Warfare

Test PC

Avec Warfare, GFI nous invite à prendre part à un conflit moderne fictif-mais-pas-trop dans une Arabie saoudite secouée par les attaques terroristes. Astiquez vos rangers et sortez l'Apache du garage, les GIs débarquent pour remettre de l'ordre dans tout ça.

Dans un futur proche, l'Arabie saoudite est victime d'une rébellion menée par une organisation terroriste. Par bonheur, les Etats-Unis sont toujours prêts à venir en aide à un vieil allié -et à s'assurer leur approvisionnement en pétrole par la même occasion. Sous votre commandement, l'armée américaine va donc devoir mettre fin à cette guerre à travers une douzaine de missions, qui représentent d'ailleurs la totalité du contenu du jeu. Résumé comme ça, le scénario de Warfare pourrait paraître un brin manichéen, tout droit sorti d'un mauvais roman de Tom Clancy (pléonasme ?). En fait, si vous savez lire entre les lignes, notamment celles des blogs des soldats pendant les briefings, vous y découvrirez une critique sous-jacente de l'impérialisme américain. Il faut dire que le titre est développé par un studio russe... Sans aller jusqu'à qualifier Warfare d'oeuvre engagée, disons qu'il cache tout de même une certaine épaisseur sous son idée de départ griffonnée sur un ticket de métro. Il résonne surtout comme un terrible écho aux événements du monde actuel...

Mais trêve de géopolitique, passons plutôt à l'action. Warfare est de la race des STR exigeants, puisqu'il s'attache à retranscrire la guerre de manière réaliste. Il est fait du même métal qu'un Theater of War par exemple. Il faut donc tenir compte de la balistique, gérer le stock de munitions des unités, le carburant des véhicules, etc. Et n'espérez pas construire une base ou récolter des ressources, pas de ça ici. Vous devrez vous contenter de mener au combat une poignée d'unités, et c'est déjà beaucoup étant donnée la grande difficulté du titre. Bien que ne disposant pas d'un équipement aussi moderne que vos propres troupes, les insurgés bénéficient d'une supériorité conférée par un surnombre assez conséquent. De plus, ils n'hésitent pas à employer des techniques de guérilla urbaine, bien que l'intelligence artificielle soit plutôt basique. Ainsi, il faudra prendre garde aux ennemis embusqués sur les toits, qui peuvent rapidement percer le blindage d'un véhicule d'une roquette bien placée. Véhicules qui sont heureusement réparables dans une certaine mesure grâce à des pièces détachées. Pour vaincre malgré la difficulté, il va falloir déployer des trésors de tactique, en déplaçant judicieusement les unités fragiles à couvert, en utilisant à bon escient leurs demandes de soutien aérien, en adoptant les formations adéquates... Ce qui n'est d'ailleurs pas toujours évident vu les problèmes de pathfinding rencontrés.

Malgré toute votre bonne volonté et votre science du combat, préparez-vous à essuyer des pertes. La guerre c'est sale, il va donc falloir se faire à l'idée que Steven rentre au pays dans une petite boîte en bois recouverte de la bannière étoilée. Heureusement qu'il y a de la bleusaille prête à se faire trouer la peau pour la mère patrie. Concrètement, entre chaque mission, vous pouvez enrôler un certain nombre d'unités fraîches grâce aux points de commandement gagnés. Une partie sera utilisable dès le début de la carte suivante, l'autre attendra sagement en garnison que vous ayez besoin de renforts. Mais notez que les troupes accumulent de l'expérience, il vaut mieux tenter de les préserver au maximum. Parmi les unités, vous trouverez tous les classiques de l'armée US moderne : Humvee, Apache, Abrams, Bradley... Côté infanterie, la variété est au rendez-vous avec les troufions de base, les rangers, les tireurs d'élite... Chaque unité dispose évidemment de ses propres capacités. Un soldat du génie sera capable de déminer une route, tandis qu'une escouade anti-char mettra à mal les véhicules adverses. A condition de ne pas être à cours de roquettes, mais le jeu a la bonne idée de permettre de ramasser armes et munitions sur le champ de bataille.

Warfare propose donc un gameplay plutôt réussi, quoique très classique, enrobé dans une réalisation technique correcte. Son problème, c'est sa durée de vie ridicule : douze missions et c'est plié. En l'absence de multi ou d'autres modes de jeu, Warfare aura tôt fait de quitter votre disque dur. En dépit de ses qualités, le titre de GFI est donc à réserver aux joueurs qui auraient 40 euros à perdre pour passer un week-end en compagnie d'un jeu pop-corn.

Captain Obvious, le 10 décembre 2008