Les forums de JeuxVideo.com Taille normale Grande taille

Forum : Harry Potter et l'Ordre du Phénix

Ajouter ce forum à mes forums préférés Ajouter ce forum à mes forums préférés

Sujet : « Harry Potter et la Guerre des Sages »

Créer un nouveau sujet   Liste des sujets
Alerte mail  Répondre  Rafraichir
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 16 décembre 2006 à 21:50:56 Avertir un administrateur


  • 10
    Les Granger


    Après avoir transplané à l’auberge de Godric’s Hollow, Harry, Ron, Hermione et Neville, y avaient retrouvé leur valise et leurs affaires. Immédiatement, ils rangèrent tout ce qui traînait, payèrent l’aubergiste, et quittèrent le village en quête d’un autre endroit où les mangemorts n’auraient pas de raison spéciale de les chercher.
    - Où est-ce qu’on va ? interrogea Neville, essoufflé (ils avaient couru).
    - Je n’en sais trop rien, avoua Harry. Mais ce serait trop risqué de rester à Godric’s Hollow. Je pense qu’on devrait aller dans un petit village discret, un peu comme celui-ci, mais sans que l’on puisse faire le lien avec nous.
    - Tu refais la même erreur que moi ! s’exaspéra Hermione.
    - Quoi ? s’étonnèrent les trois autres en cœur.
    - Tu te rappelles de notre réunion à la Tête-de-Sanglier où Mondingus Fletcher et surtout un espion d’Ombrage ont pu nous entendre facilement ? Sirius m’avait fait remarqué que dans un bar très fréquenté comme les Trois Balais, personne n’aurait pu nous entendre à cause du bruit ou en tout cas qu’on n’aurait rien soupçonné dans ce genre d’endroit.
    - Je ne suis pas sûr de… commença Harry, mais son amie l’interrompit.
    - Les mangemorts auront bien plus de mal à nous retrouver si nous sommes dans une grande ville, fit remarquer judicieusement Hermione. Voilà pourquoi je pense que nous ferions mieux d’aller à Londres.
    - Tu as sûrement raison, avoua Harry. Nous allons à Londres.
    - Tant d’histoires juste pour arriver à cette conclusion, moqua Ron.
    - Tu sais quoi, Ron ? demanda Hermione. Tu devrais peut-être mettre en pratique les conseils de cette charmante dame qui nous a conduits au cimetière. Tu sais bien, à propos de la galanterie.
    - Oh, ça va ! s’énerva Ron. Je disais seulement que tu n’avais pas besoin de raconter tout ça pour nous dire qu’il serait mieux d’aller à Londres.
    - Je vous rappelais que nous avions déjà fait la même erreur…
    - Décidément, dit Harry à Neville, tous deux éloignés du jeune couple qui continuait à se disputer, ces deux là sont capables de se disputer à partir de n’importe quel sujet.
    - C’est clair, approuva Neville. Mais tu crois que leur couple va tenir, dans ces conditions ?
    - Aucune idée, avoua Harry. Mais j’ai de l’espoir. Ils finissent toujours par se réconcilier, en général. Bon, ce n’est pas tout ça, mais il faudrait peut-être partir. Arrêtez de vous disputer, tous les deux ! cria-t-il. On doit partir. C’est déjà un miracle qu’aucun mangemort ne nous ait attaqué, en vous entendant.
    Silencieux mais toujours en colère, Hermione et Ron rejoignirent les deux autres. Ils transplanèrent dans la gare de King’s Cross (c’était un des rares endroits que connaissaient Harry et Ron dans la capitale), sur le quai 9 ¾, pour ne pas être vus par les quelques moldus qu’il risquait d’y avoir à cette heure tardive. Ils franchirent un par un la barrière et sortirent tout de suite de la gare.
    Ensuite, ils partirent à la recherche d’un hôtel peu cher mais suffisamment fréquentable. Ils en trouvèrent un après pas moins d’une demi-heure à marcher dans la ville. Ils y prirent deux chambres, en appliquant le même système qu’à l’auberge de Godric’s Hollow. Ils se couchèrent immédiatement sur le conseil d’Hermione, décidant de parler des récents évènements le lendemain.
    Cependant, avant de pénétrer dans sa chambre, celle-ci s’arrêta.
    - Euh…, balbutia-t-elle. Est-ce que l’un de vous voudrait bien…dormir avec moi, cette nuit ? Je n’ai pas envie de me retrouver toute seule…
    Les garçons échangèrent de brefs regards inquiets. Apparemment, Hermione conservait une certaine peur à cause de ce qui s’était passé avec Malefoy ; et après tout, il était vrai qu’étant seule, elle était la cible parfaite pour se faire surprendre et contrôlée.
    - Je…, balbutia également un Ron extrêmement gêné. Je peux venir, si tu veux.
    - Merci, répondit Hermione après un bref silence.
    Ils se dirent bonsoir et Ron rejoignit donc sa petite amie.

    Le lendemain matin, Ron rentra dans la chambre des garçons vers neuf heures du matin. Harry et Neville étaient à peine réveillés. Cette fois, ils disposaient de deux lits et personne n’eut donc à dormir par terre comme cela aurait été le cas s’ils avaient pu passer ne serait-ce qu’une nuit à l’auberge.
    - Je crois qu’Hermione ne va pas très bien, annonça-t-il après s’être assis sur le lit de Harry.
    - Sur le plan moral ou physique ? demanda Neville.
    - Seulement moral, je crois, répondit Ron. Enfin j’espère…
    - Mais qu’est-ce qu’elle a, exactement ? interrogea Harry. Elle a peur ?
    - Je ne sais pas vraiment… Mais elle a appelé ses parents, cette nuit.
    - Quoi ? s’étonna Harry. Je savais qu’elle ne devait pas aller bien mais à ce point…
    - Ce n’est pas de sa faute ! protesta Ron. Hermione n’est pas quelqu’un du genre à appeler sa mère quand elle a peur. Non, je crois que ses parents lui manquent parce qu’elle a fini par ne plus les voir, quasiment.
    - C’est vrai que depuis deux ou trois ans, elle est toujours avec nous, même pendant les vacances, admit Harry.
    - J’ai l’impression qu’elle s’est rendue compte qu’elle ne les verra peut-être plus. Tu sais, je me demande si elle a parlé à ses parents de tout ce qui se passe, en ce moment.
    - Elle ne peut pas avoir cacher tout ce qui se passe, fit remarquer Neville. Avec tous les évènements, les meurtres, les accidents, même dans le monde des moldus. Hermione a bien dû leur en parler.
    - Je voulais parler des horcruxes, précisa Ron. Est-ce qu’elle leur a dit qu’elle risquait sa vie ? Est-ce qu’elle leur a dit qu’elle ne reviendrait peut-être plus jamais les voir ?
    - Tu es son petit ami, dit Harry. Tu devrais lui en parler, toi ; lui conseiller de leur dire véritablement au revoir.
    - Oui, je crois que tu as raison, répondit Ron. Je vais la forcer à extérioriser ses craintes, déclara-t-il d’un ton solennel.
    Et sur un air décidé, il sortit de la pièce. Harry et Neville reprirent leur petite conversation de la veille.
    - Tu vois, dit Harry, Ron est un bon petit ami. Il ne laissera pas tomber Hermione et leurs disputes s’oublient vite.
    - On dirait, admit Neville. Je m’inquiète pour Hermione. Si elle craque comme ça malgré sa force habituelle, ça ne présage rien de bon pour nous.
    - On le savait depuis le départ, répliqua Harry. Tout le monde va souffrir, dans l’histoire. C’était la même chose quand il a voulu prendre le pouvoir la première fois, il n’y a aucune raison que ça change.
    Harry avait dit cela sur un ton si sombre que Neville parut d’abord étonné, puis déterminé.
    - Tu as raison, dit-il. Et c’est pour ça que nous allons détruire ces maudits horcruxes et que nous allons tout faire pour que tu puisses tuer Voldemort.
    - Bien dit, Neville ! Et en parlant de détruire les horcruxes, ça me fait penser que nous en avons déjà un.
    Il sortit de la poche de son blouson posé sur sa malle le médaillon de Serpentard.
    - Je n’arrive pas à y croire, dit-il en regardant le bijou, c’est tellement dingue.
    - Quoi ?
    - Je n’arrive pas à comprendre comment le frère de Sirius aurait pu voler le médaillon. Tu ne l’as pas connu, toi, mais il m’avait dit que Regulus était stupide et que les mangemorts l’avaient tué parce qu’il avait été trop lâche pour faire ce que lui avait demandé Voldemort. Et pourtant c’est sûrement lui qui l’a pris ; à cause des initiales RAB et à cause de sa provenance.
    Il examina longuement l’horcruxe avant de se décider.
    - Bon, ouvrons-le, proposa-t-il.
    Il mit toutes ses forces mais le médaillon resta solidement fermé.
    - Comme la dernière fois.
    Ils tentèrent tous deux divers sortilèges qui n’eurent pas le moindre petit effet.
    - J’ai comme l’impression que détruire les horcruxes va être aussi dur que de les trouver, dit Neville.
    - Evidemment, approuva Harry. Dumbledore a failli mourir quand il a détruit la bague. Mais…
    - Mais quoi ? demanda Neville.
    - Mais Rogue l’a soigné, acheva Harry.
    - Quoi ? répéta Neville.
    - Oui. Quand j’y pense, c’était un agent double extraordinaire. Personne ne s’est jamais douté de son véritable camp parce qu’il a toujours agi comme quelqu’un de notre côté l’aurait fait, tout en ne faisant rien de vraiment préjudiciable à Voldemort – en tout cas depuis qu’il est revenu. Il a bluffé tout le monde, même moi qui pourtant le soupçonnais plus que n’importe qui, admit-il. J’espère qu’Abelforth s’est bien chargé de lui.
    - A propos d’Abelforth, tu ne crois pas qu’il pourrait t’aider ? suggéra Neville. C’est le frère de Dumbledore, après tout.
    - Oui. Et j’aimerais bien qu’il m’en parle, avoua Harry. De Dumbledore, précisa-t-il. Il y a plein de choses que j’ignore toujours sur lui.
    - Ah… Moi je ne savais pas que Dumbledore avait un frère. Je croyais qu’il n’avait plus du tout de famille. C’est vrai, on aurait pu croire que tous les membres de sa famille étaient morts vu son âge. S’il avait des enfants, ou des petits-enfants, ou même des arrière-petits-enfants, on en parlerait dans les journaux vu sa célébrité.
    - Dumbledore avait parlé de son frère, un jour, pour remonter le moral de Hagrid. Mais je croyais qu’il était mort parce que jamais personne ne m’a parlé de lui au présent.
    Harry resta silencieux quelques secondes puis reprit :
    - En tout cas tu as raison ; je ferais mieux d’aller le voir si je veux réussir à détruire ce machin. Mais d’abord, nous allons nous occuper d’Hermione. Si elle décide d’aller voir ses parents, nous irons avec elle.
    Environ vingt minutes plus tard, Ron et Hermione entrèrent tous deux dans la pièce. Harry pensait retrouver une Hermione bouleversée, mais il en découvrit une surexcitée accompagnée d’un Ron qui ne l’était pas moins.
    - Harry, il y a un problème, annonça son amie. Comme j’y suis abonnée, j’ai reçu la Gazette du Sorcier, ce matin ; et ils ne parlaient pas de Rogue !
    - Quoi !? s’indignèrent Harry et Neville en chœur.
    - Mais ça voudrait dire qu’il a réussi à échapper à Abelforth ! s’exclama ce dernier.
    - Oui, confirma Hermione, finalement bouleversée comme l’avait prévu Harry. Et peut-être que… peut-être qu’il est aussi…
    - Mort, acheva Harry.
    Il avait dit ce mot d’un ton plein de haine et de fureur que les trois autres remarquèrent.
    - C’est impossible, dit Ron, incrédule. Abelforth pouvait parfaitement maîtriser Rogue puisqu’il était assomé et en plus, c’était sûrement un sorcier puissant vu le frère qu’il avait ; Rogue n’aurait pas pu le tuer comme ça.
    - Attendez, intervint Neville, il n’est pas forcément mort, n’envisageons pas tout de suite le pire.
    - Et qu’est-ce qui se serait passé, selon toi ? répliqua Harry.
    - Vous ne croyez pas qu’Abelforth aurait eu envie de venger son frère lui-même ? fit remarquer le jeune homme. Moi je crois qu’il a voulu se charger du sort de Rogue et qu’il ne l’a peut-être pas livré tout de suite au ministère.
    Les remarques de Neville rassurèrent légèrement Harry qui restait toutefois très inquiet.
    - Oui, c’est vrai, pas de panique, dit-il. Il ne faut pas être si pessimiste. Mais comment pourrions-nous savoir ?
    - C’est simple : la Gazette ne parle pas de la mort du barman de la Tête-de-Sanglier, dit Neville, ni de celle du frère d’Albus Dumbledore.
    Harry resta perplexe mais pensa que la remarque de Neville était judicieuse : en effet, si le frère de Dumbledore mourait deux mois après le décès de celui-ci, cela aurait sans doute figuré dans la première page de la Gazette.
    - Finalement, on a été bête de s’inquiéter, dit Ron après un instant de réflexion, l’air plus détendu. Neville a raison, il ne peut pas être mort sans qu’on en parle.
    - C’est loin d’être sûr, dit Hermione.
    - Alors allons le voir, proposa Harry.
    - Hein ? s’étonna Ron.
    - Et bien oui, comme ça on sera définitivement fixé.
    - Mais…, commença Ron, mais Hermione l’interrompit.
    - On s’occupera de moi plus tard, d’accord ? Pour l’instant, il faut vérifier qu’Abelforth va bien.
    - Attends, se rétracta Harry, on est pas obligé d’y aller tout de suite, on peut d’abord…
    - Non, Harry ! protesta la jeune femme. Nous devons d’abord savoir si Abelforth va…
    - On a qu’à leur envoyer un hibou, coupa Neville.
    Le trio se tourna vers lui.
    - A qui ? demanda Ron sans comprendre.
    - A l’Ordre du Phénix. Ils sont mieux placés que nous pour se charger de ça et j’ai cru comprendre que vous les connaissiez.
    - Tu sais quoi, Neville ? dit Harry après quelques secondes de silence. Rogue avait tort : tu es un allié très précieux et je ne regrette pas de t’avoir accepté dans notre équipe.
    Ce dernier sourit légèrement et ils décidèrent donc d’envoyer Hedwige porter un message à Poudlard (même si Neville ignorait que le quartier général se trouvait dans l’école).
    Harry fut désigné pour écrire la lettre (les autres le considéraient comme le chef de groupe). Après plusieurs brouillons chiffonnés et éparpillés sur le lit de celui-ci, il finit par écrire une lettre qui lui semblait convenir à la situation pendant que les autres s’entraînaient dans la chambre d’Hermione aux sortilèges informulés que Harry maîtrisait déjà suffisamment (Hermione aussi mais elle servait de professeur aux deux autres) :

    Professeur McGonagall,

    Je pense que vous devez savoir que Rogue a été capturé hier soir (le 2 septembre). Je ne vous dirai pas dans quelles circonstances j’y ai été mêlé, mais je suis inquiet de ne rien avoir lu à propos de ça dans la Gazette du Sorcier. Même si vous ne pouvez pas tout me dire, j’aimerais au moins savoir si Abelforth Dumbledore va bien et si Rogue a été envoyé à Azkaban ou si au moins il est toujours sous contrôle.

    Harry Potter

    Il la montra aux autres qui la jugèrent également convenable. Harry sortit Hedwige de sa cage et lui attacha le parchemin roulé à la patte.
    - Tu dois déposer cette lettre au Professeur McGonagall, tu as compris ?
    La chouette hulula, signe qu’elle avait effectivement compris, et lui mordilla affectueusement le doigt. Il ouvrit ensuite la fenêtre, la lâcha, et elle s’envola. Ensuite, il se retourna vers les autres et les trois garçons regardèrent Hermione.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 16 décembre 2006 à 21:51:36 Avertir un administrateur
  • - Alors ? questionna Harry. Tu veux aller voir tes parents, si je comprends bien.
    - Oui, répondit lentement Hermione. Vous comprenez, je voudrais leur dire au revoir une fois pour toutes au cas où…nous ne pourrions plus nous revoir.
    - Je comprends. Qu’est-ce que vous en pensez, les gars ?
    - Bien sûr que nous allons y aller, répondit immédiatement Neville.
    - Hermione connaît déjà ma réponse, dit simplement Ron, n’est-ce pas, Hermione ?
    - Merci, dit chaleureusement Hermione, plus détendue. Vous savez, je ne leur ai pas parlé de tout ça… Enfin pas des horcruxes et de Voldemort.
    Maintenant que le malaise et les cachotteries étaient rompus, l’ambiance s’était largement améliorée et la jeune demoiselle du groupe souriait.
    Ils prirent la décision d’aller chez les Granger à midi, pour le déjeuner, heure à laquelle le couple de dentistes fermait son cabinet pour sa pause-repas. Hermione transplana dans sa chambre pour continuer la lecture du vieux livre de Rowena Serdaigle que Harry avait découvert dans la bibliothèque de Poudlard. Elle avait dit que le début semblait intéressant mais qu’il faudrait qu’elle le lise en entier avant de pouvoir se prononcer… Se prononcer sur quoi ? Harry se le demandait, autant que Ron et Neville.
    En tout cas, en attendant midi, le trio masculin décida de s’entraîner à un sortilège qui leur serait certainement bien utile s’ils ne voulaient plus se faire suivre : le sortilège de désillusion. Neville avait trouvé la formule dans un des autres livres pris dans la bibliothèque. Seul soucis : c’était un sortilège toujours informulé, comme Levicorpus, et cette formule devait donc être « prononcée mentalement ». Ils s’entraînèrent sur eux-mêmes en se regardant dans un miroir disposé sur la porte d’une armoire de leur chambre. Harry se concentra de toutes ses forces en pensant « Cameleo », mais rien ne se produisit les quatre premières fois. Lors de sa cinquième tentative, il sentit un liquide chaud se répandre dans ses cheveux et en regardant dans la glace, il vit que ceux-ci avaient disparu, mais pas le reste du corps. En s’approchant davantage, il constata comme il l’avait prévu que sa chevelure habituellement d’un noir de jais avait seulement pris les couleurs de ce qu’il voyait derrière, de sorte qu’on aurait cru Harry chauve. Neville et Ron éclatèrent de rire.
    - Ca fait très bizarre de te voir sans ta touffe, dit Ron, hilare ; on dirait que t’as la boule à zéro !
    Harry ria également de ce nouveau look quelques instants puis prononça la formule « Aparecium » et ses cheveux reprirent leur couleur habituelle. Les autres n’obtinrent pas de meilleurs résultats : pendant près d’une heure, leur tentatives n’eurent aucun effet à part une légère chaleur puis vers midi moins vingt, ils avaient finalement réussi à paraître chauves eux aussi. Mais Harry, lui, désillusionna la moitié de son corps jusqu’à la taille, tout comme à la dernière séance d’entraînement où il avait maîtrisé de nouveau les sorts informulés plus tôt que Neville et Ron.
    Hermione fut contente de constater les efforts des garçons et manifesta son regret d’avoir été en train de lire à chaque fois qu’ils s’entraînaient. Harry tenta de désillusionner les autres. Il commença par Hermione qui se retrouva presque entièrement fondue dans le décor, sauf que quelques morceaux de son corps restaient apparents, rendant l’opération inutile.
    - Bon et bien tant pis, dit-elle tout simplement après que Harry eût annulé les effets du sortilège raté. Nous n’avons qu’à y aller en transplanage d’escorte, puisque vous ne pouvez pas vous représenter l’endroit. Accrochez-vous à moi.
    Le quatuor forma une ronde en se tenant les mains : Ron à la droite de la jeune femme, Harry à gauche, et Neville en face. Hermione transplana en un petit « pop ». Mais seuls Ron et Hermione disparurent, laissant Harry et Neville au beau milieu de la chambre.
    - Qu’est-ce qui s’est passé ? questionna Neville.
    - Je ne sais pas, peut-être que Hermione n’a pu faire transplaner qu’une seule personne, suggéra Harry. C’est vrai que trois d’un coup, ça doit faire un peu trop pour elle.
    - Alors elle devrait revenir pour nous chercher, non ?
    En effet, à l’instant même où Neville acheva sa phrase, le couple se rematérialisa dans la pièce.
    - Excusez-moi, dit tout de suite Hermione, je n’ai pas réussi à tous vous faire passer.
    - Ce n’est pas grave, répondit Harry.
    - Bon, reprit la jeune femme. Ron a vu ma maison, maintenant, alors il peut t’y emmener. Moi je m’occupe de Neville.
    Harry attrapa donc le bras de son meilleur ami, Neville celui de Hermione, et cette fois, tous transplanèrent devant la porte d’un appartement. Très nerveuse, Hermione appuya sur la sonnette qui intrigua beaucoup Ron et Neville... Environ dix secondes plus tard, ils entendirent des pas précipités et une femme aux cheveux bruns, aux dents de devant un peu proéminentes, ouvrit la porte du foyer d’Hermione. Lorsqu’elle vit sa fille, Mrs Granger parut surprise.
    - Bonjour, Maman, dit timidement Hermione.
    - Hermione ? demanda Mrs Granger qui finit par sourire. Mais pourquoi tu ne nous as pas prévenu que tu rentrais ? Nous aurions pu venir te chercher.
    - Ce n’est pas la peine, je suis venu en transplanant, expliqua la fille qui sourit à son tour. C’est beaucoup plus rapide que la voiture.
    - Qui est-ce, chérie ? interrogea une voix d’homme provenant de l’appartement.
    - C’est Hermione, Patrick ! répondit la mère de celle-ci. Viens, entre, ma chérie, ajouta-t-elle en se retournant vers sa fille.
    Mais un homme de grande taille, les cheveux bruns grisonnants, et les dents impeccablement blanches, se précipita dans l’entrée aux côtés de Mrs Granger, le sourire aux lèvres.
    - Je suis content de te voir, chérie, dit-il. Entre vite, nous sommes en train de déjeuner.
    - Bonjour, Papa, dit Hermione. Ca ne vous dérange pas si j’ai amené quelques amis ?
    Elle s’écarta pour que ses parents puissent enfin remarquer Harry, Ron, et Neville, tous trois restés en arrière.
    - Euh… Non, bien sûr que non, finit par répondre Mrs Granger, un peu perplexe de voir tous ces garçons autour de sa fille.
    - Voici Harry Potter, présenta Hermione, mon meilleur ami ; Neville Londubat, un ami très proche également ; et Ronald Weasley, qui préfère qu’on l’appelle Ron, et qui est mon…petit ami.
    Quand elle dit cela, elle rougit, et Ron aussi. Le père de Hermione observa longuement le jeune homme jusqu’à ce que sa femme dise en souriant :
    - Et bien, vous allez vous décider à entrer ?
    Ils entrèrent donc dans l’appartement qui sembla très classique à Harry, selon la mode moldue. Ils traversèrent l’entrée et franchirent une porte qui les mena au salon où les couverts pour deux personnes avaient été posés sur une petite table circulaire.
    - Un petit instant, s’il vous plaît, dit Mrs Granger, je vais préparer d’autres assiettes.
    - Ce n’est pas la peine, Maman, dit précipitamment Hermione, nous avions prévu de manger plus tard.
    - Mais pourquoi, tu pourrais…commença Mr Granger.
    - Je suis seulement venu pour parler, coupa sa fille, de choses importantes. Est-ce que nous pourrions nous asseoir dans le salon ?
    - Très bien, accepta le père, un peu décontenancé.
    Ils franchirent donc une autre porte et se retrouvèrent dans un salon décoré d’affiches sur la dentition et d’un papier peint blanc et bleu. Mrs Granger montra de sa main deux fauteuils et un canapé rouges et moelleux. Les parents de la jeune femme s’assirent dans les fauteuils, Hermione amena une chaise vers eux et les trois autres prirent place sur le canapé.
    - Qu’est-ce qu’il y a, ma chérie ? interrogea Mrs Granger, l’air inquiète.
    - Est-ce que cela a un rapport avec ce groupe…de criminels…qui répand la terreur dans le pays ? questionna son mari, plus perspicace.
    - Oui, répondit leur fille. En fait, je…je ne vous ai pas dit quelque chose…
    - Quoi donc ? demanda Mrs Granger, les sourcils froncés.
    - Comme vous le savez, je suis majeure, chez les sorciers et j’ai décidé de faire quelque chose contre eux.
    - Quel genre de chose ?
    - Je vais aider à éliminer leur chef, déclara Hermione.
    Cette déclaration fut suivie d’un court silence puis…
    - Mais qu’est-ce que tu racontes ? s’exclama Mrs Granger. Tu ne vas tout de même pas tuer quelqu’un ? Il est hors de question que ma fille devienne une meurtrière !
    - N’ayez aucune crainte à ce sujet, Hermione ne tuera personne, c’est moi qui le ferai.
    Les Granger tournèrent la tête vers la personne qui avait prononcée cette phrase. C’était bien entendu Harry qui en était l’auteur et il affichait un visage sérieux et déterminé.
    - Qui êtes-vous, jeune homme ? demanda Patrick Granger.
    - Harry Potter, répondit celui-ci.
    - Et vous vous figurez peut-être que vous serez capable de changer le cours de l’histoire à vous tout seul ? Vous êtes à peine sortis de l’adolescence, tous les quatre, enfin ! Vous n’avez pas à faire ce genre de chose, encore moins tous seuls !
    - J’aimerais pouvoir rester en arrière, mais je ne peux pas, parce que personne d’autre que moi ne peut tuer Voldemort, personne.
    Il releva une mèche de cheveux et montra sa cicatrice en forme d’éclair, souvenir du sortilège de la mort.
    - Vous êtes ce garçon…commença Mr Granger.
    - Harry ne ment pas, Papa, reprit Hermione. Ce serait dur de t’expliquer pourquoi, mais il est le seul ayant un pouvoir suffisant pour vaincre ce mage noir. Et on est obligés de le tuer, Maman, il ne se laissera jamais prendre vivant.
    - Je ne vois vraiment pas pourquoi tu te mêles de tout ça, Hermione, dit Mrs Granger. Tu n’as pas besoin de prendre tous ces risques !
    - Ca c’est mon choix, répliqua sèchement Hermione.
    Les Granger ne trouvant plus de remarque à faire à leur fille unique, se turent, la mine déconfite. Hermione avait le visage triste également et baissait les yeux, observant le sol. Neville, et surtout Ron, semblaient gênés. Harry, lui, se sentait légèrement honteux. Il était mal à l’aise de se trouver en compagnie de gens dont la fille prenait d’énormes risques à cause de lui.
    - Et en quoi consiste cette…aide que tu vas apporter ? questionna Mr Granger.
    - Ron, Neville, et moi-même, nous allons aider Harry à détruire la protection de Voldemort, répondit Hermione, relevant la tête. Sinon, il ne pourra pas mourir. Il s’agit d’un procédé de magie complexe et je ne suis pas certaine que vous l’expliquer soit très utile.
    - Est-ce que… Est-ce que ce que nous te dirons pourra te faire changer d’avis ? demanda le père de Hermione.
    - Non, répondit-elle d’un ton catégorique.
    Sa mère était au bord des larmes. Elle regardait sa fille d’un air désespéré mais ne trouvait toujours rien à lui dire.
    - Dans ce cas, déclara Patrick Granger d’une voix forte, les sourcils froncés, en se retournant vers Ron, je compte sur vous pour veiller sur ma fille, jeune homme, si vous prétendez réellement sortir avec elle.
    - Papa ! protesta Hermione, mais son père la fit taire d’un geste de la main.
    - Non, Hermione. Si ce Monsieur n’est pas capable de te protéger, ou en tout cas s’il n’use pas de toutes ses forces pour le faire, c’est qu’il ne t’aime pas vraiment. Donc s’il t’aime, il n’y a pas de souci. Aimez-vous ma fille, jeune homme ?
    - B… Bien sûr ! s’exclama Ron, tout pâle.
    - C’est d’une logique implacable… dit Neville en se tenant le menton et en hochant la tête.
    Le malaise qui s’était installé peu à peu quand Hermione avait discuté avec ses parents s’atténua et Harry eut un petit rire. Afin de détendre encore plus l’atmosphère, Harry tapota l’épaule de son ami et dit :
    - Excusez-le. L’amour, ça le rend émotif.
    - C’est bien le but, non ? dit Mrs Granger, le visage bienveillant. Ca prouve qu’il est sincère.
    Les oreilles de Ron devinrent rouges.
    - J’espère, dit Mr Granger. En tout cas…c’est d’une logique implacable.
    Cette fois, Harry ne fut pas le seul à rire. Ces rires étaient plus forts, toutefois, même s’ils n’atteignaient pas le niveau d’éclats. Ron finit par sourire, même s’il était encore rouge d’oreilles.
    - Alors…, hésita Hermione. Alors vous acceptez que je parte ?
    - Nous sommes bien obligés, répondit sa mère. Et puis je pense que tu es suffisamment mûre pour prendre tes propres décisions, maintenant. Tu as grandi trop vite à mon goût…
    - De toutes façons, fit remarquer son père, nous ne pouvons pas te contraindre à rester puisque tu es majeure dans ton monde et que tu le seras aussi dans le nôtre dans seize jours. Mais je voudrais quand même que tu nous écrives, de temps en temps ; ça nous rassurerait d’avoir des nouvelles.
    - C’est promis, dit Hermione. Merci.
    Il y eut un moment de silence solennel puis…
    - Nous ferions mieux de partir, déclara Hermione.
    - Mais pourquoi ? s’étonna Mrs Granger. Vous pourriez rester…
    - Non, Maman, répliqua sa fille. Vous devez déjeuner et nous avons déjà prévu de manger ailleurs. Ensuite, vous devrez retourner au cabinet.
    - Aux cabinets ? répéta Ron sans comprendre.
    - Nous sommes dentistes, expliqua Mrs Granger.
    - Mais…
    - Un cabinet, c’est l’endroit où les dentistes travaillent, ajouta Hermione.
    - Oh ! s’exclama Ron. Excusez-moi, je croyais… Mais peu importe.
    Harry approuvait Ron dans son choix de ne pas révéler ce à quoi il avait pensé. S’il avait dit aux Granger qu’il pensait qu’ils iraient aux toilettes, il aurait subi la honte de sa vie et l’impression qu’il donnait aux Granger en aurait pris un coup. Les oreilles de Ron rougirent avec plus d’intensité et ce teint se propagea sur son visage.
    Hermione se leva, et fut imitée par les autres. Ils se dirigèrent vers l’entrée et la jeune femme embrassa ses parents en leur disant au revoir. Harry, Ron, Hermione et Neville sortirent.
    - Prenez bien soin de vous, dit Mrs Granger.
    Après un dernier signe de la main, et après avoir vérifier que personne ne pouvait les voir, le quatuor transplana, laissant les parents Granger dans leur tristesse.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 16 décembre 2006 à 21:53:36 Avertir un administrateur


