The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
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Test : The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
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The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
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L'avis de Renbel
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Journaliste jeuxvideo.com
26 juin 2012 à 22:55:48
18/20

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Après le succès critique et commercial du premier Gabriel Knight, il n'était pas étonnant qu'un second opus voit le jour un an plus tard, en 1995. Ayant la lourde tâche de succéder au très bon Sins of the Fathers, Gabriel Knight II : The Beast Within quitte la Nouvelle-Orléans et le vaudou pour aller s'ancrer au plus profond de l'Allemagne, où des loups-garous semblent répandre la terreur. Les jeux vidéo fonctionnant eux aussi avec la mode, Gabriel Knight II sera une aventure entièrement en full motion video , FMV pour les intimes, c'est-à-dire une aventure entièrement filmée, avec de vrais comédiens, une technique très répandue dans les années 90. Pourtant, à une époque où une telle technologie semble impensable, le jeu a su rester dans les mémoires, s'imposant vite comme une suite digne de son prédécesseur, voire comme un élève surpassant le maître. Petit retour dans le passé.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery

Depuis qu'il a eu maille à partir avec les puissances occultes du vaudou à la Nouvelle-Orléans, les choses ont bien changé pour Gabriel Knight : autrefois auteur de romans nécessiteux, voilà qu'il se retrouve avec le titre de Schattenjäger sur les épaules, et hérite par la même occasion du château familial, situé dans un petit village reculé de Bavière. Mais qu'on ne s'y trompe pas, il ne s'agit pas là de vacances pour le jeune écrivain : les fonctions de chasseur de l'ombre qu'il doit assumer tant bien que mal vont l'amener au-delà de l'imaginable, aux tréfonds de l'horreur et du surnaturel. Tout commence par une nuit de pleine lune : alors que l'astre mystérieux éclaire faiblement la forêt, un groupe de villageois s'avance lentement jusqu'au château de Gabriel Knight, au rythme d'un sinistre cortège funèbre. La fille de l'un d'entre eux a disparu, massacrée par une bête sauvage. Jusque-là, rien de si inhabituel dans ce tragique événement. Et pourtant, les villageois sont persuadés que des forces occultes sont impliquées : le regard de ce loup était perçant, humain, disent-ils. Il incombe dès lors au tout nouveau Schattenjäger de mener l'enquête, en dépit de sa réticence première. De cette bien triste anecdote de village va découler une série d'évènements qui mènera l'écrivain à travers l'Allemagne, sur la piste des loups-garous, une piste qui se confond avec le folklore et l'histoire germaniques, dans la pure tradition du premier opus.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
Toutes les cinématiques sont filmées avec de vrais comédiens.
Cette histoire n'est pas qu'un simple point de départ, et encore moins un prétexte qui se contente de mettre la machine en marche. Non, cette histoire, elle fournit un cadre qui sous-tend le titre dans son intégralité et, surtout, se traduit dans le graphisme même du jeu. En effet, le fait que Gabriel Knight II soit entièrement filmé ouvre des possibilités esthétiques qui participent grandement à l'ambiance générale du jeu. A ce titre, l'équipe en charge de la photographie s'est adonnée à un travail d'orfèvre : les différents panoramas sont simplement magnifiques et rendent justice aux paysages idylliques de certaines régions d'Allemagne, qu'il s'agisse du fabuleux château de Neuschwanstein, ou du petit village fort pittoresque de Rittersberg. Lors des moments tendus de l'aventure, le jeu parvient en outre à distiller la peur chez son joueur, en l'emmenant dans des décors sombres et angoissants, que le photoréalisme renforce d'autant plus. L'intégration des personnages sur les décors est en revanche, soyons honnêtes, moins réussie : ceux-ci se déplacent de façon saccadée et peu naturelle, et l'effet artificiel de la chose s'en fait quelque peu ressentir. Toutefois, cela ne gâche en rien ce mariage réussi d'un scénario prenant avec sa mise en scène (cinémato) graphique.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
L'aventure nous permet de visiter différents coins de l'Allemagne.
Loin d'être un gadget, ou une simple innovation technique passée de mode et surannée, le full motion vidéo apporte encore aujourd'hui un réel cachet au jeu, qui devient dès lors un véritable film interactif, les cinématiques étant évidemment exécutées par des comédiens. C'est l'occasion d'aborder très vite la question houleuse du jeu d'acteur : d'aucuns déplorent des performances médiocres et des comédiens d'un calibre très moyen, regrettant le choix d'un Dean Erickson pour jouer le rôle titre (puisque, rappelons-le, Tim Curry avait prêté sa voix au héros dans le premier opus). Ceci étant finalement un critère hautement subjectif, chacun se fera sa propre opinion sur le sujet, même s'il est évident que le budget d'une telle production ne permettait pas l'emploi de grands noms du cinéma. S'il est vrai que certains rôles peuvent faire rire sous cape tant ils sont surjoués, l'ensemble de la brochette de personnages reste suffisamment crédible et supportable, d'autant que le personnage de Gabriel Knight conserve son impertinence, sa désinvolture et son humour si particulier. Notons enfin la performance de Peter Lucas, qui incarne avec brio un personnage mystérieux, ténébreux et fascinant, celui-ci occupant un rôle clé dans le scénario. Pas de quoi crier au scandale, donc.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
