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Test : Zenonia 5 : Wheel of Destiny
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Rapidement devenue incontournable dès lors que l'on évoque les RPG sur iPhone et smartphones Android, la série des Zenonia nous revient en cette fin d'année avec une nouvelle mouture. D'année en année, chaque épisode poursuit sur la lancée de son grand frère, et si le quatrième nous a amenés la HD, que faut-il attendre de ce cinquième volet ?

La saga Zenonia est en effet bien connue des amateurs de RPG sur supports mobiles, au point d'avoir aujourd'hui acquis une solide réputation grâce à une profondeur de jeu généralement supérieure à ce que l'on trouve chez la concurrence et un gameplay très nerveux, mais accessible, offrant un grand dynamisme aux combats. Le joueur explore ainsi des zones de jeu plutôt vastes, s'attarde dans des villages bourrés de quêtes optionnelles, et traverse de sombres donjons peuplés de créatures difficiles à abattre afin de progresser dans l'histoire. Un déroulement relativement classique qui n'est qu'un prétexte à se (re)lancer, d'année en année, dans cette sympathique aventure.

Les combats contre les boss sont démesurément difficiles.

Après ce rapide tour du propriétaire, intéressons-nous plus en détail à ce cinquième épisode. Celui-ci présente toujours un scénario manichéen au possible où vous aurez vite compris que le destin de ce petit univers virtuel repose entre vos mains. Bien après l'histoire de Regret, protagoniste récurrent dans la saga, vous incarnez cette fois un jeune héros (que vous choisirez) issu d'une classe sociale défavorisée. Celui-ci évolue dans un monde contrôlé par des élites bien décidées à rester à leur place et asservissant les pauvres. Lorsque le royaume se fait subitement attaquer par une horde de monstres, il vous faudra prouver votre valeur et découvrir si l'attaque et l'oppression sociale ne seraient pas liées. Un pitch somme toute classique mais cela n'est pas forcément un souci, puisque nous retrouvons comme à l'accoutumée des dialogues bourrés d'humour et des quêtes secondaires par dizaines. En fait, on comprend rapidement que le semblant de scénario qui nous guide au fil de la partie n'est qu'un prétexte à se lancer dans ce grand défouloir. Plus gênant en revanche, les quêtes optionnelles s'avèrent très basiques (tuer X monstres, rapporter X objets, miner X ressources, etc.).

Le mode Abysses permet de gagner des armes épiques, uniques et légendaires.

La montée en puissance de votre personnage s'en trouve finalement moins intéressante que prévu, et il vous faudra prévoir pas mal de monster bashing (tuer les mêmes monstres en boucle pendant des heures), pour en arriver à un combat contre un boss démesurément difficile contre lequel vous êtes quasiment obligé de perdre lors des premières rencontres si vous n'avez pas quelques parchemins de résurrection avec vous. Une fois cette difficile épreuve passée, c'est reparti pour une nouvelle vague de monster bashing jusqu'à rencontrer le prochain boss et donc les potentiels prochains game over. Si vous êtes un habitué des Zenonia, vous retrouverez instantanément vos repères dans cette formule. En revanche, si vous prenez la série en cours de route, vous pourriez sortir déçu d'une telle linéarité.

Le cash-shop est tellement fourni qu'il contient presque autant d'onglets que l'inventaire !

Le soft est plutôt solide techniquement. Depuis son passage à la HD il y a un an, Zenonia 5 s'en tire en effet pas mal du tout avec des décors et des ennemis variés et aux textures plutôt flatteuses. Le cycle jour/nuit du plus bel effet se laisse d'ailleurs apprécier. Sur les smartphones Android haut de gamme à la résolution HD (1280x720, qui est une norme aujourd'hui si vous possédez un smartphone récent) il est toutefois à noter que les décors manquent un peu de finesse, on sent que le jeu a été conçu à partir du moteur graphique des précédents et que l'augmentation de la définition du titre est un peu passée à la trappe. Petit défaut également, ces mêmes décors semblent plus classiques que ceux de l'opus précédent où le design était un peu plus recherché et original.

L’interactivité avec les PNJ est assez limitée.

