Test Ranger X- Megadrive

Megadrive

Ah, ce bon vieux Ranger X… Ce nom ne vous dit rien ? Ne vous en faites pas, c’est tout à fait normal puisque ce jeu est passé totalement inaperçu lors de sa sortie en 1993. Trop commun ou manquant d’envergure peut-être ? Justement pas, ce titre fantôme de la ludothèque Megadrive se présente comme l’un des shoots à méchas les plus aboutis de la machine de Sega. Mais alors, qu’est-ce qui a pu provoquer l’insuccès de ce titre qui semblait pourtant si prometteur ?

Ranger X

Ranger X trouve en fait sa place dans la catégorie du « neuf avec du vieux ». Comprenez par là que s'il est bel et bien membre de la famille des shoot'em up, il n'hésite pas à en bousculer les normes en faisant appel à un gameplay alambiqué et à plusieurs concepts à mille lieues de ce à quoi on pourrait s'attendre en la matière. Néanmoins, le titre n'échappe pas à l'inébranlable règle fondamentale des shoots selon laquelle l'univers ne serait que chaos et désolation. Le scénario tient du coup sur un timbre-poste et il s'agit bien entendu de sauver le monde d'une menace extraterrestre, ou quelque chose dans le genre. A vrai dire, à part quelques lignes dans le manuel, aucune trace de l'intrigue n'est présente au sein même du jeu et vous n'aurez donc pas à lire la moindre ligne de texte en cours de partie. Un simple coup d'œil au « scénario » suffit à nous faire comprendre qu'il n'y a aucune raison de se plaindre de cet aspect du soft.

Test Ranger X Megadrive - Screenshot 26Prends ton envol Ranger X !

Bref, vous voilà aux commandes d'un mécha aux capacités remarquables destiné à accomplir à bien sa mission. Votre engin est soumis à la gravité, ce qui signifie qu'il est contraint de marcher par défaut, contrairement à ce que l'on peut voir dans la majorité des shoot'em up. Cependant, il est possible de s'envoler pendant une durée limitée, durée symbolisée par une jauge dans un coin de l'écran. Cette jauge vous laisse une très vaste marge de manœuvre et se remplit quasi instantanément à chaque fois que votre zinc remet un pied au sol. Autant dire qu'il est possible de se déplacer dans les airs à volonté. Ces trajets ne sont pourtant pas des plus aisés, vos réacteurs ne pouvant que vous pousser vers le haut et vos descentes étant donc synonymes de chute libre au gré de la gravité. Se balader à une altitude constante demande de tapoter la flèche haut du pad afin d'alterner prise et perte de poussée.

Test Ranger X Megadrive - Screenshot 27A l’intérieur de grottes, il vous faudra percer le plafond pour recharger vos batteries.

Cette simple particularité du gameplay permet en fait de caractériser le jeu dans son ensemble : faire compliqué lorsque l'on peut faire simple. Ainsi, votre arme principale, une mitraillette, pourra être utilisée via deux boutons différents afin de tirer vers la droite ou vers la gauche. Cela peut paraître idiot à première vue mais la combinaison de ces différents mouvements permet, à titre d'exemple, de faire feu dans une direction opposée à celle de vos déplacements. Ou simplement de retourner votre protagoniste de façon à faire face à la zone de jeu que vous souhaitez voir plus amplement affichée à l'écran. Votre engin dispose également de tirs secondaires variés qu'il faudra récupérer au sein même des niveaux. Lasers, bombes et murs de flammes défensifs sont de la partie. Leur orientation au moment de faire feu dépend encore une fois des deux boutons du tir principal. L'utilisation de ces armes secondaires consomme de l'énergie stockée dans une jauge spécifique. Heureusement pour nous, notre merveilleux appareil de guerre fonctionne… à l'énergie solaire ! Il suffit donc de se trouver dans une zone dégagée et de faire bronzette pour bénéficier d'un regain de force salvateur.

