Menu
Page Dossier
Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox
Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox
PC Amiga CPC ST VCS 5200 7800 C64 DCAST NGC MD N64 PS1 VPAC Arcade
Partager sur :

Il est assez fou de se dire qu’aujourd’hui un ordinateur à moins de 40€ est capable de faire tourner des dizaines de milliers d'anciens jeux. Et pourtant, avec le talent et la ténacité de nombreux amateurs, plusieurs logiciels sont nés afin de faire d’un Raspberry Pi 3 une solution tout à fait cohérente au sein d’une borne d’arcade. Parmi celles-ci, Recalbox, une initiative française qui rayonne dans le monde entier. Efficacité, simplicité et communauté, de quoi donner des ailes à notre projet de bartop sans se ruiner.

Toutefois, avant d'aborder ce premier chapitre "software", il convenait de faire un point sur cette tendance des bornes rétro et des solutions clé en main, et sur leur rapport à la légalité. En effet, l’installation de Recalbox étant d’une grande simplicité, vous ne tarderez pas à vous poser la question de savoir quelle matière vidéoludique ce système pourra faire tourner, au-delà des quelques titres libres de droits avec lesquels il est livré. Soyons clairs : l’utilisation d’émulateurs, et plus encore, celle de roms de jeux, est soumise à diverses contraintes légales. Ce dossier étant principalement axé sur les tenants et les aboutissants techniques de la fabrication d’une borne d’arcade, nous ne souhaitions pas le transformer en place de débat sur la légalité de l’émulation. Pour autant, par honnêteté intellectuelle, il nous paraissait difficile de ne pas préciser un mot sur cette épineuse question.

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

S'agissant d'émulation, qu'est-ce qui est légal ? Eh bien pas grand-chose, à dire vrai… Ainsi, seuls les développeurs des logiciels présents à l’intérieur d’une console (les BIOS) sont autorisés à les modifier ou à les reproduire. Et nombreuses sont les machines qui ont besoin d'un tel artifice afin de fonctionner. Dès lors, le fait de créer un programme permettant de simuler les composants de ces logiciels constitue un acte de contrefaçon, sauf dans 3 cas : si les droits ont été abandonnés, si les logiciels en question entrent dans la catégorie des logiciels libres, ou si les programmeurs travaillent dans le cadre du droit à la décompilation. Un dernier cadre qui restera difficilement applicable, tant il est complexe de s’y conformer.

Et si la machine émulée n'utilise pas de BIOS ? Eh bien le problème sera du côté des jeux, où l’harmonie entre loi et pratique ne sera pas plus présente : ces productions étant pour la plupart protégées par le droit d’auteur, il demeure illégal de se les procurer autrement que par l’achat, à moins que les ayants droit aient spécifiquement abandonné leurs prérogatives. Ces droits courant jusqu’à 70 ans après le décès du ou des auteurs, on peut aisément en déduire que peu de titres pourront être utilisés à la fois librement et légalement. À ce sujet, précisons que la notion d’« abandonware » n’a pas de base légale, pas plus que la légende qui veut qu'on soit autorisé à télécharger une rom si on l'efface dans les 24H. Quant à l'exception légale qu'est la copie privée, il ne s’applique en théorie qu’à des opérations de sauvegarde.

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

Dès lors, quid de la "zone grise" derrière laquelle les acteurs de l'émulation se réfugient parfois ? C'est simple : juridiquement, elle n'existe pas. Sauf que pragmatiquement, on constate que les logiciels d'émulation existent bel et bien, dont certains depuis des années (MAME est un bon exemple), et que les cas de litige avec les ayants-droit demeurent rares (on se souvient pour notre part de la bataille qui a opposé Sony et les développeurs de l'émulateur Bleem, par exemple). Nous avons tenté d'obtenir des positions de différents éditeurs sur la tolérance qui existe autour de ces pratiques, mais soit leurs représentants ne souhaitent pas communiquer sur le sujet, soit ils se retranchent derrière le cadre légal que nous venons d'énoncer, sans plus de précisions.

À partir de là, à vous de gérer cette question en votre âme et conscience. Encore une fois, le but de ce dossier est bien plus technique que juridique. On ne peut toutefois que vous enjoindre à vous porter acquéreur des jeux que vous installerez, les solutions légales pour le faire existant, même si elles ont leurs limites : de nombreuses séries mythiques comme Double Dragon, Street of Rage, ou Metal Slug sont ainsi disponibles sur plusieurs plateformes (Steam, GoG, PlayStation Store, et on en oublie).

