serait-ce qu’une seconde de plus. Et que tu es à moitié homme. » La voix était soudainement apparue dans ma tête, furtive et grave. Mais qu’est-ce que c’était que tout ce délire ? Un grognement s’échappa au-dessus de moi, et alors seulement je remarquai la grosse gueule bavante penchée sur mon corps délabré. Et merde. Je me mis à ramper, m’aidant de mes coudes pour prendre appuis dans le limon forestier, mais je me sentis soudain tiré en arrière. J’essayai de me retenir aux feuilles, aux branches, aux racines, à tout ce qui arrivait à portée de mes mains. Mais c’était peine perdue : l’instant d’après, je décollais du sol, mes jambes se désarticulant sous la force de l’aspiration. Je ne voyais plus rien. Une terrible douleur me travaillait au niveau des articulations, et j’avais de la terre plein le visage. Elle me remplissait la bouche, s’étalait sur mon front, s’infiltrait dans mes orbites. J’avais envie de pleurer. Mais même ça, on ne me l’autorisait pas. Il y eut soudain une secousse plus puissante et ma tête percuta une surface dure. Elle retomba aussitôt contre ma poitrine, inerte. Mais je vivais encore, ou du moins le pensais-je. Le peu de vue qu’il me restait se troubla. Il y eut du jaune, du rouge, puis du noir. Un noir persistant, implacable. Une larme réussit à perler au coin de mon œil droit, puis je sombrai dans les profondeurs abyssales du néant.

    « Tu as cru que je te laisserai mourir ? As-tu seulement osé penser que ta vie était arrivée à son terme ? Tu n’es qu’un lâche, un faible ! Je te dresserai. En attendant, lève-toi. Tu vas sortir de cet endroit inintéressant au possible et accomplir des tâches dignes de ta puissance cachée. Lève-toi ! Refoule tes idées de mort et de destruction. Ces choses-là arriveront aux autres, pas à toi. Ce ressac incessant de pensées malsaines doit disparaître, pour notre bien à tous les deux. Lève-toi ! Et sors-nous de là. »

    J’ouvris les yeux. Un horrible mal de crâne me torturait l’esprit. J’avais l’impression d’être coincé entre un concert de Tokio Hotel et une soirée de tecktonik ratée. Rien de très réjouissant en somme… Mais le fait était là : je vivais. Comment ? Je crois qu’en fait, il ne valait mieux pas que je le sache. Je me souvenais de cette chose… Mais stop. Je refusais d’y penser. Pour l’instant, il était urgent d’analyser la situation. J’étais étendu sur le limon vert forestier, et la terre m’emplissait toujours autant la bouche. Je crachai cette substance déguelasse et me relevai sans que mon mal de tête ne disparaisse pour autant. J’étais encore là où le Rex géant m’avait attrapé. Sauf que cela signifiait qu’il ne m’avait pas bouffé. Je balayai les alentours du regard, cherchant une explication. Elle vint rapidement : la végétation était ici brûlée et noircie. Alors que je me serais même pas retourné pour lui, Fear m’avait sauvé la vie. Plutôt sympas…
    Maintenant, il valait mieux que je me tire d’ici. Et en vitesse. Je me mis à courir, mais mes jambes me faisaient affreusement mal, je ralentis pour marcher au bout de quelques mètres à peine, m’aidant des branches et des troncs pour appuyer ma progression. De la sueur ruisselait sur mon visage et mes mains moites glissaient sur le bois des arbres. Un dino pouvait surgir à tout moment, me déchiquetant en quelques secondes chrono. Un silence inamical pesait sur la forêt. Combien de temps étais-je resté inconscient ? Il y avait deux possibilités : soit je m’étais évanoui longtemps, et le groupe était désormais loin, soit j’étais resté allongé pendant un laps de temps très court, et ils étaient maintenant tous morts. Idée réjouissante que celle d’être le dernier survivant. Le dernier ? Peut-être pas. Il avait sûrement encore Busard. Mais honnêtement, je préférais être seul plutôt qu’avec l’oiseau de proie. Quoique… À ce moment, une détonation retentit, et un cri déchira l’air à peine cinquante mètres devant moi. La plainte fut courte, mais terrifiante. L’air vibra et je tressaillis sous le choc sonore. D’un coup, être seul n’avait plus rien de sympathique.

    Que faire ? Avancer et courir le risque d’un face à face peu accueillant, ou reculer pour se perdre dans la forêt jusqu’à mourir d’épuisement ? Première solution. Écartant le feuillage qui m’obstruait la vue, je me remis en marche. Mais à peine vingt mètres plus loin, je m’arrêtai de nouveau : devant moi se trouvait un flan de la montagne, droit, abrupte et indomptable. En son centre, un gros trou. L’entrée d’une caverne sûrement. Encore une… Mais avais-je le choix ? Je franchis l’espace qui me séparait de l’entrée et regardai avec appréhension la semi-obscurité de la grotte. J’y rentrai. Mais je n’avais pas fait deux pas que l’horreur et l’ahurissement me stoppèrent net : là, au fond de la caverne, cloué au mur et pissant le sang se trouvait le cadavre de Darklife.

    J’avais vu beaucoup de choses depuis le début de ce voyage. Mais jamais je n’avais imaginé que ce que je pourrais voir atteigne un tel degré de violence et d’atrocité. Il m’est impossible de décrire correctement pareille mutilation. L’homme était à peine reconnaissable. Il avait été atteint d’une centaine de coups de couteau, lui lacérant toutes les veines qu’il était possible de couper. Sa gorge était tranchée, ses poignets sciés et cloués au mur à l’aide de pierres taillées en pointe. Il était entièrement nu, et je pouvais d’autant plus apercevoir les horribles blessures dont son corps était ponctué. Au-delà des multiples lacérations, son sexe avait été coupé et ses yeux crevés. Sa tête pendait sur son buste, inerte, et du sang frai coulait encore sur la paroi pour venir s’amonceler à ses pieds en une flaque d’hémoglobine. Enfin, de multiples trous lui ponctuaient la peau, le plus terrible lui ayant explosé le front. Des blessures par balles… Cela entraînait une déduction inévitable, terrible, qui ne fit que renforcer mon horreur : le meurtrier ne pouvait être qu’un homme. Mais quel être humain avait donc pu commettre pareille atrocité ?

    Je détachai mon regard de ce spectacle sanglant, le cœur au bord des lèvres. Le coup de feu que j’avais entendu était peut-être celui qui avait achevé Darklife. Dans lequel cas le psychopathe qui avait fait ça n’était pas loin… En fait, il était même sûrement très proche. Mes mains redevinrent d’un coup moites : là, juste derrière moi, ne venais-je mais d’entendre un bruissement ? Je me retournai lentement, tout tremblant, m’attendant à tomber face à face avec un type de trois mètres de haut portant une machette dans une main et un shotgun dans l’autre. Mais qu’est-ce que je racontais ? Je finis mon pivot d’un coup brusque. Derrière moi, il n’y avait rien, bien évidemment. De toute façon, ici, le danger, c’était Keviouk et les dinos, pas un type à la Scarface tout droit sorti de mon imagination. Et puis la hauteur de la caverne n’atteignait même pas les trois mètres. Mes pensées s’interrompirent, terrifiées, inhibées par quelque chose d’autre, une sorte de prémonition, de pressentiment : non seulement le plafond s’élevait à plus de dix mètres de haut, mais le meurtrier, le psychopathe dégénéré ayant massacré Darklife, ne pouvait être qu’un forumer. Je n’étais donc définitivement plus seul. Keviouk ayant été berné, les coupables ne pouvaient être que Fear, VGM, Elli, ou Slez. Un gosse de douze ou treize ans meurtrier ? Une femme aussi sage qu’Elli psychopathe ? Un camarade comme Fear aussi taré ? Oh que non… Le seul coupable que mon cerveau retenait, c’était VGM.

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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 19 août 2008 à 11:10:34 Avertir un administrateur
  • Quelle ironie tout de même. Lui, le soi-disant chef du groupe, celui qui savait tout, celui qui s’était juré de tous nous ramener vivant… Quel traître ! Mais comment s’était-il procuré une arme ? Et son couteau ? Tout cela ne tenait pas debout. Mais mes réflexions furent soudain interrompues par un bruit venant du plafond. Cette fois, mes poils se hérissèrent sur ma peau. Je jetai un regard apeuré au-dessus de moi. Aussi haut que se profilait le toit de la caverne, il n’y avait rien. Nouveau bruissement, à gauche cette fois. Rien encore. Mais j’eus mille fois préféré qu’il y eût quelque chose. Les sons s’intensifièrent autour de moi, comme si quelque chose d’invisible se déplaçait à vitesse fulgurante. La créature semblait me tourner autour, et se rapprocher de moi chaque seconde un peu plus, porteuse d’un message de mort. Je devenais fou. Il n’y avait pas d’autres explications. On disait que la peur amplifiait les sens, peut-être entendais-je simplement des micro-organismes volant près de moi ? Je stoppai ma réflexion. Cette dernière pensée prouvait ma folie. Les bruissements continuèrent d’augmenter en puissance, et je tombai bientôt à genoux, les mains plaquées sur les oreilles en une grimace de douleur. Je ramassai brièvement de la terre pour me l’enfoncer dans les tympans, mais le peu de boue qu’on trouvait ici était sèche et se dissipait entre mes doigts. J’étais devenu complètement dingue. J’attrapai un caillou et me frappai la tête avec, essayant de calmer ce bruit qui augmentait encore et encore. Mon crâne saignait, mais je m’en fichais. Il fallait simplement que ce bruit, ce putain de bruit, s’arrête. Oui, c’était tout ce qui comptait à présent. J’allais m’arracher les oreilles à mains nues lorsqu’une détonation retentit. Terrible, brute, compacte, cathartique, elle anéantit d’un coup tous les bruissements. Je mis quelques secondes à me rendre compte que le calvaire était terminé. J’étais à genoux, mes mains posées sur mon visage où se mélangeaient sueur, larmes et sang. C’était fini. Je respirais fort, mais mon cœur et mes poumons se calmaient. L’arme qui venait de me sauver avait sûrement mis fin aux jours d’un autre forumer. Mais je m’en tapais.

    Je me relevai. Mes yeux s’agitaient nerveusement, analysant les alentours. Alors seulement je remarquai une sorte d’encoche dans le mur gauche. Une porte ? Impossible. Cet endroit n’avait pas été façonné par les hommes. Mais par qui avait-il été construit d’ailleurs ? Car ces enchevêtrements de cavernes, cette forêt, tous ces pièges… Ce n’était rien d’autre qu’une immense trappe, une fosse mortelle, une douve où nous nous enfoncions lentement, mais sûrement. Et au fond, qu’y avait-il ? La mort. La réponse était nette et implacable. Nous allions tous mourir, je ne me faisais pas d’illusions. Ma fin était proche, je le sentais. Nous avions même commencé à nous entretuer, comme le prouvait le cadavre de Darklife. Il était mort, terrassé par un pouvoir plus grand que le sien. Un pouvoir ? Oh my God ! Je les avais oubliés ceux-là. Peut-être parce que le mien ne s’était en aucun cas manifesté. En aucun cas ? Et la voix entendue durant mon sommeil alors ? Je frissonnai. Les éléments extérieurs étaient déjà terrifiants, ne pas maîtriser son corps l’était bien plus.
    « Ta gueule et bouge. Il y a un passage derrière l’encoche. »
    D’un coup, terrifiant me semblait être un mot bien peu puissant…

    J’obéis sans chercher à comprendre. Il ne valait mieux pas que je laisse mon esprit réfléchir sur la situation. Je m’approchai de l’encoche. Elle me semblait bizarrement translucide. J’écarquillai soudain les yeux. À travers, je pouvais apercevoir un tunnel. Je battis des paupières pour m’assurer que je ne rêvais pas. Mais une fois ce geste effectué, je ne vis plus qu’un mur grisâtre ; aucun corridor. Putain mais c’était quoi ce délire ? D’un pas résolu, je me collai contre le mur, puis me décalai de façon à franchir l’encoche. De l’autre côté, il y avait bien un couloir, et ce putain de couloir, je l’avais déjà vu trente secondes auparavant. Je l’avais vu à travers le mur.