Grace joue un rôle important puisqu'elle mène aussi l'enquête de son côté.
Si certains joueurs ont pu être désarçonnés par le virage graphique emprunté par le jeu, le gameplay, lui, n'a pas changé d'un iota. Gabriel Knight II conserve le classicisme d'un point'n click traditionnel, bien que grandement simplifié. En effet, votre curseur est ici unique : pas besoin de sélectionner une certaine action (ouvrir, regarder, parler), tout se fera contextuellement, en fonction de l'objet sur lequel vous cliquez. Ainsi, cliquer sur une porte vous fera changer de pièce, tandis que cliquer sur un personnage engagera le dialogue avec lui. Plutôt efficace, d'autant que le jeu s'y prête bien et ne demande aucune autre fioriture supplémentaire. Le système d'inventaire est également fort classique et remplit sa besogne. Le système des conversations enregistrées sur le magnétophone est toujours présent, à ceci près que, cette fois-ci, ce n'est plus une fonction passive : l'une des premières énigmes du jeu mettra en effet à contribution cet appareil pour tromper la vigilance d'un personnage. Mais n'en disons pas plus.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
L'intégration des personnages dans le décor fonctionne mais les animations sont un peu rigides.
Ou plutôt, tâchons d'en dire plus sur ces fameuses énigmes. Encore une fois, ce n'est pas un jeu LucasArts, et il ne faut donc pas s'attendre à devoir utiliser une peau de banane sur un singe à trois têtes pour ouvrir une porte coincée par un rocher. On a affaire ici à un titre bien plus mature, et la progression s'apparentera par endroits davantage à une véritable enquête dans laquelle il est primordial de récolter des indices, avant de les montrer à la bonne personne, et d'en tirer les conclusions nécessaires. C'est un côté fort agréable du jeu, qui nous amène véritablement à conduire l'enquête pour nous mettre sur la trace des loups échappés : ainsi vous retrouverez-vous à plusieurs occasions dans un musée, que vous visiterez quasiment en temps réel pour vous informer sur le sujet qui vous occupe. Mais, jeu d'aventure oblige, il y a bien certaines énigmes à résoudre et il faut bien avouer qu'à une ou deux occasions, certaines solutions sont un peu tirées par les cheveux (l'énigme du magnétophone, j'y reviens, ou encore l'énigme du coucou, pour ne citer que celles-ci). Rien d'insurmontable, cependant, et le scénario prenant amène le joueur à tenter de trouver la solution. Notons que les phases de jeu alternent entre le contrôle de Gabriel et celui de son assistante, Grace. Aucun changement dans le gameplay, il s'agit plutôt ici d'un besoin scénaristique.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
Les thèmes sont abordés avec beaucoup d'intelligence.
Scénario, d'ailleurs, qui est incontestablement le joyau que contient l'écrin : l'auteure Jane Jensen utilise encore une fois son talent pour mélanger habilement la fiction et la réalité, l'histoire et le mythe, le terre à terre et le surnaturel, afin de livrer une histoire parfaitement maîtrisée, haletante, troublante et – comble du comble – crédible. Ici, encore bien plus que dans le premier opus, le poids du passé résonne constamment dans l'aventure, si bien que des figures telles que Louis II de Bavière ou Richard Wagner se retrouvent acteurs majeurs de l'aventure. Un opéra perdu, une mystérieuse enquête autour de Louis II et de sa vie troublée sont autant de pistes fascinantes à explorer. Le thème de la lycanthropie est conduit d'une main de maître, et se retrouve décliné sous des formes si passionnantes que le jeu – aidé par son côté filmique – prend des allures de documentaire, ou de très bon film d'horreur. Et de l'horreur, le scénario sait en insuffler, le milieu de l'aventure offrant à cet égard bon nombre de séquences épiques, dont il ne faut pas dire un mot de plus afin de garder intacte la surprise et l'effroi qu'elles suscitent. Il est de toute façon difficile de rendre justice à cette capacité qu'a Jensen d'imbriquer ses fictions dans l'Histoire autrement qu'en jouant à Gabriel Knight II. Le scénario est en tout cas ce qui marque profondément les joueurs qui tentent d'en éclaircir le mystère, et l'on y reviendra sans doute très souvent tant il se laisse savourer. Le jeu se paye en prime le luxe d'offrir une réflexion sur le statut du loup-garou : est-ce encore un humain ou simplement une bête qui répond à des instincts primitifs ? Où est la part de survie ? Où est celle de la pure cruauté ? Même si Gabriel Knight combat le mal, le jeu parvient à éviter tout manichéisme dégoulinant, et propose à son joueur de remettre en question certaines évidences.

