Test Illusion of Time- Super Nintendo

Super Nintendo

Sorti en 1993, Illusion of Time est la suite supposée de Soul Blazer, l’un des premiers jeux de rôle de la Super NES. Conservant le charme de ce dernier tout en proposant un scénario mieux travaillé, Illusion of Time a su laisser un souvenir impérissable pour tous les amateurs du genre. Petit flash-back sur un hit indémodable.

Illusion of Time

Illusion of Time s'inscrit dans la grande lignée des action-RPG de l'époque. Vous incarnez ici Paul, un jeune garçon à moitié amnésique, qui a perdu la trace de son père suite à une mystérieuse expédition dans une tour. Vivant dorénavant avec ses grands-parents, il va faire la connaissance d'une princesse qui va bouleverser son existence. Tout d'abord traqués par un impitoyable mercenaire envoyé par le roi, nos deux compères vont fuir et découvrir un monde qui leur était alors méconnu. Leur mésaventure les entraînera ainsi sur les traces des antiques statues Hexade, au travers d'un voyage historique qui leur fera également percevoir une tout autre vision de la vie. Une trame on ne peut plus simple mais qui surprendra vite, notamment grâce à une particularité scénaristique que l'on ne remarque pas au premier abord. En effet, le jeu possède un scénario qui oppose constamment deux facettes de la nature humaine.

Test Illusion of Time Super Nintendo - Screenshot 23Une bande d’ami autour d’une petite partie de carte.

D'un côté, et c'est l'impression générale que vous ressentez, c'est que tout semble mignon et enfantin aussi bien dans l'approche des évènements que dans le discours des personnages qui accompagnent Paul. Un côté gentillet parfaitement assumé au vu de la moyenne d'âge du héros et des PNJ qu'il sera amené à rencontrer, et avec qui il partagera des moments d'amitié et d'amour comme de tristesse et de désespoir. Les sentiments restent à leur tour présentés d'une manière totalement simple et sans artifices. A cela s'oppose un côté bien plus mature et réaliste de la nature humaine. Le jeu dénonce des aspects plus sombres de la société, où il sera par exemple question d'esclavagisme, de pillages et de notions telles que la cupidité et la soif de pouvoir. Le tout est habilement mis en scène pour permettre d'aborder des thèmes sérieux d'une manière plus légère, poussant ainsi à la réflexion sans pour autant brusquer le joueur.

Test Illusion of Time Super Nintendo - Screenshot 24Les voyages automatiques entre chaque destination sont vraiment insipides.

Côté périple, vous serez amené à visiter des lieux réels ou mythologiques, qui feront office de donjon pour la plupart. Vous traverserez ainsi la Grande Muraille de Chine ou des ruines maya, pour ne citer qu'elles. A l'intérieur, vous serez confronté à des ennemis en tout genre attaquant au corps-à-corps, à distance ou bien les deux à la fois. Le but sera bien sûr de terrasser toute présence hostile de la zone où vous vous trouvez, à l'instar de Soul Blazer, sauf qu'ici il ne sera pas question de reconstruire quoi que se soit, mais bien de faire évoluer votre personnage sur un principe plutôt particulier. En effet, l'expérience acquise et donc la montée de niveau n'influeront pas sur vos statistiques. Pour cela, il suffira justement de vider entièrement chaque zone de ses ennemis pour obtenir un bonus permanent relié à votre santé, à votre force ou à votre défense. Il faudra ainsi être vigilant afin de ne pas louper un quelconque ennemi, car vous ne pourrez plus revenir dans un lieu si vous le quittez totalement (sauf rares exceptions). Sachez d'ailleurs que vous aurez toujours accès au nombre d'ennemis restants via le menu pause. De plus, outre l'expérience, chaque monstre mort laissera derrière lui des Grenats. Si vous en collectez 100, vous gagnez une vie supplémentaire (9 au maximum) qui vous permettra, si vous trépassez, de repartir dans le donjon tel que vous l'avez laissé. Par contre, si vos vies atteignent 0, la partie ne se termine pas mais tous les ennemis auparavant tués reviendront dans la dernière zone où vous vous trouviez.

Test Illusion of Time Super Nintendo - Screenshot 25Un abri de Gaia, perdu dans une maison.

Évidemment pour nettoyer les donjons, vous allez devoir être bien équipé. Cette phrase prête à sourire lorsque l'on s'attarde sur l'unique arme de Paul : une petite flûte rose. Aussi étrange soit-il, l'instrument vous permettra d'attaquer au corps-à-corps et de vous protéger, jouant donc à la fois un rôle offensif et défensif. Mais là n'est pas le réel pouvoir de votre héros, qui aura la formidable capacité de se métamorphoser en deux entités bien distinctes et largement plus puissantes que votre forme humaine de base. D'un côté vous aurez le chevalier Noir Chrysaor, tank par excellence et maniant une épée longue. De l'autre, vous aurez la redoutable Likefia, au corps composé d'un liquide inconnu et aux remarquables propriétés. Hélas, vous ne pourrez pas vous transformer comme bon vous semble et à n'importe quel moment. Vous devrez d'abord trouver des portails disséminés un peu partout et qui vous mèneront dans une sorte de faille spatio-temporelle, où repose une entité divine du nom de Gaia. Ces « abris de Gaia » possèdent différentes fonctions, notamment la possibilité de sauvegarder ou la restauration de vos points de vie, mais surtout le pouvoir de lier votre esprit aux deux puissants êtres mentionnés ci-dessus. Ce lien se fait grâce à deux statues les représentant, mais attention car ces effigies ne seront pas toujours présentes, cela dépendra de chaque abri rencontré. Autre fonction qui reste en correspondance, la possibilité d'acquérir 9 nouvelles capacités pour Paul, Chrysaor et Likefia. Elles seront en majorité placées sur votre chemin, d'autres seront parfois plus compliquées à trouver.