Nerveux pour ne pas dire bourrin, le gameplay n'est pas en reste et les différents personnages se laissent appréhender avec un certain plaisir. Contrairement à ce que l'on veut nous vendre, ils sont extrêmement classiques et si l'on excepte un mecha plutôt original, nous retrouverons toujours un magicien, un guerrier et le sempiternel paladin. Vous aurez donc, globalement, deux classes pour attaquer efficacement à distance, et deux autres spécialisées dans la mêlée. Il existe en revanche quelques déséquilibres entre les classes. Le paladin, par exemple, connaîtra des débuts très difficiles avec sa faible puissance, tandis qu'à haut niveau il sera une redoutable machine à tuer avec des compétences de zone dévastatrices et une résistance hors du commun, ce qui était déjà le cas dans le second opus où le paladin était généralement utilisé pour le farm. Le magicien en revanche est surpuissant dès les plus bas niveaux : ses sorts infligent des dégâts considérables. L'évolution du personnage est donc assez spectaculaire, le tout étant amélioré par les pouvoirs de votre fée qui vous suivra tout au long de l'aventure. L'arbre de compétences est assez classique : vous aurez le choix entre de nombreuses techniques auxquelles il est possible d'attribuer une touche de raccourci, et vous pourrez renforcer votre force, santé, résistance ou endurance par exemple à l'aide de compétences passives. Choisissez bien, car le fait d'attribuer des points sauvegarde votre partie et il n'est pas possible de revenir en arrière sans débourser quelques deniers. C'est dommage car le gameplay était suffisamment profond pour donner envie d'essayer pas mal de combinaisons différentes, tant au niveau de l'attribution des points de caractéristiques que des compétences à débloquer.

Les combats n'ont rien perdu de leur dynamisme, bien au contraire, et nous pouvons saluer les effets des sorts et compétences spéciales qui ponctuent régulièrement les grosses bastonnades. C'est fun, ça cogne de partout, c'est de l'action-RPG comme on l'aime ! Avec un gros contenu, des centaines d'armes de qualité différente à acquérir, à forger et à améliorer, un character design sympathique et un gameplay au poil, l'extrême linéarité du titre aurait presque pu être pardonnée… D'autant plus que le jeu est gratuit (vraiment gratuit ? Nous y reviendrons).

Le premier mini-boss du jeu est plutôt simple à éliminer.

Mais, outre un PvP toujours aussi dispensable, ce Zenonia 5 ne présente finalement que peu d'évolutions notables. Le système de combat qui a fait la renommée de la série a timidement progressé. Plus nerveux encore, il transforme l'étripage de monstres en joyeux défouloir, le tout étant sublimé par un arbre de compétences actives et passives tout à fait honnête pour un petit RPG de poche. Cela dit, n'était-ce pas déjà le cas auparavant ? Et que dire des minuscules touches pour activer ces compétences ? Nous ne retrouvons toujours pas la barre de compétences des premiers volets pour notre plus grand malheur, et si l'écran de votre smartphone est inférieur ou égal à 4 pouces vous devrez faire preuve d'une précision chirurgicale pour lancer la bonne attaque au bon moment dans un jeu qui ne donne aucun droit à l'erreur contre un boss. Au niveau du contenu, nous retrouvons sans surprise le mode Abysses déjà présent dans le quatrième épisode qui permet à un personnage d'affronter des vagues de créatures de plus en plus puissantes pour gagner de l'équipement de grande qualité, un peu trop même. Un mode Raid sera aussi de la partie prochainement, mais celui-ci n'est pas encore disponible pour la sortie du titre. Il est, enfin, possible de savoir si un objet appartient à sa classe de personnage ou non avant de le détruire, une bonne chose puisque la taille de votre inventaire est ridiculement petite si vous ne passez pas à la caisse.

L'écran du Game Over, que vous risquez de voir souvent.

Car là où Zenonia 5 présente une réelle nouveauté, plus encore que n'avait pu le faire son prédécesseur (oui, c'est possible !), c'est dans les moyens mis à disposition pour soutirer quelques piécettes sonnantes et trébuchantes au joueur. Si jusque-là le bilan était globalement positif, inutile de faire durer le suspense plus longtemps : le cash shop est omniprésent dans le soft. Les ZEN, que l'on acquiert contre de l'argent réel, peuvent en effet être dépensés de mille et une façons différentes. Envie de changer vos stats ? D'accéder aux Abysses plus d'une fois par jour ? D'avoir des parchemins de résurrection ? De posséder des armes uniques surpuissantes ? De pouvoir transporter davantage dans votre inventaire ? D'acquérir un joli skin pour votre guerrier ? Avec un compte en banque bien rempli c'est envisageable. Bref, soyez pleinement rassuré, peu importe ce que vous voulez faire, Gamevil y a forcément pensé : tout est possible, pour qui souhaite débourser plusieurs euros quotidiennement.

