*** Golden Epopée *** - Final Fantasy VIII - Page 3 sur JeuxVideo.com

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Sujet : « *** Golden Epopée *** »

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  • Carnavale Voir le profil de Carnavale
  • Posté le 20 juillet 2007 à 04:23:02 Avertir un administrateur
  • Rune: Dis-moi, pretre, quel type de gibier chasse-t-on par ici ?

    Pretre: Euh eh bien le lapin...

    Rune: Vraiment ? Et si je te disais qu´il est impossible de trouver un seul lapin a la ronde autour de ton temple, que dirais-tu ?

    Pretre: Bah rien, que pourrais-je dire puisque je ne sors jamais d´ici et que...

    Hellia et Padgram leverent un sourcil. Le pretre s´interrompit brutalement. Il en avait trop dit. Rune frissonna de colere. Mais sa colere restait encore contenue.

    Rune : eh bien puisque tu ne sors jamais comment peux-tu savoir que le gibier environnant n´est autre que le lapin et qu´il est excellent ?

    Le pretre se mit a suer a grosses gouttes. Padgram et Hellia commencaient a comprendre la mefiance de Rune.

    Le Pretre : Je... Je... Ce sont de braves braconniers qui me livrent tous les jours... qui me donnent des nouvelles de l´exterieur...

    Rune: Mensonge!! Il faudrait que tu habites pres d´un village pour connaitre des braconniers, mais ton temple est un monastere isole au milieu de nulle part, et aucune ville n´y est reliee !

    Le Pretre: Mais... Mais... Mais!!

    Rune: Mais rien! Ces peaux qui garnissent ton plafond! Elles sont blanches, comme celles des vierges! Tu ne manges jamais de lapin puisqu´il n´y en a pas autour de ton temple. Et j´ajouterai, petit ver de terre, que toutes les forets environnantes ont ete recemment massivement calcinees, mais tu ne peux pas le savoir puisque tu es un reclus! Or, Londe le sait parfaitement! La verite, c´est que tu recueilles les jeunes vierges environnantes lorsqu´elles s´aventurent trop loin de chez elles, tu les incites a aller chasser un lapin qui n´existe pas, et apres quoi tu les violes et les depece horriblement pour pouvoir les manger!!!

    Padgram: La, Rune, quand meme, t´y vas quand meme un peu fort de cognac!

    Rune: Ah oui?? Regarde donc le plateau de victuailles! Sens!

    Padgram ne se laissa pas prier et porta a son nez ce qui ressemblait a une tranche de bacon. Quelle ne fut pas sa surprise de decouvrir des morceaux de dents et des bouts de cheveux seches incrustes dans le gras, lequel etait parseme de petits points bleus.

    Padgram: Par Sanlapis!! c´est une langue de femme!! et il voulait nous empoisonner!!

    Le Pretre tourna aussitot les talons et s´enfuit a toutes vitesses vers un passage secret.

    Rune: RATTRAPONS LE!! IL A MA SOEUR!!

    Hellia: Si elle n´est pas deja dans le petit-dejeuner...

    Les trois compagnons coururent le plus possible a travers le long couloir du temple pour rattraper l´odieux pervers mais celui-ci avait deja atteint un mur amovible. Trois tournants plus tard, Hellia, Rune, et Padgram l´avaient perdu.

    Ils entendirent alors un rire diabolique retentir dans tout le temple, et puis un grand bruit de porte se refermant avec fracas.

    Paniques, les trois amis se depecherent de rebrousser chemin mais leurs craintes se confirmerent en constatant que la voie derriere eux etait desormais barree par un immense mur de plomb. Comme si cela ne suffisait pas, une trappe s´ouvrit sur leurs pieds au moment meme ou Rune projeta un coup de poing de colere dans le metal dore.

    Leur chute fut interminable. Leurs cris encore plus. Quand ils reprirent connaissance, ils realiserent qu´ils etaient enfermes dans un labyrinthe entierement baignee dans le noir!!

    Padgram : Cette fois, mes amies... c´est la fin.

    Hellia: Pas encore... Il faut sortir de ce traquenard, c´est tout ce qu´il nous reste a faire.

    Rune: Sans blague! Il faut surtout qu´on retrouve Londe!! Il va la tuer!! Et il ne reculera pas, j´ai senti son odeur! Il l´a deja outragee!

    Hellia: Mais pourquoi ne pas nous avoir prises, nous aussi ?

    Rune: Je suppose que c´est la virginite qui l´interesse. Moi, le sanglier m´est deja passer dessus... Je ne l´interessais probablement pas...

    Padgram : Mais comment peut-on savoir si une fille est vierge ou pas ?

    Hellia: On la touche.

    Rune: Ou alors... On sonde ses reves! Je sais qu´une fille vierge a beaucoup plus de reves erotiques que la moyenne! Je le sais car depuis la cochonnerie qui m´est arrivee, et je vous epargne les sequelles psychologiques qui ont resulte de ce moment que je veux chasser de ma memoire bien que la vie soit dure pour les filles dans ce monde et qu´il m´ait ete permis dans mon education pirate d´etre preparee a ce genre de violence animale, toujours est-il, donc, que je le sais car depuis que le sanglier m´a prise, je ne reve plus que d´une chose : le mariage!! Voyez l´etrange evolution des hormones! Et pourtant dieu sait que je vomis une telle ceremonie! Neanmoins, je ne commande pas mon subconcient et c´est ainsi que je me sais desormais en voie de conjugalisation precoce, et cela me fait peur. Ceci dit, passons, et revenons en a l´essentiel, comment cet homme odieux a-t-il pu sonder les reves de ma soeur?

    Hellia: Les techniques de lecture mentale sont chose courante dans l´enseignement religieux. Il n´avait qu´a observer deux secondes Londe pour comprendre ce qu´elle etait...

    Padgram: Bon, c´est bien beau tout ca mais ne croyez vous pas qu´il serait desormais sage et surtout temps de se mettre en rut, enfin je veux dire de prendre le chemin qui nous conduira vers cette pauvre Londe qui en ce moment precis doit...



    AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAR
    RRRGHH !



    Un hurlement lointain venait de dechirer l´atmosphere, laissant son empreinte sonore resonner comme un glas dans l´obscurite inquiete de la piece ou nos heros conversaient si intensement.

    Rune (horrifiee): LONDE!!!! OH MON DIEU!!!


    a vous la suite!
    -Chapterving-
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  • Un_poil_sur_leQ Voir le profil de Un_poil_sur_leQ
  • Posté le 20 juillet 2007 à 08:59:09 Avertir un administrateur
  • Padgram: Oui, mais lequel?

    Rune: Certainement pas Myosotis, vu que c´est lui qui permet otut ça!!

    Hellia: Il faut faire quelque chose...

    Padgram: Déjà, j´aimerais bien y voir un peu plus clair. On pourrait utiliser le crachat de l´un des dragons ?

    Hellia: Non, nous serions immédiatement aveuglés.

    Padgram: Alors on utilise pas l´invocation ?

    Hellia: Nan.

    Padgram (en lui): Putain, je le savais qu´elle allait me péter les couilles avec ça... (à haute voix) Bon, alors comment on fait?

    Rune tentait de se calmer, écoutant chaque parcelle du cri de sa soeur se répercuter dans son cerveau;

    Hellia: Je ne sais pas, mais en tout cas quelque chose m´étonne. Rune, ne nous avais-tu pas dit que tu étais très intelligente et ta soeur très forte ? Comment se fait-il que Londe ne puisse pas s´en sortir toute seule ?

    Rune: Certains matériaux résistent à ma soeur. Il n´y a qu´une seule explication à ce qui lui est arrivé. Il l´a endormie avec une substance nocive et il l´a enfermée dans une prison, une cage, peu importe, dans quelque chose qu´elle ne peut pas détruire avec ses poings.

    Hellia: En tout cas, rassure-toi, elle n´est pas morte, il ne fait que la torturer.

    Rune: Qu´en sais-tu ?

    Hellia: Euh c´est juste que je sais faire la différence entre le cri d´une torturée et le cri d´une morte.

    Padgram (en lui): Sans doute ses putains d´affinités musicales de merde qui m´empêchent d´utiliser mes petits dragons... Putain, quelle putain de dominatrice, si j´étais pas si gros je lui mettrais bien mon poing dans la gueule mais elle m´éviterait forcément cette putain de flûteuse... Pourquoi faut-il qu´elle suscite en moi du désir, bordel de bordel... (à haute voix) Bon, alors si on peut pas allumer quoi que ce soit dans ce trou perdu, on fait comment ?

    AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA R R R AAAAA RGH !

    Un nouveau cri venait de transpercer l´ambiance atmosphérique et je devrais plutôt dire les tympans délicats de Padgram qui en était tout ondulé, les fréquences du cri de Londe étant particulièrement ultrasonnées.

    Rune s´en aperçut en le touchant et eut soudain une idée de génie, enfin une idée de Rune quoi.

    Rune: Ooh mais bien sûr! Chauve-souris!

    Hellia: Quoi?

    Rune: Les chauve-souris sont aveugles mais se déplacent dans l´espace grâce au son. Ecoutez bien les échos du cri de ma soeur...

    Tous trois tendirent l´oreille. Et en effet, le ARGH final circulait de paroi en paroi au coeur du labyrinthe, avant de se répercuter sur la bedaine de Padgram.

    Rune: Nous allons repérer la source sonore du cri de ma soeur, ma soeur quoi, à partir du son! et on va pouvoir circuler dans le labyrinthe sans se perdre dans le noir! Padgram, tu vas être notre boussole! Hellia, nous allons crier en permanence et selon que le ventre de Padgram ondulera sur une région particulière, nous prendrons la direction adéquate!

    Padgram: Euh je ne te suis pas!

    Rune: Eh bien, vois-tu, ton ventre est si énorme, que tu as la même fonction qu´un globe terrestre. Tu as toutes les vertus d´une boussole en trois dimensions. Ton cou correspond au pôle nord, tes pieds au pôle sud et tes deux bras au pôle ouest et est. Lorsque nos cris se répercuteront en fréquences ondulatoires sur la région est de ton gras, cela voudra dire qu´il faut aller vers l´ouest, soit à gauche ! Compris??

    Padgram: Euh... Je te suis!

    Hellia: Euh donc faut crier en continu c´est ça ?

    Rune: Oui, et tenir chacune d´une main un bourrelet de Padgram pour naviguer!

    Padgram: Alors allons-y!

    Et elles se mirent toutes les deux à chanter à tonitruetête comme de grandes malades! Hellia chantait faux mais c´est pas grave elle a quand même des seins énormes et c´est ça qui compte dans la musique, et faut croire qu´elle était plus forte en flûterie qu´en crierie, par contre Rune avait un beau brin de voix, elle chantait tantôt comme un perdreau, tantôt comme une perdrix, tantôt comme un cochon, tantôt comme un zizi, et Hellia s´efforçait de pousser les harmoniques jusque dans les abyssalités solfégiques les plus improbables. Padgram, boussole géante, se contentait de donner la mesure. Les fréquences le faisaient se gondoler comme un matelas plein d´eau et c´était assez drôle à ne pas voir vu qu´on était dans le noir mais bref, ils tournèrent cinq fois à gauche, deux fois à droite, trois fois en diagonale, quatre fois à droite, une fois derrière eux, deux fois devant, et bientôt, arrivèrent face à une paroi qui semblait être la fin du labyrinthe. Seulement, en criant, les deux filles s´aperçurent qu´il n´y avait plus de chemin du son, elles avaient suivi le son de paroi en paroi, et maintenant, il ne résonnait plus que dans cette pièce unique... Pourtant, ils étaient toujours prisonniers de l´ombre, et pas de trace du prêtre ni de Londe...

    Ils restèrent quelques instants silencieux attendant quelque chose et hop voilà on l´attend et ça vient, le quelque chose arrive.

    AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ARA AAARRGH PITIE !! !

    Cette fois le cri était si puissant, si horrible, que Padgram en faillit s´évanouir, mais il devait tenir son rang, c´était quand même un prince et un homme en même temps (même si de mauvaises langues en douteraient quoique, une fois encore, la langue c´est pas trop mon truc alors je reste neutre).

    Rune: Elle est derrière le mur!! Londe! J´arrive!!

    Hellia: Oui, j´ai bien entendu qu´elle est derrière le mur, mais elle est toujours en haut. Comment on fait pour percer le mur et remonter?

    Rune: Il nous faut de l´élan...

    Hellia: Un élan aérien ?

    Rune: Un élan élastique!

    Et toutes les deux se retournèrent vers Padgram, corps décidément inépuisablement fournisseur de ressources extraordinaires et tout à fait naturelles... euh ça ressemble à une pub ce que j´ai dit ? Et alors ? Putain, vous me cassez les couilles, j´essaye de faire une bonne pub et hop là bim vous me le faites remarquer je veux dire putain voilà je l´ai dit ahaha je l´ai dit, mais donc Padgram comprit qu´il était encore de corvée pour les tirer d´affaire.

    Padgram (soupirant): Allons-y...

    Il prit Rune par les bras, la fit monter sur son ventre, et s´assit. Debout sur le gras, en appuyant à fond sur la surface rebondissante avec ses pieds, fortement tendue grâce aux bras de Padgram qui retenait les siens, Rune releva la tête, dirigée droit vers le plafond. Hellia se mit derrière elle pour l´assurer. Et lança le compte à rebours.

    Hellia: Attention les enfants... à 3, Rune, tu lâches les bras de Padgram, et tu décolles en croisant tes bras devant ton visage, et tu n´oublies pas de le baisser ton visage! La pression sera assez forte pour faire exploser la pierre, surtout qu´elle n´est pas très épaisse, vu la qualité du son! Attention, à vos marques, paré? 3, 2, 1.... LACHEZ TOUT !!


    VOUIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIM !


    à vous!
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  • Blina Voir le profil de Blina
  • Posté le 20 juillet 2007 à 18:37:58 Avertir un administrateur
  • Le saut fut d´une puissance!! Rune fut projetée dans les airs a la vitesse d´une balle de revolver, bien que la poudre n´ait pas encore été inventée a cette époque. Elle fit comme Hellia le lui avait conseillé, croisa les bras devant son visage, le baissa et... VLAN! s´éclata la gueule sur le mur comme une crotte, se cassant trois dents d´un coup.

    Lentement son corps descendit le long de la paroi. Padgram se préparait en bas pour la rattraper. Hellia secouait la tete en ricanant.

    Padgram, en amortissant la chute de Rune, se tourna vers la Mort avec un air perplexe.

    PADGRAM> Je vois pas ce qu´il y a de drole! Regarde la, elle saigne de partout, et elle est KO maintenant! C´est de ta faute, elle avait pourtant fait ce que tu lui avais conseillé!

    HELLIA (reprenant soudain son sérieux)> Oui, mais pas dans le bon ordre! Pas étonnant qu´elle se soit ramassée sur la paroi... Quelle médiocrité...

    Cette fois, Padgram explosa, non pas littéralement, ce qui aurait été assez moche a voir je pense, mais bien intensément quand meme.

    PADGRAM> Non mais tu te rends compte de ce que tu dis?? Tu es humaine ou quoi?? Cette gamine n´a que quinze ans!

