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Mutation Nation: M-Gage, GTA, etc. - La Guerre Des Clones : Treamcast, M-Gage, GTA...

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Mutation Nation: M-Gage, GTA, etc.
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En-dehors de la désormais célèbre Treamcast, d'autres curiosités sont apparues au cours de l'année dernière dans les méandres de Kowloon. Ainsi, en Septembre et en Novembre 2003, c'était au tour de la Game Theory Admiral (communément abbrévié « GTA ») et de la M-Gage de faire leurs apparitions respectives.

Apercevoir la M-Gage en rayons, c'est se croire pris d'hallucination et se demander s'il est possible que Nokia ait fait une faute de frappe sur une série de ses consoles-téléphones. En effet, le design de la M-Gage est très similaire à celui de la Nokia N-Gage. Par contre, une fois allumée, la M-Gage se transforme en canular : à part les fonctions calculette et chronomètre, il n'y a dans la mémoire de l'appareil qu'une dizaine de jeux ultra-minimalistes en noir et blanc à se mettre sous la dent (ex : Tetris, Snake etc.). Pas de fonction GSM et pas moyen d'y insérer de nouveaux titres, j'ai eu beau chercher derrière la pile au lithium, je n'ai pas trouvé de petite trappe pour fines cartes de jeux ultra-chiantes à insérer comme sur l'engin portatif de Nokia. Au final, la M-Gage n'est rien de plus qu'une bricole à ranger avec les faux insignes de police à deux balles de quand j'étais petit.

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La GTA, quant à elle, est une sorte de « Famicom portable », munie d'un port cartouche dans lequel on peut insérer des jeux originaux en version Japonaise. La Famicom (obtenu par la compression des mots « Family Computer ») était le système 8 bits de Nintendo au Japon, sorti par la suite dans les contrées occidentales sous le nom de N.E.S (Nintendo Entertainment System). La différence principale entre la Famicom et la NES réside dans le fait que les jeux étaient stockés sur des cartouches de beaucoup plus petite taille en version Japonaise. C'est ce qui rend possible la portabilisation de la technologie, tandis qu'une tentative du même genre se basant sur les jeux sortis en Occident se confronterait au problème de la taille trop importante des gigantesques cassettes de la NES. Ce n'est pas la première tentative dans le genre, puisqu'il y a eu auparavant l'expérience « Game Axe ». Cependant, la comparaison s'arrête là pour une raison majeure : au contraire de la Game Axe, la GTA n'adopte pas une forme qui lui est propre mais un look strictement identique à celui de la Gameboy Advance ! Deux déductions s'imposent : la GTA est beaucoup plus petite que l'imposante Game Axe mais est aussi complètement illégale. Au vu du produit, on réalise d'ailleurs tout de suite que l'acronyme choisi pour nommer le produit n'est pas le fruit du hasard : il s'agissait sans doute de se rapprocher le plus possible de « GBA » tout en changeant une lettre (même démarche que dans le cas de la Treamcast). Quitte à changer de nom, autant ressembler à un autre, ont sans doute pensé les hommes d'affaires à la logique étonnante cachés derrière ce produit. D'où l'ahurissant sigle GTA, célèbre dans le milieu du jeu vidéo grâce au jeu Grand Theft Auto.

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Les exemples de la Treamcast et de la GTA illustrent parfaitement l'incompréhension et/ou le non-respect des principes de droits d'auteur et de marque déposée par de nombreuses P.M.E. du Sud-Est Asiatique (à vrai dire, pour la majorité d'entre elles). En effet, on pourrait se dire dans notre logique cartésienne, que, quitte à copier quelque chose, autant le faire à fond et ne marquer aucune différence avec le produit original, même pas dans le nom. Par exemple, quitte à copier une chemise Ralph Lauren ou Lacoste, autant la frapper de l'écusson Ralph Lauren ou Lacoste, plutôt que de l'étiqueter Lalph Rauren ou Macoste. Si, par contre, la volonté est de rester dans les limites de la légalité et de marquer sa différence avec un autre produit ou avec une marque existante, alors autant opter pour une appellation complètement nouvelle et suivre la règle imposant au minimum sept différences visibles entre deux formes commerciales pour se couvrir contre toute accusation éventuelle de plagiat. En gros, sur un plan purement intellectuel, je piraterais à fond ou je ne piraterais pas, mais surtout je ne ferais pas dans la demi-mesure. En effet, la chemise Macoste sera aussi illégale que la chemise Lacoste puisqu'il y a évidente ressemblance entre les deux marques et les deux modèles de chemises. Par contre, la fausse Lacoste se vendra mieux que la Macoste. Du coup, choisir de fabriquer une fausse Macoste est en fait complètement absurde puisqu'elle se vendra moins bien qu'une fausse Lacoste mais entraînera les mêmes problèmes judiciaires !

La loi sur les copyrights n'est pas différente à Hong Kong. Mais sa formulation n'est pas très ancienne et surtout son application n'a commencé qu'au cours de la dernière décennie ! Du coup, les concepts abstraits de propriété intellectuelle ne sont pas encore bien assimilés par la vaste majorité de la population locale, y compris par les entrepreneurs. C'est pourquoi, ceux-ci sont persuadés que « Macoste » n'est pas « Lacoste » et que « Treamcast » n'est pas « Dreamcast » et qu'il n'y a donc pas de raison que cela soit considéré comme une copie. Ils se croient réellement protégés par leur démarche de changement de lettre. Leur logique est donc différente : quitte à faire légal, autant être le plus ressemblant possible avec un nom existant et célèbre. Ne se rendant pas compte de leur erreur d'interprétation (et n'ayant que rarement l'opportunité de la réaliser puisque les procès liés à la propriété intellectuelle dans le pays demeurent encore peu nombreux et trop récents que pour avoir été digérés avec recul par la communauté toute entière), les créateurs Hong Kongais nous pondent donc régulièrement de cocasses petits gadgets. Je ne rajouterais qu'un seul exemple qui symbolise à mon goût de façon explicite ce que je viens d'exposer ci-dessus : un Solar Charger (rechargeur de batterie fonctionnant sur l'énergie solaire) pour Gameboy Advance SP que j'ai trouvé en vente libre un peu partout en ville. Celui-ci est une vraie innovation technique puisqu'il n'existe pas du tout de chargeur officiel basé sur l'énergie solaire. Sur le principe du produit, le fabricant tient une nouveauté potentiellement intéressante et parfaitement licite. Or, en voulant rendre sa trouvaille plus attrayante aux yeux du public, le fabricant a dans un premier temps conçu un moule plastique pour le Solar Charger, le présentant, lorsqu'il est fermé, comme la réplique exacte d'une Gameboy Advance SP Platinum. Ensuite, ne s'arrêtant pas en si bon chemin, le constructeur a cru bon de rajouter un logo « PEGA » dont le lettrage est identique à celui de « SEGA ». D'un produit novateur et légitime, on en est arrivé à un monstre qui viole à la fois les lois sur les dessins et modèles et les principes de droits d'auteur et de marque déposée. Qui plus est, ce n'est pas une mais deux sociétés différentes qui sont lésées : Nintendo et Sega. Pourtant plein de bonnes intentions, pêchant par incompréhension et par naïveté, le fabricant du Solar Charger s'est mis en position de condamnable en puissance... « A l'insu de son plein gré », comme dirait Richard Virenque.

Mutation Nation: M-Gage, GTA, etc.
Mis à jour le 18/02/2004
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  • Au pays de la contrefaçon
  • Banc d'essai de la Treamcast
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