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Blina
- Posté le
17 septembre 2007 à 14:23:22

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Les gens commençaient à s´attrouper autour de la scène. Hapic´n virait au rouge. Le gros esclave avait osé lui répondre. Et quelle insolence ! Quelle audace !
HAPIC´N> C´en est assez ! Soldat ! Défaites ses liens, et donnez-lui une arme.
NORTELLON> Allons, seigneur Hapic´n, vous n´allez quand même pas vous battre contre un vulgaire esclave !
HAPIC´N> Ah ne vous en mêlez pas, Nortellon ! Vous savez ce qu´il vous en a couté avec le sultan !
NORTELLON> Je n´oublierai jamais cet oeil crevé, Monseigneur...
GRISK> Je ne le détacherai pas !!
HAPIC´N> Ah oui ! Voyez-vous ça ! Eh bien, moi je le détacherai !
Et, tirant l´épée de son fourreau dans un geste magnifique, il trancha les liens qui retenaient les poings de Padgram.
SAÏAN> Père! Que faites-vous ! Je ne veux pas que vous l´abîmiez !
HAPIC´N> Reste en dehors de tout ça, ma fille. Si la Fortune souhaite que ce rat survive, il deviendra ton esclave, j´en fais le serment. Autrement, la mort est toujours envisageable!
PADGRAM> Raaaaaaah ! Donnez-moi une épée, alors!
KARZUS (dans ses dents)> Putain, c´est le bordel...
PADGRAM> Une épée, j´ai dit !
Personne ne se décidait. Nortellon tendit alors sa propre épée à l´esclave.
NORTELLON> Tiens, l´ami. Fais en bon usage!
PADGRAM> Merci, je vous revaudrai ça.
HAPIC´N> EN GARDE ! BALOURD ! FAT !
PADGRAM> Je vais me gêner tiens!
Londe, Rune, Karzus, et Grisk hallucinaient complètement. Quelle mouche piquait Padgram ? Il ne s´était jamais battu de sa vie, il allait se faire démonter en moins de deux minutes! Et pour ce qui s´agissait de rester discret, c´était gagné sur toute la ligne!
Un cercle se forma sur la place, tous les regards se tournaient vers les deux duellistes. L´un, avec ses gants noirs et son élégance de noble, était le Grand le plus puissant de la ville. L´autre était un individu aux proportions inimaginables qui se mesurait en combat singulier à la plus grande richesse de Kuliz. Ils se font face, tout le monde retient son souffle, le coeur de Londe et Rune bat à cent à l´heure, celui de Saïan Hapic´n à deux cent, Grisk demande à Karzus c´est quoi la mission maintenant, et Karzus lui fait chut, des mouches volent, Hapic´n et Padgram se regardent, de la sueur sur leurs temps, deux mètres les séparent, leurs épées sont tendues, ils se font face et la tension est à son comble.
Soudain, Hapic´n hurle et se lance sur notre héros, celui-ci dans un pas inattendu esquive l´attaque en la contournant par la droite, en profitant pour donner une fessée à Hapic´n. Rires dans l´assistance! Hapic´n les fait taire d´un regard méprisant. Il se redresse et se relance sur l´obèse, l´épée tendue vers le ventre, mais celui-ci pare le coup d´un sublime revers du bras droit, avec son épée il décrit une courbe et vise le visage de Hapic´n. Celui-ci pare le coup avec son fer, les deux lames restent collées l´une à l´autre, les deux combattants chargent leurs armes de tout leur poids pour faire la différence, mais malgré le déséquilibre, pas un ne tombe, soudain, Padgram prévient Hapic´n que sa fille fait un coma éthylique, Hapic´n se retourne affolé, Padgram lui fait un croche patte et rigole de sa bonne blague, Hapic´n fait une galipette, essuie sa cape, se relisse la barbichette, et s´élance à nouveau vers son adversaire, l´épée tendue vers le bas, la lame racle la terre et soulève la poussière, premier échange de coups, puis deux, puis trois, les épées tintent et retintent, chaque coup produit des étincelles, dans l´assistance on fait des oh ! et des ah ! et des han ! et des attention ! Padgram court au bout du cercle, Hapic´n vole sur lui pour le jeter à terre mais le ventre de Padgram le fait rebondir en arrière. Padgram profite de cette minute de déséquilibre pour donner tout ce qu´il peut contre son adversaire, il pare, il escarmouche, défile, transperce son épaule, chavire, barzine, tangue, effiloche et chisablaire le dernier cuirassé! Soudain, cri de rage, il tranche la lame de son adversaire, qui tombe, décoiffé et la barbichette dépliée, sur le sol, désemparé. Padgram transpire et sa sueur généreuse n´a d´égale que l´éclat de sa parole.
PADGRAM> Réclameras-tu le pardon avant que je ne t´occisse à jamais ?
SaÏan accourut pour protéger son père.
SAIAN> Oh non gentil gros lard ! Ne tuez pas mon père ! Ne tuez pas papa !
Et Hapic´n répond aux baisers mouillés de sa fille, et Padgram sent alors une boule lui serrer la gorge. Il s´apprête à soulever l´épée et à trancher la tête à celui qu´il a combattu. Mais la jeune fille pleure et serre son père dans ses bras, et Padgram se demande d´où il a tiré toute cette énergie négative, il ne s´était jamais battu avant, et tuer un père ? tuer un père encore une fois ? Jamais, Padgram, jamais, non, ça n´est pas toi...
Il baisse son épée, tend sa main, et aide à relever le père. On l´applaudit Celui-ci tente de l´attaquer, mais son épaule blessée lui en empêche. On le hue. Humilié, soutenu par sa fille, il s´éloigne, puis soudain s ´écrie :
"Balzakio ! Amène tes hommes ! Et mettez le dans la cale !"
PADGRAM> Quoi???
GRISK> Vous n´avez pas le droit ! Ce sont mes prisonniers !
Des hommes, qu´on connaît bien maintenant, se précipitent sur Padgram et la bande et les emmènent de force.
NORTELLON> Vous les envoyez chez Gerabrossa ?? Alors qu´il vous a épargné??
HAPIC´N> Je n´ai cure de vos jugements, bourgeois !
PADGRAM> Non ! CA NE SE PASSERA PAS COMME CA ! POUR HELLIAAAA !!
Nortellon est frappé sur le coup. Le gros et valeureux guerrier a bien prononcé le nom d´Hellia.
Padgram se défait de l´emprise des hommes qui le retient en leur foutant plein de beignes. Il libère également Londe, Rune, et Karzus, puis se précipite sur Hapic´n, et lui arrache sa fille des bras.
PADGRAM> Allez, Saïan, viens donc avec ton nouveau nounours !
SAIAN> Papa !! !
HAPIC´N> SAIAN !! !
Padgram met son épée sur le cou de Saian et regarde toute l´assemblée, impressionné.
PADGRAM> Alors, maintenant, vous allez bien m´écoute! Je veux savoir où sont amenées toutes les filles esclaves qui partent de Kuliz!
Hapic´n, affolé par la vie de sa fille, s´empressa de répondre.
HAPIC´N> Chez Gerabrossa le Jaune, chez Gerabrossa le Jaune! C´est là qu´on les emmène!
PADGRAM> Aaaah bien sûr, faites-moi croire que c´est là où vous vouliez nous faire emmener, Monseigneur le Lâche Papa !
NORTELLON> Non, il dit vrai. J´y ai moi-même envoyé une fille récemment qui répond au nom que tu as dit tout à l´heure.
PADGRAM> Quoi ?? Tu connais Hellia??
NORTELLON> Eh bien si c´est elle, je...
PADGRAM> Karzus! Prends le avec nous !
NORTELLON> Non, attendez, je !
PADGRAM> Pas de mais! Tu vas venir avec nous sur le bateau et on va aller le voir votre Sultan !
HAPIC´N> Lâchez ma fille !
PADGRAM> Pas tant que vous nous aurez pas laissé la voie libre, et un bateau!
HAPIC´N> Vous l´avez sur-le-champ!
Aussitôt, l´aristocrate se précipita au bord du port et cria au bateau qui était ancré, le Grand Mistral, de se mettre entièrement à disposition du prochain passager.
Padgram courut jusqu´au bateaut et s´apprêta à y monter, toujours avec Saian entre ses mains, suivis de tous ses compagnons qui commençaient vraiment à trouver leur obèse national absolument superbe.
HAPIC´N> Et ma fille, maintenant !
PADGRAM> Attendez, je...
?? > Non, attends plutôt, toi !
Padgram et tout le monde se retourna vers la voix qui venait de parler haut et fort. C´était Toneo qui n´avait pas raté une miette du spectacle. Il tendait son arc, muni de cinq flèches, droit sur Padgram.
TONEO> Lâche la fille, et rends-toi... Ou je te transperce sur-le-champ. Et cette fois, je ne te raterai pas.
PADGRAM> Pff, tu fais encore tout ça pour Lysette, elle ne t´aime pas, pauvre imbécile !
TONEO> Je me demande si tu es bien placé pour dire ça, prince Padgram ! Et de toute façon, je ne suis plus au service de l´insignifiante Lysette, je suis au service de Balfoy le Truculent!
PADGRAM> Ah oui! Inconstant avec ça!
TONEO> Je n´ai que faire d´une femme tombée en disgrâce volontairement!
PADGRAM> Que veux-tu dire ??
TONEO> Ta belle a rompu avec notre seigneur Conspiru et s´est faite domestique.
PADGRAM> C´est qu´elle a du coeur et ne croit pas aux artifices de la richesse et du pouvoir!
TONEO> Cause toujours! Je te le demande une dernière fois, lâche la fille, et rends toi!
La situation était bloquée, un seul geste, et Toneo les dégommait tous. Hapic´n regardait tout ça avec satisfaction mais s´inquiétait juste que sa fille ne soit pas blessée.
C´est alors que contre toute attente, Grisk, qui était resté en retrait accourut face à Toneo et tout en retirant son casque et son armure en courant, s´écria :
GRISK> Youhou, le beau rouuuuuge !! !
Toneo fut aussitôt chaviré par autant de laideur et recula de frayeur, ce qui le fit tombe en arrière et les flèches partirent encore une fois complètement à l´arrache, tuant d´un coup cinq personnes dans la foule.
TONEO> Oh non, encore raté!
PADGRAM> Allez, vous autres! C´est le moment!!!
HAPIC´N> Ma fille!!
Padgram était monté sur le bateau et répondit à Hapic´n depuis le pont, où Karzus, tenant Nortellon, ainsi que Grisk, Londe, et Rune le rejoignirent.
PADGRAM> Je la prends avec nous en gage de sûreté. Je serai ainsi assuré que Môsseigneur la plus grande richesse de Kuliz ne fera pas armer les canons. Sachez que je ne suis pas un esclave, je suis le prince Padgram, légitime monarque de Barzabute! Et j´entends bien l´apprendre au monde! Adieu, Hapic´n!
Aussitôt, Karzus leva l´ancre, Londe et Rune se précipitèrent aux cales pour faire avancer le bateau à la plus grande vitesse, et tandis que Hapic´n s´arrachait les cheveux en pleurant de rage sur le port, Padgram se mit à serrer très tendrement Saïan dans ses bras qui en fut aussitôt apaisée, même si la cause de son petit plaisir déstressant était aussi son incroyable et grandiose ravisseur !
à vous la suite!
-Blina-
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Carnavale
- Posté le
18 septembre 2007 à 14:36:12

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Soudain, il entendit des cris étouffés venant de la mer. Le prince se pencha alors par-dessus le pont et vit l´esclave très fière qui se tenait à la disposition de Hapic´n nager à toute allure vers le bateau, insultée par son maître et ses gens derrière.
L´esclave: Attendez-moi!! Bloub!! Attendez-moi!!
Padgram: Vite! Sauvons la!
Il chercha du regard un des marins de l´équipage qui était resté dans le bateau et lui ordonna de balancer une bouée à la mer. La jeune femme réussit tant bien que mal à s´enfiler le corps dedans et fut tirée comme un poisson hors de l´eau sur le pont. Trempée, les cheveux sur les yeux, crachant des algues, elle mit du temps à se relever.
Quand Padgram se décida à la soulever, Saïan eut un petit cri de surprise.
Saïan: Messerille?? Qu´est-ce que tu fais là ? Tu te libères de mon père ??
Messerille: Il n´a pas autant de pouvoir que ça, mademoiselle Hapic´n ! J´ai entendu le prince et monsieur Nortellon parler d´une fille nommée Hellia. Je la connais. Je lui avais promis de l´aider et je n´ai même pas pu, à cause de vous, donc, Nortellon !
Elle s´était adressée directement au bourgeois, toujours maintenu par Karzus.
Nortellon: Ton imprudente impudence m´étonne, esclave! Mais oui, j´ai envoyé Hellia à Gerabrossa le Jaune. Comment saviez-vous qu´il s´agissait du sultan, prince Padgram ?
Padgram: J´en ai entendu parler. Je ne l´ai jamais vu, je ne sais pas où il habite, et c´est pour ça que vous allez tous nous aider à y aller. Après, on vous libèrera.
Saïan le serra encore dans ses bras.
Padgram: Non mais ça va là, vous pouvez arrêter.
Saïan: Non vous ne comprenez pas énorme prince, vous m´avez libéré de l´étreinte d´un père détestable et ennuyeux, vous m´apportez l´aventure sur un plateau, et c´est ma vocation!
Padgram: Quoi ? Vous êtes folle ?
Saïan: Non! Je suis ravie de cet enlèvement! Je veux devenir une mercernaire! C´est mon rêve depuis toujours!
Padgram: Mais enfin vous êtes appelée à succéder à la fortune de votre père, à vivre heureuse avec...
Saïan:...un petit mari, de petits enfants, un petit chien?? Je préfère cent fois la mort!
Karzus: Ca tombe bien, on va la chercher. Enfin, pour ce qui en reste.
Nortellon: Je ne vois pas pourquoi je devrais vous aider, moi!
Padgram: Parce que vous êtes responsable de la situation d´Hellia, et parce que vous m´avez donné votre épée, que je vous rends d´ailleurs. J´ai bien vu que vous n´aimiez pas vraiment Hapic´n.
Nortellon: Disons que lui et moi avons eu une vieille affaire. C´est à cause de lui que j´ai dû à regret me séparer de votre amie.
Padgram: Comment ça ?
Nortellon: J´avais une dette à payer au sultan. Il y a dix ans, une guerre terrible a opposé les flottes de Kuliz et celles de Gerabrossa. Hapic´n, qui commandait alors les armées, mais qui ne jouissait pas encore d´une expérience formidable, avait très mal dirigé les navires de Kuliz et s´était exposé au risque d´une extermination totale de la ville. J´étais alors un de ses capitaines. Lorsqu´arriva le moment où il fallait rencontrer Gerabrossa, Hapic´n m´a imposé de prendre ses vêtements et de me faire passer pour lui afin de négocier à sa place. J´y suis donc allé, à contrecoeur. L´échange m´a couté un oeil, c´est ainsi que ses hommes avaient prévu d´accueillir Hapic´n, en l´éborgnant. J´ai dû... J´ai dû alors, paralysé par la douleur, simplement accepter de signer un contrat où il était stipulé que je devais pendant dix ans de suite perdre ma réputation dans un odieux trafic d´esclavage. Il fallait régulièrement envoyer une trentaine de jeunes filles vers sa maudite forteresse pour grossir les rangs de son harem. Mon sang coulant à flot, c´est avec lui que j´ai signé, ce qui m´engageait moi, non pas Nortellon travesti en Hapic´n, mais Nortellon tout court, ce dont se félicita d´ailleurs Hapic´n par la suite. J´avais sauvé Kuliz et il n´était pas impliqué. Comme il n´était pas en mon pouvoir cependant de rassembler injustement chaque année autant de filles, il a donc accepté de financer discrètement mon trafic tout en m´imposant selon son bon plaisir les filles qu´il souhaitait voir partir. Ainsi m´ordonna-t-il d´envoyer dans ces bateaux horribles et ma femme et ma fille... dont je n´ai plus jamais eu de nouvelles.
Saïan: Attendez! Je sais que mon père n´est pas très vertueux! Mais je refuse de croire qu´il ait pu faire ça!
Nortellon: C´est pourtant la vérité, Saïan. Je serais bien heureux de pouvoir prétendre le contraire mais c´est ainsi que les choses se sont passées. Avec votre Hellia, j´ai terminé mon contrat. Mais cela n´empêche pas Hapic´n de continuer le trafic avec Gerabrossa, en employant d´autres hommes de main. Le gouvernement de Kuliz est bien sûr au courant mais n´en est pas gêné puisque de cette manière les relations entre Kuliz et Gerabrossa demeurent... amicales.
Padgram: Savez-vous ce qui arrive à ces femmes ?
Nortellon: On sait qu´elles rejoignent son harem, mais nul ne sait exactement ce qui s´y passe.
Saïan: Je ne vous crois pas!
Nortellon: Peu importe. Quoiqu´il en soit, vous voyez bien que je ne vous suis d´aucune utilité.
Padgram: Bien sûr que non, vous allez nous aider à localiser la forteresse de ce Jaune. Vous avez peut-être payé votre dette injuste au prix d´un sacrifice intolérable, mais maintenant vous en avez une envers moi et mes amis. Nous tenons beaucoup à Hellia.
Karzus: T´es pas obligé de nous impliquer autant, Padgram. Tu pouvais dire "je".
Grisk: Moi je la connais pas mais je suppose que c´est une femme tout à fait avenante.
Messerille: Moi j´ai vu une amie possible en elle!
Padgram: Quand l´avez-vous rencontrée ?
Messerille lui raconta tout ce qu´elle savait.
Padgram: C´est donc à Fërucora qu´elle a été prise... Je tâcherai de démanteler cet odieux trafic, je prendrai les coupables.
Nortellon: Vous avez l´air bien sûr de vous. Vous savez que le Seigneur Conspiru est en train de liguer toutes les forces armées contre vous. Tout le monde vous prend pour un fou dangereux.
Padgram: Ils ont peut-être raison.
Rune et Londe accoururent essoufflées sur le pont.
Rune : Padgram! les galériens refusent d´avancer plus ! Ils ne veulent pas galérer pour rien! L´équipage n´est pas du tout impressionné par vous! On a confisqué les armes mais ils vont pas nous aider pour autant!
Padgram: Attends voir, je vais leur parler. Nortellon pendant ce temps, vous aidez Karzus à prendre le gouvernail et vous nous dirigez, que ça vous plaise ou non. Messerille, tu es imprudente et je ne sais pas ce que je vais faire de toi.
Messerille: Oh je peux me rendre utile! Je sais cuisiner!
Saïan: Je confirme, c´est une très bonne cuisinière!
Messerille: Merci, mademoiselle!
Padgram: Hum... dans ce cas, va dans la cale des cuisines, et vois ce que tu peux faire j´ai l´estomac qui m´insulte.
Messerille: Holà, prenez pas non plus vos aises, hein! Je suis pas VOTRE esclave.
Karzus: Je rêve, on croirait une femme...
Messerille: Qu´est-ce que vous dites, vous, le chauve??
Karzus: Euh je disais, nom d´un glaive, ça c´est une grande âme!
Messerille: Merci!!
Et elle descendit rejoindre les cuisines.
Padgram: Bon, très bien, Rune et Londe, vous venez avec moi dans la cale, et Grisk tu montes sur le mât avec Saïan pour qu´ils continuent bien à voir qu´elle est avec nous et qu´ils nous visent pas.
Saïan: M´utiliser comme un appas alors que je suis prête à être une alliée, ce n´est pas gentil, ça !
Padgram: C´est moi qui commande!
Saïan: Ooooh, toi alors, quel charmant grassouillet tu fais!
Padgram: ON SE TUTOIE PAS ENTRE OTAGE ET COMMANDANT!
Saïan: Mignon comme tout quand il s´énerve!
Padgram s´apprêta alors en gromelant à descendre dans la cale pour parler aux galériens et à l´équipage, mais il se rendit compte que la satanée Saïan le suivait comme un petit chien.
Padgram: Mais enfin! Qu´est-ce que je vous ai dit ! Vous allez en haut avec Grisk!
Saïan: Non écoutez, si vous êtes celui qu´il me faut, c´est parce qu´on me dit de manière générale que je suis en hypertension, toujours en activité, on me dit détends-toi, je n´y arrive pas, je feins d´être affectueuse avec mon père pour lui faire croire que je suis calme, mais je ne le suis pas, je n´y arrive pas, j´ai tout essayé pour me détendre, les chiots, les châtons, les bains moussants, les bals, les lectures de poèmes, rien n´y a fait, tout était toujours aussi ennuyeux, moi j´ai besoin de courir, de sauter, de danser, de chanter, de faire mille acrobaties et cent millions de choses en même temps pour me sentir en pleine forme! Mais tout ça m´épuise, vous comprenez, mais c´est plus fort que moi, l´activité, c´est ma vie. Et puis voilà que je vous trouve, vous gros prince tordu bougonneur et rondelet, et quand je vous serre dans mes bras je suis toute relaxée, j´oublie tous mes besoins d´adrénaline, je me déstresse. Tant que je serai avec vous, je serai calme.
Padgram: Oui eh bah tant que je l´aurai décidé, vous ne serez pas calme et vous resterez perchée à ce mât!! Compris??
Saïan: Votre colère est splendide. Pour vous calmer, je vous obéis. Mais je serai intenable, je vous promets que vous allez le regretter. Je serai une vraie peste.
Padgram: J´ai ici des jeunes filles qui sauront réguler vos éventuels excès!
Londe: Ouais, fais pas trop ta fière mademoiselle la fille à papa qui se la joue!
Saïan: Voyez-vous ça! Des prépubères!
Londe: Tu veux mon poing ?
Rune: Non, Londe, la violence est mère de danger !
Saïan: Oui, petite Londe, écoute donc les conseils de ta maman.
Une veine de Rune saillit aussitôt de son front et sans même réfléchir elle leva sa main et baffa Saïan qui tomba à la renverse, la joue toute rose.
Rune: La maman te dit ta gueule!
Et d´un air contrarié, elle se retourna, suivie par Padgram et Londe qui souriaient, amusés. Saïan se releva très dignement et se promit encore plus d´être insupportablement agitée.
Elle courut jusqu´au mât et alors que Grisk s´apprêtait à lui faire la courte échelle pour qu´elle passe, elle sauta directement sur le poteau de bois, et grimpa dessus avec l´agilité d´un orang-outang. En moins d´une dizaine de secondes, elle était perchée.
Elle fit des grands signes à Grisk qui, toujours en bas, hallucinait.
Saïan: Youhouuu le monsieur tout moche! Vous montez ou pas alors??
De son côté, Karzus et Nortellon dirigeaient le gouvernail.
Nortellon: je ne suis pas vraiment sûr de la direction.
Karzus: Vous avez intérêt à pas vous tromper, Padgram, il n´est pas content en ce moment.
Nortellon: Oui, oui...
Dans la cale, Padgram se dressait, entourée de Rune et Londe, les bras croisés comme des gardes du corps, devant l´équipage.
Padgram: Bon! Qui est le contremaître, parmi vous!
Pas une réponse.
Padgram: Allez, détendez-vous, je suis pas un ogre.
Un marin: Ben...
Padgram: J´AI DIT QUE J´ETAIS PAS UN OGRE !! !
Convaincu par la vigueur du bonhomme, un homme finit par se détacher du rang et se présenta comme le contremaître.
Le Contremaître: Bonjour, je suis le contremaître.
Padgram: Salut Contremaître. Comment t´appelles-tu?
Le Contremaître: Padgram, monsieur.
Les trois héros le regardèrent avec des yeux de merlan frit.
Padgram: Tu dois faire erreur, mon ami. C´est moi, Padgram.
Padgram: Bah c´est peut-être votre prénom, mais moi je m´appelle Padgram.
Padgram: Mais enfin c´est n´importe quoi!! C´est ridicule! T´es pas Padgram!!
Padgram: Comment ça, ridicule?? C´est incroyable, ça! Vous me faites penser à ces héros de roman qui sont convaincus qu´ils sont les seuls à s´appeler comme ils se prénomment. Ca va, hein, Padgram, c´est super commun comme prénom. Même mon père s´appelait Padgram.
Padgram: AAAAH ! JE VOUS DIS QUE NON! Bon, on va régler ça sur le pont. Vous autres, marins, si je vaincs votre contremaître, vous m´obéissez parce que moi je ne vous donnerai pas de coups de fouet!
Là, les visages se détendirent, des sourires apparurent de partout et tout le monde applaudit en criant en choeur:
"Ouaiis, c´est pas Padgram! C´est pas Padgram! C´est pas Padgram!"
Padgram le Contremaître: Bande de traîtres opportunistes! Je suis Padgram!
Padgram: Vous vous obstinez devant l´évidence, mon cher! C´est moi, Padgram! Venez donc sur le pont!
Les deux hommes se rendirent sur le pont, et au moment où ils allaient en venir aux mains, le bateau redémarra.
En fait, les marins avaient déjà accepté Padgram le prince comme leur légitime nouveau commandant. Et ils chantaient en pagayant.
Padgram le Contremaître: Bon bah voilà, inutile de me vaincre, vous l´avez votre équipage obéissant.
En effet, les marins affiliés au pont remontaient pour s´occuper de leurs tâches habituelles. Seul le responsable du mât se trouva sans emploi. En haut, Saïan dansait toute seule et Grisk essayait de ne pas tomber.
Padgram: Il n´empêche, Contremaître, il ne peut y avoir qu´un seul Padgram en ce monde!
Padgram: Vous avez bien raison! Changez donc de prénom!
Padgram: J´ai une meilleure idée!
Et sans grand état d´âme, ce qui était quand même surprenant, Padgram le prince prit Padgram le contremaître par les épaules et le jeta par dessus bord.
Rune et Londe regardèrent Padgram, effarées.
Rune : Tu l´as... Il va se noyer! Il faut aller le sauver!
Padgram: Mais non, n´y allez pas! C´est un contremaître, il sait nager. Et puis il a toujours son fouet avec lui, s´il rencontre un bateau il pourra toujours s´accrocher avec et se faire tirer en faisant glisser ses pieds sur l´eau! Tiens... Ca doit être marrant à faire ça d´ailleurs. Ca pourrait devenir une institution sportive pour vacances au soleil!
Londe: Mais enfin c´est inhumain!
Padgram: Qui est le plus inhumain entre celui qui donne des coups de fouet et celui qui donne une chance au bourreau de survivre ?
Rune: Mais ces coups de fouet, il les donne parce qu´on lui en donne l´ordre!
Padgram: Eh bien, il faut savoir parfois désobéir aux ordres!
Londe: Bonne idée!
Elle poussa alors Padgram hors de son chemin et sauta dans l´eau pour aller récupérer le contremaître qui était déjà considérablement éloigné.
En nageant avec une force digne d´elle-même elle fila jusqu´à lui le prit dans ses bras et revint non sans difficulté à la coque, Rune l´aida à remonter.
Le contremaître cracha de l´eau et remercia Londe.
Londe: Bon, ça vous dit de vous appeler Mouhize, maintenant?
Padgram le contremaître: Pourquoi Mouhize ?
Londe: C´est symbolique, je vous expliquerai quand vous serez remis d´avoir été sauvé des eaux.
Le contremaître hocha la tête, grelotta et alla rejoindre son lit. Londe et Rune se tournèrent vers Padgram avec un air réprobateur.
Londe : On peut savoir ce qui te prend? Tu t´es magnifiquement battu sur la place mais ton triomphe ne doit pas pour autant te donner autant de... autant de morgue! autant d´orgueil! Reste toi-même, mon gros!
Padgram restait silencieux.
Padgram : Oui... C´est... Pardon. C´est la première fois que je me sens aussi...
Rune : Puissant ?
Padgram : Oui, c´est ça, puissant !
Rune: Eh bien modère tes ardeurs ou tu finiras par devenir aussi dangereux ou même pire que ceux qui nous pourchassent! Et tu n´es même pas encore roi.
Londe: D´ailleurs, n´as-tu pas toujours dit que tu ne voulais pas vraiment être roi ?
Padgram: Les choses... changent.
Londe: Ben voyons!
Padgram: Je m´inquiète pour Lysette, j´aimerais pouvoir lui...
Messerille interrompit la conversation brutalement, arrivant toute souriante sur le pont avec un énorme plateau argenté bardé de mille et mille victuailles.
Messerille : A table !!
à vous la suite!
-Chapterving-
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Everlasting
- Posté le
18 septembre 2007 à 16:38:40

