Test Blur- Xbox 360

Xbox 360

Peu présent sur le marché du jeu de courses, Activision s'est décidé à créer une toute nouvelle franchise plus populaire et grand public que Monster Jam, une série qui s'essouffle petit à petit. Blur est né d'un mélange d'idées et de l'envie de proposer aux joueurs le "Call of Duty des jeux de courses", à savoir un titre facile à jouer, spectaculaire, fun et doté d'un solide multijoueur.

Blur

Récemment repris par des titres comme Sonic & Sega All Stars Racing ou ModNation Racers, le concept de jeu de courses à items accueille un nouveau larron avec Blur. Mais ici, pas question d'incarner un hérisson ou un Sackboy, pas question non plus de conduire des karts ou des voitures miniatures. Les petits gars de Bizarre Creations (notamment à l'origine de la série Project Gotham Racing) ont souhaité mêler environnements réalistes à power-ups. Du coup, ce sont bien des voitures sous licence comme la Focus RS, la Scirocco ou encore la TT que l'on pilote dans Blur, parcourant une trentaine de tracés inspirés de lieux réels tels que Los Angeles, Tokyo, San Francisco ou Barcelone... Des circuits grossièrement dessinés et manquant parfois de personnalité, rappelant trop souvent Burnout, FlatOut, Need for Speed ou encore le récent Split/Second. Présenté tel quel, Blur a le profil du Need For Speed-like, d'autant que la façon dont on conduit se rapproche nettement du gameplay des NFS, à savoir un pilotage très arcade mais en mouvements, assez fluide et où la notion de frein n'est que relative. Pourtant, il n'a pas grand-chose à voir avec le jeu d'Electronic Arts, s'imposant au fil des heures de pratique comme un titre presque familial et aussi étrange que cela puisse paraître, tactico-bourrin.

Test Blur Xbox 360 - Screenshot 58Si les décors sont bâclés, les effets de déflagration sont eux, très réussis.

Le principe de Blur est réellement calqué sur celui de Mario Kart. Partant en queue de peloton d'une meute d'enragés (jusqu'à 20 pilotes peuvent participer à une course, imaginez le carnage), le joueur se lance dans une chasse à l'item, stratégique et sans merci. L'avantage qu'il possède, c'est de pouvoir choisir l'objet qu'il convoite en se dirigeant vers celui qui l'intéresse, facilement identifiable grâce à un code couleur et logo et souvent positionné sur une ligne de plusieurs unités. On compte huit power-ups différents dont la plupart ont une double voire une triple fonction. C'est déjà énorme en soi mais si l'on rajoute la possibilité de stocker jusqu'à trois items, de switcher entre ceux-ci et de s'en séparer à tout moment, on obtient des courses très tactiques dans lesquelles la gestion du stock et des armes doit être la plus intelligente possible. C'est ça, la véritable force de Blur. Le fait que ce soit les joueurs qui choisissent eux-mêmes leurs power-ups enlève cette part de frustration que l'on peut retrouver dans d'autres titres où le bon objet tombe au bon moment dans les bras de celui qui vous poursuit. Ici, on s'observe, on garde constamment un œil dans le rétroviseur, on réfléchit, on s'adapte et surtout, on fait en sorte d'utiliser les items à bon escient. Le rythme des courses est assez lent pour ne pas dire franchement mou. On le regrette mais on comprend que c'est un choix assumé des développeurs. Il permet aux courses d'être parfaitement lisibles et surtout, décuple le côté tactique de Blur. Bien joué.

Test Blur Xbox 360 - Screenshot 59En pleine course, le joueur peut avoir à réussir certains défis imposés par ses fans.

Au niveau des power-ups, plutôt que de chercher à tout prix l'originalité en inventant des armes de folie, Bizarre Creations s'est chargé d'upgrader les traditionnels nitros, mines et autres éclairs que l'on retrouve sous d'autres formes dans tous les jeux du genre. C'est là qu'entre en jeu la notion de double ou triple usage, en fonction que le joueur utilise son item vers l'avant ou vers l'arrière. Par exemple, le turbo peut devenir un aérofrein, une mine peut devenir un missile, un projectile à tête chercheuse peut servir de bouclier. L'idée a du bon et sans avoir un choix spectaculaire d'items à la base, le joueur jouit d'une bonne douzaine de solutions pour venir à bout d'une IA plutôt équilibrée et que les développeurs n'ont pas cheatée pour notre plus grand bonheur. Dans tous les cas, et à l'instar d'un titre comme ModNation Racers, on constate que les objets se valent plus ou moins. A aucun moment une seule attaque peut réduire à néant les espérances d'un pilote, il sera dans le pire des cas sauvagement ralenti mais jamais explosé avec facilité, à moins que sa jauge d'énergie ait perdu son dernier fragment. Celle-ci peut être restaurée à tout moment en utilisant l'item "Réparation". Faire appel à ce dernier n'est cependant pas toujours nécessaire, la mollesse des attaques permettant généralement de les éviter, en surveillant le rétro ou en se fiant aux bruitages annonciateurs de l'arrivée d'une "Surcharge" par exemple.

Test Blur Xbox 360 - Screenshot 60Bienvenue dans Blur.

