Test Ys- Nes

Nes

Parue à la même époque que les mythiques Dragon Quest ou Final Fantasy, la série des Ys fait également partie de ces grandes sagas de jeux de rôle ayant popularisé le genre sur consoles. Avec sept principaux épisodes à son actif, cette série méconnue en Europe mais incontournable pour les puristes du genre continue, depuis une quinzaine d'années, de traverser tranquillement les générations les unes après les autres. Petit retour en 1988, à l'aube du lancement du premier Ys sur NES et d'un genre encore très peu répandu sur consoles : l'Action-RPG.

Ys

Précisons tout d'abord qu'avant d'arpenter les consoles de Nintendo, la série des Ys s'est dans un premier temps illustrée sur différents micro-ordinateurs ainsi que sur PC-Engine et Master System. Du beau monde donc pour accueillir les premiers pas d'Adol Christin, le héros récurrent de chaque épisode de la franchise. A travers sa longue et formidable destinée, le joueur est amené à vivre à chaque nouvel opus une aventure inédite, avec son lot de surprises et de nouveautés. Ce tout premier épisode marque d'emblée le coup avec un scénario assez singulier, puisque vous êtes tout simplement lancé dans l'aventure sans aucune information quelconque sur le background de la série. A partir de là, l'autonomie devient une règle d'or et vous devez quérir de l'aide autour de vous afin de savoir où aller et quoi faire. Procédé fort simple mais qui permet néanmoins une immersion instantanée.

Test Ys Nes - Screenshot 13Les légendes qui planent sur Ys sont révélées au compte-goutte.

C'est ainsi que dans le royaume d'Esteria, Adol se voit affublé d'une quête consistant à réunir 6 ouvrages sacrés dans le but de ramener la paix dans le monde. Grâce à l'obtention et la lecture régulière de ces livres sacrés, il prendra connaissance de légendes et autres mythes qui englobent le royaume. Il apprend ainsi qu'une étrange cité du nom d'Ys existait auparavant sur ces terres. Prospère et gardée par deux déesses et six prêtres, elle fut un beau jour et pour une raison inexpliquée envahie par les monstres. Ys fut alors complètement ravagée, du moins, c'est ce que la légende conte... 700 ans après, l'histoire semble se répéter car les monstres assiègent de nouveau l'île d'Esteria et répandent désespoir et chaos à chaque attaque. Avec l'aide d'une voyante et de divers compagnons de route, Adol part alors en expédition afin de débusquer la source de ce mal et l'anéantir une bonne fois pour toute. Mais qu'est-il réellement advenu de la cité d'Ys et comment ces créatures sont-elles apparues en ce monde ?

Test Ys Nes - Screenshot 14Minea est la principale ville du jeu, et où les allers-retours sont légion.

Vous voilà donc paré pour traverser différents donjons afin de récupérer les six livres d'Ys disparus depuis la chute de l'ancienne cité. Cependant, l'aventure n'est pas aussi clichée et simpliste que cela. La réalité est en effet tout autre puisque le soft jouit d'un dynamisme et d'une volonté de renouvellement assez étonnante. Votre aventure n'est jamais figée, il y a toujours un petit retournement de situation ou une perpétuelle recherche de mise en scène très appréciable tout le long de votre périple. Ainsi, même si obtenir les livres est en soi une finalité, ils ne se récupèrent pas forcément auprès d'un Boss tapi dans les fins fonds d'un donjon mais également en récompense de quête et même dans les moments les plus inattendus. Cela donne vraiment l'impression d'un monde plein de surprises et vivant, où il ne suffit pas simplement de parler à un habitant du coin pour qu'il vous mâche le travail sur votre prochaine destination. Ici, le royaume se compose de deux villes très importantes et à l'identité vraiment forte, avec de nombreux allers-retours à l'intérieur de celles-ci et des PNJ clés. Il arrive d'ailleurs très souvent dans Ys de ne pas du tout savoir où aller, poussant le joueur à se souvenir d'un petit détail mentionné dans une ancienne conversation, ou bien de le laisser explorer la zone de jeu à la recherche du moindre indice pour poursuivre son périple. La liberté se ressent totalement, alors que le jeu est pourtant très linéaire et propice à d'innombrables allers-retours des plus fatigants. Ys parvient cependant à trouver un équilibre quasi parfait sans lasser à aucun moment le joueur, même dans les instants les plus fastidieux.