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Hmmm, pas terrible la mise en page, je refais:
Le Grand Mistral sondait déjà les vagues du large, sculptant l´ombre de sa poupe sur le soleil brûlant de la fin d´après-midi, dernier spectacle tout en contraste offert aux kuliziens. Contrasté, Hapic´n l´était aussi. Voire même contristé ou, disons le, complétement démoli, s´étranglant d´avoir pu laissé aux ravisseurs, dans son instant de panique si peu aristocratique, le navire le plus rapide de la région. Le fleuron de sa collection. Et une autre fleur, sa pauvre fille, qu´allaient-ils faire d´elle? La précipiter dans les mains de ce pédophile de sultan, les inconscients! La poursuite était vaine pour l´instant, mais il enverrait ciel et terre sur l´océan, des flottes dans la flotte, il se ferait aider de Balfoy et de Conspiru, qui avaient déjà laissé échappé ce typhon princier, ce serait la guerre!
___ A bord du Grand Mistral ___
Le repas de Messerille avait été..... copieux. De fait, il avait fallu vider toutes les réserves de la cale pour satisfaire l´appetit du nouveau capitaine. Fort de son autorité au naturel gonflé par le vent marin, Padgram allait mener son équipage d´un crochet de marin dans un gant de velour. Il ne fallut pas longtemps pour retrouver Nortellon assigné au nettoyage du pont, Grisk aux cordages, Karzus marmonnant devant la poudre à canon à produire en masse, d´autres encore à la pêche au gros. On souquait ferme, moussaillons et moussaillonnes! Belle organisation. Battant ses bras sur son énorme ventre, le maître à bord imprimait la cadence.
Rune et Londe retrouvaient leur élément et dansaient des voiles aux bastingages, du gouvernail à la proue, enjambant au passage Nortellon et ses chiffons, taguant les emblèmes du Duc Hapic´n (et ça fait des Tcho Cap Hic´ (...merci merci)). Les deux corsaires aux belles jambes étaient à nouveau deux soeurs, réunies sous une bannière qu´elles issaient maintenant ensemble au grand mât, riant plus fort que deux mouettes. Un drap noir, maculé avec de la poudre subtilisée à un Karzus fulminant de colère.
L´air grave, Padgram s´entretenait avec Saïan sur le pont supérieur:
- Je comprends, je comprends, quel sombre individu doit être ce sultan, puissent les requins lui dévorer ses fesses graciles et sa toque brûler en enfer! Mais je récupérerai Hellia! Tu m´as dit que sa forteresse était imprenable par l´entrée principale, mais qu´elle possédait son propre petit port, nous attaquerons par là!
- Le sultan est certainement plus vulnérable par la mer, mais il demeure néanmoins très puissant. Notre force actuelle ne suffira pas mon gentil nounours.
- Actuelle? que suggères-tu?
Saïan leva lentement la tête vers le drapeau improvisé par les soeurs.
- Veux tu devenir la terreur des mers Padgram? Ensuite je te prendrai pour mari.
- Hein ? ? ?
Rune, bondissant dans la conversation, se mit à renchérir tout en riant:
- Pour le mariage je ne sais pas, hihi, mais lever une armée pirate est la meilleure idée que t´auras jamais gros nounours!
Padgram s´étouffait encore et ne pouvait répondre, que déjà Londe abondait dans le sens de sa consanguine.
- Avec une telle force nous pourrions combattre le sultan et délivrer l´est de sa tyrannie. En plus avec Rune on a quelques contacts dans le coin, héhé.
- C´est impérialiste!
- On s´en fiche dit Rune, c´est pour Hellia!
- Et puis cela permettrait de mettre mon aigri de père en échec rajouta Saïan, je le connais, il nous pourchassera. Avec ses petits copains ducs. Quel gamin.
- Et quelle gamine soupira Londe, ricanant.
- HAN, quelle insolence, je suis la propriétrice du bateau!
- Bisque bisque, et on dit propriétaire, espèce d´analphabète. Ah elle est belle la noblesse! Quelle décadence, bientôt une révolution vous remplacera.
- C´est bien pour ça que je vais devenir pirate.
- Opportuniste, tu...
- SILENCE tonna Padgram, qui reprenait ses esprits après avoir respiré des sels pour se remettre de la proposition de Saïan. Comme terreurs vous êtes parfaites, mais moi je ne sais pas si je peux...
- Alleez, t´auras même un cache noir sur l´oeil gauche.
- Effectivement ça ça me plairait bien, bon argument Saïan. Hmm, qu´en pensez vous Karzus, Grisk, Nortellon? appela-t-il
Karzus: - La politique je m´en fiche, l´éthique je m´en fiche, tant que je peux faire exploser mes poudres à la gueule de quelqu´un ça me va.
Nortellon: - Je peux apprendre l´escrime aux galériens et à ceux qui nous rejoindront.
Grisk, descendant de son poste: - Les pirates forment une nation tout en n´étant d´aucune nation, non?
Padgram pesait le pour et le contre. Peut-être que bien des hommes et des femmes se rangeraient sous sa bannière. Il pourrait délivrer Hellia et partir ensuite à l´assaut de ses ennemis. Allait-il faire ce pas? Ses amis avaient balayé devant lui pour qu´il pose ce pied conquérant, ils l´attendaient, le préparaient, le soutiendraient. Et "Padgram le pirate", fichtre, ça avait de l´allure!
- Bon, c´est d´accord!
- OUAAAIS. Les filles entamèrent une danse vaudoue aux paroles sanglantes.
Nous sommes les joyeuses pirates
Et de tous les salauds et nobliaux
Nous allons perforer la rate
A grand coups de couteaux
L´obèse est notre totem
C´est bien lui qu´on aime
Sus, Sus, Sus au sultan!
Il n´en a pas pour longtemps!
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Everlasting
- Posté le
18 septembre 2007 à 20:01:21

-
___ Le Harem d´Anthar obn´ Suur ___
La libido du virevoltant sultan était inversement proportionnelle à sa taille, Hellia en avait maintenant la conscience et le vertige. Fort heureusement, ce n´était pas le cas de sa virilité qui, elle, avait des proportions beaucoup plus amusantes. Gerabrossa était une petite bite. Mais le genre dont même un asiatique pourrait se moquer. Tellement petite que Hellia était restée vierge. Enfin, façon de parler, cette douche à la fontaine du harem était l´antonyme du superflu. Elle essaya de doucher également les mauvais souvenirs du lit sultanesque en observant le jardin qui l´entourait.
Raté. C´était de très mauvais goût. Le sultanat ne semblait pas connaître la végétation et les palmiers étaient en plastique cheap, dans des tons allant du rose au orange. Et on sait tous qu´Helliarane avait gardé des préférences gothiques de son ancien job. Donc le décor façon dinette pour fillette blonde avec arrangements kitsch en kit, pas génial. Elle concentra son attention sur le ciel ouvert, puis sur les favorites du nabot en chef, qui allaient et venaient, futiles et enfantines. La dinette avait du déteindre. C´était ça des femmes? Après tout, aussi cruel que cela soit-il pour certains personnages de notre histoire, des femmes elle n´en avait pas beaucoup cotoyé jusqu´à maintenant.
Elle détaillait. Et rougit. Les voiles n´étaient que la couleur et le prolongement de la nudité, apparente en chaque creux où le regard tentait de se cacher. Chaque courbe y menait, malicieuse ou ingénue elle n´aurait su dire. Elle tentait de détourner ses yeux, mais le jardin entier était de peau claire et de sensualité, cela tournait, et tournait encore. L´effet des aphrodisiaques la rendait ivre et confuse. Elle finit par baisser les yeux sur sa propre nudité, là elle se sentait plus à l´aise, en sûreté, pudique. Cette position prolongée attira quelques rires et l´une des filles l´approcha.
- Bah, tu boudes ma grande? T´inquiètes, après les premières fois avec tonton Gégé c´est normal! Tu t´habitueras. Dis toi que c´est le prix de ta vie, ce qu´elle vaut, sans compter le poids des trentes malheureuses qu´il a décapité hier. Allez, t´as jamais eu autant de vie en toi, alors sers t´en.
Incrédule, Hellia leva la tête, doucement, longea la peau ambrée, une longue chevelure noire serpentant entre les seins, elle ravala son excitation, et parvint à un minois espiègle avec des tâches de rousseur sur les pomettes, des petits yeux bleu verts qui disaient "bonjour", avec un sourire aux lèvres fermées.
- C´est bien, tu contrôles ton désir, limite prude rit-elle. Si t´as du mal à lutter avec les aphrodisiaques, dis-toi qu´au balcon il y a Gérard le pervers avec ses jumelles. Il éspère toujours un spectacle lesbien, mais on le lui a toujours refusé. Juste quelques attouchements de temps en temps, histoire qu´il augmente pas trop les doses.
Elle lui fit un clin d´oeil et rit encore.
- Je plaisante. Bienvenue parmi nous. Je suis Line. Mais tu peux m´appeller Lili.
- Helliarane. Merci Lili. Tu as sûrement raison, je ne dois pas oublier...
Elle s´arrêta, elle était intriguée par cet être à l´air mutin qui semblait si libre dans cette cage, cette antichambre de la perversion et elle-même perversion. Elle avait encore tant de colère accumulée contre ces humains, et voilà que Line apparaissait, joviale, naturelle et se permettant même de l´humour. Dans un tel endroit sordide. Et pourquoi avait-elle parlé de la vie?
- Comment tu fais pour être si insouciante?
- T´aurais préféré nous trouver en train de pleurer? On connait notre situation. Mais en dehors des moments avec Small G la vie n´est pas si désagréable. On peut lui demander des jacuzzis, des hamacs, des jeux en tout genre, la bouffe est pas mal...
- Et le ciel, le plein air, les voyages, les amis?
- Ah bah ça c´est toi qui va me raconter, allez viens t´asseoir, on aime les nouvelles de l´extérieur. Venez les filles, la ptite nouvelle a fait son baptème!
Tout le monde s´installa, il y avait plein de regards curieux et impatients, des visages facétieux émergeaient de partout. Toute l´attention portée sur elle, Helliarane se mit alors à narrer ses récentes aventures, depuis sa rencontre avec Padgram aux tourments de Feruroca, jusqu´à Nortellon. On la pressa de questions sur la mode à Kuliz, on chercha des points communs, s´émerveilla des prouesses de Padgram, partagea le vin aphrodisiaque en riant de celles qui ne se contenaient qu´à peine, la soirée fut longue et riche de souvenirs évoqués. Toutes finirent par s´endormir, sauf Line qui continuait d´écouter Hellia qui parlait encore une fois de Padgram et du manque d´entreprise des hommes. Arrivé au terme de son histoire, il y´eut un silence d´étrange apaisement.
- Contente d´avoir pu vider ton sac non? (Helliarane acquiesça de la tête). Line regarda les corps endormis autour d´elle, parcourus de quelques ronflements. Tu comprends à présent pourquoi nous tenons le coup?
- Je crois que oui, c´est un joli sentiment volé à cette forteresse. Merci encore Lili.
Line laissa encore échapper son enigmatique sourire, apparemment satisfaite.
- J´ai encore une question Helliarane. Tu n´as pas parlé de ce qui a précédé ta rencontre à la Plaine des mille et un rires.
Helliarane eut une moue génée: - C´est... parce qu´il n´y avait rien.
Line continuait de sourire. Elle rejeta ses longs cheveux noirs en avant et se pencha vers Hellia, les yeux étincelants:
- Tu mens.
- Mais non... je... que veux-tu dire?
- Que je te reconnais ma belle.
- Je t´ai... tu es passée près de...?
- Oh non.....
A vous la suite!
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Apotheose
- Posté le
19 septembre 2007 à 19:51:14

