Test Pandora : First Contact- PC

PC

Voilà déjà près de 15 ans que Sid Meier's Alpha Centauri a offert la possibilité aux stratèges en herbe de catapulter les mécaniques de gameplay de Civilization droit dans l'espace. Loin d'être oublié par ceux qui l'ont manipulé, Alpha Centauri a marqué plus d'un esprit et lorsque Proxy Studios a annoncé Pandora : First Contact, il n'a pas fallu longtemps avant que les vétérans de la conquête spatiale n'y voient un descendant direct du prestigieux ancêtre.

Pandora : First Contact

Pandora : First Contact est, sans surprise, un jeu de stratégie au tour par tour de type 4X (exploration, expansion, exploitation et extermination) qui vous propose d'incarner le leader d'une faction ayant pour objectif de mener sa colonie à la tête de la planète Pandora. Une rapide cinématique d'introduction pose le décor : l'humanité est parvenue à explorer plus avant l'espace et a trouvé une planète réunissant des conditions de vie similaires à la terre. Dans l'espoir d'y trouver un nouvel Eden, les plus puissantes factions de la Terre ont envoyé leurs plus éminents représentants afin d'explorer Pandora. Mais si l'entente entre les factions est de prime abord cordiale, ne vous attendez pas à ce qu'elle le reste longtemps.

Un 4X au contenu paramétrable

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 10Les parties sont entièrement paramétrables.

Avant d'arriver dans votre première partie, vous pouvez entièrement et très précisément paramétrer chaque élément du jeu. Taille de la carte grande ou petite, niveau de difficulté, agressivité faible ou forte des aliens, absolument tout peut être peaufiné selon vos envies. Que vous choisissiez de faire une partie rapide et facile ou longue et harassante, le choix vous est offert, tout comme il est possible d'opter pour la génération d'une carte aux paramètres aléatoires. Une fois ceci effectué, vous pouvez choisir parmi l'une des 6 factions proposées, chacune disposant bien entendu de caractéristiques propres et répondant à un modèle social particulier. Tandis qu'une faction bénéficiera d'un bonus militaire, une autre sera davantage orientée écologie, science ou économie, mais tous les avantages sont contrebalancés par des malus inhérents à chaque groupe (coût de production des unités plus élevé, malus de pollution etc.). En définitive, les factions sont plutôt équilibrées et répondent à suffisamment de variété de gameplay et d'objectif pour que chacun y trouve son compte.

L'interface : un exemple d'ergonomie

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 11Les premiers instants sur Pandora seront consacrés à l'exploration.

Une fois arrivé sur votre carte et après un court descriptif de votre faction et de ses avantages / désavantages, vous vous trouverez en terrain connu si vous avez déjà tâté de n'importe quel Civilization-like. Un brouillard de guerre masque les zones non explorées d'une carte divisée en cases hexagonales. Vous commencez votre conquête avec une poignée d'unités, notamment un Colonizer vous permettant de bâtir votre première ville et quelques soldats qu'il sera bon d'envoyer illico sur le terrain afin d'en apprendre plus sur le monde qui vous entoure. Si vous n'êtes pas coutumier des 4X, soyez toutefois rassuré, des petits tutoriels fort peu intrusifs s'affichent à chaque première interaction avec un élément d'une interface qui, si elle semble austère de prime abord, se révèle en fait être un modèle d'ergonomie. En effet, une fois les mécaniques de jeu assimilées, l'interface de Pandora : First Contact permet de tout consulter, de tout voir et de tout faire en quelques clics ou par l'intermédiaire de raccourcis clavier. Les actions étant souvent répétitives dans ce type de jeux, une interface lourde et peu intuitive aurait été fatale au plaisir du joueur. Proxy Studios le sait bien et nous livre une interface peaufinée, sobre, efficace, à l'image de l'optimisation de son jeu. S'il n'est certes pas une claque visuelle, Pandora : First Contact est un régal de stabilité et de fluidité : le chargement des tours joués par l'IA s'effectue très rapidement, même lorsque l'on arrive en fin de partie avec des villes étendues et des unités nombreuses. Un nouveau bon point pour Pandora donc.

Une rejouabilité renforcée par un arbre technologique aléatoire

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 12Un arbre de recherche aléatoire à chaque partie : un excellent point pour la rejouabilité.