    HELLIA> Justement! Débarrassons-nous en! Et laissons sa soeur la ou elle est, nous n´avons pas besoin d´elles pour continuer!

    PADGRAM> Tu penses sérieusement ce que tu dis ??

    Hellia commencait a paniquer.

    HELLIA> Mais... je... enfin, oui... peut-etre que si nous n´étions que tous les deux, nous pourrions...

    PADGRAM> Tais-toi! Est-ce que c´est toi qui a eu l´idée de l´appeau??

    HELLIA (sombrement)> Non...

    PADGRAM> Est-ce que c´est toi qui as su nous sortir de ce labyrinthe ??

    HELLIA (encore plus sombrement)> Non...

    PADGRAM> Bien! Alors je crois que Rune et Londe méritent d´etre avec nous! Et je me demande meme si ce n´est pas nous qui méritons de garder Rune et Londe avec nous!

    HELLIA (dans un murmure)> Oui, Padgram...

    PADGRAM> Alors, on va aller sauver Londe, et c´est toi qui vas prendre la place de Rune. Seulement, on va faire autrement. Je vais te prendre par les pieds, et je vais tournoyer sur moi-meme comme un lanceur de poids lourds avant de te projeter en l´air! Tu saisiras un de mes bourrelets en guise de bouclier. Ne t´inquiete pas, ma graisse est tres extensible. Avec la vitesse, elle deviendra si dure qu´on pourrait s´y casser les dents! Ce coup ci, le mur ne tiendra pas!

    Hellia acquiesca, prit la main du gros prince, qui la refusa, pour la prendre directement par les pieds. La mort n´était pas habituée a ce genre de relation de proximité aussi se mit-elle a rougir comme une coccinelle. Mais évidemment, Padgram ne pouvait pas s´en rendre compte puisqu´ils étaient dans le noir. Hellia eut d´abord la tete sur le sol, puis soudain se sentit décoller, et tournoyer, tournoyer, comme jamais elle n´avait tournoyé depuis le début de sa mort! Cette sensation la grisait plus que tout! Elle avait le sentiment de ne plus toucher terre, d´etre au paroxysme de l´amour sauvage, l´amour comme seuls les humains savent le pratiquer! Le mouvement de tournoiement s´accéléra tellement qu´un oeil extérieur n´aurait meme plus distingué le corps de la Fossoyeuse.

    Soudain, Padgram lacha un grand rale, et dans la meme occasion laissa valdinguer Hellia hors du périmetre qu´il venait de créer autour de lui! Hellia fila droit comme un boulet de canon, bien que la poudre ne soit pas toujours pas inventée, et percuta le mur avec une force inégalée, le détruisant instantanément.

    PRAAAAAMBRRRAOUUUM!

    (c´est incroyable ce que l´on s´amuse avec ces bruitages)

    -- Dans la cuisine du pretre --

    La piéce venait de voler en éclats. Londe, qui était toute rouge en train de bouillir dans le chaudron avec des légumes et des aromates, en voyant Hellia en train de tousser et se dépoussiérer, sentit son coeur battre a toute allure. Jamais elle n´avait ressenti autant d´espoir.

    Le pretre etait assomé par terre. Une pierre du mur lui avait atteint griévement le crane. Hellia s´avanca vers lui, le regarda dans les yeux avec un sourire attendri, puis s´accroupit et rapprocha sa bouche prés de son oreille.

    HELLIA (dans un murmure)> Dans tout jeu, tu le sais... Il y a un perdant.

    Le pretre la regarda dans les yeux et réprima un cri d´horreur en reconnaissant qui lui parlait. Hellia avait vidé ses pupilles, laissant juste apparaitre les deux grands trous noirs qui formaient les yeux d´un crane de squelette. Elle souriait.

    HELLIA (dans un murmure)> Eh oui... Perdu...

    Et sans un souffle, elle lui brisa la nuque.

    Evidemment, Londe n´avait pas pu apercevoir la métamorphose des yeux d´Hellia, mais peu lui importait, tout ce qu´elle voulait c´était sortir de ce bain-marie!

    Hellia se releva majestueusement et s´approcha de la jeune fille, la prit par les aisselles, et la sortit du monstrueux chaudron. Avec dégout, la Mort se rendit compte que le pervers avait déja coupé toute la jambe droite a Londe...

    Londe en voyant Hellia s´apercevoir de son nouvel handicap, se mit a pleurer a chaudes larmes, s´effondrant dans le giron de sa sauveuse.

    LONDE> Oh Hellia... Il m´a tenue éveillée pendant qu´il me la découpait et j´avais beau crier, cela ne l´arrétait pas... il m´a forcée a le regarder en train de la manger... Morceau aprés morceau... C´est horrible... Je...

    Hellia ne répondit rien et se contenta de serrer ses bras, maladroitement, autour de la jeune fille, qui tremblait de peur...

    Elle l´entoura de sa cape, puis utilisa la nappe de la table de la cuisine pour l´envoyer a Padgram.

    Lorsque celui-ci, avec difficulté, arriva dans la cuisine, Rune sur l´épaule, en découvrant l´horrible chose qui était arrivée a Londe, réprima une envie de vomir. Fort heureusement Rune ne s´était pas encore réveillée...

    PADGRAM> Il faut... Il faut... Il faut te faire une jambe de bois...

    LONDE> Je... Je veux retrouver ma jambe!

    PADGRAM> On... On ne peut rien faire, Londe. Il te faut une béquille...


    a vous la suite!
    -Blina-
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  • -ShaoKahn- Voir le profil de -ShaoKahn-
  • Posté le 22 juillet 2007 à 03:32:45 Avertir un administrateur
  • Dites, la dédicasse de votre "oeuvre épique" c´est pour quand ??

    Coucou Miss eraser ! :noel:
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  • Carnavale Voir le profil de Carnavale
  • Posté le 22 juillet 2007 à 18:33:03 Avertir un administrateur
  • Hellia: J´ai une meilleure idée! Coupons la jambe du prêtre et cousons la sur la cuisse de Londe!

    Londe: Moi?? Marcher avec sa jambe à lui ? Jamais !

    Hellia: Alors quoi, tu veux rester diminuée pour le restant de tes jours encore si peu nombreux ?

    Padgram: Moi je suis pas diminué du tout, au contraire, j´augmente.

    Londe: Tu l´acceptes?

    Padgram: Non.

    Hellia: Ah tu vois, Londe! Personne n´accepte ça! Alors, décide-toi!

    C´est alors que Rune se réveilla, complètement sonnée par les événements. Elle fut d´abord toute heureuse de retrouver sa soeur vivante, et même soulagée. Mais son visage se transforma aussitôt lorsqu´elle s´aperçut qu´il lui manquait une jambe.

    Rune: J´ai une idée! Coupez la mienne, et donnez-la lui!

    Padgram: Et toi, tu marcherais avec quoi ?

    Rune: Avec la jambe de Padgram!

    Padgram éclata d´un rire qui secoua toute la pièce.

    Padgram (en s´essuyant les yeux): Tu te vois marcher avec un boudin blanc à la place de la jambe?? AHAHAHAHAHA Impayable cette Rune!

    Hellia: Et avec quoi marcherait Padgram?

    Rune: Avec la jambe du prêtre!

    Padgram: J´y comprends plus rien, c´est un plan complètement débile.

    Rune: Alors qu´est-ce que tu suggères ?

    Padgram: On ouvre le ventre du pervers, on reprend les bouts de jambe de Rune, on les met dans un sac rempli de glace, et arrivés en ville on trouvera une couturière qui nous fera le boulot à l´oeil. En attendant, je vais fracasser cette table, prendre un pied, et en faire une béquille pour Londe. Et si y a encore une seule personne qui propose de couper la jambe de qui que ce soit, je lui pulvérise les hanches!

    Hellia frissonna. Padgram était d´une telle virilité, avec ses grosses joues rougies par la détermination! Ouh... Un homme! Enfin, un homme comme on les aime! Gros et inspiré! Un homme qui en impose, comme peu savent en imposer!

    Tout le monde acquiesça la proposition si ouverte de Padgram d´un seul coup de tête et après avoir tous ensemble détruit la cuisine, saccagé le temple, brûlé le corps du prêtre, et enterré tout ce qui restait des cadavres de ses victimes, ils reprirent la route de Fërucora.


    == Sur la route ==

    Les premières pluies avaient commencé à faire renaître quelques pousses vertes, et les fourmis reprenaient le chemin de leurs colonies. La Terre de Saldra était fertile. Il faudrait au moins un an pour que toutes les forêts reviennent à la vie. Padgram regardait ces plaines dévastées par le feu et puis songea à haute voix.

    Padgram : Je connais un druide qui pourrait accélérer la renaissance de la Nature à une puissance phénoménale !

    Hellia : Ah Topazos ?

    Padgram : Hein ? Comment tu le connais ?

    Hellia : Euh parce que j´ai entendu votre discussion avec Gaulois, dans sa maison.

    Padgram: Tiens, c´est vrai! Et comment ça se fait que tu nous espionnais?

    Hellia: Euh Gaulois me devait de l´argent. Et puis, je ne te l´ai pas dit mais j´ai intercepté moi-même un pigeon de Bougrasse, et j´ai ainsi été au courant de ta quête. Je savais par où tu te dirigeais, et puis je me suis présenté comme une magicienne, enfin, tu connais l´histoire!

    Hellia se félicita intérieurement de savoir aussi bien mentir.

    Padgram se gratta le quintuple menton, admit que ce que lui disait Hellia était probable, voire possible, et continua à rouler gaiement.

    Il ne se doutait pas que des hommes armés, cachés dans des buissons qui venaient à peine de repousser, s´apprêter à leur sauter dessus au prochain tournant!



    à vous la suite!
    -Chapterving-
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  • Apotheose Voir le profil de Apotheose
  • Posté le 22 juillet 2007 à 23:29:25 Avertir un administrateur
  • Rune__ Sais-tu, Padgram, que tu fais quelques fois des lapsus ?

    Padgram__ Ca alors, que veux-tu dire par là ?

    Rune__ Eh bien, quand nous étions dans la cuisine, tu as dit que nous allions chercher les bouts de jambe de Rune alors que tu voulais dire Londe.

    Padgram__ Oui euh la confusion sans doute, je suis tellement désolé pour ta soeur.

    Londe__ Euh je suis à un mètre de toi, tu peux me parler directement.

    Padgram__ Ca va la béquille ?

    Londe ralentissait tout le groupe et elle le savait mais elle ne voulait absolument pas montrer qu´elle souffrait et qu´elle se sentait ridicule avec sa jambe de bois.

    Londe__ Oui, oui, ça va.

    Rune__ Toujours est-il que tu es très gourmand en lapsus, Padgram, fais attention.

    Padgram ne comprenait pas pourquoi cette petite pirate borgne lui faisait une recommandation aussi dénuée d´intérêt mais n´y prêta pas attention, n´oubliant même pas d´entonner un petit air pour entraîner toute cette équipée, qui en avait déjà connu de sacrées vertes et de sacrées pas mûres. D´ailleurs en parlant de cela, il me semble que nos héros arrivent donc au prochain tournant.

    Dans les buissons, les hommes souriaient férocement car la composition du groupe qu´ils allaient agresser dans moins d´un instant constituait l´archétype même du banc de victimes idéal. Un gros faible et trois femmes. Ils n´allaient en faire qu´une bouchée...


    à vous la suite!
    Apothéose
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  • JujuDredd Voir le profil de JujuDredd
  • Posté le 23 juillet 2007 à 00:26:44 Avertir un administrateur
  • Les gars vous êtes géniaux :ok:
    Continuez !
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  • HaZck Voir le profil de HaZck
  • Posté le 23 juillet 2007 à 13:20:58 Avertir un administrateur
  • J´ai tout lus. Géant. :)
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  • Josha Voir le profil de Josha
  • Posté le 24 juillet 2007 à 03:33:00 Avertir un administrateur
  • Le public est aux anges, et le stade frémit de plaisir ! :-D :bravo:
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  • Un_poil_sur_leQ Voir le profil de Un_poil_sur_leQ
  • Posté le 27 juillet 2007 à 23:25:52 Avertir un administrateur
  • Mais qui étaient ces hommes ? Il faut bien qu´on l´explique un peu avant de vous noyer dans le massacre qui se prépare. Evidemment, le gros consommateur qui sommeille en vous se dit : putain de chiottes, montrez moi le viol des nanas, et les explications psychologiques, après après après! Eh bien non, on ne va pas faire ça après ou maintenant, on ne va pas le faire du tout parce que c´est simple à comprendre. Ces hommes ne sont que de pauvres gens affamés et détroussés par Conspiru le Trublion. Ils ont marché et marché depuis Barzabute dans l´espoir de trouver un travail, une compensation, une miche de pain, mais personne, non personne. Et puis un jour au loin ils ont aperçu cet espèce d´attroupement gigantesque de dragons et ils ont assisté avec perplexité à la dévastation de toute la nature et ça leur a foutu un sacré coup sur la conscience, ils se sont dit que quelque part ils étaient les seuls responsables de cette catastrophe écologique, aussi pour racheter leurs crimes naturels, décidèrent-ils de gagner leur vie en faisant perdre à des inconnus la leur et quelque part c´était quand même sacrément marrant d´exterminer des victimes compensatrices d´une si odieuse catastrophe source d´une si repoussante culpabilité !

    Mais bref, vous l´aurez compris, ces pauvres gens n´étaient pas vraiment des gens normaux. Il y a un hospice à Barzabute, c´est le plus grand hospice du monde. L´hospice des fous. Tous ceux qui hurlent, qui bavent, qui se prennent pour le roi, qui veulent se toucher l´anus avec le sourcil gauche, qui veulent boire la mer en une nuit, qui veulent mener des rébellions, qui veulent être des cochons plutôt que des souillons, eh bien tous ceux là on les enferme car qui serait capable de les soigner ? Personne, personne, personne. Aussi ces gars là, qui se cachent dans les buissons, qui font partie de ces fous affamés par la faim, et affamés davantage par la rigidité froide et cruelle du gouvernement Conspirutien, ces gars là ont été assez fous pour s´échapper en se déguisant en l´un de ces gars vêtus de pourpoints blancs qu´on appelle les gars en blanc, ou plus vraisemblablement les Blanchots de Thérézéa, la sainte martyre adoratrice de Yodlatis, qui fut jadis violée par des barbares astygmates originaires du Trudur, cette contrée sauvage où les soeurs épousent leurs frères et se reproduisent avec leurs cochons car si vous l´ignorez encore cochon et homme ont plus de parenté commune que n´importe quel bonobo. Qu´est-ce que c´est con, bonobo, comme nom, hein... Enfin en tout cas moi j´ai rien contre les animaux. C´est pas comme les fous, là, armés jusqu´aux dents derrière leur stupide buisson, qui veulent s´en prendre à un pauvre gros lard sans défense, flanqué d´une stupide mort, d´une stupide petite brune pleine d´idées stupidement géniales, et d´une boiteuse blonde (les puristes littérateurs m´excuseront mais je n´allais quand même pas me payer le luxe de faire un pléonasme en assurant l´anaphore du "stupide"). Bref, nos héros, qu´on aime bien quand même, sont dans un sacré merdier et je voudrais pas être à leur place, parce qu´en plus, moi, j´aime pas trop les fous.