    Ok, on respire, on se calme, et on avance en évitant de penser au psychopathe, aux dinos, et au virus modifiant mon corps génétiquement. J’atteignis rapidement le bout du corridor. Il n’était absolument pas éclairé, mais je voyais tout de même clair. À y regarder de plus près, il me semblait qu’une pâle fluorescence s’échappait des murs. « Du lichen Atlante, murmura une voix dans mon esprit. Avance maintenant. » Je me mis à trembler. Je n’aimais pas ça du tout. Le tunnel se divisait ici en deux. Droite ? Gauche ? J’allais choisir la première solution et m’engager dans la portion droite lorsque deux coups de feu retentirent. Ils étaient près, très près. Le meurtrier devait se trouver à moins de cent mètres de moi. Je me retournai d’un coup et me mis à courir, effleurant à peine le sol, ne me souciant pas des flaques d’eau dans lesquelles je marchais, m’éclaboussant copieusement. Il y eut une intersection, puis deux. Je prenais toujours le chemin le plus près de moi, oubliant où j’avais tourné une seconde après avoir abordé le virage. Enfin, à bout de souffle, perdu, assoiffé et tremblant, je m’écroulai dans une nouvelle flaque. Sans me soucier des bactéries, je plongeai ma tête à l’intérieur et bus à grandes gorgées, vidant jusqu’à la dernière goutte ce mélange d’eau et de boue. Je m’essuyai la bouche. Maintenant, ça allait un peu mieux, même si un horrible goût de moisi me persécutait désormais la langue. Je décidai de me relever. Mais, une fois debout, je fus soudain pétrifié. Là, juste devant moi, un pistolet dans une main, un couteau dans l’autre, le meurtrier le fixait avec un regard sadique.

    Je criai, terrifié. Aussitôt, le psychopathe disparut. Putain, mais je devenais vraiment dingue ! Je l’avais vu ! Il était là, devant moi ! Je m’interrompis. Un coup de feu retentit de l’autre côté du mur, aussitôt suivi d’un cri et de bruits de pas. Et si… Et si le cinglé se trouvait juste de l’autre côté ? Et si je l’avais vu à travers le mur ?! Mais il me fixait ! Oh et puis merde. Qu’est-ce que je faisais à me taper un monologue mental quand un tueur se trouvait juste à côté de moi ? Je me remis immédiatement à courir. Il y eut de nouveaux coups de feu, tantôt loin, tantôt bien trop près. À croire que cet enfoiré avait des munitions illimitées. Je finis par m’arrêter de nouveau, exténué. Tout cela ne rimait à rien. Poursuivi par un ennemi invisible qui sortait peut-être de mon imagination, je m’étais complètement pommé. Les architectes avaient dû s’éclater à imaginer ce labyrinthe souterrain. Et dire qu’en ce moment, je pourrais être confortablement installé devant ma TV, sur mon canapé en cuir. Connerie de voyage. Je me remis une nouvelle fois à marcher, tranquillement cette fois, essayant de me détendre. Des bruits de pas de l’autre côté du mur firent échouer cette tentative.

    Je me figeai, tétanisé par une soudaine pensée. Si je pouvais entendre ce psycho marcher, alors cela voulait dire qu’il pouvait aussi entendre mes pas ! Je m’arrêtai de respirer, la peur me taraudant. Il était peut-être juste là, derrière le mur, écoutant. Mais comment en être sûr ? Je me tus. J’avais un moyen très fiable de savoir. Je me concentrai sur la paroi. Mes yeux se dilatèrent et la façade disparut. Et qu’y avait-il derrière ? Un tueur, un meurtrier, un monstre trempé de sang ? Non, trois fois non. Seulement des dizaines de couloirs et d’embranchements. Et voilà, j’avais certainement inventé ces bruits. J’allais repartir lorsqu’un objet me persuada que j’étais en réalité loin de les avoir imaginés : un canon d’arme à feu posé sur l’arrière de mon crâne.

    Ça y était. Cette fois, c’était fini. J’avais été nul. Le psycho m’avait retrouvé. Et il allait m’exploser la tête. Se souvenant d’un film sympathique, mon subconscient totalement décalé lâcha un mot totalement hors sujet : « pourparler. » Je tremblais de tout mon corps. Le canon était froid, d’un froid aigu, d’un froid mortel. Entendant ma requête, mon futur assassin explosa de rire.
    -Allons Alphonse, est-ce comme ça qu’on salue un coéquipier ?
    Je crus que j’allais m’évanouir. Je devins livide et j’ouvris la bouche comme pour parler, mais les mots me manquèrent et je gardai mon orifice buccal ouvert comme un con.
    -Et oui, annonça le meurtrier — que j’identifiais désormais comme étant Flo — secoué d’un rire sarcastique, je suis de retour. Mais j’ai quitté le camp des gentils forumers en excursion touristique.
    Il n’était qu’un gosse, un gosse que je méprisais depuis le début, mais un gosse d’un mètre quatre-vingt dix pointant sur ma caboche un revolver avec la nette intention de la faire sauter. Rassurant…
    -Mais… réussis-je à balbutier. Mais tu es mort !
    -J’ai l’air vachement vivant pour un mort, tu ne trouves pas ? ricana-t-il.
    -Mais…
    -Il n’y a pas de mais. Tu dois simplement te tromper sur la personne. Moi vivant, toi mort. Toi comprendre ?
    Et se disant, il chargea l’arme.
    -Putain Flo, espèce d’ordure, ne fais pas de connerie !
    -Tu n’as pas l’air très content de me revoir, sussura-t-il.
    -Sachant que tu me pointes un flingue chargé sur la tête, c’est en effet assez difficile d’être joyeux.
    -Ce n’est pas très gentil ce que tu dis, tu sais ? ironisa-t-il doucement. Allez, il faut que j’aille m’occuper de tes petits camarades. Bye bye !
    -Attend !!! Explique-moi ! S’il te plaît…
    Je me foutais du pourquoi du comment, mais je voulais absolument gagner du temps.
    -Rien à expliquer, dit-il. Je ne suis jamais mort. Et Kev m’a recruté pour vous butter. J’ai laissé échapper Busard et il a été méchant avec moi. Il m’a donné un couteau en me promettant de m’égorger vif avec cette lame même si je ne réussissais pas mes prochaines missions. Au début, je devais jouer l’infiltré, mais les plans ont changé. Et là, en l’occurrence, en vous défonçant tous, je me rachète. Pas compliqué.
    -Je ne pige rien, mentis-je à moitié.
    -Oh, tu me soûles. Allez, finissons-en. Ad…
    Il ne prononça pas ce dernier mot. J’avais frappé, lui balançant un coup de coude dans le bide. Je me mis aussitôt à courir. J’avais du mal à croire que je venais de lui échapper. C’était génial ! Mais également trop beau pour être définitif. Le coup de feu perça l’obscurité et la balle m’explosa la cheville gauche. Je m’affalai sur le sol, impuissant, la douleur m’irradiant la jambe. Je réussis néanmoins à me retourner et à m’asseoir. Flo arrivait. Il arborait un sourire d’une sadicité sans pareille et pointait son flingue sur moi. Je tentai de reculer, traînant avec difficulté mon membre blessé. Il tira. Cette fois, ce fut le genou droit qui se craquela. Fini ? Oui, fini. Incapable de me mouvoir, trempé de sueur, d’eau et de sang, apeuré, j’allais mourir. Mais bizarrement, cela ne m’effrayait pas. Non, la seule chose qui me terrorisait ici, c’était Flo. Grand, le visage déformé par la haine, ses yeux crachant des éclairs, les cheveux brûlés par la sueur, sa bouche se tordant en un rictus incompréhensible, son semblant de muscle se contractant au gré de sa respiration, il était loin du petit branleur de seconde zone que j’avais connu. Il était maintenant à dix mètres de moi. Je tentai une retraite sur les fesses, mais la douleur me cloua sur place. Bizarrement, ma cheville ne se plaignait plus, contrairement à mon genou qui, lui, me pulvérisait les nerfs. Flo souriait démesurément, comme si me plomber était un jeu éminemment amusant. Il leva son flingue une dernière fois.
    -Attend ! criai-je. On peut trouver un arrangement. Je peux t’aider à les tuer !
    -Salle traître, lâcha-t-il joyeusement.
    Et il fit feu. Je sentis tout d’abord une intense vague de douleur, puis mon corps flancha et ma tête heurta le sol. Ma vision devint floue, puis je sombrai dans le néant.

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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 19 août 2008 à 11:11:04 Avertir un administrateur
  • Vous pensiez que ce chapitre de ma vie allait s’arrêter là, n’est-ce pas ? Bande d’enfoirés… Non, ma vie ne s’arrêtait pas là, et c’est avec surprise que j’ouvris les yeux. J’étais couché sur un sol de pierre, et une douleur lancinante me brisait le dos. Je soufflai un instant, puis m’assis. Je jetai un regard alentour et fus pris d’un fou rire hystérique. Une caverne… Qui l’aurait cru ? D’ailleurs, ce couloir me disait vaguement quelque chose. L’Enfer était-il simplement un monde identique parallèle ? Ou Flo m’avait-il laissé pour mort sans vérifier que j’étais définitivement éteint ? Mystère… Si cette seconde théorie était la bonne, alors ce petit enfoiré restait définitivement un amateur. Je décidai de me relever. Une fois debout, je fis quelque pas, puis me figeai, interloqué. Comment avais-je pu marcher avec une cheville et un genou cassés ? Je remontai mon jean délavé et analysai ma peau. Des cicatrices… Des cicatrices partout… Mais aucun trou ! J’enlevai de suite mon t-shirt pour voir ce qu’il était advenu de mon torse, persécuté par l’ultime munition. Là encore, il n’y avait plus aucune cavité sur ma peau. Seulement un ovale de chair rose, toute neuve, qui battait au rythme des pulsations cardiaques. Incroyable.
    « On dit merci. »
    Je savais qui avait parlé. Je savais qui m’avait soigné, qui m’avait permis de survivre. Mais jamais je n’avais osé imaginer une telle puissance. Je murmurai un vague remerciement, puis revins sur mes pas et me mis à fouiller le sol. Je trouvai trois cartouches pour pistolet. Mon corps les avait donc expulsées. Non… Pas mon corps, pas mon organisme… mais le Pouvoir. Je frissonnai, puis me rhabillai et décidai de me remettre en marche. Flo ne devait pas être loin…

    Des tunnels, des tunnels et encore des tunnels… Joyeux. Je commençais sérieusement à en avoir marre de ce putain de pays. J’accélérai, une certaine colère accentuant ma circulation sanguine. Je finis enfin par arriver à un endroit où le couloir s’élargissait pour mener à une énorme salle aux reflets bleutés. L’air était ici plus pur, et le changement de décor me fit du bien. Je m’avançai un peu plus, et alors seulement je remarquai la forme humaine occupant le centre de la pièce. Assez grande, droite et mystérieuse, elle était ostensiblement tournée vers moi. Flo… Il m’avait retrouvé… Et merde. Je me mis à reculer, d’abord doucement, puis plus rapidement. La peur s’empara de nouveau de mon organisme. J’allais tourner les talons lorsqu’une voix perça le silence de la montagne.
    -Attend, ne pars pas !
    Je me figeai, pétrifié. Cette voix… Oh putain non, c’était quoi ce délire encore ? Livide, je fixai le forumer me faisant face et, à ce moment, j’aurais largement préféré voir Flo avec son flingue pointé sur mon front. Car cette tonalité verbale, cette carrure, ce visage… Je les avais vus mutilés peu de temps auparavant. Ils appartenaient à Darklife.

    Je restai immobile, regardant béatement Jean-Michel qui ne semblait pas comprendre.
    -Quoi ? me lança-t-il. Tu me regardes comme si j’étais un revenant.
    -C’est le cas de le dire.
    -Mec, arrête de déconner. Il faut qu’on sorte d’ici, et vite !
    -Nan…
    Il aurait pu m’aider, nous aurions pu devenir de solides coéquipiers, mais non. Tout cela était louche, bien trop louche.
    -Mais déconne pas ! reprit-il. À deux, on a nos chances !
    Je le regardai fixement, comme pour sonder son intérieur, voir si je n’avais pas affaire à un robot ou à un clone.
    -Casse-toi, murmurai-je méchamment. Tire-toi d’ici et fous moi la paix.
    Il fit un pas vers l’avant ; j’en fis un en arrière.
    -Allons, viens. Tu as peur de moi ou quoi ?
    -Franchement ?
    À ce moment, un grondement sourd ébranla la caverne, et dans les tréfonds de la montagne, on entendit un rugissement. L’instant d’après, le mur explosa, et je fus projeté au sol. Mais je n’étais plus aussi faible qu’auparavant : je me relevai presque immédiatement, prêt à faire face. L’endroit baignait désormais dans un brouillard bleu irréel. Un instant, je crus voir des codes chiffrés flottant dans les airs, et je frissonnai en ayant une pensée pour Matrix. Mais après un bref clignement d’œil, je ne distinguais plus que les volutes bleutées m’entourant. Je battis des mains pour les dissiper. Je réussis à moitié et je me rendis alors compte que l’éboulement m’avait séparé de Darklife en obstruant le chemin, ce qui n’était pas plus mal. Mais qu’est-ce qui avait donc fait péter la paroi si violemment ? Ma seule réponse fut un cri et un bruit de désossement et de chair arrachée : de l’autre côté de l’éboulis, quelque chose venait de déchiqueter Darklife.

