Dementium : L'Asile

Test Nintendo DS

Longtemps considérée comme une console grand public (remarquez, c'est toujours le cas), la Nintendo DS n'avait jamais eu droit à une vraie considération de la part du genre survival-horror. Ainsi, si on excepte Resident Evil : Deadly Silence, bien malin celui qui saurait dénicher, hormis dans d'obscurs plannings de distributeurs nippons, une autre production horrifique sur le support. Dementium : L'Asile arrive donc à point nommé pour distiller quelques instants de trouille.

L'hôpital, quel meilleur endroit, symbolisant de prime abord la sécurité et l'hygiène, pour installer l'action de Dementium ? Maintes fois utilisé dans le cinéma et le jeu vidéo, ce lieu de villégiature pour cadavres ambulants et atrocités sans nom offre à ce survival-horror une base solide afin d'installer son histoire. Malheureusement, et c'est là le premier écueil à son encontre, Dementium se montre bien trop avare en termes d'évolution scénaristique. Les documents qu'on peut ramasser sont peu nombreux, les cinématiques, trop courtes ne débouchent généralement sur rien si ce n'est une impression de déjà-vu. Logique sachant qu'il ne fait aucun doute que les développeurs connaissent leurs classiques. De F.E.A.R. à Silent Hill, les clins d'oeil abondent dans tous les sens pour servir un scénario fantôme qui se laisse difficilement apprécier du moins durant les premières heures. En somme, on se retrouve un peu face au cas Sanitarium qui prenait tout son sens lors de la révélation finale. Loin de moi l'idée de comparer le chef-d'oeuvre de ASC Games au soft ici présent mais dans l'absolu on peut retrouver certaines similitudes dans la construction des deux titres. Dommage que de son côté, Dementium ne soit pas à même de proposer une aussi grande richesse environnementale.

Et c'est là que le bât blesse puisque s'il évoque par moments les pérégrinations de James Sunderland dans les couloirs de l'hôpital Alchemilla, Dementium s'appuie sur un seul environnement sans pouvoir se reposer sur une mise en scène chiadée ou un véritable scénario. De fait, la redondance architecturale fait écho à celle des situations qui se répètent à l'infini, ceci étant à même de décevoir plus d'un joueur pourtant rompu à cet exercice. En somme, la formule se résume à avancer, se shooter aux médocs pour retrouver sa santé, à dénicher de nouvelles armes et munitions et à aligner quantité d'ennemis. A ceci, rajoutons plusieurs énigmes plus ou moins basiques. la formule est classique mais elle fonctionne plutôt bien dans le cas présent, surtout si on fait table rase des quelques détails évoqués plus haut. Toutefois, il reste un point de détail qui aurait mérité un peu plus d'attention. En effet, on pourra pester contre deux configurations simplement disponibles, une à destination des gauchers, l'autre à celle des droitiers.

Pour autant, rien de bien surprenant concernant cette maniabilité qui renvoie à celle de plusieurs FPS, Call of Duty 4 : Modern Warfare en tête. On se déplace avec la croix, on tire avec le bouton L et on bouge le viseur avec le stylet. Le hic est que tout le poids est alors déplacé sur un côté de la console, ceci pouvant parfois entraîner des petits soucis lorsque la main glisse légèrement. Cela intervient surtout lorsqu'on attend de nous une certaine rapidité, généralement contre les boss. Il faudra alors appuyer deux fois sur une direction pour courir afin d'éviter les attaques de l'ennemi, tirer, bouger le stylet pour courir dans la direction opposée au monstre, se retourner, éviter les attaques, tirer, etc. C'est dans ces moments-là qu'on se rend compte que la DS n'est clairement pas adaptée pour le genre FPS. Néanmoins, avec de l'entraînement et en analysant les réactions des créatures (qui se résument souvent à foncer vers nous), on parvient à s'en sortir sans trop de heurts. Il faut dire que les médicaments et les munitions sont en grand nombre même si on pourra reprocher de ne pas pouvoir en garder sur nous en cas de coup dur. Notez également qu'en appuyant sur le bouton R, vous pourrez passer vos objets en revue et changer rapidement d'armes, un fusil à pompe étant bien plus expéditif qu'une matraque ou qu'un pistolet.

Finalement, Dementium : L'Asile pose les bases d'une série qui accueillera son deuxième opus d'ici peu. On sent bien que la saga peut évoluer favorablement même si en parallèle de son ambiance réussie et de diverses bonnes idées, elle n'en conserve pas moins de vrais soucis de rythme. Nonobstant, comme je le disais plus haut, les énigmes contribuent à un bon équilibre entre l'action et la réflexion. Ceci nous permettra ainsi d'utiliser notre carnet de notes virtuel afin d'y griffonner des indices qui nous serviront ultérieurement. Tant qu'à parler de l'inventaire, mentionnons aussi la carte, bien utile pour s'extirper de ce labyrinthe insalubre ou l'écran des objets afin d'avoir une brève description des items en notre possession. Du classique à nouveau mais du classique fonctionnant avec plus ou moins de réussite. Quoi qu'il en soit, si vous possédez une DS et que vous recherchez à frémir, l'occasion est trop belle pour passer à côté de Dementium. Ca tombe bien puisque ce dernier, sans atteindre des sommets, reste un bon investissement avec ses forces et ses faiblesses.

Logan, le 03 juillet 2009