    Maintenant, ces fous là, ces fous qui n´en finissent pas d´être fous, ils fuient, ils errent, et ils tuent, ils s´inventent des histoires, ils étaient cinq en partant de leur hospice, mais la faim les a poussés à en tuer un. Ils sont quatre, affamés par la faim, et maintenant, ils vont attaquer Padgram, Hellia, Rune, et Londe. Et préparez-vous bien parce que ce qui va suivre est extrêmement délicat à raconter. Je dirais même... eh bien... eh bien oui, délicat, délicat, c´est bien le mot. La violence parfois n´a pas de nom. Voyons de quoi il en retourne.

    Padgram, avance, innocemment, chantonnant gaiement. Mais soudain ses compagnonnes ne chantent plus.

    Padgram: Eh bien quoi, compagnonnes! Vous ne chantez plus avec moi de bon coeur ?! Allons, hardi ! La route jusqu´à Fërucora est encore longue !

    Hellia regarda soudain Padgram avec un air terrible et en plaçant son doigt sur ses lèvres lui fit signe de se taire. Bien sûr, on aurait pu penser que la Mort en profiterait pour chauffer un peu Padgram en faisant passer son majeur pour une verge ressemblant vaguement à la sienne mais comme elle n´avait aucune idée quant à la virtualité éventuelle d´une bite d´appartenance proprement propre à notre grassouillet adoré, et qu´elle craignait de trahir ses sentiments en suçant son index faussement humain, eh bien elle s´était contenté de murmurer : chuuuuut. Ce qui était particulièrement con de redondance avec le geste qui l´accompagnait mais j´aimerais ici profiter de cette vague de digressions successives pour saluer nos amis sourds et muets qui ne doivent sans doute rien comprendre à ce qu´ils lisent, et je ne parle même pas des aveugles qui bien qu´aveugles ont encore le loisir d´entendre le chuut de Hellia résonner délicatement dans leurs oreilles d´aveugles pleines d´aveuglement.

    Padgram répondit à Hellia par une moue qui lui faisait une tête très fendard mais nos amis aveugles nous excuseront car ils ne verront pas ce que je dis ni la tête de Padgram ahah c´est trop con mais voilà que Padgram comprend par un autre signe digital de Hellia la Transie qu´il y a de la chair humaine qui attend son heure derrière les buissons qui l´entourent. Rune et Londe l´ont aussi remarqué, voilà pourquoi elles se taisent ces petites borgnes, et ça se balade les seins à l´air en plus, non mais allez! venez vous étonner qu´il y ait encore des tournantes dans les ghettos CLM (Citadelles à Loyer Médiéval) du Moulbidon, je peux vous dire qu´on rigole pas là bas! Quand je pense à toutes ces roues de carosses fendues, tous ces carosses brûlés, tous ces élévateurs à cordes dévastés par l´urine et les crachats de la haine sociale, ça me fend le coeur, vraiment j´en ai des coliques, et la nuit je ne dors plus tellement j´aimerais faire quelque chose pour ces paumés. Mais bon, moi je comprends Rune et Londe, elles ont des seins, pas beaucoup certes, mais des seins quand même, et elles veulent les montrer, okay, c´est de bonne guerre, franchement, chapeau les filles, moi j´en aurais pas fait autant même si mes seins sont pas mal non plus et c´est pas parce que je suis un mec que je dis ça, je veux dire, les seins c´est joli mais quand on les touche, tout de suite, ça devient fluctuant et j´aime pas trop ça.

    Mais donc, nos héros sont plus fins qu´on aurait pu le penser, même si pour Padgram l´expression reste problématique, toujours est-il qu´ils sont assez vifs pour éviter les premiers couteaux qui sortent des buissons pour les éventrer. Les fous, vêtus d´oripeaux de lépreux, se jettent sur l´équipée, tenant au poing des dagues rouillées par le sang de leurs victimes (pas d´inquiétudes, ce n´étaient que de braves moutons que le hasard a égarés un soir de tempête), hurlant avec leurs langues langueuses des : SUUUUS !! SUUUS !!

    Je ne cache pas qu´Hellia, inhabituée à ce genre de franchise masculine, fut assez choquée de voir de parfaits inconnus tenter simultanément de la tuer et de l´inciter à leur administrer ce que les humains appellent biologiquement une fellation, aussi répondit-elle avec colère : Héla ! Mettez-vous d´accord ! Vous voulez la mort ou la bouche ?!

    Les fous ne comprirent pas. Padgram, Rune, et Londe en profitèrent pour se jeter sur les quatre déments pour les désarmer et les taper en leur donnant de gros coups de poing. Mais les fous étaient habitués à se faire cogner dans l´hospice aussi ne réagirent-ils pas en criant de douleur et en suppliant, comme Padgram et les jumelles s´y attendaient, mais plutôt en rigolant et en se tordant de rire, comme s´ils avaient été sur la plaine des milles et un rires ! Rune et Londe furent décontenancées. Aussi, les fous en profitèrent pour se jeter sur Londe, lui arracher sa béquille, lui ouvrir les cuisses et devant les yeux horrifiés de sa soeur, la violer avec la jambe de bois!

    Rune voulut secourir sa soeur, mais un autre fou l´en empêcha en lui plantant sa dague dans la main, la scotchant immédiatemment dans la terre. Rune hurla de douleur mais ne pouvait rien faire sinon crier et pleurer en voyant sa soeur, maintenue par les bras et les jambes se faire pénétrer par sa propre attelle. Mon dieu, je vous l´avais dit, tout ceci est très très délicat à raconter, je ne voudrais pas faire l´irrévérencieux mais les mineurs de moins de trente ans devraient vraiment fermer cette fenêtre et revenir quand la bourrasque sera passée. Pour les autres, je vous souhaite bonne chance car maintenant ça se corse.

    En effet, Hellia avait d´abord feint d´être en danger (car après tout, la Mort est immortelle) mais quelle n´est pas sa surprise quand elle réalise qu´un des fous, ayant décidé de lui répondre la mort plutôt que la bouche, lui administre une vilaine estalifade ou estafilade ou quelque chose dans le genre, sur la joue. Et pour la première fois de sa mort, Hellia se vit saigner !

    Ses yeux s´écarquillèrent de surprise devant ses doigts trempés de son nouveau sang et se mit à hurler : MON DIEU ! LA VIE ! LA VIE EST EN MOI !! !

    Padgram qui donnait des coups de poing à qui mieux mieux lui hurla que c´était pas le moment de s´en rendre compte et lui demandait de l´aide. Mais Hellia se sentit soudain très faible, ne comprenant rien à ce qui lui arrivait, et tomba, évanouie, par terre. On s´en serait douté.

    Pour Padgram, ce fut la goutte qui débordait le vase, et dieu sait que le débordement, ça le connaît, aussi entra-t-il dans une colère monstrueuse. Il se mit à rugir tout comme il avait une fois rugi en découvrant une nouvelle barre chocolatée parmi ses victuailles quotidienne, criant au génie. Là, c´était plus puissant, plus dur, plus imposant, plus héroïque.

    Les fous furent effrayés par son cri et abandonnèrent le viol de Londe et l´approche de Rune et Hellia pour se concentrer sur le gros mastodonte. Ils rejoinrent le fou qui était déjà en train de se faire conger par Padgram, et se mirent à tourner autour de lui avec un air menaçant. Bien sûr, tourner autour de Padgram, ça faisait un sacré bout de chemin, et c´est exactement ce que notre héros voulait ! Car au bout de la moitié du tour, les agresseurs étaient déjà en train de s´essouffler sous l´effort de la marche. Aussi Padgram en profita pour se jeter sur l´un d´eux, qui fut aussitôt écrasé sous la masse. Les trois autres voulurent secourir leur ami mais Padgram se retourna à temps, laissant un de ses pieds écraser sur le sol la tête du fou écrasé, et avec un seul bras leur entoura tous ensemble leurs nuques. Ils essayèrent de se débattre, mais la pression était trop forte. Padgram leur plongea le visage dans sa graisse et les y maintint si longtemps et si profondément, qu´ils moururent étouffés.

    Padgram souffla de bonheur, et s´empressa de libérer Rune de la dague qui lui transperçait la main, relever et conforter la pauvre Londe, et réveiller Hellia. Il replaça la jambe de bois pour la jeune boîteuse, soigna immédiatement la main de Rune avec de la glace, et donna des sels à Hellia qui ne voulait vraiment pas se réveiller.

    Lorsque celle-ci décida finalement de le faire, elle se releva, constata la présence des quatre cadavres, les bandages autour de la main de Rune, et le contact, enfin, d´un pansement de fortune sur sa joue. Elle y porta sa main et se rappela soudain qu´elle avait mal. Elle venait d´être blessée. Elle n´était plus intouchable.

    Evidemment, Padgram et les deux filles ne pouvaient pas se rendre compte de ce que cela signifiait pour elle. Aussi, l´engagèrent-ils sans douceur à se relever et à repartir. Hellia essaya donc de garder en elle ce secret et se promit de s´isoler avec la voix de la Terre de Saldra pour comprendre ce qui se passait. Ils se remirent donc en route.

    °° Sur la route de Fërucora °°

    Padgram regardait Londe et la voyait profondément triste, sans joie, luttant pour avancer sur le chemin, les cuisses toutes souillées.

    Pauvre gamine, pensa-t-il, elle a tant souffert... il faut que je fasse quelque chose pour elle.

    Padgram: Londe! Qu´est-ce qui te ferait plaisir ?

    Londe sortit soudain de sa rêverie.

    Londe: Quoi?

    Padgram: Qu´est-ce qui te ferait plaisir?

    Londe: Oh... Pourquoi tu me demandes ça ?

    Padgram: Parce que tu es triste et je n´aime pas ça!

    Londe: Et comment veux-tu que je sois joyeuse! J´ai été violée à deux reprises en moins de quarante-huit heures! Je n´arrive même pas à croire que j´en parle comme si j´avais mangé des châtaignes!

    Padgram: Hum... Alors que voudrais-tu ?

    Londe: Ce que je voudrais ? Ce que je voudrais ? C´est ne pas avoir été violée voilà tout ! C´est ne pas avoir à traîner ma patte ! J´ai déjà perdu un oeil ! Et il fallait que je perde une jambe ! Ah oui j´ai de quoi encore vouloir des trucs ! J´ai quinze ans ! Qu´est-ce que tu veux que je fasse de ma vie maintenant !

    Rune écoutait sa soeur les larmes aux yeux. Hellia aussi commençait à ressentir de la peine. Elle comprenait que plus elle fréquentait les humains plus elle devenait humaine elle-même. Après tout, l´amour n´était-il pas le plus humain et aussi le plus mortel de tous les sentiments ? Mais ce qu´elle ne comprenait pas c´est pourquoi elle héritait aussi des faiblesses physiques. Elle n´était rien, elle était la Mort, elle ne pouvait pas saigner! Pour se rassurer, elle regarda autour d´elle et se mit à fixer une petite fleur rouge qui poussait au bord d´un chemin. Elle voulut la faire mourir d´un seul coup d´oeil mais les pétales restaient imperturbables, superbes et sanguinairement rouges... comme ses veines. Ca n´allait pas du tout, mais pas du tout, du tout!

    "Eh bien, répondit Padgram, je crois qu´il y a un moyen pour effacer ce qui s´est passé, Londe."

    Londe : Tu te moques de moi ?

    Padgram : Non! Si j´ai bonne souvenance, il y a à Fërucora une sorte de shaman venu des lointaines Zalzaries qui peut effacer tous les mauvais événements de notre vie.

    Londe : Sérieusement ?

    Padgram : On ne peut plus !


    à vs!
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  • Posté le 29 juillet 2007 à 17:44:36 Avertir un administrateur
  • Voila, je suis de retour!

    J´en suis a la suite de poil dans le labyrinthe...

    Extraordinaire, l´idée de la repercution du son!!
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  • Posté le 29 juillet 2007 à 19:51:16 Avertir un administrateur
  • Londe: "Et il pourrait me faire revenir dans le passé!?"

    Padgram: "Nous vivons dans une époque où les voyages dans le temps sont monnaie courrante, ce ne serait donc pas très original! Mais ce shaman pourrait sans doute soigner tes blessures, effacer ta mémoire et, qui sait? Peut etre qu´il pourrait te rendre ta virginité!"

    Lorsque ces mots ce glissèrent dans l´oreille de la jeune blonde, cette derniere vit sa vue se brouiller et ses joues se tremper: elle pleurait. Et dire qu´elle avait voulu manger Padgram! Et dire qu´elle avait toujours éprouvé envers lui un dégout profond, même après qu´il eusse sauvé sa chère soeur des griffes du sanglier! Voilà qu´en plus de l´avoir sortie d´une mort certaine, Padgram lui proposait de lui redonner une seconde vie! Londe était heureuse, elle n´avait jamais été aussi pleine d´espoir et son coeur bondissait de joie dans sa poitrine, comme cette nuit ou elle avait revé d´Hellia, d´Hellia se deshabillant, d´Hellia la touchant, l´embrassant.

    Londe savait qu´elle ne tomberait jamais amoureuse de Padgram, mais si un jour on devait la forcer à se marier, ça ne l´aurait pas dérangé que ce soit avec notre héros.

    Padgram: "Allons, Londe! Seche tes larmes!"

    Londe: "Rune et moi avons failli te tuer, et maintenant tu me sauve la vie! Je ne merite pas ça!"

    Padgram: "Oh, tu sais, il faut plus de quelques poignards pour venir à bout de quelqu´un comme moi, et puis ta soeur et toi, vous nous avez bien aidés!!"

    Londe: "Je ne te remercierai jamais assez!"

    Padgram rougit un peu, car c´était la vraie première fois qu´il voyait une femme, aussi jeune soit elle, lui montrer autant d´affection.

    Padgram: "Allons... Bon, j´ai une idée! Je t´emmène chez le shaman et en echange tu me feras un vrai repas de pirate! Mais pas une de ces bouillies dégoutantes, je parle d´un repas de capitaine!"

    Londe, souriant: "Ca marche!"

    Londe tendit la main et Padgram s´appreta à toper dedans. Heureusement, Rune plongea sur sa soeur, la projetant à terre, lui evitant ainsi de se faire arracher le bras, elle qui n´avait deja plus qu´une jambe.

    Hellia, de son côté, à la fois pensive à cause de la perte de ses pouvoirs et jalouse a cause de ce qui venait de se passer entre Londe et Padgram, se demandait comment ça se faisait que le rêve qu´elle avait insuflé au gros prince lors de cette nuit dans le temple n´avait eu aucun effet. Elle lui avait pourtant longuement caressé le doigt et elle était sure que ses pouvoirs fonctionnaient toujours à ce moment là. A l´heure qu´il était, Padgram devrait etre en train de lecher les longues bottes en cuir fendues à l´arrière (parce que c´est très aguicheur, la mort l´avait lu dans le magazine "Tendances Humaines" du mois dernier.), d´essayer de lui tripoter toutes sortes de parties du corps qui, une fois hors du contexte sexuel, sont quand même bien souvent des parties du corps assez dégueulasses, quand on sait tout ce qui s´y passe!

