Test Lone Survivor- PC

PC

Jasper Byrne aime Silent Hill et ça se sent. Après Soundless Mountain, le remake (ou demake) en 2D de Silent Hill 2, le développeur de jeux indépendants nous expose une fois de plus un survival-horror à la sauce pixel art. On ne peut qu’admirer l’acharnement du monsieur à vouloir recréer une ambiance ô combien adulée aujourd’hui mais cela suffit-il à en faire un bon jeu ? Rien n’est moins sûr.

Lone Survivor

Lone Survivor nous met directement dans la peau d'un jeune homme dont on ne sait rien si ce n'est qu'il s'est réveillé dans son appartement, seul, dans une ville apparemment désertée et délabrée. Et puis, comme si cela ne suffisait pas, les rues sont infestées de créatures horribles. Point de Harry ou de James, ici le héros ne donne pas son nom, le joueur devra se contenter d'un "you" tout au long du jeu. De plus, le jeune homme a la fâcheuse tendance à faire des rêves étranges avec des personnages inquiétants : une femme sans visage, une personne avec un carton sur la tête, un homme au teint bien trop pâle, bref, notre ami peut difficilement se réjouir de ses congés anticipés d'autant plus que niveau nourriture, c'est plus vraiment ça. Le héros va donc devoir s'aventurer dans les couloirs sombres de son immeuble, muni d'une simple lampe torche dans un premier temps. Il est clair que Lone Survivor ne se veut pas un simple jeu d'aventure en 2D. Ici, il s'agit bien d'un vrai survival agrémenté d'action mais ne nous y trompons pas, il faudra très souvent se cacher plutôt que de foncer et se battre pour évoluer dans l'univers malsain du jeu. Petite bizarrerie à ce propos, notre héros porte un masque antibactérien. L'accessoire peut paraître déroutant au début car, de face, son masque pixélisé se transforme en un large sourire flippant. Intentionnel ou non, le résultat aura le mérite de nous mettre mal à l'aise. Cela amène à se poser une question fondamentale sur les graphismes : ces fameux pixels gros comme une vache nuisent-ils à l'ambiance horrifique du titre ?

Test Lone Survivor PC - Screenshot 10C'est possible, oui.

A la manière de l'épais brouillard servant à cacher la misère graphique du premier Silent Hill sur Playstation, les gros pixels de Lone Survivor contribuent grandement à l'immersion dans l'univers créé par Jasper Byrne. Pour le coup, on se prend aisément au jeu d'imaginer l'esthète des créatures hideuses, le visage des personnages que l'on croise ou les décors macabres que l'on arpente. Et à y regarder de plus près, la réalisation graphique est très réussie. La technique du pixel art est complètement maîtrisée et le joueur n'a aucun mal à évaluer la profondeur de champ des environnements. Le grain, les couleurs, le jeu d'ombre et de lumière, tout est parfaitement dosé afin que l'on reconnaisse ce qui nous entoure sans pour autant distinguer pleinement les éléments qui nous mettent mal à l'aise. Toutefois, la limite technique du jeu en termes de graphismes aurait pu être gênante. Heureusement, Mr Byrne nous gratifie encore une fois d'une bande-son de grande qualité qui sied à merveille à l'ambiance du jeu. Si les musiques - bien que très fortement inspirées des productions de Yamaoka - sont très bonnes, le travail sur les bruitages finit de nous plonger complètement dans l'épouvante avec cet incessant va-et-vient sonore, comme une fréquence radio que l'on chercherait à capter en vain.

Test Lone Survivor PC - Screenshot 11Votre appartement... sympa non ?

