Test Pandemonium 2- PlayStation

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Sauver la princesse, sauver le royaume, sauver le monde... assez ! Obtenir le pouvoir suprême, voilà qui est plus intéressant n'est-ce pas ? Pour une fois, laissons notre égo et notre folie s'exprimer, puisque c'est ce à quoi nous invite Pandemonium 2, jeu de plates-formes en 3D et déplacement 2D, développé par Crystal Dynamics sur Playstation première du nom en 1997.

Pandemonium 2

Nous avons ici deux héros assez particuliers : d'un côté la plantureuse enchanteresse Nikki qui souhaite augmenter considérablement ses pouvoirs, de l'autre Fargus, le bouffon aux tendances pyromanes qui, aidé de son sceptre vivant Sid, souhaite refaire l'univers à son image ! La quête du pouvoir suprême, renfermé au cœur de la Comète aux Infinies Possibilités, les amène tous deux sur le chemin de la terrible Reine Zorrscha, souhaitant elle aussi profiter des ressources de la Comète pour combler ses désirs pervers de domination sur la contrée de Lyr. Les deux héros du premier Pandemonium! de 1996 ont donc poursuivi sur la pente glissante de la soif de pouvoir, qui les avait auparavant poussés à invoquer par erreur un monstre dévorant tout le pays ! Ce deuxième opus aggrave encore la folie non seulement de ses héros, mais aussi et surtout de ses niveaux et de leurs ambiances.

Test Pandemonium 2 PlayStation - Screenshot 1Entrez, n'ayez pas peur.

Ceux-ci sont au nombre de 19, répartis inégalement en quatre parties souvent séparées par un boss. Finir un niveau permet d'accéder au suivant et d'obtenir le mot de passe correspondant, le jeu ne comportant pas de sauvegarde. La difficulté est relativement progressive, et augmente notamment avec certains niveaux plus originaux ou plus déconcertants que les autres. Cependant les vies se récoltent assez bien, soit directement soit en parvenant à ramasser 500 pièces. Mais la difficulté dépend aussi évidemment du personnage choisi, puisque chaque niveau peut être joué soit avec Nikki, soit avec Fargus & Sid, chacun ayant ses forces et faiblesses. Capables tous les deux de sauter sur les ennemis pour les détruire, Nikki possède en plus un double-saut bien utile, tandis que Fargus dispose de deux attaques supplémentaires. Depuis le premier volet, les pouvoirs spéciaux changent aussi radicalement selon le personnage. Ainsi, Nikki peut pulvériser ses ennemis par une charge électrique ou leur envoyer une boule de feu, inclinable en hauteur. De son côté, Fargus peut devenir temporairement invincible ou gonfler ses ennemis à l'aide de Sid. Cette dernière attaque lui permet de faire éclater ses adversaires, mais aussi et surtout de s'en servir comme tremplins pour rebondir dans les hauteurs ! La variété du gameplay ne s'arrête cependant pas à ces différences entre les deux protagonistes, puisque les niveaux eux-mêmes proposent une grande diversité. Outre les phases de plates-formes classiques et le niveau bonus, on se retrouve à diriger un tank ou un robot de combat, à employer de petits moyens de transports à l'horizontale comme à la verticale, à grimper à bord d'une tourelle digne d'une barre de casse-brique, ou encore à chausser des bottes anti-gravité !

Test Pandemonium 2 PlayStation - Screenshot 2Ces cercles violets vous propulsent : facultatifs pour Nikki, nécessaires pour Fargus !

Les niveaux parviennent aussi à maintenir l'intérêt grâce à la force des ambiances et à la diversité des structures de chaque zone. Clefs à dénicher, interrupteurs à actionner, épreuves bonus, poursuites folles, sont autant d'éléments qui dynamisent les niveaux de façon intelligente et nous trimballent dans des parcours très alambiqués servis par une réalisation en 2,5D. Concrètement, cela signifie que le jeu est en 3 dimensions mais que le joueur suit un parcours déjà tracé à l'avance qu'il ne peut pas vraiment quitter comme s'il était fixé sur des rails. Coincée sur deux plans, l'exploration a donc ses limites mais les niveaux regorgent toujours de caches secrètes à découvrir ici et là. Et grâce à des mouvements de caméras ingénieux, Pandemonium conserve à la fois l'apparente richesse d'une véritable 3D et la simplicité d'une bonne vieille 2D.

Test Pandemonium 2 PlayStation - Screenshot 3Parfois les ennemis libèrent quelques points de vie en disparaissant. Merci qui ?

Du côté des ambiances, l'atmosphère propre à chaque niveau est souvent forte, grâce à des choix de couleurs marquées et des arrière-plans discrets mais finalement assez forts. Par exemple le deuxième niveau, celui de la prison de glace, peut sembler banal si l'on excepte l'étrange île flottante et grise visible à l'extérieur. De même, le niveau du premier boss est assez pauvre et décevant, mais il lui reste en arrière-plan une superbe et discrète vallée au style très pictural. De façon générale, Pandemonium 2 nous propose une galerie de niveaux étonnamment variée, au ton souvent étrange voire absurde. Ce choix comporte ses risques mais s'avère finalement réussi. En particulier la quatrième partie du jeu, qui ne contient certes que trois des quinze niveaux classiques, mais se révèle follement inventive. « The Zoul Train » et « Lick the Toad » nous font ainsi voyager dans des décors et des chemins qui dépassent toute description, avant que « The Bitter End » ne nous transporte au cœur de la Comète aux Infinies Possibilités... Ce véritable labyrinthe techno-organique s'étoffe alors peu à peu : au fur et à mesure que le joueur progresse, de nouveaux chemins et de nouveaux pièges se dévoilent, dans une atmosphère d'angoisse et d'immensité qui nous plonge pendant presque une heure dans un magnifique cauchemar final.