    Et merde… Je fis volte-face et me remis à courir. Tous les bruits se mélangeaient dans mon esprit pour donner un capharnaüm épouvantable : l’écho des pieds frôlant le sol, les flaques d’eau éclatées par ces mêmes panards, ma respiration, les battements de mon cœur, mais aussi les coups de feu qui avaient repris, assujettis à des rugissements et des cris de douleur. Et moi, je sprintai comme un taré pour échapper à un danger que je ne voyais même pas mais qui, lui, ne mit pas longtemps à me retrouver : cette fois, je n’eus même pas le temps de m’arrêter. Les parois du couloir se disloquèrent et un truc pas cool — mais vraiment pas cool du tout — apparut. Vous voyez les rats domestiques, ces petits trucs répugnants et repoussants ? Et bah imaginez-les vingt fois plus gros, et vous aurez une idée de ce qui se tenait alors devant moi. Bien sûr, son apparence était assaisonnée de manière à être plus croustillante. Ainsi, rajoutez deux longues dents de sabre de trois mètres chacune et deux rangées de redoutables canines, un pelage teinté de nuances rouge liquide et une queue hérissée de piques fouettant l’air à toute vitesse, et vous aurez une petite idée de la bête.
    Je restai figé sur place, sans bouger et, bizarrement, mon agresseur faisait de même. À croire qu’il me savourait du regard avant de me bouffer. Quoique… Dieu, il n’avait pas d’yeux ! Je rigolais intérieurement de mon jeu de mot en carton, puis fixai de nouveau mon attention sur la bête des souterrains. Au-dessus de son museau se trouvaient deux fentes que j’avais tout d’abord prises pour des orbites. Mais qu’était-ce donc réellement ?
    « Des détecteurs de mouvement, susurra une voix dans mon esprit. Ne bouge pas, ou tu es mort. »
    Facile à dire. Conscient de la vivacité de mon rythme cardiaque, j’essayai de le ralentir sans pour autant faire un seul geste. En vain. J’avais l’impression que la créature pouvait sentir les battements de mon cœur et les pulsations de mon sang dans mes veines. C’est dingue comme on peut accorder de l’importance à une simple phrase quand on flippe. Une phrase qui plus est prononcée par son subconscient.
    « Je suis bien plus que cela, tu le sais. »
    « On déclenche le Pouvoir en tuant, et je n’ai pas tué ! », m’insurgeai-je mentalement.
    « Oh que si. Mais tu ne le sais pas encore, voilà tout. Et puis il y a d’autres moyens de m’appeler, ne t’inquiètes pas. La peur, tout d’abord, et puis le simple fait de penser à sacrifier ses camarades pour sauver sa peau… »
    Je tressaillis sous la véracité des propos énoncés, et la bête grogna aussitôt.
    « Si cela ne te dérange pas, on peut reprendre la discussion plus tard ? », ironisai-je en tremblant.
    « Pas de problème. »
    Maintenant, il fallait que je trouve un moyen de me tirer sans un mouvement. Facile, hein ? Je restai immobile encore une minute, le monstre ne bougeant toujours pas, puis deux coups de feu claquèrent. La bête se retourna et disparut aussitôt dans un fracas infernal de roche brisée. Haletant, je fis un pas, puis deux. Tranquillement, je me mis alors à escalader le monticule de débris que la créature avait semé sur son chemin. J’atterris souplement de l’autre côté de l’amas de pierre et jetai un coup d’œil à mon nouvel environnement — comprendre nouveau couloir. La surprise me fit vaciller : là, au bout du tunnel, il y avait de la lumière. La lumière du soleil, ce putain de soleil adoré. J’en versai une larme d’émotion. Je me mis inconsciemment à accélérer, et je me retrouvai bientôt en train de courir vers ce point resplendissant à l’horizon, cette boule d’espoir flamboyante. Plus que deux-cent mètres. Cent. Cinquante… Mais le rêve se brisa d’un coup. Vingt mètres devant moi apparut Flo, flingue pointé vers moi. Comment ce délire était-il possible ? Aucune idée, mais ça ne gérait pas du tout. Il tira. C’est à peine si je sentis la balle me pénétrer l’épaule ; je continuais de courir, oubliant toute douleur. J’étais maintenant très proche de lui. Soudain, la paroi explosa au niveau de Flo, l’ensevelissant sous un tas de roche, faisant apparaître le monstre, m’obstruant la sortie. Cool.

    Comment faire pour survivre une énième fois ? La réponse me vint d’elle-même. Sans m’arrêter pour autant, je me concentrai un instant et localisai une fissure dans la roche, sur ma droite, à cinq mètres à peine. Je m’y engouffrai alors que la bête me fonçait dessus. Je m’attendais à ce qu’elle défonce la paroi et que la pierre m’écrase. Ce fut une tout autre impression qui m’assaillit. Au bout de quelques pas, mon pied droit ne rencontra plus le sol et je basculai en avant, une soudaine lumière m’aveuglant. Je chutai, puis m’écrasai un peu plus bas, sur une surface moins dure que de la pierre, avant de rouler sur moi-même sans pouvoir m’arrêter, tonneau lancé à pleine vitesse sur une pente bien raide. Je ne pouvais plus rien faire. Mes membres meurtris heurtaient le sol en se désarticulant à chaque coup. Enfin, je sentis mon corps décoller pour de bon et, après un vol de quelques secondes qui me retourna les tripes, je m’explosai contre un sol dur et rêche pour ne plus bouger. J’étais mort. Mes bras et mes jambes me semblaient fracassés en dizaines de morceaux, j’avais le bassin déboîté et la moitié des vertèbres déplacées dans une colonne fissurée. Joyeuses conclusions. Sans le Pouvoir, j’aurais rapidement rendu l’âme. Mais il m’aida. Je le sentis s’activer pour me maintenir en vie, réparer les fractures, ressouder les os. Mais il en avait pour un bout de temps. Aussi rouvris-je mes yeux, que j’avais laissés fermés durant toute la descente. Le premier constat fut encourageant : à peine soulevai-je mes paupières qu’une violente lumière me brulât la rétine. Alléluia, j’étais donc sorti de cette putain de caverne. Tant mieux. Mais ma seconde vision était bien moins sympathique : même si je voyais encore flou, je distinguais relativement bien les bottes posées juste devant mon visage et le fusil mitrailleur pointé sur ce dernier. Sainte vierge en string, mais comment j’en avais marre de toujours me faire viser par une arme à feu ! Je voulus me relever, mais mon corps ne collabora pas et il m’irradia d’une atroce douleur qui se traduisit par une convulsion au niveau de ma bouche. Ma colonne allait mieux, mais c’était bien tout. Il fallait que le Pouvoir passe la seconde, ou je risquais de ne plus jamais dépasser le point mort.
    -Who are you ? me balança une voix dans un anglais résigné.
    Génial, après les Incas, les Rosbeefs. J’étais vernis par le sort, décidément. J’aurais voulu l’envoyer chier, mais je ne réussis à articuler qu’un mot :
    -Français.
    -Un français ? reprit la voix, dans la langue de Molière cette fois. Comment t’as fait pour atterrir là ? Et puis t’es qui ?
    J’émis pour seule réponse un grognement de douleur. Le Pouvoir s’attaquait maintenant au bassin et aux jambes.
    -Répond ou j’te fais sauter la cervelle, p’tit con.
    Eh bien, j’étais encore tombé sur un type éminemment sympathique. Mais je ne prêtais aucune attention à ses propos. Il était trop curieux pour me buter. J’attendais, tout simplement.
    -Hey Fred ! lança une seconde voix. Alors, c’est quoi qui a fait ce bruit là ?
    -Un Français, bougonna le premier.
    -Tu déconnes ? s’étonna l’autre en se rapprochant.
    Il me fixa, puis dit :
    -T’as l’air complètement désarticulé mon pauvre.
    Il se retourna vers son compagnon puis lança :
    -Faut le transporter à l’infirmerie.
    -T’as fumé, James ? On trouve un type à moitié mort au milieu de notre base secrète protégée par le must en matière de high-tech, et toi tu le transportes dans les locaux.
    -Tu trouves qu’il a une tête de terroriste ?
    -Ça n’a rien à voir !
    -Tu préfères l’achever peut-être ?
    -Franchement ? Ouais.
    -Pauvre crétin, va.
    Ils commencèrent à se quereller, mais je n’en avais cure. Mes bras seraient bientôt plus ou moins reconstitués, et je pourrai de nouveau me mouvoir à peu près correctement.
    Ils en venaient aux mains lorsque je réussis à me mettre à genoux. Ils ne me remarquèrent même pas. Je pouvais peut-être m’en tirer facilement, tout compte fait. Je leur jetai un dernier regard, puis me relevai vivement, me retournai et me mis à courir. Las, je m’étais surestimé. Je n’avais pas fait trois pas que mes genoux me lancèrent atrocement. Je m’écroulai lamentablement et restai là, étalé. Je me pensais fini. Je sentis qu’on me soulevait et qu’on me déplaçait. Ma vue, un temps claire, était redevenue floue, et je compris que je ne devrais plus jouer avec mon corps pendant quelque temps si je voulais récupérer correctement. Je me retrouvai bientôt assis sur ce qui semblait être un banc. Je voyais de nouveau à peu près bien, et je pus enfin détailler le paysage. J’étais dans une sorte de cour entièrement recouverte d’une poussière rouge désagréable à l’œil. Je distinguais également une sorte de butte à l’autre bout de l’endroit, au-delà duquel se trouvait un gigantesque grillage. À ma gauche et à ma droite, on pouvait apercevoir des agglomérations de bâtiments gris, vieux et vétustes, aux murs défoncés et fenêtres brisées pour les plus mal en point. Charmante leur « base ». Leur ? Ah ouais, les deux types. Je les avais presque zappés ceux-là. Et pourtant, ils se tenaient juste devant moi. Je ne les avais encore jamais regardés de près. La première chose que je vis, ce furent les fusils mitrailleurs armés et l’uniforme. J’éclatai de rire. Cette fois, c’était une blague. Obligatoirement. Ils me regardèrent étrangement, ne comprenant pas ma réaction.
    -Arrêtez votre cinéma, trisomiques de seconde zone, balançai-je en riant.
    Je notai en passant que j’avais une curieuse manière de parler à des types me visant avec une mitraillette.
    -Je ne crois pas une seule seconde à votre existence, repris-je joyeusement.
    -Il est fou, lança le premier, petit mais baraqué comme un membre des All Blacks.
    -Qui t’es ? renchérit le second, plus grand mais moins musclé.
    -Un pauvre type en train de rêver, leur dis-je en souriant. Allez, laissez-moi passer, vous ne me faites pas peur avec vos joujoux.
    Je me levai et tentai de forcer le passage. Je me pris immédiatement un coup de crosse sur la nuque. Le choc me fit l’effet d’un type électrocuté. Je vacillai et me rassis. La calotte m’avait remis les idées en place. Oh que non, je ne rêvais bien malheureusement pas. Je n’y comprenais décidément rien, mais c’était indéniable : sur l’uniforme des deux mecs, une écriture blanche indiquait bien, dans un parfait français, « Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale. »
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  • Posté le 19 août 2008 à 11:12:02 Avertir un administrateur
  • Ok… Surtout ne pas essayer d’éclairer mon esprit, cela risquerait de l’embrouiller encore plus.
    -T’es calmé ? lança le dénommé James.
    -Ouais, marmonnai-je.
    -T’es français alors ?
    -Ouais, répétai-je.
    -C’est quoi ton nom ?
    -Alphonse.
    -Et qu’est-ce que tu fous là ?
    -J’aimerais bien le savoir.
    Et puis soudain, sans comprendre pourquoi, je fus pétrifié. Le camp était entouré par une barrière que je n’avais pas franchie… Je jetai un coup d’œil désespéré autour de moi, mais je ne vis pas, mais alors vraiment pas : par où avais-je donc pu atterrir ?
    -Ne joue pas avec nous, reprit James.
    -Sinon on te butte, précisa Fred.
    -Je suis où, ici ? demandai-je en les ignorant.
    Je sentis mon nez se déformer sous l’impact d’un coup de poing.
    -Je t’ai dit de ne pas te foutre de notre gueule ! cracha Fred.
    -Putain, mais je ne sais même pas où je me trouve ! J’étais dans une grotte, au Pérou, avec un groupe d’amis. Mais ils sont tous morts ! J’étais poursuivi, je suis tombé, j’ai roulé… et j’ai atterri ici.
    La grosse brute chargea son arme, fit sauter le cran de sécurité et appuya sur la gâchette, me pulvérisant l’oreille gauche. Puis il m’attrapa la droite à pleines mains et tira dessus, me l’arrachant à moitié.
    -J’ai horreur des noobs mythomanes comme toi ! hurla-t-il de rage.
    Moi, je ne bougeais plus. À quoi bon ? Je sentais le sang s’écouler en longs filets sur mon visage, mais je ne ressentais plus grand chose. J’en avais marre, marre de tout ce qui m’arrivait, de toutes ces conneries. Et puis soudain, je réalisais alors que je n’accordais plus aucune importance à ma vie. Je ne manquerai sûrement pas à ma famille une fois mort. Deux-trois amis à peine me pleureront. Je sombrais doucement dans le néant, mais une terrible pensée m’en fit sortir en une seconde : j’avais encore ma copine. Certes, c’était la première fois que j’y pensais depuis le début de cette aventure — et d’ailleurs je m’en voulus — mais cette infime piqûre de rappel m’insuffla une nouvelle vie. Si j’avais survécu à tous ces obstacles, si j’étais un des derniers survivants alors que je ne possédais aucun don extraordinaire, c’était que quelqu’un veillait sur moi. Dieu ? Je n’y croyais pas. Qui alors ? Peu importait en fait. Mais maintenant que j’avais une raison de rester en vie, je comptais me battre. Jusqu’à la fin.

