Test Omerta : City of Gangsters- Xbox 360

Xbox 360

Bien connu des amateurs de city builders grâce à son travail sur la série Tropico, le couple Kalypso Media / Haemimont Games change légèrement de registre et nous propose un Omerta : City of Gangsters à mi-chemin entre jeu d'action / tactique et jeu de gestion. En somme, les nostalgiques de Gangsters et les amoureux de combats au tour par tour à la Jagged Alliance ou XCOM : Enemy Unknown devraient être aux anges. Du moins, en théorie.

Omerta : City of Gangsters

Omerta : City of Gangsters est avant tout une campagne solo contant l'ascension d'un immigré sicilien fraîchement débarqué aux Etats-Unis. Sur fond de prohibition, celui-ci cherche alors à se faire un nom dans la mafia locale d'Atlantic City en trempant dans toutes sortes de trafics, escroqueries et autres magouilles, mais également en luttant contre des bandes dangereuses comme le Ku Klux Klan... Mais avant cela, il convient de passer par un atelier de création de personnages sommaire dans lequel il est dans un premier temps simplement possible de choisir le portrait de notre héros. S'ensuivent alors diverses questions sur son passé permettant de définir un caractère et une façon d'agir. On peut par exemple choisir quel a été son premier métier ou les raisons de son exil. Cela permet non seulement de se mettre dans la peau du personnage, mais également de fixer des compétences variées allant de la force à l'intelligence, en passant par la ruse, la finesse et le cran. A ce stade, on peut simplement regretter qu'aucune indication ne soit donnée sur l'effet de ces statistiques in-game.

Test Omerta : City of Gangsters Xbox 360 - Screenshot 26Attention ! Une pizzeria ! Vous avez eu peur, non ?

La partie se lance enfin et on découvre une ville vue du dessus qui n'est pas sans rappeler celle d'un Gangsters 2. De sa demeure, le joueur doit alors interagir à coups de pots-de-vin avec les habitants du coin afin d'en connaître plus sur son environnement et sur les différents types de bâtiments et terrains exploitables. Premièrement, les bureaux peuvent servir à construire des brasseries, distilleries ou autres ateliers de contrebande octroyant les trois ressources du jeu : la bière, l'alcool et les armes. Il est en outre possible d'y augmenter son espace de stockage en créant un entrepôt ou bien de s'attirer les faveurs des foules, et ainsi booster un indice de respect, en créant une soupe populaire distribuant de la nourriture gratuitement. Dans un second temps, il faut investir dans des locaux commerciaux pouvant par exemple faire office de bar clandestin dans lequel il est possible d'écouler des stocks d'alcool un peu gênants tout en gagnant par la même occasion des quantités non négligeables d'argent sale. Une pizzeria offre par ailleurs une facette « légale » à notre société et améliore le rendement des autres bâtiments. Mais attention, celle-ci est à double tranchant et peut inspirer la peur (oui, une pizzeria, ça fait peur), augmentant ainsi la tension et évidemment, le risque d'être pincé par la police. Il peut dès lors s'avérer utile d'acheter une pharmacie permettant de vendre de l'alcool à des fins thérapeutiques et donc d'engranger de l'argent blanchi qui finance quant à lui toutes les activités légales que sont les casinos, les hôtels, les cliniques et les night-clubs.

Test Omerta : City of Gangsters Xbox 360 - Screenshot 27Un bon parrain se doit d'avoir une belle villa.

La ville et ses 4 types de quartiers générés aléatoirement renferment ensuite des demeures un peu particulières. Par exemple, les villas des stars peuvent être utilisées pour organiser des galas améliorant le respect, mais également pour monter des escroqueries de grande ampleur. Naïves qu'elles sont, celles-ci vous accordent ainsi rapidement leur confiance et peuvent dès lors vous fournir des sommes rondelettes d'argent. Les politiciens peuvent quant à eux être achetés, tout comme les shérifs adjoints, ce qui offre une porte de sortie intéressante lorsqu'une enquête est ouverte par les forces de l'ordre afin de mettre fin à la partie en nous envoyant en prison. En parallèle, les gangs locaux doivent aussi être surveillés, voire même anéantis. En effet, leurs bâtiments peuvent entrer en concurrence avec les vôtres et réduire les rendements de production. Le joueur peut alors organiser un raid pour piller les ressources, une fusillade pour éliminer le gérant ou plus simplement racheter les locaux intéressants des mains des gangs amis. C'est à ce niveau qu'il devient important de surveiller de près les indices de respect et de peur, puisque cela offre des perspectives inédites, au risque de ruiner la productivité et par la même occasion, les chances de victoire.

Test Omerta : City of Gangsters Xbox 360 - Screenshot 28Là, il y en a un qui a du souci à se faire.

En parlant de victoire justement, sachez que celle-ci s'obtient la plupart du temps en engrangeant une somme d'argent donnée. Les motivations sont certes multiples (acheter un bâtiment, payer une dette, engraisser un parrain ou un bandit quelconque, etc.), mais le but et les méthodes pour l'atteindre restent systématiquement les mêmes. En d'autres termes, malgré un concept très sympathique, et des mécanismes plutôt profonds, la partie gestion de ce Omerta : City of Gangsters s'avère un poil décevante. Le fun immense que procurent les premières heures de jeu laissent donc petit à petit place à une certaine forme de lassitude et de répétitivité. Les mêmes bâtiments reviennent ainsi de partie en partie et une stratégie unique peut venir à bout de tous les défis. Les opérations et magouilles en deviennent alors fastidieuses et redondantes ce qui, sur le long terme, nuit légèrement au plaisir de jeu. Cela est d'autant plus vrai qu'il n'est pas possible d'accélérer le temps, ce qui contraint trop souvent à attendre passivement que l'argent rentre.

