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L.A. Noire

Décidément, Rockstar sait varier les univers de ses licences, car c'en est encore un nouveau qui est exploré dans le jeu d'aventure L.A. Noire, à savoir le polar noir à la James Ellroy.

Jaquette L.A. Noire - PlayStation 3

Développé depuis 2004 par l'équipe australienne de la Team Bondi dont c'est le premier jeu (bien que des membres de l'équipe aient déjà participé au développement de The Getaway), le projet L.A. Noire met une éternité à se concrétiser. L'implication de Rockstar Games date de 2006, juste à temps pour sauver le titre du naufrage en assurant à la fois l'édition, mais aussi une partie du développement de concert avec la Team Bondi. Ce n'est finalement qu'en 2011, suite à de nombreux reports, que L.A. Noire sort enfin sur Xbox 360 et PS3 (il était d'ailleurs prévu au début qu'il s'agisse d'une exclusivité PS3, mais il en fut finalement autrement). Une version PC, développée par Rockstar Leeds, sort un peu plus tard, et une «Complete Edition» paraît également, comprenant tous les DLC arrivés depuis la sortie du jeu.

Comme dit plus haut, L.A. Noire s'inspire des romans noirs de James Ellroy et c'est donc dans un contexte d'après-guerre durant les années 40, que le jeu se déroule. On y suit la carrière de Cole Phelps, un héros de guerre dont le talent d'enquêteur lui fera progressivement gravir les échelons au sein de la police de Los Angeles. D'abord simple patrouilleur, il passera ainsi inspecteur en résolvant moult affaires et changera pour le coup d'équipier régulièrement, jusqu'à accéder à la brigade criminelle où il aura affaire à une série de meurtres très semblable à l'histoire du Dahlia Noir. De toute évidence, c'est principalement la qualité de son scénario qui fait de L.A. Noire un titre d'exception. On est littéralement emporté par la narration, qui est d'ailleurs soutenue par une ambiance remarquable, des musiques jazzy au ton juste et des personnages criants de vérité. Personnages qui n'auraient certainement pas pu avoir autant de profondeur sans la performance orale et physique ahurissante du casting de rêve dont nous gratifie Rockstar (Aaron Staton, John Noble, Erin Chambers...).

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Et en l'occurrence, si le jeu des acteurs éclate autant à l'écran, c'est grâce à la technologie du Motion Scan qui fait pour la première fois son apparition dans un jeu vidéo. Grâce à pas moins de 32 caméras qui capturent précisément les expressions faciales des acteurs, ce fameux Motion Scan permet un rendu visuel d'une immersion telle qu'on a alors l'impression de jouer à un véritable film interactif ! Les animations faciales sont loin de n'être qu'un détail étant donné que les principales phases de jeu s'apparentent à des interrogatoires, durant lesquels il faut cerner les tics (clignement des yeux, crispation du visage, sourire en coin, etc.) et les sensations de gêne des suspects ou des témoins pour ainsi en déduire s'ils mentent ou s'ils disent la vérité.

Dans L.A. Noire, toute est basé sur les tâches récurrentes voire parfois rébarbatives qu'a à accomplir l'inspecteur Phelps pour démêler une affaire. On se rend ainsi d'abord sur les lieux où un incident a été signalé pour inspecter la scène du crime, rechercher et analyser les éventuels indices, ainsi qu'examiner le cadavre s'il s'agit d'un meurtre. Puis il faut interroger toute personne qui pourrait être liée de près ou de loin au dossier, sachant qu'il est tout à fait possible qu'on rate notre interrogatoire, ce qui aura pour effet de rallonger le cours de l'enquête et de diminuer la note qui nous est attribuée à la fin de chaque chapitre. L.A. Noire est donc une expérience foncièrement centrée sur son histoire plus que sur ses mécaniques de gameplay. Il existe bien d'autres phases plus actives telles que les fusillades, les combats à mains nues ou les courses-poursuites, mais celles-ci demeurent somme toute très brèves. Le joueur peut également visiter en voiture la ville ouverte de Los Angeles, mais il n'y trouvera pas grand-chose à y faire hormis arrêter quelques truands qui rôdent dans les rues. Mieux vaut d'ailleurs s'abstenir de trop arpenter la ville, car les tares techniques du jeu y sont hélas plus visibles qu'ailleurs...

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Au sujet de l'avenir de la licence L.A. Noire, tout est encore assez flou, car la Team Bondi n'a pour ainsi dire aucune chance de renouveler un partenariat avec Rockstar Games. En effet, peu de temps après la sortie de L.A. Noire, des membres de l'équipe australienne ont révélé au grand jour avoir dû subir des conditions de travail outrageusement rudes durant le développement, ainsi qu'une prise de décision tendancieusement stricte sur la direction que devait prendre le titre de la part de Rockstar, ce qui au final, n'a fait que renforcer les tensions entre les deux sociétés. Depuis, Rockstar et la Team Bondi ont rompu les liens, et hélas, cette dernière boîte a récemment été mise en redressement judiciaire avant de définitivement fermer ses portes en 2011. A présent, Rockstar est toujours en possession des droits de la franchise LA. Noire, et le studio a d'ailleurs affirmé à plusieurs reprises vouloir l'étendre d'une manière ou d'une autre. Il y a donc un espoir de voir un jour arriver un héritier spirituel de L.A. Noire.

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