    J’étais prêt à agir, mais James le fit avant moi : il arracha l’arme de son collègue et le projeta à terre.
    -Sombre crétin ! cracha-t-il en pointant les deux pistolets mitrailleurs sur son torse. Un groupe d’amis perdus, Alphonse, ça ne te dit rien ? T’as oublié pourquoi on est là ou quoi ? Toi, continua-t-il en me désignant avec ses deux armes, tu es Alphonse Kun, n’est-ce pas ?
    Je hochai la tête.
    -Dans ton groupe, il y avait ceux que vous appelez Gag, VGM, Elli, Jojo, Keviouk, Linoa, Darklife, Fear, Alexey, Flo, Slezovic, Jaws, et enfin Busard ?
    Nouveau hochement de tête. Mais comment savait-il tout cela ?
    -Suis-moi.
    Il se dirigea vers un bâtiment proche et, sans aucune subtilité, défonça la porte d’un coup de pied. Celle-ci s’écroula, ses joins rouillés ayant cédé sous le choc. Je jetai un coup d’œil à Fred, toujours étendu sur le sol. Il regardait mes oreilles aux endroits où le sang avait coagulé et où les blessures s’étaient refermées avec un air ahuri. Je lui souris niaisement et suivis James.
    L’intérieur du bâtiment était complètement pourri, avec des déchets partout, des copeaux de bois, du plastique, des morceaux de verre, … Au fond, sur un mur au papier peint déchiré, se trouvait un téléphone fixe, dont l’aspect — neuf — contrastait singulièrement avec la vétusté de la pièce. James décrocha et parla d’une voix dure et professionnelle :
    -Chef, un survivant.
    Et il raccrocha. J’étais resté sur le seuil de la porte et, lorsqu’il se retourna vers moi, je détaillai pour la première fois son visage. Il avait le nez court, la bouche joviale, le teint sérieux, et du gel hérissait ses cheveux. Il s’en dégageait une impression de mystère. Il sortit et s’arrêta à côté de moi, fixant l’horizon.
    -On est où ? lui demandai-je sereinement.
    -Toujours au Pérou, dans un ancien bidonville abandonné en bordure de Lima, reconverti en base pour le GIGN.
    -Putain, mais comment j’ai atterri ici ?
    -Tu le sais sûrement mieux que moi, me répondit-il en me dévisageant.
    -Mais je vous jure que je ne vois absolument pas comment…
    -Tais-toi, m’interrompit-il brutalement. Inutile de t’égosiller devant moi, tu raconteras tout au chef.
    À ce moment, un bruit de moteur s’éleva dans le camp. Quelques secondes plus tard, un 4x4 traînant une caravane déboula à toute vitesse, soulevant un nuage de poussière rouge, puis freina et dérapa bruyamment, projetant une gerbe de cailloux à travers la cour. Un homme en sortit immédiatement. Carré, frisant les deux mètres, imberbe, le crâne chauve et taillé dans une combinaison qui moulait à merveilles ses biceps et ses pectoraux, ce colosse en imposait. Il fit signe à James et entra dans la caravane. Nous le suivîmes. Bizarrement, je n’avais aucune appréhension. Je devinai que ce personnage imposant devait être le chef ; pas besoin d’être devin pour s’en rendre compte. L’intérieur de la caravane était sombre, propre, uniquement constitué de deux chaises et d’une table. Le chef actionna un interrupteur, puis s’assit et m’invita à faire de même. La lumière de l’endroit me parut magique et je restai sans voix devant la petite ampoule à incandescence située au plafond. Je me secouai. Quelques jours sans confort m’avaient vraiment rendus maboul. S’extasier devant une ampoule, franchement… Enfin, je me résolus à m’asseoir. Le chef fit alors signe à James de nous laisser. L’agent ne protesta pas et s’en alla, me laissant seul avec un type de deux têtes de plus que moi qui m’aurait broyé à une main. Mon regard finit par croiser le sien. Ses yeux bleus me fixaient avec curiosité, comme un prédateur fixerait une proie avec amusement avant de fondre dessus. J’en conçus un certain malaise. Enfin, il parla.
    -Alors tu es Alphonse Kun.
    Sa voix était grave et sympathique, et cela m’invita malgré sa carrure à prendre confiance.
    -Comment le savez-vous ?
    -Raconte-moi tout ce qui t’est arrivé, puis je te dirai tout ce que tu veux savoir.
    -Vous ne me croirez jamais.
    En réalité, je brûlais d’envie de tout balancer, et il le vit aisément.
    -Je suis le supérieur Skarin Tylosand, annonça-t-il, le chef d’une bonne partie du GIGN, de toutes les équipes travaillant sur le terrain en fait. J’ai vu des choses que tu n’oses même pas imaginer. Tu peux tout me dire.
    J’émis un petit rire nerveux.
    -Parce que vous croyez une seule seconde que j’avais imaginé qu’il pourrait m’arriver ça un jour ? répondis-je sarcastiquement.
    -Ça ?
    J’étais piégé. Et puis, après tout, lui et ses troupes n’étaient-ils pas une aide inespérée ? Je commençai alors mon récit, débutant par les mails zarbs que j’avais reçus, enchaînant sur le guide et son meurtre par Fear. Puis j’énonçai la tempête, la porte d’entrée de la caverne, la folie de VGM et sa miraculeuse guérison. Lorsque j’en vins à la mort d’Alexey, le visage de mon interlocuteur se renfrogna. Mais il ne m’interrompit pas et me laissa continuer. Le pire fut lorsque je lui narrai les morts de Flo et de Jaws, présupposant donc les Pouvoirs, notamment avec Fear. Ses traits se déformèrent et je crois bien qu’il ne m’accorda dès lors plus une once de crédibilité. Aussi abrégeai-je la fin de mon récit, survolant à peine la poursuite avec Keviouk, la Vallée Perdue et les tunnels, avec enfin mon arrivée au camp. Lorsque j’eus fini, il me regarda étrangement, puis il sortit un portable de sa poche, composa un numéro et le porta à son oreille.
    -Code Bêta, murmura-t-il avant de ranger son téléphone.
    Son étrange attitude commençait à me faire flipper. Je n’osais pas prendre la parole, aussi attendis-je. Il s’écoula une minute dans un silence à faire frissonner un os dénué de capteurs sensoriels, puis je perçus une agitation, non pas à l’intérieur, mais à l’extérieur de la caravane. Je me concentrai aussitôt et le chef disparut pour laisser place au camp… qui était infesté de soldats armés ! Leurs mitraillettes au poing, ils se rapprochaient au pas de ma position. C’était quoi ce délire encore ? Un coup d’œil circulaire m’informa que la caravane était encerclée. Je me levai d’un coup, haletant et suant à grosses gouttes, puis dévisageai le chef. Il souriait. Je n’arrivais pas à y croire. Il m’avait piégé.
    -Pourquoi ? demandai-je effaré.
    Il ressortit son portable, composa un numéro, et cette fois prononça :
    -Code Bêta, replis.
    Il rangea de nouveau son mobile, et je constatai alors que les troupes encerclant la caravane se retiraient. Et les soldats riaient aux éclats tout en se donnant des tapes dans le dos !
    -Qu’est-ce que ça veut dire ? attaquai-je violemment.
    -Rassis-toi.
    -Non.
    -Si tu veux savoir, je testais ce que tu appelles ton « Pouvoir ». Un moyen comme un autre de vérifier la véracité des faits que tu m’as contés. Si tu n’avais pas vu les agents, alors j’aurais sérieusement mis ta parole en doute. Mais maintenant, je te crois. Rassis-toi.
    Je m’exécutai. J’étais bluffé. Soit il se payait réellement de ma tête, soit il était très intelligent. J’avais du mal à croire à cette mise en scène.
    -Bon, reprit Skarin. J’ai bon nombre de choses à te dire.
    Pour lui, l’incident était clos, mais il n’en était pas de même pour moi. Je gardais un farouche souvenir de cet événement.
    -Tout d’abord, nous avons retrouvé votre guide au fond d’un fossé.
    Le souvenir du test s’envola immédiatement.
    -Hein ? Comment est-ce possible ?
    Je parle de votre vrai guide. Il gisait mort, une balle logée dans son crâne.
    -Vous voulez dire que…
    -Le type que Jonathan a tué était un imposteur, oui. On n’a pas encore réussi à découvrir l’origine de cette munition. Elle ne ressemble à rien de connu…
    -Mais qu’est-ce que vous fichez au Pérou ?!
    -Un groupe de quatorze jeunes français qui disparaît comme cela, ça fait du bruit. Le gouvernement nous a directement envoyé sur place. En cherchant, nous avons trouvé le guide. C’est alors qu’on a vraiment commencé à flipper. Nous avons installé un labo de recherche dans ce bidonville désaffecté et l’avons équipé de multiples protections. La grande barrière qui en fait le tour est par exemple invisible aux yeux des gens de l’extérieur grâce à un dispositif de caméras qui captent la lumière et l’empêchent de se refléter sur les contours de l’enceinte, la rendant indétectable de ce côté-ci.
    -Vous mentez.
    -Je pense en savoir un peu plus que toi sur le fonctionnement du camp.
    -Je ne parle pas de ça et vous le savez très bien. Des jeunes qui disparaissent en pays étranger, depuis quand appelle-t-on le GIGN pour régler l’affaire ? Et vous avez installé tout votre équipement en trois jours ? Oh que non… Vous étiez déjà là, j’en donnerais ma main à couper.
    Il me fixa avec un air indescriptible, mélange de reproche et d’autre chose.
    -Nous parlerons de cela plus tard, trancha-t-il. Finissons d’abord ce point. Après avoir découvert le corps du péruvien, nous avons décidé de lancer des recherches approfondies, mais aujourd’hui encore, même avec ta description, j’ignore ou le faux guide vous a emmenés.
    -Je vous l’ai dit : à une heure de Lima, un endroit où tout est pareil, où le paysage est entièrement symétrique. Ce genre de truc ne doit pourtant pas courir les rues !
    -Justement, Alphonse. Cet endroit où tu es sûr d’avoir été… Il n’existe pas.