Test Ranger X Megadrive - Screenshot 28Voici la cible à abattre, même si ça ne vous aidera pas vraiment à la reconnaître sur le terrain...

Le déroulement du jeu vous fera accomplir six missions où il faudra remplir des objectifs anecdotiques. Vous ne traversez pas les environnements sur un rail et, bien que ces derniers ne soient pas très ouverts, vous êtes libre de vous y déplacer comme bon vous semble. Certains ennemis doivent y être détruits afin d'accomplir la mission et accéder au boss. Au commencement de chaque niveau, le décor est planté par des scènes en pseudo 3D fil de fer supposées mettre en évidence les cibles à abattre. Nul doute que ces introductions ont dû faire leur petit effet à l'époque bien qu'elles n'en soient pas moins dénuées d'intérêt aujourd'hui. Terminer un niveau demande finalement de progresser de manière différente en fonction du thème abordé. Par exemple, la première mission a lieu sur un champ de bataille. D'innombrables ennemis vous attaquent, et vous n'aurez d'autre choix que de les affronter sur le tas, sans aucune préparation préalable. Cependant, votre progression vous conduira également à des phases d'infiltration où il faudra avancer avec prudence afin d'éviter le déclenchement d'alarmes.

Test Ranger X Megadrive - Screenshot 29Cachez-vous derrière un mur pour éviter les rayons lumineux et progresser discrètement.

N'allez néanmoins pas imaginer que le gameplay se veut pointilleux au point de devoir gérer ses déplacements au pixel près. Lors des affrontements face aux adversaires qui pullulent un peu partout, l'à-peu-près est la règle à suivre et il n'est pas envisageable de s'en sortir sans y laisser quelques plumes. En effet, votre mécha est imposant à l'écran, la jouabilité approximative et les tirs adverses nombreux : autant dire vous allez déguster ! Fort heureusement, l'imposante barre de vie et l'existence de machines destinées à la remplir en échange de votre énergie empêchent la difficulté de décoller. N'oublions pas de mentionner la présence de véhicules venant vous seconder dans vos périples : le Exp-Up Indra, une sorte de moto, et le Exp-Up Eos, un avion à vol stationnaire. Tous deux suivent le défilement de l'écran afin de vous accompagner automatiquement partout, du moins, dans la mesure du possible. Vous pouvez vous y abriter afin de sélectionner une arme secondaire parmi celles que vous aurez ramassées, tout en étant protégé par leur propre blindage. L'Indra dispose néanmoins de fonctionnalités propres, comme un tir à verrouillage automatique et la possibilité d'être dirigé indépendamment de votre engin principal, du moins, si vous possédez une manette à six boutons.

Test Ranger X Megadrive - Screenshot 30Votre moto est l’unique moyen de percer les défenses de ces ennemis.

Enfin, ne manquons pas d'évoquer l'une des principales caractéristiques du jeu : ses graphismes travaillés jusque dans leurs moindres détails. Outre la superbe palette de couleurs employée, chaque décor est travaillé de façon à en afficher toute la splendeur. Vos réacteurs provoqueront ainsi des remous à la surface d'étendues d'eau, qui ne manqueront d'ailleurs pas de vous refléter ; plongez à travers la cime d'arbres et vous verrez des feuilles se décrocher et des oiseaux prendre leur envol alors que les décors s'assombrissent, illustrant la difficulté de la lumière à pénétrer dans la forêt... Rajoutez à cela des boss imposants, un armement visuellement impressionnant, quelques effets de profondeur bien sentis et vous obtenez un des meilleurs rendus qui soient sur Megadrive. Une chose est sûre, ce n'est clairement pas l'aspect graphique du titre qui vous rebutera, bien au contraire !

