Dossier - Commentaires : Les Ecoles de Jeux Vidéo - JeuxVideo.com - page 16 - 11

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Les projets 2006 Supinfogame : Sonate

Il ne manquait finalement pas grand chose à l'Apprenti Sorcier de Fantasia pour maîtriser cette fichu baguette magique. Juste quelques minutes de jeu sur Sonate, à arpenter les rues de Sol, une ville de bric et de broc steampunk, à tous vents musicaux ouverte. La clé de Sol c'est le Métronome, une sorte de haute tour Hassan, qui modère les mélopées des neufs quartiers de la cité, tous dépositaires de ces harmonies si essentielles au fonctionnement de Sol. Quand un quartier contrôle par ses nappes sonores le climat du monde, un autre imprime le rythme de production des usines et un troisième endort, par un va et vient sonore, une population entière faite de partitions de notes. Et chaque individu est une musique, sous sa carcasse coule continuellement un refrain intérieur qui ne cesse de changer au gré de ses émotions. Mais les fautes d'accords se multiplient, Sol et son métronome sont déréglés et l'harmonie a donc disparue. A vous de faire sonner vos instruments : violons et trompette. Faire du joueur un créateur est notre intention de base.Le jeu tente donc de mettre en valeur les compositions du joueur, pour qu'il se sente non seulement créateur de ses mélodies, mais de tous les effets qu'elle va avoir sur le monde de Sonate. Ces mélodies, vous les écrivez sur une portée dans une interface à part, à l'aide des boutons de la manette. Vos compositions s'ajoutent alors dans une liste à laquelle vous avez accès à n'importe quel moment au cours de votre voyage en vue à la 3ème personne dans Sol. Cette liste est inépuisable, vous pouvez créer autant de compositions que votre âme vous le chante. Il faudra cependant trouver celles qui décoinceront les situations en péril disposées dans la ville, et les rejouer alors correctement, comme dans n'importe quel Rythm Games. Lors de l'étape de création vous devez trouver la forme adéquate de composition pour contrer la problématique qui vous est soumise. Cela implique plusieurs paramètres : le rythme, la hauteur des notes et l'intonation des accords. A titre d'exemples, vous pouvez accélérer, ralentir ou inverser le fonctionnement de certaines machines, consoler un personnage chagrin, responsable de l'inondation d'un quartier, ou déstresser un autre individu à qui vous désirez parler. La manoeuvre pour vous mettre la puce musicale à l'oreille, c'est d'écouter la rengaine intérieure de chaque personnage et mécanisme. Il n'y a que de cette manière que vous pourrez composer "l'antitode" pour chaque problématique. Le titre devient particulièrement ravissant grâce à cette étape, car il s'enrichit d'une notion d'écoute et de décorticage d'une petite ritournelle. Il fait appel à l'oreille, soit au sens musical de chacun.

Sonate utilise les mêmes dogmes que les quelques jeux qui tendent vers la création musicale : Rez, Loom (une des références avoués du projet) ou à moindre mesure les derniers Zelda. L'accessibilité prime sur le réalisme. Disséquer l'interface de création des compositions est un bon moyen de se rendre compte des efforts concédés dans ce but. Vous pouvez allonger par graduations la durée des notes pour obtenir une composition lancinante ou nerveuse. Une longueur standard de silence a été prédéfinie, et de manière générale la construction rythmique des compositions a été simplifiée. Une petite réglette sur la gauche permet de faire varier l'intonation de l'ensemble de la portée : vers les larmes ou les rires. Bien sûr, la restitution sonore de ces notes a été élaguée pour obtenir facilement des arpèges harmonieux : Nous avons essayé de simplifier, après pas mal de tests, les côtés trop cryptiques du solfège. Il n'y a plus de dièses ni de bémols apparents, ils sont gérés automatiquement. Nous aurions pu être bien plus dirigistes cependant : le joueur peut parfaitement écrire quelque chose de médiocre en utilisant l'interface de Sonate, mais il ne pourra jamais faire quelque chose qui sonne totalement faux ! Il faut d'ailleurs préciser qu'une composition est considérée comme valide si au moins 50 pourcent des notes conviennent à la situation. Le joueur doit s'appliquer : chaque composition provoque un effet rétroactif et vous pouvez ainsi aggraver la situation ou créer de nouveaux incidents qu'il vous faudra réparer à l'aide d'autres compositions.