Test Ys Nes - Screenshot 15Les ennemis ont vite fait de vous submerger si vous restez trop immobile.

L'aventure est donc parfaitement maîtrisée et promet de nombreuses heures de plaisir, néanmoins le jeu ne serait pas ce qu'il est sans la présence de son gameplay atypique. Très déroutant au premier abord, il a de quoi en surprendre plus d'un puisqu'il n'y a tout simplement pas de touche d'attaque. Concept très étrange pour un Action-RPG, vous en conviendrez. Ici pour attaquer, vous devez simplement foncer sur le sprite ennemi et en fonction du pixel de point d'impact, vous infligez plus ou moins de dégâts. A contrario, un mauvais placement ou un assaut frontal se solde par une grosse perte de vos points de vie. L'intérêt -pas forcément évident sur le moment- c'est qu'un tel gameplay insuffle une forte dimension stratégique à vos combats. On ne le ressent pas énormément au début car les ennemis sont assez peu mobiles, mais cela prend tout son sens quand vous croisez de nombreux ennemis dans les étroits couloirs des donjons, obligeant souvent le joueur à fuir ou à temporiser ses actes. Les dégâts que vous recevez sont incomparables face à ceux que vous infligez, et foncer simplement dans le tas ne rime absolument à rien. Fort heureusement, la sauvegarde est accessible à n'importe quel moment. Le jeu se veut quand même très accessible mais jusqu'à un certain palier seulement puisque la difficulté monte petit à petit jusqu'à devenir finalement des plus hardcore. Les ennemis sont de plus en plus rapides, les donjons sont de vrais labyrinthes et obligent le joueur à dessiner sa propre carte vu qu'il n'y en a aucune en jeu, et ne parlons pas des Boss qui revisitent le concept du « Die and Retry ». On ajoutera afin de couronner le tout qu'il est impossible de se soigner durant ces affrontements et que leurs mouvements ou attaques sont presque impossibles à prévoir. Le plus ironique dans l'histoire, c'est que les capacités de la NES ne permettent pas d'avoir un level design très diversifié au niveau des couleurs à l'intérieur même d'un donjon. Résultat, en plus d'être totalement labyrinthique, tout se ressemble et sur une traversée de plusieurs étages c'est juste une torture mentale pour savoir d'où on vient et où aller ensuite. Il ne faut donc pas se méprendre sur la simplicité en début de jeu, la seconde partie d'Ys est réservée aux joueurs les plus patients, hargneux et réfléchis.

Test Ys Nes - Screenshot 16Les donjons deviennent vite de purs labyrinthes truffés d’ennemis.

Evidemment si les ennemis évoluent, votre équipement doit suivre. Celui-ci n'est pas trop fourni, et les différentes pièces qui le composent sont obtenues de manière assez régulière. Les premières s'achètent directement en boutique et ne vous épargneront pas de petites séances de bashing afin de récolter l'or nécessaire à leur achat. Epées, armures, boucliers et accessoires sont de la partie, auxquels s'ajoutent dans votre inventaire une seule potion de soin et un seul objet pour se téléporter directement en ville. Concernant l'évolution d'Adol, le héros engrange des niveaux à chaque palier d'expérience atteint, ce qui augmente son nombre de points de vie, son attaque et sa défense. Le niveau maximal est d'ailleurs assez vite atteint puisqu'il se situe autour de 25, ce qui montre une fois de plus que le joueur doit finalement faire avec les moyens du bord puisque le leveling montre très vite ses limites. On notera par ailleurs que les donjons ou autres grottes sont également des nids à énigmes, le joueur se retrouvant parfois devant une porte infranchissable et dont la solution n'est pas forcément des plus évidentes. Ys est donc un jeu d'un grand dynamisme, autant dans sa forme que dans son gameplay, et qui cache derrière cette première impression de simplicité un penchant franchement hardcore à la longue. C'est un très bon jeu maîtrisé d'un bout à l'autre, et qui se clôture sur une fin directement ouverte sur le second épisode de la série. Reste plus qu'à suivre les pas d'Adol dans l'opus suivant toujours sur NES afin de connaître le dénouement de l'histoire !

