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Les raisons d'un échec

Comment en l'espace de 4 ans à peine, une chaîne de 200 magasins totalisant près de 1.000 employés peut-elle disparaître ainsi du paysage commercial français. Quand on y réfléchit, la chute de GAME France est tellement rapide qu'outre la crise mondiale qui a impacté tous les secteurs de l'économie en 2009, on ne peut l'expliquer que par la combinaison de plusieurs autres facteurs aggravants :

Après le rachat de Score Games par GAME en 2001, les affaires marchaient tellement bien que le groupe a multiplié les investissements en tablant sur une croissance continue du marché. GAME a ouvert des magasins pas dizaines et rachète des points de vente à d'autres sociétés comme Maxi Livres. Tout l'argent gagné a été systématiquement réinvesti ou distribué aux actionnaires si bien que lorsque la crise arrive, la dette totale de GAME atteint déjà plus de 150 millions d'euros. Au 31 janvier 2010, celle-ci approche les 170 millions d'euros alors que les pertes s'élèvent à 8,3 millions d'euros. Selon Philippe Cougé, cofondateur de la franchise Gamecash, il semble clair avec le recul que "les évolutions du marché auraient nécessité des réductions de coûts de structures". Pour lui, ces coûts de structures (à ne pas confondre avec les coûts de fonctionnement des boutiques qui ont effectivement été réduits au minimum), étaient disproportionnés avec la taille du réseau GAME.

La stratégie de GAME pour concurrencer les grands sites Internet et la grande distribution classique, de plus en plus menaçante depuis la sortie de la Wii et l'avènement du casual gaming, n'était manifestement pas bonne. Basée sur l'occasion et la vente additionnelle, celle-ci aurait dû se concentrer davantage sur ses atouts plutôt que d'essayer de lutter à armes inégales sur le neuf. En 2008 en effet, le combat tourne brutalement à l'avantage de la grande distribution avec la loi Chatel qui lui permet de jouer sur les marges arrière et de casser les prix sur certains produits d'appel. GAME ne peut pas suivre alors pour garder au moins les core gamers, une solution est un temps évoquée dans certaines boutique (selon une de nos sources qui a tenu à garder l'anonymat) : "casser les day-one", autrement dit vendre les jeux avant leur date de sortie officielle. Bien entendu, les éditeurs ne sont pas d'accord et cette idée est rapidement écartée.

les dysfonctionnements internes évoqués dans le chapitre "Les premières difficultés" ont à la fois entamé la confiance des employés envers leur société mais également celle des clients envers l'enseigne. Entre l'attitude autoritaire de GAME Espagne qui impose ses méthodes à GAME France sans aucune concertation comme nous l'ont rapporté de nombreux salariés, le logiciel de caisse Jupiter qui plombe la gestion des magasins pendant des mois et la lenteur administrative du service client, les employés de GAME sont soumis à rude épreuve et certains clients se réfugient chez la concurrence.

Ces dernières années, le marché traditionnel des jeux en boîte n'a cessé de s'affaiblir au profit de la vente dématérialisée. Malgré les protestations initiales des joueurs, les logiciels téléchargeables s'imposent petit à petit sur toutes les machines. A tel point que certains analystes pensent aujourd'hui que la PS4 et la prochaine Xbox seront tout simplement dépourvues de lecteurs optiques. Sachant qu'une grande partie des revenus de GAME dépend de l'occasion, le manque à gagner est évident. Et le phénomène ne cesse de prendre de l'ampleur avec l'essor des smartphones et autres tablettes qui permettent de se procurer des jeux à des prix dérisoires quand ce n'est pas gratuitement.

Enfin, d'après Philippe Cougé, cité plus haut, le fait que de grandes chaînes de magasins, comme GAME France, soient financées par des investisseurs étrangers cherchant principalement à gagner un maximum d'argent en exploitant un marché en pleine croissance, précipite dans certains cas leur perte. En effet, ce type d'investisseurs est susceptible selon lui de se désintéresser d'un marché aussi brusquement qu'il s'y est engouffré, causant alors de gros dégâts économiques et humains. On en a encore eu un exemple récent avec Virgin en France.

Sources images :

  • Photo 1 : SimCity Deluxe / iPad
  • Photo 2 : auchan.fr
  • Photo 3 : UFC Undisputed 2009 / 360
  • Photo 4 : Mass Effect / iPhone
  • Photo 5 : Monopoly / PC
Mis à jour le 15/02/2013 Voir l'historique
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COMMENTAIRES

Tous les commentaires (87)
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Double-X-elpirT
Double-X-elpirT
MP
le 08 Mai 2014 à 20:50:57

--->"Ces dernières années, le marché traditionnel des jeux en boîte n'a cessé de s'affaiblir au profit de la vente dématérialisée. Malgré les protestations initiales des joueurs, les logiciels téléchargeables s'imposent petit à petit sur toutes les machines. A tel point que certains analystes pensent aujourd'hui que la PS4 et la prochaine Xbox seront tout simplement dépourvues de lecteurs optiques."