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  • Posté le 19 août 2008 à 11:12:36 Avertir un administrateur
  • Je me mordis la lèvre. Décidément, je ne pigeais rien.
    -Je vous assure qu’il existe, dis-je au bout d’un moment.
    Skarin me regarda avec une immense compassion, comme s’il comprenait à quel point cela devait être dur d’avoir des visions hallucinatoires.
    -Passons, lâcha-t-il dans un soupir. Ensuite, es-tu sûr qu’Alexey soit bien mort ?
    -Non. Nous l’avons abandonné avant qu’il ne rende l’âme, je vous l’ai déjà dit.
    J’hésitai un instant puis, soupçonneux, je lançai :
    -Pourquoi m’avez-vous redemandé cela ?
    -Pour rien.
    -Encore une fois, vous me mentez. Arrêtez ce petit jeu débile !
    Il me fixa quelques secondes, puis dit :
    -Vos portraits sont affichés un peu partout.
    -Et ?
    -Et un Péruvien est sûr d’avoir reconnu Alexey d’après la photo sur l’avis de recherche.
    Je me figeai.
    -Oh merde. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?
    -Je n’en sais rien, mais ce n’est pas très bon comme nouvelle…
    -Pas très bon ?? Vous vous foutez de ma gueule !Un ado sensé être mort qui se transforme en tireur fou, un type qui ressuscite comme Jésus après des mutilations bien pire que celles qu’a endurées le Christ, et puis maintenant un mourant qui revit miraculeusement !
    -Je t’avouerais que ton histoire de résurrection, de Pouvoir et de dinosaures me semble un petit peu tirée par les cheveux et que je n’y crois que moyennement.
    -Mais vous avez-vous même testé mon Pouvoir !
    -Je reste sceptique. Maintenant, j’ai une dernière chose à t’annoncer, puis nous irons vérifier que tu ne t’es pas télétransporter jusqu’ici tout seul.
    Et il se foutait de moi en plus ! Quelle détestable arrogance. De plus, j’étais couvert de sueur, de boue, et de sang séché, et il ne m’avait même pas proposé une douche, l’enfoiré. En fait, il ne m’avait posé aucune question sur ma santé ! Seul son boulot l’intéressait. Je tâtai mes oreilles. L’une était rafistolée et l’autre n’était plus qu’un bout de chair cicatrisé. Ça aurait pu être pire…
    -Fred ? me demanda le chef.
    -Ouais, marmonnai-je rancunièrement.
    -C’est un con. Bon, le dernier truc que je dois te dire, c’est qu’on a retrouvé Busard.
    -Comment ça ?
    -Il est retourné à l’hôtel, et la dame de l’accueil nous a appelé pour nous le signaler. Il affirmait ne pas être avec vous, mais elle était persuadée du contraire de par les avis de recherche. Des agents ont été lui rendre visite dans la nuit. Le bilan ? Deux morts. Il nous a échappés pour rejoindre l’aéroport. Là, il a assassiné un stewart et c’est servi de son costume et de son badge pour passer la douane.
    Je ricanai.
    -Qu’y-a-t-il de drôle ?
    -Vous ne faites pas le poids contre lui. Je le déteste, mais il a un QI d’au moins cinq-cent ! Je parie que vous ne l’avez pas attrapé.
    -C’est vrai, il s’est tiré. Mais notre agent qui était à bord de l’avion, le plus compétent de tous nos services, a réussi à lui voler sa mallette. Nous avons donc maintenant accès à des informations super importantes grâce à son ordinateur portable, mais nous avons de plus récupéré ce que certains nomment le Scion.
    -Bah bien sûr. Vous êtes certain d’avoir trouvé le Scion, et vous ne croyez pas à ce que je vous raconte ? La blague.
    Il me fusilla du regard.
    -D’ailleurs, allons analyser la piste d’atterrissage de ta télétransportation.
    -Attendez, pas si vite ! C’est quoi ces infos ?
    Mais il s’était déjà levé, et il franchit le seuil de la caravane une seconde plus tard. De un, je ne connaîtrai sûrement jamais ces infos, et de deux, il ne m’avait toujours pas expliqué ce que lui et son équipe faisaient au Pérou. J’avais vraiment bien géré, dis donc. Je me levai et le suivis, plus renfrogné que jamais, puis nous allâmes ensemble à l’endroit où j’avais atterri, sans pour autant échanger un mot. Une longue traînée creusée dans la poussière témoignait de mon passage. Des hommes se tenaient déjà sur place, mais ils s’écartèrent en nous voyant approcher. La trace que j’avais laissée commençait en haut de la butte contenant la barrière et se finissait quelques mètres plus loin, en bas de la pente. Skarin escalada la dune de poussière rougeâtre. Une fois en haut, il fit quelques pas… puis disparut ! Je retins mon souffle. Les autres hommes à mes côtés faisaient de même. Enfin, après quelques secondes d’absence, le chef réapparut. Il avait l’air complètement dépaysé. Je décidai de le rejoindre. Arrivé à son niveau, je le dévisageai, puis fis à mon tour quelques pas dans la même direction et soudain, le décor changea : une nouvelle pente, de pierre drue cette fois, où poussaient à peine quelques brins d’herbe. Et tout en haut, une falaise, immense, énorme, gigantesque, s’étalant de part et d’autre du paysage. Elle était constituée d’une matière que je reconnus aussitôt : j’étais de retour dans un lieu qui n’existait pas.

    -Un monde parallèle, fit la voix du chef derrière moi.
    J’acquieçai en silence. C’était dingue quand même. Tous les trucs que j’avais affrontés ne se trouvaient même pas sur Terre !
    -Tous tes propos prennent soudain un autre sens, continua-t-il.
    -Vous me croyez maintenant ?
    Il ne répondit pas. Et alors que je n’arrivais toujours pas à détacher mon regard du lieu, il prit une décision qu’il regretterait sûrement toute sa vie.
    -Nous allons envoyer une escouade de secours.
    -Quand ?
    -Immédiatement.
    -Combien d’hommes ?
    -Une quinzaine.
    Je restai interloqué, frappé par l’insouciance de cet homme.
    -Mais c’est de la folie ! Quinze homme ne tiendront pas dix minutes face à la bête !
    -Tu as bien survécu, toi. Par conséquent, mes agents et moi n’aurons même pas une égratignure.
    Je me tus. Il venait de me clouer le bec, et en beauté. Tant pis, il verrait bien le moment venu. Peut-être alors aura-t-il une pensée pour moi lorsque ses hommes se feront déchiqueter sous ses yeux…

    Une heure plus tard, ils étaient prêts. Le « portail » vers l’autre monde avait été balisé d’un côté et de l’autre pour ne pas le perdre, et quinze hommes, musclés et aux visages fermes, attendaient. Un gilet pare-balles et un MP5 par personne, cela me semblait incroyablement dérisoire. J’avais assisté à leur préparation, assis sur le sol, rêvant en vain d’une bonne douche qui me débarrasserait des centimètres de crasse recouvrant ma peau mais, même si j’avais échoué dans cette première demande, j’avais néanmoins réussi à obtenir à manger et à boire, à savoir qu’ils m’avaient filé une baguette sèche et une pomme que j’avais dévorées, et une bouteille d’un litre et demi qui n’avait pas tenu longtemps non plus. Me sustenter m’avait fait un bien incroyable, et j’allais désormais beaucoup mieux. Alors qu’ils allaient partir, le chef vint à moi. Lui n’avait pas d’armure, seulement sa combinaison tout en « j’exhibe-mes-muscles ». Il tenait dans sa main droite un revolver minable, et dans la gauche un petit colt tout aussi ridicule.
    -Vous allez à la guerre avec ça ? ironisai-je d’emblée.
    -Tu as déjà joué à Resident Evil 4, mon garçon ?
    -Ouais, mais je ne vois pas ce que cela a à faire ici.
    -Eh bien ce flingue, dit-il en élevant le revolver juste sous mes yeux, ce flingue est aussi puissant qu’un Broken Butterfly.
    -Je ne me souviens pas aussi précisément du jeu, dis-je en haussant les épaules.
    -En gros, un tir égale une tête ennemie explosée. Compris ?
    -Mouais.
    Je n’étais pas convaincu, et puis je m’en fichais. Je ne voulais qu’une chose : rentrer chez moi.
    -Je peux me tirer d’ici quand ? demandai-je agacé.
    Il me dévisagea, surpris.
    -Tu viens avec nous, annonça-t-il durement. Nous avons besoin de toi. Tu auras peut-être la nécessité d’utiliser ce truc.
    Et il me balança le colt, que je n’attrapai pas et laissai s’écraser dans la poussière.
    -Vous rêvez, lançai-je en fixant un regard meurtrier sur Skarin. Jamais je ne retournerai là-bas. Je veux repartir en France, retrouver ma vie d’avant le Pérou.
    Il parut déconcerté, puis prit la parole.
    -Pourquoi veux-tu rentrer ?
    -Pour éviter de mourir, répondis-je sarcastiquement.
    -C’est tout ?
    -Et pour rassurer des êtres qui me sont chers.
    -Tes parents ? Ils ne se sont même pas inquiétés de ta disparition.
    -Je m’en doute.
    Un éclair de lucidité sembla percer son regard.
    -Tu avais une copine, non ?
    -Oui, j’ai une copine.
    À peine avais-je fini ma phrase que je me mis à trembler. Un mauvais pressentiment, un putain de très mauvais pressentiment m’assaillit : pourquoi avait-il employé le passé ? Une phrase me revint alors en tête : « tu as tué… Mais tu ne le sais pas encore ».
    -Pourquoi n’avez-vous pas utilisé le présent ? balbutiai-je terrifié.
    -Parce qu’elle est morte, Alphonse. Ils l’ont tuée.

    La première pensée qui me vint alors fut qu’il devait blaguer, c’était évident. Mais son visage, dur et sérieux, me pétrifia. Alors le désespoir me frappa la poitrine de plein fouet, me faisant vomir aliments, sang et larmes. J’étais paniqué. Je ne comprenais pas encore, je ne réalisais toujours pas le sens de ses mots, mais mon corps, lui, l’avait compris. Je m’écroulai dans la poussière, au milieu de mes déjections corporelles. Enfin, je pris parfaitement conscience de la situation. Mon corps, overbooké par les sensations fortes des dernières heures, n’en pouvait plus. Je devais avoir l’air pitoyable, mais je m’en fichais. Les convenances humaines ne me concernaient plus. J’étais passé de l’autre côté du miroir, dans un monde de pleurs et de dégoût.

    Ma convalescence dura un certain temps. Je notai que personne ne vint m’aider, ce qui augmenta encore ma haine croissante envers ce monde. Lorsque je réussis enfin à me mettre à genoux, le chef était toujours là.
    -Comment ? réussis-je à articuler avant de vomir une nouvelle fois, finissant de gorger mes vêtements d’une bile amère.
    -Mes collègues basés en France cherchaient des témoignages, dit-il gentiment. Ils ont interrogé les proches de chacun d’entre vous. Beaucoup ont été retrouvé morts. Ta copine n’a pas exception. Son corps était étendu dans son salon.
    -Qui a fait ça ? articulai-je de nouveau en essayant de me contrôler.
    -On ne sait pas. Elle ne portait aucune trace de blessure, et le sperme récolté dans son vagin n’a rien d’humain.
    Je vacillai, tous membres tremblant.
    -Elle a été violée ? balbutiai-je douloureusement.
    -Oui ; enfin peut-être pas. Tout porte à croire qu’elle était consentante.
    Le désespoir s’empara à nouveau de mon corps, et je dus lutter pour ne pas retomber en crise. Je l’imaginais, déshabillée et pénétrée par une créature immonde et difforme, la faisant souffrir, mais également gémir dans un plaisir bestial. Mais putain à quoi je pensais moi ? Je voulais ma propre mort ou quoi ? Je ne pus néanmoins m’empêcher de visionner dans mon esprit les médecins en train de fouiller dans son utérus cadavérique à la recherche de la monstrueuse semence. Je me frappai la tête contre le sol. Il fallait que ces visions cessent, il le fallait ! Je cherchai des yeux le colt et, l’ayant trouvé, m’en emparai.
    -Je rentre en France, annonçai-je d’une voix de dément. Et je butterai celui qui a fait ça ! Tous ceux qui s’opposeront à ma vengeance périront !
    J’allais partir lorsque je reçus un gros coup sur la tempe. Je m’affalai une nouvelle fois sur le limon d’immondice, celui-ci m’emplissant la bouche et les narines, puis sombrai dans les ténèbres.