  • 11
    Seigneur et Saigneur


    Harry, Ron, Hermione et Neville se matérialisèrent dans la chambre des garçons et ils s’assirent presque tout de suite sur les lits, Ron et Hermione en face de Harry et Neville. Harry était heureux que la rencontre avec les parents d’Hermione soit terminée. Il en avait assez de voir le regard de reproche et de tristesse dans les yeux des Granger. Cependant, il savait bien qu’il dramatisait les choses. Mr et Mrs Granger avaient plutôt bien réagi, au final, et avaient accepté le choix de leur fille, malgré une réticence tout à fait normale pour un père et une mère voyant leur unique enfant partir pour mener un dangereux combat. Hermione paraissait ébranlée, les yeux légèrement rougis, Ron était plus pâle que jamais et Neville restait silencieux.
    - Et bien…, dit Hermione. Eh bien, c’est fait, maintenant. On devrait essayer de détruire cet horcruxe, maintenant, vous ne croyez pas ?
    - Je voudrais demander conseil à Abelforth, d’abord, déclara Harry. On n’en connaît pas suffisamment pour détruire nous-même ce médaillon. Avec Neville, on a essayé beaucoup de sorts mais ça n’a eu aucun effet.
    - Mais peut-être qu’Hermione en connaît plus que nous en sortilège ? suggéra Neville en souriant.
    - Je ne pense pas connaître de sortilège suffisamment puissant pour détruire une protection magique mise en place par Voldemort lui-même, répliqua celle-ci.
    - De toutes façons, rappela Harry, même Dumbledore avait failli mourir en tentant de détruire la bague. J’attendrai la réponse de l’Ordre avant d’aller voir Abelforth. En attendant, je propose qu’on continue notre apprentissage du sortilège de désillusion ; même toi, Hermione. Tu en auras besoin autant que nous et je suis sûr que quelqu’un d’aussi acharné que toi trouvera du temps pour lire ton livre.
    - Très bien, acquiesça Hermione.
    - Entièrement d’accord, dit Ron. Il nous faut vraiment plus d’entraînement pour celui-là. En plus, il sera très utile, non ?
    - OK, approuva Neville. N’oubliez pas : la formule, c’est « Cameleo » ; et c’est un sortilège uniquement informulé donc il faudra la prononcer mentalement.
    - Allons y, dit Harry
    Harry parvint à maîtriser parfaitement la désillusion au bout d’une petite heure. A ce moment là, Ron était parvenu à faire disparaître de sa tête jusqu’à ses genoux, et Neville jusqu’à sa taille. Hermione, elle, avait obtenu un résultat étrange : tout son corps avait disparu sauf ses mains, ses pieds, et quelques « tâches » sur le reste de son corps.
    - Tu n’es pas très séduisante, comme ça, fit remarquer Ron en se retenant de rire.
    - Ce qui veut dire que je le suis, en temps normal, répliqua Hermione, agacée, en faisant réapparaître les parties invisibles de son corps, pas comme certains.
    Ce fut au tour de Harry et de Neville de se retenir de rire tandis que Ron affichait un air boudeur.
    Harry encouragea les autres à maîtriser le sortilège. Hermione y parvint au bout d’un quart d’heure tandis que les deux autres garçons ne réussirent que lorsqu’une nouvelle heure s’écoula. Pendant qu’Hermione allait dans sa chambre pour continuer la lecture de son livre, et que mystérieusement, Ron la suivait, Harry ne cessait de penser à la lettre envoyée à McGonagall. Il voulait éclaircir au plus vite l’absence de Rogue dans la Gazette, qui signifiait certainement son absence dans une cellule de la prison d’Azkaban. Le sort de cet homme importait beaucoup à Harry. Il faisait partie des trois maudits mages qui étaient responsables de la mort de ses parents, avec Voldemort et Queudver. Il avait tué le sorcier que Harry avait le plus respecté ; un sorcier qui l’avait guidé dans sa mission d’éliminer le Seigneur des Ténèbres, malgré ses cachotteries premières au sujet de la prophétie. Severus Rogue représentait désormais aux yeux de Harry la pire ordure du monde de la magie, en dehors de Voldemort, bien sûr. Il voulait savoir ce qui lui était arrivé…
    Mais Harry se remémora soudain que Londres se trouvait au sud du Royaume-Uni alors que Poudlard, là où Hedwige portait son message et d’où la chouette au plumage de neige devait rapporter une réponse, se trouvait au nord du pays. La lettre de la présidente de l’Ordre ne viendrait donc peut-être qu’au bout de plusieurs jours.
    Il pensait à tout cela en regardant sans le voir le miroir fixé à l’armoire quand soudain, cette glace lui apparut sous un tout autre jour. Bien sûr, il y avait un moyen de contacter l’Ordre… de communiquer d’une façon beaucoup plus rapide... Harry se précipita au bas de son lit et ouvrit sa grosse malle. Il fouilla avec frénésie sous le regard interrogateur de Neville.
    - Harry, qu’est-ce qu’il y a ? demanda celui-ci.
    - Euh… Excuse-moi, dit Harry en apercevant dans sa valise le reflet d’un petit miroir de poche, tu ne pourrais pas sortir quelques minutes ?
    - Pourquoi ? interrogea Neville avec une expression soupçonneuse.
    - Parce que je voudrais être seul quelques instants. S’il te plaît, Neville, rends-moi ce service. Je t’appellerais quand tu pourras revenir.
    Sans cesser de regarder Harry avec reproche, Neville sortit de la pièce. Harry entendit un petit bruit contre la porte, ce qui voulait dire que le congédié s’était appuyé contre elle en attendant de pouvoir rentrer. Harry sortit le miroir de poche de sa malle et l’observa longuement. Comment avait-il pu l’oublier…une nouvelle fois ? La dernière fois, c’était plus d’un an auparavant. Ce jour là, il n’avait pas pensé à utiliser un miroir de communication semblable à celui-ci pour savoir si Sirius était toujours en sécurité au 12, square Grimmaurd. Et maintenant, il n’avait pas songé à se servir de celui que Lupin lui avait donné, celui qui avait appartenu à Queudver.
    Il le regarda et dit à haute (pas trop quand même pour que Neville ne l’entende pas) et intelligible voix :
    - Remus Lupin.
    Il attendit, et environ dix secondes plus tard, le visage pâle de son ancien professeur de Défense contre les Forces du Mal lui apparut dans le miroir.
    - Harry ? Qu’est-ce qu’il y a ?
    Il avait l’air nerveux et ne cessait de jeter des regards autour de lui.
    - Je voulais savoir ce qu’est devenu Rogue, répondit Harry. Je vous ai envoyé une lettre, mais j’ai repensé au miroir…
    - Rogue ? répéta Lupin sans comprendre. Pourquoi est-ce que tu me parles de lui ?
    Harry entendait maintenant des cris de terreur provenant du miroir.
    - Il a été capturé, dit Harry, incrédule. Vous savez qu’Abelforth l’a emmené, non ?
    - Quoi ? Abel ? Mais Harry, de quoi tu parles ? demanda Lupin.
    En le regardant bien, Harry remarqua qu’il transpirait et qu’il continuait à jeter des regards inquiets de tous les côtés. Il semblait paniqué. Derrière lui, Harry voyait ce qu’il pensait être une maison.
    - Qu’est-ce qui se passe, Professeur ? Où êtes-vous ? interrogea-t-il.
    - Harry, je te recontac…
    Mais tout à coup, le miroir refléta à nouveau le visage de Harry. Ce dernier était interloqué : mais que s’était-il passé ? Pourquoi le Professeur Lupin avait-il l’air si paniqué ? D’où provenaient les cris et d’ailleurs, où se trouvait Lupin ? Pourquoi la communication avait-elle été coupée ? Harry réfléchit. Apparemment, Lupin était dans une ville ou un village, puisqu’il y avait une maison derrière lui. Mais ce pouvait être n’importe où. Mais peut-être pas… Avec de la chance, si Lupin était toujours à proximité de Poudlard, il se pouvait qu’il soit dans un village en particulier : Pré-au-Lard. Il était certes peu probable qu’il se trouve comme par hasard aux environs de Poudlard : il était peut-être en mission pour l’Ordre ailleurs. Cependant, il devait quand même tenter de le retrouver. Sinon, il irait à Poudlard pour avertir les membres de l’Ordre qui seraient restés dans le château.
    Il venait de prendre sa décision, quand il entendit à nouveau des cris. Mais cette fois, ils ne provenaient pas du miroir mais de l’extérieur de la chambre. Harry reconnut cette voix : c’était Neville. Il se mit à courir et ouvrit la porte à la volée. Il vit alors un spectacle horrible.
    Neville gisait au sol. De petites blessures sur tout son corps laissaient s’échapper des flots de sang. Il s’agissait sans aucun doute des effets du sortilège Sectumsempra. Hermione et Ron sortirent également de la chambre de celle-ci et restèrent figés de terreur. Pris de panique, Harry fouilla dans sa mémoire à la recherche d’un sortilège qui pourrait arrêter l’hémorragie, mais rien ne lui vint à l’esprit. Tentant le tout pour le tout, il sortit sa baguette magique de la poche de son blouson et cria : « Reparo ! ». Aussitôt, les blessures disparurent et le flot de sang cessa. Mais les blessures furent remplacées par des bleus. Neville cessa alors de crier et même de bouger.
    - Il faut l’emmener à Ste Mangouste, dit aussitôt Hermione, les larmes aux yeux.
    Harry vit des visages choqués apparaître par l’entrebâillement de certaines portes d’autres chambres de l’hôtel. Des moldus avaient été attirés par les cris et ils n’osaient pas sortir, pensant de toute évidence que Harry, Ron, et Hermione, avaient tué Neville qui baignait dans une mare de sang. Harry s’approcha des deux autres et murmura :
    - Hermione, emmène-le à Ste Mangouste en transplanant.
    - Mais les moldus…
    - Justement. Ron, transplane au ministère de la magie et dis leur d’envoyer la brigade de réparation des accidents de sorcellerie, ou je ne sais qui, pour leur faire tout oublier. Moi, je dois impérativement aller quelque part. Ne me posez pas de question, je vous expliquerai tout plus tard.
    Sans rajouter quoi que ce soit, il transplana. Il se retrouva presque instantanément à Pré-au-Lard, devant les Trois Balais. Apparemment, il avait vu juste, car le village de sorciers s’était transformé en champ de bataille. Plusieurs maisons étaient en feu, dans la rue, des sorciers encagoulés étaient en plein duel avec d’autres personnes, dont certainement des aurors. Des gens criaient, fuyaient dans tous les sens. Mais ce qui heurta le plus Harry, ce fut l’horrible froid qui lui glaça les entrailles et dont il n’eut aucun mal à identifier l’origine. Une centaine de détraqueurs rampaient dans la grand-rue. Ils n’attaquaient personne et se contentaient de passer à côté, sans que Harry ne sache pourquoi. Mais de toutes façons, il était clair que leur présence suffisait largement : les mangemorts, qui n’étaient qu’une trentaine, arrivaient sans peine à contenir les aurors et les autres qui leur résistaient, et qui étaient deux voire trois fois plus nombreux. Les détraqueurs les vidaient de leurs forces.
    Avant que quiconque n’ait pu remarqué son arrivée, Harry cria, en pensant à la fois où il avait embrassé Ginny, c’est-à-dire la veille :
    - SPERO PATRONUM !! !!!!!!!!!!
    Aussitôt, non pas un, mais sept cerfs argentés jaillirent de sa baguette, les uns à la suite des autres. Ils s’éparpillèrent et chassèrent les détraqueurs qui prirent la fuite. Seulement cette fois, les mangemorts prirent parfaitement conscience de la présence de Harry. Mais cela ne changea pas grand-chose, car les détraqueurs ayant disparu, les aurors avaient repris de la vigueur dans le combat et empêchaient les mangemorts de s’occuper de lui. Ceux-ci se regroupèrent et se resserrèrent, encerclés par les sorciers qui avaient combattus. Une dizaine d’éclairs rouges frappèrent les mangemorts situés au périmètre du tas qu’ils formaient à présent. Puis tout à coup, Harry fut aveuglé par une lumière argentée et lancinante. Quelques secondes plus tard, la lumière s’éteignit et il put voir un spectacle désolant : autour de lui gisaient des dizaines de corps inanimés et couverts de blessures. Cela lui rappela horriblement Neville, quelques minutes plus tôt, gisant lui aussi dans une mare de sang. Harry reconnut avec horreur certaines silhouettes. Hagrid était étendu sur le sol une trentaine de mètres plus loin. En tournant la tête vers sa gauche, il put voir Remus Lupin, avec qui il venait de parler peu de temps auparavant. Tout son corps était recouvert d’entailles qui paraissaient très profondes. S’il avait pu détourné son regard, il aurait aperçu d’autres personnes. Mais il ne pouvait pas. C’était impossible… Le dernier maraudeur était mort à son tour. Non, peut-être pas… Peut-être que l’on pouvait toujours le sauver…
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 16 décembre 2006 à 21:54:23 Avertir un administrateur
  • Mais avant qu’il n’ait pu accepté ce qu’il voyait, des bruits de pas se firent entendre et une voix terriblement familière, une voix qu’il ne voulait surtout pas entendre en cet instant, retentit.
    - Ca faisait longtemps, Potter.
    Il se retourna, et il vit le mage qui répandait la terreur dans le monde des sorciers. Plus livide qu’une tête de mort, les yeux rouges, les pupilles félines, le nez de serpent ; Lord Voldemort s’avançait vers lui avec son sourire sans lèvre, la baguette à la main.
    - Déjà un an que nous ne nous sommes vus. Je ne tenais pas spécialement à te revoir mais, vois-tu, tu as quelque chose qui m’appartient et auquel je suis extrêmement attaché.
    Il regarda autour de lui, et Harry vit que les mangemorts s’étaient regroupés en cercle autour d’eux. Une terrible sensation de déjà vu lui vint.
    - Comme au bon vieux temps, n’est-ce pas, Harry ? Nous allons livré un duel, cet après midi. Un duel à mort que j’ai bien l’intention d’achever, cette fois.
    - Je croyais que vous aviez pariez que vous gagneriez lorsque j’aurai atteint un niveau suffisant ? dit Harry en affichant une expression faussement étonnées. Vous avez donc peur de mes « capacités prodigieuses », maintenant ?
    - Tu as le sens de l’humour, mon cher Harry, dit Voldemort sans cesser de sourire. Non, je n’ai pas peur de ton fabuleux potentiel, oh, grand élu (les mangemorts éclatèrent de rire). Mais je ne te cache pas que tu me causes de petits soucis. Comme, par exemple, voler mon cher médaillon. Il a appartenu à Salazar Serpentard et j’y tiens énormément. Un souvenir de famille, tu comprends…
    Sachant qu’il était inutile de mentir face à un expert en légilimancie, Harry répliqua :
    - Tiens donc ? Alors comme ça, vos mangemorts ne sont pas assez dignes de confiance pour que vous leur révéliez la véritable val…
    - Silence ! ordonna le Seigneur des Ténèbres.
    Il leva sa baguette, et Harry perdit soudainement sa voix. Ce dernier se demanda quel impact sa phrase avait eu sur les mangemorts dont les traits étaient cachés par leur cagoule. En tout cas, ils avaient cessé de rire.
    - Tu te prends pour quelqu’un, n’est-ce pas, Potter ? C’est vrai qu’un grand pouvoir doit se cacher en toi, mais malgré cela, tu n’es rien. Jamais tu ne sauras maîtriser ce qui est en toi, parce que tu es trop naïf. En tout cas, tu l’es assez pour croire Dumbledore. Tu vois, je ne crains pas ton « fabuleux potentiel », non pas parce qu’il n’existe pas, mais parce que j’ai vu dans ta tête que jamais tu ne sauras l’exploiter à son paroxysme, comme moi, et ce, même quand tu auras plus d’expérience. Donc tu n’es pas un danger. Et vu que tu as réussi à utiliser un sortilège multiple avec un sort difficile comme le Patronus, je pense qu’on ne peut pas en attendre plus de toi. Je vais te tuer, ici et maintenant, devant mes fidèles mangemorts, qui savent parfaitement que leur maître a ses secrets qu’ils ne connaîtront que lorsque le moment sera venu. Vox ! lança-t-il.
    Harry eu une drôle de sensation dans la gorge, comme si les muscles de son cou bougeaient tous seuls, et il su qu’il pouvait de nouveau parler.
    - Ah oui, au fait, avant que nous ne commencions, je dois te dire pour que tu ne meures pas ignorant que c’est moi qui t’aies protégé lorsque mes mangemorts ont utilisé le sortilège de déflagration qui a tué tous ces gens dont certains étaient tes amis, je crois. N’y vois donc pas de signe de pouvoirs que tu ne saurais maîtriser. Bien, saluons-nous.
    Voldemort se pencha légèrement, puis redevint droit.
    - Tu refuses encore de montrer tes bonnes manières ? Très bien, dans ce cas, je vais t’y forcer de nouveau.
    Il leva sa baguette, Harry aussi. Ce dernier utilisa le charme du bouclier en informulé. Mais Lord Voldemort ne se montra pas aussi stupide que son serviteur : il ne fut pas victime de sa propre magie en s’inclinant de force et dévia le sort d’un coup de baguette magique.
    - Tu ne croyais tout de même pas que je ferais la même erreur que Severus ? Déjà que tu as eu de la chance avec lui, tu ne risquais pas de faire pareil avec moi qui lui suis supérieur, même si cette fois, tu as utilisé un sortilège informulé. Et si on commençait réellement ? Craccos !
    Harry poussa un hurlement : il venait de sentir les os de son bras droit se briser en plusieurs endroits et il ressentit une douleur fulgurante. Sa baguette tomba, sa main n’étant plus en état de la tenir.
    - Vulnero ! Vulnero ! cria Voldemort.
    Il y eut deux étincelles blanches aveuglantes et les deux genoux de Harry s’ouvrirent dans un flot de sang. Il tomba face contre terre. Harry ne pouvait plus continuer, c’était trop dur. Il allait mourir, comme tous ces gens étalés dans la grand-rue.
    - Je suis déçu, Harry, j’en attendais plus de toi. Je croyais que tu résisterais plus, mais tu es déjà à mes pieds…
    Tandis que les mangemorts recommençaient à rire, Harry se concentra et s’efforça d’attraper sa baguette avec sa main gauche. Il ne pouvait pas mourir maintenant, si pitoyablement, alors qu’il était sensé tuer son ennemi. Il devait s’échapper d’ici, sinon il ne pourrait pas trouver les horcruxes… Il trouva son arme et leva la tête pour voir Voldemort. S’il le fallait, il l’affronterait ainsi, allongé, avec une seule main.
    Voldemort éclata de rire et pointa sa baguette. Harry pensa « Expelliarmus ! », mais Voldemort para l’éclair rouge tandis qu’un sourire retroussait la bouche de son visage de serpent.
    - Tu m’amuses beaucoup, Harry, dit-il. Tu ne peux plus grand chose, et nous ne ferons pas de grand duel. Mais en compensation, je vais m’amuser en te torturant ; mais lentement, sans me presser, et donc sans le Doloris. Je vais te torturer d’une manière qui se rapproche de la méthode moldue, en te blessant, en te brisant…mais avec ma baguette, bien sûr.
    Un éclair, non pas vert, mais jaune, comme la foudre, et avec le bruit du tonnerre, jaillit de la baguette de Voldemort et Harry tenta désespérément de le parer…et il réussit.
    Lorsque le maléfice frappa la baguette de Harry, il éclata en morceaux avant de s’évanouir. Mais il savait que c’était impossible. Oui, impossible : comment aurait-il pu anéantir le sort de Voldemort alors qu’il savait pertinemment qu’il n’avait pas mis la moindre « force » dans sa baguette ; alors qu’il était trop faible, trop endolori pour se concentrer suffisamment.
    Le Seigneur des Ténèbres parut tout d’abord stupéfait, puis son visage redevint neutre.
    - Tant pis, dit-il. Ce ne sera pas pour aujourd’hui. Mais je n’abandonne pas, Potter ; dès que ce petit problème de baguette sera réglé, nous en finirons tous les deux. En attendant, revenons à mon cher médaillon. Je l’avais presque oublié, mais une fois que je t’aurais tué, je l’aurais récupéré sur toi ou par tes amis. Mais puisque tu vas vivre encore un peu, je peux te le demander : où est mon médaillon ?
    - Je n’en sais rien, mentit Harry.
    - Ne me mens pas ! Endoloris !
    Jamais Harry n’avait ressentit une telle douleur. Cette fois, son bras était cassé, ce qui rendait la douleur encore plus insupportable. Il se tordait sur le sol en poussant des hurlements assourdissants, ce qui faisait empirer l’état de son bras et de ses jambes. Puis la douleur cessa.
    - Si tu ne veux pas que je recommence, dit Voldemort, tu vas devoir me dire où est ce que je cherche.
    Harry se contenta de regarder son bourreau avec hargne.
    - Très bien, comme tu voudras. Craccos !
    Le dernier bras de Harry se brisa et il perdit tout espoir. Il se sentait vide, sans force ; il n’avait plus aucun moyen d’échapper à la mort. Il fut frappé de nouveau par le Doloris. Et cela continua, chaque torture étant pire que les autres. On ne peut s’imaginer ce que représente d’avoir tous ses nerfs excités au maximum, avec deux bras cassés, et deux genoux laminés, sans pouvoir ne serait-ce que bouger, se tordre pour tenter désespérément d’évacuer l’énergie qui torture… Harry n’avait même plus la force de crier. Il sentait qu’il devenait fou, qu’il perdait toute notion de l’endroit où il se trouvait, qui il était, et ce, même quand Voldemort levait sa baguette pour lui poser toujours la même question : « Où est mon médaillon ? ». Après la cinquième fois, Harry finit par se demander s’il ne devait pas répondre à Voldemort pour que cela cesse. Mais il devait d’abord se souvenir de quoi il s’agissait… Bien sûr, l’horcruxe, c’est ça que Voldemort cherchait. Il l’avait laissé dans sa valise, mais il ne fallait pas que Voldemort le reprenne, sinon, il ne pourrait pas le détruire… Mais la douleur était trop forte.
    Lorsque son bourreau pointa pour la sixième fois sa baguette sur le sol, Harry l’interrompit :
    - Attendez, murmura-t-il très faiblement. Je vais… Je vais vous dire… Ce que vous voulez…
    - Bien, Harry, bien…, dit Voldemort. Tu deviens raisonnable. Alors ? Où se trouve le médaillon ?
    - Il est loin d’ici… Il est dans ma chambre d’hôtel… dans ma valise…
    - Dans ce cas tu vas m’y emmener. Pense très fort à l’endroit, et je m’occupe du reste. Mais je te préviens, si c’est un piège, je serais capable de nous faire revenir ici avant que quiconque n’ait pu m’en empêcher et tu le paieras très cher.
    Harry sentit soudain que ses os se ressoudaient, dans ses bras. Ses genoux cessaient également de saigner et se refermaient. Il était guéri…physiquement. Il se sentait encore embrumé. Voldemort prit son bras et le releva de force.
    - Occupez-vous du reste, dit-il aux mangemorts.
    Harry savait ce qu’il avait à faire. Il ferma les yeux, s’efforça de penser à sa chambre, et quand il les rouvrit, il s’y trouvait, accompagné de Voldemort.
    - Prends-le et apporte-le moi, ordonna le Seigneur des Ténèbres.
    Harry s’accroupit près de sa valise, l’ouvrit, et commença à fouiller. Il tâta sous ses vêtements un objet dur et sut qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait mais il continua à remuer ses affaires. Il ne savait pas trop ce qu’il faisait, il lui était difficile de penser, mais il voulait tenter quelque chose, n’importe quoi pour que son ennemi ne puisse pas reprendre une des clés de son immortalité. Il fit semblant de fouiller ses robes de sorcier et il trouva…un médaillon. Puis il se rappela : le faux médaillon laissé par RAB était resté dans la poche d’une de ses robes qu’il n’avait plus mise depuis son retour à Privet Drive. Ca c’était une idée…
    Il prit les deux médaillons, en faisant en sorte que Voldemort ne le voit pas, et il se releva, difficilement. Il tendit alors le faux médaillon à Voldemort. Ce dernier observa le bijou puis leva sa baguette :
    - Endoloris !
    Harry tomba à terre et hurla… hurla… hurla… Sa vision, ses pensées devenaient floues… Il ne le supportait plus, c’était trop pour lui…
    Tout devint noir…
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 17 décembre 2006 à 12:33:29 Avertir un administrateur


  • 12
    La terrible réalité


    Il courait… courait… courait… Il devait à tout prix lui échapper, il devait la fuir.
    Harry ressentait une peur panique. Cette chose le poursuivait. Une ombre, gigantesque, le pourchassait à travers un désert, un horrible et vaste désert, sans vie, sans personne. Un espace infini.
    Elle le rattrapait. Harry n’en pouvait plus ; il s’arrêta de courir et tomba à genoux, les mains posées sur le sable brûlant. Elle l’encercla.
    - Non… s’il vous plaît… laissez-moi… supplia-t-il.
    - Tu as peur ? dirent plusieurs voix familières à Harry.
    L’ombre se concentra alors devant lui et prit un aspect matériel. Un homme grand, squelettique, livide comme une tête de mort, se tenait désormais en face de Harry.
    - Tu as peur de moi, Potter ?
    - Oui, avoua Harry. Je vous en prie, laissez-moi. Je vous jure que je ne ferai rien contre vous.
    Lord Voldemort éclata d’un rire sans joie et leva sa baguette.
    - Endo… commença-t-il, mais Harry l’arrêta en criant.
    - NON ! S’IL VOUS PLAIT ! PAS ENCORE !! !!! hurla-t-il en se protégeant la tête de ses mains.
    Le Seigneur des Ténèbres s’arrêta net. Il resta figé ainsi un instant puis changea d’apparence. Des cheveux poussèrent sur son crâne chauve et son teint vira du blanc craie au jaune cireux.
    - Alors ? Qui est le lâche, maintenant, Potter ? interrogea le Prince de Sang-Mêlé. Vous, qui abandonnez alors que tout repose sur vous, ou moi, qui ait accompli ma mission avec brio ?
    - Vous… marmonna Harry. Vous… partez. Vous êtes abject, vous n’êtes qu’une ordure.
    - Peut-être, mais moi j’assume ce que je suis, railla Rogue. Je suis un mangemort et je sers le Seigneur des Ténèbres. Vous, vous n’assumez pas d’être l’élu. Vous n’avez de toutes manières pas la force nécessaire pour l’être. Vous êtes faible, Potter.
    - Taisez-vous…
    - Vous vous laissez dominer par vos sentiments, par vos stupides émotions sans intérêt.
    - MES EMOTIONS NE SONT PAS STUPIDES !! !!!! hurla Harry. D’ailleurs, qu’est-ce que vous y connaissez, en sentiments ? Vous n’en avez jamais éprouvé. Vous ne pensez qu’à vous-même. Vous ne vous intéressez qu’au pouvoir. Vous ne valez pas mieux que votre maître…
    - Je l’ai toujours dit, approuva une voix.
    Rogue avait disparu pour faire place à un autre homme au visage émacié. Il portait une robe en lambeaux.
    - Sirius ? appela Harry sans comprendre.
    - J’ai toujours dit que Rogue ne valait pas mieux que tous les autres mangemorts que ces imbéciles du ministère ont libérés. Il a toujours été un fervent partisan de Voldemort et il a toujours adoré la magie noire. Je ne comprends vraiment pas pourquoi Dumbledore lui a fait confiance.
    - Il a ses raisons, Patmol, intervint une autre voix toujours familière.
    Un homme très pâle aux cheveux châtains-gris s’avançait aux côtés de Sirius.
    - Et quelles raisons ? répliqua Sirius Black d’un air dédaigneux. Il aurait pu nous le dire, à nous ! Nous faisions aussi partie de l’Ordre !
    - Je suis sûr que si Dumbledore avait confiance en Rogue, c’est qu’il avait une excellente raison pour cela, répéta Lupin.
    - Et bien ça n’a pas empêché que ce lâche nous trahisse.
    - Certes…
    Les deux amis s’évaporèrent alors dans la nature. Harry ne comprenait pas ce qui s’était passé. Sirius et Lupin avaient discuté, comme si de rien était, comme si son parrain était toujours vivant…
    Mais il n’eut pas tellement le temps de réfléchir à tout cela, car un étrange bruit d’air déplacé se fit entendre. Harry leva la tête et aperçut un tuyau en caoutchouc qui tombait vers lui. Et avant qu’il ne puisse admettre l’absurdité de ce qu’il voyait, le tuyau l’enveloppa et l’étouffa.
    Il ne pouvait plus respirer, le caoutchouc se resserrait autour de tout son corps mais surtout autour de sa poitrine. Il allait perdre connaissance quand le tuyau se desserra enfin et repartit dans les cieux d’où il était venu.
    Harry ne se trouvait plus dans un désert brûlant mais devant une tombe. Une tombe en marbre blanc… Il y était gravé :

    Albus Dumbledore
    1846-1997

    Mais Harry, plus que tout autre chose au monde, ne voulait pas voir ce qui y était écrit. Il ne voulait pas voir cette tombe. Il le refusait tellement que pendant le mois entier qu’il avait vécu à côté, il n’y avait même pas jeté un seul coup d’œil. Mais il n’avait plus le choix. Il n’avait définitivement plus d’autre choix que d’y penser, d’y penser sans cesse, de se remplir de tristesse…
    - Tu es enfin arrivé, Harry.
    Il se retourna, et vit encore un homme. C’était un homme très vieux, avec une longue chevelure et une longue barbe argentées. Il avait des yeux bleus pétillants.
    - Je me demandais quand tu viendrais enfin me voir, dit Albus Dumbledore. Je pensais que tu tenais plus à moi que ça.
    - Professeur… balbutia Harry.
    - Non, coupa le vieillard. Non, je ne suis pas Albus Dumbledore. Tu ne verras jamais plus Albus Dumbledore de ton vivant, plus maintenant.
    - Mais…
    - Je sais que je lui ressemble, que je suis comme lui, que je parle comme lui, mais tout comme Voldemort, tout comme Rogue, Lupin, et Sirius, je ne suis qu’un personnage imaginaire issu de tes souvenirs de ces personnes.
    - Mais…, répéta Harry, comment…
    - Réfléchis : dans quelles circonstances les gens sont-ils issus de la mémoire ? Dans quels moments des évènements aussi improbables que des tuyaux géants en caoutchouc tombant du ciel se produisent-ils ?
    - Je suis en train de rêver…, marmonna Harry.
    - J’en ai bien peur, approuva Dumbledore.
    - Mais qu’est-ce que cela signifie ? demanda le jeune homme.
    - Si je le sais, tu le sais forcément, répondit le vieillard.
    - Je… Je ne comprends pas ce qu’il se passe, commença Harry en bégayant, j… je…
    - De quoi as-tu peur ? interrogea le rêve. Tu n’arrêtes pas de fuir depuis des jours et des jours. Tu n’as fait que ça. Il serait temps de revenir à la réalité, et d’accepter.
    - Mais accepter quoi !? demanda Harry avec colère. Je ne comprends rien !
    - Oh si, tu comprends. Tu le sais, je te l’ai déjà dit. La réponse à tous tes problèmes se trouve en toi. Je dois te laisser, à présent.
    Dumbledore se retourna et s’en alla en direction de la forêt interdite.
    Mais Harry ne pouvait pas le laisser partir… une nouvelle fois. Il devait rester et lui expliquer, comme il l’avait toujours fait…
    - Attendez ! cria-t-il. Qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Je ne peux rien, tout seul !
    - Tu n’es pas seul, Harry, dit la voix lointaine de Dumbledore tandis que ce dernier arrivait à l’autre bout du parc de Poudlard. Et je te l’ai déjà dit, la réponse se trouve en toi.
    Il disparut alors dans la forêt interdite et tout autour de Harry se brouilla, le parc, la forêt, le château de Poudlard, tout devint noir et il se réveilla enfin.

