Test Max Steel- Dreamcast

Dreamcast

Lorsque Max Steel, héros de la célèbre série d'animation éponyme décide de faire une petite escapade sur console de salon, c'est vers la Dreamcast que se porte exclusivement son choix. Mais attention, seulement sur les machines américaines puisque le jeu n'a jamais été diffusé en Europe… et c'est peut-être mieux ainsi, on nous aura au moins épargné cet affligeant spectacle.

Max Steel

La scène d'ouverture a au moins le mérite d'annoncer la couleur. Max Steel fait du surf sur une eau cristalline, conduit une magnifique décapotable le long d'une route bordant la plage, se bat contre un super-vilain sur le toit d'un train lancé à toute allure pour sauver la veuve et l'orphelin… Et le plus beau reste à venir : à peine a-t-il le temps de se jeter d'un avion un snowboard aux pieds qu'un missile vient malencontreusement exploser à quelques mètres de lui, le faisant virevolter au loin. Mais le bougre n'est pas décontenancé pour un sou et arborant un sourire qui traduit parfaitement sa fatuité naturelle, il trouve encore le temps de faire un petit coucou à la caméra, juste histoire de prouver une dernière fois à quel point il est cool.

Test Max Steel Dreamcast - Screenshot 7Toujours à se faire remarquer ce Max Steel.

Mais plus le temps de jouer, l'heure est grave. L'organisation terroriste menée par l'infâme John Dread a kidnappé Jefferson Smith, le père adoptif de Max. Pire encore, par des procédés qu'il vous faudra découvrir, ce dernier a été cloné et semble répandre le mal sur son passage. Dr. Roberto Martinez (alias Berto), bien à l'abri dans le quartier général de la N-Tek aura bien essayé de vous mettre en garde : « Sois prudent Max, ces gars-là sont des durs ». Mais notre héros est aussi buté que sûr de lui. Fermant les yeux un instant et passant sereinement la main dans sa chevelure soyeuse, il parvient à créer une ambiance propice à sa réplique : « Quand j'en aurai fini avec eux, ils seront tout doux ». Bon d'accord, le jeu est exclusivement en anglais mais voilà ce que donnerait (sans mauvaise foi aucune) la traduction de ce dialogue. Il n'est pas anodin d'en parler puisque c'est à peu près l'unique genre de réplique qu'est capable de formuler Max. Alors autant vous le dire tout de suite, à moins d'avoir un sens de l'humour très… spécial, les scènes qui entrecoupent les niveaux risquent fort de vous consterner. Heureusement, le jeu vibre au rythme de musiques rock qui, à moins de diminuer leur volume sonore, rendent les dialogues peu audibles même pour un anglophone. On remarque tout de même que les développeurs ont tenté de conférer à leur héros le charisme d'un Solid Snake… en vain, cela va sans dire.

Test Max Steel Dreamcast - Screenshot 8Textures et effets de lumières sympathiques.

Mais l'analogie avec Metal Gear Solid ne s'arrête pas là. En effet, bien que se présentant essentiellement sous forme de beat'em all, le jeu est aussi légèrement teinté d'infiltration. Au programme donc : des caméras de surveillance, des faisceaux lumineux placés dans les couloirs pour détecter la présence d'un intrus, des cartes de couleur pour ouvrir des portes blindées et même quelques petites énigmes. Seulement voilà, si ces idées peuvent paraître alléchantes sur le papier, le gameplay lourd et approximatif détruira sans attendre tout plaisir potentiel. Impossible de marcher, trottiner, ramper (si ce n'est dans des endroits prédéfinis), de s'accroupir ou encore de longer un mur. Ici, le joystick n'est pas du tout mis à contribution et la moindre inclinaison vous fera courir en suivant une trajectoire très rigide. Une fois le joystick lâché, le personnage s'arrêtera brusquement, permettant au joueur de pivoter sur lui-même pour analyser dans quelle direction se remettre à courir, encore et toujours. Voilà d'ailleurs un bon résumé de ce qui vous attend tout au long de cette « aventure » : courir, cogner, ramasser une carte d'accès, courir, ouvrir une porte, cogner, etc.

Test Max Steel Dreamcast - Screenshot 9Des combats de chiffonniers, encore et toujours.

Ce sont tout de même les phases de combat qui remportent haut la main la palme des phases les plus rébarbatives de tout le jeu. On se contente de courir en face d'un adversaire, de s'immobiliser et de marteler les boutons d'attaque pour enchaîner coups de poing et coups de pied. Et votre pauvre adversaire ? Eh bien, il fait pareil… à la différence près qu'il est beaucoup moins résistant et s'effondrera toujours le premier. L'impossibilité d'effectuer des techniques de combat, de bloquer, de contrer ou encore d'esquiver a pour conséquence que ces phases s'apparentent plus à une sorte de hack'n slash qu'à un beat'em all. Lors des affrontements contre les boss, la situation est plus ou moins identique : on laisse le gros méchant s'exciter tout seul, et puis, quand il a la bonne idée d'attendre sur place en exposant son point faible aux yeux de tous, on frappe comme un sourd jusqu'à lui porter le coup de grâce. De plus, les trousses de soins pullulent un peu partout (et vont même jusqu'à réapparaître), transformant le jeu en véritable promenade de santé.

Test Max Steel Dreamcast - Screenshot 10Le sniper n'est pas d'une précision à toute épreuve.