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-Oh non...
Hellia__ Alors quoi ? Si tu n´es pas passée près de la plaine, d´où penses-tu me reconnaître ?
Lili__ Allez, inutile de jouer aux faux semblants, c´est bien toi la teigneuse qu´on croyait morte. C´est bien toi, Inyashar Daluttino, la vagabonde des grands chemins aux discours de liberté, fille du vent et de la scène, toujours discrète, inaperçue, ribaude des grandes plaines !
Hellia éclata de rire, vous noterez que ça fout un choc.
Hellia__ Tu fais vraiment erreur. Je ne suis pas du tout ton Inyashar Daloutitruc.
Lili__ Et moi, je suis prête à le parier.
Hellia comprenait évidemment qu´en prenant une apparence humaine elle n´avait fait qu´emprunter au hasard une enveloppe corporelle, déjà existante. Cette Inyashar était sans doute morte puisque son corps était disponible. Comment Hellia pouvait-elle se rappeler de tous ceux qu´elle avait fauchés, de toute façon ? Son ex-non-vie ressemblait déjà au néant évoqué avant la plaine des mille et un rires.
Ceci dit, elle comprenait bien qu´elle ne serait jamais crédible si elle se présentait comme l´ex-mort ayant pris apparence humaine au nom de la simple curiosité. Une curiosité bien placée, pour un homme ayant ce pouvoir étrange de la séduire, elle qui n´avait jadis pas de coeur. Elle entreprit donc de satisfaire plus ou moins Lili par une réponse qu´elle voulut la plus adéquate possible.
Hellia__ Bon, pour ne rien te cacher, je ne suis pas Inyashar, en effet. Mais sa soeur jumelle.
Lili__ Quoi ?
Hellia__ Oui, c´est une histoire assez compliquée. Mes parents l´ont reniée et m´ont toujours préférée à elle. On savait que ses activités présentaient quelque chose, disons... de bizarres. Elle invoquait je ne sais trop quelle puissance occultent, et les gens parlaient d´elle. La réputation de mon père, qui était un notable important, était menacée. Elle est donc partie, sans même qu´on lui en donne l´ordre, et on n´a su que très tard, lorsqu´elle est morte, qu´elle avait passé le reste de sa vie dans la délinquance et le vice. Mes... parents ont récemment été mortellement agressés par des bandits de grand chemin qui n´en voulaient qu´à leur argent. J´ai réussi à m´enfuir avant qu´ils ne m´attrapent jusqu´au pied du château de Barzabute. C´est là que traçant ma route jusqu´à Fërucora, j´ai trouvé, en chemin, la maison de Gaulois.
Lili__ Vraiment ? Tu serais donc sa soeur...
Hellia__ Eh oui...
Lili__ C´est stupéfiant. Stupéfiant, oui. Et aussi... fort décevant.
Hellia__ Comment ça ?
Lili__ Je... je réalisais en t´entendant que... que si tu étais bien celle que j´avais croisé un jour lors d´une visite en taverne avec ma famille, alors peut-être que nous... je ne sais pas, peut-être que...
Hellia__ Peut-être que quoi ?
Lili__ Peut-être que tu aurais pu... arrêter tout ça.
Hellia__ Arrêter quoi?
Lili__ A ton avis ? Regarde autour de toi. Je t´ai menti. Aucune de nous ne se fait à cette situation. Je hais cet espèce de rustre gras ignoble et sanguinaire qui a fait trancher la tête de ma soeur devant mes yeux... Je n´ai même pas eu l´occasion de lui dire au revoir. Qui pouvait prévoir qu´on était choisie ou décapitée dès notre arrivée ?
Hellia__ Je...
Lili__ Tu comprends, Hellia, il ne faut pas croire ce qu´on t´a dit sur ta soeur, bien sûr je ne l´ai vue qu´une fois, mais elle m´a marqué à vie, et voir ton visage m´a soudain rappelé tout ce qu´elle avait suscité en moi. Dans cette taverne, où nous passions la soirée avec mes parents, mon frère, et ma soeur, c´était il y a peut être cinq ans, je ne sais, nous perdons la notion du temps, prisonnières de ces murs. Nous étions à table, et elle est arrivée, toute fragile, toute pâle, prête à s´effondrer. On sentait dans l´assistance comme une sorte... de dégoût... mêlé finalement à une certaine pitié... on s´attendait à ce qu´elle s´effondre. Il est tellement courant de mourir jeune. Mais non, elle ne s´est pas effondrée. Elle a marché, très fièrement, très dignement, jusqu´à une table vide. Je m´en rappelle... Elle a alors crié comme aurait crié un homme ! "Aubergiste! J´ai soif! Apporte-moi ton vin!" Sa voix était celle d´une comédienne, assurément. L´aubergiste est accouru, avec un plateau, aussi vite que vient Gerabrossa ! c´est qu´elle en imposait sous sa maigre silhouette. Elle s´est mise à boire, et à boire, sans jamais devenir ivre. Elle ne faisait que saluer les gens et les invitaient à sa table pour jouer aux cartes. Elle en avait de superbes. Des cartes en or ! Du moins, si c´était du faux, c´était rudement bien imité. Et bien sûr, ça attirait les convoitises. Moi je la regardais du coin de l´oeil, ma mère m´ordonnait de ne pas lui prêter attention. Tous les hommes venaient peu à peu se rassembler autour de sa table et proposaient des enjeux de taille pour jouer avec elle. Mais elle les rabrouait en disant qu´elle n´avait que faire de leurs chausses, de leurs colliers, et de leurs diamants.
C´est alors qu´un homme s´est levé dans l´assistance. Il était très grand, très beau, son regard avait la noirceur d´un orage. Il s´est approché d´elle, écartant les badauds sur son chemin, avec une bourse remplie de pièces sonnantes et trébuchantes. Il la fixait avec ses yeux, je m´en rappelle, c´était... impresionnant. Il a jeté nonchalamment la bourse et sur un ton dédaigneux, il s´est contenté de dire "Ta pitance, la gueuse!". Il y eut alors un grand éclat de rire collectif qui me révolta mais Inyashar resta silencieuse, et puis très détendue, elle but encore un verre de vin, le posa bruyamment s´essuyant la bouche avec le coude, avant de héler à nouveau le personnage qui l´avait défié. "C´est tout ?" clama-t-elle. L´autre se retourna et avec un regard méprisant lui répondit ceci : "Non, ce n´est pas tout. En échange de ces quelques pièces, je veux que tu mises ta liberté, seul trophée assez intéressant pour ta petite prétention de morveuse...".
Cette fois, il n´y eut pas de rire. Tout le monde guetta la réaction d´Inyashar. Et celle-ci ne se fit pas attendre. Elle éclata de rire, sortit une dague et la planta entre les doigts de son interlocuteur qui avait posé sa main sur la table, en signe de défi. Il n´avait pas cillé en voyant la lame se planter dans le bois, entre deux de ses phallanges, mais on sentait qu´il avait perdu de son assurance. Inyashar le regardait en souriant malicieusement... et je me rappellerai toujours de ses mots...
"Non, Monsieur... Je peux vendre mes dents, mes cheveux, et mes yeux, je peux vendre mon sac, mes chaussures, mes chemises, je peux vendre mon corps, je peux vendre mon âme, mais jamais, non, jamais, vous ne verrez jouer sur une table ronde ma petite liberté... Adieu, Monsieur."
Sur ce, elle avait pris la bourse, et toutes les richesses qu´on lui avait proposées et répandues sur sa table. Elle avait tout jeté dans sa besace, sauté sur la table, puis sur le lustre du plafond, elle s´était balancé jusqu´à l´étage supérieur, couru jusqu´à la fenêtre, et sauter par-dessus elle en l´éclatant de son corps si mince. Tout le monde s´était rué sur elle pour l´attraper sans succès. Une fois dehors, on avait essayé de voir où elle s´était enfuie mais la belle s´était accrochée à une poutre de la taverne, s´était remise sur le toit, et avait continué sa fuite en courant de chaumières en chaumières ! On criait après elle, je m´en souviens, je m´étais levée comme une étincelle pour la suivre du regard, et elle s´était retournée, elle m´avait vue, elle m´avait saluée en souriant je crois, puis elle avait sauté d´un toit, atterri sur un cheval qui grignotait du foin devant une autre maison, et était partie au galop, agile comme le vent, fuyante comme le sable, on ne l´a jamais rattrapée.
Un an plus tard, mes parents me vendaient à ce marchand d´esclaves... Et voilà... Je suis ici.
Hellia__ C´est une histoire très belle mais je ne...
Lili__ Tu ne comprends pas ? Cette fille c´était... Elle en avait dit peu, mais si peu, c´était déjà tout dire. Et moi, moi, moi je n´ai jamais senti cette énergie qu´elle avait déployé ce jour-là... Si j´avais le courage... Je me libèrerais... Mais...
Hellia__ Mais ?
Lili__ Mais je ne suis pas Inyashar. Et toi, sans le savoir, tu l´es. C´est ta soeur, tu dois l´admirer, tu dois lui rendre hommage, tu dois l´imiter ! Tu dois... tu dois nous libérer !
Hellia__ Mais enfin je... je n´ai pas sa détermination, je... c´est une étrangère pour moi !
Lili__ Quand je te raconte cela, je te dis qui elle est! Et puis il ne s´agit pas que d´elle! Tu crois que ton Padgram t´a laissé de côté? S´il est tel que tu nous l´a dit, à l´heure qu´il est, il doit te chercher partout ! Et toi, tu ne veux pas te libérer?
Hellia__ Je voudrais bien mais...
Lili__ Alors! Fais-le! Lève-toi! Prends la tête de notre groupe, et libère-nous toutes!
Hellia__ Mais enfin, Lili, tu es folle! Tu as bien vu cet homme! Tu sais ce dont il est capable, je...
Mais Lili ne l´écouta pas et réveilla toutes ses compagnes, en leur disant à tour de bras que la nouvelle aux histoires rocambolesques avait trouvé un plan pour les sortir de là!!
Hellia soupira et les regarda toutes la manger du regard comme une colombe de liberté. Pouvait-elle seulement les décevoir ? De toute évidence, la réponse était non.
à vous la suite!
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Laikri_Venn
- Posté le
20 septembre 2007 à 13:00:17

-
--- Pendant ce temps, dans un petit cabaret à Barzabute ---
Bougrasse s´était grimé avec une fausse moustache et une fausse barbe, il avait acheté un corset pour éviter de se faire trop facilement repérer par les milices de Conspiru, puis s´était posé là, à une table, devant un potage de nouilles au beurre, à attendre.
Deux silhouettes enrobées le rejoignirent discrètement en essayant tant bien que mal de poser toute la surface de leur considérable postérieurs sur l´aire autorisée par les tabourets du cabaret. Ils avaient pris le soin, par pure discrétion, de s´emmitouffler dans d´énormes couches de vêtements qui en fait les faisait étouffer et attirait sur eux tous les regards.
S´en rendant compte, Bougrasse les avait fait lever, enfin après un certain laps de temps - une telle opération demeurait complexe par sa conséquence - et les avait dirigé vers une remise où ils pourraient sans trop de difficulté s´entretenir de manière optimale.
Lorsqu´ils furent au calme, ils leur firent enlever les couches inutiles et ils purent converser librement.
Bougrasse-- Avant toute chose, ne me posez pas de questions sur mon évasion, les murs ont des oreilles.
L´un des deux autres-- Alors pourquoi parler de notre plan d´attaque ?
Bougrasse-- Euh disons que les murs ont moins d´oreilles dans certains cas. Ecoutez-moi bien, nous devons nous réorganiser très rapidement. Vous avez vu ce qui est en train de se passer. Ce tyran est en train de purger la population, tout ce que nous avions prévu est arrivé. Et il ne va pas s´arrêter là.
L´un des deux autres-- Que suggères-tu alors ? Bataclard a été rasée, nous n´avons plus aucun endroit pour nous réfugier.
L´autre des deux autres-- Et si je comprends bien, notre ennemi a en plus toutes les informations dont il a besoin puisque tu as tout révélé sous la torture.
Bougrasse-- Comment le sais-tu ?
Celui-là qui parle-- J´ai surpris une conversation entre soldats dans la rue, ils t´ont évoqué. Inutile de dire combien j´ai été déçu par celui qui se prétend notre chef. Tant de faiblesse, c´est lament...
Bougrasse se jeta sur son interlocuteur et le prit par le collet en devenant tout rouge.
Bougrasse-- Viens donc un peu dans les cachots de Barzabute et tu m´en diras des nouvelles, poltron de Molchior ! Sache qu´on ne m´appelle pas l´Enragé pour rien. Je n´ai jamais, tu entends, jamais, autant souffert qu´entre les griffes de ce bourreau qui nous gouverne. Et l´heure n´est mais alors vraiment pas aux dissensions. Oui, je suis votre chef, je le reste, et je vais reprendre les choses en main, puisque vous avez été incapables de mener à bien ce qu´on avait prévu.
Molchior-- Tu veux toujours appliquer le plan ?
Bougrasse-- Oui. J´ai confiance en Padgram.
Molchior-- Mais il ignore tout de tes intentions réelles... Tu abuses de sa confiance. Et nul ne sait où il se trouve en ce moment. Il est activement recherché. Que veux-tu qu´il fasse en demeurant un fugitif ?
Bougrasse-- Il n´a pas encore été pris. Il a la détermination nécessaire pour réussir. Tout ce que nous avons à faire, c´est de préparer son retour... pour ainsi enfin appliquer notre projet.
L´autre gros-- Je ne sais pas si le prince, à supposer qu´il réussisse sa tâche, sera ravi de savoir que tu as en fait pour ambition de...
Bougrasse-- Silence, Garguidou! Les murs ont des oreilles! Tout ce qui compte maintenant, c´est de réunir les autres. J´ai trouvé un endroit. Rendez-vous demain, au crépuscule, dans les anciennes mines de Falacrosse. Que tout le monde y soit! Et surtout, essayez d´être discrets! Ne vous déguisez pas en personnes qui veulent se déguiser pour échapper à l´attention. Songez plutôt à vous grandir pour qu´on oublie que vous êtes gros. Rappelez-vous, tout le monde peut vous dénoncer comme obèse désormais. Un regard de biais, un cri hurlé au bon moment, et la milice vous tombe dessus. Prudence avant tout. Partez, maintenant.
Molchior et Garguidou hochèrent la tête silencieusement, et s´éclipsèrent le mieux qu´ils purent, tandis que Bougrasse différait son départ de quelques minutes, rejoignant ensuite sa table pour finir son bol de nouilles et songer de manière plus approfondie au secret dessein qui l´animait.
--- Dans la salle des ministres - citadelle de Barzabute ---
Conspiru était réuni avec tous ses ministres, remis de leur oeil crevé, désormais convaincus à double titre qu´il fallait suivre le Juge. D´abord, sa puissance armée était telle qu´une riposte signifierait immédiatement la décapitation. Mais surtout, il était clair que l´affaire du prince Padgram, régicide fugitif, avide de reprendre le pouvoir, relevait de la plus haute importance, et seul Conspiru semblait être en mesure de confronter le problème. Aucun des membres de ce gouvernement barzabutien ne souhaitait que le grossier fils de feu le roi Grofor accède au trône du plus valeureux de tous les royaumes de Saldra.
Autour de la table se tenaient également Balfoy le Truculent, sous-préfet de Fërucora, Galdone le Forgeron, Pralidor Hapic´n, éminent seigneur de Kuliz et porte-parole du préfet de la ville, le prêtre du temple du Myosotis, Frère Dophylis, ainsi que tous les monarques, rendus sur place en personne, des contrées voisines du Moulbidon, du Trudur, et du Coquelard.
Conspiru posait les mains à plat sur la table, et les regardait tous, avec un air mêlé de colère et de mépris.
Conspiru-- Messsires, messieurs, majestés! Je vous ai réunis car l´heure est grave. Voilà plus d´un mois que le régicide Padgram - à qui la grâce naturelle, inhérente à tout régicide au bout de deux ans, a été retiré - nous échappe, nous file entre les doigts, et vous avouerez que c´est assez préoccupant étant donné l´embonpoint de notre ennemi. Il nous échappe, messieurs, et ce malgré toute l´efficacité du grandiose filet de surveillance que nous avons mis en place sur Barzabute. Outre cela, j´apprends aujourd´hui de la bouche du seigneur Hapic´n que l´énergumène a quitté les terres du continent pour se tourner vers l´Est. Autrement dit, vers le continent Zalzarien. Quels que soient ses motifs, la quête d´une femme en particulier apparemment d´après ce que vous dites, Pralidor, ou l´intention toujours vivace de réunir une armée, nous ne pouvons plus désormais essayer de le capturer sans traiter avec Gerabrossa d´Anthar obn´ Suur. C´est sur ses mers, désormais, que navigue le dangereux graisseux. Il s´est en outre entouré d´un nombre considérable de comparses qui seront, je vous le promets, tous sévèrement châtiés.
Hapic´n-- La mort pour tous ! Je veux récupérer ma fille !
Conspiru-- Silence! Notre problème, messires, messieurs, majestés, est double. Si nous laissons Padgram atteindre les Zalzaries sain et sauf, il aura tout le loisir de réunir des hommes. Et la légendification des nouvelles du monde étant ce qu´elle est, je ne garantis pas de l´effet dévastateur que cela pourrait avoir sur le peuple de notre continent si l´on venait à apprendre que le prince soi-disant légitime est prêt à marcher sur Barzabute, en... "libérateur". Comme s´il fallait libérer le pays de quoi que ce soit, de toute façon! Bon! Cela veut donc dire qu´il faut matraquer encore davantage, et de manière systématique, que Padgram est dan-ge-reux, cruel, impitoyable, son nom doit faire trembler les chaumières et servir de menace cauchemardesque aux enfants qui refusent d´aller dormir ! Alors, je m´adresse à vous, Messire Jakalus Langusse. Puisque la culture est votre pôle, j´exige que vous imposiez à tous les artistes de la contrée, quels qu´ils soient, de célébrer le régime de la purification des laideurs décadentes, et de noircir à sa juste mesure le terrible énergumène qui en veut à notre intégrité. Je vous suggère vivement de demander la même chose à vos ministres, Majestés.
C´est bien ce qu´il nous faut pour gérer les éventuels débordements intérieurs - je n´ignore pas que notre politique de purification et nos milices ne rencontrent guère d´adhésion volontaire auprès de la plèbe, eh bien, grossissez le montant des récompenses pour ceux qui se feront un devoir de dénoncer à la justice ceux qui entendent s´écarter du droit chemin de la vertu du modèle que, de tout mon coeur, je souhaite pour eux. Et si cela ne suffit pas, nous durcirons nos méthodes, nous augmenterons nos effectifs, et nous rendrons leur équipement encore plus performant. Maître Galdone, je vous demande de produire encore davantage nos si précieuses armures, et ne protestez point, j´en veux cent mille de plus d´ici la prochaine lune pleine, c´est un ordre.
Il se tourna soudain vers le prêtre du temple de Myosotis.
Conspiru : Dites-moi, Frère Dophalys, vous avez eu un rapport bien particulier avec notre ennemi.
Dophalys-- En effet. Et dire que je l´avais pris pour le messie annoncé par la fameuse prophétie de...
Conspiru-- Oui, bon, en tout cas, pour avoir outragé le temple de Myosotis, il me semble qu´il mérite l´excommunication, n´est-ce pas ?
Dophalys-- Oui, tout à fait.
Conspiru-- Très bien, vous irez donc à Myosotoris, cité des Balastres, et vous transmettrez à Porphalys III la nouvelle selon laquelle le prince Padgram de Barzabute, régicide et disgrâcié, est profondément hostile à l´égard de notre sainte religion.
Dophalys-- Qu´il en soit ainsi. Je partirai dès ce soir.
Conspiru-- Ceci étant dit, il s´agit maintenant de considérer les solutions qui s´offrent à nous pour empêcher Padgram d´atteindre la terre de l´Est, sachant qu´il n´est pas très souhaitable pour le moment d´envisager un dialogue politique avec Gerabrossa le Jaune.
Un ministre-- Que voulez-vous faire ?
Conspiru-- Attendez, vous verrez bien. Balfoy, avez-vous amené le prisonnier ?
Balfoy-- Il vous attend juste derrière la porte, Monseigneur.
Conspiru-- Très bien, faites le entrer.
La porte s´ouvrit alors, laissant apparaître deux soldats tenant fermement un homme, traînant les pieds sur le sol, épuisé par une torture qui avait laissé son visage en sang.
C´était Djaz´k, le musicien de Fërucora.
Conspiru-- Cet homme a aidé Padgram à s´enfuir devant nos yeux, à Fërucora. Eh bien, nous allons l´utiliser comme appât. Il ne s´agit pas d´envoyer une flotte contre le Grand Mistral, il s´agit d´envoyer une seule barque, avec ce vaurien à l´intérieur. Il s´agira alors d´être convaincant auprès de Padgram. Continuer d´avancer signifiera la mort de son ami.
Hapic´n-- Mais enfin, quand bien même il accepterait de s´arrêter. Que pourrions-nous faire ?
Conspiru-- Vous ne réfléchissez pas. Le temps d´hésitation dont fera preuve Padgram en voyant son ami, ne doit nous servir qu´à le tuer d´un coup de feu, ni plus ni moins.
Balfoy-- Vous voulez donc tuer directement le chef ?
Conspiru-- Ce sera d´une discrétion à toute épreuve. C´est risqué bien sûr, surtout pour celui qui devra se charger de l´office, mais cela peut même nous éviter d´employer tous nos moyens de persuasion collective quant au danger que représente notre criminel.
Hapic´n-- Et peut-on savoir qui se chargera de "l´office", comme vous dites?
Conspiru-- Oh pour ce qui est de la personne qui conduira la barque, ce ne sera qu´un simple passeur un peu rustre discrètement engagé par nos soins, susceptible de rendre la menace de mort sur le musicien tout à fait vraisemblable, une fois qu´il sera devant Padgram.
Hapic´n-- Mais... "qui conduira", cela veut dire qu´il ne sera pas celui qui tuera Padgram ?
Conspiru-- Bien sûr que non. Notre ami Djaz´k le fera en personne, car le passeur aura déjà trop attiré de méfiance sur lui pour faire le travail lui-même. N´est-ce pas que tu vas le tuer, petit artiste ?
Djaz´k releva difficilement la tête mais resta comme à son habitude très digne.
Djaz´k-- Tes mots... importunent ma musique intérieure... Tyran.
Conspiru appuya son doigt sur une des plaies qui ouvrait un peu le crâne du musicien, celui-ci hurla de douleur et retomba dans les bras des soldats qui le maintenaient.
Conspiru-- Eh bien... Piètre chanteur.
Hapic´n-- Qu´est-ce qui pourrait motiver ce misérable à tuer Padgram ?
Conspiru-- La vie de sa petite soeur, sans doute. Vous l´avez ramenée, Balfoy ?
Balfoy-- Oui, elle est dans la chambre avec nos soldats.
Conspiru-- Ils n´y ont pas touchée, j´espère ?
Balfoy-- Pas encore...
Conspiru se pencha alors vers Djaz´k.
Conspiru-- Tu entends, l´ami ? Ils ne l´ont pas encore touchée. Je te garantis qu´ils ne lui feront aucun tort... si tu fais bien tout ce qu´on te dit.
Djaz´k n´arrivait pas à répondre, tout occupé qu´il était à cracher son sang.
Conspiru-- Il me semble que sous ton âme d´artiste, il y a aussi beaucoup de raison. Espérons que tu sauras t´en servir. (aux soldats) Emmenez-le et préparez le.
Il se retourna vers son assistance, restée silencieuse devant la scène, eut un grand sourire qui sonnait faux et demanda s´il y avait des questions.
Un seul ministre se risqua à en soumettre une.
Le ministre-- Pour ma part, je me demande seulement si... s´il n´y aurait pas moyen de... de rendre l´enjeu plus important...
Conspiru-- Que voulez-vous dire ?
Le ministre- Eh bien il me semble que... il me semble que le prince Padgram serait... serait plus sensible si la personne dont il devait décider le sort, à choisir entre elle et continuer sa route vers Anthar obn´ Suur, et personne qui serait amenée à... à le tuer, donc... n´était autre que...
Conspiru-- Lysette ?
Le ministre-- Oui.
Conspiru-- Oubliez ça. Lysette, puisqu´elle n´est plus que Lysette, restera au château tant que je le voudrai. Je ne la chargerai pas d´une telle responsabilité.
Hapic´n-- Oui mais si cette fille fait peser plus lourdement la balance que ce Djaz´k, si elle garantit davantage le succès de cette entreprise, seigneur Conspiru, il serait en effet peut-être souhaitable et même nécessaire de la voir partir à la place ou du moins avec le musicien.
Conspiru-- Je vous dis que c´est non.
Hapic´n-- Pensez-vous qu´il est sage de mêler vos... sentiments, aux affaires politiques ?
Conspiru-- Vous n´êtes pas là pour penser à ma place, Pralidor. Songez plutôt au sort de votre fille.
Hapic´n se tut alors. Conspiru ne souriait plus. Il salua brièvement le conseil, et se retira.
Oui, au fond, ils avaient raison, pensa-t-il dans le couloir. C´est elle qu´il faudrait envoyer. Mais c´était trop dangereux, les comparses de Padgram la tueraient sans doute après son crime, et peut-être même n´aurait-elle pas l´envie de le tuer, elle était si insaisissable. Il avait essayé de la retrouver parmi les domestiques mais il ne l´avait pas trouvée, il attendait qu´elle revienne, qu´elle s´accroche à lui, qu´elle lui reconnaisse enfin toute sa légitimité d´époux, mais il ne voulait pas la forcer. Enfin... jusques à quand accepterait-il de stagner dans cette situation ridicule ? Il était le plus grand du continent, et il était réduit au simple statut de prétendant par sa femme, qui en plus avait préféré revenir au tablier plutôt que dormir sous sa couronne. S´il n´avait pas été aussi craint, Conspiru aurait sans doute été la risée de tous pour cette seule histoire, dont le continent tout entier faisait déjà des gorges chaudes. Allons, se dit-il, il faut qu´elle reste ici pour que je puisse la séduire, pour qu´enfin elle m´aime comme il lui faut m´aimer... Et elle m´aimera, oui, j´en fais le serment.
Sur ces dernières pensées, il regagna sa chambre pour prendre du repos.
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Laikri_Venn
- Posté le
20 septembre 2007 à 13:01:14