    Mais non, Padgram n´avait pas l´air de ressentir le moindre désir. Une fois qu´elle aurait questionné la Terre et récuperé ses pouvoirs, Hellia ferait du gros homme son amant et sa propriété.

    Rune, elle, avait mal partout. Elle avait les dents fracassées lors de la tentative de perforation du mur du temple, l´anus encore tout douloureux a cause de l´attaque du sanglier et, pour sa main transpercée, c´était pire que tout le reste. Elle adorait sa soeur, mais elle ne pouvait se cacher que le fait de voir que tout le monde s´inquiétait du sort de Londe et pas du sien la rendait un peu jalouse. Pire, elle se sentait carrément en colère!

    Depuis qu´elles étaient petites, C´était toujours de Londe dont on s´occupait le plus. Rune avait toujours pensé que c´était parce qu´elle était plus intelligente qu´on la laissait souvent livrée à elle même, mais elle avait du constater assez souvent qu´on lui préferait de loin sa soeur. C´était ça, la veritable raison pour laquelle Rune se baladait les seins à l´air: pour attirer les regards sur elle! Pour se sentir exister! Mais rien n´y faisait, Rune devait se rendre à l´evidence: les hommes préferent les blondes. Elle en voulait à la terre entiere, et à sa soeur plus qu´à tout le reste, mais son esprit trop rationnel lui soufflait au creux de son coeur que la pauvre Londe n´y pouvait rien de cette mode stupide, qu´elle n´y pouvait rien d´etre blonde. Un jour, la mode passerait et les brunes auraient aussi droit aux regards concupiscents des mâles en mal de vice.

    La route vers Fërucora était effectivement très longue et les quatre voyageurs mirrent trois jours pour arriver enfin à ce qu´on appellait dans la contrée de Barzabute la "Grande Ville". Elle était en fait immense. De là où Padgram et ses amies étaient, on ne voyait pas le bout de la ville ni à gauche, ni à droite! Le sol était assez plat et on voyait ça et là, au loin, des tours de temples se dresser fièrement au dessus des maisons.

    Fërucora avait été fondée plusieurs siècles avant. A l´époque, un fleuve suivait son cours à l´endroit où se trouve aujourd´hui le point central de la ville, la traversant d´est en ouest (la mer se trouvant donc à l´ouest de la ville). Des nomades décidèrent de s´y sedentariser à plusieurs lieues de la mer et d´y develloper le commerce. Ainsi donc, Fërucora devint le carrefour de tous les imports-exports. Tout ce qui sortait où entrait à Barzabute passait par là. Petit à petit, les gens s´agglutinèrent au bord du fleuve et la ville devint le plus grand marché du monde. On pouvait tout y trouver. Avec le temps, le fleuve s´assecha, interdisant l´accès à la Grande Ville pour les bateaux. Conscientes de la perte que ça infligeait, les autorités de Fërucora firent creuser un fleuve artificiel, mais pas au même endroit que le fleuve naturel. Le nouveau fleuve, que l´on avait nommé le Sanla avait été creusé à l´extérieur de l´enceinte de la ville, afin d´éviter les odeurs et les innondations, destinant Fërucora à devenir le plus grand marché que Saldra eut jamais porté.

    Les murailles qui entouraient la ville servaient plus à décorer qu´à protéger la ville: l´argent étant le nerf de la guerre, personne n´aurait interet à faire disparaitre un endroit ou il foisonnait. Les murs étaient donc couverts de bas reliefs racontant l´histoire de la ville ou des histoires religieuses (et même parfois des histoires grivoises).

    Il y avait cent-quatre-vingts-sept portes qui perçaient la muraille. Chacune d´elle avait un nom, mais nous ne perdrons pas de temps à les énumerer ici. Le nom de chaque porte était gravé au dessus de celle-ci. Padgram se trouvait en ce moment devant la porte Asualé, la porte la plus au sud de Fërucora.

    Le petit groupe passa la porte. La ville était aussi grandiose à l´intérieur qu´à l´extérieur.

    Hellia se tourna vers Padgram.

    Hellia: "Au fait, tu ne nous as pas dit pourquoi on devait venir ici!"

    Padgram: "Ah oui, c´est juste!"


    A vous la suite!!

    -PlacidVlad-
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  • Posté le 30 juillet 2007 à 13:32:20 Avertir un administrateur
  • Padgram: "Nous sommes ici à Fërucora, la plus grande ville marchande du continent Barzabute, et même du monde de Saldra. On trouve tout ce qu´on veut, ici. Mon cousin Gaulois m´avait parlé d´un druide, Topazos, et je me suis laissé dire qu´il vivait ici. Hellia, tu m´as dit que tu étais un peu magicienne, mais pour prendre la citadelle de Barzabute d´assaut, j´ai besoin d´assurer les arrières et deux mages valent mieux qu´un. En plus, mes amis obèses et moi, nous aurons grand besoin d´armes! Et il faut que je trouve un forgeron capable de fabriquer des armures adaptées à notre enbompoint. Et puis, on va aller voir le shaman pour Londe!"

    Londe lui sourit.

    Hellia: "Très bien"

    Ils se trouvaient dans le quartier nomade de la ville. Ici, les habitants vivaient dans des tentes de toutes les couleurs et n´étaient là que pour quelques semaines, trois mois tout au plus. Tous les marchands étaient derrière leur étalage et vantaient en gueulant les qualités de leurs produits miracles.

    Marchand: "Olà, toi, le gros! J´ai ici une crème amaigrissante si efficace que tu pourras revoir tes pieds d´ici une semaine! Bien pratique si tu veux te farcir cette belle pouliche qui t´accompagne!"

    Hellia, qui devenait de plus en plus femme, se retourna et jetta un regard assassin à ce gros goujat de marchand, mais sans resultat. L´homme était toujours debout, le flacon de crème en main, souriant de toutes ses dents en voie de décomposition avancée.

    Padgram, à Hellia: "Fais pas attention à lui, et puis je ne te veux aucun mal"

    Il lui avait dit cela en souriant et Hellia n´avait pas su déceler dans le regard du gros personnage la moindre parcelle de désir.

    Pourtant, Padgram en éprouvait, du désir! Il ne revait que d´une chose, c´était de gouter à Hellia! Il aurait tout donné, même quelques tonnes, pour pouvoir ne fut ce que pouvoir la contempler nue quelques secondes. Mais il savait qu´il se faisait de faux espoirs, que jamais Helliarane ne le regarderait, que jamais Helliarane ne voudrait de lui. C´est pour ça qu´il cachait son addiction à elle le mieux possible. Et puis, il aimait aussi Lysette.

    Lysette, dont il avait un peu plus de mal chaque jour à se souvenir des traits.


    ---Dans la Citadelle de Barzabute---


    Lysette était en train de coiffer ses cheveux en une longue tresse quand son miroir-radar, posé sur une commode neuve, illumina toute une partie de la chambre d´une intese lumière bleue. Lysette abandonna son reflet pour prendre son radar.

    Lysette: "Du bleu!? Jamais encore Tu n´avais donné de couleur bleue!"

    Le miroir montrait en effet un gros point bleu qu´elle savait etre Padgram. Ce qu´elle ne savait pas, c´était la nature de ses sentiments envers elle. Ce n´était pas de la haine, puisque la couleur de la haine était le vert. Ce n´était pas non plus de l´amour, puisque le point aurait du etre rouge...

    Lysette: "Miroir! Que signifie le bleu!?"

    Miroir: "Je n´en sais rien, belle Lysette. C´est la première fois que ça m´arrive!"

    Furieuse de ne pas savoir, Lysette jetta le petit miroir sur son lit tout neuf et sortit de la chambre en claquant la porte derrière elle, à moitié coiffée.

    Elle entra avec fracas dans la Salle du Trône où se trouvait son dirigeant de mari qui parlait avec deux personnes aux airs de ministres, ses yeux verts lançant des éclairs, les joues rougies par la colère. Décidément, ce Padgram ne lui créait que des tracas.

    Lysette: "Conspiru! Tu n´as toujours pas retrouvé Le prince Padgram!"

    Conspiru: "Euh... Non, ma mie, mais ça ne devrait pas tarder. J´ai eu des problèmes plus urgents, comme la devastation des forets environnantes."

    Lysette: "Il faut savoir choisir ses priorités, mon très cher époux! Ou c´est moi, ou c´est ton pays! Tu as la plus grande armée du continent! Mets tous tes hommes aux trousses de cet infame gros lard!"

    Conspiru: "Et si le pays entrait en guerre!?"

    Lysette: "Debrouilles toi!"

    Conspiru: "Je ne peux pas faire une chose pareille, très chère et tu le sais très bien! Tu m´as déjà fait cette requète et le général des armées m´a rit au nez la dernière fois!"

    Lysette serra ses petits poings menus, se retourna et quitta la salle de façon théatrale. Ce ne serait pas encore pour ce soir que Conspiru pourrait enfin tremper sa biscotte.

    Lysette avait plus d´un tour dans son sac. A force de finasser et d´intriguer, son innegalable beauté lui avait permit de tisser pas mal de contacts avec des gens pouvant se reveler parfois fort utiles. Et elle allait bientot le montrer à Padgram.

    Elle prit son miroir-radar et le questionna. Le miroir lui montra un point bien rouge. Lysette avait toujours pour prétendant celui qu´elle esperait cette fois. Elle s´assit à son bureau, prit une plume et du papier et écrivit une lettre. Quelques minutes plus tard, elle appella un messager.

    Lysette: "Fais parvenir ce message à Toneo, c´est un chasseur de prime assez célèbre. Il vit à Fërucora. S´il est en mission, attends le. Tu n´auras qu´à lui donner la lettre, il ne te reclamera rien. Reviens ici le plus vite possible."

    Le messager partit. Lysette le regarda filer sur son cheval par la route du nord-ouest. dans quelques jours, Padgram le Traitre aurait aux basques le plus grand chasseur de têtes du monde et elle pourrait enfin lui faire subir ce qu´il mérite...


    A vous la suite!


    -PlacidVlad-
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  • Apotheose Voir le profil de Apotheose
  • Posté le 1er août 2007 à 02:11:59 Avertir un administrateur
  • __ Fërucora __

    Padgram et ses amies continuaient d´avancer à travers les tentes et la foule qui allait et venait dans les rues de la splendide cité marchande. Les parfums les plus épicés se mêlaient aux couleurs les plus exotiques; l´orange, l´ocre, le jaune, et le rouge se mariaient tour à tour, créant de mur en mur un grand lien visuel. Les cris des poissonniers couvraient le cri des roues qui martelaient le sol recouvert de pavés faits de pierres différentes. Des ribaudes fantaisistes, aux gorges pleines de fraîcheur, aux robes colorées et aux bas aguicheurs, attendaient, l´oeil guetteur, à chaque coin de rue, le bourgeois tout penaud qui les engagerait d´un regard silencieux. Les bijoutiers vantaient la riche diversité des pierres de leur commerce, que toutes les mines du monde alimentaient chaque jour. Padgram sentait l´odeur du pain, le pain qu´on fait dorer dans les fourneaux, secrètement caché dans les caves. Et puis le goût du vin dont on noie les gosiers lorsque la vie est dure et que le soleil cogne. Les flagrances enivrantes des étalages de fruits aux pulpes délicates, apalas, kangues, brenades, granfoises, et boublicots, venaient lui chatouiller ses énormes narines. Les yeux des deux jumelles s´écarquillaient devant les étalages de jupes, de guêtres, et de ces petits hauts qui émoustillent le mignon ! Et il y avait encore tant d´autres choses ! les tapis ! Les teintures ! Les laveries ! Les ateliers de poterie ! Les volières en faillite depuis peu ! Les jongleurs de la rue et les troubadours désenchantés ! Les vagabonds ivrognes, vêtus d´oripeaux gris, en quête de charité ! Les murmures, enfin, de chaque conversation, et les rires explosants, gros et gras, formant tout un orchestre de taverne en taverne, de place publique en place publique. Et partout, partout, le gloussement des fontaines blanches, sobrement sculptées dans un roc d´albâtre. C´était Fërucora, la cité des Bougeoirs !

    Hellia__ Vindieu, c´est d´un kitsch !

    Padgram__ Pardon ? Tu peux répéter ??

    Hellia__ Quoi ? Vindieu, c´est d´un kitsch ?

    Padgram__ Oui ! Ca !!

    Hellia__ Ah bah d´accord. Vindieu, c´est d´un kitsch ! Content ?

    Padgram__ Comment peux-tu juger ainsi une pareille avalanche de merveilles !

    Hellia__ Non mais je t´en prie, c´est d´un mauvais goût qui ne me reste même pas en travers de la gorge tellement je me refuserais même à y porter la bouche !

    Padgram__ Tu n´es pas sensible aux grandeurs de l´architecture, à ce que je vois !

    Hellia__ Oh que si ! Je suis une obsédée de l´architecture ! Ah ah me dire ça à moi, moi ! Je peux te dire que si tu venais dans mon château eh bien...

    Elle s´interrompit brutalement, se reprochant d´avoir laissé parler ses nouvelles émotions humaines. Ici, il s´agissait d´orgueil.

    Padgram__ Un château ?

    Londe__ Hellia ? Tu es châtelaine ?

    Hellia__ Euh, c´est compliqué, je... Non, pas vraiment. C´est... C´est un peu long à expliquer. La vérité, en fait, (elle souffla pour se calmer) c´est que je suis la M...

    Padgram__ Non bon attend si c´est long tu raconteras ça plus tard parce que là on a du pain sur la planche. Il faut trouver le shaman.

    Hellia se tut, résignée. Pourquoi avait-elle subitement ressenti l´envie de révéler sa véritable identité ? Sans doute parce qu´elle n´était plus très certaine à présent...

    Rune__ Mais ! Padgram ! Comment le retrouver dans cette cohue ?

    Padgram__ Le mieux est de nous séparer.

    Rune__ euh j´appelle ça un plan foireux.

    Padgram__ Non, non, sérieusement. Donnons-nous chacun trois heures et retrouvons-nous devant le palais de Fërucora. Pendant ce temps, cherchons le shaman. Le premier qui l´a trouvé achète un pigeon voyageur au marchand d´oiseaux et l´envoie aux autres pour faire passer l´info.

    Rune__ On peut faire nos petites affaires pendant ce temps ? Genre manger, acheter des trucs...

    Padgram__ Bien sûr !

    Et, d´un commun accord, ils se séparèrent.



    __ A l´entrée de la ville : Porte Bybzalu __


    Une troupe de dix cavaliers vêtus d´armures de fer noir, d´épées, de haches, et de lances, firent leur entrée. Cela surprendra sans doute les chauvins mais lorsqu´on est inquiétant on apporte les nuages au-dessus de soi et de ce fait les lecteurs sont vraiment convaincus que ces gens là ne sont guère commodes. Ils amenaient derrière eux une grande charrette dans laquelle étaient entassés quatre corps en décomposition.

