Test Phantasy Star- Master System

Master System

Système d’Algol, 342ème siècle de l’ère sidérale. Les voyages interplanétaires sont monnaie courante et l’homme, originaire de Palma, termine la colonisation des deux dernières planètes du système : Motavia et Dezoris. Alors qu’une ère de prospérité s’installe pour l’espèce humaine, une nouvelle religion fait son apparition, promettant une vie éternelle à ses adeptes. Le roi Lassic, débonnaire dirigeant d’Algol, s’y convertit, et à partir de cet instant, ce monde de rêve va rapidement tourner au cauchemar…

Phantasy Star

Phantasy Star est un jeu de rôle développé par Sega en 1987, sorti au Japon à quelques jours près en même temps que le premier Final Fantasy. Alors que ce dernier continue encore aujourd'hui de déchaîner les foules, les suites de Phantasy Star ne jouissent guère que d'un modeste succès. Les derniers épisodes de la série puisent leur originalité dans leur orientation online, ce qui, bien entendu, n'est pas le cas de ce premier épisode. Cependant, ne vous attendez pas à rencontrer un jeu dénué de tout intérêt, il possède bien d'autres arguments à faire valoir. Ne perdez pas de vue que, contrairement à Final Fantasy ou de Dragon Quest, Phantasy Star n'a pas attendu son 7ème ou son 8ème volet pour se permettre une sortie sur notre vieux continent.

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 13La vengeance est un moteur aussi puissant que dangereux.

Commençons par son scénario, loin des standards de l'époque, mettant en scène un univers futuriste où voyages spatiaux, robots et autres facéties typiques de l'imagination collective sont légion. Vous y incarnez Alis, une jeune femme à l'enfance marquée par la mort de son père, assassiné par les sbires de Lassic. En effet, le roi, anciennement si bienfaisant, s'est peu à peu transformé en véritable tyran. Au fil du temps, les impôts, la famine puis l'apparition de monstres ont successivement frappé la population. Et la prochaine personne à faire les frais de ces changements ne sera autre que Nero, le frère d'Alis, à son tour terrassé au cours de sa lutte contre la suprématie du roi. C'est maintenant à Alis, animée d'une terrible volonté de vengeance, de tenter de mettre un terme aux agissements du maléfique Lassic.

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 14Votre équipe est entièrement affichée à l’écran.

Une fois cette introduction agrémentée de sympathiques illustrations passée, c'est à vous de prendre en main le destin de la jeune Alis. On découvre la ville de Camineet, capitale de Palma, son spatiaux-port, son hôpital et ses habitants. C'est alors que nous saute aux yeux un premier constat évident : le jeu est joli, très joli même. La ville est grande, composée de 3 parties reliées par des sas, eux-mêmes contrôlés par des vigies. De plus, approcher un habitant, pénétrer un bâtiment où même faire appel au menu principal fait apparaître une pseudo vue à la première personne offrant un nouveau point de vue sur la ville. Le tout, servi par des couleurs chatoyantes et un design ne manquant pas de goût ; c'est certain, les graphismes contribuent parfaitement à l'ambiance et honorent les capacités de la Master System. Mais ça ne s'arrête pas là, au fil du jeu, vous rencontrerez une très grande variété d'environnements : des plaines de Palma, à la steppe enneigée de Dezoris en passant par le désert rocailleux de Motavia, on a vraiment le sentiment de voyager, chose étonnante pour un jeu vieux de plus de 20 ans !

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 15Les voyages interplanétaires sont légion.

Au niveau des commandes mises à votre disposition, on retrouve les désormais classiques menus d'objets, magie et statut. Les villes contiennent des magasins d'armes, armures et objets médicinaux qui ne sont autres que du "cola" et des "burgers", sans entrer dans le débat du réel impact sur la santé de ces produits, il ne fait aucun doute que cela nous change des classiques potions et autres mystérieux élixirs ! La progression est quant à elle divisée en trois phases bien distinctes : villes, déplacements à la surface des planètes et donjons. Si ces deux premiers sont assez classiques dans leur approche, les donjons sont, pour leur part, assez déroutants. En effet, ils se déroulent entièrement dans une vue à la première personne, offrant des perspectives en trois dimensions qui, en leur temps, en ont surpris plus d'un. Aujourd'hui désuets, ils ne participent plus qu'au vieillissement du jeu, par leur répétitivité et la difficulté de s'y orienter. Il est cependant encore assez agréable d'y croiser monstres, coffres ou personnages, sans modification du style de vue adopté, on prend ainsi véritablement la place des protagonistes qui s'enfoncent dans les galeries d'une grotte ou d'un labo.

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 16Un véhicule sera nécessaire pour traverser le désert.

Comme pour beaucoup de jeux de l'époque, la difficulté qui vous y attend ne vous permettra pas de relâcher votre attention une seconde. Heureusement, vous rencontrerez au cours de votre quête d'autres personnages désirant se joindre à vous. Ils sont au nombre de 3 : Myau, l'espèce de chat parlant, Odin le guerrier et Noah le magicien. Leur rencontre sera toujours accompagnée d'illustrations et de justifications scénaristiques de leur présence. Si cette dernière phrase vous fait aujourd'hui sourire, sachez que nombres de jeux de l'époque ne se donnaient pas cette peine et se contentaient de joindre ces nouveaux protagonistes à votre équipe sous le vague prétexte d'une prophétie annonçant leur arrivée… De plus, les capacités propres à ces nouveaux personnages sont équitablement réparties entre aptitudes de régénération, d'attaque ou de soutien. Apprises à un rythme raisonnable, les magies que propose le jeu sont toutes utiles, vous ne serez jamais perdu dans un menu rempli de techniques similaires.