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--- Sur la mer d´Anthar obn´ Suur ---
Le Grand Mistral allait bon train bon vent filant à toute allure sur les flots généreux. D´après Nortellon et Saïan, qui se rappelaient de plus en plus de la direction d´Anthar obn´ Suur - Saïan y était d´ailleurs déjà allée en accompagnant son père dans l´un de ses voyages d´affaire, ce qui expliquait sa connaissance du territoire et sa capacité à renseigner Padgram -. Au fur et à mesure que la couleur de l´eau passait du bleu sale des eaux de Kuliz au bleu vert presque jaune des mers orientales, ils savaient tous deux que la forteresse du Sultan n´était plus très loin.
Padgram méditait ce projet si enivrant de réunir une armée de pirates, mais il ignorait encore si c´était une si bonne idée que ça, et quels étaient les moyens dont il disposerait pour rassembler assez de monde, assez de compétence, assez de puissance en somme. Et puis, il pensait à Lysette dont il avait appris l´étrange disgrâce volontaire, il se demandait bien ce qu´elle pouvait penser en ce moment, il se demandait si elle savait que c´était pour elle qu´il était parti au fond, le pouvoir et l´autorité dont il avait récemment pris conscience n´étant finalement que des consolations, agréables substituts d´une puissance d´attraction dont il était, gros et ridicule, toujours autant dépourvu. Il y avait bien cette fille, là, cet énergumène en robe blanche, dont on ne savait même plus s´il fallait la considérer comme un otage, une alliée, ou un caniche excité, qui le prenait pour une sorte d´objet apaisant et déstressant. Mais quelle humiliation! Et puis il y avait Hellia dont le froid regard lui manquait et qui motivait tout son parcours depuis un bon bout de temps. Pour qui se battait-il, au final ? Pour l´amour de Lysette ou pour cette femme dont il ignorait finalement tout qui en plus se présentait, contre toute apparence, comme l´ancienne incarnation de la plus grande puissance métaphysique existant dans le cosmos. Que signifiait tout cela ? Pourquoi la Mort s´était-elle donc attaché à lui ?
Il repensa aux deux années d´exil qui avaient suivi son évasion de Barzabute, dans la forêt de Touc. Il était fin à cette époque, ses larmes, il ne sait pourquoi, lui avaient redonné temporairement une forme de héros, gracile héros des romans que l´on idolâtre. Il avait appris à se débrouiller tout seul, en solitaire, ne cessant jamais de penser à Lysette laquelle pendant ce temps s´était faite épouser par ce gros malotru de Conspiru. Mais il n´avait pas d´autre amie que la nature, il lui importait bien peu, finalement, d´être gros ou mince. La seule richesse, il ne la trouvait qu´aujourd´hui, à bord de ce pont, en regardant la mer depuis le gouvernail, accompagné de tous ces compagnons qui l´avaient rejoint, parfois malgré lui, parfois malgré eux. Padgram se mettait à aimer le monde, et sans le savoir, commençait à s´aimer lui-même.
Il fut cependant tiré de sa rêverie par un spectaculaire coup de canon et des cris effrayants!
Tous les marins se figèrent, tremblant de peur.
Les marins-- LES PIRAAAAATES !!
Londe et Rune accoururent pour voir de quoi il s´agissait. En effet, à une centaine de coudées du Grand Mistral, un galion aux couleurs noires filait, les canons présentés, et l´équipage barbu debout sur le pont, dans la tranquille attente du pillage et du massacre d´un bateau officiel.
Londe-- Ca... c´est des vrais, et c´est pas des bons!
Grisk-- Padgram, qu´est-ce qu´on fait !!
Padgram-- On touille, on touille, on touille dans la mer!!
Londe-- Non, ils vont beaucoup plus vite que nous, et nous avons navigué toute la journée! Ils vont nous rejoindre en peu de temps!!
Padgram-- Eh bah je sais pas moi! Karzus, t´as une idée!
Karzus-- Alors là... après toute cette poudre, si tu crois que je suis d´attaque.
Padgram-- La poudre!! Ca veut dire que les canons sont prêts!
Nortellon-- Non! J´ai fait le ménage tout à l´heure dans la cale, les canons sont rouillés, ils devaient être huilés à Kuliz avant que le bateau reparte!
Padgram-- Tonnerre!!
C´était la déconfiture la plus totale, et Padgram restait désespérément sans inspiration devant son équipage qui attendait un ordre, n´importe quoi. Même Saïan avait cessé de s´agiter, même si elle était apparemment ravie de la perspective de se faire maintenant éventuellement capturée par des pirates sanguinaires.
Rune-- Attendez! J´ai une idée!!
Padgram-- Aaaah! La phrase que j´attendais!
Rune-- Padgram, tu as toujours mon diamant aimant ??
Padgram-- Bien sûr!
Il le sortit immédiatement de sous ses bourrelets.
Rune-- Nous allons les maintenir à distance jusques aux côtes! Faites-moi confiance!
Devant ses compagnons interloqués, elle prit le diamant et se précipita sur le mât, en y fixant le diamant aimant qui avait permis de remonter Padgram et Grisk à la surface de Kuliz.
Elle l´orienta aussitôt, en le mettant à l´envers, vers le bateau pirate, se concentrant plus précisément sur les canons.
Aussitôt, il y eut un effet de contre attirance magnétique. Si bien que le bateau pirate fut prodigieusement reculé, maintenu à une distance constante, dans sa poursuite, de trois bons kilomètres.
Sur le bateau, tout le monde l´acclama.
Padgram-- Cette fille, c´est quand même pas rien.
Londe-- Bah ouais, c´est ma soeur ^^!
--- Mais pendant ce temps, sur le bateau pirate ---
Les pirates fulminaient et ne comprenaient pas du tout comment ils pouvaient être aussi ralentis.
Ils se plaignirent au capitaine qui leur hurla de la fermer.
Ce capitaine souriait derrière sa longue-vue.
Il n´avait pas aperçu qui avait fixé le diamant aimant sur le mât , mais il reconnaissait le procédé.
Le Capitaine-- Je ne connais qu´une seule personne capable de ce genre d´idées...
Le pirate assistant-- Le diable !
Le Capitaine-- Oh non, mon cher Valzico... C´est ma fille.
Le pirate assistant-- Comment?? en êtes-vous bien certain, capitaine ??
"Oui, plus que jamais" répondit Albatrusse le Pirate, empli d´une indicible joie et d´une infinie fierté.
à vous la suite!
-Laikri_Venn-
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-PlacidVlad-
- Posté le
21 septembre 2007 à 17:36:57

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Anthar obn´ Suur... La cité du Sultan Jaune, Gerabrossa. Voilà des siècles que la famile Jaune regnait en toute cruauté sur une bonne partie du continent Zalzarien. Tout le nord leur appartenait. La famille sultanique fut jadis grandiose et leur renommée était enviée par bien des nobles. Mais au fil du temps, le nom de Jaune se ternit et la renommée en prit un coup fatal, les sultans ne dirigaient plus leurs terres qu´occasionnellement et leur politique sur l´esclavage des femmes commençait à faire vraiment peur à tout le monde. Beaucoup mettaient ces actions de folie sur le compte de cette tradition familliale des Jaunes qui voulait que leurs enfants se mariassent entre eux. Aujourd´hui, le sultanat était décadent, le peuple avait encore plus peur qu´avant et les relations avec les pays extérieurs étaient quasi nulles. Le grand royaume des Jaunes se réduisait à une immense cité-forteresse. Gerabrossa s´en contentait fort bien. Ca lui suffisait pour ses activités, son "sport quotidien", comme il disait. Le Sultan était même fier de sa situation: peu d´hommes sur Saldra pouvaient se vanter d´avoir un harem aussi fourni que le sien et, malgré la taille assez réduite de son royaume, Gerabrossa restait un homme à craindre et à respecter. Il valait mieux l´avoir dans ses petits papiers, il était riche. Extremement riche, même pour un sultan. S´il décidait de lever une armée et d´attaquer le monde entier, il pourrait le faire. Et il gagnerait, sans l´ombre d´un doute.
Mais Gerabrossa n´était pas de ces hommes assoiffés de pouvoir. Il aimait sa vie faite de luxure, et le pouvoir qu´il exerçait dans son royaume et sur ses esclaves lui suffisait, tant que le reste du monde le laissait tranquille. Il preferait mettre son argent au profit des trafics d´esclaves. Il était particulièrement content d´un de ses dernières aquisitions: une jeune femme aux cheveux noirs et aux yeux délavés. Elle avait un de ces visages qui vous paraissent durs et froids, de ces visages de femmes dignes et sures d´elles. Elle lui donnait l´impression qu´elle le dominait. Elle était droguée, bien sur, mais quand il la sautait et qu´il regardait son visage perdu dans les limbes, il avait l´impression de sentir de hauts talons pointus lui parcourir le dos, de sentir les ongles de l´esclave lui pénetrer les chairs. Les rapports de force, voilà ce qui plaisait à Gerabrossa. Il avait tout ce qu´il voulait de n´importe quelle femme, mais cette nouvelle était la seule qui était parvenue à le dominer, de la seule force de son regard. Et ça lui plaisait, au sultan. Ooooh oui, il aimait ça! Rien que d´y penser, il sentait son bas ventre se tortiller. Dès qu´il serait sortit de ses royales toilettes, il ferait venir cette jeune putain et il la sauterait. Non, elle le sauterait.
Hellia était dans sa chambre. Une cage dorée, et pas au sens figuré. Ses fenètres étaient grillagées de barreaux en or. Ses meubles étaient aussi en or. La jeune femme était allongée sur son lit à baldaquins et savait que d´ici peu elle serait appellée à satisfaire les désirs du sultan. Elle pensait aussi à Lili, qui avait promit aux autres filles qu´Hellia allait les sortir de là. Elle avait réussit à éviter de devoir leur raconter les détails du plan en prétextant que ça devait rester secret et que les drogues qu´on leur administrait pouvait délier les langues. Cependant, elle savait qu´elle ne pourrait pas faire ça indefiniment et que les filles se vengeraient si elle ne leur apportait pas satisfaction. Elle pensait aussi à ce petit oiseau en os qui se nichait tout le temps au creux de son décolleté et qu´elle n´avait plus revu depuis quelques temps. Elle soupira et regarda par la fenètre. Le soir commençait à tirer sa révérence et la nuit s´installait confortablement. La Lune était au moins au quart pleine. Ca devait faire une bonne semaine qu´elle était là. Elle pensait souvent à Padgram, lorsqu´elle regardait la lune. Elle se demandait si elle le reverait un jour. Que devenait il? Allait t il la sauver? Etait il seulement en position de pouvoir la sauver? Tant de questions... Elle soupira de nouveau et regarda le plafond de son lit, dont les rideaux bougeaient lentement au gré d´une brise venue rafraichir l´atmosphère avant que le Sultan ne vienne la réchauffer de son petit possible. La nuit promettait d´être froide.
?? ?: "Alors c´est ça... Et dire que tu as été si grande, jadis!"
Hellia sursauta. Elle était pourtant seule, dans cette chambre! Et personne ne pouvait y entrer à part le sultan et quelques domestiques! Elle s´assit sur son lit et vit, appuyé à une commode, la nouvelle mort. C´était une voix d´homme qui lui avait parlé, mais Hellia savait que la mort n´avait pas de sexe. Il avait gardé sa capuche, qui cachait son visage.
Mort: "Tu es vraiment tombée bien bas, Ex Mort! Ou plutôt devrais je t´appeller Hellia? C´est ton nom, maintenant si je ne me trompe!"
Hellia: "Comment se fait il que... Je ne pouvais plus te voir, pourtant!"
Mort: "J´ai le pouvoir de me montrer à mes victimes sous un masque, tu devrais le savoir!"
Hellia: "Oui, c´est vrai... Et que me veux tu? Tu n´es pas venu me chercher, tu ne te serais pas dévoilé, sinon!"
Mort: "Détrompe toi, je suis bel et bien venu te chercher, mais pas dans le sens ou tu l´entends. Saldra t´appelle. Elle t´a longtemps laissée courir, mais elle veut te voir. Tu dois recevoir ta punition pour avoir désobeit aux ordres même de la mère créatrice."
Hellia: "Saldra n´enverrait pas la Mort elle même pour une mission aussi futile."
Mort: "Et pourtant... Elle s´est dit que tu aurais certaines affinités avec moi... Va t en savoir pourquoi... En tout cas j´ai reçu pour mission de te ramener au coeur de Saldra et je le ferai, que tu l´acceptes ou non"
Hellia: "Au coeur de Saldra... Tu n´es pas sans savoir que je suis prisonnière ici. Et à moins que tu aies plus de pouvoir que ceux dont je disposais autrefois, il t´est impossible de m´emmener au coeur de Saldra autrement qu´à pied!"
Mort: "Je ne dispose effectivement pas de pouvoir supérieurs, c´est pourquoi je me suis montré ici. Parce que je vais t´aider."
Hellia: "M´aider?"
Mort: "A te sortir de ce pétrin, oui."
A vous la suite!!
-PlacidVlad-
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Un_poil_sur_leQ
- Posté le
24 septembre 2007 à 13:17:36