    Il était allongé dans un lit plutôt confortable et gardait les yeux fermés. Il avait l’esprit embrouillé et tentait vainement de reconstituer les éléments du rêve qu’il venait de faire. Ce dont il était sûr, c’est qu’il s’y était passé quelque chose qui l’avait marqué, mais il ne savait plus quoi. Comme tenter de se rappeler son rêve lui donnait un épouvantable mal de crâne, il essaya alors de se remémorer la réalité et ce qui lui était arrivé avant qu’il n’atterrisse dans ce lit.
    Il se souvint. La première chose qui lui revint fut le souvenir d’une douleur atroce. Il avait vu Voldemort… Il avait vu les mangemorts, aussi. Ils s’étaient réunis comme au cimetière autour des deux adversaires. Harry avait lutté, mais Voldemort l’avait tout de suite mis à terre…
    Il se rappela également de Neville, gisant dans une mare de sang ; Hagrid, étendu, formant une bosse au loin, mort… Lupin, déchiqueté, lacéré, mort également… et des gens, des aurors, des villageois innocents, tous tués par le sortilège de déflagration des mangemorts.
    Il ouvrit les yeux, et poussa alors un cri, mais pas aussi perçant que celui du petit être au long nez et aux oreilles de chauve-souris que Harry n’eut aucun mal à reconnaître : Dobby, qui était penché sur lui, avait sauté du lit quand Harry avait ouvert les yeux. Il portait plusieurs chapeaux empilés les uns sur les autres, un pull-over violet avec une cravate et deux chaussettes de couleurs différentes qui lui recouvraient toutes les jambes. Bref, Dobby n’avait quasiment pas changé depuis la dernière fois que Harry l’avait vu.
    - Harry Potter ! dit-il ses yeux de la taille de balles de tennis remplis de larmes brillantes. Vous êtes enfin réveillé ! Dobby a eu tellement peur que vous ne vous réveilliez pas !
    Harry regarda le visage souriant et pleurant de l’elfe de maison, puis il observa l’endroit où il se trouvait. Son lit était recouvert de draps blancs sur lesquels il y avait une serviette mouillée qu’il avait fait tomber de son front en se redressant. A sa droite il y avait une fenêtre qui donnait sur la façade d’un immeuble et de toute évidence, il faisait nuit. Il se retourna vers Dobby.
    - Dobby… Qu… Qu’est-ce que je fais ici, où sommes-nous ?
    - Harry Potter est à Ste Mangouste Monsieur, répondit l’elfe, l’hôpital pour les maladies et blessures magiques au quatrième étage où sont traités les pathologies des sortilèges.
    Il avait dit tout cela sans s’arrêter et il haletait d’une façon étrange.
    - Ca va, Dobby ? demanda Harry.
    - Oh, oui, Monsieur ! assura immédiatement l’elfe. Très bien ! Si vous saviez à quel point nous étions inquiets ! Les amis de Harry Potter ne voulaient pas vous laisser, ils voulaient rester pour attendre que vous rouvriez les yeux ! Mais ils devaient aller… Enfin Dobby s’est proposé pour veiller sur Harry Potter, Monsieur.
    Harry remarqua qu’il avait un regard fuyant et gêné. Il avait cessé de haleter et semblait maintenant triste.
    - Qu’est qu’il y a ? questionna-t-il, soupçonneux. Ils devaient aller où ?
    - Ils devaient simplement aller se reposer, s’empressa de répondre Dobby.
    Mais Harry sentait qu’il mentait. Il savait qu’il y avait quelque chose de louche derrière le comportement étrange de Dobby. Mais il n’avait pas la force de mener un interrogatoire, il voulait rester tranquille, il voulait qu’on le laisse seul. Il se sentait fatigué, las, mais il savait qu’il ne pourrait pas dormir : il était trop préoccupé par les récents évènements.
    - Dobby, pourquoi est-ce que je suis à Ste Mangouste ? demanda-t-il. Qu’est-ce qui s’est passé ?
    - Des sorciers du ministère de la magie vous ont entendu crié dans votre chambre d’hôtel pendant qu’ils jetaient des sortilèges d’amnésie à des moldus, Monsieur. Ils vous ont retrouvé évanoui avec…
    Dobby frissonna. Apparemment, la chose dont il n’osait pas prononcer le nom était particulièrement effrayante. Harry n’eut pas beaucoup de mal à comprendre de qui il s’agissait, il commençait à se souvenir…
    - Voldemort, acheva Harry.
    L’elfe trembla de plus belle.
    - Désolé, s’excusa Harry, mais il faudrait que tu t’habitues à dire ou à entendre son nom.
    Dobby ne répondit pas.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 17 décembre 2006 à 12:34:15 Avertir un administrateur
  • - Depuis combien de temps je suis ici ?
    - Plus de deux jours, Monsieur, répondit Dobby. Le professeur McGonagall avait besoin de quelqu’un de l’Ordre vous surveille en plus de ceux du ministère. Quand Dobby a appris en faisant le ménage ce qui était arrivé à Harry Potter, il a tout de suite voulu s’en charger.
    - Merci, Dobby.
    Puis il comprit soudain pourquoi il avait eu une étrange impression en revoyant son ami si servile.
    - Je suis désolé de ne pas être venu te voir le mois dernier, déclara-t-il. J’ai complètement oublié que… que tu étais dans les cuisines du château quand je suis revenu à Poudlard. Je ne suis pas habitué à revenir avant la rentrée, et je ne comptais pas revenir tout court, d’ailleurs, rajouta-t-il.
    - Harry Potter n’a pas oublié Kreattur, fit remarquer l’elfe. Le professeur McGonagall m’a dit que vous n’étiez pas tranquille à son sujet, le jour même ou vous êtes arrivé.
    - Je sais, avoua Harry qui commençait à avoir mal à la tête, j’ai oublié beaucoup de choses et beaucoup de gens…, poursuivit-il à voix basse, je suis désolé.
    Il fut soudainement envahi par une vague d’émotion comme il n’en avait jamais ressenti auparavant. Jamais… sauf peut-être il y a plus de deux ans, lorsqu’il avait subi une épreuve si similaire, mais il avait honte de l’avouer, bien moins terrible que celle qu’il vivait à présent. Il venait de perdre d’un coup deux des êtres qui lui étaient le plus chers, et ça aurait pu être encore pire… S’il n’avait pas donné des consignes précises à ses deux meilleurs amis, Ron et Hermione, eux aussi se seraient sans doute retrouvés dans le même état…
    L’émotion légèrement endormie par deux jours et demi de coma menaça de déborder. Il préféra cesser de parler et se tourna de façon à ce que Dobby ne voie plus son visage, face à la fenêtre et dos au mur.
    Quelques minutes plus tard, il entendit une porte s’ouvrir et se fermer, et il pensa que l’elfe était sorti. Des questions restaient sans réponse : comment s’était soldée l’attaque des mangemorts à Pré-au-Lard ? Combien y avait-il eu de morts en plus de Lupin et Hagrid ? Comment allait Neville ? Il n’avait pas pensé à le demander à Dobby, il avait d’ailleurs du mal à réfléchir correctement…
    La porte de la chambre s’ouvrit de nouveau et une sorcière vêtue d’une robe verte, une baguette magique dans une main, et un bloc-notes et une plume dans l’autre. Derrière elle, il y avait un sorcier noir que Harry reconnut également : c’était Kingsley Shacklebolt.
    - Ah, vous êtes enfin réveillé, dit-elle d’un ton impatient en allumant les torches fixées aux murs d’un coup de baguette. Je commençais sérieusement à m’inquiéter à votre sujet, Mr Potter.
    A la lumière, Harry put voir qu’elle avait les cheveux blonds et qu’elle devait avoir la quarantaine passée, au vu des rides qu’on pouvait distinguer sur son visage. Mais il avait du mal à distinguer le reste de la pièce, il était ébloui.
    - Est-ce que vous m’entendez ? interrogea-t-elle d’une vois forte. Est-ce que vous me comprenez ?
    - Je vous entends et je comprends très bien ce que vous dites alors ce n’est pas la peine de crier comme ça ! s’énerva Harry en se massant le crâne.
    - Je ne crie pas du tout, répliqua la femme. Je vous parle normalement. Vous avez mal à la tête ?
    - Oui.
    Elle rangea sa baguette dans sa poche et écrivit rapidement sur son bloc-notes.
    - Est-ce que vous avez mal quelque part ?
    - Je viens de vous le dire, répondit Harry, agacé.
    - Je voulais dire ailleurs, précisa la guérisseuse comme s’il s’était agi d’une évidence.
    - Non.
    - Vous voyez correctement ?
    - Je suis un peu ébloui.
    - Mmmm… Nous allons faire quelques petits exercices, annonça-t-elle. Est-ce que vous pouvez vous lever ?
    - Il vaudrait peut-être mieux attendre le matin, intervint Kingsley de sa voix apaisante.
    - Mr Shacklebolt, dit la guérisseuse, je ne vous dis pas comment faire votre métier, que je sache, alors ne me dites pas comment faire le mien. Alors, est-ce que vous pouvez vous lever ? répéta-t-elle en se tournant de nouveau vers son patient.
    Harry se tourna sur sa gauche et posa ses pieds nus sur le sol. Il tenta de se lever du lit aux draps blancs mais à peine eut-il détaché son postérieur du matelas qu’il fut pris de vertige et il retomba tout de suite en position assise.
    - Je vois, fit la femme. Etes-vous fatigué ?
    - Oui, confirma Harry d’un ton las.
    - Dans ce cas il faut que vous dormiez, déclara la guérisseuse. Comme je le pensais, ni votre corps ni votre esprit ne se sont reposés pendant que vous étiez inconscient. Est-ce que vous avez des souvenirs de ces deux derniers jours ? Des rêves ? Ou plutôt des cauchemars ?
    - Oui, avoua Harry.
    - Ca explique la fatigue, mais peut-être pas les maux de tête ou les vertiges. Je vais essayer de faire venir un legilimens.
    - Quoi ? s’exclama le patient.
    - Pour vérifier votre état mental.
    - Je ne veux pas qu’on fouille ma tête ! protesta Harry.
    - Pour l’instant vous allez dormir, Mr Potter, répliqua sa guérisseuse. Je vais vous administrer une potion de sommeil et vous devriez commencer à récupérer.
    Sur ces mots catégoriques, elle traversa la chambre et sortit par la porte ouverte. Kingsley Shacklebolt, lui, entra. Il prit une chaise près du mur, s’approcha et s’assit au chevet de Harry.
    - Content de te voir conscient et capable de parler, Harry.
    - Merci.
    Harry était fatigué et parlait faiblement.
    - Qu’est-ce que vous faites ici ?
    - Scrimgeour en personne m’a chargé de surveiller ta chambre pour te protéger.
    - Je vois qu’il ne lâche pas prise facilement, grommela Harry.
    - Il ne pouvait pas sérieusement laisser l’élu à la merci d’une attaque de mangemorts, expliqua Kingsley en riant de bon cœur. Il ne veut pas s’attirer la défaveur de l’opinion publique.
    - Si je comprends bien, il continue comme toujours de sauver les apparences.
    - C’est un peu ça, oui, admit l’auror.
    - Kingsley, est-ce que vous savez ce qu’est devenu Neville Londubat ?
    Il arrivait enfin à poser la question. Après son état d’éveil laissant à désirer, c’était surtout la peur de faire une nouvelle découverte macabre, de découvrir une nouvelle perte qui effrayait Harry. Il ne pourrait se résoudre à rajouter un nouvel être cher à la liste des personnes toutes disparues une même après-midi…
    - C’est le fils de Franck et Alice Londubat, je crois ? questionna Shacklebolt.
    - Oui.
    - Dans ce cas ne te fais pas de soucis pour lui, dit le sorcier de sa voix apaisante. Il est sorti avant-hier. Il a suffi de lui donner une potion de régénération sanguine et de lui jeter un vrai sort de cicatrisation pour qu’il se remette. Ensuite, il s’est joint à Ron et à Hermione pour venir te voir tous les jours.
    - Ca suffit, maintenant, il faut dormir, dit une voix beaucoup plus désagréable.
    La guérisseuse était revenue avec un gobelet rempli d’un liquide violet.
    - Buvez ça, ordonna-t-elle en tendant la potion.
    Résigné, Harry prit le gobelet et but son contenu. Aussitôt, sa fatigue l’emporta sur lui, tout devint flou et il s’endormit profondément.

    Lorsqu’il s’éveilla, Harry se sentit totalement reposé, il savait qu’il pourrait ouvrir les yeux, se lever et même marcher s’il le voulait, mais il n’en fit rien. Le sommeil permet de se souvenir de ce qui a précédé le coucher, hors ce qui avait précédé l’endormissement de Harry c’était d’autres souvenirs…peu réjouissants. Il pouvait désormais parler de façon égale à Ron, à Hermione, à Neville, aux membres de l’Ordre comme Tonks… Mais il le fallait, il fallait qu’il se réveille et revienne à la réalité pour l’accepter, car comme avait dit Dumbledore deux ans auparavant, seul l’acceptation de la réalité permet la guérison. Maintenant qu’il se rappelait cette phrase, il comprenait mieux ce que le Dumbledore de son rêve, autrement dit son subconscient personnifié, avait voulu lui dire.
    Il ouvrit donc les yeux, parfaitement réveillé, et vit Mrs Weasley et – son cœur fit un bon dans sa poitrine – Ginny. Mère et fille se tournaient les pouces en regardant successivement la plafond, le sol, les murs… et Harry.
    - Il est réveillé ! s’exclama la demoiselle rousse en se levant comme un ressort.
    Harry se redressa et son ex petite amie l’étreignit avec une force surprenante pour une jeune fille de seize ans. Il eut soudainement une sensation de chaleur qui lui envahit tout le corps. Il n’avait pas vu Ginny depuis seulement quatre jours (et encore, même pas deux conscients) mais il avait l’impression que cela faisait déjà une éternité. La pression se relâcha, il regarda la jeune sorcière lui sourire faiblement.
    Derrière sa fille, Mrs Weasley s’éclaircit la gorge, Ginny recula de quelques pas, et sa mère se leva et s’avança.
    - Si j’avais su, je me serais réveillé plus tôt, dit Harry d’un ton amusé.
    - Tu vas bien, mon chéri ? demanda Mrs Weasley, perplexe. Tu es reposé ? La guérisseuse Derwent a dit que tu étais fatigué parce que tu ne t’étais pas reposé quand tu étais inconscient.
    - Oui, ça va, je suis plutôt en forme, assura l’alité.
    Le visage de la petite femme s’éclaircit légèrement.
    - J’aime mieux ça. Tu nous as fait peur, tu sais. Tu étais brûlant de fièvre mercredi soir, jeudi, et vendredi et ton état ne s’améliorait pas.
    - Ca explique que j’ai rêvé d’un désert, dit Harry sur un ton comique.
    Il tentait de paraître plus décontracté qu’il ne l’était, et même si elles ne laissaient rien paraître, il savait que ses visiteuses le devinaient. Il se décida à poser la question qui le travaillait :
    - Euh… Où sont Ron et Hermione ?
    Les deux Weasley échangèrent un regard puis baissèrent les yeux.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 17 décembre 2006 à 12:34:54 Avertir un administrateur
  • - Harry, dit Ginny, hésitante, il faut que tu saches que beaucoup de choses se sont passées pendant que tu étais évanoui. Ron et Hermione…
    - …sont en train de se préparer pour se rendre à un enterrement, acheva Molly Weasley.
    Le cœur de Harry, après son émotion due au fait de revoir sa petite amie, tomba de haut dans sa poitrine.
    - L’enterrement de qui ? demanda-t-il.
    - Des parents d’Hermione, répondit Ginny.
    Harry reçut un choc. Il ne pouvait pas y croire. Il avait vu Mr et Mrs Granger mercredi midi, comment pouvaient-ils être morts le samedi suivant ?
    - Mais… Comment… balbutia-t-il.
    - Leurs corps ont été découverts jeudi soir, expliqua Mrs Weasley. Les moldus ont fait une… comment on dit, déjà ? Quand ils examinent les cadavres pour savoir ce qui a provoqué la mort…
    - Une autopsie, répondit Harry d’un ton macabre.
    - Oui, c’est ça, absolument épouvantables, ces médecins… Bref, ils n’ont rien trouvé. Ils ont été tués par des sorciers, déclara-t-elle, il n’y a aucun doute possible.
    - Comment va Hermione ? questionna Harry, inquiet.
    - Pas très bien, répondit Mrs Weasley en hochant la tête.
    - Elle a appris la nouvelle en lisant l’habituelle liste de morts et de disparitions de la Gazette du Sorcier, dit Ginny. Elle est devenue toute pâle et elle s’est effondrée. Ron a tenu à l’accompagner à l’enterrement.
    - Ca ne m’étonne pas, dit Harry.
    Un autre évènement venait une fois de plus assombrir le tableau. Il était vrai qu’il ne venait pas de perdre à nouveau quelqu’un de cher, mais on ne pouvait pas dire que deux morts supplémentaires n’avaient aucun effet sur lui : combien de morts y avait-il encore eu et y aurait-il encore à cause de cette guerre ? Il y avait déjà la mort de Cedric, de Sirius, de Dumbledore, l’ensorcellement de Fred et George, les attaques successives contre Ron, contre Hermione, contre Neville, la mort de tous ces gens à Pré-au-Lard, la mort de Lupin… la mort de Hagrid… Et maintenant la mort des parents d’Hermione. De plus en plus, il comprenait ce qu’avait pu ressentir la communauté sorcière la première fois que Lord Voldemort avait tenté de prendre le pouvoir. Tout le monde était touché, désormais. Ron, torturé au mariage de son frère aîné, avec ses deux autres frères soumis à l’Imperium ; Hermione, d’abord ensorcelée puis torturée à son tour, même si Harry l’avait tout de suite libérée, et désormais orpheline, comme lui ; Neville, avec ses parents devenus fous à force de torture, et presque vidé de son sang simplement parce que Harry avait eu la mauvaise idée de lui demander de rester seul quelques minutes, hors de la « sécurité » de la chambre d’hôtel, seulement quelques instants seul dans un couloir…
    Il ne pourrait pas supporter de recevoir encore une fois ce genre de choc, il lui fallait tout demander et tout savoir sur les évènements, aussi terribles soit-ils. Il devait rattraper la réalité et non plus être rattrapé par elle.
    - Que… Qu’est-ce qui s’est passé, à Pré-au-Lard ? questionna Harry, abattu. Qu’est-ce qui est arrivé après… après le massacre ?
    Il voyait au visage des deux femmes qu’il venait d’aborder un nouveau sujet sensible.
    - Nous ne le savons pas vraiment, avoua la mère de Ron, attristée. Depuis mercredi soir, à minuit précise, personne,- de notre camp, en tout cas -, n’a pu rentré dans le village.
    - Quoi ? s’étonna Harry. Mais pourquoi ?
    - Nous l’ignorons, admit Mrs Weasley. Tout ce que nous savons, c’est qu’un champ de force entoure le village tout entier et qu’aucun sorcier du ministère ou de l’Ordre n’a réussi à le franchir.
    - Mais alors… Ca voudrait dire que…
    Molly Weasley resta silencieuse, ce fut sa fille qui reprit la parole :
    - Il semblerait que Pré-au-Lard soit devenu la nouvelle base officielle – et impénétrable – de Voldemort et de tous ces partisans, déclara-t-elle.
    - Une base officielle ? répéta lentement Harry, incrédule.
    - C’est ce que craint le plus le ministère et l’Ordre aussi, d’après ce que j’ai compris.
    Mrs Weasley, habituellement si réticente à révéler quoi que ce soit sur l’Ordre du Phénix, acquiesça d’un signe de tête.
    - Ce que Maman a oublié de te dire c’est que, en plus du champ de force qui est certainement une protection magique créée par les mangemorts, une marque des ténèbres géante reste vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans le ciel et illumine tout le village. Hier, la gazette du sorcier parlait déjà de « Capitale des Ténèbres ». C’est pour ça que je t’ai dit base « officielle ».
    - Une capitale… répéta Harry.
    Il leva les yeux et croisa le regard de sa petite amie. Ils pouvaient se comprendre grâce à se simple regard. Il savait que Ginny se rendait compte tout comme lui de ce que signifiait une telle chose. Si Voldemort disposait d’un village entier comme quartier général, s’il était suffisamment sûr de lui pour ne pas s’en cacher, et s’il arrivait avec ses mangemorts à créer une protection suffisante pour déjouer les sorts des aurors du ministère et des membres de l’Ordre, cela signifiait que les choses allaient très, très, très, très, très, très bien pour lui. Il avait un avantage certain car il pouvait préparer beaucoup de choses contre le monde des sorciers dans un espace aussi grand, et ce sans être gêné. Et une autre pensée vint en lui…
    - Mais s’il a pu créer une telle protection magique, il doit avoir réuni beaucoup de partisans aux pouvoirs puissants, non ?
    - C’est ce que craint McGonagall, répondit Mrs Weasley avec un air sombre que Harry ne lui avait jamais vu.
    La gravité des faits était bien plus grande que Harry ne l’aurait crue, mais il n’avait pas terminé, il y avait encore un sujet à aborder avant de pouvoir tout digérer…
    - Mais si Pré-au-Lard est devenu inaccessible depuis deux jours, est-ce qu’il y a eu des survivants ?
    Il venait de toucher un point sensible, encore une fois, car les deux femmes clignèrent plus fréquemment des yeux.
    - Oh, Harry, commença Mrs Weasley, d’un ton de plus en plus gémissant, tu viens juste de te réveiller, on ne devrait pas parler de tout ça, on devrait plutôt se réjouir de te revoir guéri au lieu de te raconter toutes ces horribles choses…
    - Non, Mrs Weasley, je veux savoir, je dois savoir, répliqua Harry d’un ton catégorique. Je ne pourrais pas dormir tranquille tant que je ne saurai pas tout. Vous croyez que j’ai envie d’avoir d’autres surprises du genre « les parents de ta meilleure amie sont morts » ? demanda-t-il d’un ton ironique.
    - Je… bredouilla la mère de Ron. Très bien, tu as raison, je n’ai pas le droit de tout te cacher, comme si tu n’étais qu’un enfant… Très bien, répéta-t-elle, et bien… la moitié des habitants du village ont été enfermés dans le village avant de pouvoir être soignés, donc nous pensons qu’ils sont morts, ce qui représenterait environ cent cinquante sorciers et sorcières, soit cinq pour cent de la population sorcière du pays.
    Harry demeura abasourdi.
    - Beaucoup se sont enfuis mais de ceux de la Grand-rue, il n’y a que Hagrid qui soit rev…
    - Hagrid est vivant !? s’exclama le jeune homme, encore plus abasourdi.
    Mais cette fois, son incrédulité était d’une toute autre nature.
    - Oui, répondit Mrs Weasley, les sourcils levés, bien sûr. Je pensais que Kingsley te l’avait dit.
    - Non, je ne savais pas…
    Et malgré tout ce qu’on venait de lui annoncé, malgré tous les terribles évènements survenus depuis mercredi après-midi, il ressentit une vague de soulagement. Il était absolument persuadé que son ami géant était mort, comment aurait-il pu en être autrement, après tout ce qu’il venait d’apprendre ? Mais Hagrid était quand même en vie, il avait réussi à s’échapper, Harry ne l’avait pas perdu…
    - Je… bredouilla-t-il, Je l’avais vu… Il était étalé avec tous les autres…
    - Comment ça, tu étais là-bas ? s’étonna Mrs Weasley.
    - Vous le savez bien, dit Harry, surpris. Sinon, comment voulez-vous que je sache pour…
    Mais il fut interrompu par une autre voix, une voix de femme.
    - Harry, il faut que je te parle.
    C’était Tonks. Elle avait les cheveux châtains clair alors qu’ils étaient habituellement de couleurs vives et variées, Tonks étant une métamorphomage, une sorcière ayant la capacité de changer d’apparence à volonté. Elle semblait extrêmement préoccupée et ses yeux étaient rougis et soulignés de cernes. La dernière fois que Nymphadora Tonks s’était retrouvée dans un état semblable, Remus Lupin avait refusé ses avances (Harry avait pensé qu’elle était amoureuse de Sirius avant de se rendre compte que le patronus de la jeune femme représentait un loup et non un chien), et Harry se doutait que le loup-garou était une nouvelle fois responsable de ses tourments.
    Mrs Weasley, qui avait brusquement tourné la tête lorsque sa « collègue » de l’Ordre du Phénix était rentrée dans la chambre, se leva et tapota légèrement l’épaule de cette dernière.
    - Tonks, murmura-t-elle d’un ton apaisant, il vaut peut-être mieux attendre, tu ne crois pas ? Le temps qu’il reprenne plus de forces…
    - Non.
    Harry avait interrompu Mrs Weasley d’une voix calme et ferme. Il ne pouvait pas la laisser le couver éternellement, il devait la vérité à Tonks et attendre davantage n’aurait servi à rien.
    Molly Weasley jeta un coup d’œil embué à celui qu’elle tentait désespérément de protéger et sans un mot, sortit de la pièce. Ginny, quant à elle, se pencha pour embrasser Harry puis partit à son tour. Tonks tira la chaise vide de Mrs Weasley et s’assis en baissant les yeux. Au bout d’une minute, elle rompit son silence :
    - Harry, commença-t-elle, Hagrid a dit… Hagrid a dit que tu étais là quand… quand ça s’est passé…
    - C’est vrai, confirma Harry.
    Il avait peur et se sentait terriblement gêné… et peiné.
    - Je sais, je… je t’avais entendu derrière la porte, avoua-t-elle. Je me suis arrangé pour être affecté ici. Au début, ils pensaient que Hagrid avait pris un gros coup sur la tête parce qu’il n’a pas arrêté de répéter que tu avais jeté un sortilège multiple du patronus. Il a dit que tu en avais envoyé sept qui auraient chassé les détraqueurs dans la grand-rue.
    Elle eut un petit rire nerveux ; Harry, lui, ne dit rien. Ce n’était vraiment pas le moment pour lui de se vanter…
    - Si je voulais te parler, c’est parce que si tu étais également dans la grand-rue à ce moment-là, donc Hagrid n’était pas le seul témoin de ce qui s’est passé, comme nous le croyions.
    Elle s’approchait de plus en plus du sujet qui la préoccupait, et ses yeux semblaient s’humidifier davantage. Harry persista dans son mutisme, en attendant l’instant où Tonks lui poserait la question qu’il redoutait.
    - Tu comprends, reprit-elle, quand je lui ai demandé…certaines choses, il a été incapable de se souvenir, il disait que c’était trop flou, ou peut-être qu’il ne se trouvait tout simplement pas dans son champ de vision, ou même qu’il n’était pas là…
    - Vous voulez parlez de…, commença Harry, mais il ne pouvait pas continuer, ou même prononcer son nom.
    Mais il devait le faire…
    - Lupin ? acheva-t-il.
    Son interlocutrice acquiesça d’un signe de tête. Puis elle se retourna brusquement vers Harry, le regardant enfin dans les yeux. Elle affichait une figure grave.
    - Est-ce qu’il était là-bas, Harry ?
    - Oui.
    - Alors… il est…
    - Je pense, oui, répondit-il difficilement.
    Tonks enfouit son visage dans ses mains.
    - Est-ce que t…t…tu en es ab…b…bsolument sûr ? demanda-t-elle de sa voix agitée de tremblements dus, comme Harry le savait parfaitement, à des sanglots qu’elle s’efforçait de cacher.
    - Je l’ai vu à une dizaine de mètres de moi, raconta Harry. Bien sûr, si Hagrid a pu s’enfuir…
    - Hagrid était éloigné des mangemorts au moment où ils ont lancé leur sortilège, coupa Tonks en levant la tête. Il s’est levé quelques secondes plus tard, d’après ce qu’il nous a dit, et il a transplané. Est-ce que c’était le cas de Remus ?
    - Je ne sais pas, admit Harry. Il était plus éloigné que les autres personnes qui étaient présentes et il n’avait pas les mêmes blessures, dit-il en se rappelant ces détails.
    - Qu’est-ce que tu veux dire ? interrogea la jeune femme.
    En voyant son regard plein d’espoir, Harry s’en voulut immédiatement. Il venait de lui donner un faux espoir.
    - Enfin, il était gravement blessé, s’empressa-t-il d’ajouter. Mais je voulais dire qu’on aurait plutôt dit qu’il s’était fait attaquer par une bête sauvage que souffler par l’explosion comme les autres. Je suis désolé, Tonks, dit-il, chaque mot lui demandant un terrible effort, mais il n’était pas en état de s’enfuir et…
    Il se tut en clignant des yeux à plusieurs reprises, et se tourna vers la fenêtre pour cacher le plus possible son visage. Il n’aurait jamais cru que ce serait aussi dur.
    - Je te demande pardon, Harry, dit Tonks. Je sais que c’était un ami de ton père et que tu l’aimais beaucoup.
    Puis, brusquement, elle se leva et sortit précipitamment. Quelques secondes plus tard, un peu plus loin dans le couloir, qulequ’un éclata en sanglots déchirants.
    Harry était bouleversé, c’était comme si on venait également de lui annoncer la mort de son ancien professeur de défense contre les forces du mal…et ami. Entendre parler de lui au passé l’avait ramené à la réalité, qui l’avait finalement rattrapée, comme il voulait l’éviter.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 17 décembre 2006 à 12:39:05 Avertir un administrateur