Bien vu l'auteur ! A tel point que 'Crosoft a du faire machine arrière toute lors de la conception de la One et doter celle-ci d'un lecteur ! Tombé en plein dans liège de l'analyse financière, qui n'a pour but que de tuer la distribution physique et les couts intermédiaires qu'elle occasionne. Pas de chance, les joueurs sont pas d'accord. :ok: :o))

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vieuxbriscard
vieuxbriscard
MP
le 21 Mars 2013 à 06:30:58

Les capitalistes sont des mauvais gestionnaires qui font payer leurs dettes aux contribuables, on le sait depuis au moins le XVIIIème siècle, ouvrez les yeux.

Cultura, dont je ne sais par quel miracle cette enseigne tient encore, disait, durant ses trois premières années d'existence, qu'elle ne faisait pas de bénéfices mais qu'elle augmentait le nombre de ses magasins (fin des années 90 je crois).
Donc, plus on est gros, et donc susceptible d'enlever des chômeurs de la comptabilité, plus ça passe. Essayer d'avoir un manque d'actifs en société individuelle, on va vite vous faire mettre la clef sous la porte.
Pour l'enseigne Game, c'est le même principe.

Et puis, il y a la réflexion sur le marché:

Dans les années 80, j'ai pensé qu'au début du XXIème siècle, nous aurions les écrans plats tout simplement en regardant l'écran de jeu d'un...jeu électronique. J'ai pensé que la technologie devait être chère, donc que c'était impossible dans l'immédiat de le faire.
Dans les années 80 encore, subodorant le devenir des relations informatiques avec l'arrivée du minitel et les premiers téléchargements de jeux (pour Amstrad), la possibilité de se connecter avec la société Commodore via son C64 dès 1982, que la dématérialisation allait (malheureusement) être de plus en plus d'actualité. Je l'ai aussi senti en regardant mes livres, car puisqu'on pouvait écrire sur un ordinateur, pourquoi ne pourrait-on pas mettre les livres sur ordinateurs? (pour l'écologie, mais j'ai appris plus tard à voir sous l'angle des énergies et du matériel et de sa pérennité, on est pas gagnants). J'ai même été, je pense, la première personne à faire un journal satirique sous format uniquement informatique. Amateur, confidentiel, je l'ai fait de 1987 à 1988. Je me suis dit que là aussi, la presse allait en prendre un coup...

Bref, pour survivre dans le marché capitaliste, il faut sans cesse prévoir et se transformer, donc accepter de ne jamais s'agrandir monstrueusement. Mais les lois, qui permettent aux sociétés d'évoluer énormément sans se soucier du plus tard, sont un frein à la réflexion.

Donc, comme Virgin, la Fnac, Game pâtit d'une expansion débile en croyant le marché exponentiel, voire à croissance infinie. Or, toutes les enseignes ont été rachetées un jour, et celui qui a créé initialement les magasins score, a vendu au bon moment, car il devait probablement se douter qu'avec la popularisation du minitel-internet, ça allait se corser. Et ne parlons pas du piratage: ce n'est qu'un écran de fumée car le problème est largement ailleurs (notamment les rémunérations dans le loisir, aussi bien d'ailleurs que dans la téléphonie).

Bref, si on aime encore "toucher" et "voir ce que l'on achète", rien ne résiste à l'appel de l'offre la plus alléchante.
C'est pourquoi aujourd'hui j'annonce aussi que les sociétés uniquement virtualisées se casseront la gueule, parce que la vulgarisation du mode de consommation internet favorise une concurrence accrue où le marchand local matérialisé tire son épingle du jeu parce qu'à taille humaine et parce que le troc a toujours existé et que les consommateurs d'une même passion finissent toujours par se trouver. Ainsi, en augmentant leurs marges sur l'occasion ou sur des produits, les sociétés se fragilisent, surtout quand elles sont grandes, puisqu'il y a redistribution des dividendes, permettant ainsi de dépouiller l'entreprise de ses actifs financiers. Qu'elle coule, ça, les actionnaires s'en foutent, du moment qu'un délit d'initié leur permette de revendre avant.
Quand ça va bien, il faudrait aussi que les entreprises gardent une poire pour la soif, car c'est l'absence de vision à long terme qui les condamne.

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safedream
safedream
MP
le 27 Février 2013 à 19:37:43

Clairement le destin de cette enseigne était scélé au momment de la vente de Score games a Game UK... Les britons ont une stratégie tres capitaliste basée sur le CT avec endettement fort, distribution dividendes (pas de réserve et de marge securité) et développement a tout va du chiffre d'affaires. Et dès que ça marche plu, ils liquident... Rien a faire de l'humain...

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catroi
catroi
MP
le 18 Février 2013 à 17:30:19

mais... j'aime mes boites...