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Hellia: Mais je ne comprends toujours pas. C´est à cause de toi, en voulant attirer ton attention, que je me suis retrouvé ici. Tu n´as cessé de me fuir, et j´en suis presque venue à mourir, tu avais ma main dans ta main, tu la tenais, et tu aspirais mon âme, sans te soucier de moi. Pourquoi ce revirement ? Pourquoi m´aider à vivre plutôt que me faire mourir à mon tour ?
La Mort: Tu n´es pas là pour vivre, et je ne décide pas de ce que je fais, moi-même je ne suis rien.
Hellia: Attends, laisse-moi te poser les questions que je voulais te faire. Qui es-tu ? Comment m´a-t-on remplacée ? En quoi ai-je désobéi à la Terre de Saldra ?
La Mort: A certaines de tes questions, tu peux répondre seule, à d´autres, tu ne le peux, et c´est l´esprit de la Terre lui-même qui s´en chargera.
Hellia: Comment ça des questions auxquelles je peux répondre seule ?
La Mort: Ta disgrâce est due à l´enfreinte d´une règle fondamentale.
Hellia: La... la règle fonda... oh non !( elle réalisa)... Le prêtre... C´est parce que j´ai tué le prêtre dans le temple et que...
La Mort : Ce n´était pas son heure.
Hellia: Alors... Alors ça veut dire que la Terre l´a rendu à la vie n´est-ce pas ? il est vivant !
La Mort : Exact.
Hellia: Quand Padgram et les autres sauront ça...
La Mort: Ils sont déjà au courant.
Hellia: Quoi ?
La Mort: Ils savent tout sur ta véritable identité.
Hellia eut un haut le coeur, preuve supplémentaire de son humanité grandissante.
Hellia: Non! C´est impossible! Qui leur a dit! Karzus, c´est ça?
La Mort: Je ne le sais. J´ai revu brièvement tes amis lorsque l´un des leurs a manqué de me donner son âme, mordu par un serpent.
Hellia: Comment vont-ils? Que font-ils? Où est-ce qu´ils sont?
La Mort: Je ne le sais. Je n´ai en mémoire que les âmes qu´il faut aller prendre.
Hellia: Ah, tu me rappelles ce que j´étais! Une bonne à tout faire! Tu n´as donc pas envie toi aussi de découvrir un peu ce que ça fait qu´être humain!
La Mort: Je n´ai pas cette faiblesse. Je ne suis qu´un messager, une étape intermédiaire, un non-être qui ne s´incarne que dans la fin de l´être. Cesse d´agir donc si humainement et imprègne-toi plutôt de mes conseils, désormais.
Hellia : Je t´écoute.
La Mort : Pour sortir d´une forteresse, il faut savoir voler de ses propres voiles.
Hellia: Pardon ?
La Mort : Le gardien de vos fenêtres posté devant le pont est bientôt appelé par la Terre. D´ici deux heures, une crise de foie l´emportera. Une heure sera nécessaire pour qu´on s´en rende compte. Il te faudra user des voiles, des robes, et des rideaux, dont tu disposes ici, pour nouer une corde du long de laquelle tu glisseras jusqu´au sol, en l´envoyant par la fenêtre, dont tu auras brisé les barreaux avec le marteau du gong qui sonne toutes les heures dans votre vestibule. Là, je t´attendrai, l´âme du gardien entre les mains, je saisirai ton bras, et nous plongerons dans les immenses douves; nous nous y enfoncerons jusqu´aux plus profonds abysses. Là, dans le noir, notre but nous attend, nous passerons sous le sol, et nous marcherons sous le monde pour rencontrer Sa voix.
Hellia: Attends... j´ai... J´ai promis à mes compagnes d´infortune de les aider à se libérer d´ici.
La Mort : Il ne saurait être question de les emmener avec nous. Ne t´attache pas à ces mortels.
Hellia: Je suis mortelle comme eux, maintenant.
La Mort : Mortalité illusoire. Je me retire. Sois prête dans deux heures. Dans le cas contraire, je ne pourrais plus t´aider, et si la Terre ne te voit pas, je ne sais ce qui pourrait arriver.
Hellia: Tu ne sais donc rien.
La Mort: Le néant ne sait jamais rien, Helliarane. Pour le moment, adieu.
L´individu encapuchonné se fondit alors dans les ombres et disparut, laissant Hellia tout à fait sonnée.
Marque suprême de son humanité : elle n´était plus qu´indécision.
°° A bord du Grand Mistral °°
Padgram: Rune, combien de temps, à ton avis, va-t-on pouvoir les tenir à distance ?
Rune: Je n´entrevois aucun délai, Pad! Même s´il nous contourne par la gauche ou par la droite, nous serons toujours comme au centre d´un cercle imaginaire, et lui ne fera que dessiner un périmètre autour de nous. Le rayon restera stable puisque la force magnétique du diamant se diffuse partout.
Grisk en profita alors pour poser une question épineuse à l´ingénieuse adolescente.
Grisk: Mais dis-moi, à ce propos, pourrais-tu me réexpliquer cette histoire de Pôle Est car je n´ai toujours pas compris comment tu avais réussi à nous orienter sous terre.
Rune: Aah, c´est parce que tu n´as jamais navigué! Tu ne connais pas la structure du monde! Un bon marin le connaît toujours! N´est-ce pas, Londe ?
Londe: Euh oui si on veut.
Grisk: Oui eh bien cesse de fanfaronner et dis-moi de quoi il en retourne.
Rune: Eh bien en fait, contrairement à d´autres planètes, notre monde ne tourne pas selon un axe vertical mais un axe horizontal ! Les pôles ne sont jamais que les extrémités de l´axe autour duquel le monde tourne sur lui-même! J´ai bien entendu de planètes où cet axe va du nord au sud, mais la nôtre a cette particularité d´avoir un axe qui va de l´est à l´ouest, d´où le pôle Est, et le pôle Ouest.
Padgram: Ah ça ! Là, moi aussi j´apprends quelque chose ! Donc en quelque sorte, Saldra notre planète est comme un gros poulet qu´on fait rôtir sur broche ??
Rune: Exactement !
Grisk: C´est fascinant! Mais qui t´a donc appris tout cela ?
?? : Eh oui, qui d´autre, sinon son père!
Il y eut un grand silence fracassant. Les oreilles frisonnèrent, les yeux s´écarquillèrent, les doigts se crispèrent. Nul n´osait se retourner pour voir qui avait parlé. D´emblée, ils n´avaient pas aimé cette voix grave et sombre comme les ténèbres, sèche comme le vent du désert et chaleureuse comme l´odeur du bois.
Londe et Rune restèrent paralysées. Elles se regardèrent, fébriles, ne bougèrent pas, stupéfaites, pendant un moment qui sembla long et finirent par se retourner...
Albatrusse : Mes chéries...
Ce fut comme une explosion d´adrénaline, les deux jeunes filles crièrent comme elles n´avaient jamais crié.
Londe et Rune : Papa !! !
Elles se précipitèrent sur lui, et sautèrent pour entourer son cou de leurs bras, le faisant aussitôt tomber sur le pont, riant et fou de joie.
Constatant la teneur de la scène, l´équipage se détendit et se mit à sourire gentiment. Padgram se grattait la tête et le ventre en même temps, atteint par une certaine perplexité. Les deux filles avaient donc un père. Mais d´où débarquait-il ??
Londe : Mais comment est-ce possible ?!
Rune : Le naufrage ! On a cru... tout l´équipage qui était...
Padgram: Attendez, vous êtes... vous êtes Albatrusse le pirate ? Le capitaine du bateau qui nous pourchasse là ?
Albatrusse : Oui, du moins qui tente de vous poursuivre. J´ai pris une barque seul et j´ai nagé jusqu´à vous. Ma petite barque seule ne pouvait être soumise à l´attraction du diamant.
Padgram eut des vapeurs en apprenant la personne à qui il faisait face et s´évanouit sur le pont, le trouant aussitôt de tout son poids dans un énorme craquement, et le faisant ainsi lourdement tomber dans la cale où galéraient les marins.
Ils interprétèrent ce geste de leur capitaine comme une volonté de se rapprocher d´eux et en furent tout ragaillardis.
°° Sur le Pont °°
Les marins s´affairaient à réparer le trou créé par Padgram, tandis qu´Albatrusse passait du temps avec ses filles, assis sur trois barils.
Albatrusse: Londe, que t´est-il arrivé à l´oeil ? Qui a osé éborgné ma fille ? Et que signifie cette glace qui s´y cache maintenant ? Et pourquoi as-tu les cheveux si courts ? Tu t´es rasée ?
Londe: Euh j´ai dû les couper pour un cas d´urgence extrême. Et euh pour l´oeil c´est arrivé pendant le naufrage... Un jour j´ai été blessée et Padgram m´a soignée avec de la glace, elle est restée incrustée à l´intérieur de l´oeil, au moins ça soulage la douleur.
Rune: Il m´est arrivé la même chose mais... certains événements ont fait que mon oeil manquant est revenu.
Albatrusse : Comment ça ?
Rune : Si je t´explique comment je l´ai récupéré, je te connais, tu auras des envies de meurtre.
Albatrusse : Tu me le diras quand bon te semblera, ma fille. Je suis si heureux de vous retrouver, bande d´écrevisses! Lorsque j´ai vu le diamant, j´ai reconnu la marque familiale. Je n´y croyais pas, vous étiez mortes...
La naissance d´une larme avait accompagné cette dernière phrase.
Rune : Mais, nous aussi, on te croyait mort. Vas-tu enfin nous raconter ce qui s´est passé ?
Albatrusse : Lorsque le bateau s´est échoué sur les rochers de la baie du Porkus, vous vous rappelez il y a eu le coup de vent, le syphon, et puis tout a volé en éclats, et la plupart de nos compagnons sont morts. J´ai en fait été protégé par le mât qui au lieu de m´envoyer sur la plage, m´a envoyé dans l´océan. Evanoui, j´ai flotté jusqu´à un rocher qui était de l´autre côté de la baie et en m´y accrochant...
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Un_poil_sur_leQ
- Posté le
24 septembre 2007 à 14:12:23

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...je me suis brièvement réveillé, avant de m´évanouir à nouveau de tout mon long dessus. Le soleil a brûlé ma peau et me faisait souffrir les yeux, j´étais sur le point de mourir lorsque des pêcheurs m´ont retrouvé et m´ont soigné. A contrecoeur, je les ai égorgés lorsqu´ils se sont rendu compte qu´ils avaient sauvé Albatrusse le Pirate et que leur sale morale leur imposait de me dénoncer. J´ai voulu me rendre sur la baie pour vous chercher, tous les corps avaient été brûlés, probablement par les garde côtes barbazutiens. J´ai vu... j´ai vu les corps de nos compagnons, brûlés, des os, rien que des os noirs, c´est tout ce qui restait. Et du bateau, de l´Albatros, il n´y avait plus qu´une planche moisie. Je vous ai pleuré pendant des jours, maudissant les hommes qui avaient pu vous mêler au tas de l´équipage. Jamais je n´aurais cru vous revoir.
Rune et Londe avaient écouté leur père avec une triste attention. Elles le serrèrent dans leurs bras, simplement heureuses de le sentir près d´elles.
Albatrusse : Bon, maintenant, dites au revoir à vos amis.
Rune : Quoi ?
Albatrusse : Eh bien oui, vous venez avec moi.
Londe : Papa, on voudrait bien, mais... mais le prince Padgram est notre ami et on peut pas le laisser tomb...AIE!
Albatrusse : Ma fille, qu´il y a-t-il ??
Londe se tenait la cuisse en serrant les dents de douleur.
Londe : Rien... rien, ce n´est rien... AAIE !!
Rune : Oh non... C´est ta jambe ?
Albatrusse : Comment ça sa jambe ?
Rune : Londe... Tout à l´heure, tu as plongé dans l´eau pour sauver le contremaître...
Londe : Oui... elle... elle rouille, maintenant.
Albatrusse : Quoi elle rouille !! Qu´est-ce que c´est que cette histoire de jambe ??
Rune raconta alors en hésitant tout ce qui s´était passé à ce propos.
Albatrusse se leva avec fureur et plongea dans le trou que réparaient les marins pour réveiller Padgram et lui donner des claques.
Albatrusse : Réveille-toi, boule de gras!!
Padgram fut terriblement secoué. Les marins auraient bien voulu faire quelque chose pour sauver leur commandant, mais son adversaire n´avait pas l´air commode et puis les remous que ça créait déséquilibraient tellement le bateau qu´il fallait continuer à pagayer coute que coute
Albatrusse finit par sortir une dague hors de sa ceinture et la glissa sous le quadruple menton de notre héros. Padgram se réveilla alors tout à fait.
Padgram : Oula... en quoi puis-je vous aider, monsieur le papa de Ronde et Lune ?
Albatrusse : Le hasard t´a confié mes filles et toi, prétendant royal, tu as été incapable de les protéger de ces atrocités? Si elles ne t´aimaient pas, je serais bien tenté de te tuer.
Nortellon, Karzus, Grisk, et Saïan étaient alors arrivés derrière le pirate.
Karzus : Oui mais vous ne serez pas tenté, l´ami, parce que vous êtes seul et que si vous le touchez, père ou pas père des filles, on vous massacre.
Albatrusse les regarda d´un air fier et amusé, tout en restant sérieux. Il remit sa dague dans sa ceinture.
Albatrusse: Tu as de la chance, gros capitaine, tes amis ont l´air attaché à toi. Ils disposent d´eux-mêmes, fort bien. Mais moi je dispose de mes filles. Dites leur adieu.
Il revint précipitamment sur le pont et ordonna à ses filles de le suivre.
Rune : Non, papa, tu peux pas nous demander ça ! T´avais pas le droit de menacer Padgram, il...
Albatrusse : ... se débrouillera très bien sans vous. Vous n´avez pas sa place à ses côtés.
Padgram était remonté aussi vite qu´il le pouvait non sans souffler plus que d´habitude sur le pont.
Padgram : Non, capitaine Albatrusse!! Elles ne viendront pas avec vous! Je les ai engagées!
Albatrusse: Ne parle pas davantage, incompétent, tu n´es pas leur père! (il siffla) Allez, vous autres !
Aussitôt, hors des flancs du bateau, surgirent quatre pirates qui étaient restés secrètement dans la barque en attendant leur capitaine.
Albatrusse : Mes chéries, voici mon nouvel équipage.
Les sbires d´Albatrusse foncèrent sur Rune et Londe et sans qu´elles aient le temps de faire quoi que ce soit les bâillonnèrent et les prirent de force sur leurs épaules avant de sauter à nouveau dans leurs barques pour repartir vers le bateau. Padgram voulut aussitôt les arrêter et se précipita en courant sur eux.
Padgram : TAIAUUUUUUUUUT !
Mais notre gros héros oublia qu´il y avait un trou dans le pont et en fonçant vers les kidnappeurs tomba direct dedans. Les marins furent encore plus heureux de ce retour si rapide de leur commandant et osèrent lui faire une petite tape sur la joue pour le remercier de son attitude humaniste.
Albatrusse eut un petit sourire, sortit un révolver et tira sur le diamant aimant, qui fut aussitôt brisé, rompant toute la force du champ magnétique. Le galion pirate fut d´un coup rapproché du Grand Mistral, collé à lui. Albatrusse, ramassa un morceau de l´aimant, chevaucha le bord, et revint sur son bateau, avant de faire remonter les hommes qui maintenaient difficilement Rune et Londe. Karzus et Grisk voulurent s´interposer, l´empêcher de partir, mais le chef des pirates leur opposa le bout d´aimant qu´il avait ramassé ce qui permit à son galion de s´éloigner à la vitesse du vent, laissant le shaman et le subsaldrante complètement impuissants, regardant sans pouvoir faire quoi que ce soit leurs deux amies embarquées sur un point s´éloignant toujours plus, toujours plus, jusqu´à disparaître dans l´horizon.
Karzus : C´est pas vrai...
Padgram remonta à toute allure, moins empoté que d´habitude, plus leste sous l´urgence, et tout poussiéreux. Quand il constata que les filles n´étaient plus là et le bateau parti, il s´effondra en pleurs.
à vous!
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Axnyf
- Posté le
24 septembre 2007 à 19:58:48

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Retard rattrapé
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Blina
- Posté le
25 septembre 2007 à 17:02:57

