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Un phénomène mondial

Les Japonais plébiscitant Poketto Monsuta en masse (environ 10 millions de cartouches Rouge, Vert et Bleu trouveront preneur dans les mois suivant leur parution), l'idée de créer une série animée puis un jeu de cartes à collectionner fait rapidement son chemin chez les esprits financièrement avisés. Dans le même temps, le terme de Pokémon, contraction du titre original de la franchise, devient de plus en plus utilisé dans le langage courant au pays du Soleil Levant. A tel point que lorsque les versions Rouge et Bleu débarqueront aux Etats-Unis en 1998 puis en Europe un an plus tard, elles seront bel et bien commercialisées sous le nom Pokémon. Là encore, le succès critique, populaire et commercial sera absolument exceptionnel. De fait, la première génération de cartouches Pokémon figure aujourd'hui encore en troisième position des jeux les plus vendus au Monde (derrière Wii Sports et Super Mario Bros.) avec plus de 40 millions d'unités écoulées. La série animée et le jeu de cartes n'ont donc eu qu'à surfer sur le véritable raz-de-marée soulevé par leur contrepartie vidéoludique pour devenir des références dans leur domaine respectif.

Les longs métrages qui suivent immédiatement, MewTwo Contre-Attaque (1999) et Le Pouvoir est en Toi (2000), réalisent quant à eux respectivement 163 et 133 millions de dollars de recettes. C'est l'âge d'or de Pokémon, la fameuse Pokémania décrite et analysée dans les médias les plus sérieux de l'époque. Plus qu'un simple phénomène de mode ou une opération commerciale, Pokémon devient un phénomène culturel. Le terme même de Pokémon entre dans la conversation courante pour désigner une créature mignonne, un animal de compagnie voire un enfant. Pikachu devient une mascotte universellement reconnue à la mesure d'un Mario ou d'un Sonic. On le voit partout : à la télévision, dans les magazines, sur les paquets de céréales, dans les cours de récréation, dans les fêtes foraines (qui veut gagner un groooooos Pikachu ?), et jusque dans les aéroports grâce à la compagnie All Nippon Airways ! Nintendo amasse des milliards de dollars. On parle des Pokémon à tout bout de champ. Les ateliers chinois fabriquent peluches et goodies à tour de bras. Des controverses alimentées par tel ou tel lobby religieux éclatent sur le message soi-disant violent (sic), occulte (re-sic), voire carrément diabolique véhiculé par la série. Bref, c'est le délire. Aujourd'hui, si la frénésie autour de Pokémon s'est quelque peu calmée, la licence reste encore un modèle de succès marketing et une réussite exemplaire au niveau de son expansion. Tant et si bien que de jeunes studios comme la société française Ankama (Dofus) s'en inspirent encore beaucoup.

 

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