Test Illusion of Time Super Nintendo - Screenshot 26Paul sous l’œil de Gaia, entouré des effigies de Chrysaor et Likefia.

Il est nécessaire de poursuivre et conclure sur le gros point noir d'Illusion of Time, à savoir sa déconcertante linéarité. Ce problème ne concerne pas les donjons, qui sont de leur côté suffisamment structurés et plutôt plaisants. Il se situe plutôt dans la mise en scène de l'histoire. En effet, à la longue, le scénario se résume à atterrir dans une ville, en faire le tour, parler à vos amis et repartir dans le prochain donjon. Il n'y a pas de réelle continuité, vous serez constamment aux prises avec des coupures narratives suivies d'ellipses. Sans parler du fait que les voyages entre chacune de vos destinations se font automatiquement et sont vraiment sans intérêt. Il n'y a donc pas d'exploration, même en ville il n'y a rien de vraiment pertinent à faire. De plus, et sur ce point les avis divergeront, les dialogues, qui rappelons le sont très enfantins, peuvent vite devenir extrêmement fades voir vides à long terme. L'histoire réserve néanmoins quelques surprises et les donjons représentent un réel intérêt et défi. Ce qui poussera quoi qu'il arrive le joueur à continuellement avancer, aboutissant sur un combat final qui en vaut largement la peine. Même si l'épilogue est réellement d'une longueur abominable.

Zashy (contributeur de jeuxvideo.com), le 03 juin 2010

Les notes

  • Graphismes 16/20

    C’est soigné, on ne peut pas le nier. Mais c’est loin d’être aussi beau que certains autres RPG de l’époque, ça reste donc agréable mais sans que cela ne soit vraiment transcendant. Il n’y a également que de très rares personnages dégageant un réel charisme, outre bien sûr les transformations de Paul. Pour finir, certains donjons restent relativement épurés, ce qui n’est pas un mal en soi. Mais ils sont bien vides et vous donnent à la longue l’impression de parcourir une succession de niveaux se ressemblant énormément.

  • Jouabilité 15/20

    Au départ, vous n’aurez qu’une seule attaque avec une légère variante si vous combinez deux touches. Mais au fil du jeu, vous obtiendrez de nouvelles techniques plus ou moins intéressantes, et surtout la capacité de vous métamorphoser en un chevalier noir ou une entité céleste. Chacun possédera à son tour ses propres attaques, permettant dans une moindre mesure de varier le gameplay sans pour autant innover réellement.

  • Durée de vie 14/20

    Il vous faudra une quinzaine d’heures pour terminer cet opus. A côté, on ne compte qu’une unique quête secondaire, qui de surcroit reste inexorablement liée à votre quête principale puisque le jeu est d’une déconcertante linéarité. Impossible donc de revenir dans les lieux déjà visités. Cependant, le titre peut vite devenir un véritable challenge si vous n’avez pas un stock suffisant d’herbes médicinales sur vous.

  • Bande son 15/20

    La bande-son est agréable à écouter, mais quelques thèmes peuvent sembler trop répétitifs dans le sens où vous aurez parfois les mêmes musiques par donjon et par ville. A l’instar de Soul Blazer, seul le thème du combat final reste réellement à la hauteur de nos attentes, et apporte une certaine immersion que l’on aurait aimée plus présente tout au long de l'aventure.

  • Scénario 15/20

    L’histoire peu originale est celle d’un jeune garçon sauvant l’humanité d’une étrange comète. La quête est extrêmement linéaire mais soulève des points sensibles de l’existence. Sans rentrer dans de grandes réflexions, le scénario a le mérite de traiter de notions plutôt contemporaines et également de pouvoir mieux se refléter dans nos jeunes héros.

  • Note Générale16/20

    Illusion of Time possède un fort potentiel qui reste malheureusement mal exploité. Le scénario aurait mérité un meilleur soin, aussi bien dans le fond que dans sa mise en scène. On se retrouve à voyager de lieux en lieux, parfois sans en comprendre le but tellement la trame parait décousue. Heureusement que quelques rares passages attisent suffisamment la curiosité du joueur, le poussant à toujours avancer et à lui faire découvrir des donjons plus travaillés que le reste. Tous ne supporteront pas forcément son ambiance très enfantine (malgré la présence de sujets plus ou moins sérieux), mais Illusion of Time n’en demeure pas moins un bon jeu puisque le plaisir est bien présent.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 18/20

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Infos jeu

  • Editeur : Enix
  • Développeur : Quintet
  • Type : Jeu de Rôle / Action
  • Multijoueurs : Non
  • Sortie France : 27 avril 1995
    (1er janvier 1994 aux Etats-Unis - 1er septembre 1994 au Japon)
Mots-clefs : Illusion Of Gaia, Gaia Gensouki

Vidéos

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