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KARZUS> Padgram, arrête les larmes! on fait quoi maintenant ? On les rattrape ?
PADGRAM> Non... (il essuya une grosse larme qui menaçait à tout moment de retomber violemment sur le pont) On ne peut pas faire deux choses à la fois, Hellia doit rester... notre priorité. Les filles sont avec leur père, il... enfin je pense... il ne leur fera aucun mal a priori.
SAIAN> C´est pas juste! Pourquoi il m´a pas prise, moi aussi!
PADGRAM> Parce qu´on enlève pas les enlevées des autres, voilà tout ! On peut être pirate ressuscité, voleur de filles, et poli!!
SAIAN> N´empêche que ça t´aurait bien arrangé mon petit grassouillet que le papa des jumelles il te prête son équipage!
PADGRAM> Je me fiche complètement ce que j´aurais pu faire. Et maintenant, je déclare qu´il est hors de question de fonder une armée de pirates.
KARZUS> Attends, tu vas pas te dégonfler - plût à Dieu - juste parce que Londe et Rune viennent de se faire enlever sous nos yeux.
PADGRAM> Je ne veux pas devenir l´un de ces individus sans honneur qui ne pensent qu´en égoïstes et qui sacrifient tout à leurs intérêts personnels plutôt qu´aux grandes causes, qui valent la peine qu´on se batte pour elles et qui poussent les hommes à se dépasser et à trouver en eux la sublime lumière qui...
KARZUS> Ouais donc on fait quoi ?
PADGRAM> On... On poursuit la route.
GRISK> Mais alors... on abandonne les filles !
Le hideux subsaldrante commençait déjà à regretter les cuisses qui lui avaient redonné vie, lorsqu´il était paralysé par le venin.
NORTELLON> Je connais un moyen de retrouver rapidement les pirates.
PADGRAM> Comment ça ?
NORTELLON> Prince, permettez-vous que je prenne temporairement quelques directives ?
PADGRAM> Je vous cède bien volontiers la place, Nortellon, dans la limite du raisonnable et de l´espace disponible.
NORTELLON> Bien, Karzus, et Grisk, vous devriez nous quitter.
KARZUS> Quoi?? Qu´osez-vous dire ??
NORTELLON> Vous allez prendre une barque, des denrées, des couvertures, du papier, des bougies, et une plume. Un coffre vide, et vous allez naviguer jusqu´à la prochaine caverne que vous trouverez au pied des falaises du continent Zalzarien. Là, vous remplirez le coffre des bijoux, des diamants, et des pièces d´or que j´ai sur moi. Vous laisserez le coffre dans la caverne, et vous dessinerez une fausse carte au trésor, ainsi qu´une fausse lettre testamentaire. Vous la glisserez dans une bouteille que vous jetterez dans la mer. Dans cette bouteille, vous n´oublierez pas de glisser quelques diamants supplémentaires. C´est très important.
PADGRAM> Mais enfin quoi cela rime-t-il ?
NORTELLON> Le diamant aimant qu´a ramassé Albatrusse est très puissant, comme nous avons pu le constater, et si j´ai bien compris Rune, tous les diamants sont des aimants qui s´attirent. Je ne comprenais pas pourquoi je sentais comme une lourdeur dans ma poche tout à l´heure. C´était tout simplement mes diamants qui étaient attirés par le grand, celui de Rune, et qui étaient retenus par mes vêtements. Ils ne sont pas assez puissants pour réattirer le bateau d´Albatrusse, certes, mais ils le sont assez pour être attirés eux-mêmes par ce bateau.
PADGRAM> Ainsi, la bouteille, jetée dans l´eau, serait attirée dans le périmètre magnétique du bateau d´Albatrusse, et découverte par l´équipage, les conduirait à suivre le trésor ?
NORTELLON> Vous ne sauriez être plus clairvoyant, prince.
GRISK> Mais alors nous serons seuls pour recevoir les pirates! Si jamais ils se pointent! Si votre stratagème ne fonctionne pas! Comment ferons-nous pour nous retrouver!
NORTELLON> Eh bien si j´ai bien cru comprendre, vous, Karzus, vous êtes un shaman et vous n´avez plus vos potions or le continent zalzarien...
KARZUS> ...regorge des ingrédients dont j´ai besoin, oui, je ne l´ignore pas, seigneur bourgeois. Je commence à comprendre votre plan. Mais... auriez-vous donc entendu parler de mes capacités ? Tout à l´heure au repas je ne vous ai après tout parlé que de mes potions brisées.
NORTELLON> J´avais entendu parler à Kuliz d´un shaman prestigieux en de nombreux endroits du monde qui guérissait qui bon lui semblait. Le hasard me semblait un peu fortuit en vous rencontrant et en vous entendant parler de potions un peu trop précieuses pour être si regrettées.
KARZUS> Vous avez l´air d´en savoir beaucoup plus que la situation ne pourrait le laisser croire, Nortellon.
NORTELLON> Disons que, bien que ma situation actuelle était tout à fait imprévisible hier encore, je ne m´étais pas tenu désinformé quant à l´actualité politique de notre monde.
GRISK> Ca ne répond toujours pas à ma question : comment être sûr que votre plan n´est pas un plan foireux !
NORTELLON> Karzus aura le temps de préparer ses potions dans la caverne, une fois qu´il sera allé chercher de quoi il a besoin. Et je crois me souvenir que les shamans sont de bons dresseurs d´oiseaux. Karzus, vous n´aurez qu´à apprivoiser une mouette et à la faire voyager jusqu´à nous. Ainsi nous communiquerons. Vous, Grisk, vous surveillerez le trésor, et vous ferez le guet.
PADGRAM> Ce plan me plaît! Mais cela pose un problème... Notre équipe se réduit considérablement.
GRISK> Et pourquoi c´est pas vous qui y allez pour faire le guet, Nortellon !
NORTELLON> Parce que je dois accompagner Padgram afin de l´aider à s´introduire dans la Cité Forteresse. Mes souvenirs ont beau être flous, je connais certaines règles que le prince ignore.
PADGRAM> Alors... vous acceptez volontairement de vous joindre à nous ? Vous vous ralliez à ma cause ?
NORTELLON> Pour l´instant, je ne vois en vous que l´espoir soudain de savoir ce qu´il est advenu de ma femme et de ma fille.
PADGRAM> Mais je ne comprends pas, comment avez-vous pu rester si calme face à Hapic´n pendant si longtemps ? Il vous a imposé de les envoyer, et vous n´avez pas bronché ?
NORTELLON> J´aurais pu le faire... La haine n´a jamais cessé de me consumer, mais je craignais encore davantage les représailles de Gerabrossa. La peur m´a toujours paralysé. Et surtout... Elle m´a durci l´âme.
SAIAN> Mais pour quelle raison mon père a-t-il pu décider de faire une chose pareille ?
NORTELLON> La jalousie d´un homme qui s´était dégradé en laissant ses obligations politiques à un sous-officier ? une demande personnelle du Sultan ? je n´ai jamais su. Je ne suis qu´artifice avec ce noble.
SAIAN> Eh bien de toute façon, vous êtes un lâche! Parce que c´est très facile de critiquer mon père, de l´accuser des pires crimes derrière son dos! Quand bien même votre femme et votre fille aient été enlevées, votre devoir aurait été d´aller les chercher, de vous soustraire à la tyrannie de ce Gerabrossa !
NORTELLON> Mademoiselle Hapic´n, vous êtes innocente, vous ne connaissez pas cet homme.
PADGRAM> C´est pas aujourd´hui qu´on tranchera le problème ! Karzus, Grisk, préparez la barque, je vous fais confiance mes amis, vous saurez vous y faire. Moi, je continue ma quête.
Le shaman et le subsaldrante soupirèrent un peu de dépit et finirent par commencer à préparer leur voyage. Une moitié d´heure plus tard, ils partaient, non sans faire un dernier salut à l´équipage.
Allaient-ils seulement se revoir un jour ?
Padgram n´avait pas le temps d´y songer pour l´instant. En reprenant la navigation, le Grand Mistral n´était plus désormais qu´à une heure des côtes zalzariennes.
Tandis qu´ils allaient bon train, le coeur de Padgram battait. Perdu dans ses pensées, mouvantes et agitées, il n´aperçut pas tout de suite la barque qui se rapprochait en filant droit jusqu´au bateau.
Dans cette barque, à son immense surprise, il reconnut immédiatement Djaz´k le musicien de Fërucora, terriblement enlaidi.
à vous la suite!
-Blina-
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-PlacidVlad-
- Posté le
26 septembre 2007 à 10:15:01

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Dans la barque...
Karzus avait prit de la poudre à canon, deux ou trois solides bocaux, des planchettes en bois, des tiges de metal et un bon briquet de chanvre. Après quelques bidouillages, il avait réussi à fabriquer une petite hélice motorisée.
Karzus: "Voilà. Ca nou évitera au moins d´avoir à ramer pendant un bout de temps."
Grisk essayait de s´assurer sur la barque qui bougeait toute seule et un peu trop rapidement à son gout. Après s´être calé contre le coffre plein de tout ce dont ils avaient besoin, il évita soigneusement de regarder autre chose que le visage du shaman.
Karzus: "Ce plan m´a l´air infaillible, mais il me semble un peu trop facile..."
Grisk: "Vous vous méfiez de tout le monde... Le monde d´en haut est il donc rempli de fourbes et d´intrigants!?"
Karzus: "avec ce qui se trame ces temps ci, je serais tenté de répondre oui..."
Grisk prit un air amusé, ce qui déformait son visage et le rendait encore plus laid: "Vous êtes sage, Karzus... Mais je dois avouer que je ne me sens pas rassuré en votre compagnie..."
Karzus sourit et sentit ses traits se plier. Il commençait à se faire vieux, trop vieux pour parcourir ainsi le monde... Mais malgré toute la tension, malgré les dangers, il aimait ça, voyager avec Padgram et ses amis...
Grisk: "Vous croyez que les jumelles pirates sont en sécurité, comme Padgram l´a dit?"
Karzus sortit de sa torpeur: "Euh... Pardon?"
Grisk: "Je me demandais si vous pensiez vous aussi que les jumelles sont en sécurité avec leur père..."
Karzus: "Oh... Je pense que oui. En fait elles sont surement plus en sécurité avec leur pirate de père qu´avec nous."
Grisk: "Quels concepts bizarres... Voyager sur l´eau pour détrousser les autres bateaux, cacher des trésors dans des grottes, ... Où est l´interet?"
Karzus: "Bah, on pourrait presque appeller ça un jeu... Si vous aviez vécu plus longtemps à la surface, vous comprendriez..."
Grisk: "Je me contente de mon sort. Je suis vivant, c´est le principal."
Karzus: "Auprès de Padgram, c´est un luxe que d´être toujours vivant."
Et ils rirent, d´un rire morne, noyé dans les soucis et dans les bouffées d´air salé. Le ciel était bleu, presque sans nuages. Le Grand Mistral était loin, mais Karzus put voir, par dessus l´épaule de Grisk, une barque près du bateau, ne contenant qu´une seule personne. Il se redressa d´un coup, faisant tanguer la barque. Grisk sursauta et s´aggripa aux bords de l´embarcation de toutes ses forces, comme pour la faire arreter de tanguer.
Grisk: "Que se passe-t-il?!?"
Karzus se rappella alors les paroles de son compagnon: "vous vous mefiez de tout le monde..." Il avait raison, cet horrible personnage! Après tout, cette barque ne pouvait pas venir de nulle part, c´était surement une autre partie du plan de Nortellon. Il ne voyais pas qui était dans la barque, mais ça pouvait êrtre n´importe qui: cette femme esclave, ou peut être un des galèriens... Non, cette fois ci, il n´en aurait pas le coeur net. Il décida de faire confiance au plan de Nortellon.
Grisk: "Alors!?"
Karzus: "Non, rien... Une crampe... dans le dos."
Grisk: "Si vous pouviez être moins exhuberant à la prochaine crampe, je prendrais ça comme la plus grande marque d´amitié que vous puissiez me montrer."
Karzus se força à sourire. Ils continuèrent leur route, Grisk questionnant le vieux shaman sur le monde dans lequel il venait de faire irruption.
Sur le navire d´Albatrusse...
Le batiment avait filé à toute vitesse, laissant le Grand Mistral loin derrière lui en quelques minutes.
Albatrusse: "liberez les, les gars!"
quatre pirates relachèrent donc Londe et Rune. Londe envoya par dessus bord l´un d´eux, de colère.
Albatrusse: "Mes chères filles... L´équipage est enfin au complet! Allez chercher du rhum, mes hommes, nous allons fêter le retour de mes deux chéries!"
Rune: "On ne va rien fêter du tout! Pourquoi nous as tu enlevées!?"
Albatrusse: "Je vous ai récuperées, nuance profonde! Bienvenue sur mon nouveau navire, le Perroquet Boiteux!"
Rune oublia un instant sa colère et regarda son père, abassourdie: "Le quoi...?"
Albatrusse: "Le Perroquet Boiteux. Je l´ai trouvé dans un port appartenant à Barzabute."
Rune: "Mais c´est quoi ce nom!?"
Albatrusse: "Oui, j´ai eu un peu de mal à trouver quelque chose de joli, d´habitude, c´est toi qui trouve les noms..."
Londe poussa Rune et prit son père par le collet: "On voulait aider Padgram! Il nous a aidées quand on en avait besoin et maintenant c´est lui qui a besoin de nous! Nous avons une dette d´honneur!"
Albatrusse prennant le bras de Londe et le tordant: "En tant que votre capitaine et en tant que votre père, je déclare que cette dette d´honneur a été payée le jour de ton viol, ma fille!"
Londe: "S´il n´avait pas été là, je serais morte à l´heure qu´il est!"
Albatrusse: "Au moins je n´aurais pas à supporter une telle scène!"
Londe, choquée, envoya son poing dans le visage de son père, lui cassant le nez et une ou deux dents.
Rune: "Non!"
Albatrusse vola jusqu´à la balustrade, le visage en sang. Il se releva tant bien que mal, cracha par dessus bord et regarda Londe d´un air qu´elle ne connaissait que trop bien: ce n´était plus son cher père qui lui parlait, mais Albatrusse, le pirate sanguinaire. Il avait le même visage que ces jours où il trouvait un traître dans on bateau.
Rune: "Oh, mon dieu..."
Londe se rendait compte de ce qu´elle venait de faire.
Albatrusse sortit son pistolet et le pointa sur Londe. Après quelques secondes, il le leva et tira en l´air.
Albatrusse: "En temps normal, je t´aurais tuée pour ce que tu viens de faire. Peut etre même torturée."
Il se retourna, regarda la mer, puis cria d´une voix autoritaire, glaçante: "Jettez là à fond de cale! Et hors de question de la nourrir sans mon autorisation!"
trois pirates s´approchèrent avec circonspection de la blonde. Celle ci tomba sur ses genoux, les larmes aux yeux. Les trois pirates la prirent par les épaules et par les pieds et l´emmenèrent. Londe ne fit aucun geste pour se dégager. Elle pleurait. Elle savait ce que signifiait aller dans les prisons du bateau d´Albatrusse...
Rune: "Papa, non!"
Albatrusse se retourna, froid comme le métal de son pistolet: "Tu veux la rejoindre!?"
Et Rune resta plantée là. Elle n´entendait plus les sanglots de Londe. Elle voyait son père, qui regardait la mer. Elle savait qu´il ne regrettait pas ce qu´il faisait.
Enfin, le pirate bougea. Il monta à la barre, en quète sans doute d´un quelconque bateau à piller pour se calmer...
A vous la suite!!
-PlacidVlad-
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Apotheose
- Posté le
1er octobre 2007 à 12:13:00

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__ A bord du Grand Mistral __
La barque s´arrêta devant le navire, Padgram ordonna aux marins de cesser leurs gestes.
Djaz´k était assis dans la barque, le visage baissé. A côté de lui, un homme à l´oeil noir et aux dents assorties se hissait, avec un sourire cupide, illuminé d´un plombage d´or.
Rien ne se passait, aucun des deux personnages ne parlaient. Padgram flairait le piège, mais il était le seul à pouvoir le comprendre puisque tous ceux qui avaient connu Djaz´k avaient quitté le bateau.
Padgram__ Par quel miracle te retrouves-tu en ces lieux, Djaz´k !
Le musicien ne répondit pas.
Padgram__ Qui est donc cet homme qui se dresse près de toi ??
Le passeur__ Je suis le passeur de Calbinthe, l´île des Prohibés. Et vous êtes Padgram le voyou dont la route est maintenant entravée par la charmante proposition que je m´en vais vous faire.
Padgram__ Quel que soit ton discours, sache que je ne crains pas un homme que je peux écraser avec mon seul ventre, en lui sautant dessus.
Le passeur__ Vous n´en ferez rien.
Le personnage sortit de sa besace un immense fusil qu´il plaqua sur la tempe de Djaz´k, dont le visage fut redressé, tiré par les cheveux.
Le passeur__ Voilà le marché : si votre bateau fait un pas de plus, je lui plombe le crâne, et son cri sera son dernier récital. En revanche, si vous vous arrêtez et me suivez dans la barque, aucun mal ne vous sera fait.
Padgram__ C´est du chantage !
Le passeur__ C´est le marché.
Padgram__ Qui t´emploie, triste figure ? Balfoy le Truculent, n´est-ce pas ?
Le passeur__ Il vous importe peu de connaître le nom des nobles seigneurs qui m´emploient.
Padgram__ Ils t´ont payé grassement, n´est-ce pas ?
Le passeur__ Certes, oui.
Padgram__ Eh bien quelle que soit leur prix, moi, je le triple !
Le passeur__ Cette option n´est pas recevable, Seigneur Voyou.
Padgram__ Pourquoi ça !
Le passeur__ Parce que ma récompense ne peut être triplée, ni même quadruplée. C´est bien plus que l´argent dont ils m´ont recouvert, c´est le rêve de toute une vie.
Padgram__ Par tous les dieux, de quoi parles-tu!
Le passeur__ Ce ne serait pas du jeu, Gros Messire. Alors ? Me suivez-vous, oui ou non ?
Padgram regarda son équipage qui ne comprenait rien à ce qui se passait. Nortellon voulait intervenir mais Padgram l´arrêta d´un seul geste.
Padgram__ Très bien, j´accepte de te...
PAN !! !!
Le coup partit sans que personne n´ait eu le temps de réfléchir, Saïan poussa un cri de terreur, Messerille laissa retomber le plateau d´argent sur lequel elle avait préparé le repas, Nortellon resta muet, la fumée du plomb brûlant prit une éternité à se dissiper...
Le corps de Padgram, troué en son ventre, tituba, regarda l´horizon, fut pris d´un vertige, tenta de se retenir au bord du bateau, mais en vain. Un pas, et le voilà qui perd l´équilibre, la main sur le ventre, couverte de sang, tentant tant bien que mal de comprendre le pourquoi, mais rien qu´un bruit sourd, et la lumière qui s´éteint, un autre cri dans l´ombre recouvrant ses yeux, et la chute enfin, par dessus bord, une chute assez longue pour faire pleurer les yeux, et le passeur, satisfait, a un sourire. Mission accomplie.
Un gros plouf dans l´eau, des éclaboussures multiples, et le corps du gros prince, inanimé, qui s´enfonce dans les abysses, lentement, lentement, jusqu´à disparaître dans les ondes.
Nortellon crie de rage et se précipite au bord du bateau pour sauter sur le passeur mais le fusil de celui-ci menace à tout moment de refaire des victimes. Il hurle de rire, en pensant à son pactole, et dans un ultime sursaut de cruauté joyeuse, vide le reste de ses cartouches sur les fondements du Grand Mistral.
La coque se fait trouer dans un déluge de balles meurtrières qui viennent trouer la tête, les bras, ou les torses, de plusieurs marins, affolés. Panique à bord, le bateau perd de l´équilibre, l´eau remplit les écoutilles, les déborde, la cale est inondée en peu de temps, les marins tentent de revenir sur le pont, mais leurs pieds sont pris dans les chaînes qui les maintiennent pour ne pas perdre l´équilibre et ils sont des dizaines à se noyer, coincés dans l´enfer déclenché par le passeur de Colbinthe.
Nortellon veut se jeter sur le passeur pour qu´il arrête son massacre, mais le bateau tombe en arrière, l´arrière glisse dans l´eau, alerte, alerte, le navire coule, le navire coule.
Nortellon tombe dans l´eau, impossible de s´accrocher au pont, tout glisse. Les filles, Saïan et Messerille veulent s´accrocher à la pointe du bateau mais contre l´attraction des ondes infernales, que peut-on faire ? Elles glissent, crient, coulent. Et bientôt, c´est tout le Grand Mistral, le meilleur des navires, qui sombre avec son équipage.
Seules des planches et des corps anonymes remontent à la surface. Le passeur est heureux. Il se tourne vers Djaz´k.
Le passeur__ Voilà, tu ne leur es plus très utile maintenant. Au fait, on m´a dit de te dire que ta petite soeur n´avait jamais été séquestrée.
Djaz´k__ Espèce de...
Interrompu par une dernière balle, coincée entre les deux yeux. Adieu, petit musicien, songe le terrible passeur, tandis que son corps rejoint les profondeurs.
Gaiement, il s´en retourne, le fusil tout fumant, vers les bords Zalzariens, pour jouir de sa récompense, une récompense unique qui vaut plus que l´argent : Broalcoeur de Méchanie, le brillant alchimiste, en est le grand auteur.
Adieu, donc, Padgram, fils de Grofor ?
à vous la suite!
Apothéose.
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Carnavale
- Posté le
2 octobre 2007 à 13:45:48

