Tales of Vesperia

Test Xbox 360

Avec les sorties consécutives de Star Ocean : The Last Hope chez tri-Ace et de Tales of Vesperia chez Namco Bandai, les joueurs 360 attendaient la venue de l'été avec une impatience que l'on partage forcément lorsqu'on est amateur de RPG. Si la série des "Tales of" n'a pas toujours eu la chance de s'exporter hors des limites du Japon, ce n'est plus le cas aujourd'hui où les fans sont de plus en plus nombreux à la soutenir dans l'hexagone.

A l'instar des différents volets de la série des Final Fantasy, Tales of Vesperia est un épisode indépendant qui n'a aucun lien direct avec ses prédécesseurs et qui peut donc être découvert avec un regard neuf par les joueurs. Par conséquent, pas besoin d'être familier avec la série de Namco pour apprécier l'expérience de jeu offerte par Tales of Vesperia. Pour peu que l'on apprécie le style visuel très manga de son univers et que l'on adhère au déroulement somme toute classique de la progression, c'est un voyage mémorable que l'on va vivre aux côtés des différents personnages du jeu.

Mais commençons par le commencement et présentons brièvement les sept "mercenaires" de Tales of Vesperia. Le personnage central de l'histoire a le mérite, pour une fois, de disposer d'un caractère fort, très éloigné des archétypes de héros que l'on retrouve régulièrement dans le domaine du RPG. Présenté au début comme plutôt solitaire et indépendant, il n'est pas du genre à suivre les règles aveuglément et ne recule devant rien pour accomplir les buts qu'il s'est fixés. On apprend pourtant assez vite que Yuri Lowell est un ancien chevalier impérial et qu'il a délibérément pris le risque d'abandonner sa condition et de devenir hors-la-loi pour agir selon ses convictions. Comme bien souvent, l'événement qui va pousser le héros à partir à l'aventure ne représente qu'une infime partie de ce que le jeu lui réserve. Alors qu'il se lance sur les traces d'un voleur de "noyaux" (des sphères qui assurent le maintien des barrières de protection dans les villes), Yuri va bien vite croiser la route de nombreux alliés qui, par leurs motivations diverses, transformeront sa quête de départ en un périple de longue haleine aux enjeux beaucoup plus importants.

Il y a d'abord Repede, le compagnon canin de Yuri qui ne se considère pas vraiment comme un animal et qui se bat avec des sabres de ninja. Puis Estellise Sidos Heurassein, une jeune princesse qui fuira son château pour mettre ses talents de guérisseuse au service d'une noble cause. Karol Capel, un enfant soldat, membre autoproclamé d'une guilde de chasseurs. Ou encore Rita Mordio, une magicienne de génie un peu bizarre qui pourrait être l'auteur des vols de noyaux que recherche Yuri. A ces cinq individus-là s'ajoutent Raven, un homme d'âge mur qui se voit contraint de rejoindre le groupe dans des circonstances bien particulières et dont les motivations sont plutôt louches. Enfin, Judith sera l'élément féminin le plus affirmé de l'équipe, ses compétences dans le maniement de la lance étant un atout certain pour le groupe dans les combats au corps à corps. Choisis avec soin, tous ces protagonistes se complètent à la perfection et, même s'ils ne s'entendent pas toujours à merveille, ils décideront de rester unis dans un but commun pendant toute la durée de l'aventure.

