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GAME France : Des premières boutiques au dépôt de bilan

Les boutiques de jeux vidéo ont-elles encore un avenir ?

Les difficultés rencontrées par les boutiques de jeux vidéo sont actuellement tellement nombreuses qu'il est légitime de se poser la question de savoir si le commerce vidéoludique traditionnel a encore un avenir dans les prochaines années. Face à la concurrence des grandes surfaces et bien évidemment des plates-formes de téléchargement toujours plus menaçantes (Xbox Live, PSN, Steam, App Store, Google Play...), beaucoup de magasins indépendants ou franchisés ont déjà jeté l'éponge et l'effondrement de GAME prouve que les grandes chaînes ne sont désormais plus à l'abri d'une catastrophe. Pas plus tard que le 13 février dernier, le leader américain Gamestop a d'ailleurs annoncé la fermeture de 250 magasins aux Etats-Unis.

 

Pourtant, certains acteurs du marché font encore confiance au modèle de vente traditionnel. C'est notamment le cas de Philippe Cougé, cofondateur de Gamecash, qui vient de racheter 24 des anciennes boutiques GAME en France :

« Je crois fondamentalement qu'il y a un avenir pour les boutiques. Vous savez, on m'a annoncé tellement souvent la mort du marché depuis que je travaille dans les jeux vidéo que si j'avais écouté toutes les rumeurs, il y a longtemps que j'aurais mis la clé sous la porte. A un moment donné, le piratage faisait peur à tout le monde, aujourd'hui c'est la dématérialisation. Avec mon positionnement sur l'occasion et le reconditionnement, je ne suis pas inquiet. Je vois des clients très attachés au support physique, et pas seulement des trentenaires ou des quadras mais aussi des jeunes. Je pense que parvenu à un certain niveau de dématérialisation, on va assister à un mouvement de balancier. Séduit dans un premier temps par les avantages de la dématérialisation, le grand public va peu à peu se rendre compte de ses nombreux inconvénients et va revenir en partie au jeu en boîte. L'échange est un vecteur essentiel de la diffusion de la culture et en verrouillant l'échange avec la dématérialisation, les constructeurs et les éditeurs se tirent une balle dans le pied. La revente rend le marché vivant, le marché en a besoin. Si demain par exemple, la prochaine Xbox oblige le consommateur à acheter des jeux dématérialisés, je suis sûr d'une part que Microsoft continuera à vendre beaucoup de Xbox 360 et d'autre part qu'il finira à terme par faire machine arrière.»

Même son de cloche chez Charles Goire, ancien responsable de magasins GAME qui ne voit pas disparaître les points de ventes dans les années qui viennent :

« Pour moi, il ne fait aucun doute que les boutiques traditionnelles ont encore un avenir. Les joueurs que j'ai rencontrés quand je travaillais chez GAME aimaient venir dans le magasin pour chercher de bonnes occases, discuter avec les vendeurs et rencontrer d'autres passionnés. Ce n'était pas simplement de la consommation, ils étaient attachés à leur boutique. Sur le neuf, la grande distribution a généralement l'avantage, mais le marché de l'occasion n'est pas mort et je ne pense pas qu'il soit voué à disparaître. En se concentrant sur ses points forts qu'étaient l'occasion, la proximité et le conseil client, je pense que les magasins GAME n'étaient pas condamnés à disparaître.»

 

Reste que les offres de jeux dématérialisés sont de plus en plus séduisantes. Tout comme Steam sur PC, les grandes plates-formes de téléchargement proposent désormais des réductions pouvant aller jusqu'à 75% du prix initial d'un jeu. Même en occasion, il est absolument impossible de vendre des jeux en boutique au même prix. Les applications smartphones et tablettes ne dépassent généralement jamais les 10 euros et on trouve de plus en plus de jeux gratuits. La convivialité, l'échange, le plaisir d'aligner de belles boîtes de jeux sur une étagère font-ils encore le poids face à la rapidité, le prix et l'ergonomie des supports dématérialisés, cela ne paraît pas forcément évident. Par ailleurs, les joueurs continueront-ils de fréquenter leur boutique à une époque où l'on peut acheter un jeu vidéo en faisant ses courses au supermarché ou en surfant sur Internet ? Réponse dans les toutes prochaines années...

 

Crédits photos :

  • - Image 1 - Gamelive.fr
  • - Image 2 - Anjoueco.fr
  • - Image 3 - Ouest-France
  • - Image 4 - Geekman.fr

 

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