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Allez, on ne vous la fait plus, bien sûr que non on ne lui dit pas adieu à notre héros, fût-il si gros. Et puis ce n´est pas la première fois qu´il est à deux doigts de passer l´arme à gauche, si j´ose dire.
Mais avant de vous révéler de quelle manière bien grotesque et invraisemblable le prince de nos pensées va survivre, j´aimerais vous raconter une histoire.
C´est l´histoire d´une baleine. Elle s´appelle Fatraska. En fait, peu de personnes l´appellent par son prénom pour la bonne et simple raison qu´elle vit seule depuis sa naissance, sa mère est morte dans l´accouchement, lequel fut douloureux, comme la plupart des accouchements de baleine.
Le petit de la baleine, une fois qu´il rencontre le grand jour et par là même le grand large, s´échappe facilement de sa banquise natale. On trouve moult banquises dans les froids alentours du pôle Est et du pôle Ouest. On y trouve aussi des phoques et des pingouins qui passent leurs journées à sauter et à plonger comme seuls les pingouins savent le faire.
Cette convention de l´itinéraire social maritime a toujours agacé Fatraska qui, adolescente rebelle, a su très rapidement se détacher du cocon familial pour partir à l´aventure, espérant trouver au gré des océans quelque rocambolesque quête à poursuivre, dans le but avoué de transformer le monde.
Or, les années avaient passé, Fatraska avait maintenant plus de cinq cent ans et dire qu´elle traînait sa patte ou sa queue, selon les terminologies qui conviendront au lecteur, relève de l´euphémisme. En effet, quelle déception pour cette quinquénaire de n´avoir jamais eu pour aventure que la systématique mastication des malheureuses proies relâchées par ces reflets troubles aux silhouettes imprécises, qu´on appelle souvent "hommes".
Aussi s´ennuyait-elle. Elle avait englouti plus de mille navires, ou de nappes de charbon, son gosier était un océan de bric-à-brac, il y avait bien sûr des marins, mais aussi des bibliothécaires, des géomètres et des géographes, des artistes peintres, des capitaines en retraite, des fabricants de pantins menteurs, ou encore des rois qu´on croyait disparus et morts pour toujours. Elle aurait adoré avoir toute cette petite communauté entre elle si elle avait pu comprendre un traître mot de leur charabia et de leur livre, aussi se contentait-elle d´être une sorte de réceptacle culturel, morne et fatiguée.
Mais mine de rien, dans le ventre de Fatraska, on vivait bien. La vie était paisible, et on accueillait chaleureusement les nouveaux arrivants, malheureux rescapés d´un horrible naufrage. Vous voyez le coup venir, hein.
Bien sûr, le gros appât gluant chutant en tourbillonnant sur lui-même dans l´eau, laissant derrière lui une grande traînée rouge, ne manqua pas d´illuminer les yeux de Fatraska qui, malgré son grand âge, éprouvait toujours une grande joie en voyant du sang.
Elle goba notre Padgram d´un coup sec et précis.
Quand la masse imposante déboula dans l´estomac, elle regretta soudain son geste. Une telle proie allait lui peser lourd sur l´estomac, et il serait difficile de la digérer. D´ailleurs elle commençait déjà à avoir la nausée.
Il faut savoir que la vie de la cité dans le ventre de Fatraska était régulé par le suc gastrique qui périmait peu à peu les plus anciens arrivants, jusqu´à les dissoudre dans la matière fécale relâchée dans l´océan.
Toutefois, l´environnement était assez propice à vivre suffisamment longtemps pour que les vieux ne regrettent pas de mourir d´une façon aussi pitoyable.
Quand Padgram arriva, tout blanc et tout vidé de son sang, (mais par bonne fortune, les bourrelets du prince retenaient les pertes trop abondantes), les géomètres furent d´abord stupéfaits de rencontrer une sphère aussi impressionnante. Louant leurs divinités pour leur avoir apporté un specimen aussi rare, ils prièrent rapidement les médecins de la cité, les plus vieux de tous les sages, forts de toute la sagesse accumulée au fil des centenaires, d´agir pour sauver le mourant.
Plusieurs enfants vinrent s´amuser à rebondir sur son ventre pour lui faire sortir l´eau de son gosier, on retira les plombs incrustés dans la peau avec des pinces à épiler, et on laissa les ribaudes lécher la plaie pour qu´elle se suture rapidement. On lui mit un gros pansement en forme de croix rouge sur la blessure, on l´assit sur une des parois de la baleine, et on attendit qu´il se réveillât.
Dans son sommeil de miraculé, Padgram ne pouvait se douter que parmi la petite communauté qui l´avait sauvé et qui observait avec attention sa manière de dormir, se trouvait une personne qui allait changer sa vie.
=== Au bord des falaises Zalzariennes ===
Karzus : Nous y sommes !
Grisk : Et moi aussi ?
Karzus : Bah, quand je dis nous, c´est vous et moi.
Grisk : Dites, faudrait savoir, tantôt vous dites "moi" tantôt vous dites "nous", tantôt on se dit "tu" et depuis qu´on est sur cette barque on se dit "vous", je ne comprends rien à ces modalités humaines de conversation !
Karzus : Laisse tomber, et aide-moi plutôt à rapprocher la barque des rochers.
Deux heures plus tard, ils rejoignaient en nageant une cavité qui ressemblait fortement à une grotte.
Karzus frissonna de plaisir en sentant le contact de l´eau, aida Grisk à remonter, avant de se sécher.
Karzus : Bon ! Eh bah ça m´a l´air pas mal !
La grotte dans laquelle ils étaient arrivés était spacieuse et suffisamment humide pour faire croire qu´un horrible monstre y vivait.
Il fit quelques pas, sentit la présence de chauves-sourit, et en attira quelques unes sur ses épaules, en imitant leur sonar.
Karzus : Aaah, Heaumesouiteheaume !
Grisk : Quoi ?
Karzus : C´est une expression zalzarienne pour dire qu´on a envie de manger.
Grisk : Ah...
Karzus : Bon, assez fignolé. Passe-moi les bijoux et le coffre.
Grisk : Comment ça les bijoux et le coffre ?
Karzus : Comment ça "comment ça les bijoux et le coffre"? Pourquoi ils sont pas avec toi ??
Grisk : Mais je...!! Je sais pas, moi! Tu m´as dit, allez viens on nage! Alors hop j´ai nagé!
Karzus : Tu les as laissés dans la barque!!
Grisk : Mais comment t´aurais voulu que je nage avec de toute façon !
Karzus : Je sais pas ! Fallait le faire, c´est tout !!
Il courut jusqu´à la cavité, plongea dans la mer, et nagea jusqu´à la barque. Evidemment, tout avait disparu. Le shaman revint complètement furieux.
Karzus : Et voilà ! J´en étais sûr !
Grisk : Mais enfin, on est au milieu de nulle part !
Karzus : Et t´as jamais entendu parler des mouettes voleuses ?
Grisk : Euh...
Karzus : Ce sont de terribles volatiles qui ont une force phénoménale dans le bec et les pattes et qui te volent n´importe quoi, c´est constitutif. On dit qu´elles sont la réincarnation des esprits cleptomanes qui régnaient parmi les armées marines de Antakdur le Mauve, un très ancien chef de guerre qui faillit mener le monde à sa ruine !
Grisk : Eh bien, eh bien !
Karzus : Il faut aller capturer ces mouettes. Toi, tu restes là. Moi je vais essayer de les appâter.
Grisk : Et si... Et si... elles décident de me voler, moi !
Karzus : Eh bien tu n´auras plus qu´à prier tes dieux ! A tout à l´heure !
Et le shaman partit à nouveau, rejoignant un rocher, et se plaçant dans une situation méditative.
Comment les appâter ? Il n´en avait aucune idée.
à vous la suite!
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Everlasting
- Posté le
4 octobre 2007 à 00:33:58

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Padgram était encore bercé par la nage toute en arabesque du cétacé quand son premier œil refit surface au dessus de sa bouche pâteuse. Les complaintes ultra-sonnantes de Fatraska qui résonnaient dans les abysses lui plongeaient la mémoire dans les bains de son enfance, lorsque l’eau devenait œuf de sécurité, expérience mystique, solipsisme.
Il avait l’impression d’émerger d’une longue grasse matinée. L’horloge flottait sur sa droite, autour du gigot de bœuf et de l’œil, et plus loin du piano à queue, donnant une note de Dali à ce paysage d’un rouge pâle..… UN GIGOT DE BŒUF ?? ? Par la barbe de Saldra ! Non pas que Padgram ait eu faim, mais tout de même, les gigots de bœufs ne sont pas autorisés à quitter l’apesanteur. Et puis Padgram fait partie de ces gens qui, devant un tableau de Dali, disent « hein ? ». Décidément quelque chose ne tourne pas rond. Est-ce un rêve ? L’œil, il y avait un œil, l’oeil semble animé, il est bleu. Il y en a un autre à côté aussi. Et ils tournent ensemble, leurs pupilles s’ébahissent. Un petit nez apparaît et redescend au rythme de ma respiration. Des joues légèrement creusées.
Il y a un enfant sur mon ventre.
Ma respiration, je respire. Hmmf, je suis donc vivant. Il ne peut y avoir de gigots de bœuf en enfer ni d’horloge au paradis. La logique fonctionne, ma tête est donc intacte. Hmm, un gosse, l’espèce humaine est encore là. Elle a échappé à cette douleur qui l’a envahi. Où sont mes amis ? Je crois me souvenir : le rigolo de la barque, l’arme, l’apnée, des ombres. Pour arriver à un gigot de bœuf. Pourquoi un gigot de bœuf ? Le gamin sait peut-être, est-ce un garçon ou une fille ? Je ne saurais dire. Ahh mon ventre, ma fierté, que j’ai mal, je saigne, je délire. Non, il y a vraiment un enfant. Padgram tordit sa bouche pour faire naître quelques paroles :
- Qui es tu petit bonhomme ? Dis moi aussi si tu sais où je suis.
- Tu es dans la solitude. Je suis l’espoir qui vient peser sur ton atomique angoisse.
- Fichtre, un comique, comme si j’avais besoin de ça. Qui étais-tu avant que mon angoisse vienne te servir de siège ?
- Je conduisais la baleine.
- Ben tiens, après le piano à queue, pourquoi pas. Je suis prêt à tout croire. Ecoute, je cherche des amis, comment je sors de la baleine ?
- On ne sort pas. Tu es ici parce que je suis venu te chercher, tu as une mission à accomplir.
- Pourquoi t’as une voix de baryton, c’est pour impressionner le lecteur ?
- Hmm ? simple oubli, je ne prends pas souvent d’incarnation, un peu de mansuétude s’il vous plait.
- Je t’en prie
- C’est un comble, glouglou, ce n’est pas parce que j’ai forme humaine qu’il faut vous croire permis de prendre des hauteurs de prince. Pffglf, il y eût un temps où la divinité recevait plus de respect, damnés soient les penseurs allemands, sales types, glourf, je disais...
- Je ne comprends plus rien. T’es quoi à la fin ?
- Une entité, je suis la voix de l’Océan, maître de toutes les ondes. J’ai logé mon pouvoir à côté de l’âme de cet enfant. Elle pouvait m’accueillir.
- C’est stupide, pourquoi un dieu aurait besoin de s’incarner dans un humain ?
- C’est pour la discrétion, j’ai besoin d’être incognito.
- Pour la mission ?
- Oui, écoutes moi prince Padgram. Car cela concerne ton amie perdue Helliarane. Elle est toujours en vie, loin à l’est parmi les terres brûlées d’une forteresse décadente. Au pied de cette forteresse se trouve une Babel inversée, une fosse de vanité creusée par cet imbécile de Gerabrossa. Elle se prolonge jusqu’au cœur de terres n’ayant pas bougé depuis le crétacé supérieur.
- « hein ? »
- Pas le temps de t’expliquer. Et puis au final cela ne reste que de la boue. Cet endroit est l’un des favoris d’une veille amie à moi. Une amie qui se permet pas mal de choses ces temps-ci. Nous avons quelques différends mais habituellement on les garde pour soi, et puis bien qu’on habite à côté, y’a pas vraiment de repas de famille. Toujours est-il que cette amie a convoquée la tienne et qu’elle va la... euuuh, comment dire cela sans te faire paniquer, hmmm.....
- C’est pas très bien parti monsieur l’Océan.
- Glougl, pardon, manque d’habitude, je suis un peu asocial, les dieux sont des geeks tu sais. Quoi qu’il en soit, je suis là pour me révolter contre l’injustice et l’abus de pouvoir. Mais il me faut pouvoir pénétrer proche de la terre sans me faire remarquer. Et c’est là que tu entres en jeu Padgram, tu dois me guider. Ensemble nous sauverons la justice.
- Hellia tu veux dire ?
- « hein ? » scrogneugneu oui, ne soyons pas si englués dans le particulier, tsss, bien le genre à creuser des fosses ça, glougl oui nous sauverons Hellia.
- Qu’attendons-nous alors ?
- Du calme jeune humain, on ne brusque pas mon véhicule, les dieux c’est des geeks et ça roule aussi en vieux tacots. Quand nous atteindrons les falaises submarines, tout se corsera.
- La Corse ?
- Tu veux une claque Padgram ?
- Non non, il me suffit de savoir que l’on secoure Hellia, le reste n’est que détails.
*En marge de cette rencontre avec le transcendantal, avait lieu, sur un rivage lointain, une lutte acharnée*
Karzus suait. La bataille était épique, apocalyptique. Il est écrit que des cieux tomberont des pluies de guano, et elles s’abattront sur l’humanité pêcheresse. Une bière pêcheresse, voilà ce qu’aurait souhaité Karzus, qui avait de plus en plus l’impression d’être dans un tetris (pas d’anachronisme au jugement dernier, on se fait plaisir), l’instant était tendu. Tendus, le vieux magicien en avait aussi les nerfs et les chevilles, sur la pointe de leurs terminaisons nerveuses, encore lestes ; et il bondissait Karzus, il bondissait, laissant parler son expérience et son intuition, formée grâce aux nombreuses expériences foireuses autant qu’explosives qu’il avait mené durant sa carrière. Le guano tombait. Et Karzus, armé d’un terrible lance-coquillage (on est sur un rivage, l’anachronie on peut mais on échappe pas au da-sein) visait les ailes des comtesses des nuées (la hiérarchie est stricte, empereur était déjà pris). On le sait, être vieux c’est être pervers et joueur, Karzus était donc redoutable. Soyons aussi directs que lui : les mouettes s’en prenaient plein la gueule. Bien que techniquement ce soit un bec, mais notre histoire se construit au mépris de toute biologie (et peut-être au mépris d’autres choses, mais nous laisserons la critique à la postérité, les écrivains sont des hommes d’action et ont autre chose à faire). Ou en étais-je, le mépris. Non. Les mouettes. Ciel ! Ou plutôt terre ! il n’y en a déjà plus. Quel perv… quels as ce Karzus ! En ce jour, sur une plage au sable douteux et maintenant souillé, l’apocalypse fut interrompue. Tout ça pour de l’argent. Ainsi Karzus pu récupérer les joyaux en sifflotant, écrasant encore du talon quelques mouettes au passage, avec délectation. Y’a pas à dire ça défoule.
Le vieux shaman revint vers le vieux Grisk (Outre le da-sein, on ne peut pas non plus échapper à la surpopulation des vieux).
- Merveilleux Karzus ! comment as-tu réussi à les appâter ?
- Facile gamin, en principe un guerrier ne livre pas ses secrets, mais à toi je te le dirai : un sourire vient à bout de tout.
Il révéla ses dents dans une grimace, et Grisk pu voit que plusieurs brillaient particulièrement. Un alliage d’or fait au rabais et en plus escroqué, mais les mouettes n’y connaissent rien en bijoux.
*Pendant ces faits héroïques, au château de Barzabute*
Il ne se passe rien à Barzabute.
A vous la suite !
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JujuDredd
- Posté le
4 octobre 2007 à 12:28:34

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Salut !
Après un mois et demi d´absence je découvre je vous n´avez pas chômé. Toujours aussi bien, y compris de la part des deux nouveaux auteurs !
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Laikri_Venn
- Posté le
4 octobre 2007 à 13:03:53

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Rien, ou plutôt pas grand chose. Enfin, surtout pour celui qui ne prête pas attention à tout le remue ménage qui se déroule dans la salle de réunion.
C´est l´effervescence, la joie, la satisfaction totale. Conspiru laisse ses ministres exulter et les soldats trinquer avec eux. Il sort de la salle, à la recherche de Lysette.
Soudain, il se fait héler par une voix brisée.
"Seigneur Conspiru..."
Il se retourne pour voir qui l´a appelé.
Conspiru-- Ah, c´est vous, Pralidor ? Eh bien ?
Hapic´n-- Votre homme... Il... Il... n´a pas fait que l´éliminer... Dans le message transmis par le faucon, il a bien signalé qu´il a... qu´il a aussi fait couler le bateau...
Conspiru-- Eh bien oui, comme nous l´avons décidé à la dernière minute. Vous savez bien que le musicien aurait été incapable de le faire. Et puis, bon, on vous le remplacera le Grand Mistral, ne vous inquiétez pas.
Hapic´n-- Vous oubliez... Vous oubliez qu´il y avait... qu´il y avait... Ma fille...
Conspiru-- Ah. Oui, certes, je suis navré. Mais c´est la guerre, seigneur Hapic´n, on ne fait pas d´omelettes sans...
Hapic´n-- SILENCE !!
Conspiru-- Plaît-il ?
Hapic´n-- Je vous avais dit que je voulais la retrouver, qu´il ne lui soit fait aucun mal, c´est pour ça que je n´ai pas déployé les canons de Kuliz contre le navire lorsqu´il s´est enfui, parce que Saïan y était !
Conspiru-- Oui, je comprends cette faiblesse. Mais quand il faut agir pour l´Etat, Pralidor, on...
Hapic´n-- Je vous... je vous...
Conspiru-- Ah, vous outrepassez les limites, mon cher.
Hapic´n-- Je vais vous tuer de mes propres mains!
Alors le noble père éploré se précipita sur Conspiru mais celui-ci recula à temps, laissant Pralidor s´étaler de tout son long sur le sol du couloir, sa cape recouvrant misérablement son dos.
Sous le tissu, le père gémissait de colère et de désespoir.
Conspiru-- Relevez-vous. J´ai besoin d´hommes comme vous pour émanciper notre pouvoir.
Hapic´n-- Je ne vous... aiderai pas.
Conspiru-- Vous n´aurez pas trop le choix. Padgram étant maintenant éliminé, il est temps de reprendre en main les affaires du royaume et du continent. Votre richesse sera royalisée, elle servira nos troupes. Une nouvelle ère commence, et que vous le vouliez ou non, Pralidor, vous en ferez partie.
Sur ces dernières paroles, il tourna les talons, laissant Hapic´n étalé par terre, tout tremblant de colère.
--- Sur le toit de la plus haute tour ---
Il ouvrit la porte et respira le grand air frais de Barzabute, dont il n´avait pas éprouvé la fraîcheur depuis un temps considérable. C´était l´air de la liberté. Et aujourd´hui, c´était l´air de l´amour.
Il la trouva assise, les yeux rivés dans le vide, emmitoufflée dans une mauvaise couverture, à ruminer son mépris de la vie châtelaine, son mépris des domestiques, son mépris des tours, et son mépris des gros. Elle méprisait aussi, maintenant, l´attitude qu´elle avait voulu avoir en revenant parmi "les siens". Pourquoi se donnait-elle des airs de victime ? Après tout, elle s´était toujours sentie supérieure à tous, pas un ne l´égalait, pas un n´était à sa hauteur, pas un ne pouvait rivaliser avec la grandeur de ce qu´elle était, hors de tout artifice, hors de toute condition sociale, elle était Lysette, et rien d´autre, la reine de toutes les pensées, et tant pis pour l´abandon de ces anciens prétendants, et tant pis s´il n´y avait plus qu´un gros et un vieux tyrannique pour la désirer, elle savait que son idéal était ailleurs. Mépris de ces bovins, et gloire pour sa pensée, nette, fraîche, débarrassée de tous ces cas de conscience. Et bien heureuse de sa solitude. Tiens, voilà Conspiru. Cela fait des jours que... Il sourit, étrange.
Conspiru-- Enfin, je te trouve! Je me disais bien que tu ne pouvais aspirer qu´aux altitudes.
Lysette-- Laisse-moi...
Conspiru-- Oh non, je suis venu t´annoncer une bonne nouvelle.
Lysette-- Attends, laisse-moi deviner... tu n´as plus de varices aux pieds, c´est ça ?
Conspiru-- Oui ! Incroyable, tu devines vraiment tout !
Lysette-- Que veux-tu...
Conspiru-- Non mais donc ça, déjà ! Mais ce n´est pas tout !
Lysette-- N´en dis pas plus : tu as enfin réussi à enlever ce poil rebelle que tu avais dans le bas du dos.
Conspiru-- Alors ça! Tu m´épates! Oui, c´est exact! Mais il y a mieux !
Lysette-- Tu as enfin retrouvé kiki ta peluche porte bonheur ?
Conspiru-- Eh bien non, hélas! En revanche, Padgram est décédé.
Lysette se redressa soudainement avec un regard ahuri.
Lysette-- Décédé ??
Conspiru-- Pour la fête ? Non, désolé, je n´ai que des cassettes. Remplies de bijoux, toutefois.
Lysette-- Décédé ?? (répéta-t-elle avec vigueur)
Conspiru-- Eh bien oui, mort, éliminé, envolé, notre bon vieux gros ennemi est mort et enterré.
Lysette, mystérieusement affolée, sortit son miroir et constata avec une surprise qui dissimulait mal une inquiétude nouvelle, que le gros point, tantôt rouge, tantôt bleu, s´était complètement éteint. Il n´y avait plus que le point en forme de croix gammée qui clignotait : le généreux coeur de Conspiru.
Conspiru-- Il me semblait important de t´en faire part. J´espère que tu te joindras aux festivités ce soir dans la grande salle de bal. J´ai décidé de te faire vivre à ma fantaisie, dans la liberté qui te conviendra, mais dont j´aurai déterminé les conditions.
Lysette-- Attends, je...
Conspiru-- Ca ne se discute pas, bien sûr. Le bal est masqué et débute aux premières lueurs de la nuit ce soir. Ce sera la pleine lune. Peux-tu imaginer, mon amour ? Le seul diadème qui puisse convenir à ta beauté. J´oublie tes caprices, et nous voilà enfin réunis.
Il se rapprocha d´elle et la prit par la taille avant de déposer sur son front un baiser sec et bruyant. Elle étouffa une grimace de répulsion.
Conspiru-- Comme je t´aime...
Il eut un petit sourire souple, la libéra de son étreinte, puis se retira pour aller lui-même se préparer.
Mon dieu, pensa-t-elle. Mort. Mort. Mort.
à vous la suite!
-Laikri_Venn-
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Un_poil_sur_leQ
- Posté le
4 octobre 2007 à 17:40:39

