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Aperçu : Bioshock Infinite
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Ken Levine le concède volontiers, BioShock Infinite s'est fait relativement discret ces derniers mois. Le directeur créatif du projet, cofondateur d'Irrational Games, sait mieux que quiconque que cette absence a laissé le champ libre aux hypothèses les plus pessimistes concernant l'avenir du titre. Des spéculations dont il est bien entendu au courant et qui le font aujourd'hui sourire tant il est sûr de son fait. Après avoir joué les premières heures de l'aventure, on comprend d'autant mieux cette sérénité. Attention, petite bombe en vue.

1912. Non loin de la côte du Maine, une petite barque lutte sous la pluie contre les vagues d'un océan particulièrement agité. A son bord, deux mystérieux protagonistes vêtus d'un ciré jaune conduisent Booker DeWitt vers sa destinée. Pas franchement rassuré, ce dernier sait qu'il n'a pas le choix. Il doit impérativement retrouver une jeune fille du nom d'Elizabeth. Ordre de ses créanciers. Le voilà arrivé à destination. Ses compagnons de route le déposent au pied d'un phare aussi majestueux qu'effrayant, perdu en plein milieu d'une étendue d'eau qui semble ne jamais prendre fin. Pas le choix, il va falloir pénétrer dans l'enceinte de cet imposant édifice. Il ne le sait pas encore, mais c'est cet endroit qui sert de lien entre son monde et Columbia, la cité flottante au sein de laquelle prend place l'aventure. Sans en révéler davantage sur le déroulement des événements, les premières minutes de BioShock Infinite renvoient clairement à celles du premier épisode, sorti courant 2007. La comparaison entre les deux titres est d'ailleurs plus que pertinente tant ils se ressemblent à bien des égards.

Cette cité flottante semble bien idyllique...

Au-delà des nuages se trouve donc une mystérieuse ville en apparence paisible et très vivante. Des enfants jouent en plein milieu des rues, des couples s'enlacent sur les bancs publics, une fête foraine animée rassemble des habitants a priori heureux de s'amuser ensemble. Pourtant, de manière paradoxale, les premiers pas au sein de Columbia sont perturbants. La religion y semble notamment omniprésente. A tel point que Booker doit se faire baptiser pour pénétrer au sein de la ville. Un acte symbolique assez violent, car forcé, qui met tout de suite en condition. Tout le monde semble qui plus est vouer un culte à un mystérieux père nommé Comstock. Une sensation de malaise nous envahit alors progressivement. Un trouble qui va très vite prendre une forme plus concrète au cours d'une scène particulièrement malsaine. Alors que Booker se prépare à participer à un jeu, il lui est demandé de s'emparer d'une balle de base-ball dans le but de la lancer sur une cible. Effaré, il découvre quelques instants plus tard la nature de cette dernière, à savoir un homme blanc et une femme noire, ligotés ensemble à un poteau. Un couple, une union jugée indésirable. Visiblement, la couleur de peau conditionne les droits auxquels vous avez accès à Columbia. Le joueur est alors invité à prendre une décision. Il peut décider de lancer la balle sur le couple ou sur la personne animant cet immonde show. En réalité, le résultat est le même, quelle que soit l'option prise. Cependant, on imagine que cette notion de choix – que l'on retrouve à de multiples reprises dans le jeu – doit avoir une conséquence par la suite. Laquelle ? Impossible à dire pour le moment. Toujours est-il que cet événement va amener les autorités locales à pourchasser Booker. Au moment où ce dernier s'apprêtait à lancer la balle, elles ont en effet repéré la présence des lettres « AD » sur sa main. La marque portée par le faux prophète, celui qui, selon Comstock, viendra semer le trouble à Columbia.

Il ne vaut peut-être mieux pas s'approcher...