    L´apparition de ces hommes et de ces cadavres au beau milieu du monde coloré de Fërucora jurait tellement que les badauds ne pouvaient pas s´empêcher de s´arrêter dans leur activités et de se prêter au jeu du ralenti et des regards troublés par ce qu´ils considèrent encore comme une menace inconnue aux allures tapageuses et solidement négatives, ce qui revient à dire dans le jargon économique : pas bon pour le commerce et pour le tourisme.

    Il fallait bien cependant écouter ce que ces inquiétants messieurs en armure avaient à dire et ce pourquoi ils se pointaient comme des fleurs avec leur camping-morgue. Halluciner tout le monde ? Faire un spectacle improvisé ? Donner de nouveaux corps à la science ? Nenni. Ils venaient chercher Padgram.

    Un petit page, qui était assis sur la selle de l´un des chevaux, noir bien sûr, derrière un grand chevalier dont on ne voyait nullement la figure, sauta hors de la monture, extirpa de la botte de son seigneur une trompette et un long parchemin, puis courut au milieu de la place publique pour sonner le rassemblement.

    Ca n´était guère utile vu tous les gars qui étaient déjà en train de causer un embouteillage pour savoir ce qui se passait du côté des morts et comme on savait que le sang attire les regards plus que les nécessiteux eh bien on avait de quoi être sûr que toute la population Fërucorienne saurait très vite pourquoi les menaçantes boîtes de conserve à cheval persistaient à vouloir foutre les boules à tout le monde.

    "Oyé ! Oyé ! Dames, damoiselles, messires, et damoiseaux ! Bon peuple de Fërucora !" entonna fièrement le petit page, lisant à voix haute et presque par coeur le parchemin qui faisait deux fois sa taille.

    "Monseigneur Conspiru dit Le Grand Trublion lance un généreux appel à son peuple chéri! Un homme à l´embonpoint plus pesant que la Lune a décidé de nuire à notre grand continent ! Il s´est enfui des oubliettes pour semer le carnage partout dans Barzabute ! Son nom, vous le connaissez, il s´appelle Padgram. Cet homme est dangereux, il a tué le Roi, il en veut à vos fils, il en veut à vos filles, on dit qu´il a conclu un pacte avec le Diable et frappé chaque jour d´une envie boulimique, il peut à tout moment dévorer vos enfants. Il ne faut pas laisser cet ogre à visage d´humain menacer votre bonne cité ! Aidez les cavaliers du seigneur Conspiru à trouver le gros homme qui nous veut tant de mal ! Voyez ces cadavres derrière vous ! De loyaux sujets de Conspiru ! Ce sont les premières victimes de la créature ! Nous avons identifié des traces sur leurs corps et il s´agit bien des mains du criminel !I l peut être partout ! Cherchez-le ! Trouvez-le ! Grasse sera la récompense! Cent milliards de Blucats à qui fera bonne pêche! Oyé ! Oyé !"

    Le petit page referma le parchemin, salua son public, et courut pour remonter sur la selle de son mystérieux chevalier, qui devait être le leader de la bande. Celle-ci se mit à trotter dans les rues de la ville. Tous les habitants, d´abord paniqués puis rassurés par la présence des soldats officiels, applaudirent et leur firent parade jusqu´au palais.

    Caché derrière un étalage, Padgram n´avait pas manqué une miette de la scène... Son coeur s´était mis à battre terriblement. Il avait reconnu dans les quatre cadavres les visages des fous qui les avaient agressés. Conspiru était donc au courant. Lysette était donc au courant. Poursuivi, il était poursuivi. Une sueur pas forcément ragoûtante même pour quelqu´un qui aimerait Padgram commença néanmoins à perler sur son front et ses joues flageollantes. Il fallait quitter la ville au plus vite! Et s´enfuir... S´enfuir! Oui, mais Londe ? Elle avait besoin de soins! Sa jambe à recoudre! Sa virginité à retrouver! Comment agir quand tout le continent devient peuplé d´ennemis ! Il fallait immédiatement retrouver ses amies! Il partit sur la pointe des pieds en rasant les murs, cachant son visage derrière des étoffes discrètement volées à un étalage pendant le discours du page.

    Padgram n´avait d´ailleurs pas été le seul à assister au spectacle du petit page. En effet, drapé dans un manteau marron, le messager de Lysette se tenait là, à un autre coin de rue, étonné par ce qu´il venait d´entendre. Il écrivit aussitôt un petit message à sa maîtresse, le fixa au faucon qu´il gardait dans une cage accrochée à la selle de son cheval, rare faucon survivant, et le laissa partir vers la citadelle de Barzabute avant de se mettre en route pour retrouver le fameux Toneo.
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  • Posté le 1er août 2007 à 02:12:50 Avertir un administrateur


  • __ Citadelle de Barzabute : la Chambre de Lysette __

    Lysette ne songeait plus à rien sinon à son envie de punir Padgram. Et attendre la rendait folle. Chaque jour, elle cassait un miroir, furieuse de ne pas pouvoir se défouler sur son petit radar magique qui niait impertubablement connaître la signification de la couleur bleue. Elle espérait que Toneo agisse vite et elle n´avait aucune nouvelle de son messager...

    Les histoires sont chouettes. Il vous suffit d´attendre une nouvelle parfois, enfin vouloir qu´elle arrive, et surtout le signaler, pour que cette nouvelle arrive effectivement. Par exemple, j´ai envie de vous dire, allez, lis, eh bien voilà, tu lis. Je te manipule, grossier déchiffreur de mon langage, et toi tu te laisses prendre comme une brebis sans défense. Ton anus te démange ? Reportons ce sujet car ce n´est pas tout à fait la question. J´essaye juste avec brio d´expliquer en quoi l´arrivée d´un faucon par la fenêtre de Lysette au moment où, après plus de vingt-cinq beaux miroirs brisés (je n´ose imaginer le nombre d´années de malheur qui en résultent étant convaincu que les maths sont réservés aux incompétents), elle se désespérait de ne pouvoir en exterminer un vingt-sixième.

    Lysette__ Mon faucon ! Un message ! Pour moi !

    Sans même caresser l´oiseau ou le remercier d´une petite délicatesse sucrée, Lysette arracha le petit parchemin qui entourait l´une des pattes et le lut d´une traite.

    "Madame, je viens d´arriver à Fërucora. Toneo ne sera pas le seul à chasser pour vous. Il semble que Monseigneur Conspiru a finalement daigné envoyer des troupes de par le monde pour retrouver le régicide. Je viens à peine d´assister à leur entrée. Il y a une récompense de cent milliards de blucats à qui retrouvera Padgram. Je poursuis néanmoins ma mission. Adieu."

    Lysette n´en revenait pas. Elle courut chercher Conspiru.


    __ Citadelle : Salle des ministres __

    Conspiru regardait silencieusement ses ministres endormis devant la longue table rectangulaire. Des incapables, des incapables, voilà ce qu´ils sont. Ventrus, corrompus, frivoles, incapables ! incapables...

    Il souleva son poing et cogna violemment la table. Tous se réveillèrent en sursaut.

    Conspiru__ Messieurs ! Pardonnez la violence de ce réveil mais aujourd´hui est un jour qui se doit d´être important. La rupture prend forme.

    Les ministres, à peine sortis de leurs rêves grivois, ne comprenaient pas.

    Conspiru__ La décadence a mené ce continent à sa perte. La décadence qui fait oublier au peuple de songer au bien du royaume. Voyez celui qui devait succéder à Grofor ! Un pauvre bouffon boulimique incapable de mener une guerre.

    Un ministre (ironique)__ Mais qu´il vous faut cependant retrouver, ce que vous n´avez toujours pas fait...

    Lysette surgit à cet instant précis, en claquant la porte.

    Lysette__ Oui, et j´aimerais bien savoir pourquoi tu as changé d´avis mon chou...

    Conspiru__ Qu´il y a-t-il ?

    Lysette__ Tu as finalement réussi à envoyer des hommes dans le monde entier pour retrouver le gros homme ? L´écologie n´est plus ta première préoccupation ?

    Conspiru ne répondit rien et d´un signe de la tête indiqua à l´un de ses gardes de prendre Lysette par les épaules et de la sortir de la salle. Lysette n´en crut pas ses yeux. Elle chercha à se débattre mais plus elle le faisait et plus le garde dégraphait sa robe, laissant apparaître sa poitrine sauvage et sensuelle aux yeux de tous les hommes présents dans l´assemblée.

    Conspiru, outragé, ordonna à son bras droit de faire sortir sa femme, puis appela tous ses gardes et d´une voix impertubable, en désignant les ministres :

    "Eborgnez-les"

    Les ministres, choqués, n´eurent même pas le temps de réagir. Les gardes se précipitèrent derrière leurs chaises, extirpèrent des dagues et dans un geste mécanique leur crevèrent tous un oeil.

    Un atroce hurlement de douleur collectif s´éleva dans la salle, les ministres voulurent se lever, vomissant le sang par un oeil avec une abondance rarement vue dans l´histoire de la cruauté, mais les gardes les maintinrent sur leurs sièges, les empêchant de bouger.

    Conspiru les regarda avec un sourire délicat puis reprit doucement son discours.

    Conspiru__ Vous devez donc comprendre, messires, que la décadence ne peut plus régir notre beau continent. Vous le savez, en tant que juge suprême de la Cour Barzabutienne, humble condamnateur indirect du régicide Padgram, je régule cette contrée depuis plus de deux ans. Mais la contrée a besoin d´un Roi et d´un Roi juste. Je tiens donc à ce que vous profitiez de l´oeil qui vous reste pour comprendre comment je compte épurer ce pays afin de le rendre digne de m´avoir pour nouveau monarque.

    Conspiru claqua des doigts. De nouveaux gardes entrèrent par la porte, poussant devant eux un gros prisonnier, en chemise blanche salie, la tête baissée, le visage couvert de sang séché, le crâne rasé. Cet homme par son enbompoint, ne pouvait que rappeler Padgram. D´ailleurs, il devrait vous être familier. Comment ? vous ne le reconnaissez pas ? Il ne vous dit rien ? Certes, ils l´ont bien amoché en prison, et ils lui ont arraché la plupart de ses dents mais tout de même, nul ne saurait oublier la figure de Bougrasse l´enragé!

    Conspiru le fit venir jusqu´à la table et le présenta à ses ministres qui souffraient toujours le martyre tout en devant écouter le Juge Trublion. Puis il l´obligea à se déshabiller sur-le-champ avant de le faire tourner sur lui-même pour faire apparaître tous les aspects grotesques de son corps.

    Conspiru pointa ce corps avec un index méprisant.

    Conspiru__ Voilà, messieurs. C´est ça, la source de nos problèmes. Cet individu si puissamment détestable par l´ampleur de son ignoble graisse a été capturé au moment où il comptait faire tomber une patrouille officielle dans un piège, dans la forêt de Bataclard. Comment appelle-t-on ce genre de parasite ? Un parasite, bien sûr. Comment s´en débarrasse-t-on ? En l´épurant. Il ne s´agit pas de le torturer ou de le tuer, ce qui serait absolument ridicule. Non, il s´agit seulement de le remettre sur le droit chemin de la vertu et de la santé. Croyez-vous ce genre d´individu capable d´aider une guerre ? Non. Pour notre royaume il n´est qu´un poids.

    Les gardes éclatèrent grassement de rire.

    Conspiru ferma les yeux, vraiment satisfait, but un verre d´eau posé devant lui, et reprit.

    Conspiru__ Par conséquent, il me semble judicieux d´aider ces individus à retrouver la raison en retrouvant une silhouette tolérable. J´ai donc créé hier une milice spéciale qui devra entrâiner toutes les personnes qui ne correspondront pas au modèle officiel.

    Un ministre dans sa douleur parvint à demander en gémissant.

    Ministre__ Mais... mais... quel modèle officiel ?

    Conspiru__ Le mien, bien sûr. Silhouette fine, suave, svelte, agréable.

    Ministre__ Et... et comment... comptez-vous vous y prendre ?

    Conspiru__ Il faut savoir, mes chers amis, que la Justice, que je représente, est pourvue de nombreux et fabuleux instruments permettant d´aider à toutes les nobles causes, comme la nôtre. Mais laissez-moi vous faire une démonstration !

    Il claqua à nouveau des doigts pour faire entrer dans la salle une sorte de lit de fer, sur lequel était fixé une ceinture assortie.

    Conspiru invita poliment Bougrasse, trop fatigué pour réagir à l´humiliation, à s´allonger sur le lit de fer. Le Juge lui entoura alors le ventre de la ceinture. Sur le flanc du sommier, il y avait un volant. Conspiru regarda son public, s´assurant que tous le regardaient, puis prit le volant dans les mains et commença à le tourner, à le tourner, à le tourner, mécaniquement, consciencieusement, sans sourciller, toujours souriant.

    La ceinture évidemment se resserrait toujours davantage sur le ventre de Bougrasse qui se mit à hurler comme jamais on ne pourrait entendre un homme hurler. Ca n´avait même pas l´apparence d´un gémissement d´animal. C´était autre chose, de bien plus monstrueux encore. Le ventre se resserrait au fur et à mesure que le volant crissait sous les longs doigts osseux du Trublion, les cris s´intensifiant. Bientôt, du sang se mit à couler en plusieurs chutes sur le corps de Bougrasse, sa face et ses yeux étaient cramoisies, presque bleuis. La pression se faisait toujours plus puissante, et Conspiru restait imperturbable. Le sang abondait à flot, coulant sur les bras, les cuisses, les jambes et leur entre deux-deux, tout le corps du pauvre Bougrasse qui finit par s´évanouir.

    Conspiru s´arrêta et termina son discours.

    Conspiru__ Et voilà, mes amis. Moins de sang, moins de graisse. Cet homme est sur le chemin de la liberté. Aidons ses semblables. Traquons les, entraînons les, et faisons-en de bons sujets, afin que mon règne soit celui d´un roi juste et aimé de son peuple.

    Un ministre s´éleva soudain, plein d´indignation, oubliant l´étreinte du garde qui le maintenait et surtout la douleur de l´oeil crevé.

    Le ministre__ Jamais ! Jamais le peuple ne t´aimera, tyran ! boucher ! Bourreau ! Comment oses-tu parler au nom de la Jus...

    Sa tête retomba lourdement sur la table, déversant un grand bouillon de sang sur le bois. Le garde avait tranché la nuque avec la précision d´un orfèvre.

    Conspiru hocha la tête en élargissant la politesse de son sourire et se contenta de demander simplement :

    "D´autres objections ?"

    Seul un gémissement étouffé et silencieux lui répondit.

    Conspiru__ Excellent ^^.

    Il tourna les talons et quitta la pièce tout en recommandant à ses gardes d´aller chercher de la glace pour soigner ces pauvres hommes.

    Cachée derrière la porte, Lysette avait tout entendu.


    à vous la suite!
    Apothéose
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  • Posté le 1er août 2007 à 12:40:10 Avertir un administrateur
  • Elle avait entendu les cris de Bougrasse lorsqu´il se faisait torturer, elle avait entendu le sang gicler partout, elle avait entendu aussi le "Plop" qu´avaient fait les yeux des ministres au moment où on les arrachait à leurs orbites. Et surtout, elle avait entendu Conspiru, qui avait ordonné avec tant de détachement d´éborgner ses ministres, le petit ricanement lorsque son ordre fut executé. Et puis, son silence, implacable, lorsqu´il avait torturé la montagne de graisse. Jamais elle n´aurait pensé éprouver de la pitié pour un homme aussi énorme. C´était à peine un humain et pourtant elle le pleurait silencieusement. Elle ne le connaissait pas, mais elle le pleurait.