=(

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Djo-Hatake
Djo-Hatake
MP
le 18 Février 2013 à 14:22:11

Les temps changent... :bye:

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sonike2a
sonike2a
MP
le 18 Février 2013 à 02:55:07

mais vous etes a coté de la plaque les actionnaire on réinvestie en jouant en bourse pour ce faire un max de fric bai... par la crise qu'il n'on pas veut venir, il on surment comme virgin détourner de l'argent a un moment donné, je veut bien qu'une enseigne disparaisse mais pas en un temps record alors que cette entreprise marche bien, il y a forcément eu détournement de fond ou autre truc louche dans le genre de plus leur logiciel de caisse était vraiment a chier (impossible de ressortir un ticket de caisse, les carte fidélité ancienne ne fonctionnais plus alors qu'il y avais encore des points dessus etc etc) tout pour que les client ce casse bref GG les actionnaire et autre spéculation boursière pour ce faire du blé

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marduk36
marduk36
MP
le 17 Février 2013 à 22:05:06

prix trop élevé de l'occasion meme presque identique au neuf. rachat de l'occasion au prix d'arnaque et de tte facon rien ne vaudra le prix et la satisfaction d'amazon.fr

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veganx
veganx
MP
le 17 Février 2013 à 14:34:38

puedelagueule
Posté le 15 février 2013 à 10:35:03
le démat c'est pour les joueur pc et les casu.

le plus gros problème c'est de rassembler les hard core et les casu dans le même panier ce qui augmente le nombre de joueur et d'acheteur potentiel.

or les casual gamer ont tendence contrairement au hard core gamer a prendre tous ce qui viens comme il vient....

les dlc, le dématerialiser, le cloud gaming. ce que la plupart des gamers n'accepte pas.

car quand on y regarde la quantité de hardcore gamer n'a pas tellement changer (bon au vue des statistiques... credible ou pas) du coup les enseignes ont perdu petit a petit toute la communauté casual qui s'oriente vers le dématerialisé.

a trop vouloir se développer on fini par se retrouver sans rien car la société change les moeurs changent et les habitudes changent rien n'est jamais acquis.

la prochaine génération de console sera une génération casual en grande partie, car trop de contrainte sont imposé pour que les hardcores gamers (je met pas tout le monde dans le même panier, je parle pour une grande partie des joueurs) continue sur la voie des console...

car ouais les hardcores gamer aime se retrouver dans des boutique comme ca ou il peuvent discuté de leur jeux preferer, montrer leur prouesse technique, lancer des tournois et rencontrer des gens.

découvrir des nouveauté ensemble, du fun quoi.
ce que la ps3 et la 360 ont commencer a detruire petit a petit, avec des jeux sans saveur, qui se ressmble tous sans exception, au graphisme limité et au capacité technique peu adaptée.

Et le comble sur ces console next gen, c'est qu'on a eu plus droit a des mini jeux et des remake qu'a de vrai nouveauté.
donc ps3/360 moin de passion , aucun fun , et dans 10 on ne se rappelera surrement de presqu'aucune licence de cette génération.

Keiku, c'est surtout un problème de gestion merdique interne de l'entreprise. Quant au dépérissement du marché de l'occasion, je crois surtout que les enseignes se tirent une balle dans le pied toutes seules. Aujourd'hui quand tu ramènes un jeu neuf, Far cry 3 par exemple, ils te le reprennent 20 euros, alors qu'un jeu neuf tourne autour de 70 euros! Quel avantage pour le consommateur? autant se garder ses jeux ou les revendre en direct à des joueurs de main à main.

--> votre avis est complètement subjectif que ça soit sur les Hardcore Gamers, sur les consoles actuelles ...

Ne prenez pas votre cas pour une généralité. On est loin de penser tous la même chose.

Concernant les dlc et le demat' vous dites que les gamers ne l'acceptent pas. ah bon ??? alors oui, ça râle toujours mais si les dlc ne fonctionnaient pas, ils n'y en auraient pas autant à l'heure actuelle.
Et Steam ? les jeux qui vendent sont en démat et on ne peut pas dire que steam soit un echec au contraire.

Je trouve votre commentaire sur les gamers completement faux.
M'enfin ce n'est que mon avis aussi.

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Gamaran
Gamaran
MP
le 17 Février 2013 à 13:32:00

Oui, s'ils n'ont pas gardé suffisamment pour remplir les caisses, à un moment donné ou un autre ça aurait été juste.
L'occasion qui se meurt petit à petit, les problèmes internes et Internet ont coulé cette boite.

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earth_angel
earth_angel
MP
le 17 Février 2013 à 12:48:26

@ Urviall : le scandale est il vraiment les charges sociales ? Ou plutot le fait qu'amazon et les sites internet ne paient pas leurs impots grace au procédé du sandwich hollandais ?

Les impots ne sont pas un problème dans un systèmes ou ils sont équitablement répartis. Ce qui est très loin d'être le cas. Dans les faits les impots faussent la concurrence en faveur des grosses compagnies (et on sait que les politiques français les aiment beaucoup).

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