En solo, Blur s'appuie sur un mode Carrière très classique et si la voix off remplit son rôle de didacticiel à merveille (pour une fois qu'on ne nous colle pas un surfeur hyper "in" et chambreur au possible avec un accent à couper au couteau...), elle peine à faire ressortir quoi que ce soit d'original dans la progression du joueur. On compte une soixantaine d'épreuves en solo, réparties en neuf séries de sept courses dont les six premières servent à débloquer l'accès à la septième, présentée sous la forme d'un duel avec l'une des terreurs du jeu. A l'issue de chaque épreuve, le joueur gagne des feux et des fans, en fonction de sa place finale et des missions secondaires qu'il aura réussie en pleine course. Les feux débloquent de nouvelles séries, les fans débloquent de nouvelles voitures. Du déjà-vu donc. L'originalité, ce sont donc ces défis de fans que le joueur peut choisir de déclencher en passant sur une icône. Il peut s'agir de passer une série de portes, de drifter, d'atteindre les 175 mph ou de "sniper" un adversaire à l'aide des "Orbes". En réussissant ce type de challenge, généralement assez simples, le compteur fans du joueur explose et il peut ainsi espérer débloquer de nouveaux bolides plus rapidement, afin d'être armé pour faire face aux différents types de courses : course classique, course à checkpoint, destruction (le principe étant d'éliminer une série de bots à l'aides des Orbes), face-à-face... Le choix du bolide a son importance, tous possédant des attributs d'accélération, de vitesse, d'adhérence et de jouabilité différents.

Test Blur Xbox 360 - Screenshot 61Les déformations des carrosseries sont succinctes mais ont le mérite d'exister.

Le solo étant franchement limité et peu original (en dehors des sous-achievements que les collectionneurs s'efforceront de débloquer), on se tourne rapidement vers le multijoueur pour apprécier réellement Blur. Disponible en écran splitté (jusqu'à quatre), il est principalement digne d'intérêt en ligne, où 20 humains peuvent s'affronter simultanément sans trop perdre en fluidité. Tout juste note-t-on par moment le pop d'une voiture ou d'un power-up en fonction des sessions mais honnêtement rien d'alarmant. On constate rapidement que les développeurs ont soigné au maximum le Online, multipliant les modes de jeu pour nous rendre accrocs le plus vite possible. Outre les courses à items classiques, on retrouve des courses sans items, d'autres en arènes à la Destruction Derby ou encore en équipe, à la Mario Kart DS, un type d'épreuves particulièrement prisé en ligne. Comme dans n'importe quel FPS qui se respecte, le gain d'XP est au centre du multijoueur en ligne, l'utilisateur gagnant des fans à chaque course, même s'il termine bon dernier et gagnant un nouveau rang très régulièrement. L'originalité du Online, c'est de pouvoir sélectionner une configuration composée de trois "Avantages" parmi quatre combinaisons, plus ou moins équilibrées en fonction de votre choix. Par Avantage, comprenez upgrade. On en compte six différents, certains vous conférant davantage de nitro, d'autres réduisant les dommages ou multipliant le nombre de fans... Un principe qui fait rapidement ses preuves, décuplant encore une fois les possibilités, ce qui fait de Blur un Mario Kart-like plus varié et plus personnel que la moyenne.

Rivaol, le 28 mai 2010

Les notes

  • Graphismes 14/20

    Pour faire simple, tout ce qui se passe au premier plan et sur la piste tient la route, tout ce qui concerne les décors et les arrières-plans beaucoup moins. La cinquantaine de modèles a été dessinée avec soin et les effets déclenchés par l'utilisation des power-ups ont de la gueule. En revanche, les à-côtés sont pauvres, aliasés et pas franchement inspirés, les textures grossières et les décors déjà vus. Heureusement, Blur est d'une fluidité irréprochable, en solo comme en multi, même à 20 en simultané.

  • Jouabilité 16/20

    Blur est un jeu qui propose une utilisation des power-ups très personnelle et donc, qui peut être vraiment différente en fonction des joueurs, qu'ils soient plutôt stratégiques ou agressifs, plutôt défensifs ou offensifs. C'est ce qui permet au jeu d'Activision de se renouveler, principalement en multijoueur, malgré le manque assez flagrant de sensations de vitesse. Mais pour conserver une action lisible, il ne fallait pas que ça aille beaucoup plus vite.

  • Durée de vie 14/20

    Comptez au moins six heures pour voir le bout du solo, un mode qui permet surtout de se faire la main en vue de sévir en ligne. En effet, la Carrière se tord rapidement et manque un peu d'originalité. Heureusement, le multijoueur offre beaucoup d'alternatives, en écran splitté comme en ligne. En ce sens, il nous paraît évident qu'acheter Blur pour le solo ne présente pas beaucoup d'intérêt. Si vous êtes très "multi" en revanche, il s'impose comme un excellent titre.

  • Bande son 14/20

    L'ambiance sonore n'est vraiment pas ce qui importe dans Blur, elle se fait même assez discrète malgré la présence de nombreux items et d'une tracklist très orientée techno.

  • Scénario

    -

  • Note Générale15/20

    S'appuyant sur un mécanisme de power-ups viable et très bien pensé, Blur s'impose comme un jeu de courses multijoueur de grande qualité. En donnant autant de pouvoir aux joueurs, Bizarre Creation a réussi là où de nombreux Mario Kart-like échouent. L'utilisation des items est tactique, personnelle et stratégique et c'est en cela que Blur impressionne. On ne peut malheureusement pas en dire autant du solo ou même de la réalisation, en dents de scie. Pourtant, nous vous conseillons ce petit nouveau, rien que pour la fraîcheur qu'il apporte au genre, a fortiori si pratiquer à plusieurs est l'une des premières utilisations que vous faites d'un jeu de courses. Essai transformé.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 16/20

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