Mais le gros point fort de Lone Survivor c'est son gameplay. On pourrait croire qu'un soft en 2D à défilement horizontal impose des contraintes au niveau de la jouabilité mais Jasper Byrne fait fi de ces préjugés et nous prouve le contraire. En lorgnant sur l'idée de base de Silent Hill 4, à savoir, imaginer son appartement comme une salle « rassurante » où l'on peut se reposer, se restaurer et se préparer, Lone Survivor parvient à faire stresser le joueur avant chaque nouvelle descente aux Enfers. Mais lorsqu'on quitte son havre de paix, c'est une autre histoire. Le personnage fatigue, il a faim, il doit rationner ses munitions. Bref, la vraie galère du parfait survival-horror. Mais la richesse du gameplay ne s'arrête pas là. Lone Survivor pullule de petits détails. On pourrait citer au hasard le système de miroir téléporteur, le système de cuisson des aliments, les pilules, l'évolution des ennemis qui paraissent pourtant identiques, le journal de bord, les leurres, la radio etc. De plus, le mystère qui entoure tous ces mécanismes de gameplay apporte un côté "old-school" qui fait que l'on ne se sent pas pris par la main du début à la fin. Cela a pour conséquence de décupler la replay value même si, soyons honnêtes, c'est bel et bien les différents scénarios qui sont synonymes de rejouabilité. Sur ce dernier aspect, l'histoire fait la part belle à interprétation de chacun et bien entendu, à l'instar d'un Silent Hill, plusieurs fins sont disponibles et poussent à recommencer l'aventure, à trouver ce qui nous avait échappé la première fois puis à redécouvrir le titre sous différents angles. La plume de Jasper Byrne est clairement imprégnée de l'encre utilisée pour Silent Hill mais on n'oserait le lui reprocher tant les qualités de cette petite perle indépendante nous ramènent à ce qui se fait de mieux dans le survival-horror.

Teebs (contributeur de jeuxvideo.com), le 18 avril 2012

Les notes

  • Graphismes 18/20

    On adhère ou non au style graphique mais il faut bien reconnaître que Byrne maîtrise ses pixels jusqu’au bout des ongles. Mention spéciale à l’effet de lumière des fusées de détresse, bluffant pour un jeu de ce gabarit.

  • Jouabilité 19/20

    Un travail monstrueux a été fait pour rendre Lone Survivor cohérent en termes de gameplay. Le seul bémol pourrait venir de l’utilisation de la carte, parfois laborieuse. En même temps, qui n’a pas sorti sa carte à chaque coin de rue de Silent Hill ?

  • Durée de vie 16/20

    Une première partie peut durer jusqu’à 5 heures. Il faut 2 heures pour finir le jeu quand on le connaît mais même après un second essai, on s’aperçoit qu’on est passé à côté de beaucoup de choses. De plus, un mode Expert est disponible.

  • Bande son 18/20

    Jasper Byrne est un musicien talentueux. Les compositions se rapprochent de ce qu’on peut trouver chez Akira Yamaoka dans Silent Hill sans pour autant plagier. Les ambiances fonctionnent à merveille et prennent tout leur sens avec des bruitages effrayants et omniprésents.

  • Scénario 14/20

    Lone Survivor laisse le joueur interpréter et imaginer la trame scénaristique. C’est un parti pris mais on aurait tout de même bien aimé avoir plus de réponses à nos questions au vu du nombre d’éléments conséquent intervenant au fil de l’aventure. La narration demeure cependant immersive.

  • Note Générale17/20

    Lone Survivor, c’est le genre de jeux porté à bout de bras par un seul homme pendant plusieurs années. Le genre qu’on a envie d’aimer mais point de pitié ici puisque la création de Jesper Byrne a définitivement des allures de grand avec sa richesse de gameplay et son ambiance unique. Downpour n’arrive pas à vous emmener là où les premiers Silent Hill vous ont laissés ? Silent Hill HD Collection vous a déçu par son contenu ? Eh bien Lone Survivor offre une très bonne alternative à 9 € pour tous les amoureux d’ambiances horrifiques et malsaines.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

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Infos jeu

  • Editeur : Superflat Games
  • Développeur : Superflat Games
  • Type : Survival-horror
  • Support : Disponible uniquement en ligne
  • Multijoueurs : Non
  • Sortie France : 27 mars 2012
  • Version : anglais
  • Web : Site web officiel
  • Existe aussi sur :
    Lone Survivor - Mac Lone Survivor - PlayStation 3 Lone Survivor - PlayStation Vita Lone Survivor - Wii U

Vidéos

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