  • 13
    Moral, Oral, Brutal


    Harry passa la matinée à s’ennuyer et à déprimer dans sa chambre à Ste Mangouste. Il repensait à tout ce qui était arrivé depuis le début de la semaine. Tout s’était passé très vite, sans qu’il n’ait eu le temps d’y réfléchir et d’en parler suffisamment avec ses quatre compagnons. Premier jour, il avait révélé à Neville tous les secrets de la prophétie et des horcruxes ; deuxième jour, il s’était réconcilié avec Ginny et avait connu de nouveau le goût de ses lèvres, puis il avait commencé son voyage, vu la maison de ses parents, et découvert une prophétie…
    Comme il n’avait rien d’autre à faire que de ressasser ses souvenirs des évènements récents, il avait largement eu le temps de méditer dessus. C’était dur pour lui de se dire qu’il y avait encore une prophétie sur lui : il avait déjà tellement été difficile de saisir le sens de la première… Mais que signifiait donc cette prédiction vieille de plus de mille cinq cents ans, d’après Hermione ? Que Harry était un descendant de Merlin lui-même ? Qu’il était un sage ? Quelqu’un doté de pouvoirs lui permettant presque de rivaliser avec Merlin, si celui-ci était encore vivant à ce jour ? Mais qui étaient donc les six autres sorciers en question ? Harry était certain d’en connaître au moins un, un sorcier dont les pouvoirs surpassaient ceux de tous les autres mages du monde, de cette époque, en tout cas. Un sorcier qui n’aurait de sagesse que sa connaissance en matière de magie noire et son expérience du meurtre… Mais Voldemort avait-il eu vent de cette prophétie ? C’était peu probable, mais loin d’être impossible, vu l’étendue de la culture magique du Seigneur des Ténèbres. Il songea également que si l’un de ces sages devait atteindre un niveau égal à celui du plus puissant sorcier de tous les temps, Voldemort était surement celui qui s’en approchait le plus, et dans ce cas, la victoire lors du duel qu’ils devraient un jour mener jusqu’au bout désignerait cet égal de Merlin… Mais il préféra ne pas poursuivre sa réflexion, parce qu’il savait qu’il en arriverait à un pronostic peu encourageant, et qui renforcerait les craintes qu’il tentait vainement d’ignorer depuis sa dernière rencontre avec le mage noir.
    Il continua donc à se rappeler des jours précédents.
    Le même jour où il avait entendu la prophétie ancestrale, il avait rencontré une vieille dame moldue mais contrairement à la plupart des moldus qu’il avait connus jusqu’à présent, elle était charmante et lui avait parler de ses parents…et même du soir où ils étaient morts. Il avait vu la tombe de ses parents, et avait alors ressentit une bouffée de chaleur, de courage et d’espoir ; une bouffée qui s’était très nettement dissipée depuis. Il avait lu la lettre d’adieux de Dumbledore… Puis il était remonté dans sa chambre et avait sauvé Hermione de l’Imperium et de la torture avant de se faire capturer par Fred et George. Ce soir là, il avait revu Malefoy, pour qui il n’avait plus rien de la pitié qu’il avait éprouvée à la fin de l’année scolaire précédente… Il avait revu la personne qu’il haïssait le plus au monde, Rogue… Il avait rencontré brièvement le frère de Dumbledore, puis le lendemain les futurs parents décédés d’une Hermione déprimée. Tout cela pour se rendre dans ce village où il avait perdu la dernière personne qui pouvait lui parler de ses parents aussi bien que Sirius… ce village désormais entre les mains de Lord Voldemort.
    Le bilan macabre qui résultait de ces longues heures de solitude dans cette chambre pour le moins sinistre (à part la fenêtre, il n’y avait que deux chaises de bois laissées par Ginny et sa mère et la petite table de nuit à côté de son lit qui rompaient la monotonie des murs d’un blanc sale) l’accablait davantage. Il n’en pouvait plus, vraiment plus… Mais il n’osait s’avouer à lui-même le fond de sa propre pensée.
    Il se posa ensuite des questions. Qui donc avait pu attaqué Neville ? Est-ce qu’il était toujours espionné par les mangemorts ? Avaient-ils réussi à retrouver sa trace malgré le fait qu’ils soient mêlés, lui et ses amis, à toute la population de la capitale londonienne dans ce petit hôtel ? Peut-être n’auraient-ils pas dû choisir un petit hôtel, justement… Il n’avait pas suffisamment d’argent, mais il n’aurait pas dû être stupide au point de faire sortir Neville dans ce couloir ; il n’avait cependant pas pensé que cela aurait pu réellement être dangereux, mais il avait désormais appris à ses dépends (« Non, aux dépends de Neville, songea-t-il avec honte. ») à quel point il pouvait être inconscient de sortir seul ne serait-ce que quelques instants, à quel point il était fou de penser à exister, à vivre dans tous les sens du terme quand Voldemort était en activité. Dans ce cas, il ne pouvait pas s’en vouloir, se disait-il d’un ton mentalement amer. L’important était que Neville était en vie, se répétait-il avec plus de conviction.
    Il se demandait aussi qui avait tué les parents d’Hermione, et pourquoi. Oui, pourquoi est-ce que des sorciers les avaient tués ? Harry ne doutait pas que les mangemorts soient coupables, mais était-ce un meurtre de moldus parmi d’autres ou est-ce que cela avait un rapport avec leur visite ?
    Il resta ainsi, seul à cogiter toute la matinée, de 9 heures 30 à midi, sans se lever de son lit que seul son moral l’empêchait de quitter, jusqu’à l’heure du déjeuner où une guérisseuse stagiaire lui apporta son repas. Il la remercia et se décida à manger sa cuisse de poulet et ses pommes de terre sautées. Au moment où il s’apprêtait à croquer sa pomme, la guérisseuse maussade qui avait examiné Harry la veille rentra dans la chambre. Elle balaya son patient de son regard austère.
    - Comment vous sentez-vous, Mr Potter ? interrogea-t-elle d’un ton tout aussi sec.
    - Je me sens bien, répondit Harry.
    - Alors pourquoi votre façon de parler m’indique nettement le contraire ? répliqua-t-elle.
    - Oh, je ne sais pas…, dit l’alité en faisant semblant de réfléchir. Peut-être parce que je me suis ennuyé à mourir dans cette chambre pas très colorée, peut-être que les derniers évènements ne m’ont pas vraiment donné de bonne raison pour avoir la pêche, peut-être encore que le simple fait de me retrouver à l’hôpital me déprime, surtout quand la personne qui s’occupe de moi n’a même pas envisagé qu’il serait bon d’être en bons termes avec ceux qu’elle soigne.
    - Mais physiquement, vous n’avez pas de douleur particulière, vous n’êtes pas fatigué ? demanda la guérisseuse comme si elle n’avait pas entendu la remarque de Harry.
    - Non, répondit celui-ci d’un ton amer.
    - Bien, mon travail se limite là, déclara-t-elle.
    Apparemment, elle se moquait totalement du moral de ses patients, du moment qu’elle pouvait les soigner.
    - Je vais cependant faire venir un legilimens pour vérifier que votre cerveau n’a subi aucun dommage, ajouta-t-elle.
    - Quoi ? s’indigna Harry. Mais pourquoi ? Vous voyez bien que je vais bien, non !
    Il ne voulait pas que l’on fouille dans sa tête, que l’on viole sa vie privée, tous ses souvenirs, ses pensées, comme l’avait fait Rogue pendant plusieurs mois… « Aucun être sensé n’accepterait une telle chose, songea-t-il avec amertume. » Et on lui annonçait cela, tranquillement !
    - Je ne pense pas me tromper, Mr Potter, en affirmant que Vous-Savez-Qui vous a infligé à plusieurs reprises le sortilège Doloris ? dit-elle sans la moindre gêne ni la moindre compassion.
    Harry fit « non » d’un signe de tête.
    - Evidemment, dit-elle d’un ton supérieur. Les oubliators ont dit qu’ils vous ont entendu crier et que quand ils sont entrés, ils ont juste eu le temps de l’apercevoir avant qu’il ne transplane. Apparemment, vous n’avez pas subi de dommage mental mais on ne sait jamais. Je ne veux pas que l’on me tienne responsable d’avoir laissé échapper dans la nature un taré du genre Londubat.
    Harry sentit une vague de haine monter en lui.
    - Ne parlez pas comme ça des Londubat ! gronda-t-il.
    - Vous êtes un ami de leur fils à qui on a dernièrement administré une potion de régénération sanguine, je crois ? interrogea la guérisseuse sans paraître embarrassée le moins du monde. Lui est normal, je vous l’accorde, mais ses parents…
    - Ont été victimes des mangemorts ! acheva Harry avec une fureur qu’il n’avait éprouvée qu’en de rares occasions.
    - Ils n’en sont pas moins tarés pour autant, insista-t-elle, même si d’autres personnes en sont responsables.
    - Et ce n’est pas une raison pour leur manquer de respect ! s’emporta le patient. De quel droit vous les insultez, après tout ce qu’ils ont fait !?
    La sorcière au caractère exécrable leva les yeux au ciel (ou plutôt au plafond) puis se dirigea vers la porte.
    - Attendez ! appela Harry. Quand est-ce que je pourrais enfin sortir d’ici ?
    Il ne voulait pas rester une minute de plus dans cet hôpital, pas avec cette personne pour le soigner, en tout cas.
    - Je vous l’ai dit, répondit la guérisseuse de son ton sec, quand j’aurai trouvé un legilimens.
    Et elle claqua la porte.
    Harry, lui, était dans une colère noire. Pourquoi lui avait-on collé cette guérisseuse qui n’avait pas la moindre idée de ce que signifiait le mot « respect » ? Comment osait-elle insulter ainsi les Londubat qui auraient sans doute préféré ne pas être torturés et pouvoir élever leur fils ? Il était absolument dingue, scandaleux, incroyable que l’on ait pu engager une telle femme dans un hôpital ! Rester ainsi, seul, dans ce lieu sinistre et de toute évidence mal fréquenté lui était insupportable, car il sentait que son sentiment de colère ne pourrait pas disparaître.
    Il passa une bonne heure (ou plutôt une mauvaise) à ruminer, furieux contre tout le monde. Mais quelque chose vint égayer son après-midi. Vers deux heures, deux personnes vinrent lui rendre visite, deux personnes pour qui il s’était fait beaucoup de souci : Hagrid et Neville. Tous deux paraissaient en pleine forme, sans blessures.
    - Je suis vraiment content que tu ailles bien, Harry, dit un Hagrid rayonnant. Personne n’a voulu me croire quand j’ai dit ce que tu avais fait à Pré-au-Lard, mais tu as bien envoyé ces patronus, n’est-ce pas ?
    Harry hocha la tête.
    - Mais ça n’a pas servi à grand-chose, marmonna-t-il.
    - Tu ne pouvais rien y faire, assura le demi-géant. Tu ne pouvais pas les sauver – ou le sauver.
    Il savait qu’il parlait de Lupin. Après un instant de silence, Harry reprit la parole :
    - Il y a quand même quelque chose que je n’ai pas bien compris : comment vous êtes-vous débrouillés pour revenir de là-bas vivant ?
    - Oh… Je ne sais plus très bien… Tout ce dont je me rappelle, c’est d’avoir été violemment rejeté en arrière par une puissante onde de choc, raconta Hagrid. Ensuite, je me sentais complètement dans les vapes, et là, c’était comme si quelqu’un d’autre agissait à ma place. Je me suis levé tant bien que mal, j’ai tourné sur moi-même et me suis retrouvé dans la maison de mon père.
    - Comment ? s’étonna Harry.
    - Oui, c’est bizarre, n’est-ce pas ? Ensuite, j’ai plus ou moins retrouvé mes esprits et là, plus moyen de transplaner ! Alors je me suis débrouillé pour arriver à Ste Mangouste par les transports moldus. On m’a soigné et j’ai fini par retrouver tous mes esprits. Ils m’ont dit que j’avais eu de la chance et que c’était mon subconscient ou mon instinct de survie ou je ne sais quoi d’autre qui m’avait poussé à agir comme je l’ai fait. Une drôle d’histoire… Enfin pas si drôle que ça, rectifia-t-il.
    - C’est… Est-ce que la situation est meilleure que la dernière fois, pour lui ? demanda Harry.
    - Tu veux que je sois franc avec toi ? Oui, acquiesça le demi-géant, il est en bien meilleure position que la dernière fois et nous sommes encore en plus grand danger que quand il était au sommet de sa puissance, il y a 16 ans. On pourrait dire qu’il a dépassé le sommet…
    C’est tout ce qu’il voulait savoir : que Voldemort était bel et bien plus puissant qu’il ne l’avait jamais été, comme l’avait prédit Trelawney plus de trois ans auparavant : « plus puissant et plus terrible que jamais ».
    - Qu’est-ce qui va se passer pour ceux qui ont réussi à s’échapper du village ?
    - Beaucoup sont ici, à Ste Mangouste, répondit Hagrid. D’ailleurs, jamais les guérisseurs n’ont été aussi débordés. Les autres sont hébergés par des familles de sorciers.
    Il y eut un silence, et ce fut de nouveau Harry qui le coupa.
    - Hagrid, est-ce que je pourrais parler avec Neville seul à seul ?
    - Oh, oui, bien sûr, répondit le demi-géant. Je vais rester dans le couloir.
    Et il sortit.
    Harry se tourna vers Neville.
    - Alors, comment ça va ? demanda-t-il.
    - Bien, assura Neville. Les guérisseurs m’ont soigné en un rien de temps et j’ai pu repartir une heure après qu’Hermione m’ait amené.
    - Mais… Est-ce que tu as vu celui qui t’a attaqué ?
    - Oui, et on le connaît très bien, répondit Neville.
    - Quoi ? s’étonna Harry. Mais qui était-ce ? Attends, ce n’est quand même pas…
    - Malefoy, acheva Neville.
    Harry poussa un juron sonore.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 17 décembre 2006 à 12:40:43 Avertir un administrateur
  • - Il m’a pris par derrière, le lâche, raconta Neville avec une once de haine dans la voix. J’ai juste eu le temps de me retourner que je perdais déjà tout mon sang. Il a dit que « ça donnerait une bonne leçon à Potter ».
    - C’est à cause de l’an dernier, murmura Harry plus pour lui-même que pour son interlocuteur.
    - Ce n’est pas de ta faute, assura son ami au visage joufflu, ce n’était qu’un accident.
    - Ce n’est pas ma faute à cause de l’année dernière, déclara Harry en colère contre lui-même, mais ça l’est parce que je t’ai fait sortir de la chambre.
    - Tu ne pouvais pas savoir.
    - D’accord, mais vu ce que je voulais faire, je n’avais pas besoin de te le cacher.
    - Ah… Mais justement, qu’est-ce que tu as fait ? Qu’est-ce qui s’est passé quand tu as laissé Ron et Hermione ?
    Harry hésita. Mais après tout, il venait de dire lui-même qu’il n’avait pas besoin de le cacher. Donc, il raconta tout. Sa courte conversation avec Lupin, comment il avait pensé le trouver à Pré-au-Lard, comment il avait chassé les détraqueurs avec son « septuple patronus »…
    - Alors c’était vrai ? s’étonna Neville, impressionné.
    - Euh… Oui, répondit Harry en sentant ses joues s’empourprer.
    - Ben dis donc, on pensait que Hagrid avait peut-être pris un coup sur la tête…
    - Je lui ai dit devant toi qu’il ne s’était pas trompé, fit remarquer Harry.
    - Oui, mais je sais bien qu’avec Ron et Hermione, vous avez parfois tendance à lui mentir pour lui faire plaisir.
    - C’est vrai, admit l’alité en se sentant encore plus gêné (l’ancien professeur de Soins aux créatures magiques se trouvait derrière la porte).
    …comment les aurors avaient coincé les mangemorts au beau milieu de la grand-rue, comment ceux-ci avaient jeté un sortilège de déflagration qui avait probablement tué tous ceux qui luttaient dans ce secteur, comment Voldemort l’avait protégé pour se charger lui-même de « l’élu » et de ses « prodigieux pouvoirs », et comment il avait effectivement retrouvé Remus Lupin à Pré-au-Lard avant de devoir mener un duel plus qu’inégal avec Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom… A ce stade, il s’interrompit, car la peur lui nouait l’estomac, une peur qu’il s’efforçait de combattre depuis son réveil et qui commençait sérieusement à reprendre le dessus…
    - Tu as encore dû l’affronter ? questionna son ami, encore plus impressionné. Et tu lui as encore échappé ?
    - Je n’y suis pour rien, j’ai simplement eu…
    - Ah non, l’interrompit Neville, ne me dis pas encore que tu as eu de la chance !
    - C’est pourtant vrai, il m’a tout de suite terrassé…
    Il lui raconta la façon dont Voldemort l’avait mis à terre, et aussi comment il avait soudainement décidé de ne pas tuer Harry pour s’occuper du médaillon.
    - Comme ça, sans raison ? s’étonna Neville.
    - Il a parlé d’un « petit problème de baguette ». Quand j’ai essayé de parer son sort, le sortilège s’est brisé sans raison sur ma baguette. Ah moins que…
    - Quoi ?
    - Normalement, ma baguette ne peut pas combattre celle de Voldemort, expliqua Harry.
    Il lui parla brièvement de la plume du même phénix que contenaient les baguettes de Voldemort et de Harry.
    - C’est pour ça que j’ai pu survivre, quand il est revenu. Bien sûr, ça ne se produit que quand nos sorts se touchent, donc nous pouvions quand même livré un duel. Mais maintenant que j’y pense, c’est vrai que quand j’ai utilisé le charme du bouclier, nos baguettes n’ont pas été réunies comme la dernière fois.
    Comment avait-il pu ne pas s’en apercevoir ?
    - Je me demande si… s’il n’a pas découvert un moyen d’annuler ce lien. Ou plutôt s’il a essayé, parce que si son sort s’est brisé, c’est qu’il n’a pas réussi… Mais attends, peut-être que…
    Il était vrai que ça expliquerait pourquoi il avait disparu… Il se tourna vers son ami.
    - Et si c’était pour ça qu’il a enlevé Ollivander, il y a un an ? Il aurait pu lui demandé pourquoi ce phénomène s’était produit et comment y remédier ! Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-il en voyant l’expression incrédule de Neville.
    - Harry, ça doit être pour ça qu’on a pas retrouvé ta baguette !
    - Bien sûr ! Et…
    Mais quelque chose n’allait pas.
    - Une seconde, c’est quoi, cette histoire ? interrogea-t-il, les sourcils froncés.
    - Tu sais bien qu’on n’a pas retrouvé ta baguette magique ?
    - Quoi ?
    C’était impossible…
    - On a retrouvé toutes tes affaires dans la chambre d’hôtel mais il n’y avait pas moyen de mettre la main sûr ta baguette. Je croyais qu’on te l’avait dit.
    - Non…
    Pour Harry, qui ne s’était jamais séparé de sa baguette dans le monde des sorciers, c’était un coup dur. Sa peur refoulée s’intensifia.
    Il poursuivit cependant son récit et raconta comment il avait remis un faux médaillon à Voldemort qui s’en était visiblement rendu compte puisqu’il avait infligé à Harry un Doloris de trop.
    - Ce que je ne comprends pas, conclut-il, c’est pourquoi il ne m’a pas tué tout de suite. C’est vrai, il aurait pu récupérer le médaillon par ses propres moyens, comme il me l’avait lui-même dit, et puisqu’il tenait tant à me tuer dans un duel, il lui suffisait de prendre une autre baguette. Et aussi : pourquoi est-ce qu’il s’est enfui devant les oubliators ? Il aurait pu les tuer facilement ! Ce n’est pas que ça me dérange mais c’était stupide de sa part…
    Neville, qui était devenu légèrement blême en entendant Harry raconter « l’interrogatoire » du Seigneur des Ténèbres, haussa les épaules et dit :
    - Moi j’aimerais bien savoir comment il a pu savoir que son médaillon n’était plus en sécurité dans sa grotte. Tu m’as bien dit qu’il n’y était plus lié ?
    - J’imagine que s’il veut le savoir, il peut se connecter de la même manière qu’il pouvait être connecté avec mon esprit par l’intermédiaire de ma cicatrice, dit simplement Harry, haussant les épaules à son tour.
    - Mais dans ce cas, il aurait pu le retrouver tout seul ?
    Tous deux restèrent perplexes. Le comportement de Lord Voldemort semblait en effet bien étrange, vu sous cet angle…
    Ils parlèrent de Ron et Hermione, non pas en poursuivant la petite conversation qu’ils avaient eue sur les chances du couple de survivre, mais pour discuter de la jeune femme.
    - Je ne sais pas vraiment comment elle va, déclara Neville. Je l’ai juste vue quand elle a appris la nouvelle en lisant La Gazette. Elle était toute pâle et elle s’est effondrée, mais Ron l’a empêchée de tomber. Il n’y a qu’à lui qu’elle accepte vraiment de parler, en ce moment. A nous, elle ne dit que « bonjour » et « bonsoir ».
    - Ca recommence…
    - Oui. Mais là, je dois dire que je comprends parfaitement qu’elle soit bouleversée en pensant à ses parents…
    Harry approuva d’un signe de tête : il y a quelques jours, Hermione craignait de ne plus revoir ses parents, et maintenant, ils étaient fixés sur les chances qu’avaient la famille Granger de se retrouver un jour à nouveau réunie.
    - En tout cas, reprit Neville, Ron se montre beaucoup plus mur et compréhensif qu’il ne l’a jamais été.
    - Je crois qu’on l’est tous depuis l’an dernier, dit Harry. Est-ce que tu sais quand ils doivent rentrer ? questionna-t-il.
    Neville fit non d’un signe de tête. Ils restèrent silencieux quelques instants, puis Hagrid, percevant sans doute l’absence de bruit, rentra dans la chambre. Il était suivi de près par une petite sorcière trapue qui portait un nœud noir dans ses cheveux châtains…
    - Vous ! s’écrièrent aussitôt les deux parleurs.
    - Bonjour, Mr Potter, dit-elle avec une voix haut perchée de petite fille. Je suis Dolores Ombrage, j’imagine que vous vous souvenez de moi ?
    - Qu’est-ce que vous faîtes là ? s’indigna Harry. Sortez immédiatement d’ici ! Je ne veux pas vous voir ! Pourquoi est-ce que vous l’avez emmenée avec vous, Hagrid ? interrogea-t-il en regardant le garde-chasse de Poudlard avec fureur.
    Mais Hagrid, qui avait l’air de devoir sérieusement se retenir pour ne pas frapper la nouvelle venue, ne répondit rien. Ombrage le fit à sa place :
    - Je suis ici en qualité de Sous-secrétaire d’état auprès du ministre de la magie, dit-elle avec un sourire de crapaud. Mr Scrimgeour n’a malheureusement pas pu venir lui-même car il était trop occupé. Il m’a donc chargé d’interroger Mr Potter moi-même. Sortez, Mr Londubat, et c’est également valable pour vous, Mr Hagrid.
    - Je n’ai plus d’ordre à recevoir de vous, vieux crapaud ! répliqua Neville, fulminant de rage. Je suis majeur et je ne suis heureusement plus votre élève.
    - Peut-être, répondit calmement Ombrage, sans se départir de son sourire, mais je suis Sous-secrétaire d’état auprès du ministre et vous devriez vous estimer heureux si vous n’êtes pas poursuivis pour insulte à un haut représentant du ministère. Alors sortez, je vous pris.
    Pendant plusieurs secondes, Neville sembla lutter contre lui-même, comme Hagrid, mais il finit par dire :
    - Très bien.
    Il se pencha ensuite sur Harry et lui fit la bise. Harry aurait pu juger ce comportement étrange (il n’avait pas l’habitude de faire la bise à ses amis, plutôt à leur dire simplement « bonjour », ou à leur serrer la main) s’il n’avait pas senti quelque chose se glisser sous son drap.
    - Ca pourra servir, murmura-t-il.
    Tandis que Neville sortait sur les talons de Hagrid, Harry sentit en mettant ses mains sous ses draps un objet dont la forme lui donna un sentiment de sécurité.
    - Bien, Mr Potter, dit Dolores Ombrage en s’asseyant, vous avez des choses à me dire.
    - Ah oui, quoi, par exemple ? demanda Harry avec un air faussement interrogateur.
    - Par exemple, comment vous êtes-vous retrouvé en compagnie de Vous-Savez-Qui dans cet hôtel ?
    Harry s’était certes attendu à de telles questions de la part du ministère, mais il ne voyait pas comment répondre à toutes leurs questions sans mentir.
    - Il m’a attaqué quand je suis arrivé à Pré-au-Lard, expliqua Harry.
    - Dans ce cas, pourquoi étiez-vous dans cet hôtel ? répéta Ombrage.
    - Parce qu’il voulait me torturer dans un coin plus tranquille, dit Harry d’un ton dégagé.
    - Avec tous ces moldus autour ? Ne me mentez pas, Mr Potter. Je sais très bien que vous n’étiez pas à Pré-au-Lard. Le témoignage de cet hybride ne vaut rien. Je suis sûr et certaine que vous prépariez quelque chose !
    - Qu’est-ce que vous voulez que je prépare !? s’emporta Harry. Voldemort a utilisé le sortilège Doloris contre moi et vous pensez que je prépare quelque chose avec lui, peut-être ?
    - J’imagine que vous ne deviez pas avoir réussi votre mission.
    Harry n’en cru pas ses oreilles. On l’accusait d’être un mangemort ? Alors que c’était lui, la victime ? La haine et la fureur montèrent en lui, il avait une très forte envie de frapper Ombrage, à présent…
    - Je ne suis pas à son service ! dit-il, et contrairement à ce qu’il avait prévu au départ, il disait bien entendu la vérité.
    - J’en ai assez, Potter ! hurla Ombrage, avec un air de démente. Je vais moi-même m’assurer que vous ne pourrez plus me mentir comme vous l’avez toujours fait, murmura-t-elle.
    Brusquement, elle se leva et pointa sa courte baguette magique sur la porte. Un cliquetis se fit entendre, puis une lumière illumina brièvement les interstices.
    - Personne ne pourra ni nous entendre, ni entrer, annonça-t-elle, plus démente que jamais. Maintenant je vais vous arracher les vers du nez…
    Elle leva son arme et s’écria :
    - ENDOLORIS !! !!!
    Mais Harry se tenait prêt.
  • Lien permanent
  • rookwood Voir le profil de rookwood
  • Posté le 22 décembre 2006 à 12:47:12 Avertir un administrateur
  • Ouf je vien de finir de lire ta fic ...j´en ai mis du temps mdr .
    Ba moi je trouve que c´est bien , on attend la suite a present .
    Enfin moi en tout cas j´attend la suite avec impatience .
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:09:25 Avertir un administrateur
  • :merci: beaucoup Rookwood, je ne suis pas totalement ignoré :ange: .
    Je suis :desole: de ne pas avoir posté plus mais je n´ai pas pu venir de la semaine à cause de l´absorption de mes devoirs... seulement voilà... c´est les vacances !! :fete: Par conséquent, vous aurez très bientôt l´intégralité de ce que j´ai écrit pour l´instant :ok:
    Aujourd´hui je poste deux gros chapitres^^.


    Bonne lecture :ange:


    15
    Réflexions


    Harry, Ron, Hermione et Neville furent abasourdis.
    - Comment !? s’exclama Ron.
    Même Hermione, qui était restée renfermée depuis que Harry l’avait revue, leva la tête, les yeux grands ouverts ; Neville semblait très impressionné et Ron restait bouche bée.
    - Je viens de vous demander à tous les quatre, Mr Weasley, ce que vous diriez de rentrer dans l’Ordre du Phénix, répéta McGonagall avec une pointe d’impatience dans la voix.
    Hermione, Ron et Neville regardèrent Harry. Ce dernier regardait le mur qui lui faisait face, quelque part à gauche du professeur McGonagall, sans le voir, perdu dans ses pensées…
    Il avait toujours souhaité appartenir à l’Ordre mais on le lui avait toujours refusé, jusqu’à présent. Il fallait être majeur, avoir terminé ses études… Et maintenant, c’était le professeur McGonagall, l’une des sorcières les plus sérieuses et strictes qu’il connaissait, qui le lui proposait. Si elle lui demandait, elle qui aurait certainement été la dernière personne à pouvoir l’accepter dans l’Ordre autrefois, c’était que lui et les autres devaient vraiment le mériter, qu’elle reconnaissait leur importance et qu’ils avaient gagné le droit de participer autant que les autres, même aux yeux des sorciers adultes (enfin adultes depuis plus longtemps qu’eux).
    Mais Harry le souhait-il toujours autant ? Certes, il l’avait ardemment désiré pendant sa cinquième année, puis il avait nettement été refroidi par la mort de Sirius ; ensuite, Dumbledore était mort et il avait perdu… tout son entrain. Il ne voulait plus trouver les horcruxes que par devoir, et pour se venger, aussi. Il avait quelque peu retrouvé sa motivation au cours des mois qui avaient suivi mais ce n’était plus la même chose… Il avait voulu rentrer dans l’Ordre pour se lancer dans l’action, être utile, mais maintenant… Maintenant c’était plus un « devoir civique ». Il devait vaincre Voldemort pour le salut du monde des sorciers, et même de l’humanité toute entière. Mais après tout…
    Oui, après tout, sa nouvelle motivation était celle de tout membre de l’Ordre du Phénix qui se respectait, celle des sorciers majeurs, ceux qui avaient achevé leurs études…
    - Bien sûr, je vous laisserai du temps pour y réfléchir et pour en discuter entre vous.
    Harry sursauta. Il en avait presque oublié qu’il était dans le bureau du professeur McGonagall en compagnie de cinq autres êtres humains. Il acquiesça d’un signe de tête. Il y eut un bref silence, puis…
    - Professeur, quel serait notre rôle au sein de l’Ordre si jamais nous acceptions ?
    C’était Hermione qui avait posé la question. Elle ouvrait la bouche pour la première fois depuis que Harry l’avait revue, et il n’était pas sûr qu’elle eût beaucoup parlé non plus pendant qu’il était à l’hôpital, d’après le regard hésitant que lui lança Ron, le seul que, d’après Neville, Hermione avait autorisé à rester avec elle. Cette dernière avait toujours les yeux rougis, mais son regard avait le sérieux, la politesse, et le « professionnalisme », et surtout l’hermionisme habituels de la meilleure des anciens élèves de Poudlard.
    - Et bien… Disons que vous formeriez une nouvelle branche de l’Ordre, une branche qui aurait une tâche… bien précise. Seulement cette fois, vous aurez des moyens à votre disposition ; vous pourrez par exemple demander l’aide de certains membres de l’Ordre pour vos missions. Vous participeriez également à nos réunions, ce qui vous donnerait une idée bien plus précise et proche de la réalité que celle que vous avez pour l’instant. Vous connaîtrez la situation exacte de notre monde, vous pourrez savoir à quoi vous attendre, et vous pourrez même envisager ce que prépare Vous-Savez-Qui. Bref, vous saurez où et quand frapper, vous aurez les moyens d’élaborer une stratégie, et ce, avec l’aide des membres de l’Ordre. Ai-je besoin de préciser que tout ceci vous ferait une situation bien plus avantageuse que celle que vous aviez dans cette petite chambre d’hôtel moldue, sans savoir comment avancer dans votre mission, et pouvant vous faire surprendre à tout moment, comme l’a prouvé votre capture par Drago Malefoy, l’agression de Neville, toujours par Drago Malefoy, et enfin le fait que vous ayiez été pris au piège par Vous-Savez-Qui, Harry ?
    Harry échangea un regard avec ses amis qui, pour il ne savait quelle raison, semblaient inquiets, puis se tourna à nouveau vers son interlocuteur.
    - Nous… Nous allons y réfléchir, professeur, répondit Harry.
    - Bien sûr, dit McGonagall. Mais essayez de ne pas me faire trop attendre, Harry, car j’ai d’autres affaires assez importantes à régler ; des affaires qui pourraient changer bien des choses pour l’Ordre et pour… d’autres personnes. Et il serait peut-être préférable que je sache si vous voulez en faire partie avant de faire… ce que j’ai à faire. Quoi qu’il en soit, je vous souhaite à tous les trois une bonne nuit de sommeil pour réfléchir à tout ceci.
    Elle se leva et raccompagna le quatuor passablement désorienté par les phrases énigmatiques du professeur à la porte.
    Une fois parvenus à l’ancienne salle commune des Gryffondor, ils prirent place dans des fauteuils défoncés mais confortables, et proches du feu. Ils demeurèrent silencieux pendant quelques instants, chacun étant plongé dans ses pensées, sauf Hermione qui jetait de temps à autres un coup d’œil pénétrant à Harry qui lui faisait face.
    - Vous croyez qu’elle sait ? finit par demander Neville, rompant ainsi le silence devenu de plus en plus pesant.
    Cette fois, le coup d’œil d’Hermione se prolongea dans un regard plus perçant que jamais. Et soudain, Harry comprit d’où venait l’inquiétude de ses amis, il aurait dû y penser plus tôt…
    - Oui, répondit-il, elle sait pour la prophétie. Elle a entendu ma conversation avec Ginny l’autre jour.
    Sous le regard effaré des autres, il ajouta :
    - Mais elle m’a assuré qu’elle ne ferait rien pour m’empêcher de faire ce que j’avais à faire. Dumbledore lui avait légué une lettre dans laquelle il lui disait de ne pas s’opposer à ce que je prenne… une part active dans le combat. En fait, je m’attendais à ce qu’elle soit beaucoup plus réprobatrice, mais on dirait qu’elle a compris que ce que nous faisons est sérieux et que les actions de l’Ordre n’ont aucun intérêt si nous n’arrivons pas à… accomplir notre mission. Sinon, elle ne nous aurait pas proposé de rejoindre l’Ordre, vous ne croyez pas ?
    - Je ne pense pas qu’elle veuille nous dissuader de pourchasser Voldemort, Harry, dit Hermione. Mais d’après ce que tu nous as rapporté l’année dernière, Dumbledore avait l’air de penser que moins il y avait de personnes au courant, mieux ce serait.
    - Je le sais bien, répliqua Harry, mais je n’y peux rien si McGonagall écoute aux portes, non ?
    - Je ne dis pas que c’est de ta faute, assura Hermione, mais un peu trop de gens sont mis au courant, ces temps-ci, tu ne trouves pas ? D’abord, tu l’as dit à Ginny – je sais, tu devais lui dire pour qu’elle comprenne qu’elle devait rester à l’écart – et McGonagall t’a entendu, ce qui me déçoit quelque peu de sa part, je n’aurais jamais pensé qu’une sorcière comme elle s’abaisserait à écouter aux portes. Ensuite, tu l’as dit à Neville, ce qui est normal, puisqu’il était sur le point de nous accompagner à la chasse aux horcruxes. Et tu l’as dit à Ron et à moi bien avant cela, et je considérerai comme une insulte que tu ne nous l’aies pas dit, d’ailleurs. Ce qui nous donne en tout, en plus de toi qui est le premier concerné, cinq personnes qui savent que toi seul peux tuer Voldemort, et trois qui savent que tu essayes de détruire les fragments dispersés de son âme.
    - Je te signale que tu viens de me donner raison pour chaque personne à qui j’ai révélé (que ce soit volontaire ou non) la prophétie ou les horcruxes. Alors où veux-tu en venir, exactement ?
    Ron et Neville avaient l’air tout aussi déconcertés que lui, mais apparemment, ils n’osaient rien dire.
    - Et bien… je crois que même si la proposition du professeur McGonagall est très alléchante, cela impliquera certainement que tu vas devoir parler de tout ça avec les autres membres de l’Ordre.
    Il y eut un silence. C’était pourtant vrai, s’il rentrait dans l’Ordre, on lui demanderait sûrement de dire en quoi consistaient ses « missions pour l’Ordre », auquel cas il ne pourrait que refuser.
    - Je ne peux pas, dit-il.
    Hermione approuva d’un signe de tête et Neville prit un air déçu mais résigné : après être rentré dans l’équipe de Harry pour tuer Voldemort, il avait sans doute été très excité par l’éventualité de faire partie du légendaire Ordre du Phénix. Ron, lui, parut choqué.
    - Alors on va refuser ? s’exclama-t-il en se levant d’un bond. On va renoncer à l’aide de l’Ordre alors qu’on sait très bien qu’on a aucune chance tous seuls !
    - On n’a pas le choix ! répliqua Harry.
    - Bien sûr que si ! Si McGonagall comprend l’importance de ce qu’on essaye de faire, elle doit aussi comprendre que tu ne peux rien dire, j’en suis sûr ! C’est ce qu’elle a fait quand on est partis, mardi dernier.
    - C’était avant qu’elle nous demande d’entrer dans l’Ordre, fit remarquer Hermione d’une voix hésitante. Cette fois, il se peut qu’elle réclame des explications sur ce qu’on fera, et je dois dire qu’elle serait dans son droit.
    - Ce n’est pas sûr, dit Harry qui avait attentivement écouté son meilleur ami. Je pense… qu’on devrait accepter.
    - Harry… fit Hermione.
    - Mais à une condition, ajouta-t-il, qu’elle nous autorise à cacher certaines choses. Ron a raison, nous avons besoin d’aide. Et de toutes façons, si les membres de l’Ordre refusent notre participation si nous ne leur disons rien, nous n’aurons qu’à nous retirer. L’Ordre du Phénix n’est pas comme l’Ordre des Ténèbres : on peut le quitter sans se faire tuer.
    Ron se rassit ; Hermione parut hésiter, puis acquiesça d’un signe de tête ; l’expression de Neville passa de la déception au soulagement.
    - Je suis crevé, finit par dire Harry. Je crois bien que je vais monter et passer une bonne nuit de sommeil, ajouta-t-il en se levant.
    - Bonne idée, approuva Neville.
    Ils se levèrent tous les deux et se dirigèrent vers le dortoir des garçons, mais ni Ron ni Hermione ne bougèrent.
    Harry commença à grimper les marches de pierre. Il était à mi-chemin du dortoir quand une main se referma sur son épaule. Il se retourna et vit… Ginny. Neville s’empressa de dépasser et distancer le couple.
    Quand son ami fut suffisamment éloigné, se soumettant à une soudaine pulsion qu’il n’avait pas la force de réprimer et que Ginny semblait avoir également, il enlaça sa petite amie et ils s’embrassèrent pendant cinq bonnes secondes, puis ils se relâchèrent.
    - Décidément, dit Harry en souriant, j’aime de plus en plus ta nouvelle manière de me dire bonjour.
    - Cette fois, c’est toi qui m’a embrassée, fit remarquer Ginny en haussant les sourcils.
    - Tu n’as pas dit non, répliqua Harry.
    - C’est vrai, admit la jeune fille. Je suis contente de pouvoir passer un peu de temps avec toi.
    - Ginny…
    - Quoi ? Voldemort ne peut pas nous atteindre, ici. Et d’ailleurs, on dirait que tu n’as pas sérieusement envisagé la possibilité qu’il aurait pu te surprendre dans l’escalier des dortoirs des garçons de Gryffondor, rajouta-t-elle d’un ton amusé.
    Harry fut un peu surpris de cette réponse. Il était vrai que les dispositifs de sécurité mis en place pour protéger le quartier général de l’Ordre en faisaient un endroit propice à ses ébats amoureux. A Poudlard, il n’avait pas peur d’embrasser Ginny. Il l’avait même laissé l’étreindre à Ste Mangouste le matin même. Il se rendait soudainement compte que la résolution qu’il avait prise deux mois plus tôt n’avait pas été très respectée, et il ne savait pas vraiment s’il en était heureux ou non…
    - Et puis… Peut-être que nous nous retrouverons plus souvent à Poudlard que tu ne le crois, dans les prochains mois, annonça Ginny.
    - De quoi tu parles ? s’étonna Harry. Pourquoi est-ce qu’on serait plus souvent tous les deux ici ?
    - Ca dépendra beaucoup de toi, et de ce que tu veux vraiment, et aussi de ta tendance à protéger les gens contre leur gré. En tout cas, on en reparlera plus tard, parce que je suis certaine que tu ne seras pas d’accord sur certaines choses, même si tu acceptais de rester.
    - Mais enfin, de quoi tu parles ? répéta Harry.
    - McGonagall veut que ça reste secret. Mais réfléchis et tu comprendras peut-être. Bonne nuit, Harry.
    Et sur ces mots, elle déposa un nouveau baiser sur les lèvres d’un Harry déconcerté et elle se mit à dévaler l’escalier en colimaçon.
    Harry se dit que les gens avaient décidément un comportement bizarre, depuis qu’il s’était réveillé : Dobby qui venait lui faire des reproches (il les avaient mérités mais c’était quand même étrange de la part de l’elfe habituellement si soumis et dévoué), le ministère qui osait lui envoyer Ombrage et dont les aurors le recherchaient peut-être pour avoir pratiqué des activités de mangemort (lui, Harry Potter, c’était quand même un comble !) , Ginny et ses allusions sur une éventuelle relation de longue durée à Poudlard, ce qui était certes alléchant… Et McGonagall ! Il avait complètement oublié la vieille femme et ses propres allusions sur des affaires pouvant affecter l’Ordre qu’elle présidait. Avec Ron, Hermione et Neville, ils n’avaient discuté que de la possibilité de faire partie de l’Ordre du Phénix, encore une proposition alléchante.
    Quand il voulut se déshabiller pour enfiler son pyjama, il se rappela que sa valise était restée à Ste Mangouste avec toutes ses affaires. Neville lui prêta un des siens, certes un peu petit pour lui mais il ne fit rien remarquer et remercia son ami joufflu. Il se coucha et mit un certain temps avant de trouver le sommeil.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:14:19 Avertir un administrateur
  • Il était avec Ginny, dans la salle de bain des préfets. Tous deux étaient en maillots de bain et ils s’embrassaient sans cesse avec des gestes de plus en plus osés…
    Puis tout à coup, il y eut un brusque bruit d’air déplacé et une lumière verte éblouissante. Il vit alors avec horreur sa petite amie tomber dans l’eau, les yeux vides, et il remarqua qu’elle n’était pas seule. Des dizaines d’autres cadavres gisaient au fond de la baignoire aussi vaste qu’une piscine. Il reconnut ceux qui étaient les plus près de lui : ses parents, Cedric, Sirius, Dumbledore, Lupin, les parents d’Hermione, et d’autres qui n’auraient pas dû y être… En effet, il voyait la famille Weasley au grand complet, avec Fleur, Hermione, Neville… En réalité, tous ceux que Harry avait connus dans sa vie, amis ou ennemis, se trouvaient morts dans cette baignoire réservée aux préfets. Il poussa alors un long cri déchirant, plein de désespoir.
    - Je te l’avais dit, Potter, dit une voix glaciale et cruelle, je te l’avais dit que tu mourrais.
    Harry se retourna vers la porte et vit Lord Voldemort qui marchait vers lui, la baguette levée, un sourire satisfait au lèvres.
    - Mais avant, je vais m’amuser avec toi. Je vais tuer tous ceux que tu aimes, je vais tuer tout le monde, et tu seras seul. Ensuite, je te torturerai… Oui, tu m’amuses beaucoup, Harry, dit-il. Tu ne peux plus grand chose, et nous ne ferons pas de grand duel, car tu es trop faible pour me vaincre. Mais en compensation, je vais m’amuser en te torturant… mais lentement, sans me presser, et donc sans le Doloris. Je vais te torturer d’une manière qui se rapproche de la méthode moldue, en te blessant, en te brisant… mais avec ma baguette, bien sûr.
    Le Seigneur des Ténèbres éclata alors de son rire suraigu dépourvu de joie et les os de Harry se brisèrent, sa peau se déchira et son sang jaillit à flots. Il poussa des hurlements, des cris qui percèrent ses poumons, qui le vidèrent de toute vie, de toute force, de toute chose…
    Et l’eau prit une teinte rouge.

