Test Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate- Nintendo 3DS

Nintendo 3DS

Alors que les joueurs sont dans l'attente de Lords of Shadow 2, Mirror of Fate vient se greffer à l'histoire tout en proposant un gameplay et une identité visuelle propres. En proposant un mariage 2D / 3D, cet opus semble particulièrement adapté à la 3DS. Encore faut-il convaincre.

Castlevania : Lords of Shadow - Mirror of Fate

Castlevania fait partie de ces rares séries qui ont réussi à traverser les décennies en changeant régulièrement de genre, plaçant à plusieurs reprises des opus sur les plus hautes marches du podium. Du jeu d'action / plates-formes au beat'em all 3D en passant par le genre metroidvania, il faut être très ouvert d'esprit pour apprécier la saga dans son ensemble. Plutôt que de se placer sous une seule étiquette, Mirror of Fate choisit de jouer la diversité avec un gameplay 2D résolument old-school, mais aussi avec des décors 3D ainsi qu'une pointe d'exploration et de beat'em all par-ci par-là.

Introduction en douceur

Test Castlevania : Lords of Shadow : Mirror of Fate Nintendo 3DS - Screenshot 125Simon n'a pas eu une enfance facile.

Mais avant de rentrer dans les détails du gameplay, commençons par remettre ce volet dans son contexte. Tout d'abord, sachez une chose : si vous n'avez pas encore fait Lords of Shadow et que vous ne voulez pas vous spoiler, vous allez devoir mettre Mirror of Fate de côté. D'ailleurs, nous nous contenterons de préciser que plusieurs personnages charismatiques de la série se prêtent au jeu à tour de rôle en vivant chacun un pan de l'aventure, Alucard, Simon et Trevor Belmont en tête. Un melting-pot sur lequel nous reviendrons brièvement. L'introduction permet d'observer les scènes cinématiques qui m'ont laissé sur un avis mitigé : d'un côté, elles sont finement dessinées et visuellement classieuses, mais de l'autre, certaines animations semblent robotisées et le doublage frôle la catastrophe. Pour ce dernier point, outre les voix franchement pas convaincantes de la plupart des personnages, le choix (volontaire) de ne pas faire de synchronisation labiale, laissant les protagonistes la bouche grande ouverte pendant qu'un flot de paroles est déversé, comporte une certaine part de ridicule.

"Artistiquement, ça oscille entre le sublime et le total manque d'imagination"

Test Castlevania : Lords of Shadow : Mirror of Fate Nintendo 3DS - Screenshot 126Oui, quand c'est vert, c'est pas bon.

Puisque nous parlions d'identité visuelle, autant faire tout de suite le point sur cet aspect, qui a toujours tenu une place très importante dans la série des Castlevania. De par son contexte, elle s'est toujours imbibée d'un univers gothique à souhait, avec des sculptures creusées, un aspect sombre et une grande présence de vieilles boiseries qui sentent bon la moisissure (bon, certes, sans odorama, il faut imaginer). Mirror of Fate ne s'est pas trompé en nous offrant régulièrement de très beaux panoramas, que ce soit en extérieur ou en intérieur. Certaines pièces sont très détaillées et profitent de beaux effets de lumière et d'une véritable profondeur, forcément amplifiée par l'option 3DS de la console. Malheureusement, toujours d'un point de vue artistique, ce Castlevania oscille régulièrement entre le sublime et le total manque d'imagination. Que ce soit par fainéantise ou par manque de temps (je pense personnellement que c'est par manque de temps), on s'aperçoit rapidement que cette envie de nous éblouir n'a pas pu être un leitmotiv pendant toute la production. Ainsi, on passe bien 50 % de notre temps dans des couloirs étroits et morbides ou dans des caves sans âme, dignes d'une production lambda et bien loin des canons de la série. Alors, la noirceur froide générale du soft reprend le dessus et le titre y perd énormément en personnalité.

Ca saute et ça castagne

Bien évidemment, ce décorum a pour but uniquement de mettre en avant le coeur du jeu, le gameplay. Pour faire simple, divisons-le en deux parties : les phases de plates-formes et les phases de combat, toujours en 2D. Les premières arborent un visage plutôt classique puisqu'il s'agit principalement d'escalader des parois ou encore de se suspendre et de se balancer avec la Croix de Combat (ou équivalent). Des passages qui auraient pu s'avérer plus agréables si les personnages ne faisaient pas preuve de lourdeur dans leurs sauts. Rien de dramatique cela dit, même si on regrettera aussi la présence exagérée de geysers de fumée brûlante à éviter, une faible diversité qui souligne encore une fois un certain manque d'imagination. Concernant les combats, le tableau est déjà un peu plus joli avec des attaques et combos qui se débloquent au fil de l'expérience acquise. Si l'accent est mis sur les enchaînements sol / air et qu'il est possible de rester en suspension pour frapper son ennemi, les esquives et parades sont au moins aussi importantes que l'attaque, compte tenu de la vitesse à laquelle votre barre de vie descend, notamment contre les boss. Si vous parez pile au bon moment (la fenêtre reste assez large), vous pouvez même contre-attaquer. Classe et efficace à la fois, tout comme les finish moves inhérents au genre beat'em all. Dans l'ensemble, le système se veut assez vif et les coups assez nombreux pour avoir l'impression d'avoir le choix sur la façon de se débarrasser des ennemis. Surtout que la moitié des coups sacrifie la puissance pure pour privilégier le champ d'action, touchant les créatures obscures qui vous menacent qu'elles viennent de devant, de derrière ou des côtés (la 3D rentre parfois en compte pour des ennemis qui ne sont pas sur votre champ latéral).

Manque de personnalité

Test Castlevania : Lords of Shadow : Mirror of Fate Nintendo 3DS - Screenshot 127Alucard est de la partie... Mais de là à dire qu'il est bien exploité...