The Beast Within : A Gabriel Knight Mystery
C'est l'acteur Dean Erickson qui incarne le Schattenjäger.
Un mot, enfin, sur la bande-son. Contrairement au premier épisode, les joueurs français ont pu bénéficier d'une localisation complète dans la langue de Molière. Complète, je le dis presque ironiquement puisque l'attention portée par l'équipe de doublage au travail de localisation est par moments désastreuse : à deux ou trois occasions, vous entendrez le doubleur proclamer qu'il a oublié le reste de sa réplique, ou qu'il n'arrive pas à se relire, sans que cela n'ait été coupé au montage. La qualité des doublages est elle-même assez discutable, d'autant qu'il faut composer avec d'insupportables accents allemands caricaturaux. Heureusement, la musique rattrape les errances du doublage en proposant des thèmes qui accentuent l'aspect angoissant du jeu. Si, dans l'ensemble, les morceaux sont moins mémorables que ceux du premier opus, ils apportent la touche finale à une ambiance déjà fort bien travaillée. Et précisons tout de même que le compositeur attitré de la série, Robert Holmes, a écrit un opéra entier pour les besoins du jeu ! Dans le fond, c'est symptomatique du soin méticuleux porté à Gabriel Knight II à tous les égards, un jeu qui a très bien vieilli et qui laisse une marque indélébile à quiconque accepte de replonger dans cette aventure.

