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Dossier sur La Dreamcast maintenue en vie grâce à ses fans et à sa scène

Dossier
La Dreamcast maintenue en vie grâce à ses fans et à sa scène
La Dreamcast maintenue en vie grâce à ses fans et à sa scène
DCAST
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La Dreamcast a tout juste fêté ses cinq ans le 21 Novembre dernier au Japon. Dans un marché du jeu vidéo habituellement cyclique et normalement sans surprise, la cinquième année est souvent la dernière d'une vie bien remplie... Mais la Dreamcast n'est décidément pas comparable avec les autres consoles contemporaines. Après avoir été assassinée une première fois en 2001, lorsque Sega a été forcé d'en stopper sa production, et malgré de nombreux heurts et malheurs, la Dreamcast tente sa renaissance. Toute seule, sans papa Sega, comme une machine auto-consciente (cf la genèse de Terminator). Tel le phénix, la Dreamcast est en train de ressusciter d'entre les morts.

24 Janvier 2001, 8h30. Mon réveil se met en marche sur une station de radio populaire. Les titres des infos fusent au milieu de ma torpeur, et soudain, une brève inattendue : « Sega arrête la production de la Dreamcast. » Dans un sommeil bougon, je peste contre la bande FM et ces journaleux ignares qui n'y connaissent vraiment rien au jeu vidéo. Sous ma douche, je me dis que cela doit être une de ces rumeurs que j'ai aperçues il y a peu de temps sur le net mais qui sont sans fondement. Ma grande interrogation : comment cette élucubration avait-elle été prise au sérieux par une si grande chaîne radiophonique et comment avait-elle pu terminer sur les ondes sans les vérifications d'usage ? J'arrive au bureau, le monde n'a pas vraiment changé. Les commerciaux vendent, les téléphonistes sont au téléphone, les pigistes pigent, je prends un café et je m'assieds. Connexion à internet... Je tombe de ma chaise et me brise les dents sur le sol. L'info est partout et la source est sérieuse : The Nihon Keizai Shimbun, le quotidien le plus reputé et le plus diffusé de Tokyo, relayé par USA Today, qui a pris la peine de vérifier auprès de Charles Bellfield de Sega Of America. On n'est pas le 1er Avril. Je réalise. Hier, je jouais à Sonic sur ma console 128 bits de nouvelle génération. Demain, Sonic se jouera sur PS2, Xbox, GBA,GameCube et téléphones portables. Quant à ma console de nouvelle génération, elle est devenue obsolète en une nuit... Sega n'était donc pas plus fort que toi ! A l'heure du déjeûner, tout le monde ne parle que de cela dans le microcosme vidéoludique. A 18h00, certains accessoiristes en surstock ont déjà baissé de 20 à 30 4.973238e-270urs tarifs sur les périphériques les plus encombrants des inventaires. En ce qui concerne le software, les titres de seconde zone se vendent déjà à perte le jour-même de l'annonce. Un tremblement de terre venait de toucher l'industrie du jeu vidéo.

Les causes sont avant tout d'ordre financier. Sega faisait face à des prévisions catastrophiques sur l'année fiscale en cours (l'exercice fiscal se termine au mois de Mars au Japon) : déficit de 202 millions de US$, faisant suite à un déficit de 342 millions de US$ l'année précédente. Or, depuis longtemps, les analystes financiers le clamaient haut et fort : Sega, avec son savoir-faire pour créer des jeux cultes et son catalogue impressionnant, serait profitable si il se concentrait sur la publication de jeux vidéo sur les consoles de ses rivaux (Sony et Nintendo à l'époque mais Microsoft pointait le bout de son nez avec la Xbox) plutôt qu'en misant sur ses propres consoles dont les ventes ont du mal à décoller et dont la fabrication est extrêmement coûteuse. Devant l'ampleur de sa dette, Sega a donc fini par se résigner. Sa décision a été immédiatement saluée par la bourse, l'action Sega grimpant de 15 4.310466e-314 jour même à l'indice Nikkei de Tokyo. Restait alors à écouler à coups de baisses de prix successives les 2 millions d'unités déjà produites et dont le stockage coûte cher...