    Parce qu´elle savait parfaitement que c´était de sa faute que Conspiru s´en prennait aux gros aujourd´hui, parce qu´elle l´avait poussé à bout à force de refuser ses avances. Conspiru croyait faire plaisir à Lysette en faisant torturer tous les pachydermes du continent. De sa faute, tout était de sa faute, tout ça parce qu´elle en voulait à Padgram, parce qu´elle ne supportait pas de perdre un prétendant, son plus fidèle prétendant... Oooh Padgram, si tu savais! Si tu savais comme ton amour me manque!

    Et Lysette partit en pleurant, elle s´en voulait à mort d´avoir créé un monstre tel que Conspiru. Il n´était pas vraiment méchant, lorsqu´elle l´avait épousé, c´était juste un vieillard aigri en mal de pouvoir. Il avait essayé de regner en bon roi ces deux années et il ne s´en était pas si mal sortit, mis à part quelques boulettes...

    Lorsqu´elle arriva dans sa chambre, Lysette se regarda dans le miroir de sa commode. Elle qui pleurait, elle s´était attendue à voir son reflet plein de mascara coulé sur les joues, le fond de teint partout sur sa robe. Mais non. Dans son miroir, elle voyait un reflet à l´air hautain, éclatant de beauté, plein de superbe et de dédain. Son reflet lui adressa la paroles.

    Reflet: "Et bien, tu fais une bien pauvre fille! Remaquille toi, tu as l´air d´un bouffon comme ça!"

    Lysette: "Qu... Qui es tu?"

    Reflet: "Je suis ce que tu es. Je suis le reflet de ton image, je suis telle que les autres te voient."

    Lysette, toute penaude et toute démaquillée, regardait son reflet lui parler et la regarder comme si elle était une saleté.

    Lysette: "Mais... je ne t´avais jamais vue, avant..."

    Reflet: "Bien sur que si! Tu me vois à chaque fois que tu te regardes dans ce miroir! J´ai toujours été là! Maintenant releve toi et rhabille toi, on dirait une souillon!"

    Lysette ne pouvait pas le croire, ça ne pouvait pas être elle, dans ce miroir!

    Bien qu´elle fut-ce fille de servante, Lysette, de par sa beauté, avait toujours eut droit à une vie dorée et egoïste. Elle n´avait vécu que pour elle, par le regard et l´admiration des autres, orgueilleuse et superbe. Mais pour la première fois de sa vie, Lysette avait connu la compassion. Elle avait pleuré sur un sort autre que le sien. Et maintenant, elle pouvait voir dans son miroir à quel point son coeur était noir. Elle comprenait maintenant que, même entourée de prétendants, même riche, même Reine de Barzabute, elle était seule. Atrocement seule.

    Le regard du reflet pesait sur les épaules de Lysette, l´écrasait. Lysette ne put plus le supporter et cria de toute la force de ses poumons, avant de s´évanouir.

    Quand elle se réveillerait, Lysette ne se souviendrait absolument plus de tout cela. Mais quelque part, au fond d´elle, une partie de son âme était prète à surgir au besoin, pour défendre des valeurs que Lysette avait jusque là toujours méprisées, avant de repartir aussitôt aux fins fonds du subconscient de la jeune femme. Elle avait désormais une double personnalité.


    A Fërucora, Les soldats Barzabutians avaient terminé leur petit show et s´en étaient allés sur une autre place à l´autre bout de la ville. Padgram, toujours planqué derrière l´étalage se demandait comment il pourrait sortir de ce foutu pétrin. Il était seul et énorme. Le moindre geste le ferait reperer. Pas une couverture ne pourrait le couvrir tout entier. Pas un vase ne pourrait contenir ne fut ce qu´un millième de son précieux gras. Pas une charette n´aurait les roues assez solide pour supporter son poid écrasant. Il était coincé.

    Hellia, qui n´avait pas vu l´annonce des cavaliers, se promenait dans un des quartiers où les magasins étaient innamovibles. Elle y testait un de ses tout nouveaux sentiments féminins: la curiosité. Elle ne savait plus où donner de la tête avec toutes ces vitrines!

    Elle se trouvait en fait dans le quartier occulte de la Grande Ville. On y trouvait tout cequi avait trait à la magie et aux autres arts surnaturels. Elle s´était dit qu´il y avait de grandes chances de trouver le shaman par ici. En avançant, elle rencontra une vieille dame qui était en pleurs, sur le seuil d´une maison. Elle avait un oeil qui n´était pas pret de se réconcilier avec son collègue, un nez qui lui rappellait sa faucille et une bouche en forme de gouffre. Hellia sentit son coeur chavirer et des larmes au bord de ses yeux magnifiques. Elle tomba à genoux, surprise par cette nouvelle sensation qui n´était pas agréable, sans être pour autant détestable. Elle se releva sans trop de mal et s´approcha d´avantage de la vieille dame qui pleurait en hurlant.

    Hellia: "Qu´est ce qui ne va pas, ma petite mère?"

    Vieille dame: "Mon mari... Il est en train de mourir, là haut!"

    Hellia eut comme un éclair dans la tête et se releva brusquement. Elle entra dans la maison et grimpa les escaliers quatre à quatre. Elle entra dans la chambre ou gisait un lit et trois chaises. Sur le lit, un vieil homme, qui semblait malade, agonisant. Sur deux des trois chaises, ce qui semblaient être des medecins. Sur la troisième, un prètre. Ils se retournèrent vers la nouvelle arrivante.

    Hellia: "Que se passe t il?"

    Prètre: "Nous assistons dans la mort ce vieillard. Il n´en a plus pour très longtemps."

    Sur ces paroles, une autre personne, encapuchonnée, entra dans la chambre, mais cette fois, personne n´y fit attention, sauf Hellia qui le regarda du coin de l´oeil.

    Dans un long râle, le vieil homme sentit la vie le quitter. Il tressauta, déjà mort depuis quelques secondes, sans que l´assistance ne s´en rende compte, encore.

    Le nouvel arrivant s´en alla, dans l´indifference des autres.

    Quelques secondes encore, puis l´un des médecins prit le pouls du vieil homme et annonça: "C´est fini."

    Hellia fut pétrifiée. Elle regarda le cadavre plusieurs secondes. Elle ne pouvait pas en croire ses yeux.

    Elle descendit les escaliers et sortit dans la rue, regarda à droite et à gauche, esperant retrouver le type de la chambre auquel personne n´avait fait attention à part elle.

    Elle ne pouvait pas le croire! Ce vieil homme était mort! Sans qu´elle fasse quoi que ce soit!

    La Terre de Saldra avait fini par la remplacer! Il y avait une nouvelle Mort!


    A vous la suite!!


    -PlacidVlad-
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  • Posté le 1er août 2007 à 22:32:52 Avertir un administrateur
  • Voilà pourquoi les fous avaient pu mourir sous l´emprise de Padgram! A ce moment déjà, elle n´y était plus pour rien. On lui avait volé son rôle. On lui avait volé sa nature première! Mais comment peut-on remplacer la Mort? Je n´ai jamais été humaine, je n´ai jamais eu d´apparence. Pourquoi me suis-je mis à ressentir de la compassion pour cet homme ? Pourquoi me suis-je mis à l´aimer ? Tout ceci est absurde. Je ne devrais même pas penser. Je suis la Mort! Je suis la Mort! J´étais... Il m´est impossible de parler directement à l´esprit de la Terre désormais. Il me faut un medium... Un medium... Le shaman pourra peut-être m´aider! Trouvons vite cet enfoiré!

    Elle se remit donc en route, dans l´espoir de dégoter un panneau assez clair indiquant la proximité d´un shaman.

    Pendant ce temps, Londe et Rune s´attardaient dans les boutiques de vêtements, admirant la diversité des couleurs, des étoffes, et aussi des prix. Elles n´avaient que très peu d´argent sur elles et toutes ces belles robes ne leur étaient absolument pas accessibles. La tentation de les voler leur démangeait l´esprit mais elles savaient qu´elles devaient se tenir à l´écart des ennuis pour éviter d´en apporter davantage à Padgram.

    Mais tout à coup, alors qu´elles sortaient d´un magasin de sous-vêtements, un homme accompagné de soldats, à une centaine de mètres, les pointa du doigt en hurlant comme un fou.

    L´homme : Les voilà!! Ce sont elles!! Les petites borgnes!! La boiteuse blonde!! Je les ai vues tout à l´heure avec le gros homme! Elles sont avec lui!

    Les gardes se mirent aussitôt à courir après Rune et Londe.

    Rune : Oh mon dieu! Londe, il faut courir!

    Londe : Et comment veux-tu que je fasse !!

    Rune scruta les gens qui les entouraient en un éclair et aperçut près d´un mur décati un vieux cul-de-jatte qui faisait la manche, jugé sur une petite planche à roulettes. Sans réfléchir, car géniale en intuition, Rune se précipita vers lui et l´éjecta d´un coup de pied en s´excusant profondément. Elle prit la planche et courut vers sa soeur pour l´installer dessus. Elle monta avec elle, prit quelques pas d´élans pour lancer la planche puis partit à tout allure !

    Les soldats accélèrent leur course! Rune et Londe slalomèrent entre les étalages, volèrent quelques fruits au passage, contournèrent un buffle qui refusait d´avancer, percutèrent une grosse bourgeoise en plein dans le ventre, évitèrent des coups de feu, se baissèrent pour ne pas prendre une poutre, et filèrent droit jusqu´à une rue en pente, espérant ainsi définitivement semer leurs poursuivants. Mais cette rue était... sans issue!

    En effet, un mur les attendait à la fin de la pente. fut incapable d´arrêter la planche avec son pied. Les deux soeurs poussèrent un long cri puis furent aussitôt projetées la tête en avant, se fracassant le crâne contre les briques, immédiatement assommées.

    Les gardes les rejoignirent en peu de temps. Ils étaient six. En voyant l´état des fugitives, ils éclatèrent de rire. Ils espéraient bien prendre du bon temps avec leurs jeunes prisonnières avant qu´elles soient officiellement emprisonnées... et puis... cette rue était sans issue. Personne ne s´y aventurait jamais. Qui aurait pu les voir ?

    Ainsi, commencèrent-ils par former une barricade dans la rue pour la fermer, en installant un panneau : "en travaux" et des cariolles en travers pour dissuader tout curieux. Puis, en se trémoussant, ils ôtèrent leurs armures en les faisant tomber lourdement sur le pavé, se retrouvant en peu de temps en longue culotte et en marcel. Ils traînèrent les deux adolescentes près du coin que formait le mur et la continuité de la rue, formèrent un cercle autour d´elles, les réveillèrent en leur donnant de nombreuses claques, puis baissèrent leurs cache-sexe en rigolant.

    "Allez, mes jolies, donnez un peu de votre souffle pour une bonne cause..."

    Rune et Londe étaient paralysées. En temps normal, elles auraient immédiatement réagi mais la soudaineté de la situation rendait impossible toute action.

    Toute ? Pas vraiment. Londe, en réalité, n´était pas prête à se laisser prendre une nouvelle fois. Aussi, lorsque le premier de ces porcs commença à s´approcher avec son grand sexe puant, elle n´hésita pas à lever sa béquille d´un seul coup pour lui atomiser l´entre-deux jambes. Le soldat cria de douleur mais Londe ne s´arrêta pas là. Elle prit appui sur ses deux mains et tout en restant à terre, faucha tous les violeurs d´un seul coup de béquill. Ils tombèrent tous à la renverse, en s´éclatant le bassin sur le pavé.

    Londe releva sa soeur et invita celle-ci à l´aider à finir le travail. Rune ne se laissa pas prier et se mit aussitôt à tabasser les soldats comme jamais elle n´avait tabassé auparavant. Elles leur donnèrent des coups de pieds dans le sexe, dans les testicules, dans les côtes, dans la tête, dans les yeux, elles leur écrasèrent le ventre, les firent rouler sur eux-mêmes, les obligèrent à supplier, à pardonner, à se faire des bisous entre eux, puis à s´uriner les uns sur les autres, les menaçant avec des dagues, et même leurs propres épées. Quand elles en eurent assez de l´humiliation, elles les regardèrent avec mépris et leur tranchèrent verges, gorges, et cuirs chevelus. Autant de trophées qu´elles mirent dans leur besace.

    Elles fouillèrent les armures laissées par terre, se déguisèrent avec deux d´entre elles, prirent tout ce qu´elles pouvaient trouver d´argent à l´intérieur, puis quittèrent la rue en travaux qui n´allait sans doute pas être visitée avant longtemps... puisqu´elle était en travaux.

    Avec tout l´argent qu´elles avaient maintenant en poche, elles allaient pouvoir s´acheter tout ce qu´elles voulaient, protégées en plus par le masque de la loi. Il était étrangement plus facile pour Londe de se mouvoir avec cette armure car elle avait été conçue comme un exo-squelette. En réalité, ces armures, d´une légèreté diabolique, décuplaient la force de manière inouïe. Aussi Londe n´avait-elle plus besoin de sa béquille. Lorsqu´elles se mirent à marcher à nouveau dans les rues de Fërucora, tout le monde s´écartait sur leur chemin, avec un grand respect et un grand sourire.

    L´homme qui les avait pointées du doigt arriva devant elle et leur demanda en haletant s´ils les avaient trouvées. Londe et Rune se regardèrent à travers le heaume, hochèrent la tête, puis prirent l´homme par les épaules et le menèrent jusque dans une impasse à l´abri des regards. L´homme, avec ses yeux globuleux et sa barbe de trois jours, réclama immédiatement son argent. Mais Londe et Rune n´en avaient cure, bien sûr, et en toute réponse, le maintinrent contre le mur avant de le poignarder en plein coeur.

    Elles s´en allèrent de l´impasse, ainsi satisfaite. En sortant, elles furent heureuses de retrouver soudain Hellia. Mais celle-ci ne les remarqua pas. Pas seulement parce qu´il était impossible de les reconnaître sous leurs armures mais aussi parce qu´en même temps qu´elles, sortait de l´impasse ce même individu encapuchonné auquel étaient restés indifférents les veilleurs du mari de la vieille dame de tout à l´heure. En effet, la nouvelle Mort venait de prendre la vie de l´homme que Londe et Rune avaient exécuté.

    Hellia se précipita derrière lui en criant.

    "Hé!! hé!! Toi!! S´il te plaît!! Ecoute-moi!!"

    Londe et Rune se dirent aussitôt que leur copine devait péter un plomb car elle criait et courait dans le vide.

    L´individu encapuchonné restait le dos tourné et flottait presque entre les passants, rendant la course d´Hellia très difficile, et même si difficile qu´elle finit par le perdre une nouvelle fois, essoufflée par cet effort qui auparavant ne lui aurait pourtant pas coûté une seule goutte de sueur...