Irrational Games et Ken Levine n'ont clairement rien perdu de leur sens de la narration. Tout est amené de manière subtile. Même si BioShock Infinite se rapproche énormément du premier épisode à ce niveau, on se laisse à nouveau emporter par l'aventure. On retrouve aussi cette volonté d'apporter un regard critique, en l'occurrence sur la politique, la religion et le fonctionnement de la société. Le studio de développement n'hésite pas non plus à aborder des sujets sensibles comme le racisme. Encore une fois, on sent une envie très forte d'amener une vraie réflexion. La société « idéale » dépeinte par Irrational Games, où patriotisme exacerbé et messages propagandistes sont de rigueur, fait clairement écho à celle du début du XXe siècle aux Etats-Unis. Columbia foisonne d'ailleurs de références à l'histoire américaine. Certaines d'entre elles sont aisément compréhensibles. D'autres moins. Quoi qu'il en soit, l'ensemble des joueurs pourra tout de même profiter d'un scénario écrit avec soin. L'absence de tout manichéisme lui donne une saveur particulière. Certes, à Columbia, tout n'est pas parfait. Mais après tout, Booker DeWitt peut-il véritablement se placer au-dessus de la mêlée ? N'est-il pas venu au sein de la cité flottante pour rembourser une dette dont on ne connaît pas la nature ? N'a-t-il pas pour mission d'enlever une jeune fille ? Rapidement, les cartes sont brouillées et on ne sait plus très bien où les scénaristes veulent nous emmener. Le mystère plane. Et nous aussi.

La vie est plus belle quand on la passe accroché à un rail aérien.

Comme le premier volet, BioShock Infinite se savoure lentement. La structure du jeu a beau être linéaire, explorer les environnements reste possible. Il est même recommandé de fouiner un peu partout si l'on veut avoir en sa possession toutes les clés pour comprendre le background. Les décors fourmillent de détails, d'éléments plus ou moins cachés, de lieux que l'on est libre ou non de visiter. A titre d'exemple, il existe des audiologs mais aussi de courts mais nombreux films en noir et blanc réalisés avec soin. Il n'est en rien obligatoire de les regarder mais ils donnent une idée du fonctionnement de la société. Pour ne rien gâcher, la cité de Columbia est absolument magnifique. On apprécie ce flirt permanent avec le vide, cette sensation d'évoluer dans une ville où le temps semble, à l'image des bâtiments, totalement suspendu. La direction artistique de BioShock Infinite s'avère en prime somptueuse. Elle permet d'ailleurs de compenser les lacunes techniques du jeu. Réutilisé pour l'occasion, le moteur de BioShock premier du nom accuse son âge. En particulier sur consoles. Sur ces machines, les temps de chargement sont pour le moment trop longs et trop fréquents. On apprécie en revanche que la fluidité soit assurée.

Elizabeth peut notamment ouvrir des portails vers d'autres dimensions.

Si on peine à le qualifier de shooter, BioShock Infinite reste une aventure en vue subjective au sein de laquelle le joueur est amené à fréquemment se battre. Le système est connu puisque Booker se bat à l'aide d'une arme dans la main droite et de pouvoirs qu'il utilise avec sa main gauche. Ces derniers sont obtenus après avoir ingurgité des « vigeurs », de mystérieuses substances contenues dans des fioles. Evidemment, il faudra veiller lors des affrontements à utiliser alternativement ces pouvoirs, limités dans leur utilisation par une jauge, et le large arsenal (flingue de base, armes automatiques, fusil à pompe, sniper...) mis à votre disposition. Globalement, si le gameplay reste un peu flottant lors des gunfights, l'ensemble a gagné en impact depuis le premier épisode. Et c'est tant mieux car Infinite semble plus riche en scènes d'action que ses prédécesseurs. Il est d'ailleurs impératif d'apprendre à maîtriser les différents pouvoirs pour s'en sortir. Celui que l'on récupère en premier permet par exemple de faire d'une machine ou d'un opposant, son allié. On obtient également rapidement la possibilité de balancer des boules de feu (Devil's Kiss) et des nuées de corbeaux (Murder of Craws) pour gêner des groupes d'ennemis. Par ailleurs, vous pouvez aussi choisir d'emporter quatre gadgets qui représentent autant de capacités passives ayant divers effets : augmenter les dégâts, la précision et ainsi de suite. Via des distributeurs, vous aurez aussi la possibilité d'améliorer armes et pouvoirs.

Un petit pouvoir bien placé, et paf !