Dans un premier temps, Sega tente cependant de rassurer les joueurs qui ont fait confiance à Dreamcast (après l'échec de la Megadrive et de la Saturn, il fallait voir à ne pas déclencher la haine de millions de hardcore gamers, histoire de continuer à leur vendre des tonnes de jeux estampillés Sega sur les plates-formes jadis concurrentes). La société japonaise communiquera avec insistance sur les 100 nouveaux jeux (éditeurs tiers compris) qui sont prévus sur Dreamcast au cours de l'année 2001, maintiendra ses services de jeu en ligne, et baissera le prix de sa console de manière très régulière et agressive. En France et en Europe, la distribution se réorganise et est confiée à Big Ben Interactive, qui se fera fort de prolonger les rabais sur le vieux continent, proposant même des packs comprenant des accessoires et trois jeux pendant le dernier semestre d'écoulement. En fait, si l'on est pas un fanatique intégriste, partisan d'un fabricant d'une machine ou d'une autre, et que l'on n'a cure de la guerre des consoles et de ses grands vainqueurs en termes de parcs installés, il fait même bon avoir une Dreamcast : les nouveaux titres continuent à sortir, les anciens hits se liquident à prix planchers, les accessoires ne coûtent quasiment rien, et l'offre excède largement la demande sur le marché de l'occasion (ce qui garantit des prix bas et donc des bonnes affaires pour les fouineurs). Deux millions de joueurs ne s'y tromperont d'ailleurs pas et sauteront sur l'occasion, si bien qu'en Europe une augmentation de 135 134546264es ventes de ce système se constatera au cours du trimestre qui a suivi, pendant qu'au Japon, Sega annonçait déjà l'écoulement des stocks en version japonaise au mois de Mai 2001, soit quatre mois seulement après avoir coupé le robinet. En somme, il était tout à coup possible d'acquérir un système puissant au catalogue de titres fournis et peu onéreux, et à un prix défiant toute concurrence (la Dreamcast se vendra neuve aux alentours de 990 FF, ce qui est très bas pour l'époque et pour ses capacités, le record ayant été atteint avec le prix unitaire de 49 US Dollars sur Amazon.com, à une époque où la Playstation 2 affichait l'étiquette 2799 FF en France) En 2001, quelques titres brillants verront encore le jour et plusieurs centaines de milliers de joueurs participent sans discontinuer aux quêtes en ligne sur les serveurs Phantasy Star Online.

En coulisses, certains signaux montrent pourtant que la fête ne durera pas... Les magazines imprimés dédiés 100% à la Dreamcast disparaissent les uns après les autres, de nombreux éditeurs tiers annoncent des annulations de titres (le total de titres sortis sur Dreamcast en 2001 sera finalement inférieur de quelques dizaines au nombre de 100 attendu par Sega en début d'année), et surtout, la grande distribution se dépêche de faire disparaître toute trace de ce système maudit le plus vite possible. Tel le grand Jules, pas de chichi dans la distrib', on enterre ses morts rapidement et on retourne au combat. Devant le rythme croissant des annulations de titres, Sega avance même une date pour l'arrêt définitif de la production de GD-Rom et une autre pour l'arrêt des serveurs en ligne, toutes les deux courant 2002. La Dreamcast se prépare à entrer au purgatoire...

Mis à jour le 26/01/2004
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Dreamcast
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COMMENTAIRES

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Protiste
Protiste
MP
le 04 nov. 2012 à 23:26

Dreamcast ! :coeur:

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-_-zzzZZZ
-_-zzzZZZ
MP
le 20 avr. 2012 à 17:05

d'accord avec linktheboss :oui: ça a été une console arquante avec que des jeux super!

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AtomTimmy
AtomTimmy
MP
le 11 mars 2012 à 18:08

RIP :ange: Dreamcast

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_LinkLeBoss_
_LinkLeBoss_
MP
le 25 juin 2011 à 21:16

Une des meilleurs consoles que j'ai jamais connu

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°
Hap est supérieur à toi :hap:

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Pallad
Pallad
MP
le 17 mars 2011 à 09:31

Et surtout, en plus de la véritable révolution qu'a été la Dreamcast, elle a apporté dans ses cartons l'un des meilleurs jeux de tous les temps (et je pèse mes mots) : The Nomad Soul, le seul, l'unique.

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335i
335i
MP
le 14 janv. 2011 à 18:26

Diddy64
Posté le 25 octobre 2010 à 21:34:20
patakman : +1!

La DreamCast est vraiment une bonne console, la première 128 bits du marché, comme la MegaDrive qui fut la première console 16 bits du marché et la Saturn, première console 32 bits du...euh...du marché!
-----
ou pas.

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Diddy64
Diddy64
MP
le 25 oct. 2010 à 21:34

patakman : +1!

La DreamCast est vraiment une bonne console, la première 128 bits du marché, comme la MegaDrive qui fut la première console 16 bits du marché et la Saturn, première console 32 bits du...euh...du marché!

Sega n'avait peur de rien, ils fonçaient toujours tête baissée en créant des technologies plus avancées que ses concurrents.

Pour moi, Sega et Nintendo sont des développeurs de qualité, et le seront toujours. (Quoique malheureusement les nouveaux jeux Sega perdent de l'intérêt par rapport à avant, mais ça c'est mon avis, hein!)

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Xxnermal
Xxnermal
MP
le 24 août 2010 à 06:44

Sega a du fric pourquoi ils font pas un Dreamcast 2 --' ils on plein d'exclu,surtout Sonic !

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chaos_atila
chaos_atila
MP
le 17 juil. 2010 à 00:41

J'ai toujours ma dreamcast et jamais je ne m'en séparerai !

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tsunemi01
tsunemi01
MP
le 15 oct. 2009 à 17:05

bonne anniversaire la dreamcast! :)

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