Avec une bonne cinquantaine d'heures nécessaires pour terminer le jeu dans son intégralité, Tales of Vesperia n'est pas de ces jeux qui dévoilent leur potentiel en quelques minutes, ni même en quelques heures. Si les habitués de la série retrouveront leurs marques sans problème, les autres apprécieront le fait que l'acquisition des nombreux éléments de gameplay se fasse de manière très progressive. Ainsi, l'anneau de sorcier, qui permet d'interagir avec certains mécanismes dans les donjons et de neutraliser les ennemis visibles sur le terrain, ne fait son entrée en scène que tardivement. Même chose pour la notion de "lien combat" qui permet aux ennemis d'attaquer en groupe lorsqu'ils sont plusieurs à vous repérer en même temps. L'icône qui apparaît au-dessus de leur tête est justement là pour nous indiquer leur niveau d'alerte, l'idéal étant de les surprendre avec l'anneau de sorcier pour déclencher une attaque préventive. Toute aussi tardive mais néanmoins cruciale, la notion de synthèse d'objets, accessibles dans les magasins, consiste à employer certains matériaux pour concevoir une arme ou un objet puissant. Mais attention à ne pas sacrifier trop vite une arme aux capacités uniques non maîtrisées.

Car un autre aspect particulier du système de jeu de Tales of Vesperia réside dans le fait que le port des armes et des sous-armes (couteaux, gantelets, boucliers) permet d'acquérir des capacités de toutes sortes que l'on peut ensuite activer pour bénéficier de certains bonus. On trouvera aussi bien des compétences qui optimisent les mouvements du personnage (rétablissement après un saut, combo prolongé, esquive) que d'autres qui renforcent l'attaque, la défense ou les pouvoirs magiques d'un personnage. Non seulement l'obtention de ces capacités apporte un vrai plus au niveau du gameplay, mais elle est aussi très motivante pour le joueur qui va chercher à toutes les maîtriser en récupérant un maximum d'armes différentes. Comme dans les autres volets de la série, les héros évoluent aussi constamment par le biais des Artes qui se développent au fil du temps, chaque technique apprise ayant ici la particularité d'influer sur le déclenchement des frappes fatales. Une nouveauté qui permet de tuer un ennemi d'un seul coup, à condition de l'attaquer sans discontinuer pour faire apparaître un champ de force vert, rouge ou bleu. La couleur de ce dernier dépend du type d'Arte utilisé durant l'attaque, certaines frappes fatales étant plus ou moins faciles à déclencher selon la nature des ennemis.

Forcément limités en début de jeu, les affrontements s'enrichissent donc, au fil des heures, d'une multitude de possibilités d'action qui accroissent leur richesse et leur dynamisme. En plus des Artes et des frappes fatales, le joueur peut décider de passer en hors-limites pour libérer temporairement tout le potentiel de ses personnages. Une technique utilisable dès que la jauge dédiée est à son maximum, sachant qu'elle peut se remplir sur plusieurs degrés et donner accès à des hors-limites de niveau supérieur ou combinés entre plusieurs personnages. D'une manière générale, la possibilité de faire intervenir quatre joueurs durant les combats n'est pas à négliger car elle rend d'autant plus facile à réaliser l'ensemble de ces techniques. Dans le même style, les Artes explosifs sont à employer dès que l'on passe en hors-limites pour voir leur puissance décuplée.

Même après une bonne dizaine d'heures passées dans Tales of Vesperia, on continue de découvrir sans arrêt de nouvelles possibilités de jeu insoupçonnées. Les amateurs de succès pourront par exemple tenter de valider les missions secrètes en accomplissant un objectif précis durant un affrontement contre un boss. Les autres privilégieront plutôt l'apprentissage des spécialités culinaires, une option incontournable dans la série. Enfin, la possibilité de synthétiser des objets en en fusionnant d'autres dans les boutiques fait partie des nombreux à-côtés pertinents de cet opus. Rien n'est laissé au hasard et tout est mis en oeuvre pour que le joueur soit rassasié, qu'il soit simplement en quête d'une bonne histoire riche en émotions ou qu'il ait soif d'une aventure de longue haleine passant nécessairement par la résolution des challenges optionnels. Un épisode réussi, donc, auquel on pourra simplement reprocher de ne pas inclure les éléments annoncés sur la version PS3 qui sortira dans quelques mois au Japon.

Romendil, le 23 juin 2009