Dossier - L'Histoire des Machines à Jouer - Dreamcast : l'ultime retour de Sega - page 10 sur JeuxVideo.com

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L'Histoire des Machines à Jouer

Dreamcast : l'ultime retour de Sega

2 ans après le lancement de la N64, et immédiatement après le retrait de la Saturn, Sega relance la machine et tente un nouveau retour sur les devants de la scène en sortant la Dreamcast en 1998, ce qui lui donne une sacrée avance sur les machines de nouvelle génération, les 128 bits. Son histoire néanmoins tragique fera couler bien des larmes.

L'ambition de Sega avec sa Dreamcast est de produire une machine capable de tenir tête aux productions PC de l'époque. Pour cela, il s'équipe de composants high tech, s'associe même avec Microsoft pour doter la console d'un OS dérivé de Windows CE et prouve à coups de démos techniques le potentiel de son hardware capable de générer des effets encore jamais vus sur une console, les noms d'alpha blending (effet de transparence) ou de real environment mapping (réflection d'un décor) font leur apparition dans le jargon et viennent s'appliquer à une 3D bourrée de polygones, colorés à coup de 16 millions de couleurs. Blablabla, tout ça pour en venir au fait : la Dreamcast arrache les tripes, son processeur équivaut un Pentium 400MHz, énorme à l'époque. De plus, Sega ambitionne déjà, bien avant les autres, une connexion internet (le modem de la Saturn n'aura jamais servi). Prévu à l'origine pour permettre l'échange de fichiers ou la mise en place de scoreboards, cet accès au net sera également exploité dans certains jeux et le lancement du service engendrera un véritable engouement. On n'oubliera pas non plus le système VMS, un écran LCD amovible logé dans le pad, qui fait aussi bien office de carte mémoire que de mini-console dans l'esprit Tamagotchi. Le jeu Godzilla sera le premier à y avoir recours, transférant un bébé monstre dans le VMS dont le joueur ensuite prendra soin lors de ses déplacements.

Côté jeux, la Dreamcast confirme le goût des machines Sega pour l'arcade mais on verra aussi apparaître des portages de titres PC surprenant par leur qualité (Quake ou Half-Life) et la Dreamcast reçue un bon accueil chez les éditeurs qui ne se privèrent pas de l'abreuver en jeu de qualité. Elle fut également un support de choix pour qui souhaitait donner l'original, Shenmue en est un bon exemple. Rapidement, elle va se faire une place de choix dans le coeur de nombreux joueurs. Alors pourquoi la console a-t-elle connu ce funeste destin ? Celui qui a amené Sega à cesser sa production en 2001 pour ne devenir qu'un simple éditeur/développeur. Certes, la console se vendait relativement bien, mais pas suffisamment. La situation financière de Sega était très précaire. Les sommes engouffrées et perdues dans l'échec de la Saturn ainsi que l'argent investi dans le projet Dreamcast laisseent la société presque exsangue et les recettes générées par la 128 bits ne suffiront pas à combler le déficit. Au final, la seule solution pour que Sega puisse survivre fut d'abandonner son activité de constructeur pour se recentrer sur le développement. L'annonce brutale a laissé pantois le microcosme du jeu vidéo, même si la chose était à craindre. Aujourd'hui, on assiste à l'improbable spectacle, impensable quelques années plus tôt, de voir Sonic débarquer sur les machines de l'ancien ennemi juré, Nintendo. Le choc est rude.

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