Shametblame (contributeur de jeuxvideo.com), le 20 août 2010

Les notes

  • Graphismes 18/20

    Nous voici face à un travail exemplaire en termes d’exploitation des possibilités offertes par la machine de Sega. Les décors et les différents robots sont détaillés et très bien animés. Par exemple, votre engin disposera différemment ses réacteurs dorsaux en fonction de la direction de vos déplacements tout comme il n’oubliera pas de fléchir les genoux en marchant le long d’une côte. Des effets de distorsion sont très adroitement utilisés de temps à autre pour ajouter de la profondeur aux décors. Seul bémol : le premier niveau est banal et même confus par moments. Ce serait néanmoins dommage de ne pas profiter du reste du jeu à cause d’une mauvaise première impression.

  • Jouabilité 15/20

    Il s’agit peut-être d’un shoot’em up, mais n’imaginez même pas vous en sortir en tapotant un unique bouton ! Il faut un certain temps d’adaptation pour manipuler avec aisance le protagoniste et jongler avec les différents tirs, la poussée des réacteurs et les véhicules secondaires. Ce n’est certainement pas dès la première partie que l’on arrivera à prendre à revers un adversaire en contrôlant simultanément le mécha principal et sa moto puisque le tout nécessite l’intégralité des six boutons du pad Megadrive. Cependant, si vous ne possédez qu’une manette à trois touches, ne vous en faites pas, l’expérience de jeu n’en est que légèrement affectée.

  • Durée de vie 11/20

    Quand on s’attaque à ce genre de jeu, on sait pertinemment que ce n’est pas la durée d’une partie qui détermine sa longévité. Cependant, là où un autre shoot’em up peut demander un long apprentissage ou dégager assez de fun pour qu’on y revienne constamment, Ranger X se révèle peu difficile et même lassant. Oui, on apprécie le fait de mieux jouer à chaque essai mais, une fois la jouabilité bien en main et le jeu parcouru dans son entièreté, on n’a pas vraiment de raison de le relancer. Les parties se ressemblent assez rapidement et ce ne sont pas les niveaux de difficulté supérieurs qui redonneront un second souffle au soft.

  • Bande son 12/20

    Anecdotiques, les musiques font leur travail, sans plus. La bande-son, sans être de mauvaise qualité, ne concorde pas toujours avec l’ambiance instaurée par le level design, orienté tantôt action, tantôt précision. Les bruitages sont quant à eux travaillés et adaptés aux différentes armes et explosions. Cependant, leur grésillement omniprésent risque de vous agacer en fin de partie.

  • Scénario

    « Les tribus de Homeworld se défendent contre les attaques furtives des Rahuna. Les Tribus Tech et Ranger surgissent alors munies d’une armure qui pourrait faire tourner le vent de leur côté. Mais l’armure et les armes ne servent à rien sans quelqu’un qui puisse les utiliser. Êtes-vous Ranger X ? ». Voilà ce que l’on peut trouver au dos du boîtier européen du jeu... Pourquoi vouloir résumer un scénario lorsqu’il est si court ?

  • Note Générale13/20

    Techniquement très réussi, Ranger X mérite qu’on y jette un coup d’œil. Ses graphismes splendides couplés à un design de goût ne peuvent que ravir vos rétines. Cependant, l’expérience de jeu n’est pas à la hauteur de l’investissement que demande la complexité des commandes. Finalement, le principal défaut du titre reste sa durée de vie risible qui ne peut que faire douter le joueur au moment de son acquisition. Pourquoi Ranger X n’est-il pas davantage connu du grand public ? Sans doute parce qu’il n’a pas su s’élever au-dessus de la masse de bons titres d’action et de shoots de la Megadrive. Un bon jeu, certes, mais on a tout simplement déjà vu mieux.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 15/20

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Infos jeu

  • Ranger X
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  • Editeur : Sega
  • Développeur : GAU Entertainment
  • Type : Shoot'em up
  • Sortie France : 1993
    (27 mai 1993 aux Etats-Unis - 1993 au Japon)
Mots-clefs : Ranger-X, RangerX