Il eût été dommage que tout ce travail sur la musique n'ait pas été accompagné d'une bande son princière. L'équipe de Sonate, dénuée de véritable musicien, s'est logiquement tournée vers une précieuse connaissance : Laurent Martin, compositeur amateur de son état. Je vous laisse savourer cette BO, laissée à disposition sur le site officiel du projet. Elle vous permettra de palper le mélange entre le doux romantisme des personnages et l'âpreté architecturale de Sol. Le steampunk nous plaisait tous, et nous voyions directement la corrélation avec des instruments de musique comme le saxophone, avec des mécanismes musicaux (une boîte à musique, etc...). Pas grand-chose à rajouter, l'équipe de Sonate a clairement fait le bon choix. Outre ce rapport au formes torturées de beaucoup d'instruments, cette direction artistique est aussi une révérence au bariolage des Opéras Italiens, de Verdi à Puccini. Conséquence direct : le romantisme furieux et bouffon de la plupart des PNJ n'en ressort que plus formidablement, de la même manière que dans l'opéra lyrique, ou drame et comédie ne font souvent qu'un. La mélancolie, le romantisme sont les ambiances que nous privilégions quand le héros est le centre de la scène. Pour d'autres personnages, l'humour, voire le burlesque sont plus privilégiés. Par exemple, dans le prototype, nous avons une cantatrice qui chante sa tristesse avec beaucoup de... ridicule, et l'inventeur Aristide est un personnage très vaniteux et très, très absurde. En résulte un héros qui, selon l'aveu même de ses créateurs, est finalement en retrait par rapport aux personnages secondaires. Avec son bras en cuivre, qui lui sert à synthétiser les instruments nécessaires à sa quête, cet avatar dégage une étrange impression de fragilité, comme un lointain cousin de Wanda et d'Edward Au Mains D'argent. Sonate n'en est que plus délicat et finit par se révéler comme le modèle même du projet intime et passionné. Une vision du travail étudiant qui, on l'espère, n'aura jamais la mauvaise idée de disparaître !

Trois questions à l'équipe de Sonate :

jeuxvideo.com > Vos compositions un piano font échos aux créations de Hitoshi Sakimoto ou Nobuo Uematsu. Est-ce cette veine orientale qui vous a influencés ou plutôt des anciens compositeurs comme Erik Satie ?

Cette question, il faudrait plutôt la poser à Laurent (ndlr : Laurent Martin, compositeur amateur contacté pour l'écriture de la B.O.) ! Ce qui est sûr, c'est que sa tanière est un forum bien connu sur les musiques des jeux Squaresoft. Cependant, après lui avoir demandé, il semble que ses références soient plus du domaine du cinéma que du jeu vidéo, musicalement parlant.

Là où nous avons été contents, c'est qu'il a parfaitement réussi à construire une véritable identité musicale à Sonate, et n'a pas seulement essayé de refaire des musiques venues d'ailleurs. La qualité de ses précédentes compositions n'avait de toute façon pas à rougir de la comparaison !

jeuxvideo.com > L'idée de la modification de l'environnement de jeu est dans l'air du temps, comme dans le très attendu Okami. Est-ce une composante qui faisait partie du concept initial ou qui a été intégrée durant la pre-prod ou la prod ?

La modification de l'environnement par la musique n'est pas une idée nouvelle : un des prototypes de l'année précédente jouait d'ailleurs exactement sur ce point (Dark Vibes, en 2005).

Cependant, c'est vrai que c'est une idée extrêmement attirante : modifier le décor avec ses créations musicales est quelque chose que le joueur apprécie en général, et c'est une idée de base qui est un excellent terreau pour un designer, avec laquelle il peut créer des gameplays très intéressants.

jeuxvideo.com > On reproche souvent aux projets étudiants, que ce soit en jeu vidéo ou en animation, d'être soit trop personnels et autistes, soit déjà trop inscrits dans une démarche professionnelle, et donc impersonnels. Quel est votre avis sur cette épineuse question ?

Je pense que c'est une question que nous nous sommes posés souvent !

Le mieux étant d'avoir un projet personnel inscrit dans une démarche professionnelle, nous avons tenté cette approche sur Sonate : un concept un peu différent, mais une réalisation la plus professionnelle possible.

Teaser de Sonate

Site officiel de Sonate

Les commentaires des lecteurs

Il y a actuellement 133 commentaires.

  Rafraichir
  • freemanX Voir le profil de freemanX
  • Posté le 12 septembre 2006 à 10:31:50 Avertir un modérateur
  • nanbunan tu a tous dis!
    BRAVO!!!!
    Moi je ve travailler dans ça mais WAAAOOOWWW!
    Et les ecoles de 3D c´est pareille
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  • Guizmette Voir le profil de Guizmette
  • Posté le 12 septembre 2006 à 12:27:00 Avertir un modérateur
  • Après une école ou autres, réfléchissez avant d´accepter un CNE (promesse d´embauche avec "CDI" à la clef) :

    _ Une petite entreprise, en pleine essor, n´est jamais certaine de continuer de décrocher des contrats "intéressants".
    * conséquences : dans cette incertitude de contrat, si l´objectif de signature de projet n´est pas atteint, même si vous faîtes du bon travail, on vous remercie gracieusement de l´investissement fournit car il n´y a pas suffisamment de budget pour vous garder.

    _ Vérifiez la qualité des jeux et la manière dont s´est déroulée une production l´année précédente. Elle subit toujours les conséquences du travail fait durant cette année (mauvaise production/qualité du jeu). Ce n´est pas évident de vérifier ce genre de chose, surtout quand une petite boîte est en pleine restructuration.