Test Omerta : City of Gangsters Xbox 360 - Screenshot 29Cette version 360 présente quelques bugs plus ou moins gênants.

En parallèle, le joueur doit choisir 6 personnages sur les 15 débloqués au fur et à mesure (voire plus avec les DLC) afin de former un gang. Parmi ceux-ci, 4 peuvent être choisis afin de participer à des phases d'action / tactique au tour par tour intervenant de temps à autre. Ce système s'avère plutôt classique, chaque personnage disposant de statistiques propres détaillées au début de ce test (la force augmentant les dégâts au corps-à-corps et l'intelligence octroyant plus de tours que l'adversaire par exemple), d'une arme donnée plus ou moins efficace, de compétences (grenades, capacité à soigner, etc.) et de points de vie, de courage, d'action et de mouvements. Un cinquième membre peut par ailleurs intervenir en soutien afin de faciliter la tâche du joueur en snipant de temps à autre ou en faisant boire les adversaires avant une attaque. Notons que tous ces gangsters gagnent progressivement des niveaux octroyant quelques bonus et améliorations. Ces phases ne sont donc une nouvelle fois pas désagréables à jouer mais souffrent de quelques défauts plus ou moins gênants. Tout d'abord, il est regrettable qu'il n'y ait pas de mini-map permettant de situer ses troupes et que le personnage sélectionné ne soit pas indiqué plus clairement. On aurait également aimé que les armes soient plus nombreuses, que les personnages soient plus personnalisables et que des bugs ne viennent pas perturber l'expérience. Il arrive en effet que l'IA tire à travers les murs sans qu'il soit possible de répliquer, ce qui peut être frustrant. De même, il est regrettable que la difficulté ne soit pas plus élevée. On apprécie toutefois la variété qu'il peut y avoir à ce niveau avec une mention spéciale pour le combat de boxe.

Test Omerta : City of Gangsters Xbox 360 - Screenshot 30Les quartiers sont jolis et variés, mais beaucoup trop petits.

Outre cette campagne capable d'occuper de nombreuses heures, Omerta : City of Gangsters propose un mode Bac à sable dans lequel aucun objectif n'est donné. On s'y sent toutefois rapidement à l'étroit dans la mesure où les quartiers sont de taille modeste. Enfin, quatre modes multijoueurs centrés sur les phases d'action complètent le tableau : un premier dans lequel il faut éliminer le gang de l'adversaire, un second dans lequel il s'agit de récupérer un objet donné sur la map, puis deux modes coopératifs dans lesquels il faut effectuer un casse ou bien libérer des prisonniers. L'argent remporté doit ensuite être réinvesti afin d'engager de nouveaux membres pour son gang ou acheter des niveaux et pouvoirs supplémentaires. On fait toutefois rapidement le tour de ces différents modes multi, et plus particulièrement de ceux en coop qui ne présentent pas une once de challenge. Bref, malgré un concept sympathique, ce Omerta ne devrait pas rester dans les mémoires.

Lespol, le 01 février 2013

Les notes

  • Graphismes 12/20

    Pas vilain durant les phases de gestion, Omerta : City of Gangsters est toutefois nettement moins beau lors des phases d'action. Les personnages ne sont en effet pas vraiment détaillés et des bugs ternissent le tableau. Cette version 360 présente en outre quelques soucis d'affichage et peut même crasher par moments.

  • Jouabilité 13/20

    Malgré un concept très alléchant et une partie gestion aussi profonde que jouissive pour le joueur avide de transgression, il faut avouer qu'au bout de quelques heures on trouve le temps long, notamment car il est impossible d’accélérer la vitesse de jeu. La partie action / tactique manque quant à elle d'un poil de profondeur pour être totalement convaincante, mais a le mérite de rompre la monotonie et de faire avancer l'histoire.

  • Durée de vie 12/20

    Si la campagne solo est relativement longue et qu'un mode Bac à sable complète le tableau, la répétitivité du gameplay et la petite taille des zones de jeu limite le plaisir à long terme. Notons que le mode multijoueur ne devrait pas non plus booster cette durée de vie.

  • Bande son 14/20

    Les musiques typées années 20-30 font mouche et instaurent une ambiance mafieuse très réussie. Du moins durant quelques minutes puisque des bugs ternissent rapidement l'expérience. Les doublages sont quant à eux bons sans être exceptionnels.

  • Scénario 14/20

    L'histoire de notre héros, immigré sicilien cherchant à percer aux Etats-Unis durant la prohibition, est plutôt agréable à suivre et riche en rebondissements. Il est simplement dommage que les objectifs de missions qui en découlent ne soient pas plus variés.

  • Note Générale13/20

    Malgré un concept intéressant et original plongeant le joueur dans une époque passionnante, Omerta : City of Gangsters peine à convaincre sur le long terme et finit donc par devenir lassant. Venant d'un développeur connu et reconnu en matière de jeux de gestion, il est par exemple surprenant que le temps ne puisse être accéléré. Il paraît donc évident qu'il s'agit d'un de ces titres qui va diviser les joueurs, mais l'expérience n'en reste pas moins globalement sympathique.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 12/20

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