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Test : Far Cry 3 : Blood Dragon
PS3

Probablement inspiré par l'omniprésente vague du rétrogaming teintée d'une irrépressible passion pour les vieux pixels, Ubisoft Montréal s'offre un gros délire régressif en collant l'esprit des années 80 sur le moteur et le gameplay de Far Cry 3. Une idée audacieuse, mais qu'on ne mettra peut-être pas entre toutes les mains.

Globalement, on peut voir Blood Dragon comme un mod façon totale conversion de Far Cry 3 (qui n'est pas nécessaire pour jouer), reprenant gameplay et architecture du jeu original, mais s'offrant un lifting esthétique complet. Du jeu original, on retrouvera donc la plupart des ficelles, à commencer par l'environnement ouvert et la division de votre temps entre une quête principale de 7 chapitres, des quêtes annexes et un peu de chasse aux objets à collectionner. On retrouve ici le principe des garnisons à libérer du joug de l'oppresseur, zones qui une fois démocratisées feront office de refuges mais aussi de points de départ à des quêtes annexes consistant à chasser un animal précis ou à libérer des scientifiques prisonniers. Animaux et véhicules de Far Cry 3 sont également présents, simplement retexturés pour coller au nouvel esprit volontairement ringardos du jeu.

Far Cry Light

Mieux vaut être bien préparé avant d'aller frimer devant les dragons.

Pour aller plus vite, il est sans doute plus simple de se concentrer sur ce qui a changé, à savoir la disparition de l'artisanat et le système de progression du joueur qui abandonne le libre choix des compétences dans un arbre au profit d'un gain automatique à chaque passage de niveaux. Une idée un peu mal fichue d'ailleurs puisqu'on découvre parfois après coup l'acquisition d'une nouvelle capacité. Les compétences en question sont elles aussi héritées du jeu original et couvrent l'ensemble de vos talents, de l'élimination furtive au rechargement plus rapide, en passant par les habituelles augmentations de la barre de vie. En somme, vous avez là une version un peu simplifiée du gameplay de Far Cry 3, toujours prompt à vous laisser choisir entre la voie du bourrin ou l'approche plus furtive, même si la construction de certaines zones favorise largement la première solution. Car il faut bien reconnaître que Blood Dragon préfère largement qu'on se lâche, une orientation logique au regard de la véritable nouveauté du titre : les années 80. Quelques petites nouveautés se greffent toutefois à la sauce originale, comme la présence des dragons de sang, créatures fluo que l'on peut attirer en utilisant les cyber-coeurs arrachés à nos ennemis. Très pratiques pour vider une garnison de ses occupants à moindres frais. Autre petite particularité du nouveau héros : sa tendance à faire des sauts de malade mental qui lui permettent de tout simplement bondir face à un ennemi pour lui retomber sur la tronche et effectuer une exécution.

Cyber Forbans et robots chiens

L'arc est très (trop ?) puissant.

Dans les années 80, quand on regardait vers le futur, on avait souvent en tête des néons, des mecs cybernétiques, des communistes mutants et surtout, surtout du fluo plein les yeux. C'est le menu que propose Blood Dragon, plongeant directement le joueur dans l'ambiance avec ses "cinématiques" fixes aux couleurs flashy et à l'animation inexistante. Vous, vous êtes Colt Power Rex, un soldat mi-homme, "mi-machine mais 100%" américain pour reprendre les mots de l'intro, luttant contre la menace communiste mais largué sur une île infestée de soldats de l'Omega Force au service de votre ancien supérieur. Gros bras, répliques viriles et lourdingues assumées, clins d'oeil appuyés au cinéma d'action des années 80, à son patriotisme clinquant et ses grandes vérités sur le devoir et la philosophie du coup de boule, n'hésitant pas à faire intervenir Terminator, Commando, Rambo ou même Rocky. Blood Dragon est un florilège du meilleur du pire décliné non pas en parodie, mais plutôt en citation, le matériel original étant déjà du pur second degré, Ubisoft ne cherche pas à en rajouter une couche et se "contente" de copier ce qui se faisait à l'époque et l'image que l'on pouvait se faire du futur. D'ailleurs, pour info, le jeu se déroule... en 2007. Pas question donc de se prendre au sérieux, d'autant que le jeu donne également dans l'auto-parodie, se moquant des tutoriels ou encore des conseils super-pertinents des écrans de chargement mais cet humour très référencé ne touchera certainement pas tout le monde et il est bon de savoir dans quoi on s'embarque, les joueurs les moins sensibles à ce genre d'exercices auront donc plutôt intérêt à détourner le regard. Le seul véritable regret étant que c'est seulement à la toute fin de l'aventure principale que le réel délire démarre, au cours d'une fin qu'il convient d'appeler un final bien débile qu'on vous laisse découvrir tout seul comme des grands.

Le pouvoir de la technostache fluorescente

L'esprit parodique ne se cantonne pas aux années 80.

L'esthétique du jeu est évidemment à l'avenant de son ton. Ce qui là encore divisera grandement les foules. Pour savoir de quel côté vous ranger, il vous suffit de jeter un oeil aux images sur cette page. Le jeu est globalement très sombre, la nuit permanente est simplement éclairée par des lumières fluo émanant des consoles ou des ennemis eux-mêmes. Toutes considérations esthétiques mises de côté, les choix artistiques de Blood Dragon ont un défaut assez pénible : ils perturbent considérablement la lisibilité des lieux et de l'action. En termes plus terre à terre : entre le noir et les lumières qui pètent les yeux, on n'y voit grave que dalle des fois. Par ailleurs, l'ensemble manque cruellement de variété. Les paysages de l'île se ressemblent tous, de même que les zones intérieures, tout est d'un bleu gris foncé nuancé de mauve et reprend plus ou moins la même architecture. Un assemblage un brin monotone que l'on retrouve un peu dans l'aspect répétitif des quêtes secondaires, même si elles parviennent à occuper et à prolonger la balade rétro, complétant une campagne principale un peu courte d'environ 4 heures à 5 heures.

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Les notes
+ Points positifs
  • Les codes 80's intelligemment utilisés
  • L'humour (si on adhère)
  • Un bon gros délire
  • Le gameplay de Far Cry 3
  • La bande-son méchamment vintage
- Points négatifs
  • L'arc surcheaté
  • Manque de variété visuelle et environnements peu lisibles
  • Campagne un peu courte
  • Ne plaira certainement pas à tout le monde

Ubisoft Montréal s'est offert un énorme délire débridé, plein de références et de vieux codes désuets qui sauront charmer ceux que les années 80 font encore rêver. A condition d'adhérer à l'humour 28ème degré, on ne manquera pas de rire à certaines répliques bien débiles ou de verser une larme sur la vision du futur façon new wave. Attention toutefois à la durée de vie un peu chiche pour 15 euros et surtout à l'éventualité de ne pas nécessairement accrocher au délire ringard. En revanche, si vous êtes un fan des productions de l'époque, vous devriez largement trouver votre compte de nanardise boursouflée de testostérone.

Profil de Dinowan
L'avis de Dinowan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
04 mai 2013 à 08:59:43
14/ 20
Lecteurs Jeuxvideo.com
L'avis des lecteurs (103)
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16/ 20
Mis à jour le 04/05/2013 Voir l'historique
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