Les notes
  • Graphismes 17 /20

    Difficile ici de parler de «graphismes», et donc de les noter en tant que tels. Il est certain que le full motion video véhicule des défauts qui lui sont inhérents : côté artificiel de la partition entre les décors et les personnages, jeux d'acteurs qui laissent souvent à désirer... Cependant, si Gabriel Knight II cède à l'appel des sirènes du FMV, c'est pour mieux le transcender en le mettant au service d'un scénario sur mesure, et d'une ambiance taillée au cordeau. Jamais un jeu vidéo n'aura aussi bien porté l'appellation «vidéo». Les paysages sont tour à tour sublimes et angoissants, colorés et sombres. Si note il faut donner, c'est donc davantage cet aspect qui est à mettre en avant.

  • Jouabilité 16 /20

    Classique et simplifié sont les deux mots d'ordre de ce titre. Ce n'est cependant pas à prendre comme un reproche puisque la forme du jeu n'exige rien de plus, et que le côté épuré de la jouabilité évacue ainsi le système d'interface un peu lourd du premier opus. On déplorera simplement quelques énigmes un peu tirées par les cheveux, ainsi qu'une ou deux séquences se voulant plus originales, mais qui tombent à l'eau et ralentissent le rythme de l'aventure. Mention spéciale pour la toute fin de l'aventure.

  • Durée de vie 15 /20

    Pour qui entamera le jeu pour la première fois, le travail est de longue haleine. Le scénario ne se laisse pas découvrir aisément et quelques passages retors retiendront l'attention pour une grosse dizaine d'heures, sans doute. Le jeu étant en revanche extrêmement linéaire, toute entreprise de (re)jouabilité se fera sur la base du plaisir, pas de la découverte : le titre, contrairement à son aïeul, ne propose qu'une seule fin possible.

  • Bande son 16 /20

    La version française du jeu souffre de défauts assez horripilants, tels qu'une localisation visiblement réalisée à la va-vite et des doublages vraiment inégaux. La musique est là pour éviter le naufrage, même si on peut regretter qu'elle soit plus discrète et de facto moins mémorable que celle du premier opus. Peut-être est-ce le sacrifice à faire pour la rendre plus stressante. Il est en tout cas impressionnant que Robert Holmes se soit attaché à la composition d'un opéra pour les besoins du jeu.

  • Scénario 19 /20

    Le scénario subjugue tant il est admirablement écrit et mis en scène. En partant de thèmes éculés de la culture horrifique, Jensen parvient à surprendre, et cela grâce au savant mélange entre histoire et fiction qu'elle maîtrise si bien. Il n'est nullement étonnant de constater que le jeu est le résultat de nombreux mois de recherches tant Jane Jensen semble jouer une partition infaillible tout au long du titre. Comme un bon livre ou un film culte, on se surprendra à y revenir souvent. Cerise sur le gâteau : la lycanthropie est aussi abordée sous un angle plus philosophique, ce qui n'est pas pour déplaire. Moins prévisible que le scénario de son prédécesseur, le script cumule les qualités.

Pris individuellement, les différents éléments de Gabriel Knight II ne payent peut-être pas de mine : les «graphismes» obsolètes et la jouabilité réduite à son plus simple appareil peuvent décourager le premier venu. Mais ce serait passer à côté d'un chef-d'œuvre du point'n click, au scénario captivant et extrêmement bien écrit. Gabriel Knight II prouve, à lui seul, que l'utilisation du FMV ne fut pas une simple expérience technologique, un projet resté lettre morte : chaque instant du jeu est au contraire sublimé par sa parenté avec le 7ème art. C'est une utilisation intelligente d'une esthétique qui pose ce second opus comme un titre à part dans la série des Gabriel Knight. Etrangement, si le jeu devait subir un remake aujourd'hui, il n'est pas certain qu'il garderait sa force et son aura si particulière. Fruit d'une technologie décriée, il est peut-être, paradoxalement, le meilleur épisode de la trilogie. A découvrir pour tout amateur de jeux d'aventure qui serait passé à côté.

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26 juin 2012 à 22:55:48
18/20
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Mis à jour le 26/06/2012
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