    Harry hurla de toute la force de ses poumons, il avait l’impression que sa peau se déchirait de toutes parts. Son corps se tordait presque contre son gré dans le lit du dortoir de Gryffondor. On poussait des cris à côté de lui, des cris de filles mais aussi d’hommes…
    - Harry ! HARRY ! Harry, réveille-toi ! REVEILLE-TOI !! !
    - Harry, qu’avez-vous !?
    - CALME-TOI, HARRY !
    Mais il n’y parvenait pas, la douleur était trop forte, et la terreur… On était en train de le détruire de l’intérieur, et tout allait être détruit autour de lui… Ces gens devaient partir, cesser de se trouver en sa présence, ou ils allaient mourir et tomber dans l’eau…
    - EXDOLORIS !! !! s’exclama une voix grave, mais rien ne se produisit.
    Il devait leur faire comprendre, les faire partir, mais il ne parvenait qu’à crier de plus belle, et d’ailleurs, ils ne l’écoutaient pas, ils semblaient se disputer entre eux. Puis soudainement, les voix se turent et la voix grave mugit de nouveau :
    - ENERVATUM !!
    Et brusquement, la douleur disparut et Harry vit très nettement Ron, Hermione, Neville, Ginny, ses parents, le professeur McGonagall et Abelforth Dumbledore autour de son lit à baldaquins. Abelforth était le plus près et il baissa sa baguette qu’il avait pointée sur la poitrine de Harry. Ce dernier avait l’esprit embrouillé, il avait du mal à se rappeler les quelques secondes qui avaient précédé ce retour violent dans le monde réel. Il se trouvait dans son lit, couvert de sueur, sans savoir pourquoi.
    - Harry, est-ce que ça va, mon chéri ? demanda timidement Mrs Weasley.
    Tout le monde le regardait d’un air alarmé et extrêmement inquiet.
    - Je… bredouilla Harry. Je ne sais pas, je… Qu’est-ce qui s’est passé ?
    - Ca fait dix bonnes minutes que tu t’es mis à crier comme un dingue, mon vieux, dit Ron d’un air anxieux. Neville est allé chercher McGonagall et tu as réveillé les filles avec tout le boucan que tu faisais.
    - Je n’ai pas réussi à vous réveiller ni à vous calmer alors je suis partie chercher Abel, expliqua McGonagall.
    - Vous avez fait un cauchemar, n’est-ce pas ? interrogea Abelforth.
    Harry confirma d’un signe de tête. Il commençait à rassembler des bribes de souvenirs qui contenaient une piscine remplie d’une foule de cadavre…
    - Un simple cauchemar ? répéta McGonagall. Mais pourquoi ne pouvait-il pas se réveiller ?
    - Il y a des cauchemars qui ne veulent pas toujours nous laisser en sortir, d’après ce que disait mon cher frère, déclara Abelforth. Nous devrions peut-être laisser ces jeunes gens et nous même récupérer de nos frayeurs avec une bonne nuit de sommeil.
    - Oui, c’est vrai, approuva Arthur Weasley, allons nous recoucher.
    Tout le monde souhaita une bonne nuit à Harry, non sans continuer de paraître inquiet, sauf Abelforth, Neville, Ron, Hermione et Ginny.
    - Il faudra que l’on se voie et qu’on se parle, plus tard, Harry, dit Abelforth.
    - D’accord, acquiesça Harry.
    - Et bien, à la prochaine.
    Sur ces mots, le frère de Dumbledore sortit et donna le champ libre aux questions qui bouillonnaient en Ron.
    - Est-ce que c’est ta cicatrice ? demanda-t-il à la seconde même où Abelforth avait refermé la porte. C’est ça, le cauchemar que tu as fait ? Une vision de ce que fait Tu-Sais-Qui ?
    - Non, répondit Harry.
    - Alors qu’est-ce qui t’es arrivé pour que tu cries comme ça ? s’étonna Ron.
    - J’ai juste fait le rêve le plus horrible de toute ma vie, et ça n’a… rien à voir avec Voldemort, mentit-il.
    Les bribes de ce qui s’était passé dans son sommeil et son semi réveil si bruyant s’étaient assemblées et avaient clarifiées sa mémoire. Il savait qu’il était faux de dire que son cauchemar n’avait rien à voir avec Voldemort vu que la terreur qu’il avait ressentie en provenait directement, même si ça n’avait certes aucun rapport avec les rêves causés par sa cicatrice, car comme Dumbledore le lui avait expliqué un an auparavant, Lord Voldemort utilisait désormais l’occlumancie contre Harry pour l’empêcher de pénétrer dans son esprit. Sa terreur l’avait submergée ce soir, la terreur inscrite en lui depuis sa dernière rencontre avec le mage noir.
    - Si ça ne vous ennuie pas, j’aimerais dormir, dit-il. Je n’ai pas très envie de parler maintenant.
    - OK, dit Ron.
    Ils se souhaitèrent encore une fois une bonne nuit et les filles quittèrent le dortoir. Ron et Neville retournèrent dans leurs lits silencieusement.
    Harry se rendait compte que tout le monde trouvait son comportement très étrange, mais il n’y pouvait rien si le défi impossible que lui avait lancé le plus puissant des sorciers, il y a de cela seize ans, lui inspirait une telle panique que ses cauchemars traduisaient. Il ne savait pas s’il pourrait garder ses sentiments pour lui indéfiniment, jusqu’à ce que sa confrontation finale avec Lord Voldemort ne survienne, jusqu’à ce qu’il ne meure… Il ne savait même pas s’il allait poursuivre sa recherche des horcruxes. Après tout, si Voldemort était trop puissant pour être tué, quelle était l’utilité de le rendre mortel ? Et intégrer l’Ordre du Phénix n’aurait aucun intérêt non plus. Allait-il se battre jusqu’au bout comme ses parents ou ne tenterait-il rien dans le but de se préserver ?
    Il se sentit soudain minable. Comment pouvait-il avoir de telles pensées ? Comment osait-il envisager d’abandonner le combat alors que tant de vies étaient menacées par Voldemort ? Peu importait que les chances de victoires soient infimes, il fallait tout tenter pour empêcher les mangemorts de nuire, car les enjeux étaient bien trop importants ! Et s’il était terrassé comme à Pré-au-Lard ? Harry se rappela de la résolution qu’il avait prise un soir de juin, alors que Cedric Diggory venait de mourir : se défendre, lutter jusqu’à son dernier souffle, mourir dignement, face à son ennemi. Même s’il se trouvait à terre, même s’il ne pouvait être tué debout, il pouvait toujours lutter avec la moindre once de force qu’il lui restait, comme il l’avait fait avec son dernier bras valide ce mercredi…
    Avec cette volonté nouvelle bien encrée dans son esprit et un certain sentiment de honte, il finit par s’endormir, près et paré à affronter ses rêves d’apocalypse.

    Le lendemain, qui était le premier dimanche de septembre (bien que cela ne changeât rien pour lui puisque Poudlard n’était plus une école), Harry se leva à huit heures, près à passer une journée bien remplie. Il avait prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines puis de s’entretenir avec le professeur McGonagall, et peut-être avec le reste de l’Ordre du Phénix au sujet de sa proposition de la veille. Ensuite, il devait parler avec Ginny de leur relation, même s’il ne savait pas encore ce qu’il voulait. Et enfin, il irait voir Abelforth pour lui parler tout d’abord de Rogue puis de l’horcruxe à détruire.
    Il enfila un jean et un tee-shirt, mit ses lunettes, et en attendant le réveil de Ron et Neville, il voulut examiner une nouvelle fois le médaillon qu’ils avaient arraché à Malefoy. Il chercha sa malle et se souvint qu’elle était restée à Ste Mangouste. Quel idiot ! Comment avait-il pu oublié quelque chose d’aussi important ? Maintenant, l’horcruxe se trouvait certainement entre les mains du ministère, car les guérisseurs avaient dû leur donner ses affaires, et s’il voulait les récupérer, il n’avait plus qu’à se rendre directement à Azkaban. Il allait devoir clarifier la situation au plus vite s’il ne voulait pas perdre définitivement la trace d’un objet sans lequel il ne pourrait jamais espérer de ne serait-ce que tenter de tuer Voldemort.
    Mais en y réfléchissant, il se dit que le ministère ne cesserait pas de le rechercher simplement parce qu’on l’y pressait. Donc il n’avait pas besoin de voir McGonagall dans la seconde, il lui parlerait de tout cela quand il la verrait. En attendant, il suivrait son premier programme en allant rendre visite à Dobby dans les cuisines.
    Il descendit dans la salle commune et s’assit dans un fauteuil près d’une fenêtre. Le temps n’était pas à la fête : le ciel était couvert d’une épaisseur de nuages sombres et quelques gouttes d’eau qui tombaient parfois sur le carreau indiquaient qu’une averse se préparait. Il allait attendre tranquillement que les autres descendent pour aller voir Dobby avec eux, et s’ils tardaient trop, il prendrait les choses en main en allant les secouer lui-même. Mais à peine une minute après qu’il se soit installé, une voix s’éleva dans le silence matinal.
    - Ah, tu es là.
    Il se retourna. Hermione se tenait devant la porte du dortoir des filles. Elle s’avança et prit place dans un siège proche d’un Harry qui ne savait pas vraiment comment se conduire. Il avait redouté ce genre de moment depuis qu’il avait appris une bien triste nouvelle la veille vers la même heure.
    - Tu sais, dit Hermione, le regard vague dirigé vers le parc, on s’est fait beaucoup de soucis pour toi. D’un coup, tu nous donnes des instructions étranges et tu t’en vas on ne sait où… Enfin maintenant on sait.
    - Désolé, s’excusa Harry, chaque seconde comptait, je n’avais pas le temps de vous expliquer…
    - Nous expliquer quoi ? Comment tu pouvais savoir que les mangemorts se trouvaient à Pré-au-Lard ?
    Harry lui expliqua toute l’histoire du miroir et de sa rapide réflexion sur l’endroit où pouvait bien se trouver Lupin.
    - Ca aurait pu être n’importe où, fit remarquer Hermione. Tu as eu de la… Oh non, oublie ce que je viens de dire ! dit-elle brusquement.
    - Ce n’est pas grave, assura Harry qui se doutait que son amie avait été sur le point de lui parler de « chance », un mot qui ne convenait guère après ce qu’il avait vu au village des sorciers.
    - Neville nous a raconté que Voldemort t’avait attaqué.
    - Oui, confirma Harry, il voulait son médaillon.
    - Je ne comprends vraiment pas comment il aurait pu savoir que le médaillon n’était plus en sa possession alors qu’il était censé croire qu’il se trouvait toujours sur son île, s’étonna Hermione.
    - Je ne sais pas. Il a été bizarre, ce jour là… même pour Voldemort, je veux dire.
    Ils parlaient d’un ton neutre, et Harry sentait que la véritable raison pour laquelle Hermione lui parlait était sur le point d’arriver.
    - Je n’arrive pas à croire que tu soies parvenu à jeter un sortilège multiple, dit Hermione, c’est prodigieux !
    - Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, avoua Harry. J’ai juste hurlé la formule du patronus en voulant de toutes mes forces chasser tous les détraqueurs de la grand-rue, et sept patronus ont surgi au lieu d’un.
    - Ah…
    Elle commençait à cligner des yeux un peu trop souvent.
    - On a vraiment eu très peur quand les oubliators t’ont ramené à Ste Mangouste. On se demandait ce qu’il avait bien pu te faire et c’était la panique à cause de la prise de Pré-au-Lard. L’Ordre nous a ramené ici et on est allés te voir le lendemain. Mais je dois dire que je ne suis pas venu le jour suivant.
    « Ca y est, se dit Harry, c’est maintenant. »
    - J’ai lu la Gazette du sorcier, dit simplement Hermione.
    - Je suis désolé, Hermione, dit Harry d’un ton compatissant.
    - Je… Je n’arrive pas à croire qu’ils soient morts !
    Et en prononçant ces mots, elle fondit en larme.
    - Je n’arrive pas à croire que je ne les reverrai plus jamais, que je ne leur parlerai plus… Ils étaient tellement gentils, c’étaient des gens merveilleux. Si tu les avais mieux connus, tu penserais la même chose.
    - J’en suis sûr, approuva Harry en tapotant l’épaule de son amie.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:16:04 Avertir un administrateur
  • - Tu sais, je les voyais de moins en moins souvent. Je passais de plus en plus de temps avec des sorciers, même pendant les vacances, et je leur parlai de moins en moins. Maintenant, je le regrette, mais c’est beaucoup trop tard…
    - Nous sommes là pour t’aider, Hermione. Si tu as besoin de quoi que ce soit…
    - Je sais, je sais, coupa-t-elle. Ron m’a dit la même chose pendant deux jours. Il a été très gentil avec moi, et très compréhensif, c’est un signe de progrès.
    Harry éclata de rire et même Hermione sourit et s’essuya les yeux avec le manche de son pull.
    - C’est parce qu’il t’aime, assura Harry.
    - Tu crois ? demanda Hermione.
    - Bien sûr. Il a parfois des réactions bizarres et il peut ne pas être très gentil mais au fond de lui, il a des sentiments pour toi. Mais je voudrais savoir… Est-ce que c’est réciproque ?
    La jeune femme rougit et un tressaillement trahit un faible sourire sur ses lèvres.
    - OK, je prends ça pour un oui, dit Harry. Hermione, je sais ce que c’est de ne pas avoir de parents, par contre je ne sais pas ce que ça fait de les perdre, puisque je n’étais qu’un bébé quand les miens sont morts ; mais j’ai quand même perdu pas mal de gens que je considérais comme des membres de ma famille et je pense que tu finiras par t’en remettre. La question, c’est : est-ce que tu t’en remettras suffisamment avant qu’on se remette à chercher les horcruxes ?
    - Oui, assura Hermione. Je veux faire quelque chose, sinon ce sera pire. Je veux t’aider à chercher les horcruxes et à tuer Voldemort ; sans ça, je ne pourrai jamais mener une vie normale. Et j’aimerais aussi retrouver celui ou celle qui a fait ça…
    - D’accord. En attendant, j’avais prévu de rendre une petite visite à Dobby dans les cuisines.
    - Et à Kreattur ? questionna Hermione.
    - Euh… hésita Harry qui n’avait pas vu les choses sous cet angle.
    - C’est ton elfe, dit Hermione sur un ton de reproche, il faut que tu ailles le voir de temps en temps.
    - Oui, marmonna Harry, je lui dirai bonjour… Mais s’il te traite encore une fois de sang de bourbe, je ne suis pas sûr que j’irai le voir régulièrement…
    Une dizaine de minutes plus tard, Ron et Neville arrivèrent dans la salle commune et ils acceptèrent le programme de Harry, même si Ron affichait la même réticence que son ami pour parler à une créature qui avait l’habitude d’insulter sa petite amie. Il était presque neuf heures, c´est-à-dire l’heure à laquelle les elfes des cuisines faisaient monter le petit déjeuner dans les assiettes de l’ancienne table des professeurs.
    Ils se dépêchèrent donc de dévaler les escaliers du château puis l’escalier de marbre, après quoi ils durent descendre de nouvelles marches qui menaient aux sous-sols des Poufsouffle. Ils marchèrent le long d’un couloir puis tombèrent nez à nez avec un tableau représentant une coupe de fruits. Harry chatouilla la poire qui se mit à rire et qui se transforma en la poignée d’une porte qu’il ouvrit et il entra dans les cuisines de Poudlard.
    En entendant la porte, certains elfes tournèrent la tête mais il y en eut un qui se précipita vers eux. Dobby semblait ravi de les voir.
    - Harry Potter ! s’exclama-t-il. Et ses amis ! Dobby est vraiment content de vous voir, il pensait que vous l’aviez oublié…
    - On ne t’a pas oublié du tout, Dobby, assura Harry. On avait juste d’autres choses en tête mais… comme tu es venu me voir à l’hôpital, je me suis dit que je pourrais les mettre de côté quelques instants.
    L’elfe en parut encore plus ravi et les mena au bout de la salle, près de la cheminée, pour les inviter à s’asseoir. Il s’assit avec eux. Harry remarqua que certains elfes ne travaillaient pas non plus et restaient également assis à se tourner les pouces.
    - Il n’y a plus assez de travail pour tous les elfes, déclara Dobby comme s’il avait lu dans ses pensées. Le professeur McGonagall nous a conseillé de ne pas tous rester mais aucun n’a voulu partir. Alors nous nous alternons : certains font le service au petit déjeuner, d’autres au déjeuner, d’autres au dîner.
    - Et les autres elfes le supportent ? s’étonna Ron. Alors qu’ils ont toujours l’air de vouloir du travail, d’habitude ?
    - Il le faut bien, Monsieur, répondit Dobby d’un air triste, oui. Mais Dobby a l’impression que même avec la fortune que Dumbledore nous a légué, le professeur McGonagall devra bientôt renvoyer une bonne partie des elfes.
    - Je croyais que les autres ne voulaient pas être payé ? dit Harry.
    - C’est vrai, admit Dobby, et Dobby non plus, depuis qu’il connaît les problèmes du château (Hermione parut outrée), mais il faut quand même nous nourrir. Mais Dobby a entendu parler en faisant le ménage d’une idée qui pourrait arranger les choses…
    Il parut soudain horrifié et se précipita vers le mur le plus proche, mais Harry qui avait l’habitude le retint par une main.
    - Dobby a dit du mal de ces nouveaux maîtres, cette fois, Monsieur, il doit se punir !
    - McGonagall ne voudrait pas que tu te frappes, Dobby ! s’indigna Hermione.
    - Et puis tu es un elfe libre, rappela Harry, tu n’as pas de maître.
    Devant ces arguments non négligeables, Dobby accepta de se rasseoir.
    - Dobby ne veut quand même pas trahir les secrets de ceux qu’il sert, dit-il.
    - Très bien, ce n’est pas grave, assura Harry.
    Ils discutèrent pendant quelques minutes des droits des elfes jusqu’à ce que ceux dont le tour était venu de faire les repas disposent les plats sur une table et les fassent disparaître, ou plutôt, comme Harry le savait, les fassent transplaner dans la Grande salle. Ils dirent au revoir à Dobby et montèrent au rez-de-chaussée pour prendre leur petit déjeuner.
    Harry constata que les seuls membres de l’Ordre à manger avec eux étaient Mr et Mrs Weasley, Abelforth et Tonks, et que chacun d’eux s’étaient assis de part et d’autre de la chaise d’or de McGonagall. Il prit place en face d’elle (et à droite de Ginny), tandis que Ron, Hermione et Neville s’asseyaient à sa propre droite.
    Ils se dirent un bref bonjour avant d’attaquer leurs œufs au bacon. Ils parlèrent de choses et d’autres et Harry amena le sujet du ministère et des aurors de Ste Mangouste.
    - Si tout se passe bien, nous devrions pouvoir régler cela aujourd’hui même, Harry, répondit McGonagall à sa grande surprise. Vous passerez me voir dans mon bureau avec Neville.
    - D’accord.
    Ils finirent de manger et McGonagall et Harry furent les premiers à se lever. Ce dernier rattrapa son ancien professeur au milieu de la Grande salle.
    - Professeur McGonagall, je voudrais vous donner notre réponse à votre proposition.
    - Vous avez déjà pris votre décision ? s’étonna McGonagall en haussant les sourcils.
    - Oui. Nous acceptons à une condition : nous voulons pouvoir…
    - Ne rien dire au sujet de vos agissements ? Ou tout du moins ne pas dire quelle est la véritable raisons de ceux-ci ?
    - Euh… oui, confirma Harry, étonné à son tour.
    - C’est d’accord. La prochaine réunion aura lieu ce soir dans la grande salle, juste après le dîner.
    Sur ces mots, elle franchit la double porte. Harry, quant à lui, était surpris que McGonagall ait accepté si facilement mais il retint ce qu’elle lui avait dit et il quitta la salle à sa suite.
    Quelques minutes plus tard, Ron, Hermione, Neville et Abelforth le rejoignirent.
    - Venez avec moi dit-il simplement à Harry.
    Ils grimpèrent les étages jusqu’au deuxième et après avoir parcouru quelques couloirs, ils entrèrent dans le bureau des anciens professeurs de Défense contre les Forces du Mal : apparemment, c’était là qu’Abelforth habitait depuis que Pré-au-Lard était devenu inaccessible. Ce bureau n’avait plus servi l’année dernière car Rogue avait voulu conserver son ancien bureau dans les cachots, et Abelforth ne l’avait pas encore décoré avec sa petite touche personnelle, comme tous les autre profs que Harry avait eus, mais un canapé et un fauteuil rouges à l’aspect confortable se tenaient au milieu de la pièce.
    Abelforth s’assit sur le fauteuil et le quatuor dans le canapé qui faisait face.
    - Alors, dit Abel, vous vous inquiétiez pour moi, d’après ce qu’on m’a dit ?
    - Euh… fit Ron.
    - Oui, répondit Harry. Pourquoi on ne parle nulle part de Rogue dans les journaux ? Pourquoi on ne parle nulle part de sa capture ?
    - Parce qu’il n’a pas été capturé, dit simplement Abelforth.
    - Mais vous l’aviez à votre merci ! s’exclama Neville.
    - Oui, mais Rogue a été le plus malin et il a réussi à s’enfuir.
    Harry, Ron, Hermione et Neville furent consternés.
    - Que voulez-vous, s’étonna Abelforth, je ne suis pas un sorcier aussi talentueux que l’était mon frère, or mon frère a été tué par lui. J’ai déjà eu beaucoup de chance de m’en sortir vivant. Mais nous avons d’autres soucis en tête, reprit-il en prenant un air des plus sérieux. Comme vous devez vous en douter, mon frère m’a parlé de ce que vous faites – les horcruxes et Voldemort que Harry doit éliminer – et en tant que sorcier expérimenté, je suis donc bien placé pour vous aider. Je ne peux plus accomplir la mission que l’on m’avait confiée à la tête de Sanglier pour l’Ordre, alors je crois que je pourrais faire partie de la branche spéciale à laquelle McGonagall compte vous affecter (elle m’a confié ses projets vous concernant parce qu’elle se doutait des confidences que mon frère m’avait faites). Qu’en pensez-vous ? M’acceptez-vous dans votre groupe ?
    - En fait, nous voulions vous le proposer, avoua Harry.
    - Je vois. Et où en êtes-vous ? interrogea le nouveau membre de la « bande ».
    - Nous avons retrouvé – par hasard – le médaillon de Serpentard au cou de Drago Malefoy.
    Ils racontèrent l’histoire de R.A.B., comment ils avaient compris qu’il pouvait s’agir de Regulus Alphard Black et de tout ce qui était arrivé ensuite au médaillon et Abelforth en parut étrangement bouleversé.
    - Et j’ai pensé que si nous n’y parvenions pas, acheva Neville dont le rôle venait enfin dans cette histoire, vous auriez peut-être plus de chance ou en tout cas que vous sauriez quoi faire.
    Abelforth demeura silencieux, comme perdu dans ses pensées. Il marmonnait sans que l’on puisse comprendre ce qu’il disait.
    - Monsieur ? appela Hermione d’un ton hésitant.
    Il sembla soudain revenir à la réalité.
    - Oh, excusez-moi, que disiez-vous ?
    - Neville pensait que vous sauriez mieux que nous comment vous y prendre pour détruire l’horcruxe, répéta Harry. Nous ne sommes pas arrivés à l’ouvrir nous-même ni à le casser.
    - Et bien… Je pense comme vous qu’il faut commencer par l’ouvrir pour découvrir ce qu’il cache, déclara Abelforth. Pouvez-vous me le montrer ?
    - C’est-à-dire que… il est resté à Ste Mangouste, admit Harry.
    - Quoi !? s’exclamèrent Hermione et Ron.
    - Je vois, dit Abel. Mais comme McGonagall pense que ce sera bientôt réglé, il n’y a pas trop de soucis à se faire. Réfléchissons plutôt au moyen de le détruire. Ce médaillon appartenait à Salazar Serpentard, donc ce qui permet de l’ouvrir est sûrement en rapport avec Serpentard.
    - Comment ça ? s’étonna Harry.
    - Et bien, par exemple, Voldemort avait laissé la bague des Gaunt dans leur maison, parce qu’elle représentait le moment ou il avait découvert ces restes de la descendance de Serpentard. Le médaillon était lié à l’arrivée de sa mère à Londres, du début de ses problèmes qui l’ont fait échouer l’orphelinat où elle est morte en condamnant son fils à être élevé par des moldus, or le médaillon était caché dans une grotte liée à ses souvenirs de l’orphelinat.
    - Mais… C’est intéressant, mais ce ne serait pas plutôt un trait de caractère de Voldemort utile à connaître pour retrouver les autres horcruxes ? demanda timidement Hermione.
    - Pas seulement, assura Abelforth. Voldemort lie ses horcruxes à leur histoire, ou en tout cas leur histoire par rapport à lui. Voldemort est l’héritier de Serpentard. Pour lui, ce médaillon est un héritage de son ancêtre, donc le moyen de l’ouvrir doit être lié à cela.
    - Je ne comprends pas… marmonna Harry.
    Et d’après le regard qu’il échangea avec les trois autres, personne ne comprenait ce qu’Abelforth voulait dire à part lui-même.
    - Réfléchissez bien.
    Harry se creusa les méninges. Voldemort était l’héritier de Serpentard, oui… Il l’avait découvert à Poudlard, et il s’en était tout de suite senti encore plus supérieur, il avait dominé des élèves plus âgés que lui, comme Harry l’avait vu à l’intérieur de la Pensine, dans le souvenir de Slughorn. Il avait ouvert la Chambre des Secrets… le moyen de l’ouvrir…
    - Le fourchelang ! s’exclama-t-il soudain, en se tapant la paume gauche avec son poing droit et en faisant sursauté tout le monde sauf celui qui venait de faire germé ses réflexions. Pour ouvrir le médaillon, il me suffit sûrement de lui dire « Ouvre-toi » en fourchelang !
    - C’est possible, en effet, approuva Abelforth en souriant. Mais je ne peux malheureusement pas vous aider davantage avant la réunion à laquelle on annoncera votre entrée dans l’Ordre ait eu lieu et que le ministère ait cessé de rechercher Harry et Neville. Alors je vous conseille de profiter de la journée en attendant de reprendre vos recherches.
    Il se leva et les raccompagna à la porte.
    - Bonne journée, dit-il.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:19:28 Avertir un administrateur