    J’ouvris les yeux. Étonnamment, je n’avais mal nulle part. À part au cœur… Je jetai un coup d’œil à mon torse lorsque je remarquai que j’avais de nouvelles fringues et que j’étais débarrassé de ma crasse. On m’avait donc douché et changé durant mon inconscience… J’avais désormais un pantalon et une chemise estampillés GIGN. Je portai rapidement ma main à la poche de mon nouveau fut’ et constatai avec soulagement que mon iPod avait été transvasé dans ce dernier. Je regardai ensuite alentours, et c’est sans surprise que je me rendis compte que j’étais entouré par des mecs musclés et armés. Skarin se détacha du groupe.
    -On y va.
    -Vous n’avez donc aucun cœur ? Vous avez vu ce que je viens de subir ? Et je vous ai déjà dit que je ne viendrai pas.
    -C’est ce qu’on va voir.
    -Vous ne pourrez pas me forcer !
    -Okey, combien veux-tu pour nous guider ?
    -Dix mille euros, raillai-je.
    -Je te les accorde.
    Mes yeux s’agrandirent, mais je me ressaisis rapidement.
    -Vous ne croyez même pas à ce que vous dites.
    -Tu veux le chèque maintenant ?
    -Ouais.
    -Si je te signe ce chèque, tu viens avec nous, j’ai ta promesse ?
    -Ouais.
    Je pensais qu’il ne le ferait jamais. J’avais tort. Deux minutes plus tard, un agent lui apporta son carnet de chèques et il m’adressa les dix mille euros. Le papier en poche, je ne pus que me relever — car j’étais resté assis durant la transaction. Je m’étais fait avoir en beauté. Mais bon, j’étais riche, ce qui me consolait légèrement après le choc mental que j’avais subi et auquel je m’efforçais de ne pas penser. Néanmoins, le sentiment d’être l’un des guides les mieux payés au monde m’était plaisant.
    Nous franchîmes le portail et nous approchâmes de la falaise. Je ne mis pas longtemps à repérer la fissure par laquelle je m’étais enfui. Les quinze hommes et le chef s’y engagèrent. Moi, j’hésitais. Bizarrement, ils me semblaient dérisoires avec leurs armures pare-balles. Et pourtant, ils ne manquaient pas d’allure. Je me décidai enfin à les suivre. Les agents murmuraient, les lampes accrochées à leurs MP5 éclairant faiblement le tunnel. Je fis quelques pas, serrant entre mes mains moites le petit colt à sept coups que j’avais récupéré. J’étais de retour dans le ventre de la bête.

    Parmi les hommes, j’aperçus Fred, le gentleman qui m’avait si gentiment accueilli. En revanche, James n’était pas là. Je demandai à Skarin pourquoi.
    -Il est resté au camp pour appeler en France, afin de tenir le QG au courant.
    -Je vois.
    -On va où maintenant ?
    -J’en sais rien moi. Faut avancer de toute façon.
    Trente secondes plus tard, nous tournions à l’angle d’un mur, et l’obscurité gagna du terrain. Je fus soudain sujet à une mini crise de claustrophobie : je venais de réaliser que je n’avais pas de lampe, et que je dépendais donc des autres ! Du calme, me raisonnai-je. La première fois, tu as survécu sans lumière. Tu y arriveras de nouveau. Malheureusement, je n’en étais pas convaincu.
    Soudain, alors que nous marchions depuis quelques minutes dans un silence total, un grognement retentit quelque part dans les tréfonds de la montagne. Cela me rappela de très mauvais souvenirs… Mais d’un côté, le silence était si inquiétant que ce bruit — certes, encore plus inquiétant — rassura mon âme de masochiste.
    -La bête des souterrains, haletai-je en scrutant l’obscurité.
    Les agents ne dirent rien, mais ils avaient peur, je le sentais. Ils n’aimaient pas du tout cet endroit et rêvaient de se tirer d’ici le plus vite possible. Je voulus me rassurer en me disant que les créatures de cauchemar qui surgissent toujours de la même manière — en l’occurrence, ici, en défonçant la paroi — ; cela n’existait que dans les jeux vidéo répétitifs. Mais je n’ignorais pas que tant qu’une technique de chasse restait efficace, le chasseur continuait à l’expérimenter. C’était indéniable.
    -Vois-tu quelque chose ? murmura Skarin.
    Je me mis à sonder les murs, le sol, le plafond, …
    -Non, répondis-je sourdement.
    -Alors avançons.
    -Vous savez où on va ?
    -Non, mais j’ai un sens de l’orientation infaillible. Je saurai retrouver la sortie.
    J’émis un rire amer. Sa vantardise m’insupportait. J’allais répliquer lorsqu’un nouveau grognement retentit dernière nous : la bête nous prenait en chasse.
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  • Posté le 19 août 2008 à 11:12:57 Avertir un administrateur
  • Tout le monde se retourna vers moi, s’attendant à ce que je donne la position du monstre.
    -Je vois à travers les murs ! m’énervai-je. Pas à travers l’obscurité !
    -Cela suffit, lança Fred. On est là pour secourir des gens, non ? Si on ne sait pas où sont les survivants, ou s’il n’y a personne, ça ne sert à rien de traîner.
    Et il se mit à crier, appelant, émettant des « y’a quelqu’un ? » et autres expressions pitoyables. Oh que oui, il y avait quelqu’un. Enfin, quelque chose plutôt… J’attrapai le bras du chef.
    -Skarin, on doit se tirer, lui murmurai-je rapidement. Sinon, on est mort.
    -C’est trop tard. Elle arrive, je le sens.
    Et en effet, l’instant d’après, un grognement — que dis-je — un rugissement, dévora le couloir et un agent disparut. « Fourteen frags left », pensai-je en me collant au mur.

    Dès lors, ce fut la débandade. Les agents s’organisèrent en une ligne de défense qui se mit à tirer à tout va. Mais les munitions ricochaient sur la fourrure durcie par la crasse de l’animal. Moi, je restai immobile. Ma première escarmouche m’avait suffi. Au milieu du vacarme de la pluie de plomb, j’entendis des cris : la barrière d’hommes venait d'être brisée. Les agents étaient balayés par des coups de pattes qui les envoyaient s’écraser contre la paroi du couloir, mais ils étaient résistants, et ils se relevaient toujours, canardant comme des tarés un ennemi bien plus fort qu’eux. Je vis alors Fred glisser sous l’entrejambe de la bête pour plomber cet endroit sensible, mais aucune réaction ne fut visible de la part du monstre. Celui-ci battait des griffes et des dents, ne se souciant même pas des balles qui peinaient à traverser son armure de poils. Skarin, qui était jusque-là resté à mes côtés, sans bouger, commença à marcher vers ses hommes.
    -Qu’est-ce que vous faites ? lui criai-je. Il va vous butter !
    -Je ne peux pas les laisser mourir sans agir, répondit-il sans se retourner.
    Et il arma son revolver soi-disant si puissant. Il visa tranquillement, oubliant l’agitation autour de lui, puis fit feu. Une partie du museau de la bête explosa dans un éclaboussement de sang. Le monstre, furieux, hurla à la mort avant de se précipiter sur Skarin qui l’esquiva d’une roulade sur le côté assujettie d’un nouveau tir qui lui pulvérisa la mâchoire. Décidément, ce type était fort, très fort. Mais la créature était désormais à moins de trois mètres de moi, et ça, c’était moins cool. Sa queue fouetta alors l’air, me frôlant avant de planter sur ses piques un brave agent en train de recharger. Mais la bête restait concentrée sur le chef. Elle se jeta une nouvelle fois dessus, mais il sauta par-dessus la gueule du monstre pour se retrouver sur son dos, accroché aux poils de sa tête. De nouveau, le revolver fit cracher du sang. Cette fois, la créature fléchit et s’écrasa à terre. Mais les hommes, loin de s’arrêter de flinguer, continuèrent à truffer de plomb la carcasse jusqu’à ce qu’elle ne bouge définitivement plus. Oui, carcasse. J’avais du mal à y croire, mais c’était visiblement vrai : ils avaient vaincu la bête des souterrains.

    On s’éloigna du cadavre rapidement. J’étais avec de véritables professionnels qui répertorièrent les dégâts en deux minutes à peine. Trois agents étaient morts, deux grièvement blessés. Ils traînèrent les corps plus loin, puis décidèrent de laisser six hommes sur place pour soigner et protéger les blessés. Seul Skarin, Fred, deux agents que je ne connaissais pas et moi-même continuaient. J’avais l’impression que le piège géant venait de se refermer encore un peu plus. Nous étions arrivés à quinze, nous n’étions désormais plus que cinq.
    -Ils doivent être six pour deux blessés ? lançai-je au chef.
    -Nous avons déjà perdu trois des nôtres. Ils n’étaient pas que des collègues, aussi des amis. Je ne veux pas en perdre deux nouveaux. Il faut au moins un duo par blessé, plus deux pour monter la garde, nous arrivons donc à six.
    Je soupirai, mais me tus. Il était inutile de contester. Ces morts auraient pu m’émouvoir, mais il n’en était rien. Je n’étais plus qu’une machine dénuée d’émotion. Je dévisageai les deux types qui allaient venir avec nous : leurs visages étaient fermés, tirés en une résolution indescriptiblement efficace. Ceux-là ne rigolaient pas, mais alors pas du tout.

    Dix minutes plus tard, nous errions de nouveau en silence dans les sous-sols de la montagne. Le sérieux et la détermination de mes compagnons me faisaient limite peur. Nous avancions doucement, pas à pas, armes levées et faisceaux lumineux en avant. Bizarrement, je n’avais même plus peur. J’étais d’une tranquillité bouleversante. Après de longues minutes à ne rien voir d’autres que des couloirs, je décidai de rompre le silence.
    -Cette expédition, Skarin, c’était du suicide.
    -Je m’en suis rendu compte, merci.
    -Alors pourquoi continuer ?
    -L’orgueil, je suppose.
    -C’est bien de sacrifier seize personnes pour son orgueil personnel, raillai-je violemment. J’en attendais un peu mieux d’un des meilleurs du GIGN.
    Il ne répondit pas, mais j’avais raison, et j’allais lui prouver.
    -Ceux que vous avez laissés en arrière, ils vont mourir, vous le savez, n’est-ce pas ?
    -Ta gueule, me coupa Fred. Ils sont bons. Et ils n’encourent aucun danger.
    -Bien sûr que non, repris-je, ils sont juste positionnés à moins de cent mètres de la bête dans un couloir adjacent.
    -La bête est morte ! s’emporta-t-il.
    -Tu crois que la bête vivait seule ici, pauvre con ? répliquai-je agressivement. Tu crois qu’elle se nourrissait comment ? Les touristes ou les flics qui passent lui rendre visite, ça doit être assez rare…
    -Des mulots, des lézards, …
    -Pour un monstre de cette taille ?
    Je ne savais pas comment j’étais arrivé à cette conclusion. Peut-être le Pouvoir m’aidait-il. Quoiqu’il en fut, le regard d’épouvante de Skarin me prouva qu’il avait compris où je voulais en venir.
    -T’aurais pas pu le dire plutôt ?
    -Je croyais qu’un homme aussi fort que vous y aurait pensé, ironisai-je durement.
    -Qu’est-ce qui se passe ? interrogèrent soudain les trois agents, inquiets par le visage de leur chef.
    Je leur souris.
    -Au cas très improbable où la bête n’avait pas de famille, elle avait forcément des proies. De très grosses proies…
    -Il faut retourner voir les autres, tonna le chef en faisant demi-tour.
    -Votre orgueil vous quitterait-il, monsieur le chevalier ?
    Encore une fois, ma provocation partit dans le vent, et je me mis à les suivre. Ils avaient peur, cela se lisait sur leurs visages. De la sueur dégoulinait sur leur peau, humidifiant leurs vêtements comme s’ils étaient terrifiés. Ils finirent même par se mettre à courir, à se précipiter vers l’avant. Skarin n’avait pas menti. Il avait un très bon sens de l’orientation, et il retrouva vite l’endroit où nous avions laissé nos camarades. Mais peut-être aurait-il fallut qu’il n’en fut rien. Car lorsque le chef réalisa ce qui s’était passé pendant son absence, lorsque ses yeux rencontrèrent la scène qui se tenait devant eux, il s’écroula pour tomber à genoux. Lui, le chef si puissant, succombait au désespoir suite à sa faute impardonnable. Et pour cause : là où nous avions laissé trois cadavres en gisaient désormais onze.