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 17Les donjons sont souvent très complexes.

Le déroulement des nombreux affrontements que vous aurez à mener, plutôt classique, n'est pas exempt de toute originalité. D'abord, les différents monstres que vous croiserez seront pour la plupart des espèces propres à leur planète qui ne manqueront pas de charisme. En effet, les designers de chez Sega vous feront croiser des lombrics géants, des monstres marins et des robots de garde, tous réussis visuellement, grâce à l'utilisation de sprites de grande taille étonnamment bien animés. Le revers de la médaille de tels graphismes sera l'absence d'espèces différentes présentes en même temps à l'écran. En effet, une unique image affichera le ou les monstres combattus avec, pour toute indication quant à leur nombre, leurs points de vie respectifs dans un coin de l'écran. Vous rencontrerez également les aborigènes de chaque planète colonisée par l'homme. Bien que les affronter soit possible, c'est ici qu'entre en jeu une commande particulière du menu d'attaque : parler. Oui, vous pourrez ainsi clore de nombreux malentendus sans recourir à la violence, et même, obtenir de précieuses informations. Sachez également que ce n'est pas parce qu'une créature à l'air hideuse qu'elle ne peut pas être douée d'intelligence…

Test Phantasy Star Master System - Screenshot 18Mieux vaut éviter les abords des points d’eau…

Côté sonore, le jeu ne vous décevra pas. Les thèmes musicaux sont nombreux et variés et accompagnent parfaitement le joueur au travers des différentes phases de jeu. Les passages clés se voient même gratifiés de compositions originales pour mieux coller à l'ambiance. Certaines musiques passent néanmoins plus inaperçues que d'autres, qui, au contraire, vous feront poser votre manette afin d'en profiter pleinement. Les bruitages sont quant à eux efficaces mais minimalistes, avec une unique ombre au tableau : le pistolet laser ! Oui, cela peut faire sourire mais je vous assure que l'utilisation de cette arme causera autant de dommages à vos ennemis qu'à vos oreilles !

Shametblame (contributeur de jeuxvideo.com), le 14 janvier 2010

Les notes

  • Graphismes 17/20

    Tout simplement bluffant, on n’avait jamais vu une machine 8 bits afficher à l’écran autant de couleurs et d’éléments en même temps. Les affrontements mettent en scène des adversaires imposants et très bien animés. Les donjons en pseudo-3D, quant à eux, ont assez mal vieilli mais étaient révolutionnaires à l’époque.

  • Jouabilité 18/20

    Plus classique, elle reste néanmoins efficace et propose quelques surprises comme la possibilité de communiquer avec certains ennemis. L’acquisition de véhicules permettant une exploration plus complète des planètes, aussi bien sur terre que sur l’eau est une originalité qui s’est imposée comme un standard dans de nombreux RPG.

  • Durée de vie 16/20

    Le jeu est long, cela est partiellement dû à ses donjons, véritables labyrinthes qui vous demanderont même parfois de tracer des cartes pour vous y retrouver. Ces dernières peuvent cependant être trouvées sur le web, ce qui remplacera des séances de cartographie par des phases d’entraînement, une progression trop rapide étant souvent synonyme de difficultés futures. Votre aventure vous transportera également au travers de nombreuses péripéties en rapport plus ou moins direct avec le scénario, les quêtes annexes étant pratiquement inexistantes.

  • Bande son 18/20

    Adaptées aux situations rencontrées, les nombreuses musiques qui composent la bande son du jeu sont pour la plupart réussies. Peut-être plus répétitives au début de votre aventure, elles se diversifient au fur et à mesure de vos découvertes interplanétaires. Certaines sont à elles seules une bonne raison de progresser dans l’aventure. Les bruitages sont sympathiques, sans être exceptionnels.

  • Scénario 16/20

    L’univers futuriste est parfaitement exploité, les différentes étapes de votre quête se décomposant souvent en objectifs typiques d’un monde moderne, comme acquérir un passeport au marché noir ou trouver un pilote pour votre engin spatial flambant neuf. Les passages importants sont mis en valeur par l’utilisation d’illustrations commentées et vous n’aurez jamais à vider un donjon sans savoir pourquoi. Le jeu étant en anglais, il est fortement conseillé de maîtriser la langue de Shakespeare pour en profiter pleinement.

  • Note Générale18/20

    Phantasy Star est ce qu’il se faisait de mieux à l’époque. Proposant une aventure de longue haleine, des environnements diversifiés ainsi que de nombreuses originalités, tant scénaristiques qu’au niveau du gameplay, le jeu reste une référence du genre. A réserver néanmoins aux joueurs les plus chevronnés, les affres du temps n’étant pas des plus clémentes avec ce type de jeu.

    La note de la rédaction est une appréciation de la qualité générale du jeu, mais n'est pas une moyenne arithmétique des différents critères.

  • Note Lecteurs 18/20

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