L'un des aspects du gameplay mis en avant très tôt par les développeurs concernait l'utilisation des fameux rails aériens. Grâce à une sorte de grappin magnétique, Booker peut en effet s'accrocher à ces derniers et circuler à l'intérieur de la ville. Une simple pression sur un bouton lui permet cependant de faire demi-tour ou de sauter pour rejoindre la terre ferme. Si au départ, l'utilisation que l'on en fait est un peu limitée, il devient très vite nécessaire de se servir de cette mobilité accrue pour éliminer les opposants. La possibilité de graviter autour de ses proies offre en effet un avantage certain au joueur. A ce compte-là, on sent qu'un réel effort a été fourni en termes de level design. Mais si BioShock Infinite propose une aventure captivante dès les premières minutes, le jeu ne prend réellement son envol qu'après quelques heures. Une fois que l'on a libéré la fameuse Elizabeth. La jeune fille possède un rôle crucial, tant au niveau du scénario qu'au niveau du gameplay. Ainsi, après avoir quitté la tour au sein de laquelle elle était retenue, cette dernière vous suit en permanence. Elle se révèle d'ailleurs d'une rare utilité en ouvrant certaines portes verrouillées ou en vous distribuant munitions, rations de soins et de « sel » (recharge la jauge liée aux pouvoirs) pendant les combats. Une aide précieuse car les ennemis se montrent très agressifs, à défaut d'être intelligents. Mais Elizabeth dispose d'un autre atout non négligeable. Elle sait ouvrir des portails vers d'autres dimensions. Cela permet notamment d'importer dans le présent des éléments en provenance de mondes alternatifs. Un aspect utilisé lors des combats. Ainsi, Booker peut demander à son acolyte de faire apparaître dans des zones précises, affichées en surbrillance dans le décor, des crochets auxquels se suspendre à l'aide du grappin, un muret derrière lequel s'abriter, etc. Voilà qui apporte, pendant les combats, une dimension stratégique supplémentaire à laquelle on ne s'attendait pas forcément.

Nos impressions
Avec BioShock Infinite, Irrational Games semble bien parti pour livrer un titre mémorable. Une nouvelle fois, Ken Levine et ses équipes sont parvenus à mettre en place un univers d'une rare richesse tout en développant une réflexion pertinente sur des sujets particulièrement intéressants. Cité flottante aux mille et une saveurs, Columbia se révèle être aussi mystérieuse que Rapture en son temps. Intelligent, artistiquement très réussi, le jeu propose en prime un gameplay réellement plaisant qui ne révèle son plein potentiel qu'après la libération d'Elizabeth. Plus qu'une simple figurante, la jeune fille tient un rôle prépondérant dans cette aventure aussi envoûtante que dérangeante. Pour tout vous dire, on a déjà hâte d'y replonger !
Profil de Rupan
L'avis de Rupan
MP
Journaliste de jeuxvideo.com
17 décembre 2012 à 09:18:00
Mis à jour le 17/12/2012 Voir l'historique
PC FPS Aventure Irrational Games 2K Games
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COMMENTAIRES

Tous les commentaires (34)
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NewKakashi
NewKakashi
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le 22 Mars 2013 à 23:11:01
Je sens que je vais me l'acheter :cute: !!!
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[Lelew]
[Lelew]
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le 18 Mars 2013 à 20:22:53
Ca me rend malade tout ces mecs qui disent "ouai j'aime pas le 1 ni le 2, mais celui là a l'air terrible" juste parce ya de l'action et une meuf, je me trompe :-))) ? Non vraiment, faut pas que ca devienne un jeu de casu... Les mecs disent que c'est de la bombe juste parce que tout le monde leur dit ca, ouep, ca me rend malade, et pour moi y'aurait que les "vétérans" de bioshock qui pourrait y jouer :oui: M'enfin, je sens la bonne grosse déception pour ma part, plus d'action et une moins bonne ambiance, après, wait and see...
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capozoo_93
capozoo_93
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le 16 Mars 2013 à 13:27:18
Bioshock ce n'est pas ma tasse , mais la :cute: :play: :coeur: :play:
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nicklarson2
nicklarson2
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le 10 Mars 2013 à 16:19:13
J'ai vraiment hâte de l'avoir , et pour découvrir son scénario car ce jeu ne manque pas d'imagination
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lopane
lopane
MP
le 08 Mars 2013 à 07:05:33
peinture navré ^^
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lopane
lopane
MP
le 08 Mars 2013 à 07:04:50
Certain préfère les peintre pour la richesse du tableau plus que pour sont réalisme rincevan.
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rincevan
rincevan
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le 04 Mars 2013 à 23:29:11
A l'époque du premier opus on notait déjà de grosses faiblesses sur le rendu des personnages. Les visages étaient particulièrement moches. Comment ce fait il qu'autant de temps après il n'y pas ou peu d'évolution?
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SPRsmarties
SPRsmarties
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le 01 Février 2013 à 07:46:17
Je n'ai jamais fais de Bioshock, mais celui ci, je n'y passerais pas à coté!
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lopane
lopane
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le 13 Janvier 2013 à 06:27:05
C'est pas le 26 février ? jgo hack leur site jpeut plus attendre :(
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solunreach
solunreach
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le 03 Janvier 2013 à 03:02:04
BioShock :content:
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