    C’était un spectacle horrible et terrifiant. Les hommes, ou plutôt ce qu’il en restait, étaient étalés sur le sol entre de longs filets de sang. Démembrés, complètement déchiquetés, les MP5 gisant détruits à leurs pieds, le visage livide pour ceux à qui il en restait un, ils faisaient peine à voir. Mais je les regardais avec un visage froid. Tant pis pour eux. J’avais perdu une personne qui m’était bien trop chère pour que je me lamente désormais sur le sort d’inconnus. Skarin, lui, était effondré. Je parlai durement :
    -Nous devons partir. Vous avez été incompétent, vous en payez le prix. Si vous ne voulez pas être la prochaine victime, alors il faut qu’on se tire d’ici, et vite. Je ne sais pas ce que c’est qui a fait ça, mais ils ne doivent pas être loin. Et je ne tiens pas à rendre l’âme, moi.
    Le chef se releva, me dévisagea et arma son revolver.
    -Nous ne ressortirons jamais d’ici, lâcha-t-il d’un ton fataliste. Ils ne sont pas partis ; ils sont là, ils nous observent, je les sens.
    Il y eut alors un battement d’aile, puis un cri. Un des deux agents que je ne connaissais pas s’écroula, deux grandes ailes sur le dos, deux pattes griffues et une gueule sur la gorge. C’est tout ce que je vis de l’agresseur. L’air vibra de nouveau, dans un silence total, et un énorme poids sur les épaules me fit chavirer. Mais je me repris avant de m’écraser et une roulade avant fit lâcher mon adversaire. Je me retournai immédiatement, colt en main. Une armée de créatures nous attaquait, et alors que je les détaillais pour la première fois, je compris pourquoi on ne les avait pas vues : un petit corps poilu d’un mètre seulement pour une envergure d’au moins deux, quatre pattes avants pourvues de griffes en forme de lame de rasoir, une gueule terrifiante avec des crocs pissant le sang et des yeux d’un rouge ravageur, elles étaient de la même couleur que la paroi et se confondaient parfaitement avec. Une parfaite démonstration de mimétisme. Et même là, dans la bataille, il m’était impossible de discerner correctement chaque individu. Je tirai et ma balle se perdit dans un Enfer grisâtre. J’entendis le revolver claquer dans l’obscurité et du sang gicla, mais je n’y prêtai pas attention. Il fallait que je me tire d’ici, et vite. Je n’aurais jamais dû revenir dans ce monde-là. Ce n’était que folie d’avoir accepté. Je me mis à courir, et cela me rappela de mauvais souvenirs. J’étais encore poursuivi. Et même si l’ennemi était différent, le résultat serait le même : j’allais m’échapper et survivre, en proie à de nombreuses lésions et autres blessures. Après tout, un être divin ne me protégeait-il pas ? Mais une autre pensée me traversa l’esprit : je défiais la mort depuis plus de dix heures maintenant… Et si l’heure était arrivée ? Et si je devais mourir de ce dernier assaut ? Comme pour confirmer cette pensée, je butai contre un cadavre et perdis l’équilibre. Mon réflexe fut de me retourner pendant ma chute de façon à faire face à l’envahisseur. Je tombai sur le cul et observai d’un œil fou les dizaines de chauve-souris géantes qui occupaient l’endroit. Je visai et tirai sur les plus près, mais ne les touchai pas. Maintenant que j’étais assis au milieu des morts, je pouvais mieux voir leurs visages lacérés, leurs corps déchirés et leurs yeux figés dans une éternelle mimique de terreur et d’impuissance. J’étais désormais parmi eux. Les deux agents inconnus encore vivants avaient succombé et Fred mitraillait comme un taré, envoyant encore et toujours ses ennemis au tapis, mais il faiblissait. Seul Skarin semblait encore bourré d’énergie, et il explosait les têtes, distribuait les coups de crosse et arrachait les ailes à mains nues avec une rage sans égale. Je m’arrachai à ma contemplation pour reculer sur les fesses, essayant de me relever. Mais une créature me fonça dessus, m’étalant au sol. Je réussis néanmoins à faire feu et elle repartit à tire d’ailes sans m’égorger au passage. Le plus rageant, c’était que mon Pouvoir m’était ici inutile. Voir à travers les murs, quelle utilité lorsque la seule barrière présente formait un cercle vivant autour de vous ? C’est alors que Fred tenta de s’enfuir, donnant des coups avec son MP5 déchargé. Mais il trébucha et s’étala à côté de moi. Les chauves-souris géantes se jetèrent dessus pour l’achever, me frôlant au passage. Il poussa des hurlements déchirants. J’étais à deux mètres de lui, et je regardais ce spectacle avec horreur, sans même tenter de lui porter secours. C’était fini. J’avais souvent eu cette pensée dernièrement, mais là, c’était inéluctable. J’allais mourir.
    « Tu ne mourras que si tu penses que tu ne peux plus vivre ! »
    « Ma seule raison de vivre est partie. Je m’en vais la rejoindre. »
    « Pauvre crétin. Tire-toi d’ici, et vite ! »
    « Je n’y arriverai pas. Et même si je m’échappais, je suis perdu dans la montagne. »
    « Tu n’es perdu que parce que tu le penses ! Tout est dans la tête ! Bouge-toi ! »
    Mais je n’en avais plus la force. J’étais exténué. Il fallait que je dorme, et la mort m’apporterait le sommeil tant attendu. Je me rendis alors compte avec effarement que je souhaitais ma déchéance, que je l’attendais. Elle serait ma libération. À ma droite, Fred n’était plus qu’une charpie et ses meurtriers me regardaient désormais avec leurs grands yeux rouges. Je ne voyais plus Skarin. Il était peut-être également mort. Les chauve-souris se jetèrent sur moi, et alors que mes bras étaient arrachés et ma gorge rongée par des dizaines de crocs, j’eus une dernière pensée, une pensée terrible : « au début de cette aventure, nous pensions que nous allions tous mourir, ce qui s’avérait jusqu’à aujourd’hui être en partie vrai. Mais maintenant, je me rendais compte d’une chose : les treize cadavres potentiels du départ n’étaient qu’une utopie, les agents du GIGN venaient de me le prouver. Si nous croyions tous autrefois que notre fin était inéluctable, jamais nous n’aurions osé imaginer que ce voyage entraînerait en réalité des centaines de morts. »
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  • Flo9449 Voir le profil de Flo9449
  • Posté le 19 août 2008 à 14:49:54 Avertir un administrateur
  • Bon, j'ai lu...

    On peut dire que ce chap se distingue des autres, et pas forcément en bien. ^^
    Ton côté sadique ressort et ça se sent xD Il y a bien trop de mort d'un coup, et ça devient un peu brouillon... (Qui est mort, qui ne l'est pas, on ne sait plus trop)
    J'aurai aimé avoir un peu plus de précision sur les gars du GIGN (que font ils réellement là, qu'ont ils découverts sur l'ordi de Busard) avant qu'ils ne foncent tête béssée dans le "monde parallel".
    Et sinon, on ne sait pas vraiment ce qui arrive aux autres forumers (le chap précédant était basé uniquement sur Busard, maintenant uniquement sur Alphonse) et c'est dommage (encore on ne sait même pas s'ils sont mort ou pas, même c'est peut être fait exprès)
    Voila, donc, tu t'éloignes des chaps précédants, plus basés sur le mystère, et celui ci est beaucoup plus "bourrin" ^^

    Voila :gni:
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  • Cyrielle06 Voir le profil de Cyrielle06
  • Posté le 20 août 2008 à 11:20:43 Avertir un administrateur
  • Un long chapitre ! Mais bon tu avais prévenu ! Je le lierai quand j'aurai le temps, pour le moment j'essaie de couler les topics inutiles !
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  • Pro_Video-I-G Voir le profil de Pro_Video-I-G
  • Posté le 20 août 2008 à 21:51:12 Avertir un administrateur
  • ya pas un topic sans up ( UP )
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  • Flo9449 Voir le profil de Flo9449
  • Posté le 21 août 2008 à 13:27:52 Avertir un administrateur
  • Et ben, personne le lit ce chap ? ^^
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  • gag_jak Voir le profil de gag_jak
  • Posté le 22 août 2008 à 05:02:38 Avertir un administrateur
  • Si, moi j'ai lu.
    Après une mûre et très longue réflexion, je suis parvenu à définir clairement dans mon esprit ce que je pensais de ce chapitre.

    Baaaaaaah en fait je suis déçu. Cruellement déçu. J'crois que c'est le plus mauvais chapitre que tu nous as pondu ces derniers temps. C'est triste à dire.
    J'ai l'impression que tu l'as moins bossé que les autres, c'est peut être le cas d'après ce que tu m'as dit, mais bon. Ca n'excuse rien.

    Pourtant durant ce chapitre, il y avait de bonnes idées ! Le dino, Flo, Darklife, le GIGN, les chauves-souris...
    (Le rat géant m'a parut ridicule par contre.... Ok une bête des souterrains, mais ton rat là m'a fait plus pitié que peur).
    Mais OMG comme les idées sont mal exploitées. C't'un gâchis pour ton chap.
    Dans les dialogues, y'a quasiment aucun réalisme. Je sais pas... on sait que c'est pas vrai. C'pas crédible du tout.
    Ensuite, les scènes d'actions sont ultra brouillons, confuses. On s'y perd.
    Et le pire, c'est ce que je reproche tout le temps à Narya, les événements s'enchainent trop vite ! Tu vas beaucoup trop vite !

    Ce qui est d'autant plus dommage, c'est que le chap nourissait une bonne intrigue. Gâchée par le reste. Par contre, mais ça c'est ultra-personnel, l'histoire de "monde parallel" ne m'enchante guère :(

    Commençons par le début, avec le dino.

    "Je faillis étouffer un rire aigu, mais il resta coincé dans ma gorge et ne produisit rien d’autre qu’un bruit étranglé. Alors comme ça, les développeurs de TR1 nous effrayaient avec leur T-Rex de trois pixels de haut ?"
    => Okay j'veux bien admettre que Alphonse soit un schyzophrène déjanté, mais de là à ce qu'il ait envie de rire en voyant un T-rex, très peu pour moi. Surtout qu'à la ligne d'après il est terrifié.

    "Mais c’était peine perdue : l’instant d’après, je décollais du sol, mes jambes se désarticulant sous la force de l’aspiration. "
    => Honnetement j'ai rien calé à ce qu'il se passe ici. Le T-rex l'attrape avec les dents ? Je pense que oui mais bon... Ou un truc du genre peut être ? J'sais pas si c'est mon cerveau qui est défaillant ou si la scène est mal décrite. Puisqu'en général j'arrive à comprendre toutes tes scènes d'actions, j'ai envie de parier sur la deuxième.

    Le passage avec Flo est sympa, sans plus. J'ai pas ressentit la peur du perso, j'ai pas réussit à craindre pour lui. Là c'est le même problème que pour Deadzone a une époque. Qu'Alphonse crève, ou que n'importe quel forumeur de l'histoire crève, je m'en contrefous. Je serais même pas attendri. Il y a quelque chose dans ton histoire, je ne sais pas quoi, qui fait que je n'arrive pas à m'y attacher (à la limite les morts dans Deadzone me font plus d'effet). J'pense que c'est du plus ou moins au fait que " tout le monde s'en branle des autres " dans la fic. Pas de lien entre les persos = pas d'attachements.

    Bref, à part ça, bon dialogue avec Flo. Cohérent, crédible, intéressant... bien.

    "L’endroit baignait désormais dans un brouillard bleu irréel. Un instant, je crus voir des codes chiffrés flottant dans les airs, et je frissonnai en ayant une pensée pour Matrix. Mais après un bref clignement d’œil, je ne distinguais plus que les volutes bleutées m’entourant."
    => Ah ok Assassin's Creed Spotted ? J'pense que tu livreras une explication un jour, mais c'chaud.

    Petite palme aussi pour l'intrigue avec Darklife, bien orchestrée. c'est LE point fort du chap.

    J'arrive au passage du GIGN.... *respire calmement*. Mais 'tain c'est quoi ce massacre ? En relisant les passages de dialogues là j'me fends la gueule tellement c'est pitoyable... mais à première lecture, j'avais presque la nausée quoi... T'as pas géré là...
    Je m'explique, hein, rassure-toi. Tes personnages du GIGN, tous autant qu'ils sont, ne sont pas crédibles. Ils ne sont même pas attirants (j'entends par là que je ne me suis absolument pas attaché à eux).
    Okay, y'a des psychos dans le monde.
    Okay, y'a des types pas nets.
    Okay, y'a des dérangés, des ravagés, des grands traumatisés par leur enfance.
    Okay, tu peux en mettre dans ta fic.

    Mais 'tain, dans le GIGN, are you crazy ??! Pour info, pour pourvoir entrer dans la gendarmerie, l'armée fait une enquête sur ton passé, pour voir si y'a rien à te reprocher. Donc, c'est strict. Alors 'tain, que fous ce psycho dans le GIGN ?!
    Que y'en ait un qui fasse une bavure, okay, je conçois. Ca pourrait même rajouter une couche de réalisme, qu'il y ait un fou dans le lot. Mais ton fou, tu l'as mal exploité... il pourrait faire ces bavures en cachette, histoire qu'on le haisse car, faute de preuve, le héros ne peut le dénnoncer.
    Là le pire, c'est qu'en voyant ce que Fred a fait, le chef dit tout simplement " C'est un con " (déjà, perso, j'pense que pour donner un réalisme à ton personnage, un vocabulaire si familier n'était pas de mise), c'est tout simplement... pas crédible. Si encore il avait poussé une gueulante, une indignation, menacer de faire un rapport ou autre, là, bordel, ça aurait été crédible !
    Mais non " c'est un con ", stoo.

