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L'évaluation des films et programmes télévisés

Les systèmes d'évaluation des jeux vidéo sont, par extension, issus des systèmes d'évaluation des films, musiques et autres loisirs accessibles au grand public. Y a-t-il des similitudes dans le processus d'évaluation des jeux vidéo et des programmes télévisés en France ? En apparence oui, étant donné que le principe est le même : assurer la protection des mineurs face à des images ou des sons jugés trop choquants pour leur âge. Seulement, à la télévision, les chaînes sont libres de choisir la signalétique qu'elles veulent parmi les quatre existantes : -10, -12, -16, -18. Exception faite lorsqu'elles diffusent un film sorti au cinéma, dans quel cas elles doivent adopter la signalétique dudit film lors de sa sortie. Le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) se réserve tout de même un droit de regard sur la signalétique choisie par les chaînes pour un programme et peut lui demander de la modifier pour les prochaines diffusions s'il juge le programme mal évalué. Quoi qu'il en soit, les programmes ne sont jamais vérifiés avant leur diffusion, contrairement aux jeux vidéo. Les chaînes choisissent donc en partie la signalétique de leur programme et ce, de manière généralement subjective.

D'ailleurs, le constat est le même concernant l'évaluation des films qui sortent au cinéma,. En France, l'organisme responsable est le CNC (Centre National du Cinéma et de l'image animée). Pour juger un film, le CNC ne s'appuie pas sur la présence d'éléments repères dans le film mais simplement sur le ressenti des évaluateurs. Ainsi, un film « très » violent pourrait être jugé à 12 par le CNC et à 18 par le PEGI. A l'inverse un jeu vidéo jugé 12 par le PEGI serait très souvent tout public pour le CNC ou pour une chaîne de télévision. Prince of Persia : Les Sables du Temps est l'exemple type. Déconseillé aux moins de 12 ans par le PEGI, il s'est retrouvé tout public en salle sous sa forme cinématographique. D'un côté nous avons donc un système d'évaluation jugé laxiste et de l'autre, un système parfois trop « sévère ». Le système d'évaluation de l'audiovisuel non-interactif semble manquer de limites et de jalons pour pouvoir évaluer correctement un programme. Ce qui, et cela est tout à son honneur, n'est pas le cas du PEGI, qui se fie à des critères stricts pour juger un jeu vidéo. Les jeux vidéo sont donc plus encadrés que les films et programmes télévisés. Et à ce titre, le PEGI se veut plus sévère voire même exemplaire. Ainsi, si les jeux vidéo rendent violent selon certains médias mal informés, ce n'est en tout cas pas au PEGI qu'il faut jeter la pierre puisqu'il s'évertue à interdire les jeux vidéo les plus violents aux moins de 18 ans. Peut-être faudrait-il être simplement aussi rigoureux dans un magasin de jeu vidéo qu'au cinéma en ce qui concerne la vente de produit interdit aux mineurs ?

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