    _ Même s´ils y ont mis la meilleure volonté pour que cela n´arrive pas, bien entendu, ils vous préviennent 1 mois à l´avance de préférence à la fin de la production du jeu : pour être sûr que vous soyez professionnel jusqu´au bout ou bien, ils espéraient un changement de situation jusqu´au dernier moment.
    * c´est vous qui devez vous débrouiller et surtout les avantages financiers sont moins intéressantes pour vous.
    * Attention, si l´entreprise revenait à "refaire surface", ils ont l´obligation de vous réembaucher durant les 6 / 8 mois à venir si vous n´avez pas trouvez une autre entreprise. C´est normal, les résultats d´un bon travail se répercutent toujours une année sur l´autre.
    * Par contre, ils ne peuvent pas vous réembaucher durant les 3 mois à venir. C´est une protection pour qu´il n´y ait pas d´abus avec les entreprises "malhonnêtes".


    En conclusion, à vous de peser la balance du pour et du contre avant d’intégrer une entreprise en contrat CNE.
    Si vous ne voulez pas prendre de risque, n´acceptez que des CDD : c´est plus avantageux pour vous au bout compte par rapport aux avantages économiques qui s´y rattache. Vous pouvez aussi continuer de chercher ailleurs si l’entreprise ne vous plaît pas ou bien s’ils ne prévoient pas de vous garder (ce qui n’est pas mal d’un point de vue organisation).

    Si vous trouvez un CDI, prenez garde, elle dépende de la pérennité de l´entreprise : ne vous tournez pas les pouces !


    Bon courage et bonne chance !
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  • Stealth2 Voir le profil de Stealth2
  • Posté le 12 septembre 2006 à 16:01:57 Avertir un modérateur
  • slt s´est pour savoir si il exsite des ecole ou des formation de gamedesigner en belgique
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  • 2VK Voir le profil de 2VK
  • Posté le 12 septembre 2006 à 17:37:17 Avertir un modérateur
  • Merci des conseils Tekhtar et Guizmette, pour Aries, c´est la toute première année de leur formation que je vais intégrer, du coup je peut m´attendre à vraiment tout, au meilleur comme au catastrophique, rendez-vous dans quelques mois pour un premier constat sur les débuts de la section...
    :-)
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  • Pikachu_13 Voir le profil de Pikachu_13
  • Posté le 12 septembre 2006 à 17:55:28 Avertir un modérateur
  • et moi qui galere depuis 4 ans à rien foutre à cause de ma maladie je me remet à rever
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  • babyblue642 Voir le profil de babyblue642
  • Posté le 12 septembre 2006 à 18:16:31 Avertir un modérateur
  • Eh bien voila, la vérité éclate au grand jour!! Depuis le temps qu´ on le disait dans les couloirs. Merci pour cet article. J´ ai fais mes 3 ans et je n´ ai toujours pas de travail dans mon domaine. Une belle plaquette, un beau discours et plus de 15000 euros partis en fumée. Certes nous avions des professeurs sympathiques (qui ont presque tous quitter le navire d´ ailleurs) mais le programme... Enfin bon chacun fait ses erreurs meme si celle la m´ a couté chere...
    Mais je pense que le pire, c est de se trouver enfin un entretien après quelques recherche, et de se faire recaler par ce :" ah vous venez de créapole?? nan nous on prend que infocom ou les gobelins" La c´ etait l apothéose. Ou encore d entendre d´ ancien professeur dire que vous avez rater votre vie parce ke vous n´avez pas payé les environ 8000€ qui vous auraient offert la porte d´ un travail sur...Bien sur habile manoeuvre de persuasion puisque c´ est au petit 3ème année qu´ on dit ca pour les obliger a revenir sous peine de devenir comme moi, ancienne élève de créapole et vendeuse dans une boutique de vetement...
    Merci a celui ou celle qui a fait cet article et qui m´ a permit d´ exprimer toute ma rancoeur face a ces marchands de rêves, trop chers les rêves d ailleurs.


    Ca fait du bien
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  • thebestprog Voir le profil de thebestprog
  • Posté le 13 septembre 2006 à 20:19:11 Avertir un modérateur
  • bah ´cest grandiose
    ca ramene a un job de paradis
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  • Tekhtar Voir le profil de Tekhtar
  • Posté le 14 septembre 2006 à 17:50:34 Avertir un modérateur
  • heh, ne croyez pas ke mon cas et celui de babyblue642 soit isolé.
    Nombreuse sont les ecoles a problemes, par exemple l´esra pense d´ouvrir une section BD alors que les sections sons et infographie sont pleine de defaut et problemes. Certains nouveaux sont souvent des petit merdeux ki apres avoir fait des etudes d´infographie n´ont pas ete capable de se trouver un vrai boulot etant de mauvais artiste et ont a l´impression k´ils sont embauche par defaut...
    Bref il serait bien temps de mener de reel enquete sur ces ecoles en questions, car vous trouverez toujours deux ou trois petit merdeux ki vous diront ke la formation est super de peur k´il ne salisse le nom de l´ecole (plus le prestige de l´ecole est grand et plus il est facile de trouver du boulot).
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  • superjipee Voir le profil de superjipee
  • Posté le 15 septembre 2006 à 19:01:30 Avertir un modérateur
  • :bravo: tres bon dossier ! :-) :o))
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  Rafraichir

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