Test Pandemonium 2 PlayStation - Screenshot 4Mr. Schneobelen, boss mémorable reprenant le principe des casses-briques.

Malheureusement ce travail des ambiances est servi par une qualité graphique inégale et moyenne, indigne des capacités de la Playstation. Le chemin à suivre reste clair, mais l'aspect de ce chemin laisse parfois à désirer et certaines textures sont médiocres. Ce reproche convient aussi aux personnages. Même s'ils n'occupent qu'une petite place sur l'écran, nos deux héros méritaient sans doute une meilleure modélisation. Quant à la partie sonore, autre élément essentiel aux ambiances, elle est également discutable. Si les effets sonores sont globalement très réussis, et que la plupart des thèmes électro épiques ou déjantés collent bien aux niveaux associés, les musiques resteront difficilement dans les mémoires une fois détachées de ces niveaux.

Test Pandemonium 2 PlayStation - Screenshot 5Inoubliable séquence où le niveau final va se transformer, et se corser bien sûr.

Heureusement toutefois, la maniabilité et l'animation ne souffrent généralement d'aucune faiblesse. Tout au plus regrettera-t-on la rigidité du robot de combat ou du tank utilisés lors d'un niveau chacun. Pour ce qui est des deux protagonistes, ils se manient avec aisance et sans ralenti. Par rapport au premier Pandemonium!, cette suite accueille aussi plusieurs corrections tout à fait bienvenues. Tout d'abord la possibilité pour Fargus d'utiliser Sid comme arme à distance, ce qui lui redonne de l'intérêt. Ensuite la plus grande souplesse du double-saut de Nikki, dont la pratique nécessite un moindre temps d'adaptation par rapport au précédent opus. Et enfin et surtout, la possibilité de s'accrocher automatiquement aux rebords, reléguant au passé ces nombreuses et frustrantes vies perdues le nez collé contre une plate-forme lors du premier épisode !

OldSchoolBobby (contributeur de jeuxvideo.com), le 24 décembre 2010

Les notes

  • Graphismes 16/20

    Sans faire l'impasse sur la médiocrité de certaines textures, la qualité graphique du jeu ne l'empêche toutefois pas de dégager cette aura de folie qui lui est si particulière, merci à l'inventivité des éléments et des arrière-plans. Si la petitesse des protagonistes au sein de l'écran se justifie dans le cadre d'un jeu de plates-formes, où c'est bien la structure du niveau qui prime, elle ne justifie cependant pas la pauvreté de la modélisation de ces personnages. L'animation, sans être spécialement riche, reste très fluide, tandis que la caméra est rarement prise en défaut malgré la variété de l'action entre les graphismes en 3D et les déplacements en 2D.

  • Jouabilité 17/20

    De façon générale, la maniabilité est exempte de problèmes, excepté lors de certaines phases en véhicule, notamment la rigidité du tank. Les quelques soucis ressortant du premier Pandemonium ont heureusement été corrigés, et l'intérêt de Fargus rehaussé. La complète refonte des différents pouvoirs ne s'imposait pas, mais elle renouvelle l'intérêt pour ceux ayant déjà connu le premier jeu et accentue encore la différence de gameplay entre les deux personnages jouables.

  • Durée de vie 14/20

    Grâce aux mots de passe, et avec un peu de persévérance, le jeu se termine assez rapidement. Les deux styles de jeu qu'offrent Fargus et Nikki sont suffisamment différents pour donner envie au joueur de revenir s'aventurer dans les méandres du jeu. Souvent on préférera d'ailleurs commencer par Nikki, plus facile à exploiter, puis se lancer avec Fargus. Bien entendu, entre la simple traversée d'un niveau et la recherche du score parfait et de tous les secrets, il y a une différence. Dans les deux cas, le dernier niveau sera long, délicieusement long !

  • Bande son 14/20

    Elle aussi inégale, la bande-son reste cependant très correcte et est soutenue par des effets sonores d'excellente facture, qui rythment aussi bien les niveaux que la carte du monde. On regrettera peut-être que dans l'ensemble les musiques, aussi bonnes soient-elles parfois, dépendent trop des niveaux pour retenir et accrocher l'oreille du joueur. La musique devrait déjà à elle seule être capable de tenir et renforcer l'ambiance, or ici parfois c'est l'ambiance qui surpasse et alors soutient la musique...

  • Scénario 12/20

    Comme souvent dans le genre des jeux de plates-formes, le scénario n'est pas l'intérêt véritable. Néanmoins l'originalité, pour ce genre, d'incarner des héros excentriques et assoiffés de pouvoir, est intéressante. Enfin, en guise de détail, on ajoutera le soin apporté aux cinématiques et aux crédits du jeu, les premières aussi drôles que les seconds !

  • Note Générale16/20

    Pandemonium 2 est sans doute un jeu original, définitivement à part, mais aussi bancal. Cette suite pousse l'inventivité plus loin encore que son prédécesseur, mais cet effort joue aussi contre lui-même puisque le joueur finit par regretter que le jeu ne soit pas de bout en bout toujours aussi réussi. Ainsi, pour être exceptionnel, il lui manque surtout de se maintenir dans l'excellence qui caractérise certains niveaux, certains n'étant pour ainsi dire que corrects. Autrement, il lui reste tout de même ces niveaux ahurissants pour qui aime la créativité de l'absurde, l'angoisse pleine de vie, et une sublime ambiance débordante de folie.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 17/20

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