Ces questions étant éclaircies, revenons à notre borne sous Raspberry Pi. Face à la complexité d’une configuration PC ou au coût d’une console de jeu, le Raspberry Pi 3 se place en choix intermédiaire. Il est peu cher, démarre dès qu’il est alimenté et offre toutes les options de connectivité modernes et utiles : HDMI, Bluetooth, WiFi, USB, carte SD, et même un port GPIO afin de venir connecter nos boutons et sticks en direct, sans le moindre adaptateur. Revers de la médaille : bien que vaillant, il ne fait pas le poids face à ses concurrents en termes de puissance. Pourtant, impossible de ne pas tomber sous le charme de ce nano-ordinateur, particulièrement lorsqu’on se penche sur les principales solutions logicielles, qui permettent de transformer ce système à tout faire en véritable champion de l’émulation.

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

Concrètement, nous avions le choix entre Lakka, Retropie et Recalbox. Toutes trois se basent sur des développements open source de Retroarch, Emulation Station et/ou de projets indépendants, avec des résultats quasiment similaires quant à la qualité du rendu, la stabilité et les possibilités. Mais alors, pourquoi avoir choisi Recalbox plutôt qu’un autre ? Et bien d’abord parce que les efforts de l’équipe derrière ce projet en font un des plus simples et des plus agréables qui soient. On installe, on branche et ça fonctionne. L’interface est limpide, très facilement paramétrable, avec des menus accessibles aussi bien depuis le Raspberry que d’une interface web, au stick, au clavier et même depuis son smartphone. De plus, les menus sont intégralement en Français, comme dans bien d’autres langues, et la communauté francophone se montre large et dynamique. C’est clairement le choix du débutant que nous sommes.

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

En pratique, il ne nous aura fallu qu’une dizaine de minutes afin de mettre l’image officielle de cet OS sur notre carte SD (l’image est disponible sur cette page : https://archive.recalbox.com/), lancer le logiciel et affecter nos boutons à leurs fonctions avec l’aide d’un clavier USB. Puis on ajoute une manette Bluetooth “au cas où”, on paramètre notre écran de manière à ce que le format de l’image soit respecté, on place nos jeux dans les bons dossiers et c’est prêt. Le téléchargement des informations pour chaque jeu, genre, nombre de joueurs, et même les images d’illustration correspondantes à chaque titre se sont même téléchargées automatiquement en quelques heures (tout le monde n’a pas la chance d’avoir la fibre). Il est évidemment possible d’aller plus loin dans les profondeurs de l’interface, comme des émulateurs qui se cachent derrière, néanmoins pour le néophyte, les tutoriels officiels suffisent largement à se lancer sans véritable connaissance au départ. On chipotera simplement en pointant la personnalisation de l’interface qui, pour le coup, demande beaucoup plus de recherche et de temps, avec l’obligation de mettre les mains dans le code afin d'obtenir des résultats probants. Mais là encore, la communauté du forum était là pour nous soutenir et nous guider, et ce malgré notre niveau franchement risible, avec même la possibilité de récupérer des thèmes dans le cas où nous échouerions à en créer un nous-mêmes.

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox
Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : RecalboxPhase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

Mais au final, nous avions sous nos yeux une interface à l’image de ce que nous en attendions, avec les titres classés par machine, nos favoris dans un menu indépendant, avec une ergonomie générale compréhensible par un enfant et même, cerise sur le gâteau, une possibilité de streaming local grâce au support de Moonlight. Cette alternative open source utilise la technologie Gamestream de NVIDIA afin de relier la borne à un PC sur le réseau local, afin d’en streamer les jeux en temps réel. Reste que face à la solution Retro MasterRace, on a un peu l’impression de jouer à côté de la cour des grands. Non pas que l’on envie leurs heures passées à configurer leurs launchers et autres utilitaires pour spécialistes, mais une petite partie d’un Soulcalibur 2 ou d’un Virtua Tennis entre deux Space Invader a de quoi faire monter une pointe de jalousie.

Mis à jour le 13/04/2018
PC Amiga Amstrad CPC Atari ST Atari 2600 Atari 5200 Atari 7800 Commodore 64 Dreamcast Gamecube Megadrive Nintendo 64 PlayStation Videopac Arcade

COMMENTAIRES

Tous les commentaires (0)
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.
SOMMAIRE

Phase 5 : Au cœur de la borne Raspberry Pi : Recalbox

Jeuxvideo.com