Comme dans tout Civ-like qui se respecte, vos obligations sont nombreuses pour vous mener à l'une des 3 victoires possibles du jeu : économique, militaire ou scientifique. Avant d'en arriver là il faudra résister à l'univers hostile de Pandora et à l'animosité parfois bien pire des factions adverses tout en gardant un œil sur votre économie, vos ressources de production ou encore votre indice de pollution qui impactera le moral de vos citoyens s'il est trop élevé. Pour cela, vous n'êtes bien entendu pas démuni. Une fois votre cité implantée sur la carte, le jeu vous proposera de choisir une construction et une recherche scientifique. L'arbre scientifique présente l'une des principales originalités de Pandora : First Contact en mettant en place une arborescence aléatoire à chaque nouvelle partie. Par conséquent, vous ne partirez pas systématiquement avec les mêmes technologies à découvrir en début de conquête, vous forçant d'essai en essai à vous adapter à chaque opportunité offerte par l'arbre scientifique et à repenser vos priorités de recherche. C'est un très bon moyen de diversifier vos parties et on salue l'initiative de Proxy Studio d'avoir implémenté ce paramètre aléatoire. Ces recherches vous offriront une belle quantité de bâtiments à construire pour vos villes (diminution de la pollution, augmentation de la production de vos travailleurs...), mais elles vous seront aussi indispensables pour débloquer de nouvelles unités de combat, du soldat au mécha géant en passant par un escadron d'assaut.

Des unités personnalisables pour faire face à des combats en nombre

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 13Vos unités sont personnalisables pour mieux répondre aux impératifs des combats.

Chacune de vos unité peut être personnalisée en fonction des recherches que vous avez effectuées dans ce but. Ainsi, vous pouvez doter votre infanterie, votre aviation ou votre marine d'un revêtement d'armure plus résistant, d'armes laser ou pyrotechniques, voire même de missiles. Chaque unité est paramétrable en quelques clics et peut par conséquent remplir un rôle différent au cours des nombreux combats qui ponctueront votre conquête et qui ne seront pas de tout repos. Les 5 factions qui cohabitent avec vous adoptent, au départ, une attitude neutre tout comme les nombreux aliens qui peuplent Pandora. Si nous reviendrons sur l'impact diplomatique plus bas, nous pouvons déjà évoquer l'agressivité de vos adversaires à partir du moment où la guerre est déclarée.

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 14La faune locale n'aime pas que l'on pollue Pandora... et le fait vite savoir.

Les combats sont sans pitié et les factions adverses multiplient les assauts contre vos villes. Si vous avez, par malheur, du retard sur votre production militaire, il ne faudra pas très longtemps à vos opposants pour décimer vos précieuses cités à grands coups d'assauts aériens, de tanks et de méchas. Mais ce n'est pas le seul facteur de danger dans Pandora. En effet, la plupart des aliens sont pacifiques en début de partie, mais si vous avez un impact nocif sur l'environnement de leur planète en ne vous préoccupant pas de la pollution générée par vos édifices, ils deviendront subitement agressifs et n'hésiteront pas à venir détruire vos villes. Il faut donc avoir les yeux partout et veiller scrupuleusement à conserver un équilibre précaire entre volonté d'expansion et souci de l'environnement.

Des villes modulables à volonté

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 15En un clic, il est possible d'affecter un colon à un travail particulier.

Votre expansion passera par la construction de nouvelles villes qui se partagent entre elles les ressources minières ou alimentaires que vos colons collectent. Plus votre population croît, plus vos villes se répandent et exploitent des ressources alentour. Pandora : First Contact vous autorise même à affecter vos colons à des tâches spécifiques, de telle sorte que vous pouvez parfaitement destiner chaque ville à la production d'une ressource particulière, en négligeant les autres. Par exemple, une de vos villes peut s'abstenir de produire de la nourriture à partir du moment où l'ensemble de votre empire a de quoi subvenir à ses besoins. L'occasion est donc toute trouvée d'affecter des ouvriers exclusivement au domaine minier ou scientifique dans la cité en question. Bref, Proxy Studios a manifestement conçu son jeu avec beaucoup de passion et d'excellentes idées. Malheureusement tout n'est pas rose et Pandora : First Contact n'évite pas quelques écueils qui le rendent moins abouti et moins profond qu'un Civilization ou qu'un Alpha Centauri.

Un aspect diplomatique raté côtoie une IA peu rationnelle

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 16L'univers de Pandora manque malheureusement de charme.