Zashy (contributeur de jeuxvideo.com), le 06 novembre 2012

Les notes

  • Graphismes 15/20

    Ys donne la perpétuelle impression que ses environnements sont diversifiés et variés, tout en parvenant à ne pas nous submerger d'innombrables couleurs flashy. C'est simple, à certains moments on en oublie presque que l'on joue sur NES. Même les animations des ennemis ou des Boss sont plus que correctes pour un tel support, et chaque lieu parvient à être unique et reconnaissable. Après, il faut avouer que cette version fait un peu pâle figure par rapport aux autres sur micro-ordinateurs, PC-Engine et Master System, mais pour de la NES cela reste tout de même assez bluffant. On a même droit à une cinématique de fin, c'est pour dire.

  • Jouabilité 16/20

    Derrière ses faux airs d'accessibilité, Ys reste bel et bien un jeu hardcore. Avec l'absence de touche d'attaque, cet Action-RPG prend des airs de jeu stratégique voire parfois de shoot them up tellement certains Boss n'hésitent pas à vous canarder à outrance. La moindre faute se paye amèrement, et les donjons possèdent de nombreux étages on ne peut plus compliqués qu'il faut parfois traverser plusieurs fois d'affilée. On n'oubliera pas non plus l'impossibilité de porter sur soi plus d'une potion de soin... Oui, nul doute qu'Ys a de quoi plaire aux plus téméraires.

  • Durée de vie 15/20

    La durée du jeu est très correcte, surtout qu'à aucun moment l'intrigue ne parvient à s'essouffler. Et pour cause, l'histoire prend forme petit à petit grâce à l'obtention l'un après l'autre des six livres d'Ys, procédé qui permet ainsi de conserver un rythme régulier tout au long de votre périple. On remarquera d'ailleurs que l'absence de quêtes annexes n'est pas un mal en soi puisque l'aventure se veut tellement diversifiée que leur présence serait limite inappropriée, voire casserait la dynamique de jeu.

  • Bande son 17/20

    Réalisée par Yuzo Koshiro, qui travaillera quelques années plus tard sur Streets of Rage et ActRaiser, la bande-son d'Ys est tout simplement grandiose. D'une part parce que malgré les capacités techniques de la NES, toutes les musiques restent vraiment d'une qualité ahurissante. Et d'autre part, parce que les thèmes font plus que simplement renforcer l'immersion, ils y participent pleinement. L'exemple le plus flagrant réside dans les donjons, où le thème joué s'intensifie au fur et à mesure que vous avancez à l'intérieur de celui-ci. Un travail vraiment remarquable.

  • Scénario 15/20

    Inspiré de la légende bretonne d'Ys et plus généralement de l'Europe médiévale, ce premier opus parvient dès le début à accoler une très forte identité à ce qui deviendra plus tard une série incontournable d'Action-RPG. Avec son background travaillé sous toutes les coutures et sa volonté de laisser un maximum d'autonomie au joueur, Ys promet un voyage initiatique aussi bon pour le moral qu'éprouvant pour les nerfs.

  • Note Générale16/20

    Premier épisode d'une longue série, Ys premier du nom a déjà tout d'un grand. Avec son background solide et son gameplay atypique et dynamique, le jeu parvient à lancer la saga sur de très bonnes bases et ceci à tous les niveaux. Il ne reste plus qu'à poursuivre les aventures d'Adol dans l'opus suivant, indispensable afin de connaître le dénouement de la quête initiée dans ce premier épisode.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 14/20

Retour haut de page

Infos jeu

  • Editeur : Victor Musical Industries
  • Développeur : Nihon Falcom
  • Type : Jeu de Rôle
  • Sortie France : Non communiquée
    (1988 aux Etats-Unis)
Mots-clefs : Ancient Ys Vanished Omen, Ys : The Vanished Omens Ys The Vanished Omens, Ancient Land of Ys