  • 16
    Ouverture
    et Réouverture


    Harry, Ron, Hermione et Neville passèrent la matinée dans la bibliothèque où ils cherchaient des sorts utiles au combat ou encore pour briser les enchantements qui protégeaient un objet. Ils s’entraînèrent à utiliser quelques sortilèges mais quand arriva midi, ils finirent par se lasser et se dire qu’ils feraient mieux de profiter de leur journée de repos pour se reposer, justement, se détendre et s’amuser.
    Après le déjeuner, ils convinrent qu’il n’y avait aucun danger à inviter Ginny à se joindre à eux pour une partie de Quidditch sur le terrain, ce que la jeune fille ne refusa pas. Ils changèrent plusieurs fois la composition des équipes : Harry et Ginny contre Ron et Hermione et Neville qui gardait les buts ; puis Harry et Hermione contre Ginny et Neville avec Ron, un peu plus efficace que Neville, affecté aux buts ; puis Harry et Neville contre Hermione et Ginny, etc. Le gardien ne faisait partie d’aucune équipe : tout le monde devait marquer du même côté du terrain. Cette règle avait été décidée à cause du nombre impair de joueurs.
    Ils sortirent du terrain une heure et demie plus tard et Ginny leur proposa une activité qu’elle avait pu expérimenter pendant leur absence : une baignade dans le lac, chose que Mrs Weasley leur avait refusée pendant tout le mois d’août mais qu’elle avait fini par céder à sa fille qui, étant toute seule, s’ennuyait mortellement. Heureusement pour eux, le temps s’était nettement éclairci et l’orage de la matinée avait fait place à un chaud soleil d’été.
    N’ayant pas de maillot de bain avec eux, les garçons se mirent en caleçon, quant aux filles, Ginny en avait acheter un avec sa mère pendant qu’elles faisaient avec prudence les courses sur le Chemin de Traverse, et Hermione avait rapporté à Poudlard ses affaires qui étaient restées chez elle, après l’enterrement de ses parents, mais elle ne s’attarda pas trop sur ce détail.
    Ils nagèrent en restant toutefois près du bord (histoire de ne pas être attiré par une créature des profondeurs), s’amusèrent à se jeter de l’eau, et faire différentes figures dans l’eau. Neville faillit toutefois couler en tentant un poirier mais une fois que Harry et Ron l’eurent ramené à la surface, ils rirent de bon cœur. Ils sortirent de l’eau en fin d’après-midi et se séchèrent au soleil en se laissant bronzer sur la pelouse du parc de Poudlard.
    Alors qu’ils avaient déjà remis leurs vêtements à cause de la fraîcheur de soirée, et qu’ils s’apprêtaient à rentrer dans le château pour dîner, une note de service s’envola dans la brise légère et se mit à tournoyer autour de Harry qui l’attrapa.
    - Qu’est-ce que c’est ? demanda Ron.
    - McGonagall me demande de venir avec Neville dans son bureau, répondit Harry. Ce doit être pour régler nos problèmes avec le ministère, elle m’avait dit que ça pourrait être fait aujourd’hui même.
    - Alors on y va ? questionna Neville.
    - Bien sûr.
    Après un bref « A tout à l’heure ! », ils se dépêchèrent de monter au deuxième étage puis dans le bureau de McGonagall. Ils frappèrent, entrèrent, et virent une chose à laquelle ils ne s’attendaient pas du tout : Rufus Scrimgeour, le ministre de la magie, était assis sur une chaise de bois à l’aspect peu confortable en face du bureau de Minerva McGonagall.
    - Harry ! s’exclama le ministre, un grand sourire aux lèvres en les voyant entrer.
    Il se leva et serra la main de Harry qui s’efforçait de ne pas montrer trop de mépris dans les traits de son visage. Il serra également celle de Neville qui lui dit un timide « Bonjour, Monsieur le ministre. ».
    - Asseyez-vous donc, dit Scrimgeour en faisant apparaître deux autres sièges. Je discutais avec Minerva de cette fâcheuse histoire. Je suis persuadé que vous n’avez fait que vous défendre, Mrs Ombrage a d’ailleurs été interrogée et ses déclarations sont très contradictoires… Je voulais seulement vous interroger aussi, connaître votre version des faits. Minerva, pourriez-vous nous laisser seuls, s’il vous plaît ?
    - Très certainement, répondit McGonagall d’un ton sec.
    Elle bondit comme un ressort et sortit de la pièce en claquant la porte.
    - En fait, Mr Londubat, j’aimerais interroger Harry en premier, dit Scrimgeour d’un ton qui laissait nettement entendre qu’il voulait que Neville suive son ancien professeur.
    - Euh… Oui, d’accord.
    Neville partit en jetant un regard plein d’appréhension à un Harry qui n’en avait pas moins.
    - Bonsoir, Harry, dit le ministre de la magie en se tournant vers lui. Je suis conscient que nous nous sommes quittés en mauvais termes il y a deux mois et… je voudrais m’en excuser.
    Il attendit et Harry se décida à répondre.
    - Je prends vos excuses. Mais que voulez-vous me dire ? demanda-t-il. Pourquoi est-ce que vous êtes ici ?
    - Je viens pour éclaircir les choses à votre sujet, assura Scrimgeour, étonné. Je ne vois pas pour quelle autre raison je pourrais venir ici maintenant que…
    Harry ne savait ni quoi dire ni quoi penser. Scrimgeour avait-il une idée de l’importance de l’endroit dans lequel il se trouvait ? McGonagall avait-elle pu le faire rentrer sans qu’il ait pu se rendre compte que cet endroit était bien trop protégé pour n’être qu’un simple édifice abandonné comme il devrait l’être ? Harry devait-il faire attention à ce qu’il disait en sa présence ?
    - Tout ce que je veux, dit le ministre, c’est m’entretenir avec vous sur ce qui s’est passé quand vous étiez seul avec Mrs Ombrage.
    - Il n’y a pas grand-chose à dire, répondit Harry. Ombrage voulait m’interroger et elle s’est mise à divaguer en prétendant que j’avais des rapports avec Voldemort, que s’il m’avait attaqué, c’était sans doute parce que j’avais fait une chose qui lui avait déplu et qu’elle allait m’arracher les vers du nez avec le sortilège Doloris. J’ai pris ma baguette et j’ai paré son coup, ensuite nous avons mené un duel de cinq secondes au bout duquel j’ai désarmé et immobilisé votre Sous-secrétaire d’Etat. Les aurors n’ont pas compris qu’on s’était défendus et ils nous ont attaqués, alors nous nous sommes enfuis, Neville et moi.
    - Très bien, mais si vous pouviez me faire un récit un peu plus pré…
    - Par contre, coupa Harry d’une voix forte, je n’ai aucune idée de ce que Hagrid est devenu.
    - Rubeus Hagrid a été envoyé à Azkaban, répondit Scrimgeour d’un ton sec. Il a faillit faire étouffer un auror en la plaquant à terre.
    - C’était pour nous défendre ! protesta Harry avec colère, oubliant que sa propre liberté était en jeu.
    - Il n’avait pas besoin d’être aussi brutal pour ça, rétorqua le ministre. Il aurait pu blesser Dawlish très gravement, voire pire.
    - Mais il l’a lâché ! s’exclama Harry. Il l’a laissé partir !
    - D’après le témoignage de Dawlish, il l’a fait uniquement parc que vous le lui avez demandé, fit remarquer Scrimgeour.
    - Il ne s’en rendait pas compte, il était en colère, et il y avait de quoi, vous ne croyez pas ? répliqua Harry.
    - La colère ne justifie pas qu’il ait faillit tuer un auror, dit Scrimgeour d’un ton sévère.
    - En fait, dit Harry, tout ce que vous voulez, c’est trouver un nouveau bouc émissaire, n’est-ce pas ? Stan Rocade ne vous suffit plus, c’est ça ? Vous avez besoin de Hagrid, maintenant ! Un demi géant, en plus, j’imagine que ça vous fera une bonne publicité auprès de la communauté magique !
    - Ne parlez pas de ce que vous ne connaissez pas ! s’emporta Scrimgeour.
    - Je pense m’y connaître mieux que vous ne le pensez.
    - Vous ne diriez pas ça, si vous vous trouviez à ma place, Harry !
    - Je préfèrerai toujours votre place à la mienne, répliqua Harry.
    - Je puis vous assurer que votre place serait bien meilleure si vous acceptiez enfin la proposition que je vous ai faite.
    - Je pensais bien qu’on en reviendrait là. Et bien je réponds que je ne veux pas être la mascotte d’une justice qui fait mal son travail ! répondit Harry d’un ton catégorique.
    - Dans ce cas il se pourrait que je revoie mon jugement, menaça Scrimgeour.
    - Si vous m’arrêtez, l’opinion publique à laquelle vous êtes tant attaché ne va pas vous être très favorable, fit remarquer Harry. Je ne pense pas que les gens apprécieraient que vous arrêtiez l’élu, n’est-ce pas ?
    - Il n’y a pas que vous, Harry, répliqua le ministre. Je pensais que si nous parvenions à un accord, je pourrais me montrer plus clément avec votre ami Hagrid, mais comme ce n’est pas le cas…
    - Vous me faites du chantage !? s’exclama Harry, incrédule. Vous, le ministre de la magie, vous me faites chanter pour que je vous fasse de la publicité ?
    - La fin justifie les moyens, dit Scrimgeour.
    - Je n’accepterai jamais ! répliqua Harry d’une voix forte mais tremblant sous la fureur.
    - Tant pis pour votre ami, dit le ministre en se levant. Je vous laisse réfléchir, Harry.
    Il sortit d’un pas vif du bureau en laissant un Harry à la fois incrédule, abasourdi, et furieux. Comment osait-il faire cela ? Comment pouvait-il lui faire du chantage en mettant en péril la liberté d’un être humain alors qu’il aurait dû se montrer ferme et juste face à la menace de Voldemort ?
    Il se leva et sortit à son tour mais il dut s’arrêter devant cinq personnes qui donnaient l’impression de se ronger les sangs. Mais il ne consentit à parler à Ron, Hermione, Neville, Ginny et McGonagall que lorsqu’il fut installé dans la Grande salle pour le dîner.
    - C’est absolument scandaleux ! s’indigna Hermione en tremblant d’une fureur que beaucoup partageaient. Comment le ministre de la magie peut-il faire une chose pareille !
    - Il faudra que j’en touche un mot à Percy, annonça Mr Weasley.
    - Et pourquoi est-ce que tu parlerais de ça à ce crétin ? s’étonna Ron. Il serait plutôt d’accord avec Scrimgeour…
    - Ne parle pas comme ça de ton frère ! prévint Mrs Weasley. Il a compris ses erreurs et s’est excusé. Maintenant, il fait partie de l’Ordre !
    - Nous aurons besoin plus que jamais de renseignements sur les actions du ministère, expliqua Arthur Weasley. Maintenant que nous savons que son chef n’hésite pas à employer de telles méthodes… Et de toutes façons, Percy n’aurait pas consenti à laisser faire de telles choses, même quand il ne nous croyait pas, admit-il avec une certaine amertume.
    Ils continuèrent à ruminer sur la détention abusive de Hagrid pendant tout le repas, ainsi que de la façon pas très efficace, et un peu trop liée à son image, dont Scrimgeour gérait la guerre contre Voldemort.
    - Vous savez, dit Tonks, finalement, je pense que si on avait continué à l’encadré et à lui donner des conseils, Fudge aurait peut-être été un meilleur ministre de la magie que lui.
    A sa propre surprise, Harry hocha la tête en signe d’approbation, ainsi que quelques autres.
    - Il ne faut rien exagérer, intervint Mr Weasley. Fudge aurait paniqué et aurait sans doute voulu faire les choses à sa manière. Bien qu’il aurait aussi pu, toujours paniqué, bombarder tout ses amis de demandes de conseils, admit-il. C’est vrai que Fudge est plus influençable que Scrimgeour qui lui est indépendant, et donc plus dangereux.
    Le dîner s’acheva et tout le monde sauf les membres de l’Ordre se leva, c’est-à-dire seulement Ginny. Harry, qui se doutait que sa petite amie pourrait très bien les attendre derrière la porte de la Grande salle, la prévint qu’ils ne viendraient pas. Elle parut intriguée mais ne posa pas de question et quitta la salle.
    Le professeur McGonagall s’éclaircit la gorge.
    - Je…
    - Mais que faites-vous encore là ? s’exclama Mrs Weasley qui fronçait les sourcils en regardant Harry, Ron, Hermione et Neville. C’est une réunion de l’Ordre, vous n’avez rien à faire ici ! All…
    - Calmez-vous, Molly, l’interrompit McGonagall.
    - Mais…
    - Je veux attendre les autres avant de commencer, coupa McGonagall.
    Une dizaine de minutes plus tard, la plupart des membres de l’Ordre qui n’avaient pas mangé là – Dedalus Diggle, Bill et Percy Weasley, Kingsley Shacklebolt, Elphias Doge, Sturgis Podmore, Hestia Jones et Alastor Maugrey – arrivèrent à Poudlard et prirent place à l’ancienne table des professeurs. Beaucoup parurent très étonnés de la présence du quatuor : même Maugrey Fol Œil fut bouche bée pendant une fraction de seconde.
    Lorsque tout le monde fut assis, McGonagall s’éclaircit la gorge une nouvelle fois.
    - Bonsoir et bienvenue pour notre réunion hebdomadaire, dit-elle. En tout premier lieu, je voudrais vous annoncer l’entrée de quatre nouveaux membres dans l’Ordre du Phénix.
    Elle montra le quatuor d’un geste de la main.
    - Harry Potter, Ronald Weasley, Hermione Granger et Neville Londubat feront désormais partie intégrante de l’Ordre, annonça-t-elle, sauf si vous vous y opposez.
    - Je m’y oppose ! s’exclama Mrs Weasley en se levant d’un bond.
    - Puis-je savoir pourquoi ? questionna McGonagall, qui, légèrement exaspérée, donnait nettement l’impression de déjà connaître la réponse.
    Tout le monde semblait très surpris de l’annonce de la présidente de l’Ordre, mais aucun ne parlait.
    - Ils sont bien trop jeunes, enfin, Minerva ! Je refuse leur faire prendre un tel risque, encore moins mon propre fils !
    - Percy fait partie de l’Ordre ! protesta Ron.
    - Percy est bien plus responsable que vous ! répliqua sa mère.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:20:35 Avertir un administrateur
  • - Tu peux dire ce que tu veux, n’empêche que Percy a donné la preuve qu’il était bien moins responsable que nous, contrairement à ce que nous avons toujours cru, et le fait qu’il se soit excusé ne l’efface pas !
    - Ca suffit ! coupa McGonagall. Nous ne sommes pas là pour écouter vos querelles de famille !
    Mrs Weasley se rassit. Percy, lui, ne répondit rien aux paroles que son plus jeune frère venait de proférer contre lui.
    - Molly, reprit McGonagall d’un ton sec, votre fils et ses amis sont majeurs et responsables, et sont parfaitement conscients des risques qu’ils encourent.
    - Fred et George ont intégré l’Ordre tout de suite après leur sortie de Poudlard, dit Mrs Weasley les larmes aux yeux, et regardez le résultat !
    - Molly, dit Mr Weasley en posant sa main sur l’épaule de sa femme, que crois-tu que ça aurait changé si Fred et George avaient eu l’âge d’Emmeline ?
    - Rien du tout, répondit Maugrey de sa voix rocailleuse. Ils auraient quand même été soumis à l’Imperium, quelque soit leur âge.
    Mrs Weasley resta silencieuse. Emmeline Vance était une sorcière qui avait fait partie de l’Ordre jusqu’à ce qu’elle soit tuée un an plus tôt par des mangemorts, et Harry en était certain, elle n’aurait rien pu faire pour échapper à son sort.
    - Que ceux qui acceptent Harry, Ronald, Hermione et Neville dans l’Ordre lèvent la main.
    Le professeur leva sa main, ainsi que tous les autres – même si certains, comme Mr Weasley, avaient quelque peu hésité – sauf Mrs Weasley dont les bras demeurèrent obstinément et hermétiquement croisés.
    - Très bien, dit McGonagall en s’adressant au quatuor. Vous pouvez désormais vous considérer comme des membres à part entière de l’Ordre du Phénix. Quand je vous ai fait cette proposition, je vous avais dit que j’aurai souhaité que vous donniez votre réponse avant de pouvoir régler des affaires qui pourraient affecter l’Ordre. Et c’est de quoi nous allons discuter maintenant, annonça-t-elle en regardant cette fois tous les membres de l’Ordre. Ces derniers jours, le ministre et moi-même avons beaucoup discuté et nous sommes tombés d’accord sûr au moins un point : les jeunes sorciers et sorcières ne pourront pas continuer la lutte après nous s’ils n’apprennent pas sérieusement la magie. Depuis que Vous-Savez-Qui a pris Pré-au-Lard, il a un énorme avantage et vaincre les mangemorts et son armée deviendra impossible si la guerre s’éternise jusqu’à ce que toutes nos générations respectives se soient éteintes. Car à ce moment là, les jeunes sorciers qui n’auront pas fini leurs études à cause de la fermeture de cette école ne pourront combattre – ne sauront comment combattre – les mages noirs.
    - Mais le conseil d’administration a été clair, objecta Mr Weasley. Tous ses membres ont voté à l’unanimité pour la fermeture de Poudlard et nous ne pouvons pas aller à l’encontre de leur décision.
    - Je sais, Arthur, répliqua McGonagall. C’est pourquoi le ministre et moi-même sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait changer le système – du moins jusqu’à la fin de la guerre. Le ministère devrait très bientôt annoncer la promulgation d’une loi qui rendra obligatoire la scolarité pour tout enfant disposant de talents magiques.
    Soudain, un éclair de compréhension passa dans le regard et le cerveau de Harry. Ainsi donc, Poudlard allait être rouvert… Voilà donc pourquoi Ginny disait qu’ils pourraient bientôt se retrouver beaucoup plus souvent ici pour profiter l’un de l’autre… pour ne plus avoir à redouter qu’un mangemort ne les surprenne…
    - Obligatoire ? s’étonna Hestia Jones. Mais les parents le prendront-ils bien ?
    - Ils n’auront pas le choix, dit McGonagall. Nous estimons que c’est une mesure indispensable si nous voulons ne pas subir plus de dégâts au niveau des connaissances magiques des futures générations de sorciers.
    - Il est vrai que si nous n’arrivons pas à gagner avant que la majorité de la population soit issue des générations qui n’ont pas eu le droit à l’éducation, nous serons perdus, approuva Kingsley Shacklebolt de sa voix apaisante. Cependant, si ça veut dire que Poudlard appartient au ministère…
    - De mon vivant, ce ne sera jamais le cas, assura vivement McGonagall, je vous le garantis !
    - Mais…
    - Monsieur le ministre n’était pas tout à fait d’accord mais il a fini par accepter que Poudlard conserve son statut d’il y a quelques mois. La Gazette du Sorcier a commis un léger abus de langage en parlant de privatisation, cet été. Poudlard n’a jamais été public dans le sens où ce collège appartiendrait au ministère de la magie. L’école a toujours survécu grâce à ses dons, mais aussi grâce à ceux des parents d’élèves et particulièrement ceux du conseil d’administration ; et c’est ce conseil qui nomme et contrôle le directeur à qui appartient l’école.
    - Les parents qui faisaient parties du conseil ne seront plus aussi généreux, si on le supprime, fit remarquer justement Sturgis Podmore.
    - Le conseil d’administration ne sera pas fermé, répliqua la directrice de Poudlard. Ils n’auront simplement plus le pouvoir de fermer l’école.
    Il semblait que le sujet de discussion allait changé, mais Harry avait encore deux questions importantes en tête.
    - Professeur McGonagall, intervint Harry, quand j’ai survolé Pré-au-Lard en balai, j’ai vu… Enfin les élèves ne pourront certainement pas venir par le train.
    - J’ai déjà réfléchi et trouvé une solution à cela. Les élèves viendront par la poudre de cheminette, expliqua McGonagall. Chacun se retrouvera dans la cheminée du bureau de son directeur de maison, et les première année se retrouveront dans mon bureau.
    - Mais… Est-ce que… Est-ce que la scolarité sera aussi obligatoire pour les élèves majeurs ? demanda Harry, hésitant.
    Ses trois amis semblèrent soudainement inquiets. Généralement, c’était Hermione qui pensait à ce genre de détail, mais cette fois, le chef du groupe y avait pensé en premier, car il tenait particulièrement à éclaircir ce point…
    - Oui, Harry, répondit McGonagall d’un ton sec. Et l’Ordre ne vous couvrira sûrement pas si vous décidiez de ne pas respecter cela, ajouta-t-elle en fronçant les sourcils. Vous aurez vos propres missions pour l’Ordre, mais je suis certaine que vous trouverez le temps pour les accomplir. Après tout, Harry, n’était-ce pas ce que vous faisiez avec le professeur Dumbledore l’an dernier ?
    Il ne répondit rien. Il retournerait donc à Poudlard, contrairement à la décision qu’il avait prise il y a de cela deux mois… On le forçait à redevenir pour un an encore un élève…
    Il y eut un bref silence à l’évocation de ce si grand sorcier.
    - Professeur, dit Hermione en coupant le silence, où est-ce que l’Ordre va bien pouvoir aller si Poudlard est à nouveau rempli de sorciers ?
    Les autres parurent émerger de leurs pensées, sans doute destinées à leur illustre et ancien président.
    - C’est pour cette raison que je voulais que vous me donniez une réponse avant d’aborder la réouverture de Poudlard, Granger, répondit McGonagall ; pour savoir si je devais vous en parler pendant cette réunion ou vous convoquer dans mon bureau. Car j’avais besoin de vous pour régler le problème de notre nouveau quartier général.
    La plupart des gens assis à la table, dont Harry, Ron, Hermione et Neville, froncèrent les sourcils, l’air intrigué.
    - Il y a un an et demi, poursuivit la présidente de l’Ordre, vous avez utilisé une salle de ce château pour qu’Ombrage ne vous trouve pas alors que vous tentiez de donner de véritables cours de Défense contre les Forces du Mal. Harry en était le chef, vous vous souvenez ?
    - Vous voulez utiliser la salle sur demande ? s’étonna l’ancien professeur de l’Armée de Dumbledore.
    McGonagall acquiesça.
    - Seulement, parmi nous tous, il n’y a que vous quatre qui sachiez vraiment comment y entrer.
    - Vous parlez de cette salle qui se transforme selon les besoins de celui qui y entre ? demanda Kingsley.
    - C’est une excellente idée ! approuva vivement Hestia Jones.
    - Mais le fils Malefoy avait pu y pénétrer à votre insu, non ? grogna Maugrey Fol Œil.
    - Oui mais l’amie de Cho – Marietta – nous avait trahi, dit sombrement Harry.
    Ils discutèrent encore un peu de la salle sur demande, parlèrent de ses nombreux avantages et finirent par se mettre d’accord pour aller la visiter à la fin de la réunion.
    Après les affaires intérieures de l’Ordre, ils en vinrent enfin à parler directement de la bataille contre Voldemort, des problèmes à résoudre en ce moment, de ses plans présumés. Harry apprit ainsi que depuis jeudi matin, une véritable armée de sorciers du ministère avait mis en place une puissante barrière magique autour de celle des mangemorts pour qu’ils ne puissent pas sortir et soient pris au piège. Depuis, il n’y avait pas eu de meurtre supplémentaire mais apparemment, les sbires de Voldemort n’étaient pas du tout emprisonnés car il y avait quand même eu des traces de leurs activités habituelles. Partout dans le pays, des tombes étaient profanées et vidées, signe que des inferi étaient créés, mais il y avait également des signes inhabituels dans d’autres pays d’Europe. Il semblait en effet qu’une vaste mouvance se dessinait en direction du Royaume-Uni, un mouvement de créatures maléfiques et de mages noirs qui, quand ils arrivaient, s’évanouissaient soudain dans la nature. Il semblait que Voldemort se constituait une armée beaucoup plus importante que lors de la première guerre, une armée intouchable puisqu’elle était protégée par son dôme vert surmonté de la Marque des Ténèbres.
    - Il va sûrement essayer de s’emparer des grands foyers de sorciers, expliqua Kingsley Shacklebolt. Le Chemin de Traverse pourrait être la prochaine cible.
    - Cette guerre commence à ressembler à celles des moldus, dit tristement Arthur Weasley, avec à chaque coup une grande quantité de morts et des villes prises en une bataille.
    - Nous ne pouvons pas laisser faire ça ! s’exclama Sturgis. Il faut que l’on surveille le Chemin de Traverse !
    - C’était le rôle de Fred et George, il n’y a pas si longtemps, déclara Mrs Weasley.
    Il y eut un bref silence puis la discussion reprit. On attribuait une mission à chaque membre ou groupe de membre de l’Ordre. Tonks, qui était désormais affectée en tant que garde du Chemin de Traverse, devait relever les informations et les signes inquiétants là-bas. Kingsley devait épier la façon dont le ministère agissait face aux attaques des mangemorts, Percy devait continuer à donner des informations sur Scrimgeour, etc. Cependant, aucun rôle ne fut attribué à Harry, Ron, Hermione ou Neville.
    - Et que devra faire Harry et son groupe ? demanda Kingsley avec curiosité.
    - Ca, c’est à eux de me le dire, répondit McGonagall.
    Hermione lança un regard courroucé à Harry qui lui fit signe que tout allait bien.
    - Pour l’instant – je sais, ça n’a rien d’une mission – il faudrait que je récupère mes affaires, dit Harry. Il y a un objet qui pourrait m’être utile, dans ma valise. Mais en attendant, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire…
    - Moi j’ai une idée, déclara Maugrey.
    Les regards se tournèrent vers lui.
    - Maintenant qu’il y a quatre élèves de Poudlard dans l’Ordre, ils pourraient nous servir pour relever des informations sur le comportement des élèves. Les Serpentard, par exemple…
    - Oui, approuva McGonagall, je suis d’accord. Cela ne vous demanderait pas beaucoup d’efforts, je présume, vu votre tendance à vous mêler de tout ? demanda-t-elle en se tournant vers le quatuor.
    - Euh… Non, Professeur, répondit Harry après que ses amis le lui eurent confirmé d’un signe de tête.
    - Très bien. La réunion est terminée, déclara la présidente de l’Ordre. Allons voir notre nouvelle salle de réunion.
    Ils se levèrent tous et montèrent au septième étage. Harry, Ron, Hermione et Neville expliquèrent au reste de l’Ordre comment utiliser la Salle sur Demande. Quand McGonagall fut passée trois fois devant le pan de mur, à côté de la tapisserie représentant la tentative saugrenue de Barnabas le Follet qui voulait apprendre la danse à un troll, une porte apparut. Elle la franchit en premier, les membres de l’Ordre du Phénix à sa suite. Ils découvrirent alors une immense pièce rectangulaire.
    Les murs étaient tapissés de bibliothèques contenant des livres sur des sorts de défense, un peu comme pour l’A.D., mais pas seulement. Il y avait aussi des vieux journaux relatant des évènements ayant rapport avec les mangemorts, avec Voldemort, et des morceaux de parchemins un peu étranges…
    Au centre se tenait une grande table de bois entourée de chaises en face desquelles étaient posés des blocs-notes.
    - C’est absolument génial ! s’enthousiasma Tonks sur un ton quelque peu faux, signe qu’elle tentait désespérément de faire croire qu’elle avait retrouvé sa bonne humeur naturelle, chose impossible vu que son amant était mort trois jours auparavant.
    - C’est parfait, approuva McGonagall sur un ton plus professionnel.
    - Une salle qui devient notre quartier général en cas de besoin ? C’est pas mal pour la sécurité, grogna Maugrey d’un ton appréciateur.
    - Arrête donc de penser à ça tout le temps, Fol Œil, dit Hestia Jones.
    - Il a raison, commenta Sturgis Podmore, il faut bien penser à ce que notre quartier général reste secret.
    - Avec Maugrey, ça peut devenir agaçant d’entendre tout le temps parler de sécurité, dit Kingsley dans un souci d’impartialité et non sans un tressaillement de sourire.
    Pendant que les autres discutaient entre eux, Harry appela discrètement ses trois amis et attira leur attention sur ces parchemins si étranges à ses yeux. Il y avait lu des notes qui ne le laissaient pas indifférent.
    - On dirait que la personne qui écrivait prenait des notes pour chercher quelque chose, dit Hermione, pensive.
    - Regarde le nom qu’il a écrit ici, dit Harry, « Elvis ». Et là, « Gaunt ».
    - Tu crois que…
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 22 décembre 2006 à 23:21:32 Avertir un administrateur
  • - Oui, ces parchemins sont des notes que prenaient Voldemort quand il était à Poudlard, déclara Harry. Je commence à comprendre un peu mieux comment fonctionne cette salle…
    - Qu’est-ce que tu veux dire ? s’étonna Ron.
    - Les objets qu’on y trouve quand on en a besoin, ils doivent être pris parmi ceux que les élèves ont caché là pendant des siècles.
    - C’est vrai que ce serait logique, approuva Hermione.
    - Pourquoi ? demanda Ron, agacé.
    - Parce qu’il serait étrange que cette salle ait le pouvoir de faire apparaître des livres, des objets contre la magie noire, des vieux numéros de la Gazette…
    - OK, OK… D’accord, c’est bon, assura Ron en hochant frénétiquement la tête devant l’insistance de sa petite amie.
    - On devrait pouvoir se servir de ces notes pour trouver des indices sur les horcruxes, non ? dit Neville.
    - C’était mon idée, acquiesça Harry.
    - Alors ! Et moi qui croyais faire partie de votre branche de l’Ordre ! chuchota une voix grave.
    - Oh ! Abel, nous…
    - Ne vous fatiguez pas, Hermione, interrompit Abelforth Dumbledore, j’ai tout entendu. Mais la prochaine fois, n’oubliez pas que je suis au courant et que vous pouvez me faire confiance, que vous n’avez rien à me cacher.
    - Oui ! Excusez-nous…
    - Ce n’est rien, assura Abel avec un léger sourire qui les rassura.