Dans un but évident de briser cette monotonie, les programmeurs ont eu l'audacieuse idée (et c'est ironique) de confier à Max Steel des gadgets dignes des plus célèbres espions. Vous trouverez donc dans les niveaux fusils laser, snipers, grenades, mines de proximité, bombes à retardement et autres objets qui attirent les ennemis en émettant des sons. Une fois une arme à feu équipée, la visée automatique largement assistée ne laissera aucune chance aux ennemis, du moment que ceux-ci se trouvent dans votre champ de vision. Du coup, on se demande encore à quoi peu bien servir la possibilité de passer à une vue à la première personne et de viser manuellement. Plus fort encore, notre héros a le pouvoir de devenir temporairement invisible pour surprendre les ennemis et se jouer des caméras de surveillance. Sauf que vouloir piéger quelqu'un, c'est d'abord supposer qu'il dispose d'un minimum d'intelligence ! Or, il n'est pas rare de passer à tabac un sbire sans que son collègue démoniaque, situé à deux mètres à peine de l'action, trop occupé à fixer inlassablement un mur ne réagisse. C'est sûr, ces gars-là n'ont pas inventé l'eau tiède…

Test Max Steel Dreamcast - Screenshot 11Max Steel versus le tank : les paris sont ouverts.

Vous l'avez sans doute déjà compris, l'intelligence artificielle frôle le zéro absolu. Pour convaincre les derniers sceptiques et enfoncer encore un peu plus le clou, voici une petite série d'exemples. Si un ennemi vous repère alors que vous êtes debout sur une caisse, il va foncer dans votre direction et, voyant qu'il ne peut pas vous atteindre, il va s'affoler et commencer à courir dans tous les sens comme un dément. Vos ennemis peuvent aussi oublier qu'ils viennent d'être soufflés par la déflagration d'une grenade. Placez donc un appareil émetteur de son pour les distraire, ils vont évidemment avancer dans sa direction, le trouver et tourner autour comme des désaxés ! Et puis de toute façon, à quoi bon éviter de se faire repérer par les caméras ? Les gardes vont tous foncer dans votre direction, ce qui ne fera qu'avancer de quelques secondes l'heure de leur mort. Pas besoin de mines ou autres gadgets non plus, vos poings étant des armes mortelles amplement suffisantes. Une difficulté enfantine qui illustre parfaitement le public cible visé par ce titre : les plus jeunes joueurs qui ne jurent que par Max Steel et qui n'accordent aucune importance aux qualités intrinsèques d'un soft.

Shametblame (contributeur de jeuxvideo.com), le 11 mars 2011

Les notes

  • Graphismes 15/20

    Il faut bien avouer (n'en déplaise à certains) que le potentiel graphique de la Dreamcast a été relativement bien exploité. Certaines textures appliquées aux décors sont une grande réussite et les effets de lumière sont très agréables à l'œil. Mention spéciale à la base aquatique avec vue sur la flore marine ou encore au gratte-ciel depuis lequel on peut observer des hélicoptères sillonner la ville. Dommage cependant que les animations soient si minimalistes et que le jeu ralentisse quand trop d'effets spéciaux sont affichés à l'écran.

  • Jouabilité 8/20

    C'est vraiment là que le bât blesse. Malgré des idées intéressantes pour tenter de conférer au jeu un petit côté infiltration, le gameplay n'aura de cesse de vous rappeler l'imprécision et la rigidité des premiers jeux de plates-formes en 3D. Les combats, plus proches du hack'n slash que du beat'em all (et ce n'est pas voulu) sont tout simplement affligeants de médiocrité. Le manque de diversité des adversaires et surtout, leur quotient intellectuel plus proche du poisson rouge que de l'être humain, ne sont pas là pour arranger les choses.

  • Durée de vie 9/20

    Il faudra un peu plus de trois heures pour mettre définitivement un terme à votre calvaire. Non pas que les sept niveaux qui composent le titre soient petits, mais le manque de challenge a pour conséquence qu'ils se traversent à la vitesse de l'éclair. Le rythme est en effet plutôt soutenu et rapide : on court, on se bagarre, on grimpe à des échelles, on escalade des caisses, on ouvre des portes sans jamais être bloqué et avant même de s'en rendre compte, le jeu est fini. Ouf !

  • Bande son 13/20

    Des musiques rock d'assez bonne qualité suivies de passages plus calmes. Il faudra tout de même diminuer le volume pour entendre correctement les dialogues qui font appel aux voix originales anglaises de la série animée. Certains bruitages (chute d'eau, machine) sont assourdissants et font presque l'apologie des tubes d'aspirine.

  • Scénario 7/20

    L'intrigue tout entière repose sur la disparition du père adoptif de Max Steel, sauf que malheureusement, on ne parvient jamais à s’intéresser à ce prétexte simpliste. Les cinématiques n'aident pas à faire passer la pilule puisque les répliques ne dépasseront jamais le « Je vais t'écraser Max Steel » ou le « Non ! C'est moi qui vais t'écraser ! »… petit problème de répartie et surtout de charisme donc.

  • Note Générale9/20

    Comme cela arrive trop souvent dans le monde des adaptations vidéoludiques de licence célèbre, le résultat est de bien piètre qualité. Cet opus qui conte les aventures de Max Steel se présente sous forme de jeu d'action-infiltration et ne parvient à briller que par une réalisation graphique relativement honorable. Un scénario insipide, une mise en scène de série B qui se veut impressionnante, un level design du pauvre et surtout un gameplay d'un autre temps viennent assombrir le tableau. Seuls les plus jeunes fans du héros qui n'ont pas d'attentes trop élevées y trouveront peut-être leur compte. Pour les autres, passez votre chemin et ne vous retournez pas.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 18/20

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