Cela dit, quelques bémols viennent noircir le tableau. Le gros problème, c'est que la structure même du jeu a véritablement du mal à convaincre. Les scènes de combat arrivent souvent comme un cheveu sur la soupe, avec un mur invisible qui apparaît et l'obligation d'occire tout ce qui respire (ou pas, vu que la moitié de ce qu'on combat est déjà mort) afin de pouvoir avancer. Le reste du temps, on explore nonchalamment les différentes zones aidé d'une carte bien mal fichue, sans grande conviction, à cause des nombreux trous narratifs. En gros, on suit bêtement le nouvel objectif qui clignote en rouge sur la map sans trop se poser de questions. Ce problème est définitivement dû à la mauvaise gestion et profondeur des différents protagonistes. Bien que quelques cinématiques viennent faire avancer le Schmilblick, on a l'impression que les studios MercurySteam nous ont casé quelques têtes bien connues de la série et n'ont pas cherché plus loin pour faire vivre l'ensemble, comptant ainsi sur leur charisme naturel. Un aspect décevant qui se retrouve y compris dans le gameplay puisqu'ils partagent dans l'ensemble pratiquement toute leur panoplie de coups. Fort dommage. En fait, seules leurs compétences annexes changent la donne, comme la possibilité d'utiliser des esprits défensifs et offensifs pour Simon (qui parent les attaques ou tirent des flèches) via une barre de magie, ou encore les armes secondaires que chacun peut utiliser tant qu'il lui reste des "munitions", toujours représentées par des coeurs. Ca reste trop peu.

Un sous-Castlevania ?

Test Castlevania : Lords of Shadow : Mirror of Fate Nintendo 3DS - Screenshot 128Quelques passages sortent du lot, tout de même.

Plus on avance dans l'aventure, plus on se dit qu'on a tout de même affaire à un sous-Castlevania sur bien des points. Seule la musique, sans égaler les sommets qu'a pu atteindre la série, est de bonne facture avec quelques thèmes mélancoliques qui sortent du lot et des pointes salvatrices de temps à autre. Pour le reste, on ne retiendra qu'un gameplay parfois plaisant et une réalisation artistique parfois recherchée, mais surtout un titre résolument inégal qui n'arrive jamais à trouver sa voie. Même les quelques énigmes proposées sont bien trop chiches pour qu'elles soient vraiment considérées comme un élément de gameplay. Malheureusement, il faut ajouter à ce constat déjà bien cruel une durée de vie relativement faible puisqu'après la dizaine d'heures pour conclure l'aventure (et encore, en y allant mollo), vous n'aurez pratiquement rien à vous mettre sous la dent, à moins que la recherche de parchemins pour parfaire le bestiaire s'avère être l'aventure vidéoludique de l'année... sachant que vous aurez presque tout trouvé sur votre route. Au final, bien que Mirror of Fate ne soit pas un mauvais jeu, il est clairement une déception qui, on l'espère, n'est qu'une simple erreur de parcours.

Si rien ne s'affiche après plusieurs secondes d'attente :

Les notes

Malgré quelques atouts comme le système de combat, Mirror of Fate n'a pas bénéficié de l'excellence qui caractérise normalement les bons épisodes de la série. Hormis quelques fulgurances, le titre des studios MercurySteam se perd régulièrement dans les méandres de l'anonymat, que ce soit au niveau des graphismes, des cinématiques, des énigmes, des phases de plates-formes ou de la structure générale du soft. Sa durée de vie pourrait aussi être pointée du doigt, d'autant plus que les occupations annexes ne sont pas légion.

Les plus

  • Parfois joli et inspiré...
  • Des combats techniques.
  • Des musiques de qualité.
  • Quelques boss fights réussis.
  • La présence de plusieurs personnages emblématiques.

Les moins

  • ... Parfois plat et informe.
  • Les personnages sont très mal utilisés.
  • Des phases de plates-formes qui manquent d'intérêt.
  • Une structure en dents de scie... et souvent vers le bas.
  • Des doublages (anglais) de qualité très, très moyenne.
  • Quelques problèmes de framerate.

Romendil Les avis de la Rédac :
Romendil

Loin des épisodes old-school auxquels nous a habitués la série depuis des années sur consoles portables, Mirror of Fate n'a finalement pas plus de rapport avec la série Castlevania que n'en avait son prédécesseur : Lords of Shadow, sorti sur PC et consoles de salon. Conçu dans le but d'établir le lien entre les épisodes 1 et 2, Mirror of Fate remplit son office avec une certaine efficacité, mettant en évidence les liens qui unissent 4 des personnages les plus emblématiques de la franchise. Ne dépassant pas les 12 heures de jeu, même pour le finir à 100%, le titre compense son manque de surprise et d'originalité par la violence de ses affrontements, devant bien plus à un God of War qu'à n'importe quel opus de Castlevania. Dispensable si vous ne jurez que par les épisodes classiques de la saga, mais pas si vous suivez avec intérêt la branche des Lords of Shadow.

Jihem Les avis de la Rédac :
Jihem

Je me suis plongé dans Mirror of Fate à reculons, en me demandant comment MercurySteam parviendrait à retrouver le souffle épique du premier Lords of Shadow. J'ai tout de même sauté le pas pour au final découvrir un titre certes très différent dans la forme, mais tout aussi remplit d'ambitions. Les combats sont dynamiques, l'histoire est suffisamment intéressante pour intriguer et certaines scènes prouvent même que la 3DS est capable d'offrir du grand spectacle sur son petit écran. Seule la toute fin laisse un goût amer à un jeu qui sans ça, mérite amplement votre attention si vous avez aimé le premier Lords of Shadow. Vivement la vraie suite !

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