    Londe et Rune la rejoignirent rapidement. Hellia crut d´abord à une arrestation et s´apprêta à s´enfuir. Mais les jumelles déclinèrent rapidement leur identité et l´ex-Mort put donc pousser un petit cri de soulagement.

    Elles racontèrent ce qui s´était passé. Hellia fut passablement choquée d´être choquée par leur récit de leurs actes mais ce n´était pas grave, il fallait bien qu´elle s´habitue à son nouveau statut d´humaine. Constatant qu´elles n´avaient pas trouvé le shaman, elles décidèrent les unes et les autres de retrouver Padgram afin de sortir au plus vite de cette ville qui devenait visiblement un traquenard ambulant. Enfin, un traquenard, quoi, sachant que Fërucora n´était pas encore une ville ambulante comme Zalzadis, une lointaine cité perdue dans la contrée du Valadross.

    Le problème, c´est qu´il leur était impossible de retrouver Padgram. Le rendez-vous au palais ne pouvait plus tenir puisque des gardes pouvaient les y trouver. Et la ville était si immense que même un obèse comme notre héros pouvait passer inaperçu au milieu de la foule.

    Elles se posèrent donc à une terrasse, et commandèrent des jus de flakitz pour mieux réfléchir. Et Hellia eut soudain une idée fantastique.

    Hellia : Je connais un moyen de le retrouver rapidement. Il nous faut l´aide de quelqu´un.

    Londe : Qui ça ?

    Hellia : J´étais en train de le poursuivre juste avant que vous me retrouviez.

    Rune : Quoi ? Mais on n´a vu personne ! On croyait que tu faisais un accès de folie !

    Hellia : Eh bien... en réalité, il y avait quelqu´un, mais vous ne pouviez pas le voir...

    Londe : Mais bien sûr...

    Hellia : Non, écoutez, je suis sérieuse. Voilà...

    Elle respira un grand coup.

    Hellia : Ca va sans doute vous paraître absurde mais... mais en théorie... je veux dire normalement... je ne suis pas humaine.

    Londe : Pardon ?

    Hellia : Je suis... J´étais... J´étais celle qui vide les hommes de leur substance vitale.

    Rune : Tu veux dire que... que tu fais le tapin ?

    Hellia : Euh... non, pas vraiment... Mon rôle est plutôt du genre... Mortel.

    Rune : Ah, tu es banquière, je le savais.

    Hellia : Non, non, vous ne comprenez pas. Je suis l´incarnation... de la Mort.

    Londe et Rune regardèrent leur amie quelques secondes, dans un silence terrible, et puis éclatèrent de rire en se tenant les côtes comme des agneaux.

    Londe : C´est une bien bonne blague, Hellia ! Mais là, on a pas le temps de s´attarder pour des conneries !

    Hellia : Comment vous le dire autrement ! Je suis la Mort !

    Rune (ricanant bêtement) : Eh bah vas-y, tue quelqu´un pour voir !

    Hellia : Mais c´est justement ça le problème ! Je ne suis plus la Mort ! J´ai... J´ai été remplacée.

    Rune et Londe redoublèrent encore plus leurs rires, en se tapant les cuisses comme des attardées et ça faisait klang klang sur leur armure.

    Rune (en reprenant son souffle) : Et par qui, par qui t´as été remplacée ?

    Hellia : Par un mec en capuche, que j´ignore totalement! Mais je sais comment il peut nous aider!

    Rune: Nous faire aider par la Mort ?? Mais t´es vraiment barrée! Y a quoi dans ton flakitz ??

    Hellia : Non, écoutez-moi. La Mort peut situer n´importe qui dans le monde puisqu´elle se rend à son chevet dès que son heure est venue. Aussi, elle peut savoir où est Padgram.

    Londe (en se retenant de ricaner) : Et comment on la fait venir alors ?

    Hellia : En tuant quelqu´un bien sûr.

    Et Londe et Rune s´arrêtèrent net de rigoler.

    Londe : Tu veux qu´on tue quelqu´un ?

    Hellia : Vous venez à peine d´en massacrer sept à la suite. Où est le problème ?

    Rune : Oui, mais c´est différent, là, c´étaient des abrutis qui nous menaçaient.

    Hellia : Bon, écoutez, que vous me croyiez ou pas n´a pas d´importance, si vous ne pouvez pas égorger un autre homme, soit, je le ferai.

    Mais à peine se levait-elle qu´un attroupement de soldats en armure noire arrivèrent en les entourant.

    L´un d´eux se distingua. C´était le capitaine. Celui que nous avions aperçu tout à l´heure lors de son entrée à la porte Bybzalu. Il s´adressa directement à Londe et à Rune.

    Capitaine : Soldats ! Que faites-vous à traîner avec cette ribaude ?

    Londe et Rune ne répondirent rien.

    Capitaine : Hola ! répondez ! Et je veux savoir où sont vos collègues !

    Sous leurs armures les jumelles se mirent à paniquer. Si elles parlaient, ils allaient bien se rendre compte de la supercherie.

    Hellia voulut s´éclipser discrètement mais les soldats la retinrent.


    à vous la suite!
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  • Posté le 2 août 2007 à 13:19:50 Avertir un administrateur
  • L´un des soldats la retint avec une clé de bras et l´emmena un peu plus loin. Pour la mort, ç´aurait été un jeu d´enfant que de faire voler en miette un soldat, mais pour Hellia, rien à faire. Elle était trop faible et plus elle se débattait, plus le soldat resserait. Si elle continuait, il allait lui casser le bras.

    Soldat: "Et ou tu comptais aller comme ça, ma jolie!?"

    Les deux pirates reprennaient leurs esprits, mais Rune avait beau reflechir, elle ne voyait aucune issue, et hors de question de se battre, ils étaient trop nombreux. Les autres soldats questionnaient toujours les jumelles, faisant dos à la rue et le capitaine commençait à perdre patience, sous l´oeil passif des badauds. Il frappa du poing sur la table et cracha à travers son heaume: "répondez! Répondez, gros porcs!"

    "Qui a traité quelqu´un d´autre que moi de gros porc!?"

    Les soldats se retournèrent et eurent juste le temps de voir une sorte de vague gelatineuse et opaque leur tomber dessus et de mourir broyés, sans gloire.

    Le ventre de Padgram reprit sa forme initiale, rouge de colère, sans laisser la moindre trace des soldats qu´il venait d´avaler. Le visage de Padgram aussi était rouge et ses yeux à moitié cachés par les bourrelets de ses paupières lançaient des éclairs. Il se retourna vers le soldat qui retenait Hellia

    Padgram: "Lache la!!!"

    Le soldat lacha Hellia, mais ce n´était pas pour fuir. Il dégaina son épée, qui était en fait une flamberge que la force de l´armure magique semblait rendre aussi légère qu´une simple dague.

    Il se mit en joue et fonça vers Padgram dans le but de lui perce les entrailles. Mais le joufflu personnage tapa du pied sur le sol et émit un grognement qu´il voulait menaçant, ce qui fit frémir ses bourrelets et fit trembler le sol, déstabilisant le soldat et le faisant tomber par terre, sur les fesses. tous les passants se mirent à crier et à courir dans tous les sens. Padgram leva le bras droit et le laissa tomber de tout son considérable poid sur le soldat, mais ce dernier fut plus rapide et roula sur le coté. Il se releva et porta un coup d´estoc au bras de Padgram puis recula. Le gros homme grogna à nouveau, mais de douleur. Loin d´abandonner la partie, il se concentra et ses bourrelets semblèrent se liquéfier. Ils "coulaient" sur le sol et s´étalaient, passant sous les pieds du soldat abassourdit parce qu´il était en train de voir. Il ne réagit pas tout de suite, ce fut seulement lorsqu´il essaya de s´échapper qu´il se rendit compte que les bourrelets étaient redevenus solides... Même durs... Ses pieds étaient coincés dans la masse graisseuse! Il essaya de se dépetrer, puis regarda Padgram. Le prince avec le regard haineux et un sourire sadique. Il tenait sa proie au piège. Padgram souleva de nouveau son bras puis s´approcha du soldat qui criait maintenant et pleurait comme une fillette. Padgram laissa retomber son bras dessus, ce qui fit bouger toute la graisse étendue par terre. La graisse reprit sa forme dans le ventre de Padgram et on ne voyait plus trace du soldat. Les gens qui avaient vu la scène étaient frappés par l´horreur.

    Padgram regarda ses compagnonnes et cria: "On se tire!"

    Hellia et les deux jumelles ne se firent pas prier. Elles coururent comme des dératées, bousculant les curieux, passant de rues en rues, sans se rendre compte que Padgram ne les suivait pas.

    Elles s´arreterent plusieurs rues plus loin, soufflant comme des boeufs et se rendirent compte qu´elles se trouvaient dans une petite ruelle sordide, où... Padgram les attendait!

    Rune: "Mais... comment as tu...?"


    A vous la suite!


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  • Posté le 2 août 2007 à 19:02:16 Avertir un administrateur
  • PADGRAM> Euh attendez ! Je peux tout expliquer ! J´ai rien fait de mal ! Ne m´arrêtez pas sans un procès digne ! Et lachez cette femme ! Elle n´a rien à voir là dedans !

    RUNE> Quoi ? mais qui parle de t´arrêter ! Et de qui tu causes d´abord ?

    PADGRAM> Elle... elle s´appelle Hellia... elle s´est jointe à moi mais je... prenez-moi comme seul prisonnier et laissez-la tranquille.

    LONDE> Mais... Mais Padgram, c´est nous ! Hellia n´a juste pas eu le temps de voler d´armure comme nous !

    Padgram reconnut subitement la voix de Londe derrière l´armure et se mit à retrouver une respiration normale.

    PADGRAM> Londe ? Rune ? Ce sont vraiment elles, Hellia ?

    HELLIA> Puisqu´elles te le disent !

    Aussitôt, Padgram péta de joie, explosa en soupirs de soulagement, et prit délicatement ses trois amies dans ses bras en les enlaçant tendrement.

    PADGRAM> Oh je suis tellement content de vous retrouver !

    RUNE> Mais tu débarques complètement ma parole ! Qu´est-ce que tu joues là ? C´est quoi cette embrouille, tu viens à peine de nous sauver la mise, je croyais que tu courais avec nous !

    PADGRAM> Moi ? Vous sauver la mise ? Mais de quoi ??

    RUNE> Comment ça mais de quoi! Par le foutre du grand Yakizis, toi et Hellia vous faites vraiment dans les blagues pas drôles en ce moment! Comment t´as fait pour arriver ici avant nous ??

    PADGRAM> Mais de quoi tu parles?? Je me cache depuis tout à l´heure dans cette impasse parce que nous sommes recherchés, figure-toi. Le fait qu´on se retrouve n´est rien moins qu´un excellent et heureux hasard !

    Londe, Rune, et Hellia se regardèrent. Padgram avait l´air sincère.

    RUNE> Oui, à un trop heureux hasard, il me semble. Padgram, d´une manière ou d´une autre, quelqu´un s´est fait passer pour toi et nous a sauvées parce qu´on allait se faire démasquer par les soldats et leur capitaine !

    PADGRAM> euh j´ai pas bien suivi là...

    Rune soupira et laissa Londe briefer le gros prince de tout ce qui s´était passé en quelques secondes.

    PADGRAM> Donc... ce gars... gros... ressemblant à moi donc... a débarqué, et vous a aidé à vous échapper. Comment pouvait-il savoir que vous étiez derrière ces armures ?

    HELLIA> Sans doute, parce que j´étais avec elles.

    PADGRAM> Mais personne ne sait que je suis avec vous.

    RUNE> Oui, enfin, le gars qu´on a tué nous a repéré parce qu´il nous avait vues en ta compagnie.

    PADGRAM> Oui, mais Hellia passe inaperçu elle. Elle n´est ni borgne, ni handicapée, ni ne se promène les seins à découvert !

    Hellia prit soudain conscience de ces désavantages et se promit de se péter la jambe un de ces quatre, parce que cette Londe commençait vraiment à la rendre compulsivement jalouse avec sa jambe en moins!

    PADGRAM> Et vous étiez déguisées, donc, rien ne justifie cette intervention, et encore moins la ressemblance!

    "C´est exact!" répondit une voix derrière eux. Mais celle-ci ne provenait pas de l´entrée de l´impasse. Au contraire, elle prenait naissance dans le fond, dans l´ombre.

    Padgram et ses trois amies se retournèrent et virent se détacher dans la pénombre un homme à moitié nu, habillé d´un seul pagne décoré de plumes rouges, et d´un bracelet de bronze serré autour du bras. Son crâne rasé reluisait dans l´obscurité et son visage, parcouru d´innombrables rides, trahissait l´expérience d´un guerrier, grand connaisseur de l´existence.

    Padgram dessina un sourire qui lui fendit la poire en deux parties distinctes.

    PADGRAM> Karzus !

    KARZUS> Je vous salue, prince Padgram.

    Les trois filles ne comprenaient pas et d´un signe du regard demandèrent à Padgram de décoincer la situation, là.

    PADGRAM> Nous étions ici pour le chercher ! Londe, je te présente Karzus le Shaman !

    KARZUS> Vous deviez aussi retrouver Topazos, si je ne m´abuse, non ?

    PADGRAM> Oui, c´était prévu et... mais comment le sais-tu ? Et que fais-tu ici ?

    KARZUS> J´ai récemment connu une perte assez douloureuse. Jalafinz, mon phénix guérisseur, s´est échappé pour rejoindre une sorte d´attroupement de volatiles. Mon oreille est fort sensible à toutes les énergies qui circulent dans cette atmosphère que nous partageons. Ainsi, j´ai reconnu le chant de la Mort.

    PADGRAM> Pardon ??

    Karzus posa ses yeux noirs et transperçants contre ceux d´Hellia, qui essayait de rester imperturbable.

    KARZUS> Vous êtes en bien mauvaise posture, madame. Je suis averti de votre récente disgrâce.

    PADGRAM> Mais de quoi parles-tu ? Hellia, de quoi parle-t-il ?

    KARZUS> Néanmoins, croyez-moi bien honoré de vous voir vous épanouir au sein de la communauté des hommes... Qui aurait cru que vous finiriez par tomber amou...

    HELLIA> Assez ! Taisez-vous ! Et terminez votre histoire, qu´on en finisse !

    Karzus la regarda avec un sourire et ses yeux brillants. Puis en jetant un coup d´oeil sur les trois autres, il eut la confirmation qu´ils n´étaient pas au courant quant à la véritable ex-identité d´Hellia.

    KARZUS> Bref, j´ai entendu la musique de votre appeau. Sans le savoir vous avez convoqué une puissante énergie, et mon phénix a péri dans le souffle d´un dragon. Je sais que vous portez encore ces dragons en vous, Prince Padgram. C´est une grande richesse. Une formidable puissance. Mais ne vous en servez jamais.

    Padgram ne comprenait décidément plus rien à ce qu´il disait et restait abasourdi devant l´étendue de la connaissance de Karzus.

    PADGRAM> Je savais que tu étais un mage prodigieux mais je ne savais pas que tu étais omniscient et moralisateur!