    Par contre, un peu plûs tôt, quand les deux types viennent de trouver alphonse:

    "-Tu préfères l’achever peut-être ?
    -Franchement ? Ouais.
    -Pauvre crétin, va. "

    => Bizarrement ce qui m'a choqué c'est qu'ici le "crétin" n'est pas assez fort. Les membres du GIGN nourissent une relation plus ou moins amicale, donc là un " con ", aurait convenu.

    Par la suite, dans tous le dialogues entre ces mêmes membres et Alphonse, ces derniers ne font que d'employer des expressions trop familières, qui sonnent vachement "ados", alors que ce sont des adultes...
    "Ne joue pas avec nous, reprit James.
    -Sinon on te butte, précisa Fred"

    => "butte", ah ok le vocabulaire en carton. Liquider, descendre, exécuter, fusiller, plomber.... voilà des verbes qui auraient convenus !

    Je passerai sur le reste du vocabulaire semblable. Mais le pire, c'est sans conteste ceci :

    " Tu as déjà joué à Resident Evil 4, mon garçon ?
    -Ouais, mais je ne vois pas ce que cela a à faire ici.
    -Eh bien ce flingue, dit-il en élevant le revolver juste sous mes yeux, ce flingue est aussi puissant qu’un Broken Butterfly. "

    => Perso, j'ai trouvé ça craignos. Pas que RE4 soit un mauvais jeu, bien au contraire, hein. Je sais que tu le portes en très haute estime, que c'est probablement une référence culte pour toi, mais là ça a carrément rien à foutre dans ta fic ! Okay, si l'on imagine qu'un membre du GIGN joue à RE4 (car c'est possible), qu'il sans serve comme référence pour expliquer à quelqu'un que son flingue est puissant..... c'est moyen.
    Il aurait pu utiliser des tas d'autres références plus connus, qui auraient sonnés plus vrais quoi ! Genre " aussi puissant que la mitrailleuse à la fin de Rambo 4 " (premier truc qui me vient à l'esprit. En réfléchissant t'aurais pu trouver mieux), ou autres de connus, ça l'aurait fait...
    Bon après, même si ton perso est un giga fan de RE4, le dialogue ne sonne tout de même pas vrai. Je sais pas pourquoi. D'autres l'aimeront peut être... mais pas moi.
    Bref, passons à autre chose.

    "Tes parents ? Ils ne se sont même pas inquiétés de ta disparition"
    => Faudra m'expliquer pourquoi...

    Ensuite viens l'annonce de la mort de la copine. Autant la réaction est fort bien décrite (mais niveau violence morale, faudra repasser), autant la suite est peu crédible. Ah ok le type qui en deux même pas une minute a eu le temps d'enregistrer complètement qu'elle ne vivait plus, qu'il ne la reverrait plus jamais (quand t'as vécu ce genre de truc, tu sais que tu le captes pas dans les secondes qui viennent. Pour mon père j'ai mis 30min-1h avant de comprendre. No fake.)
    Bon je conçois qu'il en vomisse et autre, qu'il soit en convalescences... Mais par contre, qu'il passe d'un coup "de l’autre côté du miroir, dans un monde de pleurs et de dégoût" en 30 secondes chrono, c'est encore moins crédible !

    T'as vu The Dark Knight (attention spoiler pour ceux qui n'ont pas vu le film), le "passage du côté obscur" de Harvey Dent en Two Faces après la mort de Rachel est giga bien fait. Alors que celle d'Alphonse j'y ais pas cru une seconde. A la limite, si t'avais fait une scène avec le Pouvoir qui corrompt mentalement alphonse pendant qu'il agonise de tristesse par terre, là ça aurait été merveilleux ! Là on y aurait cru ! Et ça aurait renforcé le côté cruel des Pouvoirs !

    Alors que là, y'a que dalle. " Oh non... la copine à qui j'ai pas pensé depuis le début de cette aventure est morte.... Je suis triste... JE SUIS UN PSYCHO MWHUAHAHAHAHA "
    Très peu pour moi.

    Bon j'crois que j'ai fait le tour des défauts majeurs du chap. Flemme de m'attarder sur le combat confus contre le rat géant pitoyable, ainsi que sur celui pas trop mal contre les chauves-souris.

    La fin ne m'a fait ni chaud ni froid. Peut être parce qu'intérieurement j'étais vachement déçu de l'intégralité, donc bon.
    Bref, un chap pas terrible. J'espère que tu te ressaisiras.
    Parce que là ça me fait mal à le dire mais j'susi déçu :-(
    Y'a quand même des bons points, qui sont même forts réjouissants, mais bon...
    Si peu, si peu...
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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 23 août 2008 à 11:16:33 Avertir un administrateur
  • Bon alors après tout ce qu'on s'était dit par texto, j'attendais ce démantellement avec impatience^^
    Je vais tout reprendre ^^


    "Ton côté sadique ressort et ça se sent xD Il y a bien trop de mort d'un coup, et ça devient un peu brouillon... (Qui est mort, qui ne l'est pas, on ne sait plus trop)"
    ==> Ouais ça c'est ce que j'ai cru comprendre.

    "J'aurai aimé avoir un peu plus de précision sur les gars du GIGN (que font ils réellement là, qu'ont ils découverts sur l'ordi de Busard) avant qu'ils ne foncent tête béssée dans le "monde parallel"."
    ==> Il est normal que des membres du GIGN ne donnent pas d'infos confidentielles à un ado, mais tu seras servi de ce côté là dans le chapitre suivant^^

    "Et sinon, on ne sait pas vraiment ce qui arrive aux autres forumers (le chap précédant était basé uniquement sur Busard, maintenant uniquement sur Alphonse) et c'est dommage (encore on ne sait même pas s'ils sont mort ou pas, même c'est peut être fait exprès"
    ==> Le chap suivant ne t'aidera pas à ce niveau là, mais le 12 devrait amplement te satisfaire^^

    Merci d'avoir lu :p
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  • Posté le 23 août 2008 à 11:42:03 Avertir un administrateur
  • "J'ai l'impression que tu l'as moins bossé que les autres, c'est peut être le cas d'après ce que tu m'as dit, mais bon. Ca n'excuse rien."
    ==> Ouais c'est sûr. Mais je pense que, comme je te l'ai déjà es souterrains, mais ton rat là m'a fait plus pitié que peur)."
    ==> Il est décrit comme un rat, mais si tu avais bien lu la description, c'est loin d'être ce que tu peux trouver dans le champ à côté de chez toi^^

    "Et le pire, c'est ce que je reproche tout le temps à Narya, les événements s'enchainent trop vite ! Tu vas beaucoup trop vite !"
    ==> Chaud, là tu m'as pas trop décrit où dans la suite de ton post.

    "Par contre, mais ça c'est ultra-personnel, l'histoire de "monde parallel" ne m'enchante guère :("
    ==> Comme tu l'as dit, ça c'est personnel.


    "Okay j'veux bien admettre que Alphonse soit un schyzophrène déjanté, mais de là à ce qu'il ait envie de rire en voyant un T-rex, très peu pour moi. Surtout qu'à la ligne d'après il est terrifié."
    ==> Je t'ai déjà dit que là, c'était crédible, car dans ce genre de situation les émotions se succèdent à vitesse grand V.

    "Honnetement j'ai rien calé à ce qu'il se passe ici. Le T-rex l'attrape avec les dents ? Je pense que oui mais bon..."
    ==> là, tout est sous entendu, c'est bien cela.

    "Qu'Alphonse crève, ou que n'importe quel forumeur de l'histoire crève, je m'en contrefous. Je serais même pas attendri. Il y a quelque chose dans ton histoire, je ne sais pas quoi, qui fait que je n'arrive pas à m'y attacher. J'pense que c'est du plus ou moins au fait que " tout le monde s'en branle des autres " dans la fic. Pas de lien entre les persos = pas d'attachements."
    ==> Faux, ce perso est égoïste, et cela se ressent. Mais le caractère de ce perso était un mal nécessaire pour la suite, bien que je sois d'accord que je devrais mieux travailler les sentiments.

    "Ah ok Assassin's Creed Spotted ? J'pense que tu livreras une explication un jour, mais c'chaud."
    ==> J'ai pas pensé une seule fois à AC en écrivant ce passage. Quand tu es sonné, tu vois exactement ce genre de chose. Chais pas si ça t'es dja arrivé, mais moi cela m'arrive régulièrement en compétition haut niveau après un choc. Rien avoir avec un quelconque mystère ou quoi, en tous cas.

    "Petite palme aussi pour l'intrigue avec Darklife, bien orchestrée. c'est LE point fort du chap."
    ==> Tant mieux, c'fait pour.

    Pour Fred et tout ton passage dessus.
    ==> Oui, je vois bien le truc. J'avoue que je n'y ai pas pensé, mais quand tu fais un passage comme celui-ci, il y a tellement d'éventualités auxquelles il faut réfléchir qu'il y en a qui passent à la trappe. C'était ma grande crainte, elle s'est avérée fondée.

    "Bizarrement ce qui m'a choqué c'est qu'ici le "crétin" n'est pas assez fort. Les membres du GIGN nourissent une relation plus ou moins amicale, donc là un " con ", aurait convenu."
    ==> moi je préfère le mot crétin^^

    ""butte", ah ok le vocabulaire en carton. Liquider, descendre, exécuter, fusiller, plomber.... voilà des verbes qui auraient convenus !"
    ==> +1 sur ce coup là

    "Perso, j'ai trouvé ça craignos. Pas que RE4 soit un mauvais jeu, bien au contraire, hein. Je sais que tu le portes en très haute estime, que c'est probablement une référence culte pour toi, mais là ça a carrément rien à foutre dans ta fic ! Okay, si l'on imagine qu'un membre du GIGN joue à RE4 (car c'est possible), qu'il sans serve comme référence pour expliquer à quelqu'un que son flingue est puissant..... c'est moyen."
    ==> il sait qu'il a un ado devant lui, et par conséquent il se sert d'une référence qu'il est susceptibles de connaître. Peut-être pas génial, mais crédible.

    "Il aurait pu utiliser des tas d'autres références plus connus, qui auraient sonnés plus vrais quoi ! Genre " aussi puissant que la mitrailleuse à la fin de Rambo 4 ""
    ==> La blague. Tu me sors ça parce que tu es cinéphile, rien ne te dit qu'Alphonse connait rambo 4 par exemple. Il n'était en plus pas sorti à l'époque de l'aventure...

    ""Tes parents ? Ils ne se sont même pas inquiétés de ta disparition"
    => Faudra m'expliquer pourquoi..."
    ==> des embrouilles et aucune attache avec ses parents, ça existe bel et bien...

    "Ensuite viens l'annonce de la mort de la copine."
    ==> Ce que tu dis est vrai, c'est peut-être un peu rapide, mais tu peux pas savoir comment j'ai galéré à imaginer une scène réaliste ici, n'ayant jamais connu de situation semblable... Je n'ai malheureusement réussi qu'à moitié.

    "A la limite, si t'avais fait une scène avec le Pouvoir qui corrompt mentalement alphonse pendant qu'il agonise de tristesse par terre, là ça aurait été merveilleux ! Là on y aurait cru ! Et ça aurait renforcé le côté cruel des Pouvoirs !"
    ==> J'avoue que là, ça aurait tout défoncé...

    "La fin ne m'a fait ni chaud ni froid. Peut être parce qu'intérieurement j'étais vachement déçu de l'intégralité, donc bon."
    ==> Ouais, c'est sûr, ça va ensemble.

    Bref, merci pour ton développement. J'aurais plus dû m'y attarder, et je pense qu'en plus, plus tu vois de défauts, plus t'en vois (ah ok la phrase en carton mais j'pense que tu comprendras) donc c'est un tout.
    Je pense que ce qui t'as surtout déçu, c'est que j'ai été en deçà de mon niveau habituel, et je le comprends tout à fait. Enfin bon, merci pour ce joli pavé...
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  • VideoGammerMan Voir le profil de VideoGammerMan
  • Posté le 23 août 2008 à 11:45:55 Avertir un administrateur
  • Petit bug au début.

    "J'ai l'impression que tu l'as moins bossé que les autres, c'est peut être le cas d'après ce que tu m'as dit, mais bon. Ca n'excuse rien."
    ==> Ouais c'est sûr. Mais je pense que, comme je te l'ai déjà dit, je pense que je suis parti du fait que ce que j'avais écrit sur papier était déjà bien, et que je n'ai donc pas assez remanié, et que cela m'a joué des tours.

    "ton rat là m'a fait plus pitié que peur)."
    ==> Il est décrit comme un rat, mais si tu avais bien lu la description, c'est loin d'être ce que tu peux trouver dans le champ à côté de chez toi^^
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