    Harry consacra le début de la deuxième semaine de septembre à sa tentative de destruction du fragment d’âme que contenait le médaillon de Serpentard. Ses affaires lui étaient parvenues dans la nuit de dimanche à lundi et depuis, il avait commencé sa lourde tâche.
    Suivant le conseil d’Abelforth, il avait essayé de parler fourchelang mais malgré ses efforts de concentration, il ne parvint pas à utiliser le langage des serpents qu’il n’avait jamais réussi à parler sans avoir de serpent ou d’effigie de serpent devant lui.
    Après le déjeuner où Mrs Weasley avait refusé de leur adresser la parole, Hermione eut l’excellente idée de chercher une revue animalière dans la bibliothèque désormais sans surveillance du château. Ils cherchèrent dans le fouillis qu’avaient laissé Harry, Ron et Hermione quand ils avaient cherché à la va-vite des livres de sortilèges, puis quand, accompagnés cette fois du nouveau membre de leur groupe, Neville, ils avaient empiré les choses le matin de la veille. Ils dénichèrent au bout de deux heures dans la réserve, un endroit qu’ils n’auraient jamais cru avoir à visiter juste pour trouver une image d’animal, un livre sur la magie noire avec un chapitre qui traitait justement du fourchelang.
    - C’est vraiment horrible ! s’indigna Hermione.
    - Quoi ? demandèrent les trois garçons en chœur.
    - Ils décrivent les fourchelang comme des mages noirs ! s’exclama Hermione.
    - Bah… Je suis un peu habitué, dit Harry.
    Il avait en effet passé près d’une année à être accusé d’agressions contre des élèves d’origine moldue, avant de donner la preuve qu’il n’y était pour rien en sauvant sa chère Ginny des crochets d’un basilic.
    Harry regarda une photo animée de serpent qui se trouvait au début de ce chapitre sur le fourchelang, tenta une phrase, et la réaction des autres lui montra qu’il avait réussi à parler comme les serpents. Il fit d’autres essais concluant et perçut en effet des sifflements rauques en même temps qu’il parlait. Il retourna dans la tour de Gryffondor, prit le médaillon, et tenta plusieurs phrases tout en jetant une fraction de seconde avant un regard vers le livre sur la magie noire. Cependant, il ne parvint à rien et la relique demeura intacte.
    - Peut-être qu’il faut le regarder, suggéra Ron au bout de trois quarts d’heure.
    - C’est ce que je fais ! s’énerva Harry.
    - Non, infirma Hermione, tu commences ta phrase en regardant la photo du serpent pour pouvoir parler fourchelang. Il doit falloir que tu le regardes tout le temps.
    Harry tenta alors de parler fourchelang en pensant de toutes ses forces à l’image qu’il avait regardée, et il finit par réussir après dix bonnes minutes de concentration intense. Il tenta de nouveau plusieurs formulations mais rien n’y fit. La tension de Harry monta, ainsi que l’inquiétude : et si leur hypothèse était fausse ? Neville proposa d’utiliser une baguette magique. Harry retenta tout ce qu’il avait déjà dit en pointant l’objet de sa baguette, puis en le tapotant, puis en le tapotant deux fois, puis trois fois, puis quatre, puis…
    A seize heures, le médaillon de Serpentard vola à travers la pièce après à un mouvement de rage de Harry.
    - Calme-toi ! s’exclama Hermione. Ce n’est pas en le cassant que tu résoudras ton problème !
    - Si, justement ! fit remarquer Harry en colère. Il faut que je le casse ! Mais je n’y arrive pas !
    - On a qu’à faire une pause, proposa Ron. On pourrait faire une partie de Quidditch, ou encore se baigner, comme hier.
    - Nous devons détruire l’horcruxe, Ron ! protesta Hermione.
    - Ca peut attendre un peu ! dit Ron. On ne va pas rester tout le temps là-dessus, il faut bien se détendre !
    - On pourra se détendre quand on aura détruit l’horcruxe ! insista la jeune femme.
    - On dit que la nuit porte conseil, rappela Neville. Peut-être que la détente aussi.
    Hermione parut un moment très en colère, puis elle se mit à cligner des yeux avec frénésie.
    - Heureusement que tous ceux qui combattent Voldemort ne sont pas comme vous, murmura-t-elle, à faire de longues pauses pendant lesquelles il peut tuer, détruire des familles, rendre des gens orphelins…
    Ron sembla se décomposer face à cette allusion à la mort des Granger. Jamais Harry ne l’avait vu aussi peiné. Il s’approcha lentement d’Hermione qui avait l’air de retenir des larmes.
    - Je suis désolée, dit-elle. Je ne voulais pas dire ça.
    - Ce n’est pas grave, la consola Ron à voix basse en entourant tendrement les épaules de sa petite amie. Mais je parlais seulement d’une petite pause, Hermione, je ne disais pas qu’on allait prendre de longues vacances, bien que ça me tenterait bien…
    Il croisa soudain le regard de ses amis et ses oreilles prirent une teinte rouge. Harry se sentait mal à l’aise, il ne voulait pas gêner son meilleur ami dans un moment pareil.
    - Je crois… que la pause va commencer maintenant, dit-il. Viens, Neville.
    Il vit dans le regard de Ron de la reconnaissance.
    Harry et Neville descendirent les marches du château sans échanger le moindre mot. Ils parvinrent en haut de l’escalier de marbre et là, Harry s’assit sur la première marche.
    - Je ne l’avais jamais vu comme ça, avoua-t-il. Je ne l’avais jamais vu si compréhensif, si prévenant envers les autres. Il a toujours plutôt été du genre à se mettre en colère pour ce genre de chose, mais là…
    - Ben… disons que depuis mercredi, Ron est devenu plus sensible, dit Neville.
    Harry hocha la tête. Neville avait raison, Ron avait changé, il avait été marqué par ce qui était arrivé dans la semaine. En vérité, tout le monde avait été marqué, Harry le premier, et c’était pourquoi il comprenait que son ami ait pu devenir autant adulte en si peu de temps. Il avait aussi l’impression que Ron ressentait pour la première fois de sa vie les tourments de l’amour… C’était comme Neville, qui tout d’un coup, se décidait à venir le rejoindre dans sa quête de Voldemort, affirmait sa personnalité, faisait des remarques… intelligentes. La prise de conscience frappait tout le monde…
    Ils se séparèrent, partant chacun de son côté. Harry parcourut ce château qu’il avait considéré comme son foyer durant six longues années, et qui allait bientôt redevenir son école. Il n’avait pas voulu revenir à cause des horcruxes, mais aussi à cause de ce que lui rappelait cet antique collège… Mais il était revenu depuis déjà plus d’un mois et l’avait supporté… Il savait ce qu’il devait faire pour être totalement en paix avec lui-même s’il devait encore passer un an ici, et il estimait qu’à présent, il devait en avoir la force.
    Après s’être arrêté au beau milieu d’un couloir du quatrième étage, il décida donc de redescendre les marches et de sortir dans le parc de Poudlard. Il longea le lac, se dirigeant vers un carré d’herbe qu’il avait soigneusement évité ces dernières semaines, mais qu’un de ses rêves lui avait montré récemment… Peut-être comprenait-il mieux maintenant le sens de ce cauchemar si étrange.
    Il s’approcha et s’agenouilla en face de la tombe blanche gravée de ces mots :

    Albus Dumbledore
    1846-1997

    Harry se mit à pleurer silencieusement, repensant à son directeur, son précepteur, son protecteur… et ami.
    « De quoi as-tu peur ? »
    Cela, il l’avait compris après un autre cauchemar où il avait failli devenir un lâche… Il comprenait également que jamais il ne reverrait Dumbledore, il l’avait compris depuis très longtemps déjà, mais il avait refusé de voir la peur qu’agir seul lui inspirait, face à quelqu’un comme Voldemort, une peur qu’il avait désormais décidé de combattre.
    Il resta ainsi pendant il ne savait combien de minutes, il ne savait combien d’heures… jusqu’à ce qu’une petite main se pose délicatement sur son épaule, une main chaleureuse, douce, accompagnée d’un parfum de fleur tout aussi doux.
    « Tu n’es pas seul… »
    Harry s’emplit alors d’une joie de vivre qu’il n’avait jamais ressentie, il venait de résoudre cette énigme, de comprendre ce qu’il aurait dû comprendre depuis que cette même main s’était poser de la même manière il y a plus de deux mois de cela, pour le ramener auprès des siens… Il n’était pas seul ! Il avait des amis, des gens auquels il tenait et qui tenaient également à lui, des gens qui l’aideraient et qu’il aiderait aussi… il avait Ginny.
    Il se retourna pour regarder sa petite amie qui, sans doute au cours d’une balade solitaire dans le parc, avait aperçu Harry devant cette tombe.
    - Il te manque, n’est-ce pas ? dit-elle d’un ton compatissant.
    - Oui, beaucoup, répondit-il. Il nous manque à tous, je présume.
    Puis il sourit, pas d’un sourire forcé, mais d’un sourire vrai, naturel, un sourire de joie.
    - Mais la vie continue, non ? dit Harry.
    Il se leva et enlaça Ginny qui passa ses bras autour de son cou. Elle avait toutefois l’air inquiète.
    - Tu es sûr que ça va ? demanda-t-elle.
    - Beaucoup mieux qu’il y a quelques secondes, assura Harry.
    - Et puis-je savoir pourquoi ? s’étonna Ginny en riant.
    - Je viens de comprendre certaines choses. Et puis l’avantage, quand on est amoureux, c’est qu’il suffit de voir sa petite amie pour être heureux.
    Ils se lâchèrent et s’assirent tranquillement dans l’herbe.
    - Pourtant, Hermione n’avait pas l’air très heureuse quand je l’ai vue passer avec Ron, fit remarquer la jeune fille.
    - Tu sais bien pourquoi…
    - Oui, mais je ne suis pas inquiet. Ron a fait de nombreux progrès en compréhension humaine depuis qu’il s’est enfin rendu compte pour quelle raison il se mettait en colère à chaque fois qu’on lui parlait de Victor Krum.
    Ils éclatèrent de rire. Jamais Harry n’avait passé une si bonne après-midi. Ils parlèrent, rirent ensemble pendant de longues heures, et quand ils étaient à cours de sujet de conversation, ils s’embrassaient. Ils rentrèrent main dans la main et les autres parurent étonnés – mais ravis – de les voir aussi radieux. Les yeux d’Hermione n’étaient pas rouges, contrairement à ce qu’on aurait pu croire, mais elle ne parla pas trop au cours du repas. Personne ne savait ce que Neville avait bien pu faire de sa journée, mais il se trouvait à table avec tout le monde, et ne semblait pas se sentir particulièrement délaissé par ses amis qui pourtant avaient passé leur journée en couples, couples dont il était exclu puisqu’il n’avait pas de petite amie. Ils mangèrent joyeusement et Harry et Ginny parvinrent à mettre de bonne humeur Mrs Weasley qui accepta enfin de leur adresser la parole, sans toutefois leur parler de l’entrée du quatuor dans l’Ordre du Phénix.
    Ils s’accordèrent tous les cinq (Ginny était restée avec eux) une bonne demi-heure de laisser-aller, confortablement installé dans des fauteuils défoncés, Harry assis avec Ginny et Ron avec Hermione, cette dernière oubliant apparemment ce qu’elle avait dit presque en larme quelques heures auparavant. Puis ils montèrent dans leur dortoir après s’être dit bonsoir : Harry embrassa brièvement mais fougueusement Ginny, ce qui ne gêna nullement Ron qui échangeait dans le même temps un baiser avec Hermione. Quand il se fut mis en pyjama, Harry se souvint que le médaillon était resté sur le sol de la salle commune. Il redescendit le chercher.
    Il était là, près du feu, cet héritage du plus maléfique fondateur de Poudlard. Quand parviendrait-il à le détruire ? Et comment ? Il avait essayé le fourchelang, le fourchelang avec sa baguette, mais rien n’y avait fait, à moins que… Il fut soudain saisi d’une idée, une idée que ses amis (Hermione, en tout cas) désapprouveraient sûrement à cause du danger que cela représenterait. Mais après tout, Dumbledore n’avait-il pas dû sacrifier sa main droite pour détruire la bague de Gaunt ? Il ne pourrait pas détruire beaucoup d’horcruxes s’il renonçait devant le moindre petit risque.
    Comme à son idée, il mit le médaillon autour de son cou. Il risqua plusieurs formules en fourchelang mais rien ne fonctionna. Il prit alors sa baguette et recommença. Il commençait sérieusement à désespérer quand il tenta pour la énième fois la dernière phrase qu’il avait en tête, et qu’il avait imaginée en se rappelant de la façon dont un jour, un autre horcruxe avait libéré un serpent géant.
    - Ouvre-toi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard ! ordonna-t-il dans un sifflement rauque.
    Il ferma les yeux en priant le ciel et entendit un déclic. Il les rouvrit alors et en une fraction de seconde, il vit les deux faces intérieures du médaillon, chacune contenant un portrait.
    L’un des deux lui sourit.



    Voilà, d´autres chapitres devraient arriver demain^^.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 23 décembre 2006 à 14:02:05 Avertir un administrateur


  • 17
    Le duel des âmes


    Harry, Ron, Hermione et Neville restèrent à Poudlard en attendant la rentrée du 1er octobre. La Gazette du Sorcier avait annoncé la promulgation de la loi rendant la scolarité magique obligatoire pour tout sorcier âgé de onze à dix-sept ans le mercredi qui avait suivi la première réunion de membres de l’Ordre du quatuor. Neville, Ron et Hermione pressaient sans cesse leur chef de groupe de tenter de détruire l’horcruxe trouvé au cou de Malefoy mais Harry répondait toujours qu’il y était presque et qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter pour cela, une réponse qui ne convenait guère à Hermione, laissait Neville perplexe, mais rassurait quelque peu Ron. Ce dernier disait que c’était un bon temps pour les couples pour profiter des journées (parfois) ensoleillées. Il ne cessait de répéter à Neville que lorsque les cours reprendraient, il faudrait lui chercher une petite amie, une remarque qui faisait rougir le visage lunaire du jeune homme.
    - Je te jure, Neville ! disait Ron. Une fois que tu sauras ce que c’est que d’avoir une petite amie, tu verras que c’est le pied ! Ca ne peut t’être que bénéfique !
    - On peut savoir ce que tu en sais, Ron-Ron ? demanda Ginny. Depuis quand es-tu un expert en relations amoureuses ? Je veux bien croire que tu es un bon petit ami pour Hermione, maintenant, mais pour ce qui était de lui demander de sortir avec toi, c’était autre chose ! Ca a même pris une année entière, moqua-t-elle.
    - Et puis arrête de parler des filles comme si nous étions de simples jouets ! s’exaspéra Hermione, forçant ainsi son petit ami à ravaler la réplique qu’il voulait lancer à sa petite sœur.
    A la place, il lança une réplique à sa petite amie.
    - Je n’ai jamais dit ça ! s’indigna-t-il. Ce n’est pas parce que tu es un être humain que t’avoir ne peut pas être bénéfique, je dirais même que c’est le contraire.
    - Comment ça, m’avoir ?
    - Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! s’empressa-t-il de rectifier. Je voulais seulement dire que… enfin…
    - Je ne t’appartiens pas ! s’énerva Hermione.
    - Ce n’était pas dans le sens de posséder ! Je voulais dire t’avoir auprès de moi, assura Ron, ses oreilles devenant écarlates.
    - Depuis quand te laisses-tu malmener par les femmes, Ron ? ricana Harry.
    - Quelle remarque de machiste ! rit Ginny.
    Harry se contenta de sourire. Son regard sembla se vider pendant quelques secondes.
    - Ca va, Harry ? s’inquiéta Ginny.
    Il sursauta et sembla revenir à la réalité.
    - Oui, oui, ne t’inquiète pas, je rêvais, dit-il d’un ton doucereux.
    - En général, quand tu rêves, c’est mauvais signe, rappela Ron. Souviens-toi de la dernière fois…
    - Tous les rêves ne peuvent pas être des cauchemars, dit Harry d’une voix nonchalante. Je crois que je vais aller faire un tour dans le parc.
    Sur ces mots, avant que quiconque d’autre ait pu en prononcer, il se leva et sortit par le portrait de la Grosse Dame.
    - Il est un peu bizarre, non ? dit Ron en observant le trou d’entrée, songeur.
    - Oui, approuva Hermione, les sourcils froncés. Il n’est pas comme d’habitude.
    - Je me demande si… commença Ginny avec inquiétude.
    - Quoi ? demandèrent les trois autres.
    Elle leur raconta alors l’étrange réaction de Harry quand il s’était recueilli devant la tombe de Dumbledore.
    - Tu crois que c’est pour ça qu’il a l’air si… nonchalant ? l’interrogea Hermione, perplexe.
    - Je ne sais pas, répondit Ginny. C’est possible.
    Hermione ne sembla pas convaincue par cette éventualité. Les garçons, eux, ne paraissaient pas aussi troublés par le comportement de leur ami, quant à Ginny, visiblement, elle se rongeait les sangs.

    Harry se réveilla dans le noir total. Il se leva et alluma sa baguette magique pour s’apercevoir qu’il se trouvait dans une toute petite pièce aux murs noirs et sans fenêtre. Si, il y en avait une ! Ou plutôt, c’était une sorte de hublot un peu plus grand que sa tête, et qui se trouvait au niveau de celle-ci.
    Par cette étrange ouverture, il apercevait un visage, un visage recouvert d’une barbe noirâtre. D’après le peu qu’il voyait du cou du sombre homme, Harry devinait qu’il était vêtu d’une robe argentée et d’une cape verte comme l’émeraude. L’homme semblait immergé dans l’ennui le plus profond.
    - Enfin du nouveau ! s’exclama-t-il d’une voix grave et déplaisante. Je croyais que jamais plus cela ne se produirait, depuis que mon cher descendant est venu me tenir compagnie.
    - Où suis-je ? interrogea immédiatement Harry.
    - Dans un portrait, bien sûr ! répondit l’homme, étonné. Comment pouvez-vous l’ignorer ? A moins que… ah oui… Finalement, contrairement à toutes les assurances de mon ex-voisin, quelqu’un est parvenu à lui prendre mon médaillon.
    - De quoi parlez-vous ? demanda Harry, qui ne comprenait décidément rien à ce qui lui arrivait.
    - Il m’avait assuré que jamais personne ne pourrait découvrir cet horcruxe, et que de toutes façons, si cela arrivait malgré tout, que la personne en serait grandement punie et que lui en tirerait un très net avantage. Maintenant je vois qu’il avait raison sur au moins un point : il a pris possession de votre corps et vous, vous êtes coincé ici !
    Il éclata d’un rire moqueur.
    - Vous voulez dire que… nous avons échangé nos places ? s’exclama Harry, désormais paniqué. Que mon âme est rattachée au médaillon et qu’il dispose de mon corps ?
    - Ca m’en a tout l’air, répondit l’homme. Mais vous vous trompé sur un point : ce n’est pas au médaillon que votre âme est rattachée, mais au portrait. Mon précieux héritage n’a jamais été transformé en horcruxe : seul le portrait en est un. Vous vous êtes mis dans de sales draps ! Mais comme ça, vous allez pouvoir me tenir compagnie et me donner des nouvelles du monde magique actuel.
    - Vous rêvez ! s’énerva Harry. J’ai d’autres choses à faire, Mr Serpentard, c’est ça ?
    - Professeur Serpentard, rectifia le co-fondateur de Poudlard. J’étais respecté avant que je ne sois obligé de démissionner pour que les sang-de-bourbes puissent étudier la magie ! Ce Godric… je le croyais mon ami, mon frère, mais il m’a chassé.

    Harry se promenait souvent seul dans les couloirs du château. Il pénétrait dans les salles de classe et y passait parfois des heures, rêveur. Il arpentait les murs, admirait les armures, et semblait avoir une certaine attirance pour les toilettes de filles du deuxième étage. Il parlait peu aux autres qui trouvaient qu’avec ses airs nonchalants et doucereux, il commençait à avoir la façon d’être de Drago Malefoy et de Rogue, à l’époque où ce n’étaient qu’un élève arrogant et un professeur, et non des mangemorts. En réponse à ces allusions, Harry répétait toujours que lui, au moins, n’était pas un serviteur de Voldemort.
    Ses amis voulaient parfois lui parler des horcruxes, et comme il prétendait être sur le point de détruire le médaillon, ils lui parlaient des autres à trouver. A la fin de la semaine, même Ron s’accorda à dire qu’ils avaient pris suffisamment de repos comme cela et qu’il fallait s’y remettre. Devant l’insistance sans faille de ses amis, Harry assura qu’ils recommenceraient leurs recherches après la réunion de l’Ordre qui aurait lieu après le dîner.
    Ginny voulait parfois passer un peu de temps seul avec son petit ami qui ne se montrait guère conciliant, lui répétant toujours qu’il avait des choses à faire…
    - Ah ! Vraiment ? Monsieur à des choses à faire ? s’emporta-t-elle le dimanche, après le déjeuner. Et bien moi, je n’ai pas cette chance ! Et je doute que tu sois vraiment si occupé, vu que tu n’as aucune mission pour l’Ordre et que Ron, Hermione et Neville sont toujours en train de te chercher pour que vous repreniez vos petites affaires, quelles qu’elles soient !
    - Et alors, je n’ai pas le droit de me reposer ? questionna Harry d’un ton poli mais où perçait une pointe d’agacement.
    - J’aimerais juste savoir pourquoi tu avais l’air si heureux d’être avec moi lundi alors que maintenant tu as l’air de répugner à l’idée de passer la moindre seconde en ma présence ! répliqua la jeune rousse.
    - Peut-être que j’ai besoin de vacances avec quelqu’un comme toi qui me harcèles, suggéra Harry. C’est vrai, qu’est-ce que tu crois, je ne peux pas passer mes journées à pratiquer ton activité préférer. Je ne veux pas me salir les mains en pelotant une…
    Il prononça alors l’insulte la plus dévalorisante pour une femme, une insulte qui la réduisait à bien peu de choses, surtout de la part d’un homme sensé l’aimer. La main de Ginny sembla se contracter un moment puis elle se relâcha. Les yeux de la jeune femme se remplirent de larmes et elle sortit de la salle de classe où elle avait coincé son petit ami. Le visage de Harry se couvrit d’un sourire goguenard puis soudain, il se plaqua la main sur le front, comme s’il venait de ressentir une vive douleur.

    Harry se réveilla en sursauts. Il avait fait un rêve bien étrange, un rêve horrible où il avait qualifié sa chère Ginny de… même dans ses pensées, il ne pouvait se résoudre à prononcer ce mot terrible dont sa petite amie ne lui pardonnerait jamais l’emploi.
    Il regarda le visage éternellement las de Salazar Serpentard. D’après son souvenir le plus récent, le moins aimé des fondateurs de Poudlard lui avait fait d’étranges révélations sur ce qui lui était arrivé avant qu’il ne s’assoupisse brutalement et qu’il ne fasse ce cauchemar. Il devait sortir de ce portrait, mais comment s’y prendre ?
    - Vous êtes enfin réveillé, dit Serpentard de son ton ennuyé.
    - Pourquoi est-ce que je me suis endormi comme ça ? demanda Harry. Qu’est-ce qui s’est passé ?
    - Comment voulez-vous que je le sache ? répliqua Serpentard. Vous aviez peut-être tout bonnement besoin de repos ?
    - Je ne vois pas pourquoi une image aurait besoin de repos, rétorqua Harry. Et puis on ne s’endort pas comme ça. Même quand on perd connaissance, on met une bonne seconde pour s’évanouir !
    - Peut-être que…
    - Quoi, qu’est-ce qu’il y a ? demanda aussitôt l’intéressé.
    - Mmm… Et puis non, finit-il par dire, je ne vois pas pourquoi je vous aiderais alors que vous êtes contre mon dernier descendant.
    - S’il vous plaît ! supplia Harry. Aidez-moi ! Qu’est-ce que ça vous coûte ?
    - La véritable question est : qu’est-ce que j’y gagnerais ?
    - C’est dingue ! Vous, les Serpentard, vous êtes tous comme ça ! En plus, vous n’avez même pas l’air d’apprécier Voldemort tant que ça alors pourquoi vous voulez l’aider lui ?
    - Ce n’est pas ça…
    - Qu’est-ce que vous voulez dire ? s’étonna Harry.
    - D’accord, il est devenu un sorcier des plus nobles, malgré qu’il soit de sang-mêlé, mais il a vu trop grand… Il n’a pas hésité à créer plusieurs horcruxes alors qu’un seul aurait suffi… Et en plus il ne prend même pas la peine de rester attaché à des objets si importants. Malgré mes conseils, il a décidé de mutiler son âme à répétition et maintenant, il doit être devenu inhumain…
    - Vous ne croyez pas si bien dire… Mais que voulez-vous dire par « Malgré vos conseils » ? Le vrai Voldemort vous parlait, avant ?
    - Non, répondit Serpentard. C’est le vrai moi qui parlait au vrai Voldemort. Son horcruxe, mon cher voisin, me l’a raconté.
    - Que… C’est impossible ! s’exclama Harry, incrédule. Vous êtes mort il y a des siècles !
    - Pas du tout ! J’avais une petite assurance… Avant de partir de Poudlard, j’ai déposé une partie de mon âme dans le basilic pour qu’il puisse reconnaître les ordres d’un vrai Serpentard.
    - Quoi !?
    - C’est moi qui aie inventé ce sortilège de l’horcruxe, mais je n’en connaissais pas tous les effets ni les conditions… Je ne savais pas que mon âme avait pu subir cette mutilation à cause du meurtre de cette sang-de-bourbe… Je ne savais pas non plus qu’en faisant ça, je m’assurais l’immortalité, une vie éternelle sous une bien faible forme… Je ne l’ai appris que quand mon ex-voisin est arrivé, mais le véritable Serpentard a dû s’en rendre compte plus tôt, le malheureux…
    Ainsi donc, c’était Salazar Serpentard qui avait inventé l’horcruxe ? Il était encore en vie, sous la même forme d’ombre que Voldemort, trois ans auparavant ?

    Ginny avait les yeux rouges, elle versait de temps à autres une larme qu’elle s’empressait d’essuyer. Elle était assise sur un canapé défoncé de la salle commune avec une Hermione qui avait le rôle de confidente.
    - Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? demanda cette dernière d’un ton compatissant.
    - Il m’a dit quelque chose d’horrible ! répondit Ginny.
    - Qu’est-ce qu’il a bien pu dire de si terrible ? s’étonna la jeune femme brune.
    - Il… Il m’a traité de… de p… p…
    Elle ne semblait pas pouvoir se résoudre à prononcer ce mot si offensant. Un éclair de compréhension passa dans le regard d’Hermione. Elle parut alors incroyablement choquée.
    - Il n’a quand même pas dit ça !? s’exclama-t-elle en se levant d’un bon.
    Ginny confirma d’un signe de tête.
    - Non, c’est impossible ! dit Hermione. Harry n’a pas pu dire une chose pareille, je ne le crois pas !
    - Il me l’a dit ! s’emporta Ginny. Tu me prends peut-être pour une folle ?
    Hermione ne répondit pas et se rassit.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 23 décembre 2006 à 14:03:56 Avertir un administrateur
  • - Quand je pense que je croyais qu’il m’aimait, dit Ginny d’un ton ou perçaient l’amertume et le ressentiment. Lundi dernier, on a passé l’après-midi ensembles, il avait l’air de vouloir qu’on se rapproche, qu’on se voit plus souvent… Et bien maintenant, je peux t’assurer qu’il n’en profitera plus jamais, de mes « activités de pute », que ce soit gratuitement ou non !
    - Que… qu’est-ce que tu veux dire ? questionna Hermione, maintenant inquiète. Est-ce que vous avez déjà…
    - Non, répondit aussitôt Ginny. Mais je pensais… j’ai seize ans, je suis en âge de décider quoi faire de mon corps, alors… Mais maintenant, on s’en fiche, puisque c’est fini.
    - Non, on ne s’en fiche pas ! contesta Hermione. Peu importe que ce soit avec Harry ou avec n’importe quel autre garçon, tu ne dois pas prendre ça à la légère ! Tu dois être sûre de toi, de tes sentiments et de ceux de ton partenaire avant de… avant d’avoir de genre de relation.
    - Je sais, je ne suis pas de celles qui se donneraient au premier venu, répliqua fortement Ginny, qu’est-ce que tu crois ?
    - Je suis rassurée. Je ne voudrais pas que…
    - Et puis je trouve bien étrange que tu me parles comme quelqu’un qui a de l’expérience dans ce domaine, dit Ginny en haussant les sourcils.
    Hermione prit alors une teinte rose vif.
    - Est-ce que…
    - Non ! se défendit Hermione. Je n’ai jamais… mais ce n’est pas pour ça que je ne peux pas te dire qu’il ne faut pas prendre ces choses là à la légère ! Pas besoin d’avoir beaucoup d’expérience pour le dire, avec tout ce qui peut passer à la télévision chez les moldus…
    - On en voit suffisamment dans les maisons de sorciers aussi, je peux te l’assurer. Il y a la radio magique, les magazines avec des photos… très animées, bref, de quoi être parfaitement bien informé sur la question de « Comment on fait les bébés ? » avant même de la poser.
    Il y eut un silence un peu gêné après ce sujet délicat.
    - Qu’est-ce que tu vas faire, maintenant ? demanda Hermione.
    - Je vais le quitter ! assura Ginny. Tu ne penses tout de même pas que je vais rester avec quelqu’un qui m’a traité de…
    - Qui t’a traité de quoi ? interrogea une voix.
    Ron fit irruption dans la pièce par la porte de son dortoir. On l’avait congédié pour cause de « discussion entre filles », mais il n’avait apparemment pas tout à fait respecté ses engagements…
    - De rien, répondit aussitôt sa petite sœur.
    - Ne me mens pas !
    - Je te félicite, Ron, intervint Hermione, écouter aux portes, c’est vraiment très poli…
    - Ca suffit ! coupa Ron. Tu ne crois quand même pas que je vais rester sans rien faire en te voyant pleurer alors que je sais pertinemment que tu essayais de voir Harry ! reprit-il en se tournant vers sa jeune sœur. Qu’est-ce qu’il a fait pour te mettre dans cet état ?
    Ginny avait à présent quasiment cessé de pleurer mais quand elle était arrivée dans la salle commune, elle était en proie à une véritable crise de larmes.
    - Ca ne te regarde pas ! répliqua le jeune rousse.
    - S’il t’a traité de… ça… je ne pourrai pas faire comme si de rien était, désolé !
    Voyant sa sœur silencieuse, il rajouta :
    - J’ai raison, n’est-ce pas ? Il t’a vraiment traité de… pute ?
    Nouveau silence encore plus pesant. Ginny regardait à présent ses pieds. Ron sortit alors en trombe de la salle commune.
    Il le dénicha dans un couloir du cinquième étage, sortant d’une salle de classe. Ron se jeta alors sur Harry avant même que ce dernier n’ait pu comprendre ce qui lui arrivait. Le cadet des frères Weasley lui asséna un violent coup de poing dans la mâchoire, puis un autre dans l’estomac. Harry se débattit, réussit à se dégager et avant que Ron n’air pu lui donner une nouvelle pluie de poings enragés, il sortit sa baguette et s’exclama : « Petrificus Totalus ! ». Les bras de Ron se collèrent le long de son corps et il tomba face contre terre. L’agressé s’avança vers son agresseur et le retourna d’un coup de pied. On pouvait voir de la haine dans les yeux de Ron Weasley.
    - Je vois que la traînée est allée se plaindre, dit Harry. Elle le regrettera quand elle verra son cher frère… Nous avons encore de longues heures devant nous, je vais te conduire dans un endroit où personne ne pourra te retrouver, tu verras, et tu vas passer un très mauvais moment, crois-moi. Ensuite je te reposerai ailleurs, là où on pourra découvrir ton cadavre, sale petit traître à ton sang…

    Harry se réveilla une nouvelle fois, et le rêve qu’il avait fait était bien pire que le précédent, ce qui était pourtant bien difficile. Ron l’avait attaqué et il s’était défendu, puis Harry l’avait immobilisé et emmené dans ce lieu de sinistre mémoire pour le tabasser.
    - Aidez-moi, je vous en supplie ! hurla-t-il à l’adresse de Serpentard. Il faut que je sorte de là au plus vite !
    - Pourquoi ça ?
    - Il va tuer tous mes amis si je ne fais rien !
    - Alors vous l’avez vu…
    - Quoi ?
    - Vous l’avez vu, répéta Serpentard, et si je devine bien, vous vous réveillez à chaque fois que quelque chose qu’il fait vous touche véritablement, comme quand il attaque vos amis, ou même qu’il voit votre compagne.
    - Je… je crois, oui, répondit Harry.
    - Que faisait-il dans votre rêve ?
    - Il… il frappait Ron, mon meilleur ami. Il allait continuer jusqu’au soir…
    - Alors nous devrions avoir le temps pour que… je vous explique tout. Mais je…
    - De quoi auriez-vous besoin ? demanda aussitôt Harry. Que voulez-vous en échange de mon aide ?
    Serpentard demeura étonné pendant quelques instants.
    - Comment ça ?
    - Vous vouliez bien quelque chose en échange de votre aide, non ?
    - Et bien, il y a bien quelque chose…
    - Vite ! pressa Harry.
    - Je voudrais que vous brûliez mon portrait.
    - Comment ? dit Harry à son tour.
    - J’en ai assez de m’ennuyer à mourir tous les jours de mon semblant de vie ! expliqua vivement le fondateur de Poudlard. Les autres portraits peuvent habituellement se déplacer, parler avec les gens, qu’ils soient de chairs ou de peinture. Moi je suis coincé ici, et on a vite fait d’épuiser tous les sujets de conversation, quand on a aucune nouvelle du monde extérieur, et encore, ça c’est quand j’ai un voisin dans mon médaillon !
    - Très bien, je détruirai votre portrait, promit Harry, quelque peu décontenancé.
    - Si ça pouvait aller vite…
    - D’accord ! s’impatienta Harry. Maintenant expliquez-moi.
    - Très bien. Et bien, il faut savoir qu’un horcruxe n’est qu’un morceau d’âme, pas un morceau d’esprit.
    - Quelle différence ? interrogea Harry.
    - L’âme n’est qu’une partie de l’esprit, expliqua Serpentard, la partie émotionnelle. L’esprit contient les souvenirs, les pensées, les sensations physiques, c’est à l’intérieur que tout se passe ; et parallèlement, il y a les émotions et sentiments auxquels est lié tout ce que je viens de citer. Un esprit dénué d’âme n’a pas grand intérêt, vu que rien de ce qui se passe autour de nous ne nous intéresse, n’évoque d’émotion, aussi basique soit-elle, en nous. L’âme peut être détruite, pas l’esprit ; du moins, pas le noyau de l’esprit, la conscience, la partie autre que l’âme. Je ne parle pas de la conscience du bien et du mal mais de la conscience de nous même et du monde extérieur, celle qui nous permet de percevoir les informations, les sensations… L’âme est la partie de l’esprit indispensable pour profiter de ces sensations. Mais à cause de cette âme, des futilités comme l’amour peuvent nous envahir et nous asservir… En la mutilant, Voldemort cherchait à se libérer de ça, à ne plus éprouver que les émotions indispensables – la colère, le contentement, la haine – pour avoir une vraie vie. Mais je dois reconnaître que cela rend maléfique, à force, il en a abusé…
    - Vous pourriez en venir à mon problème ?
    - J’y viens. Seulement, l’âme seule ne peut rien. Elle n’est que pure émotion incapable d’agir. Il lui faut une conscience pour former un esprit, un être. Voldemort, en mettant une partie de son âme dans un portrait, a permis à ce fragment de son âme d’exister en tant que personne, enfin presque. Je veux dire que l’horcruxe peut parler, et donc penser ; il possède une conscience. Et maintenant, il existe vraiment en tant que personne puisqu’il a votre corps.
    - Quel est le rapport avec mon problème ? s’énerva Harry.
    - Et bien, on peut arracher une âme de son corps, comme le prouvent les détraqueurs, dit Serpentard, mais rien n’a jamais permis d’arracher un esprit tout entier, une conscience ; en tout cas, pas sans tuer la personne et ce n’est sans doute pas ce que veux mon héritier, vu qu’il se trouve dans ton corps. Je pense que ton esprit se trouve toujours dans ton corps mais que tu es connecté à ce portrait. Ca ressemble un peu à la légilimancie… Comme ça, tu ne peux pas le gêner, conclut-il.
    - Et pour lui, c’est pareil ? demanda Harry. Il se trouve toujours dans ce portrait mais il est « connecté » à mon corps ?
    - Je ne sais pas vraiment. Un portrait ne tient pas vraiment lieu de corps. Et l’esprit d’un portrait n’en est pas vraiment un… ça ne fonctionne pas de la même façon. Les sujets des portraits peuvent habituellement changer de cadre… Moi je suis coincé par un enchantement, mais ce n’est pas comme si j’étais lié à cette image comme quelqu’un à son corps. Voldemort a dû pouvoir rentrer véritablement dans votre corps et en prendre possession, et je pense qu’une fois qu’il sera parvenu à créer un véritable lien avec votre corps, votre esprit s’en détachera et vous mourrez, alors que lui sera toujours vivant dans ce corps.
    - Mais je suis toujours dans mon corps et lui aussi ?
    - Oui.
    - Alors en me concentrant, je dois pouvoir le combattre, le chasser ?
    - Je doute que vous puissiez vaincre un esprit comme lui…
    - J’y arriverai ! assura Harry.