    KARZUS> Il s´agit juste de sensibilité, Prince! Mais chaque chose en son temps, voulez-vous... J´ai d´abord été furieux en ressentant la mort de Jalafinz, mais c´était oublier qu´il était un phénix. Aussi, quelques jours plus tard, je fus transporté de joie en découvrant dans les cendres de ma cheminée que le vent avait déposé un petit oiseau rouge et doré. Je m´étais blessé le pouce quelques jours avant en cognant de rage contre une fenêtre. En caressant les plumes de l´oisillon, la cicatrice s´était résorbée avant de disparaître, effacée. Jalafinz venait de renaître.

    PADGRAM> Je suis très heureux pour toi mais pourquoi tu nous racontes tout ça ?

    KARZUS> Laissez-moi finir, Prince. J´ai senti votre présence devenir plus intense au fur et à mesure que Jalafinz grandissait. J´ai senti que vous étiez là.

    PADGRAM> Pas étonnant, les filles se sont pas lavées une seule fois depuis que je les connais! Sont comme ça les ados! boutonneux et crasseux!

    RUNE> Hey ! toi non plus tu t´es pas lavé!

    PADGRAM> Mais moi, je suis prince, c´est différent!

    Il y eut soudain un silence gêné. Padgram se rendit compte que pour la première fois de sa vie, il avait fait preuve d´orgueil et de vanité.

    PADGRAM> Je... Excusez-moi.

    RUNE> Bah ça va, c´est pas comme si t´avais pété non plus.

    PADGRAM> Non mais j´insiste je...

    KARZUS> Je poursuis, donc.

    LONDE> Oui, bah grouille-toi, parce que là elle commence vraiment à soûler ton histoire!

    KARZUS> Mais enfin, vous ne voulez pas savoir de quelle façon je...

    RUNE> Oui oui bah on a bien compris, t´as senti notre présence, voilà, donc t´as su nous reconnaître sous nos armures, t´es au courant de toutes les embrouilles de Padgram, mais tu veux pas te griller, alors tu as pris son apparence parce que les shamans sont de grands métamorphistes, et tu nous as sauvées d´une manière extra fantastique de ce mauvais pas et puis tu t´es barré en nous orientant vers le bon endroit, là où on devait trouver Padgram et là où tu savais que tu nous rejoindrais.

    KARZUS> Euh... ben oui, c´est à peu près ça.

    PADGRAM> Bonne stratégie, Karzus! Merci de ton aide!

    KARZUS> Par Sakboul! Dit comme ça, ça a moins de classe!

    HELLIA> Et on peut savoir pourquoi tu te cachais sans rien faire Padgram ?

    PADGRAM> Parce que je n´ai aucun endroit où aller. Tout le monde me reconnaît dans la foule. J´ai dû raser les murs.

    LONDE> Aaah je me disais aussi pourquoi j´avais envie de me suicider en les regardant.

    KARZUS> Non, c´est juste parce qu´ils sont jaunes par ici. Les urinoirs sont très chers dans Fërucora. Parfois un bon mur fait bien l´affaire.

    PADGRAM> Bon, les gars, les gars, on se concentre parce que là on a plusieurs choses à gérer. Primo, faut sortir de ce merdier parce que toute la ville est après nous et je donne pas longtemps avant que les autres soldats nous retrouvent.

    HELLIA> Leur capitaine est mort, ça devrait suffisamment les déboussoler. Au pire, ils vont appeler des renforts et ça nous laissera une large avance.

    KARZUS> Euh, précision, ces gars là ne sont pas morts. Je ne peux tuer personne avec mes capacités. Je n´ai fait que leur faire croire qu´ils mouraient dans la graisse de ma métamorphose. Je n´ai fait en fait que les faire tomber dans un égout qui était juste au-dessous d´eux.

    LONDE> Mais j´étais pourtant sûre de...

    KARZUS> Il ne faut pas toujours se fier aux apparences.

    PADGRAM> Collector, celle-là !

    KARZUS> J´en ai d´autres si vous voulez...

    PADGRAM> Dis-moi tu!

    KARZUS> Tue.

    RUNE> Putain, lui aussi! C´est une obsession collective, ma parole!

    HELLIA> Nan mais c´est plus la peine maintenant Rune.

    PADGRAM> De quoi vous parlez?

    HELLIA> Euh plus tard, plus tard.

    PADGRAM> Bon d´accord et secundo, qui est en fait le primo, il faut soigner Londe. Karzus, avant tout, je tiens encore à te dire merci. Je n´ai plus le temps de retrouver Topazos, mais puisque tu nous as aidés, c´est sans doute qu´il y a une raison, et j´aimerais que désormais tu nous accompagnes dans notre quête.

    KARZUS> Ma seule présence ici est une réponse à ta proposition, Prince... euh Tu. Mais je peux te livrer un secret...

    PADGRAM> Un secret ?

    KARZUS> Topazos le Druide, et moi-même...

    PADGRAM> Oui, eh bien ?

    KARZUS> Nous ne formons qu´une seule et même personne!

    Et sous les yeux effarés de toute la petite équipée, Karzus se transforma en un admirable vieillard à la barbe neigeuse et abondante, vêtu d´une tunique blanche, avec du rose aux joues et de la sagesse dans le bleu de ses yeux.

    PADGRAM> Incroyable! Karzus et Topazos! Deux en un!

    TOPAZOS> Oui! Mais ces transformations ne sont pour vous que des hallucinations. Lorsque je me métamorphose je ne fais que distiller autour de moi un parfum spécifique, créé à partir d´herbes rares et délicates, qui sensibilise l´esprit de n´importe qui à voir ce que je veux lui faire voir.

    PADGRAM> Et les possibilités sont infinies ?

    TOPAZOS> Hélas, non. Il faut à chaque fois que je refasse mes parfums, ce qui me coûte cher, et surtout je dois prêter constamment attention à l´odeur des individus car plus j´y suis attentif plus je peux la reproduire et ainsi capturer leur essence pour prendre leur apparence.

    PADGRAM> Mais alors, qui est donc le vrai toi ? Karzus ou Topazos ?

    TOPAZOS> Notre odeur est commune. Topazos n´a jamais été qu´un prodige créé par Karzus. Je suis la couverture de Karzus car si tout le monde se méfie de lui, tout le monde a confiance en ma barbe blanche. Je peux donc opérer en de nombreux endroits du globe pour faire bénéficier de ma magie à qui en a vraiment besoin.

    PADGRAM> Mais la plupart du temps, tu restes à Fërucora, n´est-ce pas ?

    TOPAZOS> En effet... Fërucora est ma patrie. J´y retourne tous les soirs, même quand je dois voyager très loin.

    PADGRAM> Comment peux-tu revenir aussi vite ?

    Topazos reprit alors l´apparence de Karzus.

    KARZUS> Tu le sauras. Un jour.

    PADGRAM> Et la raison pour laquelle tu veux bien nous aider ?

    KARZUS> Padgram, je suis redevable envers feu ton père. Je n´ai pas oublié ma dette...

    Padgram hocha la tête, en ayant l´air de comprendre, même si en fait il voyait pas du tout de quoi Karzus parlait.

    PADGRAM> Quoiqu´il en soit, peux-tu redonner à Londe et sa jambe et sa virginité?

    LONDE> Tu sais, Pad, avec cette armure je me sens infiniment bien. Je ne sens même plus la douleur.

    HELLIA> Même pas un chti peu ?

    LONDE> Non, non, pas le moins du monde.

    PADGRAM> Oui, mais tu ne peux pas vivre toute ta vie dans cette armure.

    RUNE> Il a raison! Voilà ce que je suggère! Hellia enfile l´armure de Londe, et toutes les deux, on part en ville pour aller récupérer toutes les armures des soldats. Je pense que ton Conspiru de malheur bénéficie d´un forgeron exceptionnel à Barzabute! Et pendant ce temps, toi et Karzus vous soignez Londe une bonne fois pour toutes.

    Tout le monde se mit d´accord et commença à faire sa petite affaire. Hellia et Rune se mirent en quête de soldats. Ce qui n´allait pas être très difficile vu que de nouveaux renforts, venaient d´être envoyés par le palais de Fërucora même, qui était régi par un des sous-préfets désignés de Conspiru, Balfoy le Truculent.

    Karzus et Padgram prirent Londe dans leurs bras puis se dirigèrent vers le fond de l´impasse où un mur pivotant les attendait, menant droit, à travers un escalier de pierre en colimaçon, à la demeure souterraine du shaman.

    Seulement, au moment où ils allaient franchir le passage, une voix les interpella depuis les toit d´une maison adjacente à la rue.

    "Est-on si pressé de disparaître, prince Padgram?"

    Enormément surpris, Padgram releva les yeux et vit juché sur la corniche du mur latéral un somptueux archer, à la moustache fine, à la longue chevelure noire, vêtu de cuir bleu, chaussé d´impressionnantes bottes en peau de bouc, l´air très satisfait, tendant une flèche à son arc, en direction de Padgram. Celui-ci restait muet, sans voix. Karzus également. Londe commençait à en avoir marre de se faire maladroitement écarter les jambes à cause de la maladresse du gros prince qui, précisons le encore une fois, restait muet, sans voix. Ce qui laissa l´opportunité à l´homme perché qui les menaçait au-dessus d´eux d´échanger quelques mots de circonstances, qui allaient laisser Padgram encore plus abasourdi que jamais.

    "Permettez-moi, Messires, de me présenter. Votre assassin s´appelle Toneo, chasseur de primes, au service de Lysette, Dame de Barzabute!"


    à vous la suite!
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  • Posté le 2 août 2007 à 21:02:32 Avertir un administrateur
  • Karzus profita de cet instant inutile pour sortir de son pagne une poignée de poussière qu´il envoya valdinguer en l´air pour aveugler l´archer. Toneo, qui ne s´y attendait pas, fut aussitôt déséquilibré, et tomba de son toit, laissant ainsi partir la flèche sans contrôler sa trajectoire.

    Dans le même mouvement, Karzus poussa violemment le mur pivotant après avoir tapé dessus avec son poing un certain rythme, bouscula Padgram qui restait médusé par ce qu´il venait d´entendre, et referma aussitôt le passage secret. Le mur de l´impasse était scellé.

    Toneo se frotta les yeux, se releva avec difficulté, regarda autour de lui, et constata que la cible avait disparu derrière le mur. Aussi, fouilla-t-il la rue avec ses yeux et s´attarda sur un gros rondin pourri qui devait avoir été autrefois une poutre.

    Il la prit à pleines mains, se plaça quelques mètres devant le mur, prit son élan et se précipita, le rondin en avant comme un bélier, pour exploser la paroi. Bien sûr, le mur ne cilla pas. Mais Toneo entendit qu´il sonnait creux. Alors, il redoubla ses coups, espérant bien que les briques finiraient par céder.

    De leur côté, Hellia et Rune avaient constaté que les gardes qu´elles avaient cru morts étaient en effet en train de ressortir avec difficulté, tout puants, des bouches d´égoûts. Il ne comprenaient guère comment ils étaient arrivés là mais ils n´avaient pas oublié que le gros tas qu´ils recherchaient activement leur avait foutu une grosse branlée, et ça, c´est pas rien que de s´en rappeler !

    Le capitaine vit au loin deux soldats, qui n´étaient autre que Hellia et Rune, il se précipita avec ses hommes et au devant d´elles et cette fois, sans attendre de réponse, il leur ordonna de les suivre pour retrouver immédiatement les fugitifs, car ils savaient désormais qu´il y avait désormais une fille avec le gros tas puisqu´apparemment c´est cette fille que Padgram avait dû venir libérer en s´exposant de cette manière. Hellia et Rune prirent alors le soin de se ranger dans la colonne des soldats afin d´attendre le moment idéal pour leur piquer leurs armures et leur faire faux bond. Elles comprenaient que le capitaine prenait désormais Hellia, et il avait raison au fond ce capitaine, pour la protégée de Padgram, et il ignorait encore que Rune et Londe étaient aussi avec lui puisque tous ceux qui étaient au courant, c´est-à-dire les six soldats et le gars de tout à l´heure avaient été, comme vous le savez bien, atrocement massacrés par nos deux jeunes demoiselles.

    La troupe se rendait au palais. Sur la route, ils croisèrent d´autres soldats qui, comme nous l´avons dit, donc, venaient apporter du renfort. Les rangs se grossirent. Hellia et Rune se sentirent ainsi infiniment plus en sécurité. Discrètement, tout en marchant, elles se mirent à converser.

    Rune: Dis donc, il m´a l´air louche, le shaman, là. Je croyais que Padgram le connaissait à peine et il a eu l´air de le reconnaître de suite. Il a même dit son prénom! Il avait pourtant bien dit : "oui il me semble qu´il y a une sorte de shaman..." on ne dit pas une sorte de shaman quand on a l´air aussi familier avec la personne!

    Hellia: Tu te tracasses pour rien. Padgram connaissait son homme et son affaire, voilà tout. C´est une chance de l´avoir avec nous maintenant.

    Rune: Oui mais il s´est présenté d´une manière bizarre. Et puis, qu´est-ce qu´il a voulu dire quand il t´a parlé comme un mystique là tout à l´heure à propos de disgrâce et de trucs?

    Hellia: Euh je sais pas, il avait l´air possédé...

    Rune: Pourtant t´avais l´air de parfaitement comprendre ce qu´il te disait.

    Hellia: Le problème, c´est que tu n´es pas prête à écouter la vérité...

    Rune: Ah parce que y a bien une vérité donc!

    Hellia: Oui mais tu ne m´as pas cru alors je...

    Elles furent aussitôt interrompues par un grand cri dans la foule. Tous les soldats se retournèrent et virent qu´un marchand venait de se prendre une flèche dans le dos, s´écroulant sur son étalage. La flèche semblait venir de nulle part. En tout cas, elle lui avait transpercé le coeur. Hellia le sut immédiatement car elle vit soudain l´homme encapuchonné apparaître auprès de lui.

    Hellia: Bigre! Cette fois, tu ne m´échapperas pas mon gaillard!

    Et sans réfléchir à ce qu´elle faisait, Hellia se détacha du rang et se mit à courir après l´individu encapuchonné. Son armure lui décuplait tellement ses forces humaines qu´elle ne ressentit cette fois aucune peine à le courser.

    Mais le capitaine crut aussitôt à une désertion. Aussi le capitaine lança-t-il trois hommes à la poursuite d´Hellia tandis que trois autres allaient s´enquérir de l´état du marchand. Il était bien mort. La flèche qui l´avait frappé était puissante. Le capitaine les rejoignit, extirpa la tige de bois, puis examina la lame qui était fixée au bout.

    Le Capitaine : Pas de doute... je ne connais qu´un seul homme qui utilise des flèches pareilles... (tout haut) Soldats ! Toneo Bulzor est dans les parages ! Cherchez-le ! Les autres, suivez-moi, on continue la marche vers le palais.

    Rune se retrouvait donc désormais seule dans la troupe des soldats, ne sachant absolument pas où Hellia pouvait être allée.

    Celle-ci, à quatre patés de maisons plus loin, ayant semé les soldats qui la poursuivaient, continuait de se rapprocher de celui qui indubitablement était devenu la nouvelle Mort !


    à vous!
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