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°° Au milieu des mers d´Anthar obn´ Suur °°
Seule Messerille était remontée à la surface. Autour d´elle, elle ne voyait que des corps flottants et des barils explosés. Elle était quand même pas la seule bouffonne à avoir survécu ? Fallait en avoir le coeur net. Elle pinça bien fort son nez et elle plongea pour voir un peu ce qui se passait là-dessous. Ben tiens, quelle surprise Denise, voilà Nortellon et Saïan en train de dégringoler doucement dans l´eau, tout remplis et tout mous, incapables de se bouger les miches pour ne pas se faire exploser les tympans. Alors Messerille elle en a ras la claque de devoir faire le boulot toute seule mais c´est quand même une âme qui a de la bravitude dans les bras et aussi une sacrée paire de roberts. Mais ça, on sait qu´on s´en souciera plus tard, donc là, on se concentre un peu s´il vous plaît et on accompagne la servante rebelle au coeur du milieu aqueux pour aller choper les deux bourgeois tout mollasses incapables de se sauver la peau tout seul.
Avec une hargne pétaradante, elle retient sa respiration et se met à jouer au dauphin, elle file contre l´océan vertical, elle fonce sur Nortellon qui est quand même le plus gros du lot et le fout sur ses épaules, au passage elle fout un coup de pied dans les cheveux de Saïan qui s´enroulent autour de son mollet et vlan remonte comme un seul homme ola malheureux que dis-je un seul homme ! Une seule femme, oui, et même comme trois hommes ! Et tadam vous avez eu chaud, et eux aussi, Saïan, Nortellon, et Messerille peuvent prendre un bon bol d´air, leur pouls bat, faiblement certes, mais ça bat.
Heureusement, les mers d´Anthar obn´Suur sont chaudes et poissonneuses, ils ne mourront ni de faim ni de froid. Mais pour l´instant, Saïan et Nortellon sont encore tout évanouis et bourrés d´eau - et vous moquez pas, c´est déjà mieux que d´être bourré d´autre chose, bande de vauriens - alors Messerille qui est quand même bonne pâte les installe sur un reste de pont flottant, les allonge et leur fout quelques baffes pour les remettre d´aplomb. Quand Nortellon lui crache un énorme bar dans la gueule, sa première réaction c´est de vouloir lui foutre un coup de pied dans la sienne. Mais soudain elle réalise que le bar pourra servir de premier repas, alors elle fait rien et préfère lui administrer une petite tape de bon soldat, bien joué semble-t-elle lui dire, t´as fait ta part. Passons à la nymphette. Elle, Saïan, a une posture presque tragique, son corset l´étouffe, normal, et maintenant qu´il est rempli d´eau on dirait que sa poitrine est encore plus grande - on vous a dit qu´elle avait une poitrine quand même pas mal, la Saïan ? - bref, si Messerille était un homme, elle en profiterait sans doute, mais voilà, Messerille, c´est d´abord une femme alors elle est cool, tranquillement hétéro, faut pas chercher midi à quatorze heures, elle en profitera pas. Bon bien sûr, elle va débarrasser la damoiselle de son corset histoire de la faire respirer, et là encore comme par hasard le lectorat masculin de notre histoire augmente de 50% d´un coup, paf on fait péter les scores, c´est limite on peut se demander si c´est encore bien utile de continuer à écrire, notre fortune est faite, mes amis. Ola malheureux, que dis-je "mes amis ?" ! Pas de ça entre auteur et lecteur, faudrait quand même pas que ça vire à la partouze entre nous messieurs dames - pour peu qu´il y ait encore des dames dans l´assistance - je veux dire moi j´écris, je raconte, vous, vous restez là bien planté sagement devant la page, c´est votre droit, ça se passe comme ça dans notre monde alors pas de déviation : ici, le conformisme règne.
Bon donc, vous l´aurez compris, nos trois naufragés sont sains et saufs. Ce qui n´est bien sûr, hélas, pas vraiment le cas pour tout l´équipage du Grand Mistral, enterré avec l´épave au fond de l´océan - et qui sait jusqu´où peut aller l´océan ?
Sur leur radeau de fortune, Messerille, seule encore à être consciente, Nortellon, et Saïan, vont se mettre à voguer. Mais où ? Ils ne savent. Et si le passeur revenait à la charge ? Peut-être faut-il éviter les côtes Zalzariennes, peut-être faut-il retrouver Karzus et Grisk, mais que faire avec une simple planche de bois craquelé et une pagaie brisée pour moteur ? Messerille a beau être débrouillarde, elle a quand même pas fait les hautes écoles de la pensée, alors elle secoue Nortellon, qui se réveille en marmonnant "plus tard, plus tard, beau rêve hmhmhmhmhgnmnmn", et se tourne alors vers Saïan en lui donnant une grosse claque.
Celle-ci se redresse d´un coup, comme immédiatement ragaillardie.
"GRASSOUILLET!" s´exclame-t-elle.
Messerille : Je crois bien qu´on en entendra plus parler avant longtemps, mademoiselle Saïan.
Saïan : Oh que s´est-il passé ! Je ne vais pas pouvoir tenir sur une portion d´espace aussi réduite ! Si seulement je pouvais marcher sur l´eau ! Et c´est toi qui nous a sauvés, Messerille ?
Messerille : Brof!
Saïan : Oh bonne Messerille, bonne mère, le gros homme nous a quittés! J´avais commencer à m´y attacher... Mais quel barbare cet homme sur la barque! Nous devrions aller venger le prince!
Nortellon profita de ce moment pour sortir de son beau rêve beau rêve, plus tard ghmhmnmghmhm.
Nortellon : Ca ne servirait à rien, cet homme a été dressé à tuer et nous n´avons aucune idée de là où il a pu aller. Toute cette aventure est un fiasco.
Saïan : Qu´est-ce que vous suggérez alors ?
Nortellon : Nous allons essayer de nous rapprocher prudemment des côtes. Nous essaierons de communiquer avec Grisk et Karzus pour les rejoindre. Il faudra leur apprendre pour Padgram...
Messerille : Avec un tel raffiot, on va prendre des plombes avant d´arriver.
Nortellon : Oui, je sais. C´est pour ça qu´il nous faut trouver un moyen de locomotion plus rapide.
Messerille : Ben dites donc vous êtes rudement intelligent, vous !
Saïan : J´ai une idée !
Messerille : Manquait plus qu´ça !
Saïan : On pourrait capturer des dauphins avec les cordages qu´il y a sur les planches de notre radeau pour en faire comme des chevaux de mer !
Nortellon : Ce n´est pas une mauvaise idée...
Messerille : Mais mamzelle Saïan, faut des heures et des heures avant de pouvoir choper un dauphin !
Elle se trompait. A peine avait-elle dit ça que trois magnifiques dauphins sautèrent hors de l´eau en souriant pour les saluer.
Nortellon : Eh bah voilà... Bon, on s´en prend un par personne. Que chacune prenne une corde et fasse un noeud de pendu avec. Dès qu´ils ressautent, vous sautez avec, vous déployez la corde en lasso, comme ceci - il leur montra - et là vous jetez d´un coup sec autour du cou.
Je précise qu´aucun animal n´a été maltraité dans ce qui va suivre.
Ils guettèrent, ils attendèrent longtemps, au moins jusqu´au coucher du soleil pour que les trois dauphins daignent bien remontrer à quel point c´était quand même pas des poissons de merde, même pas d´eau douce - eh oui, c´était comme ça, dans Saldra - bref ils attendèrent, eurent le temps d´avoir un nombre de crampes de fesses bien chiant à vous redonner parce que le secteur des archives numéraires en ce moment c´est vraiment des bouseux de fainéants de salariés incapables de vous donner une information concrète et stable mais passons parce que sinon tout le monde va s´énerver et je vous rappelle que ce n´est pas le but de notre histoire. HOP ! ah ça surprend hein, eh bien oui, les voilà hors de l´eau, au crépuscule, nos amis les dauphins, bon j´aurais pu faire l´hypothèse qu´étant tellement paralysés par leurs crampes, nos héros avaient finalement été incapables de les capturer mais je préfère affirmer qu´on peut être plein de crampes et avoir encore des réflexes!
Aussi, c´est avec succès qu´ils se jetèrent comme prévu sur les trois beaux poissons qui n´étaient probablement pas les mêmes que ceux du matin.
Le problème, c´est que les dauphins sont pas du genre à se laisser dire d´accord je veux bien te mener en bateau jusqu´à ce que tu me lâches ma pitance : eh bien non, ils sont plutôt du genre à mener en miracle. Ca vous intrigue ce que je dis, hein ? Si c´est pas le cas, dégagez immédiatement, y a des limites quand même, on est ici pour l´art, pas pour la bouffe, monsieur, madame, peu importe, qui que vous soyez ! Eh bien oui, en miracle, voilà leur secret, à nos dauphins! Parce que le radeau, c´est bien gentil, mais c´est tout de même beaucoup moins stable qu´une bonne paire de pieds! Tout ça pour vous dire qu´au moment où les trois zigotos réussirent à enserrer le noeud de leur corde autour des poiscailles frimeuses, ils furent aussitôt projetés en avant et contraints, tout en maintenant fermement la corde, de se faire traîner en glissant les pieds sur l´eau, à la vitesse de la poudre d´escampette - Escampette, si tu nous lis, salut ! -.
En se faisant tirer malgré elle, très surprise par ce choc émotionnel grisant et cataclysmique, Saïan ne put s´empêcher de pousser un cri aïgu et perçant comme seules les femmes, ces créatures pas nettes, sont capables de le faire, et ça ressemblait même un peu au cri de Bébert. Jugez plutôt !
Saïan : SKWIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII !
Ce cri signa la genèse d´une pratique nouvelle aux vertus décompressantes exceptionnelles. Nortellon la baptisa immédiatement, et cela va de soi, le skwi nautique. Je peux vous dire une chose, ils étaient heureux tous les trois à glisser comme des messies sur les remous d´or filandreux, dorés par le soleil couchant des vagues de la mer d´Anthar obn´ Suur.
Le plus dur au début c´était de s´orienter. Je ne vous cache pas qu´il leur fallut bien une heure pour diriger les dauphins vers la terre ferme. La nuit commençait à tomber, et bon sang de dis donc, la lune était toute pleine. C´est aux dernières des dernières lueurs qu´ils atterrirent sur une plage Zalzarienne, où ils ne furent pas fâchés de congédier leurs prodigieuses montures.
Nortellon voulut immédiatement repérer quelque mouette. Mais la nuit était tombée et la nuit les oiseaux se cachent. Il leur fallait donc, guidés par le disque lunaire, marcher le long de cette plage interminable, bordant une falaise, à la recherche d´un sentier qui leur permettrait de remonter sur les plateaux.
°° La Citadelle d´Anthar obn´ Suur °°
Il convient de préciser que tous les événements qui vont maintenant se succéder devant vous ont eu lieu au moment même où Padgram et son bateau ont été coulés. Remontez vos sabliers, il est temps de savoir ce que faisait Hellia pendant que nous étions occupés à frissonner de terreur devant les grandioses malheurs de nos héros. C´est donc l´après-midi dans la citadelle de Gerabrossa le Jaune.
Dans le harem, Hellia était en sueur, les deux heures étaient presque passées, et il lui fallait maintenant réaliser ce que la Mort lui avait suggéré. Subtiliser le marteau du gong, briser les barreaux d´or, tresser avec les draps et les rideaux une romantique corde d´évasion, et s´enfuir enfin, sans ses amies, sans Lili.
Pouvait-elle le faire ? Devait-elle le faire ? Cette rencontre fortuite qu´elle n´espérait plus n´était-elle pas un songe ? Elle sentait que ce qu´on lui mettait sur la peau, ces produits, des lotions, ces huiles, ces parfums, introduisaient en elle d´étranges images. N´avait-elle pas rêvé ? Et avait-elle le droit au nom d´une illusion, si c´en était une, de manquer au serment qu´elle avait fait, quoique malgré elle, à ses compagnonnes d´infortune ?
à vous!
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Everlasting
- Posté le
4 octobre 2007 à 19:12:41

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___A la cité forteresse d’Anthar Obn Suur___
Hellia était maintenant en pleine détresse psychologique. Une convocation de la Terre mère ne se refusait qu’au cas où on souhaitait voir son destin croiser la route d’une charrette de cactus de 5 tonnes. En toute finalité, cela ne changerait peut-être rien, mais Hellia avait la phobie des piqûres. Pour respecter sa conscience, elle avait donc encore 1 heure pour sortir de sa chambre, organiser une révolution, sauver les filles, accepter de ne pas sortir avant d’avoir poignardé Gerabrossa et descendre au pont levis avant que la mort du garde ne soit remarquée. La panique quoi.
Mourir après seulement quelques jours de vie ? Sans avoir connu les plaisirs de la chair ? Non et non, ce destin était inacceptable et elle allait leur montrer à tous, boudiou de boudiou, ça barderait. Saboter la mythique forteresse de l’intérieur ? Rien de plus facile. La volonté ne vient à bout de rien, mais elle suffit à foutre un sacré chambard.
Elle commença par crier. De toutes ses forces. Alertés, les deux gardes entrèrent, paniqués, dans la chambre dorée, prêts à défendre une attaque nucléaire.
- Une araignée ! là ! sur le rebord de ma fenêtre !! Tuez la vite!
Complètement ahuris, les deux soldats vinrent se pencher pour examiner la paroi. Il ne fallut pas plus d’une seconde pour entendre un long hurlement aigu qui finirait 20 kilomètres plus bas. Le second soldat se retourna juste à temps pour aligner son entrejambe sur l’axe du coup de pied d’Helliarane. Un gardien de but aurait pâli pour le dégagement comme un attaquant pour la finition : en plein dans le mille. Aucun hennissement. Zut, un eunuque.
Rouge de colère et de honte, le soldat se mit à courir derrière la traitresse, brandissant sa lance et jurant d’une voix de fausset. Hellia visa la sortie et déambula rapidement entre les couloirs.
- Au viol ! au viol ! Arrêtez ce pervers !
Le soldat criait aussi, mais les meilleurs ténors, fussent-ils castrato, n’arrivent pas à la cheville d’une soprano à la poitrine développée. Dans le déluge de décibels, on l’entendait moins. Il suffit de peu pour décider d’une vie. La fin du chemin prit pour lui la forme d’une casserole de bonne taille, réservée aux banquets, brandie par un cuisinier bourru mais sensible au respect du aux femmes. L’onomatopée provoquée par le choc entra dans l’histoire comme un modèle du genre.
La foule accourue dans le couloir se figea. Il y avait là une bonne partie du harem en robe de chambre, d’autres gardes, du personnel. Tout cela n’était pas du tout réglementaire, il y aurait besoin de fournir des explications à la chiourme. Mais en même temps, et tout le monde s’en rendait compte, la proportion de gardes était vraiment faible. Etait-ce tout ce qu’il fallait pour soutenir une prison, tout ce qui séparait l’asservissement de la liberté ? Parfois des systèmes ne reposent que sur le système. Toute une toile, tant de moucherons emmêlés, mais une seule araignée. Il suffit peut-être d’un fil coupé. Parmi les filles, Lili s’en rendait bien compte et souriait comme jamais elle n’avait souri. Elle souffla :
- Tombez leur dessus.
Ce fut une exultation, des nuées de femmes s’abattirent sur des soldats qui n’avaient jamais pu en rêver. Les lances furent arrachées d’abord, les bras ensuite, puis les têtes. Des têtes qui furent baffées par des casseroles. Le massacre fut irréellement rapide, bien trop joyeux, horriblement enfantin, traversé des mille couleurs des différents peignoirs, pyjamas, chemisettes, longue robes, de chevelures relâchées, de jambes nues. Elles étaient comme des lionnes trop longtemps enfermées dans des cages. La force de la rupture avait fait naitre une détermination quasi palpable : elles allaient marcher en rythme pour déloger l’araignée.
- Hellia, tu as réussi ! le verrou a sauté ! Je n’y aurais jamais cru. Tu es vraiment celle qu’on attendait ! Je te prenais pour Inyashar mais tu es bien mieux. Guide nous !
Hellia était encore tout chose, elle ne comprenait pas bien ce qui venait d’arriver et n’était pas sûre d’avoir tout à fait prise sur les événements. Elle reprit bientôt ses esprits. En effet, on entendait maintenant la voix d’un Gerabrossa ulcéré, et qui arrivait à grand pas.
- Malédiction ! cria une fille, il n’est donc jamais très loin de nous. Il y a eu trop de bruit, on est cuites les amies.
Mais tout ne se passe jamais comme prévu. Gerabrossa était venu seul, s’attendant à pouvoir copieusement insulter ses minables de gardiens. Quelle ne fut pas la surprise de l’empereur de se trouver nez à cuisse (Gerabrossa est petit, rappelons le) de son harem maintenant au grand complet qui le toisait d’un regard… méchant, pour faire dans l’euphémisme. Un échange aussi soudain des rapports de domination, le temps de comprendre la situation….. tout cela était bien trop long et Gerabrossa n’eut pas le temps d’exprimer sa surprise qu’il était défait ligoté et baillonné.
- On le fait cuire dans l’huile ?
- On le rapetisse encore ?
- On lui fait manger les fesses des cadavres ?
- On l’écartèle entre les piliers de son lit ?
Helliarane intervint : - Non, on va le garder en vie pour l’instant ! Il nous servira d’étage pour descendre les otages sans risque de se faire inquiéter par les casernes. Si on le tue on est touffues !
- Tu es pas mal agitée, remarqua Lili. Mais c’est d’accord, le plan a du bon, et puis comme ça nous aurons le temps de choisir le châtiment qui lui convient. Allez, toutes à la sortie !
Ainsi un cortège étrange descendit dans les spirales interminables de la tour principale d’Anthar Obn Suur.
Saldra, cette même nuit
Depuis Barzabute, la nouvelle du naufrage se répandit dans toute la contrée, de troubadours en marchands, de marchands en soldatesque, de soldatesque en troubadours encore. On en parla dans chaque chaumière : autour des brouets, des bières épaisses, à travers des moustaches drues, du maquillage trop rouge, avec des mentons qui acquiescent, des sourcils qui se froncent.
La longue course poursuite entre le Roi et l’héritier déchu avait donné lieu à des paris, s’était étalée en couvertures des magazines à la mode, avait inspiré des épopées et aussi des rêves, de ceux qui suscitent la crainte et l’admiration tout à la fois. L’imagination populaire s’était nourrie du gros héros qui toujours disparaissait pour ressurgir avec fracas et concert de trompettes. Padgram, ce fugitif aux mille tours dans son sac, danseur habile aux milles visages, éternel quêteur animé par des causes perdues, guerrier impitoyable mais élégant et chevaleresque, symbole de dissidence et de rébellion acharnée. Entre les tables des bars, les enfants jouaient à reconstituer les scènes les plus fameuses de la vie de Padgram, à grand renfort de coussins. Notamment l’épisode ou il avait coincé le nez de Conspiru entre le pont levis et la porte du château, mythe qui en plus d’être très explicatif, déclenchait toujours l’hilarité.
Qui avait pu tuer Padgram ? Des légions entières déferlant sur la mer ? Un cyclone déclenché par un artifice de Conspiru ? Les hordes de mamelouks de Gerabrossa ? Padgram était-il devenu une étoile à neutron ? Dans quelles profondeurs reposait son corps ? Le peuple de Barzabute n’en savait que trop rien, mais il vibrait à la suite de son icône. Dans les coins, il y avait des larmes de géants, versées par des ombres encapuchonnées, les poings serré et enragés......
-Everlasting-
A vous la suite !
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