    Harry reparut lors de la réunion de l’Ordre. Hermione refusa de lui adresser la parole jusqu’à ce que l’absence de Ron se fasse remarquer.
    - Où est-il ? demanda-t-elle. Je suis sûre que tu le sais, il était parti te chercher tout à l’heure.
    - Je l’ai vu, confirma Harry. Il a failli me casser la figure et je n’ai plus de nouvelle de lui depuis.
    - Ron ? s’exclama Mrs Weasley. Te casser la figure ? Qu’est-ce qui s’est passé ?
    Mais ni Harry ni Hermione n’acceptèrent de raconter l’histoire à Mrs Weasley. Heureusement, la réunion commença et elle n’insista pas, du moins pas pendant qu’ils discutaient de l’Ordre et de Voldemort.
    Ils n’apprirent pas grand-chose de nouveau, sauf qu’il y avait eu une dizaine de nouveaux assassinats de moldus éparpillés dans le pays. Les missions furent redéfinies et réattribuées, mais une fois encore, rien ne fut confié au quatuor (en réalité, ils étaient maintenant un groupe de cinq avec Abelforth, mais vu que Ron n’était pas là, il redevenaient un quatuor). Harry expliqua qu’ils devaient encore régler quelques petites choses sous le regard sceptique des autres membres de l’Ordre, les yeux pleins d’incompréhension de Neville, et l’œil de colère d’Hermione.
    Ils quittèrent la Grande salle (ils n’utiliseraient la Salle sur Demande que lorsque Poudlard serait à nouveau rempli d’élèves et de fantômes) en silence. Ce fut ainsi jusqu’à ce qu’ils soient de retour dans la salle commune.
    - C’est quoi les petites choses à régler ? s’étonna Neville.
    - Comment as-tu OSE dire une chose pareille à Ginny !? éclata Hermione. Mais qu’est-ce que tu avais en tête ? Tout allait bien, on pensait bientôt détruire l’horcruxe, les choses s’arrangeaient avec elle, et toi tu lui fais CA !
    Le visage de Harry demeura sans expression pendant quelques secondes, puis il prit un air honteux. Il baissa les yeux.
    - Je sais que j’ai été idiot, dit-il.
    - Le mot est faible ! ironisa Hermione.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 23 décembre 2006 à 14:06:16 Avertir un administrateur
  • - De quoi vous parlez, au juste ? demanda Neville qui ignorait tout de la situation.
    - Je vais aller m’excuser, dit Harry sans tenir compte de la question de son ami.
    - Et tu crois peut-être qu’elle va t’écouter ? questionna Hermione, incrédule. Après ce que tu lui as dit ?
    Harry ne répondit rien.
    - Est-ce que tu pourrais lui demander de venir ? Je ne peux pas aller au dortoir des filles à cause de votre escalier qui se transforme en véritable toboggan dès qu’un garçon y met les pieds.
    - Je vais lui parler, mais je n’essaierai sûrement pas de la convaincre ! mentit Hermione.
    Et en effet, dix bonnes minutes plus tard, Ginny descendait les marches du dortoir, les yeux rouges et les traits remplis du mépris le plus profond.
    - Qu’est-ce que tu veux ? demanda-t-elle d’un ton ouvertement hostile et qui ne présageait rien de bon.
    - Te parler. Juste quelques minutes, ensuite, je ne te retiendrai pas, promit Harry.
    - D’accord.
    - On peut sortir ?
    - OK.
    Ils franchirent le trou, laissant en plan un Neville dont le visage exprimait l’ignorance et l’incompréhension la plus totale.
    Harry continua à marcher sans rien dire. Il dévala en silence les marches du château jusqu’au deuxième étage où il rentra dans les toilettes des filles. Ginny, elle, resta sur le seuil.
    - Pourquoi est-ce que tu as fait tout ce chemin juste pour parler ? demanda-t-elle hors d’haleine. Et… pourquoi on vient ici ?
    - J’ai une surprise, dit Harry.
    Il s’avança jusqu’au lavabo du fond. Il regarda le serpent gravé sur l’un des robinets d’arrivée d’eau…
    - Ouvre-toi, ordonna-t-il dans un sifflement rauque.
    Le lavabo, docile, bascula, libérant ainsi un passage en forme de tuyau suffisamment grand pour qu’un homme ou une femme puisse s’y glisser.
    - Suis-moi, invita Harry en mettant une jambe dans le conduit.
    - A quoi tu joues ? interrogea Ginny sans bouger et dont le ton était froid comme la glace hivernale.
    - Je te l’ai dit, je veux te faire une surprise.
    Et tout d’un coup, sans prévenir, il dégaina sa baguette magique et un jet de lumière rouge assomma Ginny. Il traîna son corps et le jeta sans ménagement dans le tuyau. Il la suivit dans sa chute.
    Quelques secondes plus tard, ils atterrirent tous les deux sur un sol jonché d’ossements.
    - Mobilicorpus, murmura Harry en visant sa jeune compagne.
    Et d’un mouvement de baguette, il fit flotter le corps de Ginny Weasley à travers un couloir sombre et humide. Il marcha, franchit un trou creusé à travers les rochers tombés quatre ans plus tôt, et poursuivit sa route jusqu’à ce qu’il arrive en face d’un mur où deux serpents de pierres s’enlaçaient.
    - Ouvrez, siffla-t-il.
    Les deux statues de reptiles se déjoignirent et les deux pans de murs qu’ils délimitaient se séparèrent pour donner l’entrée d’une salle au haut plafond. Harry avança entre les deux rangées de piliers autours desquels des serpents aux yeux d’émeraude s’enroulaient. Il s’arrêta au pied de la statue de Salazar Serpentard et y déposa le corps inanimé de Ginny. Il murmura le sortilège de réanimation et la jeune fille ouvrit les yeux et se releva d’un bon en reculant. Elle observa attentivement les piliers puis elle se retourna et vit l’effigie du créateur de ce sinistre lieu. A son regard, on pouvait voir qu’elle ne comprenait que trop bien où elle se trouvait, et cela ne semblait guère la rassurer, bien au contraire, elle poussa un faible gémissement. Elle pivota et regarda à nouveau Harry.
    - Pourquoi m’as-tu emmené ici ? s’exclama-t-elle au bord des larmes. Pourquoi !?
    - Je t’avais bien dit que j’avais une surprise, sale petite traînée traîtresse à son sang, répondit Harry avec un sourire cruel sur le visage. Ton cher frère a voulu te défendre et voilà ce qu’il en reste !
    Il pointa un espace apparemment vide à quelques mètres de Ginny. La cape d’invisibilité qui recouvrait Ron fut alors soufflée comme par une bourrasque et dévoila son visage ensanglanté, son nez cassé, son bras droit pressé sur un estomac sûrement douloureux, et sa jambe, son autre bras, qui formaient un angle inquiétant.
    - Ron !! ! s’épouvanta Ginny en se précipitant pour se mettre à genoux au chevet de son frère.
    - Pourquoi tu as fait une chose pareille !? COMMENT as-tu pu faire une chose pareille !? cria-t-elle.
    - Ginny… murmura Ron d’une voix plus que faible, ce n’est pas… lui…
    - Je le sais bien, sanglota Ginny à voix basse. Harry n’aurait jamais fait tout ça…
    - Tu as enfin compris ? dit Harry. Tu as en mis, du temps, Weasley ! Crois-tu vraiment que ton cher Harry aurait pu te traiter de pute ? Crois-tu que ce stupide disciple de Dumbledore aurait pu te stupéfixer, t’attaquer, toi, sa sale petite amoureuse qui ne vaut pas mieux qu’une sang-de-bourbe ? En tout cas, heureusement que j’ai pu bénéficier des informations de son cerveau, ça m’a évité bien des soucis pour ce qui était de connaître sa vie, ses amis, ses habitudes… Je sais même qu’il t’a délivré d’un de mes doubles, il y a quelques années…
    - QUI ES-TU ? hurla Ginny.
    - Moi ? Allons, tu ne me reconnais donc pas ? demanda-t-il d’un ton doucereux. Tu ne reconnais pas ton cher Tom ?
    Un éclair de compréhension passa dans les yeux exorbités de Ginny, puis la peur… la terreur…
    - Impossible… Harry t’a tué…
    - Il en a tué un autre ! Il n’y a pas qu’un seul « souvenir » de Lord Voldemort. Il en a détruit un, mais il n’a pas réussi à m’avoir moi ! Maintenant ce n’est plus qu’un stupide portrait, alors que moi je suis bien là. Je vais revenir vers le Voldemort d’origine… et le Seigneur des Ténèbres sera alors si puissant que personne ne pourra l’arrêter ! Parce que lorsque nous fusionnerons, nous aurons une puissance doublement supérieure ! Les informations que j’ai relevées lors de cette réunion me seront précieuses… Je n’ai désormais plus aucune raison de rester ici sauf… pour laisser un petit souvenir. Endoloris ! s’exclama-t-il.
    Et Ginny, sous les yeux horrifiés de son frère, se tordit de douleur sur le sol, agitée de terribles convulsions, en poussant des hurlements à faire dresser les cheveux sur la tête. Mais quelques secondes plus tard, le bourreau baissa sa baguette et les cris cessèrent tandis que Harry se plaquait les mains sur le front en hurlant à son tour.

    Non, il ne pouvait laisser faire ça, il l’en empêcherait, se disait Harry tandis que Voldemort, ou plutôt son horcruxe, hurlait à la mort.
    « Prends une baguette, pensait-il, prends une baguette ou n’importe quoi, Ginny ! Assomme-moi ! Tue-moi s’il le faut ! »
    Heureusement, à travers ses yeux possédés, il vit Ginny brandir sa baguette magique.
    - Expelliarmus ! s’écria Voldemort avec les lèvres de Harry en expédiant la baguette de son ennemie quelques dizaines de mètres plus loin.
    Ginny se jeta sur son arme mais Voldemort, toujours hurlant la moitié du temps, l’expédia violemment d’un coup de baguette contre un pilier dans un horrible craquement qui ne présageait rien de bon. Harry fut alors prit de panique : il fallait absolument qu’il chasse cet esprit maléfique pour secourir au plus vite ses amis, sinon, Ron et Ginny risquaient de mourir. Voldemort se débattait, criait, agitait inutilement les bras ou les plaquaient sur le front de Harry.
    « Laisse-moi tranquille ! » pensait-il. « Va-t-en ! »
    « Rends-moi mon corps ! » répliquait Harry. « Tu ne les auras pas ! Je ne te laisserai pas les tuer ! »
    « C’est ce qu’on verra ! »
    Harry lutta de toutes ses forces, se concentrant comme il ne s’était jamais concentré pour chasser cet intrus spirituel.
    Il commençait à avoir mal à la tête, signe qu’il réinvestissait son corps. Désormais, certains de ses gestes n’étaient pas l’œuvre de Voldemort mais de Harry lui-même. Ils se battaient aussi physiquement, maintenant : le bras gauche contrôlé par Harry tentait de retirer la baguette du bras droit contrôlé par l’horcruxe. Après une bonne minute de duel acharné, Harry réussit à enlever sa baguette à Voldemort sans toutefois la prendre : le bâton de bois se retrouva un mètre devant lui. Il se jeta dessus, luttant pour attraper sa baguette avant son bras droit toujours dirigé par son ennemi. Il tomba et rampa encore victime de l’agitation intérieure entre les deux esprits, et il vit Ron. Voldemort cria, mais aucun son ne sortit de la bouche de Harry. C’était un hurlement intérieur, et dont Harry ne ressentait pas la douleur. L’amour.
    « …il ne supportait pas d’habiter un corps où cette force qu’il déteste est si présente. » avait dit un jour Dumbledore.
    Oui. Il devait se concentrer là-dessus. Ses amis, Ginny, et tous les gens qu’il aimait, il devait penser à eux. Ce principe bien encré dans son esprit, Harry rampa lentement et difficilement vers sa baguette qui ne se trouvait pourtant qu’à quelques centimètres. Mais même s’il ne ressentait pas la douleur spirituelle de Voldemort, il avait une migraine telle qu’il aurait cru qu’on lui fendait le crâne. Apparemment, son cerveau ne supportait guère la tension de deux esprits en duels. Il devait reprendre sa baguette…
    Il l’attrapa. Puis, dans un geste involontaire, il se releva d’un bon et avec un sourire goguenard, il visa la poitrine de Ginny.
    - Avada Kedavra ! Nooooooooooooooooooooonnnnnnnnn ! s’écria-t-il en mesurant l’horreur de ce que venait de faire Voldemort.
    Pendant une fraction de seconde, une fraction de terreur, il crut que tout était fini, que Voldemort avait fini par lui prendre sa Ginny, comme dans ses pires cauchemars… Mais il dut se rendre à l’évidence : aucun éclair de lumière verte, rien, pas même la moindre petite trace de magie ne s’échappa du bout de sa baguette, et il en fut grandement soulagé, tandis qu’il percevait l’incrédulité de Voldemort. Harry sentit alors qu’il retrouvait une totale liberté de mouvement : l’ennemi avait sans aucun doute préféré abandonné, tout comme l’avait fait le vrai Voldemort plus d’un an auparavant.
    Il se jeta à côté de Ginny qui remuait légèrement la tête.
    - Est-ce que ça va ? s’inquiéta-t-il.
    Elle ne répondit rien.
    - Je vais voir comment va Ron et je vous ramène tous les deux à l’infirmerie… ou à Ste Mangouste, assura-t-il malgré son mal de crâne. Je suis désolé pour tout ça…
    Il courut vers Ron.
    - Ron ! Comment tu te sens ?
    - Pas très bien, murmura son meilleur ami, très faible. C’est toi, Harry ? C’est vraiment toi ?
    - Oui, je te le jure. Je suis tellement désolé pour tout ça…
    - Vite… Moi on peut me soigner facilement, mais Ginny… Ca a craqué… Je l’ai entendu…
    - Parle-moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard.
    Ron parut terrifié. Harry n’avait pas prononcé cette phrase fourchelangue par sa propre volonté…
    Il entendit alors un bruit de pierre déplacée. Il se retourna et vit avec horreur la bouche de Salazar Serpentard s’ouvrir et des écailles vertes en sortir lentement… Non, c’était impossible, le basilic était mort…
    « Mais un autre est venu le remplacer. » dit une voix moqueuse dans sa tête.
    D’un geste rageur, Harry arracha le médaillon de son cou.
    « Non ! »
    Désormais, il ne pourrait plus fuir, il mourrait en lui, et ne pourrait plus se réfugier dans son portrait… Harry pensa de toutes ses forces à Ginny, à Ron, à Hermione, à tous les Weasley, aux membres de l’Ordre, à ses parents. Il allait combattre pour le salut des vivants, et survivre pour l’honneur des morts, de ceux qui s’étaient sacrifiés pour lui. Il ramassa sa baguette, indifférent à ses maux de tête et aux hurlements intérieurs de l’horcruxe, et les yeux fermés, il visa l’endroit où il venait d’entendre le choc du basilic tombé sur le sol de pierre.
    - STUPEFIX ! STUPEFIX ! STUPEFIX ! STUPEFIX ! OCULUS TUMORIS ! STUPEFIX ! STUPEFIX ! s’écria-t-il.
  • Lien permanent
  • jimpoter Voir le profil de jimpoter
  • Posté le 23 décembre 2006 à 14:08:53 Avertir un administrateur


  • 18
    La renaissance de Poudlard


    Lorsqu’il rouvrit les yeux, Harry était allongé dans des draps blancs. Il regarda autour de lui : que des murs blancs. « Je suis mort » se dit-il. « J’ai sans doute été tué par le basilic et je viens d’arriver au Paradis. Je vais revoir Dumbledore et mes parents, et Sirius, et Lupin… Ron et Ginny doivent être là aussi. Je dois sûrement attendre que mon tour vienne avant de les revoir. Il doit y avoir beaucoup de morts à réceptionner. »
    Et en effet, une dizaine de minutes plus tard, une femme à l’air pressée s’avançait vers lui. Il reconnut aisément cette femme…
    - Vous voilà réveillé, Potter, il était temps ! dit-elle avec un soupir de soulagement. Vous nous avez fait attendre !
    - Mrs Pomfresh ? s’étonna Harry. Vous êtes morte, vous aussi ?
    - Morte ? répéta l’infirmière, le regard douteux, comme si elle craignait pour la santé mentale de Harry ou tout simplement que ce soit une mauvaise blague. Certainement pas ! Et vous ne l’êtes non plus, mon garçon, vous vous trouvez simplement à l’infirmerie de Poudlard.
    - Mais… le basilic…
    - Vous lui avez flanqué une belle raclée, d’après ce qu’on raconté vos deux amis. Enfin… votre ami et votre petite amie, rectifia-t-elle un sourire en coin. Comme si toutes les rumeurs de l’an dernier ne suffisaient pas, Miss Weasley aimait bien passer des nuits entières à votre chevet, ou même vous embrasser alors que vous étiez dans le coma…
    Harry sentit ses joues chauffer et il accorda un timide sourire à Mrs Pomfresh.
    - Je vais chercher les autres, dit-elle. Ils vous expliqueront ces dernières semaines mieux que moi.
    - Quoi !? s’horrifia Harry. Je suis resté plusieurs semaines ici ?
    - Non, vous êtes arrivés ce matin, un peu avant les professeurs.
    - Les professeurs ? répéta Harry, encore plus inquiet.
    - Oui, vous avez passé un peu plus de deux semaines à Ste Mangouste et la guérisseuse Derwent a accepté de vous laisser sortir car votre esprit n’avait gardé aucune séquelle et que vous étiez quasiment guéri. Il ne manquait plus que votre réveil. Nous sommes le mercredi 1er octobre 1997 et la rentrée est pour ce soir. Alors, voulez-vous voir vos amis, oui ou non ? Je vous préviens, il est rare que je fasse de telle proposition !
    - Bien sûr ! acquiesça vivement Harry, qui n’était que trop heureux de vivre et que ce soit également le cas pour ses amis.
    Ron, Hermione, Neville et Ginny déambulèrent quelques instants plus tard dans l’infirmerie. Ron et Ginny étaient parfaitement guéris de leurs blessures. Les os et la chair réparés, il n’avait plu fallu qu’une potion de régénération sanguine pour remettre Ron sur pied ; quant à Ginny, Harry fut horrifié d’apprendre qu’en plus de ses omoplates cassés, sa colonne vertébrale avait subi plusieurs fêlures. Le fait qu’elle n’en ait conservé aucun dommage à long terme démontrait une fois de plus la supériorité de la médecine magique dans le domaine des fractures.
    - Les guérisseurs ont dit que tu n’avais pas la moindre blessure quand nous les avons vu, raconta Hermione. Ils ont dit que…
    - …que ton coma était dû à des dommages cérébraux, acheva Neville. A ce moment là on a eu très peur, surtout moi, parce que… Enfin, si tu devais tuer Voldemort avec un cerveau comme celui de mes parents…
    Il y eut un silence pesant puis…
    - La guérisseuse Derwent a fait venir un legilimens pour examiner ton esprit, poursuivit Ginny.
    - Comme quoi, elle a fini par avoir ce qu’elle voulait…
    - Euh… oui, confirma Ginny, légèrement décontenancée.
    - Ils nous ont dit que tu avais subi un choc à cause de la présence de deux esprits dans un seul cerveau – le tien – mais que tu devrais t’en tirer sans séquelle, narra Ron ; que normalement, quand tu serais réveillé, tu serais normal.
    - Et bien, en dehors du fait que je croyais être mort en me réveillant, ils avaient raison, constata Harry. Je me sens parfaitement bien.
    - Je suis rassurée, dirent Hermione et Ginny en chœur.
    Les deux demoiselles échangèrent un regard puis éclatèrent de rire tandis que Ron levait les yeux aux plafond et que Neville prenait un air amusé. Ah, les filles ! Ginny s’assit sur le lit de Harry, et les trois autres prirent des chaises.
    - Mais comment avez-vous fait pour sortir de la chambre ? questionna Harry. Et pourquoi vous avez raconté à Mrs Pomfresh… que j’avais mis une raclée au basilic ?
    - C’est ce que tu as fait ! assura Ron. D’abord, tu le bombardes d’éclairs de stupéfixion, ensuite tu lui bousilles les yeux avec un sortilège de conjonctivite, et enfin, tu finis par le stupéfixer complètement ! énuméra-t-il. Crois-moi, quand McGonagall et les autres l’ont achevé, tu leur avais bien mâché le travail ! rigola Ron.
    - Mais… vous étiez blessés au point que vous ne pouviez plus bouger, objecta Harry, et moi, je ne me souviens pas avoir été conscient APRES avoir attaquer le basilic.
    - Oui… Là, j’ai dû y mettre toutes mes forces pour ramper jusqu’à la baguette la plus proche – celle de Ginny – et envoyer un Patronus – ça m’a pris un bout de temps pour réussir à en faire un qui dure suffisamment longtemps.
    - J’ai été intriguée par ce chat tigré et je l’ai suivi, dit Hermione les joues rosies. Le problème, c’est qu’il a disparu au quatrième étage…
    - On a dû fouiller tout le quatrième, le troisième, et le deuxième étage avant de voir le tuyau dans les toilettes de Mimi Geignarde, dit Neville. On y est descendus avec McGonagall, Abel et Maugrey et on vous a trouvés puis ramenés en balai.
    - Et voilà toute l’histoire, conclut inutilement Ron. Alors, c’est la rentrée, ce soir ! On va de nouveau suivre des cours ! Et on va préparer nos ASPIC, joli programme en perspective ! ironisa-t-il.
    - Oui, dit tristement Hermione.
    - Qu’est-ce qui t’arrive ? s’étonna son petit ami. Depuis quand la perspective de suivre un cours et de travailler à en devenir insomniaque te rend-elle triste ?
    - On ne pourra plus chercher les horcruxes, expliqua-t-elle.
    - Hermione ! s’exclama Harry, choqué.
    - Quoi ? s’emporta la jeune femme. C’est vrai, on aura sûrement bien trop de travail pour reprendre les recherches avant les vac…
    - MAIS TAIS-TOI, BON SANG ! gronda Harry.
    Hermione parut offusquée par tant de grossièreté. Mais Ginny, elle, semblait plus perspicace.
    - On m’a déjà tout raconté pour les horcruxes, pendant que tu étais à l’hôpital, déclara-t-elle d’un ton calme mais agacé, alors ce n’est pas la peine de te cacher pour en parler.
    - Comment !?
    - Désolé, dit Hermione d’une petite voix, mais elle avait déjà vu le médaillon, et comme elle connaissait la prophétie et ce que tu tentais de faire… Enfin on s’est mis d’accord sur le fait que… enfin… que ça ne changerait rien qu’elle soit au courant…
    - C’est ça ! fit Harry.
    - Tu ne croyais tout de même pas que j’allais rester comme une idiote sans chercher à comprendre par quoi j’avais été attaquée ? s’indigna Ginny. Tu sais bien que vous pouvez me faire confiance ! Et tu sais aussi que je ne suis pas plus en danger simplement parce que je sais pour les horcruxes !
    - Qu’est-ce que tu en sais ? répliqua Harry avec colère. Maintenant tu fais partie des gens que Voldemort pourra torturer pour savoir ce que je cherche à faire ! Est-ce que vous avez pensé à ça ? demanda-t-il en se tournant vers ses amis.
    Hermione fit « non » de la tête.
    - Ce que tu n’as pas compris, riposta Ginny, c’est que je suis suffisamment intelligente pour avoir compris que vous cherchiez des objets semblables au journal de Jedusor ! Des objets qui contiennent… ce genre de chose. Hermione, Ron et Neville m’ont juste expliqué ce que c’était vraiment – des horcruxes, des objets contenant des morceaux d’âme créés pour avoir l’immortalité – et pourquoi vous les cherchiez. Et si Ron, mon entêté de frère qui peut être bien plus protecteur que toi en général et qui, dans une certaine mesure, je suis forcée de le reconnaître, l’est plus légitimement et qu’il est d’accord avec moi, alors je ne vois pas pourquoi tu fais toutes ces histoires !
    Intérieurement, Harry devait admettre que sa petite amie marquait un point. Mais extérieurement, il se contenta de jeter un regard irrité à la jeune rousse. Ron, lui, paraissait en pleine réflexion.
    - Quand tu as parlé de moi, dit-il, c’était un compliment ou…
    - Ecoute, Ron, s’exaspéra Ginny, prends-le comme tu veux, d’accord ? Est-ce que vous pourriez nous laisser seuls ? demanda-t-elle aux autres.
    Sans un mot et en échangeant des regards éloquents, Ron, Hermione et Neville sortirent de l’infirmerie de Poudlard.
    - Qu’est-ce que tu veux ? demanda sèchement Harry.
    - Que tu arrêtes.
    - Arrêtez quoi ?
    - De me surprotéger ! s’exclama Ginny. J’en ai assez que tu ne veuilles pas me parler de ce que tu fais ! J’en ai assez que tu m’écartes à chaque fois que vous parlez de vos affaires concernant Voldemort ! Je veux t’aider !
    - Je ne veux pas que tu viennes avec moi ! dit Harry d’un ton catégorique.
    - Il faudra bien, pourtant ! Quand je serai majeure, quand j’aurai terminé mes études ici, je me battrai aussi contre les mangemorts, et tant qu’à faire, je préfèrerai le faire avec toi à mes côtés parce que si je meurs, je ne veux pas que ce soit sans te revoir, sans avoir pu vivre avec toi !
    Harry ne répondit rien. Il ne savait que trop bien qu’il ne pourrait pas empêcher sa fougueuse Ginny de se battre avec les aurors et l’Ordre, plus tard. Et il était vrai qu’il serait mieux, et même plus sûr, qu’elle le fasse à ses côtés. Cependant…
    - En tout cas il est hors de question que tu viennes avec moi avant que tu ne sortes de Poudlard, dans deux ans !
    - Ca je veux bien. Mais je te l’ai déjà dit : arrête de me surprotéger. Ca ne sert à rien de me cacher ce que tu fais ! Arrête d’essayer de rompre avec tous tes amis, tous ceux qui peuvent t’aider ou te soutenir !
    - Que…
    - Hermione m’a raconté comment tu avais failli refuser son aide et celle de Ron juste après l’enterrement de Dumbledore, expliqua Ginny. Mais tu m’as dit toi-même au début du mois dernier que sans eux, tu n’y arriverais pas ! Je suis navrée que ça ne soit pas pareil pour moi…
    - Ecoute, je…
    - Ah non, c’est vrai, je suis la jolie princesse qui doit sagement attendre dans son château que son prince charmant ait tué le méchant sorcier ! ironisa la jeune fille. Tout ça pour mon bien, évidemment ! Tu sais, si pour toi, je me résume à ça, cet horcruxe n’avait peut-être pas tort en me traitant de…
    - LA FERME, GINNY ! rugit Harry.
    La cadette des Weasley se figea sur place. Non, il ne pouvait pas laisser faire cela, il ne pouvait pas la laisser faire cela…
    - Je suis désolé, s’excusa Harry après un bref silence. Je ne peux pas te laisser te dévaloriser comme ça. Et… il ne faut surtout pas que tu penses que je te considère de cette façon ; c’est totalement faux.
    - Oui, tu aimes la Ginny enjouée, sa personnalité, son caractère bien trempé, celle qui te ressemble… Mais à cause de toi j’ai failli perdre tout ça, déclara-t-elle. Quand il m’a insultée, je suis partie en pleurant au lieu de te mettre – de lui mettre – une gifle ou de lui jeter un sort, et ça ne me ressemble pas du tout. Mais je me suis ressaisie pendant que tu étais à Ste Mangouste et j’ai décidé de mettre les points sur les i quand tu te réveillerais. Maintenant, je vais te poser un ultimatum : soit tu acceptes de sortir avec moi au grand jour dès maintenant, soit je te quitte définitivement.
    Harry ne s’attendait pas à ça. Il ne pensait pas devoir faire un tel choix un jour, un choix si difficile il y a encore quelques semaines, mais…
    Constatant son silence, la jeune fille tourna des talons et marcha d’un pas vif et courroucé vers la porte.
    - Ginny, attends ! appela Harry.
    Elle s’arrêta.
    - Je t’ai donné deux possibilités, dit-elle sans se retourner. Si tu ne choisis pas l’une ou l’autre, je partirai.
    - Je ne sais pas…
    - Très bien ! s´irrita Ginny.
    - ATTENDS ! cria-t-il. Tu ne sais même pas ce que j’allais dire !
    Il se leva d’un bond et la rattrapa au beau milieu d’un couloir du troisième étage. Il se plaça devant elle.
    - Laisse-moi passer, dit poliment mais froidement la jeune rouquine.
    - Pas avant que je t’aie répondu, parce que j’étais en train de le faire quand tu es partie. Alors voilà : je ne sais pas ce que j’aurai répondu à l’époque où Voldemort risquait d’apprendre notre relation. Mais maintenant…
    - Pourquoi ? s’étonna Ginny. Le risque a disparu ?
    - Oui, reconnut Harry. Le risque a disparu parce qu’il sait déjà que je t’aime.
    Ginny fut tellement interloquée par cette nouvelle inopinée qu’elle en demeura bouche bée.
  • Lien permanent
Alerte mail  Répondre  Rafraichir

Sujet : « Harry Potter et la Guerre des Sages »

Créer un nouveau sujet   Liste des sujets

Flux RSS du sujet "Harry Potter et la Guerre des Sages"

Toutes les infos du jeu Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur : Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur PC Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Playstation 3 Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Xbox 360 Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Wii Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Nintendo DS Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Playstation Portable Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Mac Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Playstation 2 Harry Potter et l'Ordre du Phénix sur Gameboy Advance