On peut également acheter des skins en argent réel, qui boostent les caractéristiques.

S'il vous est arrivé de pester contre quelques achats in-app abusifs dans les derniers jeux « freemium » de Gameloft, autant vous dire tout de suite que vous n'avez encore rien vu ! Bien sûr, tant que ce modèle économique douteux ne déséquilibre pas complètement le gameplay, cela ne pose pas de souci particulier. Malheureusement, ce n'est pas le cas, et votre réussite en PvP ou contre les boss les plus difficiles dépendra bien plus des euros lâchés que de vos compétences réelles une fois le smartphone en main. Dernière aberration pour contrer le piratage : il vous sera obligatoire d'être connecté à Internet pour pouvoir jouer, sans quoi celui-ci se ferme sans concession même si vous étiez en pleine partie et que vous n'aviez pas eu le temps de sauvegarder. Fortement déconseillé en voiture ou en train donc, ou le moindre manque de réseau est susceptible de vous foirer votre partie ! Sur Android, le soft exige en plus un accès root et une autorisation de votre part pour savoir quelles applications tournent en tâche de fond : rarement un jeu vidéo s'est montré aussi intrusif, surtout que l'on a infiniment plus d'informations personnelles stockées sur son smartphone que sur une console de salon.

Un beau gâchis par conséquent pour un jeu qui tient globalement la route sur le fond, mais qui se montre à ce point détestable sur la forme. Zenonia 4 avait apporté la HD, les Abysses et un brillant cycle jour/nuit, Zenonia 5 se contente du strict minimum mais le fait payer au prix fort dès lors que l'on souhaite en profiter. Nous en attendions forcément plus. Beaucoup plus.

Les notes
  • Graphique 14 /20

    Des décors plutôt variés sont au programme et les effets des différentes compétences activables ont fait un joli bond en avant. Les zones semblent cependant plus petites qu'auparavant et un peu moins originales.

  • Jouabilté 13 /20

    Le système de combat a maintes fois fait ses preuves et reste toujours aussi efficace, mais avec le temps et l'évolution des jeux smartphones il est de plus en plus difficile d'accepter une telle linéarité. L'alternance « monster bashing / boss » se répète inlassablement et la recette magique commence à être éculée. Enfin, le déséquilibre total engendré par le cash shop nuit en toute logique au gameplay, principalement en PvP.

  • Duree 15 /20

    Pour qui se donnera les moyens (financiers ?) d'aller au bout, ce cinquième Zenonia présente une durée de vie similaire à ses prédécesseurs, à savoir une vingtaine d'heures pour vraiment en faire le tour. Il semble néanmoins un peu moins long que le second opus en raison de son système de progression légèrement différent. Le système de craft et de marché noir a été bien amélioré et occupera quelques heures à lui seul, mais le mode Abysses qui facilite grandement l'obtention d'objets très rares limite forcément son intérêt.

  • Son 14 /20

    Quelques musiques se laissent écouter, même si l'ensemble se montre assez discret. En revanche, les bruitages ne semblent pas avoir évolué d'un iota depuis le premier opus.

  • Scénario 10 /20

    Toujours aussi manichéen, le scénario de ce Zenonia 5 s'avère en plus peu inspiré. Un petit rebondissement pourra éventuellement vous surprendre au cours de l'aventure, n'en attendez pas davantage.

Si deux petits mots valent mieux qu'un long discours, alors les voici : quel dommage ! Oui, Zenonia 5 possède des bases suffisamment solides pour être un très bon action-RPG. Oui, il est dans la continuité de ses prédécesseurs et n'est en rien un épisode raté. Si nous pouvons lui pardonner une telle linéarité et une évolution toujours aussi fébrile entre les épisodes, nous ne pouvons pas accepter le fait que le soft s'embourbe dans un modèle freemium complètement exagéré qui tue la saga à petit feu. Le modèle économique choisi déséquilibre complètement le jeu et entrave gravement le plaisir procuré. La gratuité n'est ainsi qu'illusoire, mais la descente aux Enfers de la saga semble au contraire bien réelle.

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L'avis de Meego
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Journaliste de jeuxvideo.com
05 décembre 2012 à 15:54:28
10/ 20
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Mis à jour le 05/12/2012 Voir l'historique
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