Le premier problème vient incontestablement d'une diplomatie peu pertinente, à l'impact limité. La première fois que vous rencontrez une faction adverse, une fenêtre de dialogue s'ouvre et vous propose les traditionnels pactes de non-agression, de recherche, de commerce ou encore de déclaration de guerre. Malheureusement, si les pactes scientifiques ou commerciaux apportent leurs bonus respectifs, les pactes à vocation pacifique sont très souvent rompus sans raison apparente, et il vous arrivera même d'être immédiatement agressé par une faction déjà bien équipée alors que vous n'avez pas encore eu le temps de lancer votre première recherche. Dans l'ensemble, l'instabilité diplomatique est si gênante et irrationnelle qu'elle en devient secondaire, élément assez regrettable pour un jeu de cette envergure.

Test Pandora : First Contact PC - Screenshot 17L'intelligence artificielle agit parfois d'une manière incohérente.

Par ailleurs, il serait naïf de croire que les mécaniques fonctionnant sur Alpha Centauri ou Civilization s'appliquent à Pandora : First Contact, même si elles présentent des similitudes. Il en résulte une certaine difficulté à comprendre la manière d'atteindre telle ou telle victoire, le jeu étant avare en informations. Le manuel fait davantage office de codex et ne donne pas d'indications sur certains éléments assez flous et faiblement expliqués du jeu. Sachez également que le soft ne propose dans l'immédiat que l'anglais ou l'allemand comme langues de départ, ce qui pourrait laisser sur le côté les non-anglophones. De plus, et c'est bien là un comble, à l'exception d'une faune venue d'ailleurs, l'environnement de Pandora n'est pas franchement dépaysant et l'action aurait tout aussi bien pu se dérouler sur terre à quelques exceptions près. La dimension science-fiction n'est pas aussi excitante qu'elle pouvait l'être sur Alpha Centauri, mais qu'importe, on parvient tout de même à être happé par le jeu autant pour ses qualités que pour sa bande originale, tout simplement superbe.

Si rien ne s'affiche après plusieurs secondes d'attente :

Les notes

Il y a beaucoup de passion et beaucoup de respect pour ses aînés dans le travail qu'a accompli Proxy Studios sur Pandora : First Contact. Avec son système d'arbre de recherche aléatoire, ses unités customisables et la modularité de ses villes, ce 4X ne manque pas de bonnes idées et devrait, grâce à son interface claire et l'exigence de son gameplay, vous occuper un sacré paquet d'heures jusqu'à ce que vous bâtissiez l'empire de vos rêves. Malheureusement le comportement erratique de l'IA, la faiblesse de la diplomatie ou l'absence réelle d'atmosphère SF ternissent légèrement un tableau qui avait pourtant tout pour être éclatant. Pandora : First Contact n'en reste pas moins un jeu de stratégie d'excellente facture qui devrait conquérir le coeur des fans.

Les plus

  • Une interface claire et ergonomique
  • Excellente rejouabilité
  • Un arbre scientifique aléatoire et très complet
  • La modularité des villes et des travaux des colons
  • La personnalisation des unités
  • Bande-son envoûtante
  • Très bien optimisé

Les moins

  • Diplomatie incohérente et peu intéressante
  • Comportement irrationnel de l'IA
  • L'atmosphère assez peu réussie
  • Assez avare en informations
  • Pas de localisation en français pour l'instant

Retour haut de page

Infos jeu

  • Pandora : First Contact
  • Afficher recto jaquette
  • Editeur : Matrix Games
  • Développeur : Proxy Studios
  • Type : Stratégie / Gestion
  • Support : Disponible uniquement en ligne
  • Multijoueurs : 1 à 6 joueurs en ligne
  • Sortie France : 14 novembre 2013
  • Version : Anglais
  • Config minimum : Windows XP SP2 / Vista, processeur : Intel Core 2 ou équivalent, memoire: 2 GB RAM, 1 GB d'espace libre, carte graphique : OpenGL 2.0 compatible avec 256 MB VRAM (NVIDIA GeForce 6600 series / ATI Radeon 9500 series)
  • Config conseillée : Windows 7, processeur: Intel Core i3 ou équivalent, memoire : 4 GB RAM, Hard Disk: 2 GB d'espace libre, carte graphique : OpenGL 2.0 compatible avec 512 MB VRAM (NVIDIA GeForce GTX 260 series / ATI Radeon HD 4870 series)
  • Web : Site web officiel